Chambre d'agriculture d’Alsace
Donner un « nouvel élan »
Chambre d'agriculture d’Alsace
Publié le 16/03/2018
Le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace et conseiller régional Grand Est, Laurent Wendlinger, croit au potentiel de développement de la filière ovine en Alsace. Avec les jeunes éleveurs qui se sont récemment illustrés au Salon de l’agriculture, il voit une dynamique sur laquelle s’appuyer pour créer « un effet de groupe », notamment dans le Haut-Rhin où la filière peine à se structurer.
Laurent Wendlinger en est persuadé : « Il y a dans nos territoires un potentiel de développement de la filière ovine, notamment dans le Haut-Rhin. Dans le Bas-Rhin, des choses ont été faites, notamment avec l’association Agneau Terroir d’Alsace. Dans le Haut-Rhin, je suis convaincu qu’il y a des choses à faire. » Créée en 2012, la marque Agneau Terroir d’Alsace regroupe 18 producteurs, dont un seul Haut-Rhinois, basé à Masevaux. D’où l’éventualité, dans l’esprit de Laurent Wendlinger, de capitaliser sur la dynamique des jeunes producteurs alsaciens d’ovins qui se sont récemment démarqués au Salon international de l’agriculture de Paris. « Une jeune génération est en train de prendre le relais. Ne faudrait-il pas miser sur elle pour donner un nouvel élan à la filière ovine alsacienne ? », s’interroge-t-il. D’autant plus que l’Alsace dispose aujourd’hui d’un potentiel bien réel à ses yeux. « Nous sommes confrontés à une situation atypique en Alsace puisqu’il y a beaucoup de très petits producteurs de viande ovine qu’ils valorisent dans un cercle restreint. Seuls quelques éleveurs sont organisés. » S’il reconnaît que les choses « se passent plutôt bien » pour ceux qui sont déjà installés, il se demande s’il ne faudrait pas créer un « effet de groupe » pour celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure. À ses yeux, plusieurs arguments plaident en faveur d’une structuration d’une filière ovine dans le Haut-Rhin : une demande locale forte liée, entre autres, à la consommation de la population maghrébine, la présence de l’abattoir de Cernay et, surtout, cela pourrait constituer une « solution territoriale », à la fois économique et environnementale, dans les secteurs où la valorisation de l’herbe va devenir de plus en plus importante, comme les zones où la qualité de l’eau « pose problème ». À l’image des yaourts A Guëter, l’idée serait de développer une « production locale avec une image locale ». Contrairement à d’autres départements du Grand Est où la filière ovine est un peu plus développée (comme les Ardennes par exemple), cette production haut-rhinoise « structurée » et « qualitative » ne serait pas intégrée aux marchés classiques, et pourrait bénéficier d’une valorisation économique bien plus intéressante pour l’éleveur. « De toute manière, on ne va pas faire demain des dizaines de milliers d’ovins en Alsace. Mais je pense qu’on peut développer quelque chose dans le Haut-Rhin, en trouvant dix ou vingt bouchers prêts à valoriser deux ou trois agneaux par semaine, à l’image de ce qui a été développé dans le Bas-Rhin », souligne Laurent Wendlinger. D’autant plus que les éleveurs qui souhaiteraient se lancer dans cette filière bénéficieraient d’une aide non négligeable de la Région Grand Est. Le 6 mars, la collectivité présidée par Jean Rottner a signé un contrat pour accompagner les éleveurs dans l’achat de génétique. « On a transposé en Alsace ce qui se faisait dans le département des Ardennes. Désormais, un éleveur ovin qui souhaiterait améliorer la qualité de sa viande aura plus de facilités à le faire. » Sans compter que le savoir-faire des autres départements du Grand Est en matière d’élevage d’ovin est aussi accessible aux éleveurs alsaciens. « À la Chambre d'agriculture d’Alsace, nous avons maintenant un technicien qui est en réseau permanent avec les techniciens des autres Chambres d’agriculture de notre région. C’est une dynamique supplémentaire sur laquelle on peut aussi s’appuyer. »












