Vie professionnelle

Gaec de Wittelsheim

Un nouveau système d’épandage

Publié le 17/03/2023

Le constructeur Holmer est venu avec une machine de démonstration le 15 février au Gaec de Wittelsheim, à l’invitation d’Opale Énergies Naturelles. L’objectif était de montrer son efficacité sur les épandages de lisiers et de digestats. Le système d’épandage est doté du concept « Terra Variant »

« Nous avons un projet de méthanisation avec plusieurs fermes et nous voulons mutualiser la partie lisier. En outre, notre matériel actuel est vieillissant. Holmer avec qui nous avons déjà travaillé, nous a proposé de faire une démonstration avec cette machine. Elle est intéressante car elle est adaptée pour des chantiers importants. Si à l’avenir, nous réalisons différentes opérations agricoles avec d’autres professionnels, ce matériel pourrait être adapté », explique Michel Rohrbach, exploitant agricole au Gaec de Wittelsheim. Holmer a présenté son système d’épandage de lisier doté du concept « Terra Variant ». Il permet de réaliser moins d’opérations de conduite et donc de réduire les coûts liés à la production agricole. En lien avec les outils pouvant être combinés individuellement, le « Terra Variant » permet d’intégrer efficacement les engrais organiques sur les cultures ou sur les chaumes en préservant le sol grâce à de larges pneus. Comparativement à la technique dite tirée, la charge admissible et la force de traction sont transmises en marche en crabe sur une grande surface pour des valeurs de glissement optimales. Puissante grâce au volume de la trémie, la machine automotrice de 598 CV d’un volume utile de 21 m3 dispose d’un système de pompage « Vogelsang ». Ainsi, elle assure des rendements journaliers fiables en procédé séparé de 160 m3/h maximum et optimise l’intégration dans le sol. Une autre vision Des alimentateurs particuliers, adaptés au mieux au transport routier, prennent en charge le chargement rapide d’engrais agricoles directement sur le « Terra Variant » dans le champ. De cette manière, il est plus aisé de réduire les coûts de carburant et l’usure des véhicules. Le concept se caractérise par des conduits de courtes distances et de diamètres optimaux. Ces deux caractéristiques assurent ainsi une plus grande efficacité lors des opérations d’aspiration et de pompage réalisées sur la machine. Un guidage spécialement adapté de la conduite d’aspiration avec le diamètre de 250 mm minimise les pertes de pression dans le système. Les durées d’aspiration sont alors considérablement réduites grâce à la pompe à piston rotatif performante. Tous les conduits côté pression sont conçus pour une précision de dosage maximale en diamètre 200 mm. Deux vérins hydrauliques et un robinet à trois voies intégré commutent entre les fonctions. Le guidage GPS se veut particulièrement efficace. « Cette démonstration est intéressante car elle permet de découvrir une autre marque, une autre vision d’un constructeur que nous connaissons seulement de réputation. Il est également dans la conception des machines pour les betteraves. Cela peut donc être pertinent en Alsace », analyse Michel Rohrbach.

Publié le 10/03/2023

« Séparer l’esprit du roquefort et de la baguette de leur matière », tel est le nouveau challenge de la distillerie Massenez à Dieffenbach-au-Val qui propose deux liqueurs inédites pour de nouvelles expériences gastronomiques.

Une liqueur de roquefort, une liqueur de baguette, la distillerie Massenez bouleverse les traditions de la distillerie et pousse à son paroxysme le principe de la distillation qui consiste à « séparer l’esprit d’un fruit de sa matière pour lui donner la vie éternelle ». Cette fois-ci, il ne s’agit donc plus de fruits, mais de produits traditionnels emblématiques de la gastronomie française. Il fallait oser ! Le roquefort et la baguette sont mis à macérer dans de l’alcool, puis les deux macérats sont mis à distiller toujours séparément… Bernard Baud n’en dira pas plus sur le mode opératoire : « Simplement on trempe du roquefort (ou une baguette) dans de l’alcool, mais la question c’est à quel degré d’alcool et à quelle température ? Quelle courbe de chauffe ? Combien de temps ? Quelles quantités respectives ? » Entre sensations gustatives et représentations mentales Cette idée incongrue de distiller un pain, Bernard Baud, le créatif PDG de la distillerie Massenez qu’il a reprise en 2010, l’a observée en 2020 sur « la scène mixologique » de Melbourne. Lesquels mixologues australiens sont en quête de sensation texturante pour leurs cocktails. Quant à la liqueur de roquefort, elle est l’aboutissement d’un travail d’exploration de nouveaux accords avec le duo de fromagers strasbourgeois Cyrille et Christelle Lorho. En 2020, leur rencontre avec le distillateur a été déterminante pour les conforter dans cette idée que les fromages pourraient s’associer parfaitement au plan gustatif avec des liqueurs. On connaissait déjà en Alsace le fameux kirsch au siesskass, ce munster à peine fait, un « must » des fermes auberges vosgiennes. Le tandem maîtres fromagers – distillateur va alors explorer d’autres associations et créer « les accords frappés ».   Une proposition d’accords de fromages et de liqueurs déclinée en coffrets ou proposée auprès des restaurants. Ce qui, au passage, relance l’intérêt pour le plateau de fromages. En effet, cette proposition répond aux attentes expérientielles du public, car « on ne va plus au restaurant aujourd’hui pour manger, mais pour vivre une expérience », confirme Bernard Baud. Tremper son fromage dans l’eau-de-vie En tout cas, « la réaction du public à ces accords frappés a été incroyable. Ils connaissent un vrai succès en gastronomie. Je prends un fromage et je le trempe dans un verre d’eau-de-vie », confirme Cyrille Lorho.   Parmi les accords qui se détachent, le roquefort trempé dans la liqueur Golden eight de Massenez est « unanimement apprécié même pour qui n’aime pas le roquefort ». Ce succès a donc poussé le distillateur à recueillir l’esprit de ce fromage emblématique dans une liqueur. Un partenariat a été noué avec la cave Barragnaudes de la maison Société, laquelle espère en retour par la voie de la mixologie, faire connaître son fromage sur de nouveaux marchés mondiaux et parmi de nouvelles générations de jeunes consommateurs. Ces deux liqueurs ouvrent de nouvelles perspectives gustatives pour les artisans chocolatiers, les pâtissiers, les chefs restaurateurs, les barmans et les mixologues qui vont faire vivre de nouvelles expériences. D’ailleurs, le trio Baud-Lorho a pu présenter ses accords détonants le 5 mars lors d’un dîner de gala pour la cérémonie du guide Michelin qui s’est déroulée en Alsace, en présence de 500 convives et une pléiade de chefs étoilés français et européens.

Syndicat ovin du Bas-Rhin

Les bergers suivent leur (bonne) étoile

Publié le 09/03/2023

À l’assemblée générale du syndicat ovin du Bas-Rhin, il a surtout été question du loup et du lynx, avec les agents de la Direction départementale des territoires du Bas-Rhin et de l’Office français de la biodiversité : sujet passionnel, s’il en est. Les éleveurs connaissent enfin les critères sur lesquels les techniciens se basent pour « ne pas exclure une attaque » de grand prédateur sur leurs animaux et ainsi, être indemnisés. D’autres nouvelles plus gaies ont émaillé la rencontre.

Le marché du mouton français se porte bien. Tant et si bien que le débat a très peu porté sur les prix, jeudi 2 mars, au restaurant à l’Étoile d’or à Batzendorf, lors de l’assemblée générale annuelle du syndicat ovin du Bas-Rhin (SO 67), auquel sont affiliés quelques éleveurs du Haut-Rhin, puisque la production est surtout « nordiste ». L’agneau est payé entre 7,60 et 8,10 €/kg de carcasse à l’éleveur, soit plus de 6 % d’augmentation en un an. Malheureusement, les prix de l’énergie, des aliments et des engrais, depuis le début de la guerre en Ukraine, ont plus crû, encore. Mais la campagne passée, la météo a été relativement clémente : les prés ont bien pu être pâturés au printemps et durant l'arrière saison. L'été a été plus compliqué. Voilà pour les tensions extérieures. Le SO 67, fort de près de 80 adhérents, dont la moitié devait être présente à l’AG, a de son côté, travaillé un maximum à la promotion de la filière ovine l’année écoulée… ce qui n’a pas été sans effet sur ses comptes, puisque le bilan est positif, grâce aux fonds récoltés lors des différentes manifestations auxquelles le syndicat ovin a participé. Un petit bénéfice est enregistré, a pointé Jean-Luc Knorr, à la trésorerie. Festival de l’élevage avec exposition de races et gigot d’agneau, cinquième édition de la Fête des bergers fréquentée par 5 000 personnes, exposition de races et démonstration de tonte à la Finale départementale de labour du Bas-Rhin, présence à la Foire européenne avec un burger du berger, notamment, Finale régionale des ovinpiades des jeunes bergers, dont un finaliste s’est classé quatrième au Salon de l’agriculture à Paris, récemment. « L’année passée a été riche en événements. Nous sommes minoritaires dans le paysage agricole alsacien, mais nous faisons de grandes choses », a résumé Simon Maier, secrétaire général du SO 67. Il a rappelé qu’il reste des vêtements floqués au logo du syndicat. Dynamique locale Tous les éleveurs et invités présents ont ensuite rendu hommage, lors d’une minute de silence, à Henri Breitenbucher, berger décédé récemment. Virginie Ebner, présidente du SO 67, a attaqué son discours en réaffirmant le rôle du syndicat : défendre les éleveurs ovins à tous les niveaux. La guerre en Ukraine, la déclinaison française de la Pac (rendue publique fin août 2022), les 4 % de SAU non productives imposés par l’Europe sont autant d’adversité, mais la jeune femme s’empare de ces sujets pour insister sur les bienfaits des pâturages dédiés à leurs bêtes, en matière de biodiversité et de captation du carbone (gaz à effet de serre) : 760 kg/ha. « Pour compenser la hausse des charges, communiquons sur nos atouts ! » enjoint Virginie Ebner. Fermes ouvertes aux scolaires et à tous en mai 2023, seront des occasions à saisir pour ce faire, et au final, vendre ; d’autant plus, dans un contexte alsacien, où les produits locaux sont plébiscités à 15 à 20 %. Ici, chaque départ à la retraite est remplacé par une installation, félicite encore la présidente. Si l’avenir de l’abattoir de Haguenau (déficitaire) inquiète, d’autres bonnes nouvelles compensent : les débuts de la coopérative Mos-Laine, à laquelle adhère le SO 67, l’agrivoltaïsme, le Festival de l’élevage de Brumath, programmé les 13 et 14 mai 2023, et une virée fin août, pour les syndiqués, en Allemagne. De chauds remerciements ont été adressés par le secrétaire général et la présidente à différents acteurs, appuyant le SO 67 : le Crédit Mutuel dont Jean-Luc Beil qui cède sa place à Emmanuelle Pagniez, à l’animation du marché agricole, le Crédit Agricole, la Chambre d’agriculture (CAA) et spécialement Jean-Pierre Saulet, Cobevim, Interbev, la FDSEA du Bas-Rhin et ses animatrices Léa Froehlicher et Corinne Steyer, et la députée européenne (démocrates-chrétiens) Anne Sander, qui a pris la parole, avant de s’éclipser au Parlement, justement. Après avoir félicité le syndicat, elle a rappelé son soutien à leurs causes : pour changer le statut du loup (aujourd’hui strictement protégé), notamment. Elle a fustigé les politiques européennes environnementales caduques et l’accord commercial à venir avec la Nouvelle-Zélande. En tant que conseillère régionale, elle a réaffirmé l’engagement du Grand Est auprès de Mos-Laine, en faveur des avancées génétiques, et des mesures contre les prédateurs. Mais c’est le sujet de l’abattoir de Haguenau qui intéressait le plus les éleveurs, préoccupés. Si Anne Sander et son pair Patrick Bastian sont conscients de ses difficultés financières, l’élue n’avait rien à annoncer, le 2 mars. Mises à mort L’abattoir de Haguenau est le seul abattoir alsacien et alentour à ne pas bénéficier d’aides publiques, a remémoré Simon Balzer, gérant de la société d’exploitation, présent à l’AG. Gourmand en énergie, l’abattoir « perd » des éleveurs, régulièrement, puisque le coût de l’abattage y est plus élevé qu’ailleurs. « Si le budget n’est pas équilibré, il mettra la clé sous la porte », prévient le gérant. Certains bergers et techniciens ont souligné leur attachement à cet outil de travail, qui garantit la vertu de leur filière Agneau Terroir d’Alsace (ATA), 100 % locale, notamment. « On a compris l’urgence », a conclu Anne Sander. La Direction départementale des Territoires du Bas-Rhin (DDT) et l’Office français de la biodiversité (OFB) se sont exprimés sur les grands prédateurs, présents en Alsace : le loup et le lynx. Ainsi, se sont succédé au micro, cartes, photos et chiffres à l’appui, Robert Tonnelier et Aurélien Jeanleboeuf, de la DDT, et Marie-Laure Schwoerer, de l’OFB. Par chance, aucun dommage n’avait encore été constaté dans le Bas-Rhin, au 2 mars 2023, pour l’année en cours. Par contre, en 2022, on en dénombre 22 dont huit pour lesquels la responsabilité du loup et un pour lequel la responsabilité du lynx étaient non écartées, donnant suite à indemnisation. 5 130 € et quelque ont été versés aux éleveurs l’an passé, pour les animaux tués (16), blessés (10) et/ou disparus (4), à raison de plus de 400 € pour un adulte mort, et près de 150 € pour un agneau. Tous étaient des ovins. Mais d’où vient l’argent, s’est interrogée la salle ? L’origine des fonds est bien le budget de la Pac. Vague de mécontentement parmi les éleveurs. Si des zones de présence permanente (ZPP) sont certifiées au Champ du feu et au Donon (donnant lieu à des aides pour les mesures préventives), depuis l’an passé, les pièges photos n’ont détecté aucun loup, a insisté la représentante de l’OFB. Quant aux lynx, solitaires, ils seraient une dizaine (dont une femelle) en Alsace, surtout dans les Vosges du Nord, près du Palatinat allemand, où ils ont été réintroduits en 2016. Présomption d’innocence La prédation est avérée lorsque beaucoup de sang est retrouvé dans l’environnement de la victime, que des perforations hémorragiques ou des hématomes sont décelés sur le cadavre, et qu’il y a des blessures. Un lynx fera moins de six victimes et généralement, il n’en fera qu’une seule. Une perforation d’un diamètre inférieur à 3 mm sera sa marque, quand les dents de loups sont d’un diamètre supérieur à 3 mm. La profondeur de la morsure sera supérieure à 10 mm s’il s’agit d’une attaque de loup. Le lynx tue uniquement par morsure à la gorge. Le loup s’attaque au cou et au postérieur. Il peut consommer l’épaule et le poitrail. Lorsque de multiples morsures sont constatées, la piste des chiens est privilégiée. Si, dans la formulation « attaque n’excluant pas la responsabilité » du loup ou du lynx, le doute semble bénéficier à l’éleveur, la présomption d’innocence est de mise. Et tant pis si les charognards ont fait leurs œuvres et qu’il est impossible de déterminer les dégâts précisément. C’est là que le bât blesse : les éleveurs assurent être face à des scènes de crime sans précédent et sentent leur parole discréditée. Pour clore le sujet sur une note plus positive, Aurélien Jeanleboeuf est revenu sur les aides à la prévention des troupeaux contre la prédation. Dans les Vosges du Nord et l’Alsace centrale, grâce aux ZPP, les communes sont maintenues en cercle 2 et 3 en 2023, même quand aucun dommage n’a été constaté. Les aides, pour 80 % du ministère de l’Agriculture et du Feader, comprennent l’acquisition, le dressage et l’entretien (815 €/an) de chiens de berger, accessibles à tous les éleveurs des cercles 2 et 3. Ceux situés en cercle 2 ont droit à des aides pour investir dans du matériel électrifié et dans une analyse de vulnérabilité. En plus, des crédits d’urgence, à hauteur de 2 000 €/an, sont mis en place par la DDT, qui a acquis du matériel de protection. Dernière nouvelle : jusqu’au 31 juillet 2023, il est possible de demander au Parc naturel régional des Vosges du Nord la mise en place d’un chantier de bénévoles pour installer des clôtures, à l’automne prochain.

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