Auteur

Anny Haeffelé

Journaliste au PHR

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Investissements pour la modernisation des bâtiments d’élevage

Plan bâtiment : 2020, une année vraiment atypique

Pratique

Publié le 17/03/2021

« En 2020, pour la première fois, la DRAAF et la Région Grand Est nous ont imposé une période unique de dépôt des dossiers de candidature alors que, depuis 2015, il y avait toujours deux périodes de dépôt, l’une en février-mars, l’autre en juin-juillet », explique Daniel Brua, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace, responsable du dossier Plan bâtiment. À l’origine, cette période s’étalait du 15 janvier au 29 avril 2020, sauf pour les jeunes agriculteurs qui avaient jusqu’au 28 mai 2020 pour déposer leur dossier. L’accord du permis de construire pouvait être envoyé jusqu’au 30 juillet 2020.

Entre-temps est arrivé le confinement, ce qui a quelque peu chamboulé ce calendrier. La date de clôture de dépôt des dossiers a été prolongée jusqu’au 30 juin (jusqu’au 30 juillet pour les jeunes agriculteurs), afin de tenir compte des deux mois de confinement, les éleveurs ayant jusqu’au 30 septembre pour présenter l’accord de permis de construire. Les éleveurs ont massivement saisi l’opportunité que leur offrait ce délai supplémentaire. « Nous avons explosé le nombre de dossiers », souligne Daniel Brua.

Le conseiller avance un autre facteur pour expliquer cet engouement : « L’an dernier, nous avions des craintes sur l’avenir du Plan bâtiment. Cette incertitude a accéléré les dépôts de dossiers. » 121 dossiers ont ainsi été instruits, en Alsace, dont 28 impliquant un jeune agriculteur. Du jamais vu ! Rappelons que 2019 avait déjà été marquée par une activité soutenue, avec 87 dossiers déposés.

Avec 72 dossiers, c’est toujours la production laitière qui investit le plus pour se moderniser et améliorer l’organisation du travail, ainsi que le bien-être animal, notamment en installant des robots de traite. Mais les autres filières ne sont pas en reste : 20 dossiers concernent la production de bovins viande, 14 le secteur avicole et 11 le secteur ovin.

Ces 121 dossiers représentent un montant prévisionnel de dépenses de 38 millions d’euros, soit une moyenne de 315 000 € par dossier, ce qui constitue un investissement conséquent. Le montant prévisionnel des aides s’élève, quant à lui, à 7,4 millions d’euros, soit 61 000 € par dossier.

La Région Grand Est sauve le Plan

Le 20 novembre, s’est tenue la réunion du comité technique chargé de la validation des dossiers. « Seuls 71 dossiers sont validés, dans un premier temps. 50 sont placés sur une liste d’attente par manque de financement », indique Daniel Brua. Comment les dossiers ont-ils été sélectionnés ? « Chaque financeur a choisi en fonction de ses orientations stratégiques - stockage du fourrage, gestion des effluents, agriculture biologique – les jeunes agriculteurs étant prioritaires dans tous les cas. » Une pilule difficile à avaler pour les candidats non retenus…

La session de la Chambre d'agriculture Alsace qui a eu lieu le 4 décembre a été l’occasion, pour les représentants du monde agricole, de monter au créneau. Avec succès ! Patrick Bastian, vice-président du Conseil régional du Grand Est, est intervenu pour mettre l’État devant ses responsabilités. Dans la foulée, il a annoncé que la Région étudiait la possibilité de financer les dossiers en attente. « Très tôt, devant l’afflux des dossiers, nous avions alerté les financeurs », précise Daniel Brua.

La sentence est tombée le 21 janvier 2021 : la Région Grand Est a validé l’ensemble des dossiers. Une décision bienvenue car elle donne le déclic pour activer les financements européens… « Nous n’étions pas les seuls dans ce cas : la Lorraine et Champagne-Ardenne étaient dans la même situation ! », s’exclame Daniel Brua. Dans un article paru dans nos colonnes, le vendredi 12 février, la FDSEA du Bas-Rhin, par l’intermédiaire de Didier Braun, a remercié officiellement la Région pour cette décision exemplaire qui permet de satisfaire l’ensemble des demandes.

Cristal Union

Erstein se lance dans le sucre de betterave bio

Cultures

Publié le 09/10/2020

Alors que la campagne sucrière vient de démarrer à l’usine d’Erstein, de nombreux producteurs se demandent pourquoi Cristal Union s’est lancé dans la production de sucre de betterave bio. Stanislas Bouchard, directeur commercial du groupe Cristal Union, explique : « Notre objectif est de répondre à la demande de nos clients industriels et grand public qui sont intéressés par un sucre de betterave bio, naturel et de qualité, produit localement. Nous avons aussi souhaité répondre à la demande des agriculteurs bio qui nous sollicitent pour développer cette nouvelle culture et enrichir leur assolement. »

Cristal Union est le premier groupe sucrier à avoir lancé une production de sucre de betterave bio en France, indique-t-il. Après une phase d’expérimentation à grande échelle dès 2018, avec 25 producteurs sur 150 ha de betteraves en mode bio, le groupe a produit en 2019 plus de 3 000 t de sucre bio provenant de 450 ha de betteraves à Corbeilles-en-Gâtinais, la première usine du groupe certifiée pour la production de sucre bio. « En 2020, nous avons doublé les surfaces de betteraves bio avec près de 1 000 ha. »

Les perspectives de marché pour le sucre de betterave bio sont prometteuses. La demande est croissante, les clients cherchant à limiter leurs achats de sucre bio importé de très loin pour privilégier le sucre blanc de betterave produit en France et dans certains autres États européens. « Outre le sucre bio, nous constatons également une forte demande en alcool bio, notamment pour des applications cosmétiques, mais aussi en pulpes surpressées pour l’élevage. Notre objectif est donc d’augmenter progressivement la production de betteraves bio. »

Une surface minimum de 250 ha pour démarrer

L’Alsace est concernée au premier chef par cette décision stratégique. Dès la prochaine campagne, les agriculteurs alsaciens pourront à leur tour se lancer dans cette production porteuse d’avenir, indique Laurent Rudloff, responsable agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Le démarrage d’une production de sucre bio à l’usine d’Erstein nécessite une surface d’au moins 250 hectares certifiés AB. Cette production permettra en outre un élargissement de la gamme Erstein, avec du sucre bio.

« Nous nous adressons à tous les agriculteurs ayant déjà une partie de leur exploitation certifiée bio et qui souhaitent diversifier leur assolement avec une nouvelle culture de printemps, indique Laurent Rudloff. En mode bio, la valorisation du sucre nous permet d’allonger le rayon d’approvisionnement jusqu’à 150 km, en France comme en Allemagne. »

Tous les betteraviers se posent une question : la rémunération des betteraves bio sera-t-elle différenciée pour compenser le risque encouru ? Oui, répond Bruno Labilloy, directeur agricole de Cristal Union. Le prix d’achat des betteraves bio est constitué d’un prix à la tonne à 16° livrée, assorti d’une prime fixe à l’hectare pour un engagement pluriannuel. Pour 2020, ce prix d’achat est de 80 €/t, auquel s’ajoutent 200 €/ha pour la prime pluriannuelle.

Les candidats à la production de betteraves bio devront bien sûr se familiariser avec de nouvelles techniques culturales. Mais ils pourront compter sur l’expertise des experts agronomiques pour les épauler. « Le service de R & D agricole du groupe dispose déjà de plus de trois années d’expérience en conduite bio pour délivrer les meilleurs conseils et accompagner les planteurs tout au long de l’itinéraire cultural », indique Michel Butscha, qui suit de près les expériences menées en Champagne et dans le sud de Paris.

Maîtriser l’enherbement, un point clé

Comme pour la plupart des cultures en mode bio, la maîtrise de l’enherbement est le point le plus exigeant de la culture de betteraves bio. Cependant, les techniques de faux semis et de désherbage mécanique permettent de limiter le désherbage manuel. Les experts agronomiques du groupe ont expérimenté plusieurs matériels de désherbage mécanique à différents stades de développement des betteraves (herse étrille, bineuse à moulinets) qui se sont avérés efficaces. Le groupe a également investi pour expérimenter un prototype de désherbage mécanique sur le rang. « Pour la gestion des bioagresseurs, nous disposons de variétés tolérantes parmi un choix de variétés conventionnelles non traitées », indique Michel Butscha.

Les enjeux de cette nouvelle filière sont cruciaux. « La production de sucre de betteraves bio est complémentaire à la production de sucre en mode conventionnel, explique Bruno Labilloy. Chaque hectare compte pour alimenter la sucrerie et faire en sorte qu’elle reste compétitive dans la concurrence internationale exacerbée depuis la fin des quotas. À ce titre, l’essor d’une production de sucre bio permettra de conforter la production de la sucrerie d’Erstein, d’allonger sa durée de campagne, et donc d’accroître sa compétitivité. » La pérennité de l’usine d’Erstein est à ce prix.

Laurent Rudloff annonce que Cristal Union organisera prochainement des réunions sur le terrain, en lien avec ses partenaires pour présenter cette nouvelle production, son importance stratégique et ses aspects techniques. Ce sera l’occasion, pour tous les agriculteurs bio intéressés, d’explorer cette piste de développement.

 

 

 

En cette période estivale

Les arrêtés sécheresse pleuvent

Pratique

Publié le 16/08/2020

2020 est la quatrième année consécutive de sécheresse dans notre région, du fait de la faiblesse des précipitations qui perdure depuis le mois de mars. Conséquence, dès la fin juillet, la préfecture du Bas-Rhin a placé l’ensemble des unités hydrographiques du département (en dehors du Rhin) en état de vigilance.

Malgré les récentes précipitations, le niveau des cours d’eau devient alarmant dans certains bassins hydrographiques du Bas-Rhin. Le département, explique Guillaume Pfrimmer, animateur de la FDSEA 67 chargé du dossier irrigation, est divisé en quatre bassins hydrographiques : « Bruche, Ehn, Andlau, Giessen et Liepvrette », « Sarre », « Lauter, Sauer, Moder et Zorn » et « Ill aval ». Actuellement, c’est le bassin hydrographique de la Bruche qui soulève le plus d’inquiétudes. D’où la décision du préfet de le placer en alerte renforcée dès le 7 août, suite à la réunion du comité sécheresse du mercredi 5 août. Le reste du département reste en alerte, précise le communiqué de la préfecture.

« Il y a cinq seuils : normal, vigilance, alerte, alerte renforcée et crise, explique Patrice Denis, conseiller spécialisé irrigation à la Chambre d'agriculture Alsace. Nous devrions vraisemblablement atteindre le seuil de crise d’ici la fin de la semaine », pronostique-t-il. La réunion du comité sécheresse du mercredi 12 août devrait prendre cette décision lourde de conséquences pour les irrigants. Cela signifie en effet que les prélèvements dans les cours d’eau seront interdits, sauf pour les cultures maraîchères. « Ce n’est que la deuxième fois que cela se produit depuis la mise en place du comité sécheresse. »

Comment ça marche ?

Mais sur quelles bases sont prises ces décisions ? « Tous les mardis, la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, N.D.L.R) fait parvenir à l’ensemble des organismes concernés les données concernant les débits des différentes rivières. Le comité sécheresse se réunit suite à l’invitation de la DDT (Direction départementale des territoires) et décide de la stratégie à adopter de semaine en semaine », explique Patrice Denis. L’arrêté préfectoral imposant des mesures spéciales dans certains bassins hydrographiques est pris suite à cette réunion, poursuit Guillaume Pfrimmer. Le comité sécheresse inclut tous les gestionnaires qui ont affaire à l’eau : la profession agricole, les industriels, les distributeurs d’eau potable comme le SDEA (Syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace Moselle), les associations de pêcheurs, VNF (Voies navigables de France), le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours), la Région Grand Est, la Dreal, l’OFB (Office français de la biodiversité), la DDT, Alsace Nature, etc.

 

 

Au plus fort de l’été, le comité sécheresse se réunit toutes les semaines. La rencontre débute par une présentation de la situation climatique par Météo France, un état des nappes et des cours d’eau par l’OFB et une étude des besoins des différentes filières. Des informations qui permettent de faire une projection sur la situation à venir. S’engage ensuite un débat sur la nécessité de prendre des mesures, de renforcer les mesures déjà en place, voire de les lever si la situation s’améliore. L’administration tranche sur une position commune qui ne satisfait pas forcément toutes les parties en présence, souligne Guillaume Pfrimmer. L’arrêté sécheresse signé par le préfet fixe les mesures imposées dans les différents bassins hydrographiques.

Une certaine confusion règne souvent dans l’opinion publique, générant des incompréhensions. Ces arrêtés sécheresse ne concernent en effet que les prélèvements en eaux superficielles et l’utilisation des eaux issues de ces prélèvements. Les eaux distribuées par les réseaux d’adduction en eau potable (AEP) qui ont pour origine les nappes profondes ne sont donc pas concernées. « Les communiqués publiés par la préfecture pouvaient parfois prêter à confusion. En fonction du secteur où il se trouve, tout particulier qui utilise l’eau de la nappe pouvait continuer à arroser. » Entre-temps, les conditions se sont durcies dans le bassin hydrographique de la Bruche. « Mais nous avons plaidé pour que les particuliers puissent continuer à arroser leur jardin potager », indique Patrice Denis.

« Chacun doit y mettre du sien »

L’irrigation à partir des eaux superficielles est régie par une procédure bien établie. Dès le mois de décembre, les agriculteurs doivent se signaler auprès de la Chambre d'agriculture et remplir une demande d’autorisation de prélèvement en cours d’eau. Après étude des besoins des irrigants, la Chambre définit un référentiel de partage de l’eau. « Nous établissons un planning d’utilisation pour toute la période. Ainsi, dès le départ, l’exploitant connaît les règles du jeu, quel que soit le seuil. À chaque nouvel arrêté, la Chambre d'agriculture d'Alsace et le Syndicat des Irrigants Ried Sud lui envoient un SMS pour l’informer du niveau d’alerte de son bassin hydrographique », indique Patrice Denis.

« Nous avons découpé chaque cours d’eau en tronçons et nous établissons une liste des irrigants sur chaque tronçon », indique Guillaume Pfrimmer. Des règles de gestion sont établies en fonction du nombre de pompes. « Auparavant, nous raisonnions en tours d’eau. Mais cela s’est avéré problématique. Aujourd’hui, nous nous basons sur les prélèvements. Ainsi, si un tronçon comprend quatre pompes de 30 m3/heure, le débit sera réduit en fonction de ce que le cours d’eau est capable de donner, par exemple deux pompes à 30 m3/h ou quatre pompes à 15 m3/h, voire une seule pompe si la situation est vraiment grave. » À charge, pour les irrigants d’un même secteur, de se concerter pour établir leur planning dans le respect de ces restrictions. « L’an dernier, cela avait bien fonctionné, l’OFB était satisfait du résultat. Aussi avons-nous décidé de reproduire le même schéma cette année », indique Patrice Denis.

Là encore, de nombreuses incompréhensions subsistent sur le terrain. « Tous les ans, nous subissons des critiques par rapport à l’irrigation en journée. Or, les pertes dues à l’évapotranspiration sont très limitées, de l’ordre de 5 à 10 % selon différentes études. »

« Notre objectif est de défendre les intérêts des exploitants, précise Guillaume Pfrimmer. Nous revendiquons une réflexion globale incluant l’ensemble des utilisateurs de l’eau, et pas seulement les agriculteurs qui ont des règles de gestion bien établies. Les prochains comités risquent d’être âpres », admet-il. Patrice Denis confirme : « La profession agricole ne doit pas être la variable d’ajustement. Chaque usager doit y mettre du sien. »

 

 

Dans le canton de Soultz-sous-Forêts

Hunspach est LE village préféré des Français 2020 : les agriculteurs se réjouissent

Pratique

Publié le 30/07/2020

Sur le ban de Hunspach, on recense deux agriculteurs à temps plein et huit agriculteurs pluriactifs, souligne le président local de la FDSEA, Michel Weingaertner. Les principales productions sont les céréales, les moutons et les bovins. On y trouve aussi quelques chevaux de trait ardennais, pour tirer la calèche qui effectue chaque jour des promenades dans les rues du village. Hunspach compte également un éleveur de chevaux de course réputé, Martin Lehmann. « Je suis très content pour la commune, même si personnellement, cela ne me rapporte pas beaucoup », indique ce dernier.

Un agriculteur allemand s’est récemment installé au cœur du village. Il élève des poules, des cochons et des vaches, et transforme son lait en yaourts et en fromages, explique Michel Weingaertner. Lui-même était à la tête d’un cheptel de moutons jusqu’à son départ à la retraite. Ses neveux, Laurent et Nicolas, ont repris le flambeau mais il leur prête encore main-forte. Le troupeau se compose d’une centaine de brebis de race charolaise et suffolk en plein air. « Être élu Village préféré des Français est pour nous une réelle fierté, affirme Michel Weingaertner. Cela nous complique un peu la tâche, parfois. Sortir le tracteur ou les engins agricoles lorsque les rues sont noires de monde, ce n’est pas une mince affaire. Mais on s’adapte… »

 

 

Rendez-vous le dimanche 2 août

« Hunspach ne possède ni ferme auberge, ni magasin de vente directe », explique Didier Braun, vice-président de la FDSEA du Bas-Rhin et maire d’une commune voisine de Hunspach. Les retombées en termes économiques sur l’agriculture locale sont donc limitées. Mais les hébergements touristiques, eux, profitent pleinement de l’afflux de visiteurs : au Village de gîtes de Hunspach, qui regroupe 35 équipements, les réservations commencent à abonder. Paul Schiellein, son président, s’en félicite.

« C’est énorme, ce qui se passe à Hunspach, estime-t-il. Maintenant, nos clients nous demandent si nous sommes bien situés par rapport au Village préféré des Français… Avec Maurice Waltsburger, président du Relais départemental du tourisme rural, nous avons réalisé un flyer à l’attention des propriétaires de gîtes et de chambres d’hôtes, pour qu’ils puissent présenter à leurs hôtes les charmes de Hunspach. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud… » L’office de tourisme de l'Alsace Verte, quant à elle, a installé un chalet sur la place de la Mairie pour accueillir le flux de visiteurs. Et tous les week-ends, une association s’occupe de la buvette et du repas de midi - des plats traditionnels et des tartes flambées. Le dimanche 2 août, ce sera au tour des propriétaires de gîtes d’Alsace du Nord. La cave de Cleebourg s’installera sur la place de la Mairie et la Musique Vogesia de Cleebourg donnera un concert de 15 h 30 à 17 h 30.

 

 

Anciens exploitants agricoles

Joseph Daul et sa vision de l’avenir de la Pac

Vie professionnelle

Publié le 08/04/2020

Lorsque la Commission européenne a dévoilé en mai 2018 ses propositions pour le budget européen 2021-2027, elle espérait un accord des États membres avant les élections européennes de mai 2019. Près de deux ans plus tard, les pays de l’UE affichent toujours de profondes divergences, et sont donc loin d’être parvenus à un accord. Le problème, c’est que la réforme de la Pac est elle aussi au point mort. « L’an dernier, avec l’ancien Parlement européen, nous aurions pu trouver un accord sur cette réforme, indique Joseph Daul. Mais Emmanuel Macron voulait tout changer. Je lui avais pourtant conseillé de sécuriser un accord pour cinq ans, quitte à y apporter des modifications en cours de route. Maintenant, nous sommes devant une situation compliquée, où personne ne sait ce qui peut arriver ».

Plusieurs difficultés mettent à mal l’équilibre européen. À commencer par la crise turque. « Cinq millions de réfugiés syriens sont aux portes de l’Europe, suite au chantage exercé par Erdogan, le président turc. » À cela s’ajoute la crise sanitaire provoquée par la pandémie du coronavirus. Joseph Daul fait le parallèle avec la crise de la vache folle qu’il a eu à gérer lorsqu’il était président de la Fédération nationale bovine. Une autre source d’inquiétude est, selon Joseph Daul, l’augmentation des dettes de nombreux pays. « Les grands de ce monde cherchent une solution pour gérer ces dettes ».

« Aucun État membre ne veut augmenter le budget européen pour lutter contre le flux migratoire et la crise sanitaire. Inévitablement, c’est la Pac qui trinquera ». L’urgence est désormais de faire adopter le budget européen pour les sept années à venir « et de voir ce que l’on en fait ».

Le commissariat à l’agriculture a été confié à un Polonais, preuve, selon Joseph Daul, du désintérêt des États membres pour la réforme de la Pac. Il voit une lueur d’espoir dans le fait que Phil Hogan, le commissaire au commerce, est un passionné d’agriculture et qu’il saura conseiller utilement le commissaire polonais. « J’espère qu’Angela Merkel restera aux manettes pour quelques mois encore. L’Allemagne assurera la présidence du Conseil de l’Union européenne au deuxième trimestre 2020. Si elle est encore là, on pourra peut-être voter le budget européen et sauver la ligne agricole ».

Pour Joseph Daul, « les tourbillons se multiplient au niveau géopolitique et on assiste à une grande déstabilisation. Erdogan et Poutine ont un seul objectif, détruire l’Union européenne. Mais je ne crois pas qu’ils arriveront à nous déstabiliser. Les pères de l’Europe ont accompli une œuvre incroyable que même le Brexit n’a pas réussi à mettre à mal ».

Plan bâtiment : bilan et perspectives

Une nouvelle dynamique

Technique

Publié le 24/01/2020

Jamais le Plan bâtiment n’a connu un tel succès. Pour Daniel Brua, conseiller d’entreprises à la Chambre d’agriculture Alsace et responsable du dossier IMBE, deux nouveautés sont à l’origine de cet engouement. « Pour la première fois en Alsace, les bâtiments et silos de stockage en plaine étaient éligibles à l'aide aux investissements pour la modernisation des bâtiments d’élevage (IMBE). C’était une attente des éleveurs qui souhaitaient augmenter leur capacité de stockage pour améliorer leur autonomie fourragère. » Par ailleurs, les éleveurs qui avaient déjà déposé un dossier par le passé pouvaient en présenter un deuxième, à condition d’avoir soldé le premier dossier.

Conséquence de ces décisions, un bilan très dynamique. « Nous avons déposé 87 dossiers, le plus fort nombre depuis le début du plan actuel en 2015. » Sur ces 87 dossiers, 47 sont liés au stockage de fourrage, précise Daniel Brua. 61 dossiers ont été recensés dans le Bas-Rhin, 26 dans le Haut-Rhin. Les bovins lait constituent toujours le gros des troupes, avec 42 dossiers. Mais les investissements dans les poulaillers continuent, principalement dans le Bas-Rhin. Les autres dossiers concernent les ovins, les porcs et les bovins viande, avec là aussi de nombreux projets de stockage de fourrage.

Montant moyen d'investissement : 261 000 €

« Sur les deux ou trois premières années, on déposait de nombreux dossiers proches de 1 million d’euros. Tous ceux qui voulaient investir dans le lait l’ont fait à ce moment-là, explique le conseiller. Aujourd’hui, les projets concernent plutôt l’installation d’un robot de traite, la construction d’une nurserie, d’un bâtiment vaches taries et de silos ou bâtiments de stockage des fourrages. On est plutôt dans l’amélioration des conditions d’élevage. » Le montant moyen des investissements le prouve. Il s’élève à 261 000 €, générant 53 200 € d’aides. Au total, les investissements prévus atteignent 22,70 M€, soit un montant d’aides de 4,60 M€. La répartition de ces aides est inchangée : 53 % proviennent des fonds européens (Feader), 47 % étant abondés par l’État, la Région Grand Est et l’Agence de l’eau.

2019 a connu deux périodes de dépôt des dossiers : du 7 février au 11 mars, le comité technique chargé de leur validation s’étant réuni le 28 mai, et du 17 juin au 31 juillet, la réunion du comité technique ayant eu lieu le 12 novembre 2019. « Tous les dossiers complets ont été retenus. Il en est ainsi depuis 2015, date d'entrée en vigueur du plan IMBE actuel, précise le conseiller. Mais ce ne sera peut-être pas le cas en 2020, dernière année du Plan bâtiment. »

 

Lire aussi le dossier Bâtiment de 2019, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Le plan IMBE en 2020

Attention, une seule période de dépôt des dossiers

Technique

Publié le 24/01/2020

Première bonne nouvelle, le montant des aides reste inchangé, de même que les taux de subvention. Les différents postes éligibles sont identiques, eux aussi, y compris l’extension stockage de fourrage en plaine. Le montant minimum d’investissement éligible est fixé à 50 000 € HT, excepté pour les filières d’élevage ovin, caprin, porcin AB, volaille AB et lapin AB pour lesquelles le montant minimum est abaissé à 15 000 € HT. Les montants et les taux d’aide sont fixés en fonction du montant éligible du projet, de la présence ou non d’un JA, de la localisation du projet (montagne ou plaine) ou de l’engagement que prennent les candidats à mettre en œuvre des actions améliorant la durabilité de l’exploitation en matière de gestion des effluents, d’autonomie fourragère, de transformation, et de bien-être animal.

Pour sa dernière année, le plan bâtiment connaît un certain nombre d’adaptations. « En raison des contraintes budgétaires, les financeurs ont limité le dépôt des dossiers à une seule période car toutes les demandes d’aides doivent être bouclées avant le 31 décembre sur le plan administratif. » La période de dépôt des dossiers a débuté le 15 janvier et s’achèvera le 30 avril, avec une prolongation pour les JA jusqu’au 28 mai. Il n’y aura donc pas de possibilité de déposer un projet en été ni en automne. Les éleveurs intéressés doivent donc réagir rapidement car la sélection se fait sur la base d’un dossier complet, comprenant notamment l’accord de permis de construire, les devis et une étude globale d’évolution de l’exploitation.

Un budget plus contraint, mais une certaine souplesse

Face à ces nouvelles contraintes, la Chambre d'agriculture d’Alsace a réussi à négocier plusieurs aménagements. Les dossiers concernant l’installation d’un jeune agriculteur disposeront d’un délai supplémentaire d’un mois, la date limite étant reportée au 28 mai. Par ailleurs, pour les projets qui nécessitent l’octroi d’un permis de construire, il suffira de joindre au dossier le récépissé du dépôt de demande en mairie, l’accord définitif devant être joint au dossier avant le 30 juillet.

Daniel Brua attire l’attention sur un élément fondamental. « En cette fin de plan, le contexte financier est plus compliqué. Certains financeurs ont pioché dans l’enveloppe financière au cours des années précédentes pour honorer tous les projets présentés. Aussi se réservent-ils le droit de fixer des ordres de priorité si cette enveloppe s’avérait insuffisante. » Dans ce cas, précise Daniel Brua, les dossiers qui concernent les jeunes agriculteurs, l’environnement (élevage biologique, exploitations herbagères, gestion des effluents), ainsi que les éleveurs qui déposent un projet pour la première fois devraient être prioritaires.

Le comité technique se réunira en septembre prochain. « Nous lui présenterons tous les dossiers complets qui nous seront soumis, mais nous préviendrons les éleveurs qu’ils devront attendre le feu vert des autorités pour être sûrs de bénéficier des subventions. » La délibération des financeurs interviendra avant la fin de l’année, avec éventuellement une grille de priorisation des demandes. Une fois la décision d’attribution des aides accordée, les travaux doivent impérativement commencer dans les douze mois suivants et être achevés dans un délai de 24 mois à compter de la date de déclaration de démarrage des travaux. « Nous nous attendons à un nombre de dossiers proche de celui de 2019 », estime Daniel Brua.

Les éleveurs souhaitant déposer une demande de subvention peuvent bénéficier de l’accompagnement d’un conseiller. Ils peuvent contacter les conseillers d’entreprise des Adar dans le Bas-Rhin ou téléphoner à Irène Bronnenkraut (03 89 20 97 30) dans le Haut-Rhin. À noter que la Chambre d’agriculture propose une prestation bâtiment, qui comprend la réalisation du permis de construire.

Un régime transitoire

Que se passera-t-il après 2020 ? « Normalement, un nouveau plan IMBE Grand Est aurait dû voir le jour en 2021. Mais comme les négociations sur la réforme de la PAC s’enlisent, et que l’avenir du plan bâtiment est étroitement corrélé à celui de la PAC, il ne sera pas prêt à temps. On se dirige vers une reconduction du système actuel, comme ce fut déjà le cas en 2014, à l’issue du précédent plan. En toute logique, nous allons vers un système transitoire qui reprendra les conditions du plan IMBE actuel. » Pour Daniel Brua, il n’est pas concevable que tout s’arrête brutalement. « Il n’y aura pas d’année blanche, estime-t-il. personne ne sera laissé au bord du chemin. »

 

Lire aussi le dossier Bâtiment de 2019, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Lycée professionnel agricole privé Schattenmann de Bouxwiller

L’attrait de la soixantaine

Vie professionnelle

Publié le 31/05/2019

L’aventure commence en 1954, avec la création d’un centre d’enseignement ménager pour jeunes filles. L’idée est de scolariser les jeunes filles dès 13 ans, une ou deux journées par semaine, explique Marie-Jeanne Nussbaum, directrice du Lycée Schattenmann. « À Bouxwiller, le centre était situé à côté d’une école de couture. La décision a été prise de fusionner les deux structures. Mais le fonctionnement était chaotique, car très souvent, les filles étaient retenues par les travaux des champs. »

La Mutualité sociale agricole du Bas-Rhin s’investit de plus en plus dans le financement du centre et en 1959 devient le partenaire numéro un. L’école de couture et d’enseignement familial rural s’installe en 1962 au premier étage du tribunal cantonal. Dans les années 1970, l’établissement est reconnu par le ministère de l’Agriculture. En 1975, il change de nom : il devient l’école privée d’enseignement ménager agricole. Deux ans plus tard, la MSA achète l’ensemble du bâtiment de l’ancien tribunal et aménage une cuisine pédagogique et un laboratoire, ainsi qu’une salle de TP en sous-sol.

Une réorganisation de l’enseignement agricole intervient en 1984. En 1986, plusieurs nouveautés : création du Bepa Dicopa, introduction de la mixité et introduction des premiers ordinateurs pour les élèves. Par la suite, de nouveaux espaces sont aménagés au grenier : deux salles de classe - elles deviendront plus tard la comptabilité et la salle informatique -, le CDI et une réserve.

L’Unrep Est prend le relais

En 1992, l’école change une nouvelle fois de dénomination et devient le lycée professionnel agricole privé Schattenmann, du nom de Charles Henri Schattenmann, enfant de Bouxwiller. C’est aussi l’année du lancement du partenariat avec la Hongrie, qui dure 25 ans. Lorsque la MSA décide de se retirer, un partenariat est conclu entre l’Unrep Est (Union nationale rurale d’éducation et de promotion) et le ministère de l’Agriculture. Il prend effet le 1er septembre 1995.

Grand tournant dans les années 2000. Le service à la personne a le vent en poupe mais il devient de plus en plus difficile de loger les élèves chez les habitants de Bouxwiller. La décision est prise de construire un internat à quelques mètres de l’établissement. Une extension est construite dix ans plus tard : elle accueille l’internat des garçons. Dernière nouveauté en date, la création d’une classe de 4e Initiative pour mieux accompagner les élèves « dys » (dyslexie, dyspraxie…) ou ayant des troubles de l’apprentissage. « Et depuis la rentrée, nous sommes un lycée 4.0 », souligne Monique Nussbaum.

Mais le Lycée Schattenmann ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Nous comptons sur vous pour nos projets futurs, comme l’ouverture d’un BTSA Services en milieu rural, le développement de la formation continue dans le cadre du CFP Nord Alsace récemment créé et la mise en place d’une section européenne en bac pro », annonce Myriam Schott, présidente de l’association gestionnaire du lycée. Et pour conserver les souvenirs de ses soixante ans d'existence, l'équipe va rédiger les « mémoires » du lycée.

Amicale des anciens responsables des organisations professionnelles agricoles

L’Aaropa souffle ses vingt bougies

Vie professionnelle

Publié le 13/05/2019

Aaropa et Aropa : deux sigles à ne pas confondre ! L’un rassemble les anciens responsables d’organisations professionnelles agricoles, l’autre les anciens salariés agricoles. L’Aaropa fête ses vingt ans. « Notre amicale a été créée le 26 mai 1999 par l’ancien président de la Chambre d'agriculture du Bas-Rhin, le sénateur Jean-Paul Hammann, suite au souhait d’anciens responsables agricoles de garder le contact après avoir mis fin à leur mandat », explique l’actuelle présidente, Doris Freysz. Elle a succédé l’an dernier à André Wicker, démissionnaire.

« Jean-Paul Hammann a confié à Brigitte Kieffer la mission de créer cette association dont l’objectif est d’organiser des rencontres amicales entre les anciens responsables professionnels agricoles et leurs conjoints, lors de voyages ou de visites professionnelles et culturelles. Une cinquantaine d''entre eux a répondu présent dès la première année. » Depuis sa création, Brigitte Kieffer en assure l’animation avec un dévouement unanimement salué.

Une cinquantaine de personnes étaient présentes le jeudi 25 avril pour l’assemblée générale de l’Aaropa. Les participants se sont retrouvés à Ergersheim pour une visite des Volailles Bruno Siebert, avant de partager un « repas asperges » à la ferme Maurer de Dorlisheim où s’est tenue la partie statutaire de cette journée.

Chaque année, l’amicale enregistre des décès et des départs. Mais de nouveaux membres la rejoignent. « De ce fait, nous avons bon espoir de la voir perdurer », estime Doris Freysz. Christiane Bernard, membre de l’Aaropa, a annoncé que la Section des anciens exploitants du Bas-Rhin (SDAE) est en train de monter un dossier pour permettre aux anciens agriculteurs d’aménager leur maison, en lien avec la Maison de l’autonomie et le Conseil départemental du Bas-Rhin. Une visite du Cep Cicat à Eckbolsheim est d’ailleurs programmée le 7 juin pour les agriculteurs du sud du département du Bas-Rhin.

L’année écoulée, a indiqué Marie-Marthe Maetz, a été riche en rencontres pour les membres de l’Aaropa : un concert des Rhinwagges au Palais des congrès de Strasbourg, un déjeuner spectacle au Royal Palace de Kirrwiller, une visite du musée Meteor à Hochfelden à l’occasion de l’assemblée générale qui s’est déroulée à Dauendorf, sans oublier la sortie annuelle qui a mené les membres au mémorial Alsace Moselle à Schirmeck et à la distillerie Massenez à Dieffenbach-au-Val. À sa suite, le trésorier, Alfred Diemer, a fait le bilan financier de l’exercice écoulé, la bonne tenue des comptes étant certifiée par le réviseur aux comptes, Joseph Adam. La cotisation annuelle a été maintenue à 15 €. « Son montant reste inchangé depuis la création de l’amicale », a indiqué Doris Freysz.

Les élections ont permis le renouvellement du tiers des membres du comité. Françoise Bund a demandé le renouvellement de son mandat. Jean-Georges Vogler et Salomé Schneider n’ayant pas souhaité se représenter, ils ont été remplacés par Jean-Michel Geist et Robert Schneider.

Pour le 20e anniversaire de l’Aaropa, les responsables avaient souhaité organiser une croisière sur le Rhin. Mais CroisiEurope ne proposant plus de croisière d’une journée, il a fallu trouver une alternative. L’idée est désormais d’organiser une croisière de trois jours, si le nombre de participants est suffisant. Affaire à suivre… Le programme 2019 prévoit également une sortie en car à l’automne dans le nord du département. Au menu, visite du musée français du pétrole à Merkwiller-Pechelbronn, déjeuner au Gimbelhof à Lembach et visite de la chèvrerie Sturtzer (ferme du Steinbach) à Obersteinbach. D’ores et déjà, les responsables planifient une visite du musée militaire de La Wantzenau, un déjeuner spectacle à Kirrwiller et une excursion dans les Vosges en 2020.

Association régionale des retraités d’entreprises et d’organismes professionnels agricoles et agroalimentaires Alsace

Viser le cap des 1 000 adhérents

Vie professionnelle

Publié le 11/04/2019

L’assemblée générale de l’Association régionale des retraités d’entreprises et d’organismes professionnels agricoles et agroalimentaires (Aropa) Alsace a fait salle comble, le 22 mars à Schiltigheim, pour la plus grande joie de son président, Raymond Clément. Le plaisir de se retrouver entre anciens collègues, mais aussi l’impérieuse nécessité de s’informer sur les récentes évolutions réglementaires, expliquent en grande partie ce succès. Ce fut encore le cas cette fois-ci, avec un programme digne d’une session parlementaire.

Une bonne nouvelle pour commencer : Ernest Freyburger, secrétaire de l’association, annonce une croissance importante des effectifs. Si l’adhésion de plusieurs nouveaux membres a été enregistrée, en raison de l’attrait du contrat Frage (assurance complémentaire santé Mutualia), c’est surtout le ralliement de 147 membres de l’amicale des retraités de la Mutualité sociale agricole du Bas-Rhin qui a gonflé les chiffres. L’Aropa Alsace frôle ainsi les 800 membres. « Nos actions pour faire connaître notre association et ses avantages - grâce aux différents partenariats conclus - ont permis cette évolution », déclare le président, dont l’ambition est de franchir la barre des 1 000 adhérents pour le dixième anniversaire de l’association. Un objectif qui n’est pas hors de portée : chaque année, 2 000 salariés affiliés à la MSA prennent leur retraite. Dans cette optique, l’association a mis en place un réseau de référents chargés d’assurer sa promotion auprès des collègues de l’entreprise où ils travaillaient. Par ailleurs, des flyers sont distribués aux salariés lors de la constitution de leur dossier de retraite.

Des partenariats bons pour le pouvoir d’achat

Justement, cette assemblée générale a été l’occasion de faire le point sur les différents partenariats conclus. Deux d’entre eux sont gérés par la fédération Grand Est (Frage), Mutualia et Groupama, deux par la fédération nationale (Fnaropa), Présence Verte et Butterfly, le Crédit Agricole et les caves vinicoles relevant directement du niveau alsacien. L’attrait des contrats Mutualia n’est plus à démontrer : leur nombre a plus que doublé en quatre ans. « Les assurés bénéficiant du régime local, c’est-à-dire les Alsaciens et les Mosellans, représentent 47 % du total des contrats souscrits », note Raymond Clément. Malgré une augmentation de 5 % des cotisations en 2019, « ce contrat nous permet d’avoir un rapport qualité-prix haut de gamme. »

2018 a vu l’amélioration de la convention signée avec le Crédit Agricole Alsace Vosges, en matière d’assurances de biens et de personnes (contrat Pacifica), mais aussi de l’acquisition des cartes bancaires, avec une réduction de 50 % sur les cartes Gold ou Mastercard. Groupama Grand Est accorde des réductions pouvant aller jusqu’à 10 % sur ses contrats. « Je vous recommande l’assurance Accidents de la vie », très abordable. Les adhérents de l’Aropa bénéficient de six mois gratuits à la souscription.

Des conditions tarifaires intéressantes sont également consenties pour le service de téléassistance Présence Verte, piloté par la MSA. Quant à la carte Butterfly, elle donne accès à une foule de réductions chez les commerçants, à un tarif hautement préférentiel pour les adhérents de l’Aropa (3 €/an au lieu de 25 €/an). Un service présenté par Daniel Crance, responsable national au sein de la Fnaropa. Enfin, les caves coopératives alsaciennes accordent une réduction de 10 % aux porteurs de la carte d’adhérent. Tous ces avantages cumulés permettent aux membres de l’Aropa Alsace de conforter leur pouvoir d’achat, explique Hubert Muller.

« Les grands perdants, ce sont les retraités ! »

Le président de l’Aropa Alsace a évoqué l’épineuse question de la CSG (contribution sociale généralisée). L’augmentation de 1,7 point de la CSG (+ 25 %) décrétée par le gouvernement pénalise les retraités, tout comme la revalorisation de 0,30 % des retraites, inférieure à l’inflation de 1,60 %. « Par l’intermédiaire de la Confédération française des retraités (CFR), nous avons réclamé une compensation, comme pour les salariés actifs, mais le gouvernement n’a pas donné suite. Les grands perdants de la politique nationale actuelle, ce sont bien les retraités ! Pourtant, combien d’associations ou d’institutions démocratiques cesseraient de fonctionner si les retraités n’étaient pas là ? » Un thème repris par le président de la Fnaropa, Philippe Barbier (lire l’article ci-dessous).

L’Aropa Alsace a décidé de maintenir le tarif de sa cotisation à 25 € pour 2020. Et propose à ses adhérents un voyage en Centre Alsace le 15 octobre prochain. Au programme, l’usine de chaussettes Labonal de Dambach-la-Ville et la maison du distillateur de Châtenois. En 2018, cette journée de convivialité avait mené les participants dans le Sundgau, a rappelé Dorette Tuchscherer, coordinatrice de la commission animation.

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