Vie professionnelle

Pierre Cronenberger, agriculteur à Bantzenheim

« Le tour de France est là, nous également »

Publié le 21/07/2023

Installé depuis 2017 dans l’exploitation familiale à Bantzenheim, trésorier des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin et vice-président du canton de la Hardt, Pierre Cronenberger est intéressé par le sport en général, et par le cyclisme en particulier. Il est ravi du retour de la grande boucle en Alsace.

L’espace d’une journée ce samedi 22 juillet, il va délaisser ses parcelles de maïs, de blé, de soja, de tournesol et autres semences pour aller aider ses collègues sur les hauteurs du Markstein, où les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin tiennent un stand tout comme leurs aînés de la FDSEA. Si Pierre Cronenberger n’a jamais disputé de course cycliste en compétition, il s’est déjà rendu à cinq reprises sur des étapes du Tour de France. La dernière fois, c’était en 2009 quand la course est arrivée à Colmar. « Le tour, quand il passe en Alsace, il faut y aller. L’ambiance est toujours sympa. Le passage de la caravane est un grand moment, on reçoit de nombreux cadeaux. Cette année-là, il y avait eu beaucoup de pluie. L’allemand Heinrich Haussler avait gagné devant le français Sylvain Chavanel. On était placé dans une montée en montagne, là où c’était le plus raide. Sur les hauteurs, c’est plus sympa, car on voit généralement les coureurs plus longtemps. Il y avait eu du monde malgré les conditions météo. Les deux coureurs étaient déjà en tête à ce moment-là. Ils ont tenu jusqu’à l’arrivée », raconte Pierre Cronenberger qui était alors adolescent. Le Tour de France est également passé à deux reprises à Bantzenheim dont une fois en 2000 à l’occasion d’un contre-la-montre entre Fribourg-en-Brigau et Mulhouse. « C’était l’époque de Lance Armstrong. Cette course avait été intéressante car elle avait duré toute la journée et les coureurs ont traversé la commune un par un. Les hélicoptères qui filmaient la course ont atterri et décollé sur une de nos parcelles. Nous avons d’ailleurs pu monter dedans. Je garde en mémoire toute la logistique qui s’y trouvait », poursuit Pierre Cronenberger. Il se souvient également d’une étape dans l’Allier où vit une partie de sa famille. « C’était l’étape de Montluçon. J’avais réussi à avoir un autographe de Sylvain Chavanel. Le cyclisme m’a toujours impressionné car à la différence du foot, il faut faire des efforts plusieurs heures et en montagne, savoir monter sur des pentes vertigineuses. Il faut être courageux et avoir un sacré mental pour faire ça », estime le jeune agriculteur. Faire passer des messages À l’occasion de l’arrivée de la course au Markstein, Pierre Cronenberger sera à nouveau présent. Mais cette fois, en tant qu’adhérent des Jeunes Agriculteurs, il compte promouvoir l’agriculture avec ses collègues. « Les JA vont s’occuper de la buvette sur un stand pendant que nos aînés proposeront des animations sur un autre stand. Nous serons une trentaine. Nous installerons une fresque qui sera visible quelques instants à la télévision. Ce sera un grand dessin sur les énergies renouvelables. Nous avons répondu à un cahier des charges fourni par les organisateurs du Tour de France. Nous espérons évidemment qu’un coureur français va s’illustrer. En tout cas, c’est important à mes yeux que les JA soient là. À nous d’en profiter pour faire passer des messages. Nous sommes sur ce projet depuis le mois de janvier. » Il a été demandé à cinq jeunes professionnels par canton d’être de la partie, soit une trentaine de bénévoles. « L’espace d’une journée entière, nous allons pouvoir nous retrouver et rencontrer beaucoup de monde. 20 000 personnes sont attendues sur toute la montée. On va pouvoir partager tous ensemble ce grand moment de sport et oublier quelques heures notre quotidien. Le Tour de France est une belle vitrine pour l’agriculture car on voit beaucoup de paysages. Ces derniers sont entretenus par les agriculteurs. Et pendant ces trois semaines de course, on voit bien la diversité de l’agriculture française », conclut Pierre Cronenberger.

10e Nocturne du Pro d’Armbruster

Le rendez-vous de la « pédagogie ludique »

Publié le 14/07/2023

La 10e Nocturne du Pro a tenu toutes ses promesses le 6 juillet dernier à Saint-Hippolyte. Dans une ambiance ludique et conviviale, les quelque 650 viticulteurs et agriculteurs invités ont pu échanger directement avec les 22 fournisseurs du groupe Armbruster sur les solutions qui leur sont proposées au quotidien.

De la musique, des boissons et un barbecue à volonté, un défilé de mode, un photobooth, des collaborateurs souriants, des jeux-concours et des fournisseurs spécialement venus pour l’occasion. Cette année encore, la société Armbruster a su combiner avec succès ces ingrédients pour sa dixième Nocturne du Pro organisée le 6 juillet à Saint-Hippolyte. Près de 650 personnes et 22 fournisseurs ont répondu à l’invitation de l’entreprise pour ce rendez-vous qui mise avant tout sur la convivialité pour faire passer des informations relatives à plusieurs thématiques : la fertilisation, la protection des végétaux, le palissage, le travail du sol ou encore les équipements de protection individuelle (EPI).  « On fait de la pédagogie ludique. Le client peut rencontrer le responsable technique du produit qu’il utilise au quotidien. Pour les entreprises, qui ont souvent un rayonnement national, voire international, c’est un bon moyen de prendre connaissance des problématiques locales et spécifiques à l’Alsace. C’est vraiment essentiel de maintenir un contact humain et direct avec nos clients, surtout dans le milieu agricole et viticole », explique Aymé Dumas, responsable d’AB2F Conseil, la société partenaire d’Armbruster.     Rester « à la pointe » des solutions L’une d’elles est relative au stress hydrique, de plus en plus récurrent sous nos latitudes quel que soit le type de culture. Un sujet finalement assez récent en Alsace - en tout cas avec l’intensité et la fréquence constatées depuis plusieurs années - mais bien plus ancien ailleurs. C’est le cas par exemple de l’Espagne qui bénéficie depuis 2014 d’un produit bien particulier pour protéger les plantes contre le stress hydrique : l’Obstacle® créé par l’entreprise de biotechnologie mexicaine Cosmocel, et commercialisé en Europe par la société Nufarm. Armbruster Vignes le propose depuis deux ans à ses clients de façon « conséquente » tant l’efficacité est au rendez-vous, indique Aymé Dumas. « C’est un biostimulant qui combine du calcium, de la silice et du chitosan [NDLR : un champignon] qui augmente les défenses immunitaires de la plante, sa structure, et le maintien de l’eau dans les feuilles. Les résultats sont vraiment impressionnants. » Guillaume Conus, responsable commercial Grand Est chez Nufarm complète : « Cela fait 20 ans que le produit est utilisé avec succès au Mexique. C’est un produit 100 % naturel efficace contre les coups de soleil, les stress hydrique et oxydatif. Il n’y a rien nouveau en soi. Par contre, avec l’évolution du climat, c’est devenu une solution de plus en plus pertinente pour le vignoble alsacien. » Cette nouvelle solution illustre la politique générale du groupe Armbruster à l’égard des agriculteurs et viticulteurs : garder son esprit ouvert pour être toujours « à la pointe » des solutions à proposer. « On essaie de toujours avoir une longueur d’avance, et de mettre la recherche, le développement et l’innovation au service de nos clients », conclut Aymé Dumas.

MSA d’Alsace

Objectif bien-être

Publié le 14/07/2023

La MSA d’Alsace se mobilise contre le mal-être en agriculture. Lors de son assemblée générale du 6 juillet, elle a rappelé sa volonté de détecter le plus tôt possible toute personne en situation de détresse, ou présentant des risques suicidaires, via son nouveau réseau de sentinelles bénévoles. En parallèle, le développement du dispositif MonParcoursPsy facilite la consultation d’un psychologue avec le remboursement d’un certain nombre de séances.

Le mal-être en agriculture n’est plus une fatalité comme l’a rappelé la MSA d’Alsace lors de son assemblée générale du 6 juillet à Colmar. « C’est malheureusement une réalité de notre société : la population agricole fait partie des catégories socioprofessionnelles particulièrement exposées à la souffrance psychique. Les rapports parlementaires réalisés sur le sujet montraient notamment que, malgré les nombreuses mesures mises en place, il n’existait ni diagnostic national partagé de ces actions déployées sur tout le territoire pour repérer et accompagner les agriculteurs sujets au mal-être et au risque suicidaire, ni coordination de ces mesures. Mais depuis l’année dernière, les choses bougent au niveau national et au niveau local », indique le président de la MSA d’Alsace, David Herrscher.     Une feuille de route de la prévention du mal-être et pour l’accompagnement des agriculteurs en difficulté a été présentée le 23 novembre 2021 par les ministres de l’Agriculture et de la Santé et le secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail. Elle vise à mobiliser et coordonner l’ensemble des acteurs autour de la détection et de l’accompagnement des situations de mal-être, de l’écoute des personnes en difficulté et de l’accès aux droits. Cette nouvelle ambition se traduit notamment par une stratégie articulée autour de trois axes : humaniser, allers vers et prévenir et accompagner. Le 31 janvier 2022, une circulaire interministérielle est venue préciser les modalités d’organisation et de gouvernance au niveau local.     Des sentinelles pour repérer le mal-être En Alsace, un comité plénier a été installé, ainsi que deux comités techniques au niveau départemental (67 et 68). Toutes ces instances sont copilotées par les deux DDT et la MSA. L’une des priorités est la mise en place d’un réseau de sentinelles en Alsace. Celles-ci ont pour missions et rôles principaux de repérer et orienter les situations de mal-être. Il s’agit de détecter les situations de fragilité, prévenir les situations de détresse en aidant les personnes à se diriger vers un dispositif d’accompagnement adapté ou en lançant une alerte auprès des services compétents. « Ces sentinelles sont des personnes volontaires, majeures et en activité professionnelle ou non. Il s’agit d’un engagement personnel, ce sont des bénévoles », tient à préciser David Herrscher.   Une vingtaine de personnes se sont déjà inscrites aux sessions de formation prévues à l’automne suite aux deux réunions d’information qui ont eu lieu fin mai 2023 pour présenter le dispositif. Ces formations ont pour objectif de donner les clés et outils de travail afin de mieux repérer et orienter les situations de mal-être (comment aborder les notions de suicide et mal-être, quelle attitude adopter, quels mots utiliser, etc.). Au final, l’objectif serait de constituer un réseau d’une centaine de sentinelles en Alsace. Les personnes intéressées peuvent prendre attache avec Nathalie Vaudeville, responsable des travailleurs sociaux de la MSA d’Alsace et référente du dispositif « Sentinelles ».     En complément, la MSA accompagne certains adhérents via le service social. Une ligne téléphonique est assurée par les travailleurs sociaux, appelée la ligne « détresse ». Elle est ouverte du lundi au vendredi de 8 h à 19 h. Elle est actuellement très sollicitée avec un signalement par jour effectué en moyenne. Depuis 2020, le nombre d’adhérents accompagnés a augmenté de 21 %. Ce sont des non-salariés agricoles à 67 % et des salariés à 33 %. En 2022, ils étaient 156 à être suivis pendant quatre mois en moyenne par les travailleurs sociaux de la MSA d’Alsace. Le dispositif MonParcoursPsy monte en puissance Depuis le 12 mars 2022, la MSA d’Alsace propose aussi le dispositif MonParcoursPsy qui permet à toute personne, en fonction de ses besoins, de bénéficier de séances remboursées chez un psychologue inscrit et recensé auprès des autorités de santé publique. « Le recours aux soins psychologiques est encore un angle mort ou point faible de notre société pour des raisons à la fois sociétales et culturelles mais aussi, jusqu’à ce dispositif, organisationnelles et financières. Ce dernier frein, l’aspect financier, est en train d’être levé grâce à ce dispositif MonParcoursPsy. En effet, le bénéfice de la prise en charge par l’assurance maladie a été étendu l’an dernier aux consultations de psychologues, et non plus seulement réservé aux consultations de psychiatre », développe le directeur de la MSA d’Alsace, Arnaud Crochant.     Jusqu’à huit séances par année civile (40 euros la première séance, 30 euros les suivantes) sont remboursées. Pour bénéficier de ce dispositif, il faut d’abord consulter son médecin, puis prendre un rendez-vous chez un psychologue partenaire (coordonnées sur le site monparcourspsy.sante.gouv.fr), réaliser la ou les séances, régler le psychologue directement, et transmettre les documents (lettre d’adressage du médecin + feuille de soins du psychologue) à la MSA d’Alsace pour être remboursé. En 2022, 61 adhérents ont bénéficié de ce dispositif, soit un montant total de prise en charge de près de 14 000 euros.

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