Auteur

Anny Haeffelé

Journaliste au PHR

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Philippe Barbier, président de la Fnaropa

Quand retraité rime avec maltraité

Vie professionnelle

Publié le 09/04/2019

« Oisifs », « nantis », « coûteux »… Les seniors sont régulièrement montrés du doigt. « Face à cette stigmatisation, nous voulons que les hommes politiques prennent conscience de la place que nous occupons dans la société, la cellule familiale, la politique », indique Philippe Barbier, président de la Fédération nationale des associations de retraités d’entreprises et d’organismes professionnels agricoles.

Petit rappel : le montant moyen de la retraite est de 1 288 €/mois en France. « Près de 45 % des retraités touchent moins de 1 200 €/mois. On est très loin de l’opulence ! » Par contre, concède Philippe Barbier, les Français sont les champions d’Europe du temps passé à la retraite. « Nous avons la meilleure espérance de vie de l’Union européenne, avec 88,6 ans pour les femmes et 84,3 ans pour les hommes. » Et l’âge du départ à la retraite est fixé à 62 ans en France, contre 65 dans la plupart des pays européens. « En moyenne, nous passons six ans de plus à la retraite que nos voisins européens. » Lorsqu’elle a été créée, en 1945, la durée moyenne de la retraite était de cinq ans. Aujourd’hui, elle est de 25 ans. « D’où l’urgence de réformer le système. »

Avec l’allongement de la durée de vie, un nouveau phénomène de société est en train d’apparaître. « Nous sommes une génération pivot. Il n’est pas rare de voir coexister quatre générations, nos parents, nous, nos enfants et nos petits-enfants. » Un retraité sur deux s’occupe d’ailleurs de ses parents - il y consacre plus de 5 h par semaine. Sur les 11 millions d’aidants familiaux que compte la France, 4,3 millions sont des retraités. Seules 44 % des familles font appel à une aide extérieure.

Les retraités sont aussi disponibles pour les petits-enfants. L’âge moyen d’arrivée du premier petit-enfant est de 55 ans. 75 % des plus de 65 ans ont en moyenne 5,2 petits-enfants. « Ils leur consacrent chaque année 23 millions d’heures de garde. Autant que les assistantes maternelles. » Et nombre de retraités exercent un nouveau « métier ». Chauffeur de taxi, pour amener leurs petits-enfants aux cours de musique, de danse, de sport, etc. La valeur des prestations fournies par les grands-parents, y compris les aides financières, est chiffrée à 30 milliards d’euros par an.

« En retraite, mais pas en retrait »

Les 9 millions de grands-mères et les 6 millions de grands-pères sont des porteurs de mémoire et des témoins du passé. Ils transmettent l’histoire familiale, les traditions, la langue régionale. Ce sont aussi des passeurs de savoir-faire - cuisine, jardinage, bricolage, couture, etc. Mais surtout, ce sont des acteurs engagés de la vie de la cité. « En retraite, mais pas en retrait », insiste Philippe Barbier. 87 % des retraités ont voté aux dernières élections présidentielles, soit 7 % de plus que le reste de la population. Et ils occupent des postes clés : l’âge moyen des maires est de 57 ans et près de 30 % des conseillers municipaux ont plus de 60 ans.

Et que dire de leur implication dans le milieu associatif ? 48 % des associations françaises sont présidées par des retraités. Ils jouent un rôle moteur dans le fonctionnement des associations caritatives, comme les Restos du Cœur, la Banque Alimentaire, la Croix Rouge. Un retraité sur deux est bénévole dans une association - il effectue en moyenne 110 h/an de bénévolat. Cela fait un milliard d’heures, dont on peut estimer le coût à 10 milliards d’euros par an.

Le poids des plus de 50 ans dans l’économie française est très important. « Ils pèsent pour 54 % des dépenses de consommation. Avec une particularité : ils achètent de préférence français. » 33 % d’entre eux possèdent une tablette et achètent en ligne, précise Philippe Barbier. Ils dépensent trois fois plus pour leur santé et sont créateurs de milliers d’emplois (services à la personne et aide à l’autonomie).

Conscients de la performance de leur modèle social, les seniors sont aussi créateurs de lien social et promoteurs du changement. Ils sont lanceurs d’alerte sur la perte d’autonomie. En 2030, 25 % des + de 65 ans seront dépendants. La perte d’autonomie et sa compensation deviennent un enjeu majeur. Mais les retraités ne peuvent pas se mettre en grève. Leur seul poids est électoral. « Soyons organisés pour agir et peser dans les débats qui s’ouvrent. »

Croissance des veaux

Des ateliers pour performer

Élevage

Publié le 05/04/2019

En fin de phase lactée, le veau doit apprendre à devenir un ruminant. À la naissance, son rumen est peu développé et seule la caillette est fonctionnelle, ce qui lui permet de digérer le lait ou l’aliment d’allaitement. Lorsqu’il commence à diversifier son alimentation et à consommer des végétaux fibreux, son système digestif de ruminant devient progressivement fonctionnel. « Pour cela, il lui faut un aliment concentré aux teneurs en protéines, en énergie et surtout en amidon appropriées, ainsi que du fourrage grossier de qualité », explique Uwe Beisswenger, conseiller production au LKV du Bade-Wurtemberg. Ces deux éléments sont essentiels au développement de la panse.

Lorsque le foin et le concentré sont proposés séparément, il arrive souvent que le veau ingère trop de concentré, ce qui peut déclencher des diarrhées. C’est pourquoi le technicien préconise la ration totale mélangée sèche (RTM sèche ou Trocken-TMR), une ration totale composée de foin ou de paille hachés, de concentrés et d’aliments minéraux. « Cela simplifie considérablement l’alimentation des veaux, d’autant qu’on peut la préparer à l’avance : il se conserve durant trois ou quatre semaines, voire plus si on y ajoute un stabilisateur. »

Lors de la préparation d’une RTM sèche, il faut veiller à ce que la mélangeuse soit totalement vide et s’assurer que les restes de nourriture ont été soigneusement éliminés. Tout d’abord, charger l’aliment fibreux et laisser tourner jusqu’à ce que les brins aient une longueur maximale de 2 à 2,5 cm. Si les tiges sont trop longues, il y a un risque de tri. « L’idéal est un fourrage déshydraté, car il est déjà coupé à la bonne dimension. Mais on peut aussi utiliser de la paille de bonne qualité, et bien sûr du foin de luzerne. » Ajoutez ensuite la mélasse, puis les concentrés, avant de bien mélanger le tout. La RTM sèche peut être servie aux veaux dès la deuxième semaine et jusqu’à l’âge de 10 à 14 semaines comme aliment unique, voire jusqu’à 20-25 semaines s'il est complété avec de l’ensilage. « Cela permet d’éviter le changement brutal d’alimentation au sevrage. »

Le mètre ruban, un précieux allié

Un plan d’alimentation intensif, comme celui du centre expérimental à Neumühle, permet d’avoir des veaux plus lourds à 6 mois, avec du croît noble. Jusqu’ici, l’objectif était de doubler le poids de naissance au sevrage. C’est-à-dire atteindre la barre des 90 kg à l’âge de 2 mois. « Aujourd’hui, avec une stratégie alimentaire différente, on peut se fixer l’objectif de tripler le poids de naissance », explique Julien Wittmann, conseiller spécialisé lait à la Chambre d'agriculture d’Alsace.

Mais comment contrôler la croissance du veau ? « Le plus précis, c’est la bascule. Mais c’est un peu fastidieux. » C’est pourquoi le technicien préconise le test du mètre ruban. Le tour de poitrine est un bon indicateur du poids de l’animal, explique le conseiller technicien. Pour un veau prim’holstein qui pesait 38 kg à la naissance, l’objectif de 104 kg à 60 jours est atteignable, soit un GMQ de 1 100 g. Et un tour de poitrine de 99 cm. « À 6 mois, l’objectif de 230 kg est désormais réalisable. » Ce qui correspond à un tour de poitrine de 138 cm.

Une alimentation plus intensive coûte 100 € par veau en plus. Par contre, à 6 mois, le veau pèsera 40 kg de plus. C’est l’équivalent de deux mois de croissance avec un GMQ de 700 g. L’âge au vêlage est avancé et le surcoût alimentaire s’efface avant même le premier vêlage.

Dans le cadre du projet transfrontalier Elena

Choyer ses veaux pour avoir de bonnes laitières

Élevage

Publié le 05/04/2019

Un colostrum de qualité, administré en quantité voulue immédiatement après la naissance, est un garant de santé et de survie des veaux nouveau-nés de race laitière. L’analyse du colostrum extrait au vêlage montre qu’il est de bonne qualité dans 90 % des cas. « C’est lors du transfert du colostrum de la vache au veau que sa qualité se détériore si l’hygiène n’est pas respectée. Avant le prélèvement, il est essentiel de bien nettoyer les pis (en veillant à porter des gants), l’équipement de traite et le matériel servant à l’alimentation des veaux, explique Theresa Scheu, vétérinaire responsable du troupeau bovin à la ferme expérimentale Neumühle en Allemagne. « Si le seau ou le pot à lait sont mal nettoyés, le taux de bactéries - E. coli, Salmonella, etc. - augmente de manière exponentielle. » Par ailleurs, la présence d’organismes pathogènes empêche le transfert d’anticorps intestinaux dans la circulation sanguine du veau. « À la ferme Neumühle, nous utilisons des seaux en métal, plus faciles à nettoyer que les seaux en plastique. Biberons et tétines sont pasteurisés après chaque buvée et remplacés tous les six mois. »

« L’équilibre immunitaire se définit à la naissance »

Mais le facteur fondamental de succès reste l’administration du colostrum immédiatement après la naissance. Les veaux absorbent le mieux le colostrum dans le quart d’heure qui suit, indique Theresa Scheu. « À la ferme Neumühle, lorsqu’une vache vêle, nous arrêtons tout ce que nous sommes en train de faire pour nous occuper du veau. L’ouvrier prélève le colostrum pendant que la vache nettoie son veau. » Du pis de la vache au veau, il doit s’écouler moins d’une heure. « Même si la vache vêle la nuit, je me lève personnellement pour administrer le colostrum. Je préfère me lever en pleine nuit plutôt que de soigner ensuite le veau parce qu’il a la diarrhée. » Autre recommandation importante : éviter tous les facteurs de stress. « Il ne faut pas séparer le veau de sa mère avant la buvée de colostrum ». Il sera toujours temps de le mettre dans la niche à veaux plus tard.

Pourquoi tant de précautions ? Les veaux ont un système immunitaire dès la naissance, mais il n’est pas encore actif. Le colostrum contenu dans le lait de la première traite est riche en anticorps, aussi appelés immunoglobulines (Ig) et protège le veau contre les maladies néonatales (immunité passive) jusqu’à ce que son propre système immunitaire (immunité active) devienne fonctionnel. « Par l’intermédiaire du colostrum, la mère transmet à son veau les informations nécessaires pour expliquer au système immunitaire comment il doit travailler. »

Immédiatement après sa naissance, la capacité de l’intestin du veau à assimiler les immunoglobulines est très grande. Mais elle décroît rapidement au cours des heures suivantes. « Cependant, nous continuons à donner le lait de la mère au veau durant les cinq premiers jours, plutôt que de l’écarter. Car nous avons constaté que le taux d’immunoglobulines est plus élevé chez le veau s’il est nourri au lait maternel pendant ces cinq jours. »

4 litres de colostrum dès la naissance

Quatre litres. C’est le volume que le veau nouveau-né doit ingérer pour être suffisamment protégé. C’est aussi une excellente source de nutriments après la naissance, précise la spécialiste. « Au vêlage, la vache laitière boit en moyenne 120 l d’eau tiède, et jusqu’à 200 l en été lorsqu’il fait chaud, puis consomme rapidement des fourrages à condition d’en avoir à sa disposition. Le colostrum est très énergétique : lorsque le veau a bu ses 4 l, il est rassasié durant une journée. Pas d’inquiétude, donc, si le veau dort dans sa niche. »

Mais un veau peut-il réellement ingérer une telle quantité de colostrum ? « La capacité de dilatation de la caillette d’un veau est beaucoup plus importante que nous ne le pensions », répond Theresa Scheu. Autre recommandation : lorsqu’un jeune veau est malade, il ne faut pas arrêter de lui donner du lait. Car la lutte contre les agents infectieux nécessite énormément d’énergie. En complément du lait, nous distribuons une solution avec des électrolytes pour le réhydrater. Certains veaux en consomment jusqu’à 12 l par jour !

« Nous testons la qualité du colostrum à chaque naissance. Si les analyses ne sont pas satisfaisantes, le veau reçoit tout de même le colostrum de sa mère, car il est formaté pour lui. Mais nous le complémentons avec 1,5 l de colostrum d’une autre vache ou de colostrum congelé. »

La distribution de lait maternel sur les cinq premiers jours est bénéfique pour le fonctionnement du système immunitaire actif. Il a également une bonne influence sur le développement des villosités intestinales : elles sont plus longues, ce qui augmente la surface d’absorption des nutriments par l’intestin. Une étude (Faber et al 2005) a comparé deux groupes de veaux, les premiers nourris avec 2 l, les seconds avec 4 l de colostrum à la naissance. Par la suite, l’alimentation et la conduite d’élevage étaient identiques. La croissance des veaux nourris avec 4 l de colostrum a été supérieure de 200 g sur toute la phase d’élevage. Le lot à 4 l de colostrum a produit 2 600 l (lactation corrigée sur 305 jours) de lait en plus sur les deux premières lactations, précise Theresa Scheu.

Éviter le stress

L’élevage des jeunes requiert certaines précautions, pour éviter les facteurs de stress. « Nos conseils pour des veaux sains : élever les veaux par paire avant de les alloter, de la lumière et de l’air. » De nombreux facteurs peuvent déclencher le stress et provoquer une hépatite. À commencer par l’alimentation : « Une quantité insuffisante de lait induit du stress : les veaux qui reçoivent une quantité de lait restreinte vont rentrer jusqu’à 20 fois par jour dans le distributeur automatique de lait sans recevoir de lait, alors que ceux qui ont une quantité suffisante n’y vont que pour consommer leur ration. » De même, toute manipulation, telle que l’écornage, la vaccination, le changement de logement, peuvent générer un stress.

Les variations climatiques des dernières années ont conduit les experts de la Neumühle à s’interroger sur les effets de la canicule. « Nous avons observé que la chaleur excessive a une influence sur la longueur des villosités intestinales, ce qui peut aboutir à une moindre ingestion. En grandissant, ces animaux seront moins lourds. »

Comment faire du veau un bon ruminant ? « Au début, le veau s’alimente au lait et il a donc besoin de quantités importantes. Mais pour devenir un ruminant, il doit développer son rumen : il lui faut douze semaines pour que l’appareil digestif ait les mêmes proportions qu’à l’âge adulte. Par le passé, le sevrage des veaux était trop précoce : on leur donnait des concentrés trop tôt, ils ne pouvaient pas les valoriser. Ceux qui ont suffisamment de lait à leur disposition mangent moins de concentrés au début, mais après douze semaines, ils sont au même niveau, voire au-delà. »

Le facteur déterminant reste l’ingestion quotidienne d’une quantité importante de lait, estime Theresa Scheu. « Les veaux qui reçoivent plus de lait ont un foie, une rate, une mamelle et un pancréas plus lourds. Cela se répercute dans la production future de lait. Le retour sur investissement est garanti. » À Neumühle, le plan d’allaitement est le suivant : 10 l en deux repas dès le 2e jour. « Durant les cinq premiers jours, nous leur donnons le lait maternel. Au 6e jour, nous passons sur du lait en poudre : nous distribuons 5 l par repas avec une concentration de 140 g de poudre par litre de buvée. Après 14 jours, nous montons à 12 l, et ce jusqu’à 8 semaines. Ensuite, pour limiter le stress du sevrage, il s’agit de passer de 12 à 2 l en 5 à 6 semaines. Nous leur donnons également une ration mélangée sèche (TMR) - c’est un mélange de foin de luzerne, de paille et de concentré qu’ils apprécient beaucoup. » Du 6e au 12e jour, il est normal que le veau ait la diarrhée : il doit éliminer le tissu intestinal qui se régénère dans les quatorze premiers jours. Mais comment distinguer une bonne d’une mauvaise diarrhée ? « Pour en être sûrs, nous donnons une solution électrolyte au veau. S’il n’est pas malade, il n’en boit pas. Une mauvaise diarrhée se reconnaît à une hausse de la température et du sang dans les selles. Mais nous ne diminuons pas la quantité de lait pour autant. »

À Neumühle, le cheptel se compose de 150 vaches laitières de race holstein et leur suite. La production laitière des vaches en première lactation augmente de manière significative d’année en année. « C’est le fruit du travail sur l’élevage des génisses. » La production est ainsi passée de 8 808 l à 9 721 l de 2017 à 2018. Celle de l’ensemble du troupeau a elle aussi augmenté, de 10 434 l à 11 620 l.

Marché de l’agriculture et de la viticulture

Jean-Luc Beil succède à Florence Clémenceau

Vie professionnelle

Publié le 04/01/2019

Âgé de 55 ans, Jean-Luc Beil a fait toute sa carrière professionnelle au Crédit Mutuel. « J’ai gravi tous les échelons, de guichetier à gérant de Caisse. » La première MCM (mise en commun de moyens) Agri a été créée le 1er septembre 1998 en Alsace du Nord. Jean-Luc Beil en était le premier chargé de clientèle. « J’ai démarré seul. Vingt ans plus tard, je supervise une équipe de cinq personnes. » Elles couvrent un vaste secteur allant de Wissembourg à La Wantzenau et regroupant une vingtaine de Caisses. Pas question de routine, dans ce secteur de polyculture élevage. « L’activité est très diversifiée, de la cave vinicole de Cléebourg à tout type de cultures spéciales ou d’élevage. »

Vingt ans d’expérience

Au moment d’intégrer ses nouvelles fonctions, Jean-Luc Beil précise : « Je ne vais pas faire de révolution, mais m’inscrire dans la continuité de l’action menée jusqu’ici. Je compte mettre mon expérience de vingt ans au service de mes collègues, jeunes et confirmés, que ce soit au niveau de l’accompagnement, de la formation ou de l’animation commerciale. » Au total, une vingtaine de chargés de clientèle couvrent un secteur géographique assez étendu, allant de Lauterbourg à Rouffach. Toutefois, des changements se profilent : « Du fait des départs et des remplacements, nous allons procéder à une réorganisation des secteurs. »

Comment Jean-Luc Beil conçoit-il sa nouvelle mission ? « Je veux être l’interface entre le Crédit Mutuel et les organisations professionnelles agricoles. J’entretiens depuis longtemps des relations privilégiées avec la Chambre d’agriculture d’Alsace et tous les syndicats agricoles, en particulier les Jeunes Agriculteurs, une priorité absolue à nos yeux. »

Dans le cadre du plan stratégique ensemble#nouveaumonde, le marché de l’agriculture est un axe de développement prioritaire. Des objectifs clairs nous ont été fixés par le directeur régional, Jean-Claude Groeber - conquête de nouveaux clients -, assortis de moyens humains. « Nous allons étoffer les équipes de chargés de clientèle et réorganiser les MCM dans le but d’être plus proches du terrain, plus réactifs et proactifs dans tous les secteurs. » Un nouveau challenge pour ce spécialiste du marché de l’agriculture et de la viticulture, qui saura mettre à profit son expérience de vingt ans sur le terrain et de relations avec les organisations professionnelles agricoles.

« Plus qu’un métier, une passion »

« Les clients m’ont fait aimer ce métier, même s’il m’est arrivé de côtoyer des situations dramatiques. Nous voulons être présents au côté de nos clients à toutes les étapes de leur vie, en particulier lors de la transmission de l’exploitation, de l’installation et du suivi du jeune agriculteur durant les premières années. »

« J’arrive à un moment stratégique, avec la volonté affirmée de développer ce marché et d’accompagner les agriculteurs dans la transition énergétique – nous avons une réelle expertise dans ce domaine, avec un spécialiste « maison » des énergies renouvelables - mais aussi dans la révolution numérique, avec pour mission de maintenir la relation avec le client. Nous allons proposer à nos clients toute nouvelle forme de technologie adaptée à leurs besoins et les former à l’utilisation de ces nouveaux outils, comme la banque à distance ou l’e-commerce pour la vente directe. »

Formule Jeunes

La fine fleur de la gastronomie alsacienne

Pratique

Publié le 03/12/2018

D’habitude réservé à des rencontres plus institutionnelles, le hall de l’Hôtel du Département a été envahi par une nuée de jeunes amateurs de la gastronomie alsacienne, le jeudi 15 novembre. Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Michel Husser, président des Étoiles d’Alsace, et Marc Lévy, directeur général d’Alsace Destination Tourisme, les ont accueillis avec enthousiasme. « Nous avons de nombreux talents dans notre région. Ils contribuent à l’emploi, à la vie de nos territoires. Ils font partie des fleurons de la gastronomie française. » Chefs de cuisine et artisans des métiers de bouche étaient sur la brèche, ce soir-là, pour régaler leurs convives avec des mets raffinés, offrant un avant-goût, version miniature, des plaisirs culinaires qui les attendent dans leurs établissements. Dans le cadre d’un partenariat désormais bien établi, les jeunes vignerons alsaciens étaient à leur côté pour faire la promotion de leurs vins.

Sur la ferme Arnaud Metzger à Stattmatten

À la découverte de l’oignon d’Alsace

Cultures

Publié le 13/10/2018

C’est la première fois que l’interprofession organise une journée de promotion de l’oignon sec, « une production peu connue et pourtant importante en Alsace », souligne Pierre Lammert, président de l’Ifla. C’est en 2003 qu’Arnaud Metzger se lance dans la culture de l’oignon, sur une surface de 4 ha. À l’époque, il travaille avec un conditionneur. Cette collaboration s’arrête en 2008. Arnaud Metzger et son père décident alors de fusionner leurs exploitations en créant l’EARL Metzger Arnaud et de conditionner eux-mêmes leur production. Une production qui monte en puissance au fil des ans. La création d’un logo en 2017 marque un tournant : il permet à l’entreprise de se démarquer sur ce marché concurrentiel, mais avide de produits locaux, et ainsi de nouer de nouveaux partenariats. Prochaine étape, la construction d’un bâtiment de conditionnement et de stockage. « Nous sommes à la recherche d’un terrain pour concrétiser notre projet. »

Le saviez-vous ? Il existe deux types d’oignons, les oignons de jours courts et les oignons de jours longs. Les premiers sont semés fin août pour être récoltés début juin. Les seconds sont semés fin février, début mars et sont récoltés de mi-juillet à début septembre. Les oignons de jours longs sont des oignons de conservation qui permettent de faire la jonction jusqu’à la récolte suivante. « Plus les variétés sont tardives, mieux elles se conservent », souligne Arnaud Metzger.

Une bonne bulbaison, clé de la réussite

Les oignons sont semés en planches de quatre à six rangs, souvent en doubles rangs, à une profondeur de 2 cm, précise Anaïs Claudel, conseillère de Planète Légumes qui assure le suivi de cette culture tout au long de l’année. Ils ont un système racinaire superficiel, ce qui rend l’irrigation indispensable. « Il faut obtenir un appareil foliaire suffisamment important pour permettre une bonne bulbaison et assurer ainsi une récolte abondante. » À ce titre, la campagne 2018 s’est révélée particulièrement compliquée. « Nous avons fait douze tours d’irrigation », indique Arnaud Metzger. Et pour implanter la future récolte, l’agriculteur a dû arroser la parcelle à deux reprises, afin de pouvoir préparer le sol et semer les graines dans de bonnes conditions. Du jamais vu, foi de producteur…

Les besoins en azote de l’oignon sont estimés à 200 unités. Les apports sont fractionnés pour apporter l’engrais au bon moment, en particulier au stade 4-8 feuilles et à la bulbaison. Le calcul des doses à apporter se fait sur la base du bilan sortie d’hiver, précise Anaïs Claudel.

Le désherbage est une période très délicate, car l’oignon ne couvre pas le sol et est très sensible à la concurrence des adventices. Les consommateurs étant de plus en plus attentifs à la réduction des produits phytosanitaires, tout est fait pour réduire le recours au désherbage chimique : « Nous préconisons un désherbage alternatif, combinant des interventions chimiques et mécaniques », indique la conseillère. Les principales maladies contre lesquelles doit lutter le producteur d’oignons sont le mildiou, le botrytis, la fusariose. « Ils peuvent détruire complètement une parcelle. » Il existe d’autres maladies comme le thrips. « Dans notre région, la mouche de l’oignon est moins problématique. »

La récolte est entièrement mécanisée. Une fois sortis de terre, les bulbes sont acheminés vers le hangar où ils sont effeuillés, puis triés en trois catégories, avant d’être stockés jusqu’à leur conditionnement en sacs à bande en filet tricoté au logo de la famille Metzger. « Nous employons quatre à cinq saisonniers », précise l’agriculteur.

Sur l’espace agricole

Petites fleurs, grands animaux

Vie professionnelle

Publié le 07/09/2018

Agriculteurs, éleveurs et viticulteurs font leur show, du 7 au 17 septembre sur l’espace agricole. Une multitude d’animations sont proposées tout au long de ces onze jours sur ce terre-plein d’une superficie de 1 300 m2. La faune et la flore, tel est le thème de cette édition 2018, avec un focus sur les filières paysagisme et horticulture. Aménagements floraux, bassins, plantes, bambous, six entreprises paysagistes en mettent plein les yeux aux visiteurs de la foire européenne.

Le clou de l’animation est la ferme pédagogique de 450 m2. Vaches, chevaux, cochons, moutons et poules constituent les piliers de cet élevage éphémère. Mais quelques invités surprises se sont glissés parmi leurs congénères : des chèvres, un âne, une bufflesse et même une jersiaise, histoire de permettre aux petits citadins - aux grands aussi - d’élargir leurs connaissances zootechniques. De nombreuses animations sont proposées : balades à poney, présentation de chevaux, dégustation de lait avec le Cniel, quiz interactif sur les viandes régionales avec Interbev Grand Est. Plusieurs temps forts sont annoncés :

  • samedi 8 septembre, le syndicat ovin d’Alsace organise un barbecue du berger et des démonstrations de tonte de mouton ;
  • samedi 15 septembre, les éleveurs de porcs de l’association Elvatral proposent un repas « mix gril » midi et soir, ainsi que des animations, dont une démonstration de danse country.

La filière bois, qui avait fait son show l’an dernier, récidive avec des démonstrations de sculpture et de tournage sur bois. Cerise sur le gâteau, elle nous offre un show de sculpture sur bois à la tronçonneuse, dimanche 9 septembre. Alexandre, de l’atelier Petrovic à Sélestat, montrera toute l’étendue de son talent.

La pomme de terre nouvelle est arrivée

Les filières végétales sont elles aussi bien représentées. La choucroute d’Alsace ouvre le ban : le vendredi 7 septembre, jour d’ouverture de la foire européenne, des dégustations et des animations sont proposées pour informer les consommateurs sur la nouvelle AOP « Choucroute d’Alsace ». La restauration sera assurée par la boulangerie Duweck de Haguenau qui préparera des mets à base de choucroute.

De son côté, la pomme de terre nouvelle a choisi cette tribune exceptionnelle pour le lancement de sa campagne. Ainsi, lundi 10 septembre, l’association pour la promotion de la pomme de terre d’Alsace animera le stand des fruits et légumes d’Alsace. Au programme, des jeux, une exposition, un concours d’épluchage et des dégustations, bien sûr.

On ne change pas une équipe qui gagne. Les vignerons de la Couronne d’or se relaient tout au long de la foire pour faire déguster leurs vins. Les visiteurs pourront également retrouver les membres de l’association Elsass Brau et leur microbrassin. Quant aux producteurs de fruits et légumes, ils proposent une dégustation de jus de fruits et de smoothies de saison. En partenariat avec la Chambre d'agriculture, ils organisent un concours de dessin, sur le thème « Dessine-moi un potager ». La remise des prix de ce concours, ouvert aux enfants de 4 à 14 ans, aura lieu le mercredi 12 septembre sur l’espace agricole.

Et comme agriculture rime avec gastronomie, une offre de restauration variée est prévue : Loca Dévore, un food truck bien de chez nous, proposera des mets locaux (vendredi 7, lundi 10, mardi 11, vendredi 14 et lundi 17 septembre). La ferme Adam de Wahlenheim préparera ses tartes flambées (dimanches 9 et 16 septembre). Et la ferme des Fougères à Belmont assurera le déjeuner du jeudi 13 septembre, ainsi que le menu de l’afterwork.

Plus inattendu, Esprit Bambou de Mommenheim préparera, en collaboration avec Cup Avenue, un wok de pousses de bambou accompagné de viande de volaille et de nouilles sautées.

Foire européenne de Strasbourg

On the road again !

Pratique

Publié le 07/09/2018

La foire européenne de Strasbourg 2018 revêt un caractère spécial, souligne Nawel Rafik Elmrini, présidente du conseil de surveillance de Strasbourg Événements. « C’est la dernière fois qu’elle se tient au Parc des expositions du Wacken. » À l’avenir, les visiteurs devront se rendre sur le nouveau site du Parc des expositions de Strasbourg dont la construction va démarrer bientôt. « Le lauréat du concours vient d’être désigné par le jury, ce choix devant être confirmé par le conseil de l’Eurométropole de Strasbourg. » La date de livraison est fixée à l’été 2021.

En attendant, l’édition 2018 qui ouvre ses portes ce vendredi s’étalera sur le même périmètre que l’an dernier, soit 60 000 m2, et accueillera 900 exposants. 180 000 visiteurs sont attendus, annonce Nawel Rafik Elmrini. C’est une foire qui fidélise, qui innove et qui crée, insiste-t-elle. « Elle fidélise ses partenaires qui saisissent l’occasion pour lancer des innovations et présenter des nouveautés. » Elle s’affirme ainsi, depuis sa création, comme le point fort de la rentrée économique alsacienne. Les grands secteurs sont, cette année encore, l’habitat et l’ameublement, le jardin des délices, les économies d’énergie et l’artisanat du monde. La présidente de Strasbourg Événements y voit, là encore, une preuve de fidélisation, puisque d’anciens invités d’honneur, le Maroc, l’Algérie, le Vietnam, ont souhaité revenir à Strasbourg.

Fidélisation également du côté des visiteurs, avec les incontournables : la journée des femmes, le mardi 11 septembre - ce jour-là, l’entrée est gratuite pour ces dames -, la journée de la famille, le mercredi 12 septembre et la journée des affaires, le lundi 17 septembre, dernier jour de la foire. Sans oublier les afterworks, une tradition désormais bien établie. L’entrée est gratuite à partir de 18 h.

Quant à l’innovation, elle est partout : de jeunes créateurs seront réunis dans un concept store de 1 000 m2, baptisé la Maison de Caroline, tandis qu’un show room accueillera les start-up alsaciennes. Innovation également du côté des inventeurs du concours Lépine qui ont souhaité créer un pôle dédié à la mobilité et à l’éco-innovation.

Légendaire Route 66

Et l’invité d’honneur ? C’est aux États-Unis que les visiteurs seront téléportés cette année. Et pas n’importe où : sur la mythique Route 66, celle qui a tant inspiré écrivains, musiciens et cinéastes. Dans le hall 9, une exposition itinérante conte l’histoire de cette route qui relie la côte Est et la côte Ouest et dont la construction a démarré en 1926. Promenade dans les ruelles sombres de Chicago, alias Capone City, voyage aux racines du blues et du rock’n’roll, étape au Blue Motel 66, rendez-vous musicaux au Bagdad Café, les éléments du décor sont posés. L’occasion de se frotter à l’art de vivre, à la musique, et bien sûr au cinéma américain. Un partenariat avec le cinéma Odyssée permettra aux amateurs de découvrir de grands chefs-d’œuvre qui ont été tournés sur cette route légendaire. Il y aura 200 places de cinéma à gagner sur les réseaux sociaux et sur Top Music.

La présence de la consule générale des États-Unis à l’inauguration de la foire européenne est annoncée. Inauguration qui se déroulera le vendredi 7 septembre à 11 h au palais des congrès de Strasbourg, en présence de Nathalie Loiseau, ministre en charge des Affaires européennes.

La famille des pommes s’agrandit

Oh wie nett !

Cultures

Publié le 07/09/2018

Le marché local est dominé par les variétés jonagored, gala et golden, qui trustent à elles seules plus de 60 % des ventes. Mais le consommateur est friand de nouveauté et, pour satisfaire ses attentes, les producteurs ont décidé de lancer cette pomme bicolore à la chair sucrée et acidulée, caractéristique du terroir alsacien.

Cette pomme répond aussi à des critères agronomiques et techniques très précis. Une vigueur plutôt faible à moyenne car les sols alsaciens sont poussants ; une régulation homogène ; une époque de récolte intermédiaire entre jonagored et braeburn ; une faible sensibilité à la tavelure, au chancre et au phytophtora ; une faible appétence pour le carpocapse, le puceron cendré et le lanigère. Et enfin, une bonne conservation pour assurer la commercialisation jusqu’à la saison estivale.

« L’étendard de la pomme alsacienne »

« La période de commercialisation pourra démarrer dès la récolte, c’est-à-dire à partir de la mi-octobre, et pourra se prolonger jusqu’en mai », indique Rudy Hecky, producteur de fruits à Steinseltz. La commercialisation, justement, est assurée par un seul metteur en marché, le GIE Pom’Est, dont il est le président. « C’est une très belle variété qui devrait rapidement devenir l’étendard de la pomme alsacienne, indique-t-il. Elle nous permettra de nous démarquer des gros bassins de production de pommes au niveau français et européen. »

La distribution est demandeuse d’une variété à forte identité régionale. Mais le pari n’est pas encore gagné : il faudra créer la marque, inventer un packaging pour la mettre en avant. « Avec cette variété, nous pourrions nous situer sur un créneau de bonne qualité, avec un niveau de prix supérieur à la choupette mais inférieur à la pink lady. Avec un calibre moyen et homogène, nous pourrions promouvoir le plateau vrac et les barquettes emballées de 4 ou 6 fruits, ainsi que les paniers bois de 1,5 kg. Afin de ne pas dévaloriser cette variété, j’éviterais le sachet de 2 kg. »

Le volume minimum de production se situe entre 1 000 et 1 500 tonnes. « Nous aurions une exclusivité de dix ans, avec environ 20 à 30 hectares à planter d'ici 2020. » La production montera en puissance progressivement. L’arrivée des premiers fruits est attendue fin septembre, pour un volume qui restera confidentiel, de l’ordre de 15 à 20 t. Dès l’année prochaine, 150 à 200 tonnes devraient être récoltées, et à partir de 2022, les volumes disponibles devraient être supérieurs à 1 000 t, selon les prévisions.

Interprofession des fruits et légumes d’Alsace

La récolte des quetsches et des pommes bat son plein

Cultures

Publié le 07/09/2018

Lorsqu’un arboriculteur parle de la quetsche d’Alsace, c’est tout un poème… Les qualificatifs abondent pour décrire sa forme allongée, sa robe violette - aux nuances mauves et vertes cette année -, sa chair moelleuse, reconnaissable à sa couleur orangée, sa saveur sans pareille rehaussée d’une pointe d’acidité, son noyau qui se détache facilement, contrairement aux autres prunes. On n’a plus qu’une envie, secouer l’arbre comme un prunier - c’est exactement ce que fait la machine à récolter - et se gaver de belles quetsches juteuses. Ou bien faire des tartes, des confitures et, pourquoi pas, des quetscheschlegel.

Bref, c’est le moment de céder à la tentation ! Les fruits sont là, abondants et sains, la moniliose étant aux abonnés absents, cette année. « Malgré la charge, le calibre et la qualité sont corrects », souligne Joël Reisz. Et, ne l’oublions pas, la saison est courte : la commercialisation ne s’étale que sur trois semaines… Et pas possible de se tromper : que ce soit sur les marchés ou dans les magasins, la provenance locale est clairement affichée sur les barquettes et les cagettes, grâce aux visuels élaborés par l’Association des producteurs de fruits à noyau.

Que les amateurs de pommes se rassurent, ils auront eux aussi de quoi se régaler. La récolte ne fait que débuter, mais elle s’annonce abondante, surtout comparé à l’an dernier où les vergers avaient été durement touchés par le gel. Si elstar et gala ont eu la primeur, les autres variétés ne vont pas tarder à suivre, annonce Daniel Dettling.

« C’est le moment où l’on retrouve la quetsche et la pomme d’Alsace, produits emblématiques de notre région, conclut Pierre Lammert. Il faut sensibiliser les consommateurs au fait que l’approvisionnement local est abondant, que ce n’est pas la peine de chercher ailleurs. Et c’est aux grossistes, aux distributeurs de mettre ces produits en avant. »

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