Auteur

Anny Haeffelé

Journaliste au PHR

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Race charolaise

Un concours très suivi

Élevage

Publié le 30/08/2018

D’année en année, le concours charolais s’affirme comme une attraction très prisée de la finale départementale de labour. « De notre côté, nous profitons de l’attractivité de cette manifestation », souligne Thierry Kolb, président du Syndicat de la race charolaise d’Alsace. C’est donc un partenariat gagnant-gagnant. Mais pourquoi choisir la finale départementale de labour pour cette confrontation, plutôt que le festival de l’élevage, au printemps ? « Nos animaux ne sont pas au top à la sortie de l’hiver », explique-t-il. Pendant qu’ils séjournent à l’étable, ils sont nourris avec du fourrage grossier et perdent du poids. Et les veaux sont encore trop jeunes. « À l’automne, les bêtes sont à l’herbe, les veaux sont en phase de sevrage. » Ils sont beaucoup mieux conformés.

Seuls 28 animaux participaient à cette édition 2018. Thierry Kolb met cette faible participation sur le compte de la morosité ambiante. « Les éleveurs allaitants ont le moral en berne. Le système herbager, très fragile, a été mis à mal par la sécheresse et la canicule. Et la conjoncture reste difficile. Les États généraux de l’alimentation s’étaient fixé pour objectif d’améliorer la rémunération des éleveurs. On est loin du compte ! Au contraire, on va importer d’énormes contingents de viande, ce qui entraînera une chute des prix de l’ordre de 20 %, selon les simulations. Pendant ce temps, on nous oblige à produire toujours mieux, toujours plus sain… »

Un vrai travail de segmentation

« Il faut trouver très rapidement des solutions au grave épisode de sécheresse que nous venons de vivre », insiste Philippe Boehmler, responsable viande de la FDSEA du Bas-Rhin. Il plaide pour une répartition plus juste de la plus-value entre les maillons de la filière : « Cette production a un coût. Si l’on veut maintenir un élevage français de qualité, l’éleveur ne peut pas être la variable d’ajustement. » Des discussions sont en cours avec les abatteurs et les distributeurs. Pour lui, la solution pour obtenir un prix rémunérateur réside « dans un contrat tripartite entre éleveurs, intermédiaires et distributeurs ».

Le responsable syndical a souligné la nécessité, pour les producteurs de viande, de mieux répondre à la demande du marché. Ou plutôt des marchés, car « il y a plein de marchés différents ». Bovins lourds, bovins légers, bovins précoces, exportation, il faut saisir toutes les opportunités. « Pas besoin de créer de nouvelles races, la génétique charolaise permet de le faire. Notre race a un bel avenir, si tout le monde se met au travail. »

Le palmarès

Section veaux mâles 7 mois : 1er Okley, né le 20 mars 2018 (père Lutrillo), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 2e Obtus SC, né le 9 février 2018 (père Jami), appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut

Section veaux mâles moins de 10 mois : 1er Opium, né le 1er décembre 2017 (père Espion), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 2e Nageur SC, né le 4 décembre 2017 (père Macao), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 3e Ordinaire, né le 31 décembre 2017 (père Lancelot), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld

Prix d’honneur veaux : Okley, appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld

Section jeunes mâles juniors : 1er Merlin, né le 4 décembre 2016 (père Iceberg pp), appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg ; 2e Miel, né le 15 décembre 2016 (père Jehova), Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld

Section taureaux adultes : Épisode, né le 22 décembre 2008 (père Veneur), appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg

Grand prix d’honneur mâles : Épisode, appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg

Section veaux femelles 6-7 mois : 1re Odeis, née le 5 février 2018 (père Harley), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern

Section veaux femelles 8 mois - section A : Nationale, née le 4 décembre 2017 (père Joli Cœur), appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut ; 2e Oakland, née le 7 décembre 2017 (père Castor), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 3e Optique, née le 22 décembre 2017 (père Chic), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 4e Nounou, née le 7 décembre 2017 (père Jehova), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld

Prix d’honneur veaux femelles : Nationale, appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut

Section veaux femelles juniors - section I : 1re Nixquik, née le 4 octobre 2017 (père Bariton) ; 2e Niagara, née le 19 octobre 2017 (père Emira) ; 3e Nationale, née le 7 octobre 2017 (père Gaston) ; 4e Noisette, née le 27 septembre 2017 (père Bariton). Tous ces animaux appartiennent à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier

Section veaux femelles juniors - section II : 1re Nanouk, née le 23 février 2017 (père Harley), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern

Section veaux femelles juniors - section III : 1re Numismatique, née le 28 décembre 2017 (père Espion), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 2e Noblesse, née le 1er décembre 2016 (père Cyrano), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 3e Muse, née le 8 décembre 2016 (père Jehova), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 4Nacre, née le 7 décembre 2016 (père Flamenco), appartenant à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier ; 5Michèle, née le 20 novembre 2016 (père Castor), appartenant à Gaétan Vix de Wolschheim

Prix d’honneur veaux femelles juniors : Numismatique, appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz

Section femelles juniors : 1re Malaisie, née le 25 novembre 2015 (père Castor), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz

Section femelles seniors : 1re Juvenille, née le 1er décembre 2013 (père Énarque), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 2e Ludique SC, née le 17 novembre 2014 (père Dauphin P), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 3e Clémentine, née le 24 avril 2014, appartenant à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier

Grand prix d’honneur femelles : Juvenille, appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern

Prix Ajec : Najeur SC du Gaec du Domaine des charolais à Forstfeld.

Betterave à sucre

Mise en route de l’usine le 26 septembre

Cultures

Publié le 30/08/2018

C’est officiel : le démarrage de l’usine d’Erstein de Cristal Union est fixé au 26 septembre. Les premières livraisons de betteraves sont programmées pour le 24 septembre. « Nous allons organiser des réunions pour nos adhérents afin de préparer la campagne et de leur communiquer le planning d’arrachage », indique Laurent Rudloff, responsable du service betteravier de l’usine d’Erstein.

Sous l’impact de la sécheresse, une diminution des rendements est attendue, d’après les derniers prélèvements. « Afin d’anticiper la baisse du volume de pulpes, nous avons communiqué à tous nos adhérents et clients éleveurs la quantité de pulpes qui leur a été attribuée. Et ce, dès fin juillet, car les ensilages de maïs étaient très précoces cette année. » La cercosporiose a été bien maîtrisée, dans l’ensemble, « grâce à la réactivité des planteurs par rapport aux messages que nous leur avons transmis », indique Laurent Rudloff.

Une nouveauté est lancée pour cette campagne, l’appli Cristal Field, une application collaborative de terrain qui sera utilisée par les ETA et les planteurs pour déclarer les informations liées à l’arrachage des betteraves. « Nous avons effectué les travaux d’entretien et d’optimisation de l’usine durant l’intercampagne », précise Laurent Rudloff. Au vu des prévisions de rendement, la campagne devrait s’achever après Noël.

Lancement de la campagne de pommes et de quetsches

Que du bonheur !

Cultures

Publié le 30/08/2018

La cueillette des mirabelles s’achève, et voilà que les quetsches pointent le bout de leur nez fuselé. « De Sigolsheim à Wissembourg, en passant par Obernai, tous les secteurs géographiques démarrent en même temps. » Du jamais vu, selon Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace.

Il y a quelques semaines, pourtant, l’inquiétude des producteurs était palpable : « Avec ce temps sec et chaud, nous avions des craintes sur le calibre des quetsches. À l’arrivée, nous sommes agréablement surpris. Le calibre est correct, le taux de sucre est bon, voire très bon, et la fermeté plutôt satisfaisante. » Quant à l’aspect sanitaire, il est excellent. « Il y a eu très peu de carpocapse. D’une manière générale, il y a eu très peu de maladies. »

Seul bémol, un léger défaut de coloration. « La peau a une couleur mauve clair, avec un fond vert, et la chair n’a pas toujours la couleur orangée habituelle. » Mais cela n’entame en rien le plaisir de la dégustation, parole de consommateur ! « La qualité gustative est intéressante », confirme Philippe Jacques. Si les conditions climatiques restent tempérées, la récolte devrait durer quinze jours. « À voir si le fruit se tiendra à l’arbre jusqu’à la fin. Si les grandes chaleurs reviennent, la saison risque d’être raccourcie. »

Pommes : « On attend une récolte pleine »

Du côté des pommes, elstar et gala ouvrent le ban. « C’est parti pour deux mois et demi de récolte. » Là aussi, bonne nouvelle : pour l’instant, le prix de vente est supérieur aux attentes. « Les premières variétés se vendent bien, et à un bon prix. Il y a de la place sur le marché. La concurrence des pays de l’Est ne se fait pas encore sentir », indique Philippe Jacques.

Sur le plan technique, on relève le même petit défaut de coloration que pour les fruits à noyau : « La couleur rouge peine à apparaître ». Du coup, les producteurs ont préféré retarder le démarrage de la récolte d’une semaine. Les volumes sont au rendez-vous, la qualité organoleptique et la qualité de conservation aussi. « Le taux de sucre est supérieur aux années antérieures. Le taux d’acidité est à un niveau standard. Les calibres sont moyens, car les arbres sont généralement très chargés. » Mais c’est un moindre mal : « Dès qu’on monte en calibre, on perd en fermeté ».

Poires : « Au top de la qualité gustative »

« Nous avons réalisé une belle campagne de poires. » Volume et qualité gustative sont au top, se félicite le technicien. Les poires sont sucrées et juteuses, comme on les aime. « La récolte touche à sa fin. La qualité a été homogène du début à la fin, malgré les fortes chaleurs et l’absence d’irrigation qui a eu un impact sur les calibres, qui sont plutôt moyens. » La mise en marché a démarré avec la williams, mais les variétés suivantes vont être commercialisées très prochainement.

En abricots, par contre, la campagne a été très hétérogène. Cela s’explique par le phénomène d’alternance. Les vergers qui ont été touchés par le gel l’an dernier étaient en général trop chargés et les fruits manquaient un peu de maturité. Les vergers moyennement chargés, en revanche, ont donné des fruits aussi beaux que sucrés. « Les producteurs alsaciens ont encore du mal à stabiliser le niveau de production, car ils maîtrisent mal les écarts de floraison. »

Malgré les craintes liées à la canicule et à la sécheresse, les arboriculteurs tirent leur épingle du jeu, constate Philippe Jacques. « Mais gare à l’effet kiss cool au printemps prochain ! » Le technicien craint que le stress auquel les arbres ont été soumis cet été ne soit néfaste à l’induction florale. Affaire à suivre…

Plan stratégique MSA 2025

La MSA d’Alsace veut apporter sa pierre à l’édifice

Vie professionnelle

Publié le 25/08/2018

« Susciter le débat, faire émerger des suggestions pour apporter notre pierre à l’édifice au niveau national, tel est le but de cette soirée », annonce David Herrscher, avant de présenter les principaux axes du plan stratégique MSA 2025. Un plan qui doit permettre à la MSA de « mieux répondre aux attentes de nos adhérents et de nos partenaires ». La MSA d’Alsace va travailler sur ce plan stratégique avec son conseil d’administration, l’équipe de direction et les partenaires pour mettre en commun expériences, innovations et propositions. « Nous partagerons nos propositions avec les MSA de l’Est pour établir une contribution commune qui aura du poids au niveau national. » Ces contributions seront envoyées à la Caisse Centrale de MSA au plus tard le 15 novembre, pour une validation et une mise en œuvre du plan stratégique en 2019.

L’un des objectifs de ce plan est de moderniser le service rendu aux adhérents et de maintenir sa qualité. Comment gagner en réactivité ? Comment conserver le lien de proximité à l’heure de la digitalisation et du numérique ? Autant de questions auxquelles il faudra apporter des réponses. « Nous avons une force en Alsace, nos bureaux décentralisés », ajoute Christelle Jamot, directrice de la MSA d’Alsace.

Promouvoir la place de la MSA dans la protection sociale de demain est un élément vital, car la pérennité du régime agricole en dépend. « Emmanuel Macron veut faire disparaître les corps intermédiaires. À nous de montrer que nous pouvons proposer une alternative viable », insiste David Herrscher. Mais l’enjeu primordial est, aux yeux du président, d’investir plus fortement les territoires ruraux. « Lors de l’inauguration de la foire aux vins de Colmar, le président du Sénat, Gérard Larcher, a dénoncé la montée du populisme. Nous lui avons expliqué que nous pouvons contribuer à lutter contre ce phénomène. Nous voulons être offensifs, être force de proposition. » Dernier objectif, mettre en œuvre de nouvelles activités. Le président a cité l’exemple du cinquième risque, celui de la dépendance. « La MSA peut être un acteur sur ce sujet. »

« Nos adhérents sont attachés à leur MSA »

Comment les adhérents perçoivent-ils leur régime de protection sociale ? Tous les deux ans, la Caisse centrale de MSA interroge un panel d’adhérents pour établir des statistiques. Le travail des élus - une spécificité du régime agricole -, les actions déployées par les Caisses et le guichet unique sont bien perçus. « La MSA est un régime social professionnel de sécurité sociale, contrairement au régime général, donc elle connaît mieux ses adhérents et leurs besoins, de leur naissance à leur retraite. Nos adhérents sont majoritairement attachés à leur MSA et trouvent sa présence légitime pour intervenir sur les territoires ruraux », souligne le président. Pour autant, des pistes d’amélioration existent. Ils attendent des avancées sur la qualité du service rendu : joignabilité, délai de traitement, et davantage de conseils et d’accompagnement sur leurs droits sociaux, sur les obligations des petits employeurs.

La MSA, ce sont 35 Caisses régionales, liées par une convention d’objectifs et de gestion signée avec l’État, dans un contexte de réduction drastique des moyens financiers. « La MSA d’Alsace doit diminuer ses effectifs de cinq ETP (équivalent temps plein) par an, soit 25 salariés en cinq ans, alors que de nouvelles missions nous sont confiées. » Une des pistes envisagées est de faire progresser le nombre d’adhérents. Par exemple, en ouvrant les affiliations à d’autres entreprises, comme le négoce des céréales. Mais il est difficile, dans les conditions actuelles, de faire basculer des entreprises du régime général vers le régime agricole. « Nous continuerons aussi à agir auprès de nos partenaires, comme la Carsat, les autres organismes de protection sociale, les collectivités locales. »

Pour réussir son plan stratégique, la MSA veut s’appuyer sur trois forces. Son organisation exemplaire : « Le modèle MSA est unique dans le paysage et la sécurité sociale française, avec son guichet unique et ses 20 000 élus de terrain. La nouvelle organisation territoriale va impliquer une redéfinition des cantons et une réduction du nombre de délégués aux prochaines élections », a annoncé le président. Ses 16 000 collaborateurs, « investis et adaptables » comme ils l’ont parfaitement démontré ces derniers mois. Son savoir-faire - connaissance du milieu agricole, capacité d’innovation, offres sur les territoires pour les maisons de retraite, les crèches, etc.

Quels services faut-il développer pour les populations agricoles ?

La MSA a dégagé cinq axes de travail. Le premier étant de développer les services pour les populations agricoles, les territoires ruraux, les partenaires. Sur ce sujet, les idées fusent : accompagner les employeurs dans l’application du droit du travail, orienter la main-d’œuvre vers les filières agricoles qui recrutent, renforcer la prévention et la préservation de la santé des salariés, améliorer la gestion de la complémentaire santé, renforcer le lien entre la MSA et la complémentaire retraite (Cicas). « Le projet de réforme Delevoye prévoit un opérateur unique sécurité sociale-complémentaire retraite », annonce David Herrscher. D’autres suggestions sont faites : accompagner les seniors dans l’apprentissage des technologies numériques, mettre en place un suivi social pour les salariés des entreprises en difficulté, etc. David Herrscher va plus loin : « Nous étudions la possibilité de gérer des activités administratives, pour vous permettre de vous concentrer sur votre cœur de métier ». Concernant l’action sur les territoires ruraux, les délégués estiment qu’il faut intensifier les services aux jeunes actifs pour maintenir une population dynamique dans ces territoires. Apporter plus de services aux aînés. Prendre en compte les besoins spécifiques des « familles sandwichs », qui éduquent encore leurs enfants mais doivent déjà s’occuper de leurs parents vieillissants.

Concernant l’axe 2, entretenir une relation de service humaine, performante et proactive, Christelle Jamot interpelle les délégués : « Quels sont vos modes de contact préférés ? Souhaitez-vous que la MSA vienne dans votre entreprise pour informer les salariés sur leurs droits et les services qu’ils peuvent attendre de la MSA ? »

Booster le rôle des élus de la MSA constitue l’axe 3. « Dans votre expérience de délégué, quelle a été votre plus grande réussite ? Appréciez-vous la formation délivrée aux délégués ? Souhaitez-vous poursuivre votre engagement ? » Car il faut préparer les élections MSA, prévues en 2020…

Sur l’axe 4, gagner en performance pour développer de nouvelles activités et proposer un meilleur service, les dirigeants de la MSA s’interrogent : sur quelles compétences les équipes peuvent-elles progresser ? Comment gagner de nouveaux adhérents ? Pour David Herrscher, il convient de se rapprocher de Coop de France pour sensibiliser les coopératives : « Lorsqu’elles créent des filiales, elles doivent rédiger les statuts de façon à prévoir une affiliation à la MSA ». Le dernier axe consiste à associer les équipes à la mise en œuvre de ces orientations.

Dans les prochaines semaines, ce plan stratégique MSA 2025 sera présenté à l’ensemble des organisations professionnelles, indique David Herrscher.

MSA et anciens exploitants se rencontrent

« Vous êtes source de projets »

Vie professionnelle

Publié le 12/08/2018

« Notre mission est bien sûr d’accompagner les aînés, mais il nous appartient aussi d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Or vous êtes source de projets », indique David Herrscher, président de la Mutualité sociale agricole (MSA) d’Alsace, en ouvrant la réunion.

Paul Schiellein, président de la SDAE du Bas-Rhin, le confirme : « Nous travaillons en parfaite symbiose entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin ». L’an dernier, la section bas-rhinoise a organisé une série de quatre formations pour accompagner les anciens exploitants à la dématérialisation des documents, en partenariat avec les organisations professionnelles agricoles. Cette action a bénéficié du soutien de la MSA qui a participé à l’achat de tablettes numériques, une cinquantaine au total, et mise à disposition des formateurs. La section haut-rhinoise souhaite elle aussi proposer cette formation à ses adhérents, annonce Gabrielle Rolli, membre de la SDAE du Haut-Rhin. Elle a lancé une consultation qui a permis d’identifier une quarantaine de personnes intéressées par une initiation, voire un perfectionnement à l’informatique. Christelle Jamot, directrice de la MSA d’Alsace, indique que la MSA organise deux ateliers informatiques à l’automne 2018, en partenariat avec Atout Âge. « Vous pouvez vous greffer sur ces formations, ou bien nous pouvons en prévoir de nouvelles en 2019. »

Encourager le maintien à domicile

Durant les derniers mois, un autre sujet a mobilisé les anciens exploitants agricoles, celui du veuvage. Un dossier très étoffé a été constitué au niveau national pour guider veufs et veuves dans leurs démarches, après le décès de leur conjoint, à charge pour chaque partenaire de compléter, au niveau local, la fiche le concernant. Une réunion aura lieu en décembre à Strasbourg, en présence de tous les partenaires, pour divulguer ce dossier qui sera également présenté lors des réunions hivernales organisées par la SDAE du Bas-Rhin, annonce Paul Schiellein. « C’est Sylviane Fargeon, notre directrice adjointe, qui est chargée de compléter la fiche de la MSA », indique Christelle Jamot.

Pour l’année à venir, c’est au dossier de l’autonomie que les retraités veulent s’atteler. « Nous avons rencontré récemment Bénédicte Autier, directrice de la Maison départementale de l’autonomie à Strasbourg, afin d’échanger sur la stratégie du Conseil départemental du Bas-Rhin en matière de maintien à domicile des seniors. Nous voulons sensibiliser les retraités et futurs retraités au fait qu’il faut aménager la maison le plus tôt possible afin de la mettre en adéquation avec les besoins du troisième âge, même s’il n’est pas toujours facile d’aménager un vieux corps de ferme », indique Christiane Bernard, ancienne présidente de la MSA d’Alsace, en charge de ce dossier. Bénédicte Autier a suggéré l’élaboration d’une fiche d’actions avec les partenaires de la SDAE - notamment la MSA d’Alsace, Groupama Grand Est, le Crédit Agricole Alsace Vosges, le Centre de ressources, d’information et de conseil en aides techniques et accessibilité (Cep Cicat), et d’éventuels financeurs - pour accompagner les retraités agricoles. Ce travail s’inscrit parfaitement dans le nouveau Schéma de l’autonomie qui sera soumis au Conseil départemental en janvier 2019. Christiane Bernard représentera la SDAE dans le groupe de travail chargé de la rédaction de la fiche d’action, l’idée directrice étant que « ma maison doit m’accompagner dans le vieillissement ». Dans le Bas-Rhin, 14 000 retraités sont potentiellement concernés.

Le problème des aidants familiaux a également été soulevé. Il est urgent de mettre en place une formation pour leur permettre d’assumer plus facilement leur tâche, souvent fastidieuse au quotidien, mais aussi d’imaginer des dispositifs pour leur donner le droit au répit. Les anciens exploitants veulent, là encore, être force de proposition.

Plan stratégique MSA 2025 : apporter sa pierre à l’édifice

David Herrscher a évoqué le plan de développement stratégique MSA 2025. L’Alsace veut apporter sa pierre à l’édifice. « Dans cette optique, nous avons prévu de rencontrer l’ensemble de nos partenaires. » Après la présentation officielle de ce projet aux délégués de la MSA, le jeudi 2 août à la foire aux vins de Colmar, une journée de rencontre avec les JA et la FDSEA était prévue le mardi 7 août à Schiltigheim.

Les élections à la Chambre d'agriculture, en janvier 2019, focalisent toutes les attentions. Pour René Quintlé, membre de la SDAE du Haut-Rhin, il est indispensable que deux sièges soient réservés aux anciens exploitants agricoles dans la future assemblée régionale, afin de respecter la représentation départementale. Un avis que partagent l’ensemble des membres présents à cette réunion d’information.

Germa Alsace

« Une agence d’emploi singulière »

Vie professionnelle

Publié le 22/07/2018

« Le développement de l’emploi en agriculture est un enjeu majeur pour l’avenir de notre secteur d’activité », a souligné Joseph Lechner, président de Germa Alsace, lors de l’assemblée générale qui s’est tenue le mercredi 4 juillet à Sélestat. Il a salué la présence de nombreux partenaires, David Herrscher, président de la MSA d’Alsace, Jean-Luc Galliath, vice-président, René Schotter, administrateur, et Sylviane Fargeon, directrice adjointe de cet organisme, Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Jean-Michel Baumann, chargé de mission formation emploi à la FNSEA, Sébastien Libbrecht, conseiller formation à la Chambre d'agriculture Alsace, François Otero, responsable de l’insertion par l’activité économique à la Direccte Grand Est, ainsi que les représentants des JA, des CFPPA, etc.

Dans chaque département alsacien, Germa Alsace gère une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) et une association intermédiaire (AI). Elles sont administrées par douze permanents, répartis sur les deux agences de Strasbourg et de Colmar, sous la direction de Sylvie Maa. Quatre structures qui conjuguent une activité économique et une finalité sociale. Germa a un savoir-faire reconnu dans la mise à disposition de salariés à titre onéreux ; elle accompagne les entreprises dans leur recrutement et sécurise les mises à disposition, dans l’objectif d’assurer un service de qualité auprès des entreprises clientes. Elle poursuit aussi un but social, l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi.

Un double engagement pour Germa

L’an dernier, l’ensemblier Germa a employé 460 personnes, pour un total de 96 000 heures de travail, ce qui correspond à 60 équivalents temps plein (ETP). « Nous avons étudié plus de 1 600 candidatures, organisé 445 entretiens de recrutement et embauché 270 nouveaux salariés », a précisé Sylvie Maa. Soit un taux de renouvellement de l’équipe d'intérimaires de 56 %.

« Une mise en relation réussie, ça se prépare du côté des salariés comme des employeurs, a insisté Sylvie Maa. Nous prenons le temps de connaître les salariés que nous recrutons - en effectuant un entretien préalable, deux si nécessaire -, mais aussi de leur présenter les missions et les postes de travail. Nous vérifions la motivation et le projet des salariés. » De son côté, l’entreprise doit faire l’effort d’accueillir le salarié et d’organiser le travail. Germa y veille.

Germa met des salariés à la disposition des entreprises du secteur marchand et non marchand, des collectivités, des associations et des particuliers… « Notre souci, c’est de prendre en compte les besoins des clients, en tenant compte des spécificités du poste de travail. » Et ça marche ! L’ensemblier Germa a travaillé l’an dernier pour le compte de 215 clients, dont 142 entreprises et 73 clients particuliers en services à la personne. Son champ d’activité ne cesse de s’étendre puisqu’elle compte 69 nouveaux clients, dont 38 entreprises, en 2017. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 million d’euros, en nette augmentation. Le meilleur depuis sa création.

Pourquoi un tel succès ? « Ce qu’on propose au client, c’est une prestation clé en main. Du personnel disponible, prêt à l’emploi, avec les compétences adéquates. » « Nos salariés sont sensibilisés à la santé sécurité au travail. » Mais pas seulement : « À Germa, nous traitons toutes les questions de savoir être : avoir une bonne posture professionnelle, connaître les codes de l’entreprise. Le cas échéant, nous recherchons des solutions à la mobilité, en organisant le covoiturage, voire en proposant des voitures en location via Mobilex. Nous effectuons un travail de préparation et d’accompagnement en amont des missions pour lever les freins. »

« Nous avons su élargir notre champ d’action »

C’est cette recette qui permet à Germa de fidéliser ses clients. Et d’en conquérir de nouveaux. « Nous avons un bon portefeuille d’entreprises partenaires car nous répondons qualitativement à leur demande. Parallèlement, nous développons l’activité de mise à disposition dans de nouveaux secteurs d’activité pour pallier les fortes variations saisonnières des filières de production et de transformation des produits agricoles. »

Le monde agricole (au sens large du terme) représente, et de loin, la part la plus importante de l’activité de Germa : production agricole, viticulture, espaces verts, silos agricoles, y contribuent pour 52 %. Mais elle fournit aussi des salariés pour les entreprises de services (téléconseil, accueil, service à la personne, entretien des locaux), les collectivités locales (entretien des espaces verts). Pour montrer la diversité des missions de Germa, Sylvie Maa indique qu’elle recrute aussi bien des facteurs pour La Poste que des manutentionnaires pour monter les estrades du festival Musica. Elle fournit aussi du personnel pour l’industrie, les collectivités locales et, depuis peu, le secteur du BTP (menuisiers intérieur et extérieur, maçons ferrailleurs…). « Nous savons recruter des profiles différents. »

La plupart du temps, les recrutements se font au premier niveau de qualification. « Nous recherchons des personnes qui sont adaptables et mobilisables rapidement. Nous nous appuyons sur leur expérience, leur projet. Très souvent, nous proposons d’abord des missions courtes aux candidats pour vérifier leur savoir être, leur ponctualité, leur capacité à se mobiliser. Notre force, en termes de sourcing, c’est de nous appuyer sur un large réseau de partenaires qui nous permet de diversifier notre recherche de candidats. Nous sommes aussi en mesure de répondre aux contraintes des entreprises du paysage qui répondent à des marchés avec des clauses sociales. Dans ce cadre, nous sommes un partenaire tout désigné. »

Un important effort de formation complète ce dispositif. Germa a dispensé l’an dernier 3 000 heures de formation à ses salariés intérimaires et permanents. « Si nous investissons autant en termes de formation et d’accompagnement à la prise de poste, c’est pour sécuriser les missions dans les entreprises. Nous plantons le décor : consignes, durée du travail, règles à respecter au travail, etc. » Le cadre d’une relation de travail est posé. « La formation me semble très importante pour augmenter l’employabilité des candidats », souligne Joseph Lechner. « Le client paie dès la première heure. Nos salariés doivent être au top », enchaîne Sylvie Maa.

Un tremplin pour l’avenir

Germa sert souvent de tremplin pour aller vers une formation qualifiante ou trouver un emploi direct. « Leur passage à Germa leur apporte une plus-value. » Sur les 130 personnes qui ont effectué plus de 150 h l’an dernier et sont sorties de Germa, 40 % ont décroché un CDI, un CDD de plus de 6 mois ou une formation qualifiante. 22 % ont un CDD de moins de 6 mois. 17 % retournent à Pôle Emploi, avec des droits ouverts.

Après une présentation d’un projet de formation de réfugiés (lire l’encadré), les participants ont débattu du projet de création d’un groupement départemental d’employeurs, dans les tuyaux depuis quelque temps. « Les travailleurs de pays de l’Est se font de plus en plus rares. Il est temps de mettre en place une structure pour mutualiser les moyens et proposer des services à un coût raisonnable pour les agriculteurs », a déclaré David Herrscher, président de la MSA d’Alsace. Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, a confirmé : « L’agriculture va manquer de bras à l’avenir, si elle veut poursuivre sa stratégie de diversification. Demain, les exploitations qui ont de gros besoins de main-d’œuvre risquent de disparaître, d’autant que les travailleurs qualifiés pourront trouver rapidement un emploi mieux payé. Le groupement d’employeurs constituerait une solution pour permettre aux salariés d’enchaîner les missions. »

Station régionale d’expérimentation fruitière Verexal à Obernai

Arboriculture fruitière : désherber autrement

Cultures

Publié le 20/07/2018

Pourquoi désherber ? Le désherbage du rang a pour but de limiter la concurrence alimentaire entre les adventices et les arbres dans la zone de sol à proximité des troncs. La concurrence des adventices perturbe le bon déroulement des travaux sur le verger et diminue l’efficience du système d’irrigation. De plus, elle est consommatrice d’eau et d’éléments nutritifs, ce qui peut être préjudiciable à la pousse des arbres.

Susciter des avancées techniques en matière d’alternative au désherbage chimique pour fournir des références aux exploitants qui envisagent de réduire les traitements phytosanitaires, telle est la mission de Verexal, indique son président, Pierre Barth. C’est pourquoi la station teste depuis plusieurs années des techniques pertinentes pouvant se substituer - ou se combiner - à l’utilisation d’herbicides chimiques, en tenant compte notamment de l’âge du verger. Sachant que ces techniques doivent certes être plus respectueuses de l’environnement, mais aussi avoir une efficacité et un coût acceptables.

Certaines machines exercent une pression assez défavorable sur les racines. Un travail mécanique trop intensif peut détruire les racines superficielles des arbres et entraîner une perte de vigueur. Sur d’autres modèles, le passage de l’outil a tendance à creuser le rang. Sur jeunes vergers, cette technique provoque un retard de croissance et pénalise la production. Par ailleurs, les effets étant moins persistants que pour un désherbage chimique, les interventions sont plus nombreuses et augmentent la dépense énergétique. En effet, l’entretien mécanique du rang nécessite en moyenne cinq passages, contre deux passages en chimique, ce qui entraîne une consommation accrue de carburant, pas vraiment opportune en cette période de flambée des prix de l’énergie. Ce qui explique que, pour l’instant, les professionnels sont assez mitigés sur ces techniques alternatives.

Depuis l’annonce de la suppression du glyphosate dans trois ans, les constructeurs mettent les bouchées doubles pour proposer aux arboriculteurs des matériels mieux adaptés à leurs attentes. Lors de la journée technique organisée le mardi 10 juillet à Verexal, les professionnels ont pu comparer différentes techniques pour éliminer les adventices : par thermisation, par travail mécanique sur le rang avec des outils à lames, à disques, à dents, etc. La vitesse d’exécution pouvant varier de 2 à 10 km/h, selon la machine.

La première machine en démonstration ce jour-là était la bineuse à étoile Freilauber (photo 1). Elle ameublit le sol sur la rangée de troncs, en fonction du réglage de l’angle de travail et de la coupe inférieure des disques. La terre est ensuite éjectée dans la zone du tronc, ensevelissant les mauvaises herbes. Différentes possibilités de réglage permettent d’ajuster l’angle de travail et la coupe inférieure, et donc l’éjection, aux besoins des professionnels et à l’état du sol. Cette bineuse à étoile a suscité l’intérêt des arboriculteurs par la qualité du travail effectué, qui se mesure à la propreté du sol entre les ceps et au fait que les racines ne sont pas touchées, mais aussi par la vitesse d’avancement avoisinant 10 km/h.

Le porte-outil avant double Arbocep de la société Chabas (photos 2 et 3) peut accueillir toute une gamme d’outils : lame interceps, tête à fil, tête de broyage, fraise rotative, disque à chausser ou à déchausser, etc. Son châssis pouvant supporter deux outils, à droite et à gauche, il est possible de travailler simultanément deux demi-rangs. En version tondeuse à fil, il détruit les mauvaises herbes et les galeries creusées par les rongeurs. Le débit de chantier est de 12 ha/jour, selon le technicien.

Basée en Côte d’Or, l’entreprise Boisselet (photos 4 et 5) a développé un système d’outils interceps basé sur le principe d’amplificateur de couple. Attelé sur le relevage 3 points, le porte-outil peut être tiré ou poussé. Le mouvement du servomoteur est activé par commande hydraulique ou hydroélectrique (en option) afin de faire effacer l’outil en action. La correction de dévers est elle aussi en option. Cet appareil polyvalent permet de mettre en œuvre différents outils, comme l’outil de binage rotatif à dents Pétalmatic +, l’outil rotatif à axe vertical Starmatic ou le pulvériseur à disque. Une brosse mécanique est disponible pour l’entretien des vergers plus âgés. « Elle permet de maintenir le sol propre sans travailler le sol », indique le technicien.

Dernier matériel en démonstration, le désherbeur mécanique interceps Ladurner (photos 6 et 7) est équipé d’un palpeur hydraulique de chaque côté, ce qui permet un travail très proche du tronc en toute sécurité. Une centrale hydraulique assure l’animation des différents moteurs. La conception de la machine permet son adaptation à des distances de plantation variables et aux terrains plats comme aux vergers sur buttes. La vitesse d’avancement est réglable de 2,5 à 4 km/h en fonction du travail à réaliser - tonte ou travail du sol - et de la densité de plantation.

Retrouvez cette démonstration en vidéo :

 

Salon « Passion de nos terroirs »

Roland Schweitz à Duttlenheim : « L’opportunité de rencontrer de nouveaux clients »

Vie professionnelle

Publié le 15/07/2018

« Ce salon vise les grossistes et les distributeurs, explique Roland Schweitz. Ce qui m’intéresse, c’est de communiquer sur nos produits. C’est dans l’objectif de les faire connaître que j’ai lancé la marque La Bruchoise, il y a cinq ans. Ces salons me permettront de garder le contact avec mes clients et, je l’espère, de nouer de nouveaux contacts commerciaux, notamment en dehors de l’Alsace. Mais cela ne sera pas forcément évident, car la Champagne est un gros producteur de pommes de terre »

L’enterprise a été créée par Roland Schweitz, avec son épouse Catherine. Son neveu, Jérémie, le seconde dans tout le process, de la production jusqu’au conditionnement. Sa fille, Lucie, ayant fait des études en gestion et commerce, l’a rejoint en 2016. Son autre fille, Clara, continue ses études d’agronomie afin de pouvoir, un jour, intégrer la société. Les 110 ha de pommes de terre sont répartis sur deux secteurs, la plaine de la Bruche et la plaine d’Erstein, « un terroir très propice à la culture de la pomme de terre ». Cette culture exige une rotation de cinq ans. Même si elle complique l’assolement, cette précaution est indispensable pour produire une pomme de terre d’une qualité irréprochable et préserver le bon état sanitaire des terres. « Nous procédons par échanges avec les agriculteurs des communes avoisinantes. »

Roland Schweitz a récolté ses premières pommes de terre primeur début juillet - il en produit une dizaine d’hectares. La campagne se prolongera jusqu’au 15 août. « C’est à ce moment-là que démarre la saison des pommes de terre de conservation, des variétés demi-précoces. C’est le grand boom ! Il faut stocker 4 000 t de pommes de terre en cinq ou six semaines. Nous fonctionnons en deux équipes : l’une s’occupe de la récolte et du stockage, l’autre du conditionnement et de la commercialisation. C’est en septembre-octobre que nous écoulons les plus gros volumes. C’est à la fois le pic de travail et le pic de consommation. »

Les atouts de La Bruchoise ? « Nous sommes très exigeants vis-à-vis de la qualité culinaire et gustative, mais aussi de l’aspect des tubercules. Nous tâchons d’être compétitifs tant au niveau du prix que des volumes. Et nous commercialisons toutes nos pommes de terre sous l’emblème des Fruits et légumes d’Alsace et de la marque collective Savourez l’Alsace Produit du terroir, ce qui nous permet de valoriser un produit dont l’image n’est pas toujours très porteuse. »

IGP choucroute d’Alsace

Une IGP européenne à savourer !

Vie professionnelle

Publié le 13/07/2018

C’est officiel : la choucroute d’Alsace a son IGP. Après l’homologation du cahier des charges par les autorités françaises en 2012, elle vient d’obtenir le précieux sésame européen, ce qui protège cette dénomination dans toute l’Union européenne. Désormais, une choucroute d’Alsace est une choucroute 100 % alsacienne.

Pour les producteurs et transformateurs alsaciens, la quête du Graal a démarré dès 1996, avec le dépôt de la demande d’IGP européenne. « Ce dossier est l’un des premiers qu’Alsace Qualité a appuyés lors de sa création en 2018 », indique son président, Jean-François Vierling. Pourquoi la filière a-t-elle dû patienter si longtemps pour voir sa démarche de qualité récompensée ? « Les autorités chargées de donner leur avis faisaient la confusion entre le plat cuisiné et le légume », explique Bernard Muller, de la choucrouterie Le Pic à Meistratzheim. Il a donc fallu démontrer les spécificités de la choucroute made in Alsace.

Longue, fine et blanche

Le monde entier connaît la choucroute garnie, plat emblématique de notre territoire. Mais ce que l’on sait moins, c’est que le chou à choucroute alsacien est cultivé selon un cahier des charges très strict, avec des variétés sélectionnées et récoltées à maturité optimale, ce qui permet d’obtenir cette couleur blanche ou jaune pâle si caractéristique. « Le chou à choucroute s’est engagé très tôt dans une démarche de certification. Il a obtenu le signe CQC en 1992 », précise Catherine Wibert, animatrice de l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace (AVCA) à Alsace Qualité.

Lors de la préparation du chou, on enlève les feuilles vertes et le trognon - ce qui permet d’éviter les « mouchoirs » - et on coupe le chou en fines et longues lanières qui doivent mesurer au moins 15 cm. Une fois râpé, le chou est placé dans les cuves de fermentation, sans autre ajout que le sel. Démarre alors une fermentation anaérobie à température ambiante qui dure de deux semaines à deux mois, en fonction de la météo. À l’ouverture des cuves, la choucroute est conditionnée en seau ou en sachet, cuite ou crue.

C’est ce savoir-faire ancestral qui a permis d’obtenir l’IGP. « Les méthodes d’élaboration diffèrent selon les pays, explique Bernard Muller. Les Allemands ajoutent de la levure dans les cuves et la fermentation se fait sous contrôle de température. Dans les pays de l’Est, ils ajoutent du citron, du laurier et du cumin. Quant aux Italiens, ils plongent le chou dans de l’eau salée avant de démarrer la fermentation », indique-t-il.

« Nous nous sommes battus, nous n’avons rien lâché et au final, nous avons remporté le combat, souligne Jean-François Vierling. C’est une chance inouïe ! Car une IGP permet de maintenir la production sur le territoire. »

Désormais, la choucroute d’Alsace ne pourra être produite qu’avec du chou certifié, poursuit Laurent Heitz, président du syndicat des producteurs de choux à choucroute. « Les années où la production ne suffira pas à couvrir les besoins des transformateurs, les choux importés d’Allemagne ou de Pologne ne pourront pas bénéficier de l’appellation choucroute d’Alsace. » Laurent Heitz espère que cette reconnaissance européenne permettra d’insuffler un nouveau dynamisme dans la production. Ces dernières années, plusieurs agriculteurs se sont détournés de cette production, en raison de sa pénibilité et de sa valorisation insuffisante, indique-t-il. « Nous avons perdu une centaine d’hectares en dix ans. »

« Toute la chaîne de valeur est certifiée. Seuls les membres de l’AVCA, engagés dans la démarche de certification, pourront prétendre à cette dénomination », indique Jean-François Vierling. Cette association, rappelons-le, rassemble 48 producteurs de chou à choucroute et 11 choucroutiers, dont une entreprise haut-rhinoise. Cela représente environ 60 000 tonnes de chou à choucroute et 25 000 à 30 000 t de choucroute, soit 95 % de la production.

« Désormais, les transformateurs qui n’ont pas souhaité s’engager dans cette démarche ne pourront plus apposer sur leur produit la mention Alsace, ni utiliser des signes de référence à notre territoire, comme la maison à colombage, le costume alsacien ou la cigogne », insiste pour sa part Bernard Muller. Pour les consommateurs, cette IGP est un atout majeur : la certitude d’avoir une choucroute 100 % Alsace, un produit de qualité, proche de chez eux, dont la production et l’élaboration sont certifiées par un organisme extérieur.

C’est grâce à l’opiniâtreté d’Anne Sander, députée européenne, et au soutien de Laurent Gomez, secrétaire général de l’Association des régions européennes des produits d’origine, que les autorités européennes ont fini par admettre le bien-fondé de la démarche alsacienne, soulignent les responsables de la filière qui les remercient pour leur engagement sans faille dans ce dossier.

Alsace Qualité

« Composons notre futur, tous ensemble ! »

Vie professionnelle

Publié le 10/07/2018

« À Alsace Qualité, nous avons la force de nos - et de vos - convictions. Notre but est d’anticiper les évolutions pour vous entraîner au mieux vers le futur, un futur que nous pouvons composer, tous ensemble », a indiqué le président Jean-François Vierling en ouvrant l’assemblée générale d’Alsace Qualité, le jeudi 21 juin à Schiltigheim.

Fin 2017, Alsace Qualité comptait 164 adhérents. Un chiffre en constante ascension depuis l’an 2000. Plusieurs collaborateurs, Stéphane Droit, Julie Baehrel et Catherine Wibert, ont rappelé les missions d’Alsace Qualité : accompagner les filières et des entreprises agricoles et agroalimentaires dans leur démarche qualité, mettre en place les cahiers des charges et animer les filières, venir en appui aux structures agricoles PFI et Terra Vitis et œuvrer pour la valorisation des filières et des produits sous signe officiel de qualité. Plus récemment, une nouvelle mission s’est ajoutée : gérer la marque Savourez l’Alsace Produits du terroir.

Alsace Qualité met l’accent sur la communication : conférences, newsletter, magazine permettent aux adhérents d’accéder aux informations essentielles. Elle déploie également les plans d’action qualité au sein des entreprises, organise des formations collectives, ainsi que des audits et des visites conseil. « Nous avons développé un outil d’analyse des risques concernant la protection des aliments contre les actes frauduleux. » À la demande des entreprises, Alsace Qualité intervient également sur des points spécifiques, comme l’étiquetage, le contrôle quantitatif, les allergènes, etc. « 200 demandes ont été enregistrées l’an dernier. »

Améliorer la performance est une préoccupation constante des entreprises agroalimentaires. « Le réseau Reaqi a bien fonctionné : 39 entreprises y ont participé en 2017, soit 24 % des adhérents. » Un chiffre en forte progression. Six nouvelles entreprises ont été habilitées l’an dernier, et d’autres sont sur les rangs cette année. L’accompagnement semi-collectif a porté sur la performance industrielle et les économies de ressources en partenariat avec l’Ademe pour identifier les gaspillages et établir un diagnostic.

Alsace Volaille : deux nouveaux labels rouges

L’animation des filières va de la gestion des comptes à la mise en place des cahiers des charges, en passant par les opérations de communication. Alsace Qualité assure ainsi l’animation de plusieurs ODG (organismes de défense et de gestion) : les Pâtes d’Alsace (IGP et CCP), l’Association pour la valorisation de la charcuterie d’Alsace et l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace. Cette dernière a déposé une demande de reconnaissance en IGP (indication géographique protégée) qui a été homologuée au niveau français et qui devrait être reconnue très prochainement au niveau européen.

Alsace Qualité intervient également en appui aux ODG Miel d’Alsace et Alsace Volaille. « Le fait marquant est l’obtention d’un nouveau label rouge pour Alsace Volaille : le poulet jaune fermier élevé en plein air, homologué le 26 avril 2018. » L'obtention du label rouge poulet noir fermier élevé en plein air est elle aussi imminente.

L’association vient aussi en appui à différentes structures agricoles : pour PFI (production fruitière intégrée), elle assure le suivi du cahier des charges Globalgap et Vergers écoresponsables. Elle organise l’opération de communication « Verger ouvert » en août, ainsi que le lancement de la pomme en septembre, en partenariat avec l’Ifla. Pour Terra Vitis, elle réalise notamment des contrôles internes. « Terra Vitis vient de lancer une démarche collective HVE (Haute valeur environnementale).

La valorisation des filières et produits sous signe officiel de qualité passe par la présence dans plusieurs foires et salons, notamment le salon de l’agriculture de Paris et la Foire européenne de Strasbourg, ainsi que l’organisation du concours Jeunes talents et produits de qualité qui a vécu sa 11e édition.

Savourez l’Alsace Produits du terroir : une marque qui fédère

De nouvelles références sont entrées dans la démarche Savourez l’Alsace Produits du terroir. Parmi elles, l’association Agneau Terroir d’Alsace, le raifort nature et l’Elsass moutarde d’Alélor, les jus de pomme bio de la ferme Burger, les tourtes Festein d’Alsace, la choucroute de la choucrouterie Angsthelm, les sirops Klein et Wanner, les bretzels bios d’Alsace de Bretzel Burgard et les miels d’Alsace IGP. Des opérations de communication grand public ont eu lieu tout au long de l’année. Par ailleurs, un site internet dédié (www.terroir.alsace) a été mis en ligne en juillet.

Pour 2018, les perspectives sont bonnes. Le nombre de références accréditées ne cesse d’augmenter : à ce jour, 22 références ont rejoint la marque. Soit au total 900 références, pour 24 entreprises. Au chapitre communication, signalons qu’une soirée blogueuses a été organisée récemment. Par ailleurs, une présence accrue à la foire européenne est prévue. « Mettre en avant le produit 100 % alsacien, tel est le but de Savourez l’Alsace produits du terroir », explique Philippe Boehmler, responsable de la marque. Pour lui, le manger local primera demain dans l’acte d’achat. « Il faudra accélérer le développement des filières pour que la plus-value créée revienne en partie vers nos fermes. »

La profession est unanime pour soutenir la démarche Savourez l’Alsace produits du terroir, a indiqué Denis Ramspacher, vice-président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. « C’est essentiel pour maintenir la diversité et mettre en valeur nos productions agricoles locales. » Il a félicité Alsace Qualité pour le travail considérable qu’il accomplit pour l’accompagnement, l’animation et la valorisation des filières.

Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région Grand Est, l’a affirmé : « Nous ferons tout, au niveau de la région Grand Est, pour qu’Alsace Qualité puisse poursuivre sa mission et développer une production locale de qualité. Cela permet aux entreprises de se développer et de créer des emplois. »

L'assemblée générale s'est poursuivie par l'intervention d'Agathe Mathey, déléguée générale de LaFoodTech sur le thème « La (r)évolution numérique FoodTech de la fourche à la fourchette ».

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