Vie professionnelle

Caisse d’assurance-accidents agricoles du Haut-Rhin

Accompagner la sécurité et le bien-être au travail

Publié le 05/05/2023

Face aux crises politiques, économiques et sociales qui touchent le monde agricole comme l’ensemble de la population, il y a une obligation d’entraide et de solidarité. La sécurité et le bien-être au travail sont au cœur de l’accompagnement au quotidien de la Caisse d’assurance-accidents agricoles du Haut-Rhin (CAAA 68).

En 2022, la CAAA 68 a géré 881 dossiers. Un chiffre qui rentre dans la moyenne quinquennale. Ces dossiers émanent pour 166 d’entre eux de non-salariés agricoles, 655 de salariés agricoles et 60 d’élèves des lycées agricoles. « Nous constatons que la tranche d’âge la plus touchée pour les non-salariés agricoles est celle des 40 à 59 ans, alors que pour les salariés agricoles, il s’agit des 20 à 39 ans. Chez les non-salariés agricoles, l’agriculture et l’élevage sont les deux secteurs d’activité les plus représentés dans la typologie des exploitations haut-rhinoises. Pour les salariés agricoles, le paysage et la viticulture sont principalement concernés », explique Philippe Petry, directeur de la CAAA 68. La Caisse doit par ailleurs déplorer deux accidents mortels. Mais également un nombre croissant de maladies professionnelles qui relèvent du régime agricole. « Sur les 77 recensés, 55 sont en lien avec une affection périarticulaire, principalement le syndrome du canal carpien et les affections de l’épaule. Parmi les maladies professionnelles qui relèvent du régime agricole, il faut citer la maladie de Lyme, la maladie de Parkinson provoquée par les produits phytosanitaires, ou encore le cancer de la prostate, toujours à cause de ces produits. Nous avons également alloué en 2022 pas moins de 1 598 rentes, indemnités en capital et pensions d’invalidité. Là, c’est un chiffre en baisse. Il faut enfin noter que 1 264 personnes bénéficient d’une rente », indique Philippe Petry. Concernant les prestations versées par la CAAA 68, elles sont de 7 666 480 €, soit une hausse de 299 139 € par rapport à l’exercice précédent. En 2022, 31 342 journées d’arrêt de travail ont été accordées à 414 salariés agricoles soit 63,2 % des dossiers déclarés. Le secteur de la sylviculture est celui qui est le plus accidentogène puisque le taux de fréquence s’établit à 189 accidents pour un million d’heures travaillées, soit un taux 3,4 fois supérieur à celui de la viticulture et 2,1 fois supérieur à celui du paysage. Concernant son action sociale et professionnelle, la CAAA 68 a versé 318 959 € de prestations extralégales en complément de prestations obligatoires régies par le Code de la sécurité sociale. Ces prestations comprennent les indemnités journalières aux non-salariés agricoles, le service de remplacement du Haut-Rhin et des secours aux particuliers. De la prévention La Caisse s’illustre en matière de prévention. En 2022, le montant des dépenses totales de prévention s’élève à 109 621 €. Les aides financières accordées représentent 72,1 % du budget de la prévention. Pour la CAAA 68, il s’agit de répondre aux enjeux de sécurité de l’ensemble des secteurs agricoles. « Cela reste la priorité des conseillers en prévention. Nous avons à cette fin réalisé 37 actions de formation destinées aux professionnels et aux élèves des lycées agricoles. Nous avons effectué 96 interventions techniques dont les deux tiers consacrés à des visites d’entreprises ou d’exploitations. Nos conseillers en prévention ont participé à 24 réunions de prévention sur la santé au travail. Enfin, des actions de communication ont été diffusées sur nos réseaux (Youtube, Facebook, LinkedIn) », précise Michel Petry. Toutes ces actions et ces suivis ont un coût. Les charges globales de la CAAA 68 s’élèvent ainsi pour l’exercice 2022 à 10 491 769 € alors que les produits sont de 10 193 727 €. Le financement professionnel (les cotisations perçues au titre du rôle principal (cotisation foncière), du rôle spécial et des cotisations sur salaires) représente 78,5 % des ressources globales. Le financement extraprofessionnel est également en augmentation. « Le comité directeur de la Caisse a décidé de maintenir pour l’exercice 2022 le taux de cotisation foncière à son niveau de 2021. Il s’agit d’une décision forte qui montre la volonté de la Caisse d’accompagner au mieux les assurés », indique Michel Petry. Un budget qui a été approuvé à l’unanimité. Le solde débiteur pour l’exercice 2022 de 298 041,57 € étant attribué au compte de la réserve statutaire. Des propos complétés par le président de la CAAA 68, Jean-Michel Habig. « 2022 a été une année marquée par une succession de crises et de tensions. Pour les agriculteurs, l’agribashing et le dénigrement quasi systématique de l’agriculture sont un véritable frein à l’évolution de nos pratiques. Pourtant, nous nous adaptons et nous évoluons. Pour la CAAA 68, ce contexte imprévisible et toujours tendu nous oblige à la solidarité avec une obligation d’entraide concernant la lutte contre le mal-être en agriculture », estime Jean-Michel Habig. Et d’insister sur le déploiement de la commission institutionnelle et technique de la Caisse. « Nous observons une forte progression des dépenses de prestation. Nous consacrons également un budget important, près de 110 000 €, à la sécurité au travail. Nos conseillers en prévention sont ainsi de plus en plus sollicités pour des activités qui peuvent être chronophages mais qui sont indispensables en matière de prévention notamment », conclut Jean-Michel Habig.

À Ernolsheim- lès-Saverne

Perrine et son magasin

Publié le 28/04/2023

Agricultrice à Ernolsheim-lès-Saverne, Perrine Ludwig a ouvert un magasin de vente directe en novembre. Elle a organisé des portes ouvertes le dimanche 23 avril afin de faire découvrir un bel outil de travail qui est aussi l’aboutissement d’une installation réussie.

En bio depuis 1999, l’EARL Ludwig pratique la vente directe de ses produits carnés depuis un certain temps, sous forme de colis. La création du magasin de vente directe est le fruit de l’installation de Perrine Ludwig sur la ferme familiale, en 2021. « Mon objectif était de vendre 100 % de notre production en direct », indique la jeune femme. Un objectif en passe d’être atteint avec l’ouverture du point de vente, qui permet d’augmenter la part du volume qui part en filière courte. Il faut dire que le magasin de Perrine Ludwig a de quoi attirer le chaland : niché dans la verdure, bardé de bois, il s’intègre dans le cadre verdoyant d’Ernolsheim-lès-Saverne. Situé au bord de la route qui devient l’artère principale du village, il dispose de places de stationnement facilement accessibles. Dans le local de vente, Perrine Ludwig a soigné la déco, et choisi avec soin les produits partenaires. Les fruits et les jus de fruits sont issus des arbres haute-tige qui parsèment les 164 ha de prairie (pour 169 ha de SAU) de la ferme. Il y a aussi du miel d’apiculteurs d’Ernolsheim-lès-Saverne et de Romanswiller, des produits de la minoterie Burggraf Becker, des condiments des Jardins du Rottweg à Mertzwiller, des yaourts de la ferme Tiergarten à Bouxwiller, des fromages des Trésors de Célestine à Bubach, du vin du domaine Fleck à Soultzmat… Si cosy et gourmand soit-il, le local de vente n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car, derrière lui, se situe dans le sens de la marche en avant dicté par les normes sanitaires : un vestiaire, une salle de transformation, deux chambres froides, une pour la viande brute, une pour les produits transformés, un local de stockage, et une plonge. Dans cet outil de travail flambant neuf, Perrine, son père Jean-Michel et sa mère Lydie, s’activent, avec l’aide d’un boucher, pour découper et transformer la viande bovine, ovine et les poulets de chair bio produits par leurs soins. Perrine n’oublie pas de citer son époux, Christophe, et sa sœur, Marion, qui œuvrent aussi à la bonne marche de l’affaire familiale. Au final, les consommateurs trouvent un étal garni de morceaux de viande brute, mais aussi de transformations froides (merguez, saucisses à frire, poitrine de veau farcie…) Et des poulets. Il y a même de la « préparation de viande hachée », à ne pas confondre avec de la « viande hachée », « parce que je mets du sel dedans, pour la conservation, du coup il faut bien faire la distinction », précise Perrine Ludwig, qui vend aussi des steaks hachés et de la viande hachée, mais « ces produits sont fabriqués et surgelés par l’abattoir, et je les vends surgelés », précise-t-elle encore. Y aller Pour découvrir le magasin et la ferme de Perrine Ludwig et sa famille, rendez-vous  les trois premiers week-ends de chaque mois, les vendredis de 16 h 30 à 19 h 30, et les samedis de 9 h 30 à 12 h 30. Et, pour en savoir plus sur la ferme Ludwig, ses pratiques et productions, retrouvez un article plus complet dans le supplément Cultivar Élevage du mois de mai.    

Publié le 20/04/2023

Pour la première fois, l’association de promotion commune des marques alimentaires Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produit du Terroir a tenu une assemblée générale le 12 avril à la Maison de l’Agriculture à Schiltigheim. Au programme : rapport des actions menées et retour sur la performance des marques locales.

« Malgré les crises de ces dernières années, un élément ressort, c’est le consommer local. Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produit du Terroir, c’est consommer des produits de nos entreprises alsaciennes et si possible avec des matières premières agricoles alsaciennes », lance Sébastien Muller, coprésident de l’Aria Alsace. Depuis près de dix ans, les deux marques alimentaires ont la même volonté : valoriser l’Alsace. Leur célèbre logo permet d’augmenter la visibilité des produits locaux alsaciens et de les assimiler à un gage de qualité. Mais ce n’est pas tout. Les marques participent à de nombreux événements, notamment au Salon international de l’agriculture à Paris, qui a été un succès promotionnel. « C’est une opération réussie, une vraie place à l’Alsace a été donnée. Je ferai en sorte que la CEA ait le même budget pour l’année prochaine. On peut anticiper davantage pour que l’Alsace soit encore plus rayonnante au salon », affirme Catherine Graef-Eckert, vice-présidente de la Collectivité européenne d’Alsace. L’Alsace, championne de France du consommer local Les pâtes Grand’Mère, les cafés Sati ou encore l’eau Carola : les Alsaciens sont attachés à leurs marques et produits locaux. « L’Alsace est une région très identitaire, elle est la championne de France du consommer local », lance Emily Mayer, directrice des études Circana. Dans le Bas-Rhin, 8,2 % des ventes dans les supermarchés sont des produits locaux, contre 7,1 % dans le Haut-Rhin. La moyenne nationale atteint quant à elle les 2,1 %. L’association Savourez l’Alsace et Savourez l’Alsace Produit du Terroir se félicite de ce score, mais elle ne manque pas de relativiser. « Plus de la moitié des catégories en grandes surfaces en Alsace ont une réponse locale. C’est une fierté, mais il faut faire attention aux risques éventuels de désindustrialisation et d’abandon. Je pense notamment à la brasserie Fischer de Schiltigheim qui a disparu », explique Philippe Goetzmann, expert commerce de détail et alimentaire. « On peut faire encore mieux » Pour rester dans cette belle lancée, l’association de promotion des marques alimentaires compte bien mettre les bouchées doubles l’année à venir. « Notre ambition, c’est toujours plus de visibilité, augmenter notre nombre d’adhérents et de produits alsaciens accrédités. Et bien sûr, on accompagnera toujours les entreprises à la mise en avant des marques et des logos », dit Régis Huss, directeur d’Alsace Qualité et vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace. Lors de cette assemblée générale, les membres ont vu encore plus loin. « On peut faire encore mieux, je le sais. Aujourd’hui, on fait le maximum pour promouvoir la marque en Alsace mais il faut aussi la promouvoir hors Alsace. C’est un vrai pas à faire, il faut porter l’Alsace en dehors des frontières », conclut Catherine Graef-Eckert.

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