Vie professionnelle

Le Tour de France est arrivé au Markstein

La boucle est bouclée

Publié le 27/07/2023

Plusieurs milliers de passionnés de vélo se sont retrouvés sur l’avant-dernière étape du Tour de France cycliste entre Belfort et le Markstein samedi 22 juillet. À 400 mètres de l’arrivée pour les uns, sur la ligne finale pour les autres, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin étaient au cœur de l’événement avec leurs partenaires.

Il est 7 h du matin, le Markstein est déjà en effervescence. Dans la nuit, les camions qui suivent le Tour de France sont arrivés. Les accès sont déjà interdits à la circulation. Dans la montée, les gens arrivent à pied pour celles et ceux qui ont fait le choix de venir « tardivement ». Les autres sont encore endormis dans leurs tentes et autres camping-cars. C’est le cas de la famille Auger. « Nous venons de Sedan. Nous sommes arrivés vendredi après-midi. Chaque année depuis que nous sommes à la retraite, nous faisons une étape du Tour de France. Nous avons choisi le Markstein car nous pensions que cette course serait décisive pour la victoire finale. Ce n’est pas le cas, mais les lieux sont magnifiques », explique Raymond, 70 ans venu avec son épouse et un couple d’amis. Ils ont placé leur camping-car à quelques mètres de la ferme-auberge du Markstein qui reçoit ses premiers visiteurs pour un café bien mérité. La famille Deybach est prête à servir ses traditionnels repas marcaires. Juste en face, le « village agricole » se monte sous la férule de la directrice de la FDSEA du Haut-Rhin Christelle Jamot. « Nous allons être une soixantaine à nous relayer tout au long de la journée. Il y a différents stands sur cet espace. Ici, celui du syndicat qui est consacré à l’agriculture. Là, celui pour les enfants où nous allons proposer un concours de dessin. Là-bas, celui de l’Union des entreprises du paysage où il y aura des lunettes virtuelles. Elles attirent toujours du monde. Il y a également le stand de l’Afdi, celui de Solaal, des partenaires des fermes-auberges, de la Mutualité sociale agricole. Nous allons faire plusieurs groupes. Le chef des affichages est Ignace Kuehn. Passez une belle journée. Et surtout, n’oubliez pas, là-bas, nous prenons ensemble un café », annonce Christelle Jamot qui est désormais bien rodée à cette organisation après avoir été au même endroit l’année précédente à l’occasion du passage du Tour de France Femmes. « Tout est millimétré » La matinée voit défiler un nombre croissant de spectateurs. Certains vont consommer et acheter les produits des professionnels présents. D’autres en revanche, arrivent avec leurs propres glacières qui vont leur permettre de ne plus bouger pendant plusieurs heures. « Moi, je ne change plus de place en effet. Cet endroit est stratégique. Nous sommes à la sortie de ce petit virage après une légère descente puis la route remonte. Les coureurs doivent bien négocier ce passage. Il est technique malgré tout. Surtout que nous sommes à 300 mètres de l’arrivée. Une erreur, et la course est perdue », commente Thomas, 32 ans, lui-même coureur cycliste amateur. Parallèlement à la ligne d’arrivée, en retrait d’une vingtaine de mètres, le stand tenu par les Jeunes Agriculteurs et viticulteurs. « Nous sommes présents car nous avons tous envie de partager cette cohésion d’équipe sur cette course. Notre objectif est de promouvoir l’agriculture et la viticulture. Pour ma part, je suis fan de vélo. Le Tour de France, c’est la troisième compétition du monde suivie sur les réseaux sociaux. C’est un événement gratuit et populaire qui rassemble. Je suis impressionné car, avec d’autres, j’ai passé la nuit ici. Il y a une sacrée organisation. Tout est millimétré et chacun à son rôle », note Thierry Fesser, installé à Niedermorschwihr et président de la section viticole chez les JA 68. Dans l’après-midi, on suit la course sur grand écran. La foule devient dense. Sur le stand des organisations professionnelles, le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann, échange avec les visiteurs. Tantôt, il fait la promotion du Paysan du Haut-Rhin, tantôt il répond à ses interlocuteurs sur un dossier agricole du moment. « Nous faisons de la communication. Il faut être présent, être vu et surtout parler de tout avec tout le monde », commente-t-il. La caravane publicitaire passe en effet et lance ses cadeaux qui font la joie du public. Et puis, la foule suit la course. Thibaut Pinot est en tête, David Gaudu tombe, le maillot jaune Vingegaard et son dauphin Pogacar reviennent. Les acclamations redoublent quand les motards précédent les premiers qui arrivent enfin. Ils passent à grande vitesse. Des heures d’attente pour quelques secondes. Il est déjà temps d’aller prendre l’apéro chez les JA ou à la FDSEA. C’est fini. Le Tour est passé. Il est temps de ranger et de retourner dans sa ferme.

Chambre d'agriculture Alsace - Collectivité européenne d’Alsace

L’agriculture est source de solutions

Publié le 21/07/2023

L’eau, l’irrigation, les énergies renouvelables, les filières courtes, l’autonomie alimentaire ou encore l’agriculture de montagne. Autant de sujets qui ont été au cœur des discussions lors de la sortie conjointe des élus de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) et de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), mercredi 12 juillet, à Merxheim et à Osenbach. L’agriculture a réaffirmé être source de solutions sur tous ces sujets.

L’agriculture bouge, évolue, innove. C’est en substance le message de cette rencontre annuelle. L’année passée, elle s’était déroulée dans le Bas-Rhin sur le thème de l’installation, la valorisation des petits fruits ou encore la main-d’œuvre. Cette fois, il a d’abord été question de l’utilisation de l’eau. Un sujet d’actualité trop souvent clivant. « Sur de nombreux dossiers, l’agriculture porte des initiatives de développement. Mais elle a besoin de l’eau pour se diversifier et affirmer ses filières qu’il faut préserver. L’enjeu est important », explique en préambule Denis Nass, président de la CAA. L’occasion de rappeler que cette dernière propose aux irrigants un accompagnement technique et administratif pour réaliser des dossiers qui permettent d’évaluer l’impact des projets sur la ressource (forage et prélèvement), le respect des règles liées aux zones environnementales à proximité et les risques éventuels spécifiques à leur réalisation. L’accès à l’eau est en effet réglementé par la loi sur l’eau. Avant la réalisation d’un forage ou d’envisager un prélèvement en rivière, il est nécessaire de répondre à la réglementation et de réaliser une étude d’incidence avec les services de la direction départementale des territoires (DDT). Première étape à Merxheim Le premier rendez-vous de cette rencontre avec les élus de la CEA et en premier lieu le président Frédéric Bierry a été donné sur l’exploitation de la famille Wild à Merxheim. Installé depuis 1997, Jean-Marc Wild gère la ferme et produit du maïs, du blé, du tournesol semence, de la luzerne. En vente directe ou à travers des réseaux de distribution, il a également développé la production de pommes de terre et d’escargots. Il envisage de redémarrer la culture de la betterave et a un projet de méthanisation porté avec d’autres professionnels. Il s’agirait de valoriser 30 000 tonnes de fumier, lisier, cultures intermédiaires et traitement des déchets de la société Alpro à Issenheim. Depuis 1976, l’exploitation développe un réseau d’irrigation. D’abord autour de la ferme. « En 1988, nous avons créé le groupement d’intérêt économique (GIE) des irrigants de la Lauch. Il a permis de mettre en place un réseau enterré pour irriguer 90 hectares à partir de l’eau de la station d’épuration toute proche. Suite à la canicule de 2003, le syndicat des irrigants de la Lauch est né avec l’organisation de tours d’eau pour mieux gérer la ressource et limiter la pression de prélèvement sur les cours d’eau. En 2010, nous avons développé un nouveau réseau. Nous sommes 11 agriculteurs qui irriguent 250 hectares avec une déconnexion quasi intégrale des rivières. Nous avons 13 km de conduits et 6 puits. Ce réseau fait que la Lauch, ici dans le secteur, n’est plus à sec. Et les agriculteurs peuvent travailler plus sereinement », précise Jean-Marc Wild. Réorienter les débats Des explications qui ont séduit Frédéric Bierry. « Nous devons peut-être faire une étude plus globale sur la stratégie à conduire autour de l’irrigation. Nous faisons des actions ponctuelles. Mais nous n’avons pas une application régionale globale. Il faudrait y penser à l’avenir en lien avec la profession agricole », note le président de la CEA. Les professionnels approuvent. Mais Fabien Metz, agriculteur et élu à la CAA réagit : « Il faut alors réorienter les débats actuels sur l’eau et notamment sur la nappe phréatique. Ces débats sont mal orientés. L’agriculture ne prélève que 12 % de l’eau dans la nappe. Le sujet n’est pas le volume prélevé de l’eau. Le problème est la hauteur de l’eau de la nappe à certains endroits. Cela vient également de l’absence de l’entretien de certains fossés comme les canaux de la Hardt. Il faut comprendre que l’eau utilisée est dans un cycle. Elle revient dans le sol. Les débats actuels sont biaisés par des doctrines qui n’ont rien de scientifiques. » Une position complétée par Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin : « Le monde agricole n’a jamais refusé l’évolution et le changement. Mais il veut aussi qu’on lui apporte des solutions concrètes. Nous sommes disposés à nous mettre autour de la table pour échanger sur de tels sujets. Mais autour de la table, il y a les mêmes personnes qui bloquent actuellement le contournement de Châtenois. Ce n’est pas avec de l’idéologie qu’on avance. L’agriculture est source de solution. Elle innove depuis des années pour consommer moins et mieux d’eau, moins et mieux de produits phytosanitaires. Il faut arrêter d’inquiéter tout le monde sur le sujet de l’eau et travailler concrètement sur des solutions comme le fait déjà le monde agricole. » Accompagner l’irrigation La CAA propose, elle, un accompagnement pour le pilotage de l’irrigation. Elle publie en effet un conseil de manière hebdomadaire ou bihebdomadaire à ses adhérents via le « flash irrigation ». Un réseau de parcelles équipées de sondes capacitives réparties sur l’ensemble de la zone irriguée en Alsace permet d’avoir des informations réelles sur l’eau disponible dans les sols et des précisions sur le moment opportun pour déclencher l’irrigation ou l’arrêter temporairement. « Cette réalité, nous devons la communiquer positivement avec vous et nous devons, ensemble, aller encore plus loin », réagit Catherine Graef-Eckert, vice-présidente de la CEA en charge des dynamiques économiques, touristiques, agricoles, de l’emploi et de la transition énergétique et climatique. La CAA et la CEA entendent poursuivre leurs relations via un contrat d’objectifs 2022-2024 autour de plusieurs axes forts : l’insertion et l’emploi, l’alimentation et les circuits courts, la transition écologique et énergétique, la gestion économe du foncier et encore les concertations territoriales. « Nous devons tous ensemble faire mieux connaître l’agriculture locale et favoriser la concertation avec les habitants dans les territoires. Nous devons également développer les échanges transfrontaliers au sein de la profession agricole », concluent Denis Nass et Frédéric Bierry.

Publié le 21/07/2023

La rencontre s’est poursuivie sur le site de l’exploitation Rué à Osenbach, « Les Délices de la ferme ». Une exploitation laitière spécialisée dans la confection de glaces et de desserts glacés qui a la particularité de maintenir les paysages ouverts dans cette agriculture de montagne.

« Le lait et la crème sont issus de la ferme. Nous assurons la cueillette de l’essentiel des fruits. Nous réalisons également des fromages frais, du lait cru ou encore du jus de pomme via nos trois ateliers : la production de sorbets et glaces donc, des prestations de services et vente de viande en burgers, et la production de raisin. 53 % de notre chiffre d’affaires est issu de la vente de lait, 26 % de nos glaces, 11 % de la vigne et 10 % de différents services. Nous sommes adhérents au réseau Bienvenue à la ferme », précise Christophe Rué qui est un jeune retraité encore très actif aux côtés de son fils Valentin. Autour de la ferme, des paysages ouverts sont entretenus par le monde agricole. La ferme Rué donc et celle de la famille Gollentz. « Ces deux paysans ont diversifié leurs exploitations et valorisent leurs productions par des circuits courts. Ils facilitent le bien-vivre ensemble dans le village », affirme le maire d’Osenbach Christian Michaud. Des propos complétés par Denis Nass. « Il y a ici un superbe décor de carte postale. L’agriculture de montagne, les circuits courts, l’élevage sont valorisés. Ce merveilleux jardin est effectivement entretenu par des agriculteurs. Pour autant, ces derniers sont confrontés à une autre réalité. Ils doivent assurer leur autonomie fourragère malgré des situations de travail parfois complexes en cette période de changement climatique », note le président de la CAA. Depuis cinq ans, seule l’année 2021 a en effet été une année à fourrage en zone de montagne. « Cela nous a obligés à contractualiser avec une autre exploitation située à Westhalten avec un contrat d’achat de fourrage sur pied sur 50 hectares pour assurer notre autonomie fourragère. Nous voulons et nous pouvons ainsi maîtriser la qualité du fourrage via le choix des variétés et des dates de récolte. Nous pouvons également nous détacher des cours du marché et assurer une production locale. Pour l’avenir, nous avons une réflexion sur la réalisation d’un séchage en grange pour limiter l’utilisation de film d’enrubanné. Nous devrons peut-être abandonner un atelier et/ou installer un associé ou un salarié », poursuit Christophe Rué. Sécuriser les conditions de production Reste une problématique : les circuits courts qui marchaient bien jusqu’à la crise sanitaire de 2020-2022. « Depuis, avec l’inflation qui s’est ajoutée, les gens cherchent le moins cher, alors que nous paysans, nous avons un prix à tenir », conclut Christophe Rué. La CAA accompagne une cinquantaine de projets en circuits courts. Elle est là pour aider les professionnels concernant la partie réglementaire et administrative et pour la communication. « Dans tous les cas, en montagne comme en plaine, et quelles que soient les filières, l’agriculture est source de solutions. Nous voulons être des partenaires sous forme de projets et de développement. Et pas sous des seules contraintes administratives », insiste Denis Nass. Une double visite qui donne une vision globale de la réalité agricole du moment. « Vous êtes dans la complémentarité avec des exploitations toutes différentes mais nécessaires à notre territoire. Vous avez été visionnaires. Le travail sur l’irrigation est essentiel aujourd’hui. Un des enjeux pour la CEA à l’avenir est de sécuriser les conditions de production pour l’alimentation des citoyens. Nous sommes là avec vous, en soutien. Je veux saluer la vertu de vos actions. L’Alsace doit être un territoire d’énergie positive. Nous sommes donc là pour vous accompagner. À nous de communiquer tous ensemble positivement sur toutes ces actions », conclut Frédéric Bierry, ravi de ce moment de partage.

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