Vie professionnelle

Maison de la nature du Sundgau à Altenach

Les écodialogues de l’eau

Publié le 08/07/2023

Du 28 juin au 2 juillet, la Maison de la nature du Sundgau à Altenach et l’établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau du bassin-versant de la Largue ont organisé « les écodialogues » en partenariat avec l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Des sorties variées sur le terrain, des conférences, des spectacles et des temps d’échanges ont été consacrés sur le thème de l’eau.

« Le dérèglement climatique nous amène à placer l’eau au cœur de nos préoccupations pour garantir la pérennité de cette ressource vitale pour nous, la biodiversité et nos usages. Créons du lien et enrichissons la réflexion entre citoyens, élus locaux, agriculteurs, enseignants et spécialistes en nous appuyant sur des exemples concrets », explique en préambule Dany Dietmann, maire de Manspach et président de l’établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau du bassin-versant de la Largue (Epage Largue). Il en convient, des efforts sont réalisés pour apporter des solutions et améliorer la qualité des eaux. Mais, c’est encore insuffisant. Il reste des points de captage à problème dans le Sundgau, notamment. « La qualité des eaux souterraines et des eaux superficielles doit s’intensifier par des actions concrètes au niveau local », estime Nicolas Faessel, animateur au sein de l’Epage Largue. La présence de nombreux étangs dans le Sundgau n’apporte pas la sérénité nécessaire. « La question de la sécheresse est même centrale. Le débit de l’eau est déjà moins important que l’année dernière et le niveau des nappes phréatiques est très bas », alerte Nicolas Faessel. Le seul bassin-versant de la Largue et le secteur de la région de Montreux accueillent pourtant plus de 1 000 étangs sur un territoire de 300 km2. « Nous devons revoir nos pratiques en période de sécheresse notamment. Que ce soit les pratiques agricoles, le fonctionnement de nos entreprises, mais également nos propres utilisations de l’eau au quotidien. L’été 2022 par exemple, plusieurs communes dans le seul Sundgau n’avaient plus d’eau potable plusieurs semaines. Les sources étaient taries. Il a fallu venir alimenter les communes et leurs habitants de l’extérieur », complète Aurélie Skora, ingénieure territoriale à l’Epage Largue. Valoriser les initiatives locales Cette seconde édition des « écodialogues » a également eu pour but de valoriser les initiatives locales en matière de gestion durable de la ressource en eau. Lors de la rencontre avec les élus locaux, ces derniers ont été sensibilisés sur la prise en compte nécessaire du cycle de l’eau dans leur action communale au quotidien. « Cela doit aller de la gestion des ruissellements lors des orages pour éviter les coulées de boues par exemple, à la récupération des eaux pluviales, en passant par la gestion différenciée des espaces verts », indique Dany Dietmann. Les élus ont ainsi pu visiter des réalisations effectuées par l’Epage Largue en lien avec les collectivités locales. À savoir, un chantier d’hydraulique douce à Hindlingen avec l’implantation de haies et de fascines pour précisément lutter contre les coulées de boues. Ou encore le chantier d’effacement d’un étang en remblai à Mooslargue permettant de reconquérir un secteur jusque-là en zone inondable. Ou encore un chantier de renaturation de l’étang communal de Saint-Ulrich permettant l’augmentation de la biodiversité. Une conférence a permis d’avoir une réflexion sur l’utilisation commune de l’eau. Plusieurs visites d’exploitations agricoles ont permis de présenter des initiatives portées par des professionnels sur les exploitations de Jérémy Ditner à Ammertzwiller, la ferme florale du Morimont ou encore le Gaec du Morimont géré par Vincent Siess. « La réussite de cette manifestation réside dans la capacité des participants à valoriser les compétences des uns et des autres dans le respect mutuel. Nous devons tous innover pour rétablir et assurer l’avenir qualitatif et quantitatif du cycle de l’eau. Ces « écodialogues » doivent être complétés à l’avenir par la poursuite d’actions concrètes sur nos terrains », conclut Dany Dietmann.

Publié le 07/07/2023

Après deux années chahutées par le Covid, l’Alsace a renoué avec son potentiel touristique en 2022 avec plus de 17 millions de visiteurs. Une tendance à la hausse qui se confirme déjà en 2023 et qui devrait continuer à progresser au vu des potentiels sportifs et gastronomiques récemment mis en avant à travers la cérémonie du Guide Michelin et le trail Alsace Grand Est. Mais gare au phénomène de surtourisme qui pourrait survenir.

En 2022, le tourisme a repris des couleurs en Alsace. Cette économie du « sourire » et du « lâcher prise » est peu ou prou revenue à son niveau de 2019 après deux années compliquées comme en témoignent les chiffres présentés (lire en encadré) lors de l’assemblée générale d’Alsace Destination Tourisme (ADT) le 29 juin à Colmar. « Les six premiers mois de 2023 confirment cette tendance à la hausse, ce qui peut parfois donner le tournis. Nous devons en effet être vigilants pour éviter tout phénomène de surtourisme », explique la présidente d’ADT, Nathalie Kaltenbach. « Il faut garantir un équilibre homme/nature, prévient le président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), Frédéric Bierry. Il y a donc un enjeu d’aménagement intelligent de nos territoires que nous devons tous avoir à l’esprit. » Pour rester une destination « phare » répondant aux enjeux de demain, l’Alsace doit engager et amplifier les démarches de transition énergétique et écologique, de solidarité, et de responsabilité au développement durable par la sensibilisation des prestataires aux enjeux environnementaux. « Cela passera entre autres par la planification de l’offre et la gestion des flux pour éviter les ressentis de surtourisme, un enjeu essentiel à nos yeux, comme le sont aussi la mobilité et la question de l’eau, notamment en montagne », souligne Nathalie Kaltenbach.     En face, l’envie de « consommer » de l’Alsace est en effet de plus en plus forte chez les touristes et voyageurs. Il faut dire qu’entre le vignoble, la montagne, les châteaux forts, le vélo, les sites historiques ou encore la gastronomie, la destination ne manque pas d’arguments d’attractivité. À cela s’ajoutent les Alsaciens eux-mêmes comme le fait remarquer Frédéric Bierry : « Nous avons été reconnus comme l’un des endroits les plus accueillants de France. Sur le site Booking, ce sont trois communes alsaciennes qui sont sur le podium, et nous en avons six au total dans le top vingt. » Le sport, nouveau porte-étendard touristique Cet accueil premium a pu se vérifier en mars dernier lors de la cérémonie du Guide Michelin à Strasbourg. L’évènement phare de ce début d’année 2023 qui a offert à l’Alsace une visibilité inédite à travers le monde. « Tous les passionnés de gastronomie du monde entier ont suivi cet évènement. Nous avons eu plus de spectateurs qu’à Cognac qui a accueilli la manifestation l’an passé, et nous avons même fait mieux que Paris selon Michelin. Nous voulions donner envie aux gens de venir chez nous et nous avons réussi au vu des retours que nous avons eus après coup », se satisfait le président de la CEA.     L’essai a également été transformé auprès des sportifs à travers le trail Alsace Grand Est by UTMB® qui s’est déroulé au mois de mai. « Nous avons pu montrer en un seul coup le potentiel sportif de l’Alsace, le potentiel historique avec ses châteaux forts, et le potentiel environnemental avec les montagnes. Cela a été un très gros succès qui, je l’espère, sera réédité à l’avenir », espère Frédéric Bierry qui se projette déjà sur le passage de la flamme olympique en Alsace en juin 2024. Un mini-évènement en soi quand on sait que le dernier passage de la flamme en terre alsacienne date de 1924. « Elle va traverser plusieurs de nos communes du sud au nord. Cela peut répondre à des attentes de curieux, mais aussi montrer une nouvelle fois tout notre potentiel sportif. »    

Publié le 06/07/2023

https://www.domaines-schlumberger.fr/Guebwiller, c’est avant tout le lien au terroir avec les domaines viticoles Schlumberger et le lien avec le textile avec l’entreprise de machines N. Schlumberger. Deux secteurs d’activités qui permettent à la commune de poursuivre sereinement sa croissance tout en s’intéressant au développement économique de son centre-ville.

S’il n’y a pas d’agriculteurs à Guebwiller, la surface agricole existante concerne essentiellement le vignoble. « Nous avons entre 140 et 150 hectares de terres agricoles dont 130 sont des vignes et 80 % d’entre elles appartiennent aux domaines Schlumberger. C’est le plus grand domaine privé d’Alsace. Nous sommes la seule ville de la région à avoir quatre grands crus (Kessler, Kitterlé, Saering et Spiegel). Schlumberger est donc incontournable. D’autant plus qu’en parallèle de la viticulture, il y a l’entreprise N. Schlumberger qui est le leader mondial des machines textiles dans le domaine de la fibre longue. Elle occupe 250 personnes à Guebwiller. L’industrie et la viticulture sont donc deux partenaires importants pour la commune », explique le maire de Guebwiller Francis Kleitz. Sa municipalité a d’ailleurs racheté à cette entreprise quatre hectares de friche industrielle. Elle les a séparés en différents îlots pour y réaliser plusieurs projets : une salle à vocation culturelle, des logements et de l’activité économique. Des appels à projets ont été lancés pour trouver des investisseurs d’ici la fin de cette année. Le vignoble de Guebwiller, lui, nécessite un immense travail. Il s’étage en effet entre 250 et 390 mètres d’altitude grâce à des terrasses soutenues par 50 km de murs de pierre. Les pentes sont parfois vertigineuses, notamment dans le Kitterlé et le Kessler où elles atteignent 50 %. « Même si cette réalité géographique est complexe, le vignoble de Guebwiller est remarquable et fantastique. Les chemins qui surplombent la ville constituent un véritable attrait touristique. Les murs qui sont entretenus par les domaines Schlumberger sont un élément important du patrimoine. Nous travaillons ensemble régulièrement. Le dossier le plus complexe concerne le traitement par hélicoptère des vignes. Nous attendons toujours les autorisations nécessaires. Des tests ont été effectués, ils sont pertinents. Ils permettent d’effectuer des traitements plus ciblés et plus efficaces », ajoute Francis Kleitz. Débats sur la chasse et sur l’eau La moitié du ban communal, environ 455 hectares, est occupée par la forêt. Si on ajoute les propriétés forestières à Murbach et à Rimbach, on dépasse même les 500 hectares. « Nous avons de nombreux échanges actuellement avec l’Office national des forêts (ONF) concernant l’avenir de cette forêt face au réchauffement climatique. Il y a de nombreux arbres malades. Un débat existe sur le renouvellement des essences actuelles ou sur la plantation de nouvelles de façon raisonnée. Pour les ventes de bois, notre objectif est simplement d’équilibrer les comptes », résume le maire de Guebwiller. C’est précisément de la forêt jusqu’aux crêtes que sortent de nombreux sangliers. « Ce sont les particuliers qui sont les premiers concernés. Moi-même, en 2022, je me suis retrouvé en face de 17 sangliers (!) dans mon jardin. Les discussions sont parfois vives avec les chasseurs. Nous estimons qu’il faut pouvoir tirer toute l’année. Il y a également des difficultés avec les cervidés qui mangent les jeunes arbres. Mais dans le même temps, la population ne comprend pas toujours l’importance de la chasse. La commune tente d’être le médiateur dans ces débats », note Francis Kleitz. Pour l’eau, le débat est le même. Il y a eu des restrictions en 2022 en raison des chutes de neige qui diminuent dans le massif et de la baisse des précipitations qui apportent l’eau de pluie. Guebwiller compte sur la régulation des barrages de la Lauch et du Ballon pour maintenir le niveau de la rivière qui traverse la commune (la Lauch). Mais le lac de la Lauch doit toujours faire l’objet de travaux de mises aux normes. « Il y a eu des retards conséquents de la part de l’État. Mais un accord a été trouvé avec la Collectivité européenne d’Alsace. Ces travaux devraient démarrer en 2025. Il s’agit tout de même d’un barrage qui a une capacité de 900 000 m3. Ces travaux sont importants notamment dans des périodes sèches comme actuellement », insiste Francis Kleitz. Action cœur de ville Dans le même temps, Guebwiller poursuit la redynamisation de son centre-ville. La cité fait partie des deux communes dans le Haut-Rhin avec Colmar à avoir été retenue pour le programme « Action cœur de ville ». Il s’agit d’un plan stratégique focalisé sur le centre-ville et qui porte sur cinq thèmes. Le premier concerne l’habitat. « Nous avons entamé de nombreuses rénovations. Nos voisins de Buhl et d’Issenheim en profitent également. Le second axe de travail concerne le commerce et l’économie plus globalement. On a la chance d’avoir à Guebwiller 150 commerces. Nous avons un adjoint et une conseillère municipale déléguée dédiée ainsi qu’une chargée de mission. L’objectif étant d’avoir le moins de locaux vides possibles. Nous luttons contre la périphérisation des activités car cela incite les gens à déserter les centres-villes. Nous avons donc fait installer un parcours familial avec des aires de jeu, un carrousel et une large place aux terrasses de cafés. Il y a également de nombreux parkings payants ou à zone bleue pour faciliter la rotation des véhicules. Enfin, nous programmons des animations diverses comme des « afterworks » tous les vendredis soir sur les places principales », précise le maire de Guebwiller. Le troisième thème concerne la question de la mobilité avec des aménagements pour les mobilités douces comme les vélos et les piétons. Le quatrième thème s’intéresse au patrimoine qui est très riche à Guebwiller avec l’abbaye de Murbach, le château du Neuenbourg, le musée Théodore Deck, l’église Notre Dame dont le programme de rénovation représente un coût de 15 millions d’euros sur dix années, sans oublier la Cave Dimière (salle de spectacles et d’expositions), l’ancien Monoprix qui a été rénové en pôle santé ou encore les bâtiments qui abritent les services publics. Le cinquième thème abrite le volet de rénovation des différentes friches. À l’image du bâtiment « Le Louvre » qui occupe une surface de 15 000 m2 sur trois niveaux et qui date de 1920. Une cinquantaine de logements ont été réalisés par un promoteur privé. « La ville a racheté une autre partie des lieux pour faire une école maternelle. Nous sommes actuellement dans les études de faisabilité. Elles avancent bien mais c’est un projet qui est lourd à porter et qui nécessite du temps. Nous essayons d’aller vite pour maintenir la dynamique de notre ville. C’est la même chose pour le bâtiment où se trouvaient les impôts. Il doit y avoir une maison de la solidarité avec le centre communal d’action sociale (CCAS). Cela devrait ouvrir pour la fin de l’année 2024. Le projet est porté en partie par la ville de Guebwiller et en partie par la Collectivité européenne d’Alsace », conclut Francis Kleitz.

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