Auteur

Anny Haeffelé

Journaliste au PHR

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Ma Ville, mon Maire

Rosheim, une ville pleine de vie

Pratique

Publié le 29/12/2022


« Rosheim a une qualité de vie très agréable et une infrastructure routière et ferroviaire remarquable, ce qui explique son attractivité », souligne le maire. Conséquence logique, sa démographie est en constante augmentation depuis quelques années. « Nous nous situons dans la deuxième couronne urbaine de Strasbourg, après les communes de l’Eurométropole. Le commerce de proximité est très présent, le bassin est riche en emplois, et les enfants peuvent être scolarisés sur place de la maternelle à la troisième, avec la possibilité d’inscrire l’enfant au périscolaire. Nous abritons l’un des plus gros collèges du Bas-Rhin, avec 650 élèves. » Seul bémol, la courbe démographique des enfants est en baisse : les jeunes couples ont du mal à s’installer à Rosheim, en raison des prix de l’immobilier. Le tissu associatif est très dense : la ville en compte une soixantaine. « C’est la dynamique de la commune. Les jeunes et les moins jeunes peuvent pratiquer toutes sortes d’activités sportives et culturelles. Et le programme des manifestations est très riche. »

La vigne, une place de choix

Avec 300 ha, la vigne occupe une place de choix sur le ban communal. « La vigne, c’est notre richesse. Même si de nombreux vignerons de Rosenwiller cultivent des parcelles sur notre ban. » Un petit regret : « Nous n’avons pas de grand cru. Mais nous avons la chance d’avoir huit familles qui mettent leurs vins en bouteille » : Sophie Kumpf Meyer et ses vins nature, Jean-Pierre Schmitt, Yves et Christine Affolter, Philippe Kirrmann, Christophe Maetz, Jean-Marc Dreyer, Xavier et Marie-Marthe Maetz, sans oublier Hubert Maetz, le chef du restaurant Rosenmeer. Trois autres familles vivent de la viticulture, en tant qu’apporteurs de raisins. Des agriculteurs, par contre, la commune n’en compte plus depuis le décès d’André Fischer, un maïsiculteur à la pointe de la technologie. « L’agriculture a toute sa place. Il est de plus en plus difficile de rendre constructibles les espaces agricoles, et c’est tant mieux. »

La forêt est l’autre atout de la ville à la rose. « Nous possédons la deuxième plus grande forêt communale du département, après Haguenau. » Ses 1 600 ha sont entièrement situés sur le ban communal, avec une belle mixité de feuillus et de résineux. « Sur la partie basse de la forêt, à environ 300 m d’altitude, on trouve des chênes remarquables. » C’est l’ONF qui s’occupe de la gestion de ce patrimoine forestier. « Trois jeunes bûcherons et un apprenti, amoureux de leur métier, y travaillent en permanence. Ils connaissent notre forêt et la respectent. Ils travaillent à nos côtés pour l’améliorer et la régénérer. Ensemble, nous orientons le plan de coupe de l’ONF. » Une coupe de 10 000 m3/an, en fonction de l’accroissement de la forêt. « Le bois est une source de revenus appréciable pour la commune. Nous avons même installé une chaufferie au bois en 2007. Pendant dix ans, nous fabriquions nous-mêmes nos plaquettes avec les résidus de la forêt communale. Mais la qualité hygrométrique de ces plaquettes n’était pas à la hauteur de nos attentes et depuis lors, nous les achetons à Sélestat. »

 

 

Un Espace naturel sensible à Rosheim

Rosheim, comme les communes voisines de Bischoffsheim et de Boersch, fait partie d’un espace naturel sensible, l’ENS du Bischenberg. « Chaque fois qu’un terrain est vendu, il est préempté et loué par les collectivités à des particuliers, à un prix modique pour préserver les arbres fruitiers. Elles accordent également une subvention de 45 € par plantation. Et cela marche très bien ! Entre 2018 et 2019, 2 500 arbres fruitiers ont été plantés dans les neuf communes environnantes. Pour l’instant, nous n’avons pas de débouchés pour ces fruits, mais Bischoffsheim y travaille », explique Michel Herr.

 

Huilerie Oléa à Wittisheim

De l’huile pour sauver les noyers

Pratique

Publié le 12/12/2022


« Les noyers sont très abondants dans la région, explique Francis Singler, président de l’association des arboriculteurs de Wittisheim. Aussi les membres de notre association avaient-ils fabriqué une presse à huile artisanale pour faire de l’huile de noix. La demande était de plus en plus forte, et ils n’arrivaient plus à suivre. Je leur ai proposé de monter un atelier avec du matériel plus performant. » La commune a mis les locaux à leur disposition, ce qui leur a permis de se lancer dans l’aventure. « Un membre de l’association nous a mis en relation avec la fondation RTE, qui soutient des projets d’intérêt général contribuant au développement économique, social et solidaire des territoires ruraux. Notre dossier a été retenu et le budget a pu être bouclé avec l’aide du Département et de la Région, mais aussi du Crédit Mutuel. » Francis Singler étant président de la Caisse Ried Centre Alsace et du district de Sélestat, il a trouvé une oreille attentive auprès de ses collègues…

 

 

« Notre objectif, c’était d’éviter que les noyers en bout de champ ne soient coupés, faute de débouchés pour les noix, explique-t-il. Notre démarche a tout de suite trouvé un écho favorable auprès de nos concitoyens qui avaient ainsi la possibilité de valoriser leur production de noix. » Depuis, l’huilerie Oléa s’est diversifiée : « Nous pressons des graines de tournesol et de colza produites en Alsace, des noisettes du Lot, et même du sésame de Centre Afrique. Nous avons mis en place un partenariat avec une association locale de femmes qui nous approvisionne régulièrement en graines - là-bas, ils peuvent faire jusqu’à trois récoltes par an ! »

Bientôt de l’huile de cameline

La dernière-née, pas encore commercialisée, est l’huile de cameline, une plante dont les graines fournissent une huile au taux d’acides gras oméga-3 très élevé et utilisée en cuisine, en cosmétique, en combustible, dans la fabrication du savon noir, etc. « La ferme Schwab de Wittisheim s’est lancée dans l’aventure à nos côtés. Les graines sont en train de reposer, nous les presserons prochainement. »

« Nous travaillons par campagne, car chaque huile nécessite des réglages spécifiques au niveau de la chauffe, des buses et des toiles de filtration. La campagne de pressage de l’huile de noix vient de démarrer, début décembre, et s’étale jusqu’à fin mars. » 25 kg de noix donnent 10 kg de cerneaux, qui correspondent à 5 litres d’huile brute, précise Francis Singler. « Les particuliers peuvent nous apporter leurs cerneaux aux horaires d’ouverture de la boutique, ainsi que le mercredi matin. » À charge pour eux d’ouvrir les noix qu’ils récoltent et de les livrer en seau ou en carton. Ils peuvent ensuite récupérer leur propre huile quelques semaines plus tard. L’huile est extraite par première pression à froid. « Nous broyons grossièrement les cerneaux de noix avant de les placer dans les entonnoirs. » Une vis sans fin vient chercher le broyat pour la diriger vers la tête de chauffe. L’huile brute est extraite puis dirigée vers le filtre à plaques pour lui donner sa brillance. « Ce type de filtration permet de conserver les cires de l’huile qui sont des vecteurs de goût. » À l’autre bout de la presse, les tourteaux de noix, une fois chauffés et pressés, ressortent sous forme de longs spaghettis. Ces pellets peuvent être transformés en farine qui peut aromatiser de la farine de blé, pour une utilisation en pâtisserie.

L’association compte une cinquantaine de membres. Elle a aussi un rôle pédagogique, souligne Francis Singler. « Nous aidons les nuciculteurs à soigner les noyers infestés par la mouche du brou qui réduit d’un tiers le rendement. »

Groupement de défense sanitaire des animaux d’Alsace

Les adieux émouvants de Patrick Bastian

Élevage

Publié le 25/04/2022

« J’ai le plaisir de connaître Patrick depuis très, très longtemps, a souligné Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d’agriculture Alsace. Dans notre jeunesse, nous nous sommes côtoyés dans les fêtes agricoles, puis au lycée agricole. Par la suite, il a pris de nombreuses responsabilités, comme président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, comme membre de la Chambre d’agriculture et comme maire de Zehnacker, où son empreinte est visible partout. » Il a succédé à Jean-Paul Bastian à la présidence du GDS du Bas-Rhin où il a travaillé à la mise en place du GDS Alsace. Il s’est également impliqué au sein de la coopérative Unicoolait. « Nous avons véritablement commencé à travailler ensemble à la FDSEA du Bas-Rhin. Quelques adjectifs me viennent en tête : conviction, sens de l’organisation - avec quelques manifestations mémorables -, soutien sans limite, confiance réciproque. » Au nom de l’ensemble de la profession, il a remercié Patrick Bastian pour tous les services rendus à l’agriculture, tout le temps qu’il y a consacré.

« Merci Patrick ! Merci pour ton franc-parler, tes conseils avisés, a renchéri Denis Nass, président de la Chambre d’agriculture. Combien de manifestations nous avons faites ensemble ! Dans toutes tes fonctions, tu as montré que tu avais des convictions et tu n’as jamais eu peur de les exprimer. » Denis Nass se souvient de réunions parfois houleuses à la Chambre d’agriculture : « Tu tapais sur la table lorsque tu n’étais pas d’accord, tu ne lâchais rien. Merci pour ton engagement au service de l’élevage et de l’agriculture du Grand Est. »

En décembre 2015, Patrick Bastian a été élu au Conseil régional du Grand Est, où il s’est investi à fond dans les dossiers agricoles. Laurent Wendlinger, qui a pris sa suite à la Région, a salué l’action de son prédécesseur. « Il a une multitude de qualités. Lorsqu’il s’attaque à un dossier, il l’analyse et va au fond des choses. Il sait s’entourer de gens compétents et prendre la température du terrain avant de se positionner. Il n’agit pas sur une impulsion, il a une vision sur le moyen et le long terme. Aujourd’hui, nous fêtons son départ du GDS, mais il a encore beaucoup de choses à nous apporter. Ensemble, nous continuerons à rouler pour l’agriculture alsacienne et celle du Grand Est. »

« Avec Patrick, 1 + 1, cela fait toujours 2 »

« Avec Patrick, 1 + 1, cela fait toujours 2, a affirmé Pascal Martens, premier vice-président de GDS France. « Nous nous sommes vus pour la première fois à Eurosanitaire, dans les années 1995. À l’époque, à GDS France, c’était les deux plus jeunes qui remplissaient le rôle de scrutateurs. Nous avons fait des tournées dans toute la France ! »

« Lorsque Patrick Bastian m’a annoncé qu’il quittait la présidence du GDS Alsace, je lui ai demandé de trouver quelqu’un qui s’engage », a déclaré Céline Zuber, directrice du GDS Alsace. C’est Frédéric Bernhard qui a pris le relais. « Vous êtes un homme qui compte dans la famille des GDS et un homme sur qui on peut compter. »

« Tu as assuré la présidence du GDS pendant 27 ans, du Bas-Rhin d’abord, puis d’Alsace, a indiqué Frédéric Bernhard. Tu es entré au conseil d’administration en 1988, année de ton installation. À cette époque, il y avait de nombreux cas de brucellose, de leucose, de tuberculose, maladies pratiquement éradiquées aujourd’hui. C’était la base des actions sanitaires collectives. En 1993, tu as pris la présidence du GDS du Bas-Rhin à la suite de Jean-Paul Bastian, avec un directeur très fidèle, Éric Oesterlé, avec qui tu as travaillé durant 26 ans. » Le premier challenge qu’a relevé Patrick Bastian est la mise en place de la caisse fièvre aphteuse, qui a servi de base aux fonds FMS et FMGDS. C’était aussi le début de l’éradication du varron. « En cinq ans, l’Alsace a été déclarée zone assainie en varron. »

D’une crise à l’autre

S’occuper du sanitaire, c’est aussi vivre des crises, la plus marquante pour l’élevage étant celle de la vache folle. En Alsace, le premier cas est apparu en 2001. « Tu as milité pour l’abattage collectif pour limiter l’impact financier et atténuer le traumatisme psychologique. » Pour redorer le blason de l’agriculture, la charte des bonnes pratiques, une démarche commune à la filière lait et viande, a été mise en place. Les GDS en ont coordonné le déploiement dans la région. Dans les années 2000, d’autres programmes ont été lancés, notamment la certification IBR. « Quelques années plus tard, nous avons découvert la fièvre catarrhale ovine, le Grand Est étant la première région touchée, avec par la suite une vaccination obligatoire. »

En 2013, le GDS devant être reconnu comme organisme à vocation sanitaire, les deux GDS alsaciens ont décidé de fusionner. « Le GDS Alsace voit le jour le 1er octobre 2014, un chantier important dont tu as été le constructeur. » L’année 2016 marque le lancement de l’éradication de la BVD, « un projet ambitieux pour lequel tu es allé chercher des financements. La Moselle était en avance sur ce dossier, nous lui avons emboîté le pas. Nous n’avions pas le droit à l’échec, vu les sommes en jeu… » S’investir dans le GDS aussi longtemps, c’est adhérer à une philosophie : « L’action sanitaire doit être collective et mutualisée », estime Frédéric Bernhard.

Cri du cœur de Patrick Bastian : « C’était un bonheur de présider le GDS durant toutes ces années ! » Un bonheur, aussi, de vivre sa dernière assemblée générale dans sa commune, dont il est membre du conseil municipal depuis 1983 et maire depuis 2001. « C’est pour moi une grande fierté d’avoir pu moderniser mon village. » Son seul regret : qu’il ne reste plus que deux paysans à Zehnacker…

Depuis son adolescence

Patrick Bastian est tombé dedans quand était petit. « Mon père devait collecter les cotisations du GDS, mais en fait, c’est moi qui m’en occupais. » C’est grâce aux JA qu’il est entré au GDS. Un beau jour, Jean-Paul Bastian lui a annoncé qu’il se retirait de la présidence et lui a proposé de lui succéder. C’était en 1993. « Je suis arrivé à GDS France dès l’année suivante. C’était une formation exceptionnelle ! » Il se souvient de son premier congrès national à Mâcon, où il était chargé de retracer l’histoire du GDS, créé par un ministre alsacien, Pierre Pflimlin.

Certains souvenirs restent profondément gravés dans sa mémoire, comme l’abattage total de troupeaux, que ce soit à cause de la brucellose ou plus tard de la maladie de la vache folle. Un drame, à chaque fois ! Par la suite, d’autres maladies ont fait leur apparition, comme la FCO.

Après avoir remercié les membres de sa famille pour leur soutien, Patrick Bastian a eu une pensée émue pour tous ceux qu’il a côtoyés durant toutes ces années au GDS, au niveau régional et national, ainsi que dans les milieux vétérinaires.

Moulin Burggraf-Becker à Dossenheim-sur-Zinsel

Une affaire de famille depuis cinq générations

Pratique

Publié le 12/07/2021

« Historiquement, nous avons une activité de meunerie », indique Jean-Yves Welsch, directeur général de la société. Rénové en plusieurs étapes, le moulin est équipé pour assurer le nettoyage et la mouture des céréales, et proposer des mélanges spéciaux, l’ensachage et le stockage des farines. « Nous produisons tous types de farines à base de blé et de seigle conventionnels et biologiques. D’autres farines sont commercialisées : sarrasin, grand épeautre, petit épeautre, maïs, quinoa, riz, etc. » Le moulin collecte des céréales auprès d’agriculteurs du Bas-Rhin et de la proche Moselle pour ses propres besoins et un peu de revente. « La limite du département est à une dizaine de kilomètres et le transport est plus aisé : pas de routes encombrées ni de grandes agglomérations. » Dès leur arrivée, toutes les bennes sont analysées pour effectuer un tri qualitatif, précise Jean-Yves Welsch.

Depuis la réception de son agrément EcoCert dans les années 2000, l’entreprise consacre une partie de son activité aux céréales biologiques et encourage les producteurs locaux dans leur démarche de conversion à l’agriculture biologique. Une activité qui lui tient à cœur. « Le bio représente la moitié de la collecte totale qui varie entre 3 000 et 4 000 tonnes. Je tiens à souligner que nous n’avons jamais eu de problèmes de qualité avec les céréales bio. Même en 2016, année très compliquée, nous avons pu utiliser toutes les céréales bios, alors qu’en conventionnel, il y avait beaucoup de tri à faire. »

Une nouvelle activité, le toastage

Dans les années 1960, le moulin s’est lancé dans la fabrication d’aliments du bétail. Aujourd’hui, il propose toujours des produits d’alimentation animale « mais nous nous limitons à la revente et au conseil ». Le moulin Burggraf-Becker s’est ensuite diversifié dans l’activité d’approvisionnement en semences, produits phytosanitaires, amendements, plastiques agricoles. « Nous essayons d’avoir une offre complète à destination des exploitations de polyculture élevage. Nous avons environ 600 agriculteurs dans nos fichiers pour nos différentes activités. » Il a développé le conseil aux agriculteurs. « Nous employons quatre technico-commerciaux pour l’activité agricole et un pour l’activité meunerie. »

L’entreprise familiale s’est également dotée d’un joli magasin de vente qui propose une large gamme de produits locaux, mais aussi de l’alimentation à destination des aviculteurs, des cuniculteurs, des colombophiles. « Nous avons aussi un grand rayon consacré aux aliments pour les chevaux. »

Travaux publics et cours de pâtisserie

Ainsi, le moulin Burggraf Becker a plus d’une corde à son arc. Et ce n’est pas fini. Depuis deux ans, il propose une nouvelle prestation de services : le toastage des protéagineux (soja, féverole, pois, lupin) pour l’alimentation des animaux. Un projet soutenu financièrement par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et la Région Grand Est.

L’an dernier, une nouvelle activité a vu le jour. La famille Welsch s’est en effet lancée dans les travaux d’aménagement et d’entretien de l’environnement. « C’est la passion de notre fils, Christophe. Il travaille pour l’Office national des forêts, les associations foncières et les particuliers », explique Jean-Yves Welsch.

« On ne s’est jamais arrêté de diversifier, en fait, poursuit-il. L’arrivée de notre fille, Sarah, nous permet désormais d’organiser des ateliers de boulangerie, de pâtisserie et de cuisine pour les particuliers et les professionnels. » Les ateliers du Moulin ont été conçus en étroite collaboration avec Christian Boistelle, maître boulanger-pâtissier confiseur, qui apporte son savoir-faire.

 

 

Votation

Les Suisses disent non à l’interdiction des pesticides

Pratique

Publié le 27/06/2021

Le 13 juin dernier, le peuple suisse a voté sur l’initiative populaire « Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse ». Une deuxième initiative populaire « Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique » était également soumise à votation ce jour-là. Le taux de participation était de 59,7 %, preuve de l’intérêt de ce sujet pour la population helvétique. Comme l’a rappelé le président de la Confédération helvétique, Guy Parmelin, lors d’une conférence de presse, le Conseil fédéral et le Parlement s’étaient prononcés en faveur d’un rejet de ces votations. « Les électeurs ont suivi ces recommandations en déposant un « non » dans les urnes », a-t-il indiqué.

Menaces de mort, insultes, affiches taguées ou incendiées… Rarement une votation populaire a autant agité les esprits dans les campagnes helvétiques. Un climat empoisonné qui traduit le malaise du monde agricole. De nombreuses exploitations suisses sont en effet plongées dans une situation critique et ont beaucoup de mal à tenir le coup sur le plan économique. Elles paniquent à l’idée de subir des baisses de rendement, en cas d’interdiction des produits chimiques. Mais au-delà de l’aspect purement financier, c’est aussi le manque de reconnaissance et l’éternelle accusation du « paysan pollueur » qui les affectent.

Très engagé dans la campagne du « non », le président de la Confédération avait appelé au calme mais cet appel n’a pas été entendu. Jamais le fossé ville-campagne n’a été aussi marqué… Après cette campagne très émotionnelle, il faut espérer que le climat s’apaisera. Un vœu formulé par Guy Parmelin qui veut restaurer une confiance mutuelle entre détracteurs et partisans de l’agriculture pour tracer le chemin de l’agriculture du futur. « Il faut désormais renouer le dialogue. Je m’y emploierai », a-t-il ajouté.

Poursuivre les efforts vers une production plus durable

« Ce non est un choix de la raison et du pragmatisme, qui assure l’avenir de notre agriculture et garantit l’avenir alimentaire de notre pays. » Il confirme également les engagements pris par les autorités fédérales au niveau de l’environnement et de la durabilité, estime Guy Parmelin. « Ce double « non » donne la possibilité au monde agricole de poursuivre ses efforts de transition vers une production plus durable, soutenue par une grande partie de la population. Il montre également l’attachement du peuple suisse à une production régionale transparente et durable. »

Pour Guy Parmelin, une évidence : « L’évolution de l’agriculture et les attentes des citoyens doivent converger. » Les autorités favorisent l’agriculture durable à travers différentes mesures, qu’il faudra poursuivre et renforcer. « L’agriculture doit conserver son rôle de pionnière dans la production intégrée, poursuivre ses efforts pour assurer la production de denrées alimentaires en Suisse tout en réduisant son impact sur l’environnement. » Les efforts investis dans la recherche agronomique et la sélection végétale seront renforcés, a-t-il promis.

L’agriculture est désormais au cœur des discussions dans les foyers. « Du coup, elle se retrouve dans une stratégie qui ne va plus seulement de la fourche à la fourchette, mais aussi en sens inverse, de la fourchette à la fourche. Les vœux des consommateurs et consommatrices seront entendus et feront partie de nos stratégies futures. » Pour le président, il est important de poursuivre le dialogue, de recréer la confiance. Mais pour que ce dialogue puisse avoir lieu, la population doit être à l’écoute du monde agricole et tenir compte des défis auxquels les paysans doivent faire face.

Les agriculteurs ont déjà intégré le changement de paradigme et vont aller de l’avant afin de prendre en compte les attentes des citoyens. « Mais il n’est pas question pour autant de remettre en cause le système des paiements directs, car ce serait dommageable pour toute l’agriculture », a souligné Guy Parmelin. Le parlement a suspendu la politique agricole, mais il a donné une mission au Conseil fédéral, à travers un postulat, d’aller vers une production plus durable. « Nous y travaillons déjà avec les milieux agricoles », a-t-il conclu.

FDSEA et JA du Bas-Rhin

« Nos produits ont de la valeur, respectez le prix conforme »

Vie professionnelle

Publié le 23/04/2021

Avec la loi Egalim, un nouveau concept est apparu, celui de « prix conforme » ? Quésaco ? « Partant des indicateurs de coût de production d’un éleveur, nous avons défini un prix en dessous duquel il n’est pas possible de vendre les produits laitiers en magasin sans qu’un maillon de la filière ne soit perdant… Et, en général, ce sont les agriculteurs qui en font les frais », explique Didier Braun, responsable de la section lait de la FDSEA du Bas-Rhin.

 

 

Cela fait des années que les producteurs de lait se battent pour faire reconnaître leurs coûts de production, explique-t-il. La loi Egalim prévoit que des indicateurs de coûts de production soient intégrés aux conditions générales de vente entre transformateurs et distributeurs. Tous les éléments juridiques semblent donc en place pour permettre une juste rémunération du producteur. Mais c’est sans compter sur l’opacité qui continue à régner dans les relations commerciales… Malgré ces avancées, le prix du lait n’est toujours pas satisfaisant. C’est pourquoi la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) a introduit cette notion de « prix conforme ».

Les indicateurs interprofessionnels qui servent de base au calcul de ce « prix conforme » ont été validés par l’ensemble des membres de la filière (producteurs, transformateurs et distributeurs) au sein de l’interprofession laitière. Si le distributeur ne prend pas suffisamment en compte ces indicateurs, sa responsabilité pour « prix abusivement bas » peut être engagée. « Leur prise en compte n’est pas une option, c’est une obligation imposée par la loi », estime Augustin Wack, responsable lait chez les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin.

Ce « prix conforme » a par exemple été évalué à 0,74 € pour un litre de lait UHT, hors promotion. Il s’établit ainsi : 38,8 centimes pour les producteurs de lait, 25 cts pour les transformateurs, 6 cts pour le distributeur et 3,85 cts pour l’État. « Si un produit est vendu en dessous de ce prix, c’est que l’un des acteurs ne respecte pas la réglementation », estime-t-il. « Combien la distribution prend de marge, cela ne nous regarde pas, renchérit Didier Braun. Mais la loi l’oblige à prendre au moins une marge de 10 %, sous peine d’être taxée de revente à perte. »

 

?En direct : La section lait ?et les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin sont dans les rayons du Super U ?pour observer l'...

Publiée par FDSEA du Bas-Rhin sur Vendredi 16 avril 2021

 

Loi Egalim : tolérance zéro !

Vendredi 16 avril, une douzaine d’éleveurs, membres de la FDSEA et des JA, sont allés vérifier sur le terrain si la loi était bien respectée. Une action qui les a menés au Super U de Bernolsheim. Après un court briefing à l’entrée du supermarché, ils se sont rendus dans les rayons des produits laitiers et, armés de drapeaux et de stickers, ils ont signalé tous les produits non conformes. C’est-à-dire ceux qui sont vendus à moins de 0,74 € pour le lait UHT, 1,34 €/kg pour le yaourt, 5,80 €/kg pour le camembert, 6,23 €/kg pour l’emmental râpé. « Légalement, on ne devrait pas trouver ces produits dans les rayons », explique Frédéric Bernhard, président du syndicat simmental d'Alsace. Et pourtant, en à peine une heure, un bon nombre de produits étaient couverts de stickers jaunes et rouges.

Les producteurs ont aussi fait acte de pédagogie, en expliquant aux clients du supermarché qu’à ce prix-là, les éleveurs ne sont plus rémunérés correctement. « C’est vrai que, lorsqu’on est une famille nombreuse, c’est intéressant de payer son lait quelques centimes moins cher. Mais il ne faut jamais oublier que, derrière ces briques de lait ou ces pots de yaourt, il y a une famille d’éleveurs qui en vit », a souligné un éleveur.

« C’est l’avenir de la production laitière qui est en jeu, insiste Didier Braun. Sur ce point, nous ne pourrons pas transiger ! Chaque prix abusivement bas sera dénoncé via l’adresse signalement@agriculture.gouv.fr. » Bref, tolérance zéro sur l’application de la loi Egalim ! « Nous encourageons les consommateurs qui sont prêts à soutenir l’agriculture de proximité à signaler ces comportements qui ne respectent pas la loi. » Dans cette démarche, les éleveurs se sentent épaulés par le fait que les premières condamnations sur le non-respect de la loi Egalim viennent d’être prononcées, avec des amendes significatives pour les distributeurs hors-la-loi.

De nouvelles actions concernant d’autres produits agroalimentaires pourraient être organisées dans un avenir proche, selon Yohann Lecoustey, directeur de la FDSEA du Bas-Rhin.

Alsace Lait

Une collecte record de 152 millions de litres

Élevage

Publié le 20/04/2021

En 2020, Alsace Lait a collecté 152 millions de litres de lait, un volume en hausse de 4 %. « Cette évolution est un peu atypique car au niveau national, la croissance est beaucoup plus faible, à peine 0,6 % », explique Philippe Bernhard, vice-président d’Alsace Lait. La coopérative compte désormais 219 points de collecte. « Plusieurs petits producteurs ont arrêté le lait l’an dernier. » Le litrage moyen par point de collecte est de 700 000 l, en progression de 48 000 l en un an. « C’est l’une des plus grosses moyennes françaises. »

Le prix du lait payé au producteur est fonction de sa composition en matière grasse et en matière protéique, mais aussi de sa qualité hygiénique et sanitaire. L’an dernier, 186 producteurs adhéraient au contrôle laitier, pour 92 % du volume collecté. On note une légère diminution du taux de matière grasse (- 0,3 %) et une stabilisation du taux protéique. La qualité progresse : 99,6 % du lait contient moins de 100 000 germes. La quantité de lait de moins de 25 000 germes croît elle aussi, ce qui est encore plus encourageant. En matière de dénombrement cellulaire, l’amélioration est continue sur les cinq dernières années. En termes de butyriques, on note une certaine stabilité. « Mais il reste une marge de progression importante sur nos exploitations. »

48,5 % du litrage collecté remplissent les critères du lait haute qualité. Soit un lait contenant moins de 25 000 germes, moins de 250 000 cellules et moins de 800 spores, et l’absence d’inhibiteurs. 19 producteurs figurent au palmarès du Challenge haute qualité qui distingue les éleveurs ayant livré du lait haute qualité douze mois sur douze. C’est un de moins qu’en 2019.

Le prix du lait de référence a progressé de 2,45 €/1 000 l en 2020 pour s’établir à 319,84 €/1 000 l. Ce qui donne un prix de base de 329,84 € pour le lait non OGM, de 344,84 pour le lait de prairie non OGM. « Le prix moyen annuel s’élève à 363,75 €/1 000 l, avec la ristourne sur les rétrocessions, le complément de prix que vous avez touché pour le lait d’été (5 €/1 000 l sur les mois de juin, juillet, août et septembre), sans oublier la ristourne (3,5 €/1 000 l sur l’ensemble des volumes collectés) et les intérêts sur les parts sociales qui seront versées après l’assemblée générale. » Soit une augmentation de près de 8 €/1 000 €. « Au total, sur le 1,7 million d’euros de résultat réalisé par Alsace Lait en 2020, près de 900 000 € seront redistribués aux éleveurs après l’assemblée générale », précise Michel Debes, président d’Alsace Lait.

Lait de prairie : appel à candidatures

Pour le lait de prairie, le prix maximum moyen annuel payé au producteur atteint 394,6 €/1 000 l. C’est l’un des meilleurs prix payés par la coopérative, fait remarquer Philippe Bernhard. Alsace Lait collecte 32 millions de litres de lait de prairie auprès de 45 producteurs. Cela représente 86 000 l par jour, sur une collecte journalière de 415 000 l. Un axe fort que la coopérative souhaite développer, indique Gérard Zimmer, en rappelant les règles à respecter. Les vaches doivent pâturer 120 jours par an, 6 h par jour, le pâturage doit démarrer avant le 15 juin et le chargement ne peut excéder 10 vaches à l’hectare. L’éleveur s’engage par ailleurs à tenir un cahier de pâturage (date d’entrée et de sortie, parcelles visitées). À la clé, une incitation financière de 15 €/1 000 l, avec un engagement sur trois ans. « Engagement qui a été renouvelé début 2021. » Les nouveaux engagés touchent une prime de 5 €/1 000 l. Les autres peuvent bénéficier d’une prime de croissance de 2,5 à 5 €/1 000 l, s’ils augmentent leur production en 2021.

Des subventions sont accordées par l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse pour aider les éleveurs à la mise en place des pâturages et des cultures à bas niveau d’impact sur les ressources en eau. « Cette aide sera supprimée en fin d’année. Si vous êtes intéressés, contactez-nous rapidement pour faire un diagnostic de votre exploitation », insiste Gérard Zimmer, du service production.

Philippe Bernhard enchaîne : « D’ici le mois de juin ou de juillet, nous reviendrons vers vous pour savoir si vous êtes intéressés, car c’est à ce moment-là qu’il faudra semer les prairies. Nous nous positionnerons en fonction des souhaits de nos acheteurs - nous ne voulons pas perdre un client parce que nous ne pouvons pas répondre à ses attentes. » Alsace Lait privilégiera les exploitations où la conversion peut démarrer rapidement. « À l’avenir, nous allons déterminer le volume et le prix que le marché peut accepter, afin de fixer les meilleurs prix payés aux producteurs. » Pour l’instant, la demande de lait de prairie n’existe pas en France, indique Michel Debes.

Lait sans OGM : petit rappel des règles

La production de lait sans OGM est elle aussi soumise à des contraintes très précises, que ce soit dans les relations avec les fournisseurs, le broyage des aliments, les changements de ration ou l’achat d’animaux. Par ailleurs, tous les ruminants présents sur l’exploitation, même les bovins viande, doivent être nourris avec des aliments non OGM. « Tous les documents sont à conserver soigneusement. Bureau Veritas effectuera des contrôles à partir du mois de mai », indique Gérard Zimmer.

De son côté, Philippe Bernhard a présenté Terrajob, une association mise en place pour répondre aux besoins de main-d’œuvre qualifiée sur les exploitations agricoles et à laquelle Alsace Lait participe directement. « Une enquête pour connaître les besoins de main-d’œuvre sera transmise prochainement aux producteurs par l’intermédiaire du chauffeur de collecte. Je vous encourage à y répondre pour mieux évaluer vos besoins. Dans le secteur laitier, la demande en main-d’œuvre croît d’année en année ; l’objectif de Terrajob est d’y répondre, qu’il s’agisse d’intérimaires, d’apprentis ou de CDI. »En avant-première, la laiterie a annoncé le lancement de deux nouveaux bibeleskaes, ananas coco et mangue passion.

Brumath

Le Festival de l’élevage tombe à l’eau

Élevage

Publié le 16/04/2021

Le Festival de l’élevage devait se dérouler les 15 et 16 mai, au plan d’eau de Brumath. Les préparatifs étaient bien engagés, mais les organisateurs ont préféré tout arrêter, en raison des nouvelles restrictions sanitaires, annonce Marc Schneider, président du comité d’organisation du festival. « Nous avions déjà été contraints de l’annuler en 2020, lors du premier confinement. Alors, nous tenions absolument à le maintenir cette année. Fin janvier, nous avions bon espoir. Mais avec les nouvelles règles de confinement, ce n’est pas possible. » Les risques sont trop grands, selon les organisateurs. C’est donc la mort dans l’âme que Marc Schneider et son équipe ont pris cette décision. « Nous avons évoqué la possibilité de le reporter à l’été, mais c’est trop compliqué. » Avec les moissons, c’est une période chargée pour les agriculteurs. Et dès le retour des beaux jours, le plan d’eau est envahi par les baigneurs.

« Le festival de Brumath est la plus grande manifestation d’élevage du département », rappelle Marc Schneider. C’est aussi l’occasion de mettre en avant l’agriculture alsacienne, de faire le point sur ses difficultés, ses projets. Ouvert au grand public, il rassemble entre 3 000 et 5 000 personnes, selon les éditions. « C’était un réel plaisir de voir autant de monde. » C’est aussi le rendez-vous incontournable de tous les éleveurs. « Nombre d’entre eux ne se voient qu’à cette occasion. Cela me chagrine qu’ils ne puissent plus se rencontrer et échanger sur leur métier », avoue Marc Schneider. Pour les jeunes éleveurs aussi, c’est un moment de fête. « Nous avions une équipe dynamique de jeunes de 14 à 25 ans qui ne peuvent plus se voir non plus… Je crains qu’ils ne perdent leur motivation. »

« J’espère que tout le monde restera mobilisé »

Marc Schneider espère qu’il arrivera à mobiliser ses troupes l’an prochain. « Certains bénévoles risquent de jeter l’éponge. Mais leur expérience nous est précieuse : le jour J, chacun sait ce qu’il a à faire. J’ai peur que ce savoir-faire se perde. » Deux ans d’arrêt ne doivent pas casser cette belle dynamique, estime-t-il. « À nous de faire le nécessaire, le moment venu, pour relancer la machine. Si nos anciens bénévoles décident de décrocher, il faudra recruter des jeunes, pas seulement pour les concours, mais aussi pour tout le reste, le montage des chapiteaux, la restauration, le nettoyage du site, etc. » Et n’oublions pas les concessionnaires : « J’espère qu’ils seront présents comme les autres années pour faire vivre le festival. Nous, on reste motivé, et au cas où certains se sentent une âme de bénévole, on est preneur… »

Frédéric Bernhard, président du syndicat de la race simmental d’Alsace, regrette lui aussi l’annulation du festival. « En début d’année, nous étions confiants, la situation sanitaire s’améliorait dans notre région. Tout le monde était prêt à y aller, mais dans les conditions actuelles, ce n’est pas possible. Organiser une fête où il faut gérer le nombre de visiteurs, c’est trop risqué. Refouler des personnes à l’entrée aurait été délicat.  »

Un site réaménagé en profondeur

Même son de cloche chez les éleveurs de la race montbéliarde. Pour leur président, Jean-Marie Schoenel, il était difficile de maintenir le festival dans les conditions sanitaires actuelles. « C’est un peu triste !  » Chez les passionnés de concours, on sent une certaine frustration, suite à l’annulation de la plupart des manifestations. « Cette confrontation amicale nous manque, sans parler de la fête qui suivait… »

« Lors de notre réunion de préparation, en janvier, nous étions confiants, indique Jean-François Dintinger, président du syndicat prim’holstein du Bas-Rhin. Mais lorsque nous nous sommes revus fin mars, nous avons dû nous rendre à l’évidence. C’est vraiment dommage de ne pas pouvoir organiser ce festival. C’est l’un des plus grands rassemblements agricoles de l’année, avec la finale de labour. C’est le premier rendez-vous de la saison, et il draine toujours beaucoup de monde de tout le département. » Accessoirement, cette annulation est aussi un manque à gagner pour les syndicats d’élevage qui auront beaucoup de mal à boucler leur budget sans les retombées financières du festival.

« À l’automne 2019, nous avons entièrement réorganisé le site, poursuit Jean-François Dintinger. Nous avons posé de nouvelles canalisations, modifié les allées de circulation, pour déplacer les chapiteaux. Depuis, nous n’avons jamais eu l’occasion de tester cette nouvelle organisation… » Certains prédisent qu’il faudra des années avant de voir le bout du tunnel. « Pourvu que non ! L’avenir nous le dira… Nous espérons vraiment que nous pourrons relancer la machine dès l’an prochain, et que tous, éleveurs, bénévoles, visiteurs, seront au rendez-vous.  »

Alsace Lait

Après le lait de prairie, du lait bio aussi

Élevage

Publié le 09/04/2021

« Une année extrêmement compliquée. » Voilà ce qu’il faut retenir de 2020, selon Michel Debes, président d’Alsace Lait. Pourtant, le secteur laitier n’est pas le plus à plaindre, puisque la demande a continué à progresser de 1,5 % au niveau mondial.

Les difficultés ont commencé dès l’instauration du premier confinement, indique le président : « Avec la fermeture brutale des restaurants et des écoles, nous avons perdu 80 % de notre chiffre d’affaires sur le marché de la restauration hors foyer (RHF). Même lorsque les restaurants ont rouvert l’été dernier, nous n’avons pas retrouvé le niveau d’avant la crise. Aujourd’hui, nous enregistrons une baisse de 40 % sur le chiffre d’affaires RHF.  » L’usine alsacienne a été plus impactée que d’autres, souligne Michel Debes : « Nous sommes un peu atypiques, car la RHF représentait 25 % de notre activité en 2019, contre 6,5 % sur l’ensemble de la métropole. En 2020, ce pourcentage est tombé à 12 %. » Les échanges internationaux ont également souffert : les choses ont pris du retard, avec le télétravail.

Un phénomène vraiment exceptionnel

« Dès que les restaurants ont fermé, les gens se sont rués dans les supermarchés pour faire des provisions massives », rappelle Michel Debes. Cela a duré tout au long du premier confinement. Ce qui fait que les ventes en GMS ont progressé de 6 %. « Cela nous a permis de compenser en grande partie le recul de la RHF. »

Au début du confinement, les commandes étaient vraiment erratiques, une situation difficile à gérer lorsqu’on travaille avec des produits frais. « D’un jour à l’autre, elles pouvaient être divisées ou multipliées par deux. Nous étions dans l’incapacité de satisfaire toutes les demandes. La situation n’est revenue à la normale qu’en juin. » Pourtant, l’entreprise s’est montrée extrêmement réactive.

L’Alsace a été la première région à être classée zone rouge. Des interrogations ont plané sur la continuité de l’activité, entre les salariés malades et ceux qui sont restés à la maison pour garder leurs enfants. « Nous avons tout fait pour éviter la fermeture de l’usine. Fort heureusement, le nombre de personnes contaminées est resté faible et nous avons réussi à gérer la situation. » Dans une entreprise comme Alsace Lait, le port du masque et la désinfection des mains étaient déjà des pratiques courantes. L'entreprise a même pu offrir des masques au Conseil départemental pour les maisons de retraite et les hôpitaux. Mais comment la situation va-t-elle évoluer ? « Nous attendons avec impatience la réouverture des restaurants. »

Michel Debes en est persuadé, « ce qui a sauvé l’année, c’est le comportement de la GMS et la bonne tenue de l’export, grâce à nos produits frais en portions individuelles. Les laiteries qui produisent du fromage à la coupe ont beaucoup souffert lors du premier confinement, car les consommateurs se sont détournés des produits manipulés par l’homme. » L’activité industrielle, quant à elle, s’est maintenue à un bon niveau.

La collecte s’est envolée en 2020 : les producteurs d’Alsace Lait ont livré plus de 152 millions de litres, soit 6 millions de plus en un an. C’est un record historique ! « Nous avions prévu une tolérance de 15 % sur votre volume de production. À un moment donné, nous avons envisagé de réduire ce chiffre, mais nous avons préféré vendre plus de lait sur le marché spot. »

Les négociations commerciales sur les marques se sont terminées le 28 février, annonce Michel Debes. « Le lait s’en sort mieux que d’autres secteurs. » Les négociations sur les marques de distributeur (MDD) viennent de commencer et se prolongeront jusqu’en juillet. Toutes les entreprises laitières poussent la grande distribution à accepter des augmentations, car le prix de l’aliment a connu des hausses drastiques, notamment le soja, et cela risque de continuer.

Un premier essai en lait bio

Michel Debes a fait le point sur le lait de prairie. « C’était la condition sine qua non pour nous maintenir sur le marché hollandais. Vous avez massivement joué le jeu et, en 2020, nous avons collecté 32 millions de litres. » C’est un marché porteur : Alsace Lait a ouvert des négociations avec d’autres distributeurs. « Mais cela prendra du temps car ils doivent s’engager sur la durée et accepter une variabilité du prix du lait. D’ici l’automne, nous connaîtrons la demande de nos clients et pourrons prévoir une montée en charge de la production. » Cette année, quatre adhérents ont rejoint le club des producteurs de lait de prairie. Le potentiel de croissance est réel, la coopérative a identifié d’autres producteurs pouvant se convertir au lait de prairie. Le prix est majoré de 2 €/1 000 l, et au niveau des volumes, c’est « open bar ».

« Comme vous le voyez, nous préparons stratégiquement 2022. » La laiterie a longuement réfléchi à l’opportunité d’entrer sur le marché du bio, ne serait-ce que pour son image de marque. « Nous avons contacté les producteurs qui s’intéressent au bio et ont des surfaces de pâturage adéquates. Le bio, il faut le faire en mode extensif et être capable de produire assez de fourrages. Ce n’est pas évident pour toutes les fermes. » Michel Debes annonce qu’un producteur est en cours de conversion. Trois autres sont en train de le suivre. « Nous avons deux ans devant nous pour trouver une solution pour collecter ce lait et le transformer. »

La filiale Savoie Yaourt a réalisé un très bel exercice 2020. Elle affiche plus d’1 million d'euro de résultat, après un amortissement exceptionnel sur une machine de conditionnement de gourdes destinées au marché britannique. « Depuis l’entrée en vigueur du Brexit, nous avons perdu ce marché et nous avons fait le nécessaire pour prendre en compte cet aléa. »

La famille qui possédait l’usine Chalifoux de Sorel-Tracy, au Québec, a émis le souhait de se retirer, et donc de vendre ses actions. « Nous étions déjà actionnaires de la société à hauteur de 40 %. Lors de la vente de l’entreprise, nous avons fait le choix de devenir actionnaires majoritaires, autour de 52 ou 53 %. » Le reste de l’actionnariat sera constitué d’entreprises bancaires ou financières canadiennes.

Frédéric Madon a pris la direction de la laiterie canadienne dont le chiffre d’affaires est en forte progression. Depuis le mois de juillet, il a procédé à une réorganisation de l’entreprise, ce qui a un impact extrêmement favorable sur les ventes de produits frais. « Lors de notre implantation au Canada, il y a cinq ans, nous avons lancé une gamme de produits laitiers ultra-frais. Depuis un an, nous avons développé des yaourts végétaux. » Commercialisés sous la marque Maison Riviera, ces yaourts à base de lait de coco, font un tabac. La société Chalifoux est devenue le deuxième intervenant canadien sur ce secteur innovant. L’aventure canadienne est donc un pari gagnant. « Nous dépassons les 30 M$ de chiffre d’affaires sur les produits frais, à comparer avec les 15 à 16 M€ de Savoie Yaourt. »

Un petit regret, pour le président : « La fête du 40e anniversaire est tombée à l’eau, l’an dernier. Je ne sais pas s’il sera possible de le fêter cette année, mais ce n’est que partie remise.  » Cette année encore, l’assemblée générale aura lieu par correspondance, au début du mois de juin.

Le Québec, une affaire qui marche

Le groupe, qui comprend désormais quatre entités, Alsace Lait, Savoie Yaourt, Chalifoux et Maison Riviera, a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 125,60 M€, indique Frédéric Madon, directeur général. « Le chiffre d’affaires s’est légèrement amélioré, malgré la déconsommation dans certains secteurs. » Le résultat net consolidé s’établit à 2,50 M€, en amélioration par rapport à l’an passé.  « Les quatre sociétés du groupe contribuent à ce résultat bénéficiaire. » Les fonds propres s’améliorent d’une année à l’autre. La dette financière du groupe continue à baisser sous l’effet de la consolidation de la trésorerie qui atteint 6,30 M€ sur l’ensemble du groupe.

La coopérative Alsace Lait contribue largement au bénéfice réalisé par le groupe en 2020, souligne Frédéric Madon. À 111 M€, son chiffre d’affaires est en légère augmentation, avec des résultats contrastés selon les réseaux. « La RHF a chuté de 29 % ; fort heureusement, la GMS a pris le relais, avec une progression de plus de 5 %. » Le poids de la GMS est de 80 %, contre 75 % en 2020. Celui de la RHF, par contre, a reculé de 25 % à 12 % en un an.

La marge globale de l’entreprise continue à progresser pour s’établir à 39,60 M€. « La GMS n’a pas facturé de pénalités l’an dernier, compte tenu de la situation chaotique, ce qui nous a permis d’améliorer notre marge. » Conséquence, la valeur ajoutée est aussi en progression, d’autant que les charges externes - transport, intérim, fluides et énergie - sont en baisse.

L’excédent brut d’exploitation s’établit à 6,60 M€, le résultat d’exploitation à 2,20 M€, en très nette amélioration. Les charges salariales augmentent, sous l’effet de l’intéressement, de l’embauche de nouveaux agents, de la prime Covid et des négociations salariales (+ 1 M€ au total). Les résultats financiers sont déficitaires. Au final, le résultat net comptable s’élève à 1,7 million d’euros.

Une nouvelle ligne de fabrication de lait UHT

En 2020, la coopérative a consenti des investissements limités. De l’ordre de 1,70 M€, ils ont porté essentiellement sur l’aménagement des infrastructures pour réorganiser les services. Cette année, Alsace Lait prévoit d’investir 4,70 M€. « Nous installons une nouvelle machine pour l’élaboration du lait UHT pour être en capacité de produire plus. » L’ancienne machine UHT est à l’arrêt, la nouvelle machine entrera en fabrication début mai. Une augmentation de la production de lait UHT permettra à la coopérative de réduire la vente de lait spot et de gagner des marchés supplémentaires dans la région, mais aussi en Asie. Sur ce marché export, la demande de crème UHT est également très forte.

Alsace Lait produit environ 8 millions de litres de lait UHT, entre sa propre marque et les marques de distributeurs. « Cela nous permet d’écrêter nos excédents, surtout en hiver où il y a beaucoup de lait sur le marché et où les prix sont bas. Avec cette machine nous pourrons faire d’autres produits UHT, comme la crème chantilly vanillée, le tiramisu, la crème anglaise, pour avoir des dates de péremption plus longues et nous développer à l’export », annonce le directeur général.

Entreprise de travaux agricoles CM Prestations

Enrubannage : quand c'est carré, ça tourne rond !

Technique

Publié le 22/03/2021

Après un bac pro au lycée agricole de Rouffach, Corentin Meppiel a décidé de passer son BTS Acse au lycée agricole de Besançon, histoire d’élargir son horizon. « C’est lors d’un stage effectué dans le cadre de mes études que j’ai découvert l’enrubannage de balles carrées. » Très répandue dans le Nord-Pas-de-Calais, cette technique commence à se développer en Alsace. Elle présente de nombreux avantages selon lui. « Elle répond à la triple performance de l’exploitation agricole : sociale, environnementale et économique. »

Comme leur nom ne l’indique pas, les balles carrées sont en fait des parallélépipèdes rectangles mesurant 120 x 90 x 200 cm. Elles sont plus denses que les balles rondes. « La pénibilité du travail est bien moindre. » Une balle carrée se compose de plusieurs tranches, explique Corentin Meppiel. « Lors de l’affouragement des animaux, il suffit de prendre une tranche et de distribuer le fourrage avec un chargeur ou un godet. » La manipulation est donc plus aisée, par rapport à une balle ronde qu’il faut dérouler pour réaliser l’affouragement. « Ce qui est pratique, aussi, c’est qu’on peut l’ouvrir à moitié et utiliser le reste le lendemain. » Le risque d’échauffement est réduit et le stockage facilité car on peut les empiler en briques, ce qui limite le risque d’effondrement des piles…

 

Prestation d'enrubannage de bottes rondes et carrées à la ferme? Possibilité de prestation avec pressage de bottes ?

Publiée par CM Prestation sur Lundi 23 novembre 2020

 

Que des avantages

Une balle carrée est plus économique qu’une balle ronde, explique Corentin Meppiel. La première affiche un volume de 2,16 m3, contre 1,37 m3 pour la seconde. Soit un gain de 57 %. Or le coût de la prestation est supérieur de 42 %. La balle carrée est donc 16 % moins chère que la balle ronde. « Il faut moins de film pour le même volume. De plus, nous utilisons de la ficelle pour maintenir la balle, au lieu du filet pour les balles rondes. La ficelle est moins chère et plus facile à enlever. » Sur le plan environnemental aussi, les avantages sont notoires. « On peut empiler plus de balles carrées sur le plateau à paille, et donc optimiser le transport. »

Herbe, luzerne, couverts végétaux, CM Prestation enrubanne tous types de fourrages humides. « Nous faisons aussi de l’enrubannage industriel, pour le stockage de cartons. » Du pressage à l’enrubannage, l’entreprise offre une prestation complète. Elle peut également s’occuper du chantier de récolte, si l’éleveur le souhaite. « Les balles sont enrubannées à la ferme du client ou en bout de champ, selon le mode de stockage désiré. Cela limite le risque de perforation durant la manipulation. Et, si je vois un trou, je le referme immédiatement. » Un tapis est installé en fin de machine pour empêcher que les bottes tombent directement sur le sol et se cassent. « Dans le prix de la prestation, tout est compris, y compris le film et la ficelle. »

CM Prestation offre une grande flexibilité : « Je m’adapte aux attentes des clients. Si le client est content, je le suis aussi. » L’entreprise intervient dans tout le Bas-Rhin et n’hésite pas à se déplacer au-delà, pour des chantiers importants.

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