Pac

Publié le 19/09/2018

Mercredi 12 septembre, cinquante personnes ont participé à un débat public sur la réforme de la Pac. L’événement organisé par la Maison de l’Europe Strasbourg-Alsace a rassemblé agriculteurs, élus, associatifs et citoyens, au siège de la Région à Strasbourg.

Quel avenir pour la Politique agricole commune après 2020 ? Alors que les négociations entre États ont commencé en juin, une série de réunions publiques ont lieu dans tout le pays. Le but affiché : faire remonter aux élus les doléances des citoyens, associatifs et agriculteurs. Mi-septembre à Strasbourg, cinquante personnes ont débattu de nombreux aspects de la question. Non à la baisse de 5 % du budget de la Pac Le 1er juin, la Commission européenne a dévoilé une partie de ses propositions pour la réforme de la Pac. Parmi elles, la baisse de 5 % du budget agricole. Une perte de 43 millions d’euros (M€). « C’est facile de taper dans la caisse de la Pac pour financer d’autres politiques, car c’est le plus gros budget de l’Union européenne », s’insurge Angélique Delahaye, eurodéputée (LR) du centre de la France. D’autant plus que l’agriculture risque de nécessiter plus de moyens qu’avant. Changement climatique et exigences de la société obligent. « Qui dit transition (énergétique, vers la bio) dit accompagnement », souligne Pascale Gaillot, vice-présidente en charge de l’agriculture et de la ruralité à la Région Grand Est. L’élue européenne plaide donc pour une refonte complète de la Pac. « Aujourd’hui, il faut établir une nouvelle Pac, estime Angélique Delahaye. On ne peut plus se contenter d’actualiser la politique mise en place en 1957. » Un point de vue partagé par Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA. « Au départ, le fondement de la Pac était d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. On a dépassé cet objectif puisqu’aujourd’hui on exporte, analyse-t-il. Mais la Pac a péché sur la rémunération des agriculteurs. » Ne pas opposer les différents modèles agricoles La nouvelle politique commune doit promouvoir la qualité plutôt que la productivité, selon une adhérente d’Alsace Nature. « Il faut produire moins et mieux, avec une meilleure rémunération pour l’agriculteur. » L’idée paraît séduisante, mais les avocats du monde agricole restent dubitatifs. « Nous devons maintenir notre productivité actuelle car le changement climatique entraîne une baisse de la production », objecte Gérard Lorber. La militante plaide alors pour obliger les centrales d’achat à pratiquer des prix corrects et ainsi compenser la baisse de la production. Une revendication honorable. « Mais la Commission européenne n’est pas du tout sur ce créneau », rétorque Angélique Delahaye. La faute au puissant lobby de la distribution. Un groupe d’influence qui a ses entrées à Bruxelles et l’oreille de la Commission. Pour une concurrence plus saine entre pays européens « Les concombres des Pays-Bas coûtent trois fois moins cher que les concombres français, alors que le niveau de vie dans les deux pays est presque identique », s’étonne un participant. Concurrence déloyale ? Pas tout à fait, selon l’eurodéputée. La faute reviendrait plutôt au manque d’ambition de l’État français en matière d’énergies renouvelables. « Aux Pays-Bas, toutes les serres produisent de l’électricité, expose cette maraîchère de formation. Le légume n’est qu’un sous-produit à faible valeur ajoutée. » En clair, « ils pourraient même donner leurs concombres et toujours gagner de l’argent », selon Pascale Gaillot. Selon ces responsables, la France a accumulé un retard considérable sur ce sujet. Dans l’immédiat, Angélique Delahaye plaide pour une modification des règles de la concurrence. « Il faut en établir de nouvelles, on ne peut plus se caler sur les règles générales. » Des positions qu’elle pourra défendre très vite au Parlement européen.

Transfert du premier pilier vers le deuxième

Une décision controversée

Publié le 03/05/2018

Les Régions de France ont rapporté, lors d’une conférence de presse le 26 avril, qu’elles avaient récemment été informées par le ministère de l’Agriculture de la répartition des budgets européens transférés en 2017 du premier vers le deuxième pilier dela Pac.

Dans un courrier reçu le 6 avril, le ministère aurait annoncé aux Régions qu’il attribuait 45 millions d’euros au soutien à la bio, issus du transfert dont le montant total s’élève à 626 millions d’euros. Le courrier précise les montants par Région. Les montants alloués aux autres aides du second pilier (ICHN, MAEC , Assurance…) àl’occasion du transfert n’ont été communiqués par les Régions. À cette occasion, les Régions, gestionnaires du 2e pilier, continuent de dénoncer lemanque de concertation du gouvernement. « Nous considérons que nous ne sommes pas reconnus en tant que collectivités, alors que nous sommes des partenaires de la mise en oeuvre des politiques dans les territoires », dénonce Jean-Pierre Raynaud, président de la commission agriculture des Régions de France. Par ailleurs, l’association se demande toujours d’où proviennent les 630 millio ns d’eurosde fonds Feader annoncés par le ministère de l’Agriculture pour soutenir la bio d’ici 2022: « Il y a un écart entre l’annonce du gouvernement et ce chiffre de 45 millionsd’euros ». Les Régions soulignent que durant la programmation actuelle, elles ont elles-mêmes redirigé près de 300 millions d’euros de fonds européens initialement prévu à d’autres usages vers le soutien à la bio. Et que ces transferts ont été suivis de dépenses supplémentaires assumées par les budgets régionaux – pour des montants qui n’ont pas été évalués par l’association.

Chambre d'agriculture Alsace - FDSEA du Haut-Rhin - JA - DDT

Tout sur la Pac

Publié le 28/03/2018

Plusieurs centaines d’exploitants agricoles ont participé aux réunions d’information sur la Pac organisées par la Chambre d'agriculture Alsace, la FDSEA du Haut-Rhin, les JA 68 et la Direction Départementale des Territoires.

Expliquer aux professionnels les évolutions de la Pac, les nouveautés, mais également rappeler le contexte réglementaire plus ancien. Tels étaient les objectifs de ces quatre réunions organisées en mars à Fessenheim, à Schlierbach, à Altkirch et à Jebsheim. « L’idée est de faire de la pédagogie. Nous voulons également répondre à toutes les interrogations des exploitants agricoles, à toutes leurs angoisses. Tout en sachant, qu’après ces réunions, nous continuerons à répondre à leurs questions. Il est nécessaire de faire de telles réunions, elles permettent de faire un état des lieux des évolutions de la Pac », explique Yves Jauss, sous-directeur de la Chambre d'agriculture Alsace. En préambule, il a tout d’abord été rappelé ce qu’était un nouveau demandeur. « Vous êtes un nouveau demandeur si votre situation a changé depuis le 31 mai 2017. Changé, cela signifie qu’il a eu, par exemple, reprise de l’exploitation de mon conjoint, de mes parents ou d’une autre personne, un changement de statut juridique des associés exploitants, une transformation de forme juridique de l’exploitation. Dans tous les cas, il vous faut un nouveau numéro « PACAGE » qui est obligatoire pour bénéficier de toute aide publique. Sachez également que vous avez la possibilité, dans Télépac, d’informer l’administration de ces changements », explique Jean Deffinis de la DDT en précisant que Télépac ouvre sur Internet le 1er avril. Calendrier de paiement Jean Deffinis a ensuite eu le rôle difficile, de rappeler le calendrier des paiements Pac 2015, 2016 et 2017. « Nous le faisons ici en toute transparence, malgré les difficultés rencontrées. Des difficultés qui font suite aux réserves européennes formulées en 2015. Cela a entraîné des retards de traitement de vos dossiers », précise Jean Deffinis. Si l’année 2015 est désormais traitée même s’il reste une trentaine de dossiers, notamment en montagne Vosgienne, ce n’est pas le cas pour 2016 avec le deuxième pilier de la Pac. Pour les mesures agro environnementales (MAE) et le bio, il est question d’un paiement à la fin du premier trimestre 2018. Pour l’année 2017, 6,5 milliards d'€ ont été payés le 16 octobre dernier. Une journée historique en la matière. Là encore, il y a encore des paiements sur le second pilier à régler. Elles concernent encore une fois les MAE et le bio, mais également l’assurance récolte. « Nous sommes conscients que vous subissez ces retards. La situation s’améliore. Nous espérons que l’année 2018 permettra un retour à la normale. Nous pouvons également comprendre que vous avez du mal à vous retrouver dans tous ces paiements qui arrivent en différé. N’hésitez pas à consulter Télépac où tout est indiqué clairement », ajoute Jean Deffinis. Aides découplées et couplées Yves Jauss a fait ensuite le point concernant les aides découplées avec les droits à paiement de base (DPB) puis sur les aides couplées. Jean Deffinis précise une modalité concernant les Gaec avec la mise en place d’un dispositif renforcé pour répondre aux demandes de la communauté européenne. Il s’agit de contrôler l’organisation et le fonctionnement des Gaec. Quant à la conditionnalité des aides Pac, elle concerne de nombreux domaines. Sophie Barleon pour la FDSEA du Haut-Rhin précise quelques points qui sont souvent sujets à des crispations : la définition d’un cours d’eau, les zones vulnérables avec, notamment, le respect de périodes d’épandages, le maintien de particularités topographiques tels que les bosquets et les haies, les Cipan en lien avec la directive Nitrates, les couverts SIE, l’interdiction de traitement phytosanitaire, l’identification bovine et ovine ou encore le bien-être animal. Le dernier point de l’ordre du jour concerne le verdissement de la Pac. « Il regroupe les différentes mesures à respecter pour obtenir l’aide verte. À savoir : une diversité d’assolement, une surface d’intérêt écologique (SIE), et le maintien des prairies permanentes », conclut Sophie Barleon.

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