Vie professionnelle

Foire européenne de Strasbourg

2023 confirme le renouveau de la manifestation

Publié le 01/06/2023

« Identitaire », « populaire », « bonnes affaires », « vert » : l’événement Foire européenne de Strasbourg 2023 surfe sur sa bonne relancée de 2022, l’édition post-Covid. Ce nouveau souffle dynamise aussi l’espace agricole… de plus en plus pédagogique et orienté sur le bien-être animal.

Trois grandes nouveautés, cette année, à l’Espace agricole de la Foire européenne de Strasbourg : le stand Graines d’Alsace, avec les nouvelles productions végétales, type pois chiches et lentilles ; les circuits courts, promus sur un week-end par Bienvenue à la Ferme, et le partenariat renforcé avec le lycée agricole d’Obernai. Chaque heure, un ou plusieurs élèves, futurs agriculteurs, présenteront une race sur le ring, et/ou parleront fumier et compost (ce qui fera écho aux citadins chargés de trier leurs petits déchets ménagers verts depuis cette année), et/ou aborderont différents thèmes sur l’élevage, dont en partenariat avec Alsace Lait, celui du lait de pâturage. Les grands classiques seront de mise aussi. Comme à l’accoutumée, l’ensemble des filières seront présentes à l’Espace agricole (sur 2 500 m2) ; des planchettes de dégustation de produits locaux seront servies de 11 h à 14 h tous les jours, sauf les week-ends, durant lesquels les filières ovine et bovine seront à l’honneur, avec leurs repas à thème. Consommer local « Nos paysages, grâce à nos professionnels paysagistes, mettent en valeur nos stands. Et au-delà de l’alimentation, l’énergie, sa production par nos agriculteurs, sera expliquée », a pointé Denis Ramspacher, premier vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), lors de la conférence de presse du 30 mai. Il a rappelé que l’Alsace est le territoire français, où les consommateurs sont les plus enclins à acheter local. Ici, la confiance règne : un bon point pour les agriculteurs et la Foire européenne. Les médaillés du Concours général agricole de Paris seront donc mis en valeur aussi, durant cette édition 2023 ; de quoi renforcer le lien. Proche de la scène musicale locale, l’espace agricole, au sud du Parc des expositions, sera ouvert chaque jour comme la Foire, de 10 h à 20 h du 1er au 10 septembre 2023.    

Collectivité européenne d’Alsace (CEA)

Le collège Gustave Doré d’Hochfelden décroche son étoile

Publié le 27/05/2023

La grande finale du concours culinaire « Décroche ton étoile », organisée par la CEA, s’est tenue le mercredi 17 mai au CEFPPA Adrien Zeller d’Illkirch. Sept collèges ont relevé le défi de réaliser un dessert à la fraise. L’établissement Gustave Doré d’Hochfelden a remporté la victoire !

Après les épreuves de l’entrée et du plat, la première édition de la compétition « Décroche ton étoile » s’est terminée le 17 mai dernier avec la partie dessert. Pour cet ultime challenge, sept collèges alsaciens étaient en course. Chaque brigade, épaulée par un chef étoilé, était composée de deux élèves volontaires, d’un chef et d’un second de cuisine du collège, et un autre personnel de l’établissement. Lors de cette finale, tous étaient plongés dans les conditions réelles de la cuisine, tout en apportant la touche personnelle du collège dans l’assiette. L’objectif était de concocter dix portions de dessert sur la thématique des fraises, avec des produits locaux, bien sûr. « De magnifiques choses ont été présentées, certains desserts auraient même pu être mis dans des restaurants étoilés », a lancé Nicolas Stamm, parrain du concours et chef du restaurant doublement étoilé La Fourchette des Ducs à Obernai. Le podium Après dégustation et délibération du jury, le verdict est tombé. Le collège Gustave Doré d’Hochfelden est arrivé en première position avec son dessert « douceurs florales ». L’établissement a reçu un chèque de 15 000 euros, qui permettra de financer du nouveau matériel de cuisine pour la cantine. Le collège Léonard de Vinci à Marmoutier, avec son dessert « l’heureux meschung entre la fraise et la rhubarbe », finit en deuxième position et remporte 5 000 euros. À la troisième marche, le collège de la Largue à Seppois-le-Bas repart avec la somme de 1 000 euros. Pour Maïté Loos, gestionnaire du collège d’Hochfelden, il était important de participer à cette compétition. « On a à cœur de valoriser le restaurant scolaire qui a une mauvaise image auprès du grand public et surtout des collégiens. On essaye de réaliser plein de projets pour lui donner un côté plus attrayant ». Samuel et Jules, élèves gagnants, ont eu des étoiles plein les yeux en étant coachés par la cheffe Anne Ernwein. « Quand on passe au self, on ne voit que la moitié de la cantine. On ne voit pas ce qu’il y a derrière, les personnes se lèvent très tôt et travaillent toute la journée pour nous préparer à manger », dit Jules. Les deux élèves de 6e sont membre de la commission restauration du collège et rêvent de devenir des futurs chefs. La relève est assurée !

Publié le 20/05/2023

On dénombre trois fois plus de terriers de grand hamster en Alsace aujourd’hui qu’il y a dix ans, et ils sont plus de 80 % à être localisés dans un périmètre engagé en mesures agricoles visant à sa protection. Dix ans… c’est l’âge de l’association Agriculteurs faune sauvage Alsace (Afsal). Coïncidence ? Que nenni. À l’occasion de l’anniversaire d’Afsal, Laurent Fischer, le président, est revenu sur l’histoire de ce groupe d’exploitants maillant volontairement le territoire de cultures favorables au rongeur.

Afsal a fêté ses dix ans le mercredi 10 mai 2023, à Blaesheim, zone pionnière dans la préservation du grand hamster d’Alsace, là où cette aventure a commencé. En une décennie, trois fois plus d’agriculteurs se sont engagés à protéger l’espèce menacée, dont le nombre de terriers a lui aussi triplé, selon les derniers comptages de 2022, réalisés par l’Office français de la biodiversité (OFB). Aujourd’hui, ils sont 216 agriculteurs adhérents à Afsal à mailler des territoires de 100 à 500 ha de cultures favorables au rongeur. 4 300 ha sont ainsi engagés en mesures agricoles aujourd’hui, contre 1 438 ha en 2013, au tout début du volontariat. De Hurtigheim à Ernolsheim-sur-Bruche, en passant par Oberschaeffolsheim, au nord ; de Dorlisheim et Obernai à Geispolsheim, au centre ; et dans le Ried, à cheval sur les deux départements alsaciens, le taux moyen de cultures favorables au grand hamster, au sein des périmètres en mesures collectives, est passé de 27 à 43 % environ, en une décennie. Céréales à paille d’hiver (blé, orge, avoine, triticale, épeautre, seigle), luzerne et mélanges de légumineuses fourragères, protéagineux d’hiver (féverole, lupin, pois) et méteils d’hiver (mélanges céréales/légumineuses) constituent l’alimentation et le refuge du grand hamster. En complément d’un assolement propice au rongeur, les agriculteurs volontaires laissent de petites surfaces non récoltées tout l’été (le grand hamster hiberne) à proximité des terriers, et/ou implantent des Cipan. De 319 en 2013, le nombre de terriers est passé à 960 en 2022. 82 % de ces habitats ont été observés par l’OFB dans des périmètres gérés collectivement par les adhérents d’Afsal, alors qu’en 2013, seuls 23 % des terriers étaient répertoriés dans ces zones.     « Dynamique positive » Laurent Fischer, le président d’Afsal, est persuadé que cette « dynamique positive » continuera à convaincre. Le dispositif de gestion collective des parcelles de volontaires, en faveur d’une espèce protégée, est non seulement efficace mais aussi « unique en France, voire en Europe », ont insisté tout au long de la fête, les agriculteurs coordonnant Afsal et les services de l’État, main dans la main. Et c’est à Blaesheim que tout a commencé… Si en 1995, beaucoup de hamsters communs y étaient encore dénombrés, il n’en restait presque plus en 2008, selon l’OFB. La commune a donc accueilli le premier relâché de hamsters d’élevage, avec le soutien du maire actuel Jacques Baur, un ancien agriculteur. « En 2012, ça n’a pas été simple de décider les exploitants », se souvient l’édile local, qui avait promis que les cultures à forte valeur ajoutée, telles que les choux, betteraves, pommes de terre et légumes, soient préservées dans le même temps. Jusqu’en 2012, des contrats individuels étaient proposés aux agriculteurs par l’Office de la chasse et de la faune sauvage, avec un soutien de la Chambre d’agriculture, pour favoriser le grand hamster. À partir de 2013, des mesures collectives, telles les mesures agro-environnementales Hamster (2015 – 2022 et 2023 – 2028) et les mesures compensatoires extensives, ont été mises en œuvre. La Chambre d’agriculture Alsace (CAA), en collaboration avec les services de l’État (OFB, DDT, Dreal), la Région Grand Est et Afsal, a animé leur déploiement. L’État a souhaité en déléguer la gestion à une structure tierce, et les agriculteurs ont accepté de se regrouper au sein d’Afsal, qui a été créée le 10 avril 2013 par douze agriculteurs réunis à la mairie de Blaesheim. 19 représentants, désignés par les agriculteurs de chaque territoire engagé, siègent aujourd’hui à son conseil d’administration (CA). Lors de la mise en place de mesures collectives sur un territoire, l’ensemble des agriculteurs adhèrent et signent un contrat avec Afsal, et si l’ensemble des engagements individuels permet de respecter le cahier des charges, c’est le président d’Afsal qui engage le territoire, au nom de l’association, vis-à-vis de l’État ou des financeurs privés. Un million d’euros par an « Soyez sympas avec les agriculteurs, ils vous le rendent mille fois », s’est exclamé Laurent Fischer, fort d’un bilan qui dépasse les espérances. Entre 2013 et 2022, plus de 5,2 millions d’euros ont été versés par la DDT du Bas-Rhin, à ces derniers, afin de prendre en charge les surcoûts de production liés aux assolements spécifiques (pour un montant total de 4,4 millions d’euros) et d’indemniser les cultures de céréales laissées sur pied (pour un montant de plus de 810 000 euros). À compter de 2023, le montant des aides a été revalorisé, avec le nouveau cahier des charges de la « mesure Hamster », qui exige 35 % de cultures favorables d’hiver, 3 % de cultures favorables de printemps et 5 % de cultures favorables de type prairies temporaires, contre 26 % de cultures favorables auparavant. Aussi, il est prévu la pratique obligatoire de la fauche alternée sur les parcelles de luzerne de plus de 0,5 ha. Et, pour les bandes de non-récolte, le maintien sur pied des céréales d’hiver à proximité immédiate des terriers est obligatoire et elles ne peuvent être détruites avant le 15 octobre. Ainsi, près d’un million d'euros par an sera consacré, par le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, à la protection du grand hamster. « Joyeux anniversaire et longue vie à Afsal ! », a souhaité, en conclusion Nicolas Ventre, directeur de la DDT du Bas-Rhin, heureux de cette collaboration exemplaire, qui permet de « concilier une agriculture moderne, innovante, performante, avec la protection de la biodiversité ».

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