Auteur

Anny Haeffelé

Journaliste au PHR

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Concentration de femmes de vin à Colmar

Toujours aussi divines !

Vigne

Publié le 21/04/2016

Après une présentation prestigieuse dans le cadre enchanteur des Folies Bergère, l'an dernier à Paris, les Femmes de vin ont choisi de se retrouver en Alsace, à la veille de leur assemblée générale, pour faire goûter leurs produits à un public de connaisseurs. 139 échantillons étaient offerts à la dégustation dans les salons du grand hôtel Bristol de Colmar. « La grande nouveauté, cette année, c'est que les Ligériennes nous ont rejointes », annonce Valérie Rousselle, la pétulante présidente de Femmes de vin. Après les Fa'Bulleuses de Champagne l'an dernier, les Dames du cœur de Loire viennent en effet de se constituer en association.

« À Colmar, nous sommes donc dix régions à tenir salon, poursuit Valérie Rousselle. Un salon extrêmement bien organisé par les Divines d'Alsace qui ont eu la bonne idée de conjuguer cet événement commercial avec notre assemblée générale. C'est une idée que nous allons garder pour les années futures. Nous avons de beaux projets, en particulier à l'export. Pour la première fois, les Femmes de vin ont tenu un stand au salon Prowein, début mars en Allemagne, et on nous propose d'aller en Chine. Prowein était une première expérience, nous devons partir sur des projets différents, mais maîtrisables. » D'ores et déjà, le cercle envisage d'organiser une nouvelle édition des Folies vigneronnes, au printemps prochain à Paris, annonce Valérie Rousselle. Tout cela dans une très bonne ambiance : « Au fil des événements, une vraie solidarité se tisse entre les femmes, on se connaît de mieux en mieux, on se rend des services. »

Proximité oblige, les Divines d'Alsace étaient venues en force (photo 1). À tel point qu'elles ont dû se répartir sur deux stands, ouvrant et concluant cette dégustation. Une dégustation agrémentée par les spécialités de la fromagerie Saint-Nicolas.

Les côtes de Provence rosés (photo 2) étaient à l'honneur chez les Éléonores de Provence, même si un blanc (Château Carpe Diem) s'était glissé dans le lot… Au côté de Valérie Rousselle, du Château Roubine, Françoise Rigord, présidente de l'Ordre des dames du vin et de la table, une association créée en 1982 qui regroupe des vigneronnes, des sommelières, des écrivains, des journalistes, pour défendre les accords mets-vins dans la plus pure tradition française.

Hélène Beaugrand, Sophie Milesi et Claire Brun, trois ambassadrices de charme pour les Fa'Bulleuses de Champagne (photo 3). Cette association, ont-elles indiqué, se compose de sept vigneronnes de différents secteurs, de la montagne de Reims à la côte des Blancs, du val de Montgueux à la vallée de l'Ardre, en passant par la vallée de la Marne. « Nous produisons toutes les cuvées, 100 % chardonnay, 100 % meunier, 100 % pinot, mais aussi des assemblages, des millésimes, des rosés. » Ensemble, elles ont créé un coffret où chacune a placé une bouteille représentative de son domaine.

Les Dames de cœur de Loire font la paire

C'est une belle paire de Dames de cœur de Loire (photo 4) qui ont fait le déplacement à Colmar, Catherine Corbeau-Mellot et Sophie Guyollot, respectivement présidente et vice-présidente de la toute jeune association. Celle-ci regroupe une trentaine de femmes des sept vignobles de la région (Sancerre, Pouilly-Fumé, Menetou-Salon, Quincy, Reuilly, Coteaux du Giennois et Châteaumeillant) qui exercent différents métiers dans la filière : vigneronnes, essentiellement, mais aussi œnologues, enseignantes, techniciennes de laboratoire, assistantes commerciales… « Notre objectif premier est de faire connaître les métiers de la filière vin pour susciter des vocations, car il n'est pas facile de trouver du personnel, notamment des tractoristes. Face à cette pénurie de main-d’œuvre récurrente, il faut se bouger. Ce sont des métiers peu valorisés, mais très variés et non délocalisables. Nous intervenons dans les collèges et les lycées, lors de forums, pour encourager les jeunes à s'orienter vers ces filières. C'est fédérateur, cette envie de transmettre ! »

À la table des Femmes et vins de Bourgogne, quatre viticultrices étaient présentes. Parmi elles, Anne Parent, ancienne présidente de Femmes de vin (photo 5). À ses côtés, Clotilde Davenne, Anne-Sophie Debavelaere et Françoise de Lostende. « Nous sommes quatre viticultrices, mais nous représentons neuf domaines. » L'association bourguignonne, précise-t-elle, compte 38 adhérentes issues des cinq sous-régions : Chablis, Côte de Beaune, Côtes de Nuits, Côte Chalonnaise et Mâcon. Étaient également présentes les Étoiles en Beaujolais, Femmes Vignes Rhône, So Femmes & Vin Sud-Ouest, les Alienor du vin de Bordeaux et Vinifilles Languedoc Roussillon.

Lancement de la saison des asperges

« Vitaminez votre assiette ! »

Cultures

Publié le 20/04/2016

C'est à la coopérative des fruits et légumes d'Alsace, à Hœrdt, qu'a eu lieu le lancement officiel de la saison des asperges, mardi 19 avril. Cette coopérative compte dans ses rangs 45 producteurs d'asperges, indique son président, Jean-Jacques Nonnenmacher.

Après trois années difficiles, la campagne 2016 s'annonce bonne, car les buttages se sont déroulés dans de bonnes conditions et les structures des sols sont excellentes. La météo de ce début de campagne n'est pas optimale, cependant, et la production est encore timide. Mais dès ce week-end, les asperges d'Alsace seront présentes dans les étals. « Les aspergeraies sont entrées en production plus tard, cette année, explique le président de l'Association pour la promotion de l'asperge d'Alsace, Jean-Charles Jost, et la récolte n'est pas encore très abondante, mais elle devrait rapidement monter en puissance. » L'association compte 44 membres, en plus de la coopérative hœrdtoise.

« Net so nat awer so guet »

Deux nouveautés, cette année. Surfant sur la vague des « légumes moches », l'association met l'accent sur les asperges de deuxième catégorie. « Pas moins bonnes, mais un peu moins belles », elles conviennent pour de nombreuses recettes, comme la tourte, la salade, le velouté d'asperge. Avis aux amateurs : des chefs alsaciens renommés ont concocté un livret de recettes intitulé « Gourmandise et bien-être ». À consommer sans modération aucune !

« Nous avons également édité un magazine pour toucher un public plus jeune », annonce Jean-Charles Jost. Il met en avant les bienfaits de l'asperge blanche d'Alsace pour la santé, le bien-être. Certaines stars font une cure détox pour retrouver la ligne à la sortie de l'hiver. Si le cœur vous en dit, osez une cure de 3, 7 ou 15 jours à base de ce légume riche en nutriments, et les effets bénéfiques s'en feront rapidement sentir : les fibres et l'asparagine emporteront les toxines…

L'an dernier, l'association a rafraîchi son logo, renouvelé les codes graphiques de sa communication, relooké son site internet et son jeu concours. L'objectif étant d'être en phase avec le positionnement de légume haut de gamme de l'asperge d'Alsace qui marque en quelque sorte le début du calendrier de la production maraîchère régionale, même si salades, radis et rhubarbe sont déjà dans les étals.

Un positionnement haut de gamme

Ce positionnement haut de gamme est indispensable pour un légume vendu 10 à 12 € la botte en début de saison, même si son prix diminue au fil des semaines. « Nos techniques de production sont identiques à celles de nos voisins allemands, mais nos coûts sont supérieurs, notamment en matière de main-d’œuvre qui représente la moitié du prix de revient », indique Jean-Jacques Nonnenmacher. Et la mécanisation de la récolte n'est pas une option, dans cette filière qui emploie de nombreux travailleurs saisonniers : les Espagnols l'ont certes expérimentée, mais pour des débouchés industriels (soupes, conserves).

La vente directe est un formidable atout, explique Jean-Jacques Nonnenmacher : l'asperge est un légume qui pousse sans engrais ni produits phytosanitaires. « Les interventions sur la culture ont lieu après la fin de la récolte. » Adhérer à l'association, c'est s'engager à pratiquer une agriculture raisonnée, dans le respect du cahier des charges contrôlé par Certipaq.

L'ouverture de la saison des asperges est toujours un moment attendu par les consommateurs alsaciens, souligne Pierre Lammert, président de l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace. Il a lancé un appel aux acheteurs : « Valorisez l'asperge locale, mais surtout ne la bradez pas ! » Cette culture nécessite en effet des efforts importants de la part des producteurs qu'il faut faire reconnaître auprès des consommateurs. Le nouveau slogan des fruits et légumes d'Alsace, que l'interprofession entend mettre en avant, « Plus près, plus frais, plus vrai », s'applique à merveille à cette production.

Pour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, l'exemple de l'asperge prouve que différents modèles agricoles peuvent parfaitement cohabiter. « C'est un modèle à part, conciliant les petits producteurs qui animent les villages et les grands faiseurs qui approvisionnent la grande distribution et la restauration hors foyer. Il faut être capable de nous organiser en filière pour être plus forts sur le plan commercial. »

« En Basse-Zorn, les terres sont propices au maraîchage, et particulièrement à l'asperge », indique le maire, Denis Riedinger. Car si le blanc turion est aujourd'hui cultivé dans toute la région, c'est à Hœrdt qu'il a été introduit en 1873. Cette commune est ainsi la capitale incontestée de l'asperge qu'elle célébrera avec faste le dimanche 8 mai prochain. À leur tour, la conseillère régionale, Marie-Reine Fischer, et le sénateur, Claude Kern, ont vanté les mérites de « la belle dame blanche ».

Première journée Expert Kuhn

Un mini-Sima 100 % Kuhn

Technique

Publié le 12/04/2016

Il est 8 h 30, le samedi 2 avril, lorsque les premiers agriculteurs arrivent au Kuhn Center for Progress. Ils ont fait le déplacement depuis Muespach, dans le Sundgau… Et même si cette première journée Expert Kuhn ne démarre officiellement qu'à 9 h, ils sont accueillis chaleureusement.

Cette journée s’adresse exclusivement aux professionnels. « Nous avons envoyé des invitations à 3 400 agriculteurs, fait paraître des annonces dans les journaux agricoles alsaciens et lorrains et déposé une centaine d'invitations dans les concessions Kuhn, explique Jean-Christophe Haas, responsable de la promotion commerciale chez Kuhn SA. Nous voulons donner la possibilité aux agriculteurs de l'est de la France de rencontrer les spécialistes Kuhn autour des machines, de reproduire ce que nous faisons au Sima ou à Agritechnica. Bref, amener le salon chez eux. » Christian Fischer, directeur commercial de Kuhn France, renchérit : « L'idée nous est venue il y a quelques mois de créer un événement autour de nos machines, un mini-Sima 100 % Kuhn. »

Amener les clients et les prospects autour des produits

Tous les domaines d’activité sont présentés : labour, travail du sol, semis, fertilisation, pulvérisation, entretien des paysages, broyage de résidus, récolte des fourrages et conduite d’élevage. « Notre but est de valoriser toutes les familles de produits, qu'ils soient fabriqués en Alsace, dans l'ouest de la France ou dans nos usines aux Pays-Bas. Il y a aussi un pôle Électronique et un pôle Service après-vente », explique Jean-Christophe Haas. Les gammes sont présentées intégralement par des spécialistes locaux. En permanence, une trentaine de personnes sont mobilisées sur le site, du service commercial, marketing, service après vente.

Au total, plus d'une centaine de machines sont exposées ce jour-là. « Il n'y a pas de lancement de nouveautés. Les machines les plus récentes sont là, bien sûr, mais nous voulons surtout apporter de l'information aux agriculteurs dans un cadre convivial », indique Jean-Christophe Haas. « Notre objectif est de compléter leur niveau d'information sur le groupe Kuhn. Tous les professionnels connaissent nos produits, mais n'en ont pas forcément suivi l'évolution. S'ils envisagent d'acquérir une nouvelle machine, ils se tiennent informés, mais sinon, ils ne sont pas forcément au courant », explique Christian Fischer.

« C'est une journée extraordinaire, très détendue. On est là pour les agriculteurs, pour leur apporter des solutions. En même temps, c'est une excellente occasion pour les écouter, au sujet de leurs problèmes, de leurs attentes, de manière à progresser. C'est pour cela que cela s'appelle Kuhn Center for Progress… » Le KCFP, rappelle-t-il, est une structure créée pour informer les professionnels du monde entier. « Aujourd'hui, nous l'avons ouverte pour nos clients les plus proches, géographiquement parlant. »

Les plus jeunes ne sont pas oubliés. Des animations sont organisées à leur intention : des coloriages pour les plus petits, mais aussi un ordinateur avec Farming Simulator. Un service de buvette est également aménagé dans une salle annexe, avec bien sûr des knacks, indispensables. Pour finir cette journée en beauté, les agriculteurs sont invités à participer à une tombola dotée de prix issus de Kuhn Shop. La boutique est d'ailleurs ouverte ce jour-là pour valoriser les produits marqués au logo Kuhn.

Tout au long de la journée, le flux de visiteurs est constant. C'est une belle réussite, à en juger par la satisfaction qui se lit sur tous les visages des personnes quittant le centre de formation. Une première qui en appelle d'autres !

Le contrat Prairies de Groupama

Un tournant dans la gestion des exploitations herbagères

Élevage

Publié le 05/04/2016

On connaissait le contrat Climats, voici le contrat Prairies, une assurance multirisque climatique version « élevage ». Destiné à compenser les pertes de production d'herbe des prairies, qu'elles soient permanentes ou temporaires, il permet de couvrir les besoins en fourrage de l'exploitation d'élevage, même lorsqu'un aléa climatique anéantit la récolte de foin ou de luzerne. Cet outil a été co-construit avec les éleveurs et à la demande de leurs représentants professionnels.

Pour souscrire un contrat Prairies, rien de plus simple : il suffit de se rendre sur le site Groupama.fr, explique Mathieu Freysz. « Tout exploitant qui est assuré chez nous possède son code d'accès. Dans le cas contraire, il peut l'obtenir en quelques secondes par SMS. » Une fois connecté, il faut cliquer sur la barre « Exploitants agricoles » puis sur la fenêtre « Assurance prairies ». Ensuite, le processus se déroule en quatre étapes : décrire son atelier d'élevage, déterminer son profil de risque, créer son projet d'assurance et le valider en ligne. « Il faut renseigner tous les éléments pour calculer le montant de la cotisation, en fonction du niveau de risque garanti. »

Calculer le besoin fourrager de l'exploitation

Le besoin fourrager de l'exploitation est calculé en fonction du nombre d'animaux présents sur l'exploitation, convertis en UGB (unité gros bétail), la base étant une consommation de 4,75 tonnes de matière sèche (MS) par UGB et par an, explique Mathieu Freysz. « Soit l'éleveur connaît le nombre d'UGB présentes sur l'exploitation, soit il peut le calculer en renseignant le nombre d'animaux, en sélectionnant la race, en indiquant le nombre de mères, de veaux vivants, d'animaux en pension, la production de lait en kg (pour les éleveurs laitiers), etc. »

L'étape suivante consiste à déterminer la dépendance à l'herbe de l'exploitation, en fonction de la composition de la ration dont il faut indiquer les différents ingrédients et les quantités utilisées. Pour calculer la quantité d'herbe assurée, le logiciel tient compte des fourrages produits sur l'exploitation, en dehors de l'herbe et de la luzerne (maïs ensilage, betteraves fourragères, etc.) et des achats extérieurs (luzerne déshydratée, pulpes de betteraves, drèches de brasserie, coproduits, paille alimentaire) et les déduit du besoin fourrager total. Il tient compte également du mode de production (conventionnel, bio, etc.) et de conduite de l'exploitation (estive, alpage).

L'identification des surfaces en prairies se fait sur la base de la déclaration TelePac. « Il suffit à l'éleveur d'entrer son code Pac pour que le logiciel importe automatiquement le parcellaire de l'exploitation et référence les prairies. Il identifie les zones fourragères en les coloriant en jaune, les contours étant matérialisés par des pointillés. »

Les zones herbagères cartographiées

Comment le logiciel connaît-il les régions herbagères ? « Groupama a un partenariat avec la société Airbus. Depuis 2003, ses satellites collectent les données sur l’état physiologique du couvert végétal, ce qui nous a permis de cartographier les zones fourragères et d'établir des références historiques. »

« Chaque année, Airbus nous fournira les indices de pousse de ces zones fourragères tout au long du cycle de production et nous les comparerons à la moyenne des cinq dernières années pour mesurer quand le seuil d'indemnisation est déclenché. » Au moment de la souscription du contrat, l'éleveur peut d'ailleurs voir s'il aurait pu prétendre à une indemnisation au cours des années antérieures.

Le niveau de franchise du contrat socle est fixé réglementairement à 30 %. L'éleveur peut l'abaisser jusqu'à 20 % en fonction de la stratégie adoptée. « Plus on diminue la franchise, plus le coût de la cotisation est élevé. » De même, dans le contrat socle, le prix du fourrage de matière sèche est fixé, mais l'éleveur peut opter pour un prix plus élevé, ce qui a bien sûr une incidence sur la cotisation. « Ces franchises sont ajustables d'une année à l'autre », explique Mathieu Freysz.

Pour ne pas décapitaliser le cheptel

Une simulation permet à l'éleveur de voir, en fonction du coût de rachat du fourrage et du niveau de franchise choisi, quel sera le coût total de la cotisation et, une fois la subvention de l'État déduite, la somme qu'il aura à débourser pour s'assurer contre les risques climatiques sur ses prairies. Ce coût peut varier entre 10 et 20 € l'hectare subvention déduite. La subvention accordée par l'État est fixe, quel que soit le montant de la cotisation. Dans le contrat socle, elle représente 65 % de cette cotisation.

Mathieu Freysz rappelle que la réglementation fixe le seuil d'intervention à 30 % au moins de dégâts sur l'ensemble de la surface assurée. Si les indices estiment que la perte est supérieure à la référence historique et au niveau de franchise choisi, une indemnité est versée à l'assuré. Elle est calculée en fonction des stocks disponibles sur l'exploitation en fin d'hiver, du prix de rachat du fourrage fixé par l'éleveur et, bien sûr, du niveau de franchise choisi au moment de la souscription. « La tarification dépend aussi de la fréquence des accidents climatiques dans une région herbagère donnée. » Pour déclencher l'indemnisation, l'éleveur doit faire une déclaration de sinistre. « Le fait de pouvoir acheter des fourrages avec l'indemnité perçue permet de ne pas décapitaliser le cheptel, et donc éviter de vendre des animaux à une période de prix bas. »

Groupement de défense sanitaire d'Alsace

Éradiquer la BVD : tous les éleveurs sont concernés !

Élevage

Publié le 04/03/2016

« Depuis longtemps, le porc est en crise. Aujourd’hui, le lait et la viande sont eux aussi dans la tourmente, a rappelé Patrick Bastian, en ouvrant l’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire (GDS) d’Alsace. Les prévisions des économistes sont pessimistes, mais la situation peut se retourner rapidement. » Beaucoup de mesures ont été prises par le gouvernement pour venir en aide aux éleveurs mais il est difficile de compenser les méfaits de la crise, vu son ampleur.

La nouvelle Région a pour mission de s’investir dans l’économie. « Un certain nombre d’idées ont déjà été lancées. » Cependant, a insisté Patrick Bastian, accorder des aides, c’est important, mais à condition de les verser rapidement. Le président Philippe Richert en est conscient. Pour le plan de modernisation des bâtiments d’élevage, par exemple, il faudra passer par le versement d’acomptes pour faire démarrer les projets et soutenir l’investissement. « La gestion des crises, laissons-la à l’État, mais à notre niveau, faisons tout ce que nous pouvons pour assurer la pérennité des exploitations agricoles. » La lutte sanitaire est l’un de ces leviers.

La loi NOTRe enlève la compétence économique aux Départements qui subventionnaient fortement les GDS. Que réservera l'avenir ? « Certains départements vont continuer à nous soutenir, d’autres se voient contraints d’arrêter. Le Bas-Rhin nous accordait des aides importantes pour lutter contre les maladies et pour soutenir le laboratoire départemental. Cette politique risque d’être remise en cause à l'avenir. Dans le Haut-Rhin, les aides étaient différentes. » La Région va reprendre la compétence économique, et donc certainement l’aspect sanitaire. « Les GDS du Grand Est se réunissent aujourd'hui, 4 mars, pour voir comment ils vont se structurer. » Pour Patrick Bastian, il faut avancer sur des dossiers comme l'OVS (Organisme à vocation sanitaire) et l'ASR (Association sanitaire régionale). « Ce n’est qu’au niveau de la grande région que nous pourrons être reconnus comme ASR. Mais la lutte sanitaire doit se faire au plus près du terrain et nous avons besoin des départements pour être efficaces. »

Épargnés par les crises sanitaires… pour l'instant

« En Alsace, nous sommes passés à côté des crises les plus graves », a poursuivi Patrick Bastian. La fièvre catarrhale ovine (FCO) est apparue très brusquement en France, mais pour le moment l’Est n’est pas touché. Le président du GDS ne se fait pas d’illusion : « Cet été, cela risque de changer… Heureusement, le dossier est géré de manière plus simple et plus lucide par les autorités sanitaires, nous avons appris à gérer ce genre de crise. » De son côté, la crise aviaire a pris une ampleur sans précédent : un tiers de la production française va être euthanasié et un vide sanitaire sera effectué.

« Au niveau national, nous sommes dans l'attente de la parution d'un accord ministériel pour mettre en place un programme d’éradication de l'IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine), a annoncé Patrick Bastian. Je suis satisfait de cette décision : les derniers cas nous coûtent très cher et il était temps d'adopter des mesures plus radicales. Les Conseils départementaux ont apporté une contribution importante à la lutte contre cette maladie, mais nous ne pouvons pas éternellement les solliciter sur ce dossier. Cet arrêté ministériel nous permet d’aller vers l’éradication de l’IBR. »

BVD : aller rapidement vers l’éradication

Mais la vedette du jour était incontestablement la BVD. « La BVD, j’ai appris à la connaître sur mon exploitation en 1994, avec des pertes considérables. » Depuis, un travail énorme a été accompli, a souligné Patrick Bastian, mais certains départements ont avancé plus vite que d’autres. « Si j’ai défendu la nécessité de foncer, dans notre région, c’est que les régions et départements voisins sont déjà passés à la vitesse supérieure, depuis longtemps. » La Moselle, par exemple, s'est engagée dans la lutte contre cette maladie, avec des résultats exceptionnels. « C’est efficace et cela marche bien. » Patrick Bastian a indiqué que le département des Vosges a décidé à son tour de se lancer dans l'aventure.

Un nouveau pas vient d'être franchi. « Nous avons obtenu que la lutte contre la BVD soit rendue obligatoire au niveau national, même si certains départements avanceront à leur propre rythme, parce qu’ils ont d’autres priorités sanitaires, comme la tuberculose. » Les deux départements alsaciens ont décidé de fixer une ligne de conduite par rapport à l’éradication de la BVD qui permettra aux régions voisines de les rejoindre dans cette lutte. « Ensuite, nous conseillerons à nos voisins italiens d’acheter des animaux indemnes, et cela ira très vite. »

Lancement de la saison des pommes

Elles vous attendent, avec leurs belles joues rouges

Cultures

Publié le 23/09/2015

Après la sécheresse estivale, les pluies de ces dernières semaines ont eu un effet bénéfique sur les pommes, a expliqué Daniel Dettling, arboriculteur à Westhoffen, devant les nombreuses personnalités venues assister au lancement de la campagne pommes d'Alsace. Installé en 2003 sur l'exploitation familiale, ce dernier a considérablement développé les surfaces en vignes (6 ha) et en vergers (12 ha). « Jusqu'ici, les quetsches étaient notre fer de lance, mais la sharka nous a obligés à arracher à tour de bras des vergers en pleine récolte. Pour assurer la pérennité de notre exploitation, nous avons dû rebondir, mais le parcellaire morcelé a compliqué la donne. En réalisant des échanges entre agriculteurs, nous avons réussi à regrouper une parcelle d'1 ha que nous avons plantée en pommes boskoop et idared avec des clones actuels qui colorent bien. » L'objectif, a-t-il précisé, est de relever le défi de satisfaire le consommateur par la couleur et le calibre des pommes. Aujourd'hui, les vergers se composent de 1,5 ha de cerises de bouche, 8 ha de mirabelles et de quetsches et 1 ha de pommes en production. À cela s'ajoute 1 ha de pommes en plantation qui représente un investissement important, notamment pour les filets paragrêle et les clôtures contre le gibier. Daniel Dettling vend ses fruits à la ferme, dans le magasin La Nouvelle Douane à Strasbourg - où son épouse s'investit beaucoup - et adhère à la Cuma Alsa Pomme de Brumath. Pour Pierre Barth, président de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace, la ferme fruitière de Daniel Dettling est un bel exemple de développement de l'arboriculture. « Il y a de la place pour les jeunes qui veulent s'installer », a-t-il ajouté.

Une nécessaire visibilité

La Région Alsace accompagne fortement la filière fruits et légumes, a poursuivi Pierre Lammert, président de l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace (Ifla), en soulignant la présence de François Loos, vice-président du Conseil régional, de Nathalie Arnold, chef du service agriculture et forêt, et d'Yves Demangel, directeur du pôle marque et réseaux de l'Agence d'attractivité de l'Alsace. C'est le cas de la filière pomme : la Région a aidé les producteurs à sensibiliser les consommateurs à manger local. « Nous avons ajouté sur notre logo la marque Savourez l'Alsace Produits du terroir qui vient d'être lancée. C'est normal que les fruits et légumes soient entrés dans cette démarche. » Les producteurs de fruits ont envie de développer la production régionale, d'augmenter les surfaces, d'installer des jeunes, à condition d'avoir de la visibilité, a souligné Pierre Lammert. Un verger c'est un engagement de 25 ans ! Une démarche est en cours pour créer les conditions favorables à cette dynamique.

L'Ifla organise une grande manifestation du 1er au 10 octobre, dans le cadre des Journées d'octobre de Mulhouse, a annoncé Pierre Lammert. Sur 10 000 m2, Folie’Flore mettra en avant les fruits et légumes d’Alsace, par une succession de vingt jardins, cinq spectacles et cinq ateliers participatifs. « C'est un travail colossal ! » Mais le résultat sera magnifique, à n'en pas douter. Autre actualité, la quinzaine fruits et légumes d'Alsace se déroule en ce moment dans les grands magasins, ainsi que dans la restauration hors domicile. « Le concours d'étalage a été lancé, de nombreux magasins sont décorés avec nos fruits et légumes. »

Pour Patrick Bastian, secrétaire général de la Chambre d'agriculture de région Alsace (Cara), « 2014 est la pire des années que nous ayons connue au niveau des prix. Nous espérons que les prix se maintiendront à un bon niveau pour 2015. » Il faut que la grande distribution joue le jeu pour motiver les jeunes agriculteurs, a-t-il insisté. « Nous devons essayer de contractualiser la production avec un volume, mais aussi un prix et une durée, sinon nous n'y arriverons pas. » De son côté, la profession continue à y croire : la Cuma Alsa Pomme vient d'investir dans une ensacheuse-barquetteuse et la Cara a engagé un deuxième technicien arboricole à mi-temps, Thierry Antoine. La station Verexal continue à acquérir des références techniques pour guider le choix des producteurs. « Nous allons développer d'autres espèces, comme l'abricot ou la pêche, car il y a une vraie demande des consommateurs. »

François Loos, vice-président du Conseil régional d'Alsace, estime qu'il est important de délivrer un message positif. « Contractualisation, qualité, marque, autant d'éléments fondamentaux sur lesquels il faut agir sous peine d'être soumis aux dures lois du marché. Or la production a besoin de visibilité à long terme. » C'est dans cette optique que le Conseil régional a signé une convention d'objectifs avec la Cara. « Nous avons mis en œuvre tout ce que nous avons décidé et nous avons déjà voté les crédits pour 2016. » Pierre Barth en a profité pour remercier la Région pour son soutien, en particulier pour la campagne de promotion menée l'an dernier, au plus fort de la crise, a souligné Pierre Barth. « Si les prix n'étaient pas au rendez-vous, cela nous a au moins permis d'écouler les stocks en fin de campagne. »

« Nous continuons à avoir la fibre de la ruralité »

Après le maire de Westhoffen, Pierre Geist, la parole était à Thierry Carbiener, conseiller départemental du Bas-Rhin. « Malgré les temps difficiles, nous sommes très enclins à être un appui indéfectible de l'agriculture, à travers la convention signée avec la Cara, dans laquelle les producteurs de fruits ont une place privilégiée, a-t-il souligné. Nous restons en appui en matière de formation, nous privilégions les circuits courts, notamment dans les restaurants collectifs des cantines, et nous nous sommes toujours investis sur la replantation des arbres fruitiers et dans les vergers solidaires. » Malgré un désengagement financier provisoire, le Conseil départemental du Bas-Rhin continuera à appuyer certaines opérations remarquables et certains investissements, a conclu Thierry Carbiener.

En tracteur, en bus ou en train, ils sont venus de toute la France

5 000 agriculteurs manifestent leur colère à Paris

Vie professionnelle

Publié le 11/09/2015

Nombre d'entre eux étaient partis trois jours plus tôt, en tracteur. De longues caravanes d'agriculteurs ont ainsi sillonné les routes des provinces françaises, notamment depuis l'Ouest et le Nord, pour rallier la capitale le jeudi 2 septembre. Dès les premières heures de la matinée, ils ont envahi le périphérique pour une opération escargot, provoquant au passage un spectaculaire embouteillage. Mais, malgré les désagréments occasionnés, les Parisiens ont exprimé leur soutien et leur sympathie à l'égard des manifestants, leur mettant du baume au cœur. « Je suis impressionné par l'accueil des Parisiens qui nous ont filmés tout au long du parcours. Les agriculteurs qui participent à cette journée d'action s'en souviendront toute leur vie », a souligné un peu plus tard un président de FDSEA, du haut de la grande scène montée par la FNSEA et Jeunes Agriculteurs sur la place de la Nation.

Au même moment, une délégation d'agriculteurs s'est rendue au Palais du Luxembourg où elle a été reçue par Gérard Larcher, président du Sénat. Un entretien très positif, aux dires de Xavier Beulin, président de la FNSEA, et de Thomas Diemer, président national des JA : un calendrier de travail précis a ainsi pu être établi. Dans la foulée, ils ont rencontré le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, lui demandant plus de sens pratique dans les textes qu'élabore l'Assemblée nationale.

Le point d'orgue de la journée était sans conteste le rassemblement organisé sur la place de la Nation, vers laquelle tous les manifestants ont convergé à la mi-journée. 1 700 tracteurs et plus de 5 000 manifestants, cela fait du bruit ! Cette mobilisation était à l'image de la détresse des agriculteurs, en particulier les éleveurs qui ont atteint le point de rupture, entre charges écrasantes et prix déprimés.

« Un message d'amour »

Pendant ce temps, les responsables de la FNSEA et des JA ont été reçus pendant deux heures à l'hôtel Matignon. Le Premier ministre a indiqué qu'il voulait lancer « un message d'amour » aux agriculteurs français, en dévoilant son nouveau plan de soutien, qui vient compléter les mesures décidées en juillet. Un effort supplémentaire de 300 millions d'euros. « Votre mobilisation prouve que la France agricole n'est pas résignée, elle est debout », a déclaré Xavier Beulin un peu plus tard aux manifestants rassemblés autour de l'impressionnante statue du Triomphe de la République. « Le gouvernement nous a entendus. Tout n'est pas réglé, mais nous avons fait un grand pas en avant », a-t-il déclaré, avant d'énumérer les avancées obtenues : une prise en charge des intérêts d'emprunt à hauteur de 100 M€, un triplement des prises en charge de cotisations sociales pour atteindre 50 M€, une « année blanche » avec le report des annuités de 2015, une dotation supplémentaire pour le fonds d'allégement des charges, une baisse des cotisations sociales d'environ 50 M€. Des moyens plus spécifiques seront consacrés à l'élevage : les aides à l'investissement sont portées à 350 M€ par an pendant trois ans, des soutiens seront accordés aux outils d'abattage et de découpe. Par ailleurs, Manuel Valls a promis de définir, d'ici février, une nouvelle méthode pour mettre en place les normes environnementales, en concertation avec les agriculteurs, et d'ici là, de ne plus transposer de nouvelles règles européennes en droit français. Enfin, il a demandé à Stéphane Le Foll de maintenir la pression pour que les engagements pris par les industriels et les distributeurs en matière de hausse de prix soient tenus. 

Mais tous les manifestants ne l'entendaient pas de cette oreille : dès la fin de l'intervention de Xavier Beulin, une poignée de jeunes agriculteurs ont exprimé bruyamment leur déception au pied de la grande scène, avec force huées, pétards et coups de corne. Mais à l'appel de leurs responsables départementaux, ils ont finalement choisi de se disperser dans le calme, pour ne pas entacher cette grande manifestation par des débordements. Seule une volute de fumée s'échappait d'un chariot de supermarché, où le feu avait été mis à des cagettes, comme un témoignage de leur mécontentement…

Le Vinopôle est né

Aller plus loin dans la collaboration technique 

Vigne

Publié le 20/08/2015

Placé sous le signe de l'optimisation des moyens, le Vinopôle est un GIE qui réunit le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), la Chambre d’agriculture de région Alsace, l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), l'Institut national de la recherche agronomique de Colmar, les Sillons d'Alsace et Alsace Vitae. « Cette convention atteste notre volonté de travailler en commun, tout en conservant chacun notre indépendance », explique Jean Louis Vezien, directeur du Civa. Un travail collaboratif qui permet d'éviter les doublons.

Cela fait plusieurs années qu'une nouvelle organisation de la recherche-développement s'est mise en place dans notre région au niveau des organismes professionnels. Lieu central de débat sur toutes les questions techniques, la commission technique du Civa contribue à la déclinaison concrète des orientations stratégiques élaborée par l'Ava-ODG. Elle réunit les représentants des organismes professionnels (Ava, Coop de France Alsace, Synvira, GPNVA) et des experts (techniciens, chercheurs, œnologues).

Gestion du millésime

Le groupe de coordination technique, regroupant les techniciens des organismes professionnels (Civa, Cara, IFV, Ava, Fredon, Inao, Opaba, Araa, Eplefpa, Inra)  a pour mission de fournir des données techniques sur la gestion du millésime (prévisions de récolte, contrôles de maturité), ainsi que des références techniques issues de l'expérimentation, à l'attention des opérateurs du vignoble. L'association Alsace Vitae, créée en 2009 sur le site du Biopôle de Colmar et axée sur deux thématiques, « vigne et vin » et « agroenvironnement », est associée à ces travaux.

Ce rapprochement est le fruit d'une collaboration entamée depuis de nombreuses années. La fusion de l'Entav et de l'IFV s'est accompagnée d'un rapprochement entre les services techniques du Civa et le pôle régional de l'IFV. Une convention signée en 2007 a débouché sur l'embauche d'une technicienne pour les deux structures. Plus récemment, la création de la Cara s'est accompagnée de l'embauche d'une technicienne supplémentaire et le déménagement des techniciens du Haut-Rhin sur le site du biopôle, dans des locaux communs avec l'IFV et le Civa. Deux sites sont donc consacrés à la recherche-développement en viticulture dans notre région : le biopôle de Colmar et l'Adar d'Obernai (antenne de la Cara). Cette mise en commun de moyens a permis d'acquérir de nouveaux équipements : un appareil d’analyse IRTF pour les contrôles de maturité et les analyses courantes à l’Adar d’Obernai et un atelier de microvinification sur le biopôle de Colmar.

Ce noyau dur de techniciens travaille en collaboration étroite avec l'Eplefpa de Rouffach-Wintzenheim les Sillons d'Alsace et avec les entreprises privées du vignoble (sociétés d'approvisionnements, laboratoires œnologiques). Il s'appuie sur un outil de diffusion créé par le Civa, vinsalsace.pro, accessible aux 4 500 exploitations viticoles alsaciennes.

Dépérissement de la vigne

Il reste du pain sur la planche ! Outre les problématiques liées à la gestion du millésime, les signataires ont manifesté leur volonté de participer au programme national qui vient d'être lancé sur le dépérissement de la vigne. Comme l'a souligné Robert Dietrich, président du Civa, lors de l'inauguration de la foire aux vins de Colmar, un rapport parlementaire vient d'être publié sur les maladies de dépérissement de la vigne, présentées comme un fléau comparable au phylloxera du XIXe siècle : ses effets dévastateurs mettent en cause la pérennité du vignoble français. « Les interprofessions régionales, réunies au sein du Cniv, se sont retrouvées le 22 juillet à Paris pour lancer un plan de bataille ambitieux qui exigera de tous les vignobles, y compris le nôtre, un engagement financier important au cours des prochaines années. Mais la survie des exploitations viticoles alsaciennes en dépend », a souligné le président du Civa.

Dans le même ordre d'idées, Robert Dietrich a annoncé que la collaboration technique engagée par le passé avec les collègues champenois et bourguignons, dans le cadre du réseau Vignes et Vins septentrionaux, allait être renforcée, afin d'encourager des programmes communs et ainsi de réduire les coûts liés à d'éventuels doublons. Une collaboration qui prend un nouveau sens, à l'aube de la mise en place de la grande région…

MSA d'Alsace - Appel à projet jeunes 2014

Engagement citoyen et implication dans la vie locale

Pratique

Publié le 10/03/2015

Mardi 3 mars à la mairie de Lembach, une petite cérémonie a rassemblé les gagnants de l'appel à projets jeunes 2014 de la MSA d'Alsace. La présidente, Christiane Bernard, a accueilli les jeunes porteurs de projets en compagnie de Françoise Schilling, chargée de mission, Aline Moritz, présidente de la Commission d'action sanitaire et sociale, Daniel Giudici et Thomas Blum, administrateurs de la MSA d'Alsace. Pourquoi avoir choisi Lembach pour cette cérémonie ? « Nous choisissons toujours le territoire du projet qui a gagné le premier prix, a indiqué Françoise Schilling. Cela nous permet de découvrir des territoires différents avec des jeunes toujours aussi dynamiques ».

Charles Schlosser, maire de Lembach, a souhaité la bienvenue à la nombreuse assistance. À la frontière avec l'Allemagne, Lembach est l'une des communes les plus septentrionales d'Alsace. Elle possède un territoire très vaste (4 800 hectares) et un patrimoine très riche, avec ses châteaux forts (dont le plus célèbre, le Fleckenstein) et sa ligne Maginot. Alfred Kreiss, vice-président de la communauté de communes Sauer-Pechelbronn, a présenté la politique jeunesse de la communauté de communes : « Votre concours est en accord total avec notre programme d'action, qui s'appelle “Mieux vivre dans son territoire”. Nous encourageons les jeunes à s'impliquer, à être acteurs de leur territoire, à s'engager dans la vie locale. Nous voulons aller plus loin, en partenariat avec la Fédération des MJC, pour intégrer les jeunes de 15-20 ans dans une dynamique locale ».

Des jeunes pleins d'enthousiasme

Christiane Bernard a rappelé la genèse du projet « Mieux vivre en milieu rural », lancé il y a treize ans par la MSA, le régime de protection sociale des exploitants et des salariés agricoles. La MSA est très attachée à encourager les jeunes à s'exprimer dans les territoires ruraux et à soutenir leurs initiatives, afin qu'ils puissent occuper toute leur place dans leur territoire de vie, a-t-elle indiqué. « À travers ce concours, nous démontrons que nos jeunes sont capables de se mobiliser pour monter un projet de toutes pièces, de participer à la vie locale, de créer du lien entre les jeunes, mais aussi entre toutes les générations. À chaque édition, nous découvrons des jeunes pleins d'enthousiasme, de générosité, qui véhiculent des valeurs de partage et de solidarité. Cet investissement des jeunes est vraiment une chance pour nos communes car ce sont eux, nos relais futurs ». Chaque année, la MSA d'Alsace accorde 10 bourses pour un montant de 6 900 €. Depuis 2001, une centaine de projets a ainsi été primée - ils sont huit pour cette édition 2014. « Les deux premiers ont participé au concours national mais nous n'avons malheureusement obtenu aucun prix cette année ».

Favoriser les relations intergénérationnelles

Le premier projet présenté, « Souvenirs, Souvenirs… », a obtenu le troisième prix, d'une valeur de 800 €. Il a également été primé par la Caisse d'allocations familiales du Bas-Rhin. « Nous jouons la complémentarité et le partenariat entre les deux institutions », a indiqué Christiane Bernard. Onze jeunes de 11 à 14 ans, du secteur de Schirmeck, ont décidé de rencontrer les personnes âgées et de récolter leurs souvenirs. Ils ont réécrit ces témoignages sous forme de saynètes, qui seront présentées en mai et juin prochains dans les salles de spectacles et les maisons de retraites. « Avec la société Septième Scène, nous avons commencé le tournage d'un film, dont le DVD sera vendu lors du spectacle », ont déclaré Maeva et Sabrine. De leur propre aveu, ce projet leur a permis de mieux connaître l'histoire de leur vallée et les conditions de vie des habitants à l'époque.

Le premier prix est allé à Rock'n'Stein, un projet soutenu par la Fédération départementale des MJC du Bas-Rhin. Une douzaine de jeunes est à l'initiative de ce festival franco-allemand de musique de plein air, qui se déroulera le 15 août au château du Fleckenstein, ont expliqué François et Marcel. Au programme, du rock, du folk rock et de la musique celtique. Les organisateurs travaillent en partenariat avec une association de reconstitution médiévale, qui proposera des animations et de la restauration médiévales.

Rendez-vous le 22 avril au Dôme de Mutzig

Musique encore avec le deuxième prix, d'une valeur de 1 100 €, « Du stylo à la plume ». Soutenu par la FDMJC du Bas-Rhin, ce projet implique 14 jeunes de 12 à 14 ans du secteur de Rosheim. Ils sont tous issus de la classe de 4e B du collège de Rosheim, qui accueille des enfants dyslexiques. « Notre projet est de sortir un album de chansons sur le thème des différences, mais aussi sur la joie d'être et de travailler ensemble », expliquent-ils. Ces chansons ont été conçues lors d'ateliers d'écriture organisés par le professeur de français, avant d'être mis en musique. La finalité est d'enregistrer un CD, de réaliser des clips et de se produire en concert. Ce concert aura lieu le 22 avril à 19 h 30 au Dôme de Mutzig, et verra la participation d'une jeune chanteuse, Clara Marcilloux, ancienne élève du collège de Rosheim. Le projet bénéficie du soutien logistique de HDL Prod, créé par les élèves de 3e de leur collège.

Le quatrième prix, d'une valeur de 800 €, est allé aux Jardins partagés de Marmoutier, un projet soutenu par le Mouvement régional de la jeunesse chrétienne (MRJC). L'idée est de mettre en place deux jardins à Marmoutier. Dans l'enceinte de l'abbaye de Marmoutier, ce groupe de huit jeunes de 17 à 19 ans s'est fixé pour mission de remodeler sur une vingtaine d'ares un jardin monastique, respectant les règles édictées par Charlemagne. Sur les hauteurs de Marmoutier, il a investi un verger de 4,5 ha appartenant à Caritas, pour faire découvrir d'autres méthodes de jardinage et organiser des animations pour les enfants, dans une perspective de développement durable.

La fête du jeu d'Obernai, un projet soutenu par le centre socioculturel Arthur Rimbaud, a décroché le cinquième prix, d'une valeur de 800 €. Un groupe de neuf jeunes âgés de 15 ans a décidé d'organiser un événement convivial autour des jeux de société. Il aura lieu le 24 octobre prochain à Krautergersheim. Plusieurs types de jeux seront proposés - jeux de société, jeux de rôle, jeux géants - l'idée étant de rassembler toutes les générations autour de cette thématique ludique. Marc et Estéban font partie d'un groupe de douze jeunes âgés de 14 à 18 ans, demeurant à Neuwiller-les-Saverne. Leur projet, soutenu la FDMJC, a obtenu le sixième prix, d'une valeur de 500 €. Il consiste à réaliser une fresque sur les murs du préau de l'ancien stade de football, qui sert de lieu de rencontre pour les jeunes du village. « Le projet n'est pas encore finalisé mais il tournera autour du sport », expliquent-ils. La fresque sera réalisée en juin prochain avec l'aide d'un artiste peintre du village.

Des plantes à cuisiner

« Les Pas sages », tel est le nom du projet qui a remporté le septième prix, d'une valeur de 500 €. Dix jeunes du lycée Adrien Zeller de Bouxwiller, âgés de 15 à 18 ans, ont souhaité mieux connaître la vie des personnes handicapées adultes qui vivent au foyer d'hébergement Apaeiie d'Ingwiller. Vincent, résident de l'Esat, et Juliette, lycéenne, ont expliqué que le groupe est en train de réaliser un court-métrage autour de l'improvisation théâtrale, associant les lycéens et les adultes handicapés. Ils travaillent en collaboration avec Olivier Meyer, du théâtre du marché aux grains de Bouxwiller. La vidéo qu'ils ont projetée lors de cette cérémonie a permis de mesurer la qualité de leur travail : plusieurs séquences ont été filmées dans le foyer d'hébergement d'Ingwiller et le lycée de Bouxwiller, autour de thématiques comme le corps, le visage, les objets, etc. « Nous irons aussi au château de Lichtenberg pour diversifier les prises de vue ». Vendredi 29 mai, le court-métrage sera présenté lors d'une soirée conviviale.

Le seul projet haut-rhinois émane du secteur de Lautenbach. Huitième au classement, avec un chèque de 500 € à la clé, il s'intitule « Balades gourmandes ». Quatre jeunes de 16 à 22 ans, qui fréquentent régulièrement l'auberge de jeunesse Dynamo, ont envie de faire découvrir les plantes comestibles aux promeneurs, puis de les cuisiner. Ils ont prévu d'organiser deux balades gourmandes, le 19 avril à 10 h 30 et le 9 mai à 14 h, sous la houlette d'une botaniste, ont indiqué Céline et Élise Vuitton.

Cristal Union

Appréhender l'après-quota avec réalisme et sérénité

Cultures

Publié le 12/02/2015

Les betteraviers français viennent de vivre une excellente campagne : ils signent leur deuxième meilleure performance, avec 15 tonnes de sucre par hectare. 2014 est la meilleure campagne industrielle de Cristal Union depuis sa création, a annoncé Olivier de Bohan  lors de l'assemblée générale de la section Erstein qui s'est tenue le vendredi 29 janvier. « C'est un juste retour de l'investissement humain et financier que nous avons consenti. » Et si l'intégralité de la production est en voie d'être vendue, c'est grâce à la performance commerciale de Cristalco, la filiale de distribution du groupe. « Pour convaincre les acheteurs, elle met en avant la qualité de nos pratiques et le sérieux de nos planteurs. Notre statut coopératif est un atout à leurs yeux, notre politique de RSE (responsabilité sociétale de l'entreprise) une réponse à leurs attentes», a indiqué le président de Cristal Union.

«Les trois dernières années, très bonnes, nous ont permis de bien payer vos betteraves, de moderniser nos usines et de continuer à nous développer, a-t-il poursuivi. Nous affichons 1,5 milliard de fonds propres et 345 M€ de dettes nettes. » Le groupe est donc en mesure de traverser sans dommage la période difficile qui s'annonce et de profiter de toutes les opportunités qui se présentent pour appréhender l'après-quotas avec réalisme et sérénité.

Liés par les engagements coopératifs

Le règlement sucre vit ses dernières années. Cristal Union a anticipé cette échéance en augmentant de manière substantielle la quantité de betteraves contractualisées, afin de conforter l'assise européenne du groupe. « Après la disparition des quotas, vous serez liés par les engagements d'apport que vous avez contractés et pour lesquels vous avez souscrit des parts sociales : betteraves pour la production de sucre, d'alcool et d'éthanol et betteraves pour l'industrie chimique. Cet engagement coopératif survivra aux quotas sucriers. » Ces garanties de base vont évoluer au fil du temps en augmentant les productions pour s'adapter au marché, ou a contrario en réduisant les emblavements si la conjoncture n'est pas favorable. « Les quotas sucriers ont apporté la stabilité de nos revenus. Mais entre amendements européens et accords bilatéraux, l'Europe a volontairement sapé son règlement sucre et les vestiges actuels ne l'isolent plus du marché mondial. Nous subissons les réglementations européennes et françaises sans aucune contrepartie, tout en luttant contre des pays qui ne sont pas impactés par ces contraintes. » Dans ces marchés devenus de facto non régulés, la part d'autonomie d'action de la coopérative s'accroît. « C'est dans ce cadre que le conseil d'administration de Cristal Union traitera en toute indépendance la rémunération de vos apports au mieux de vos intérêts et de ceux de la société, tout en gardant une stratégie de croissance maîtrisée. »

Deux années difficiles s'annoncent, mais elles sont préparées, a souligné Olivier de Bohan. « Nos acquis industriels et commerciaux sont déterminants et constituent autant d'atouts pour conserver notre dynamisme, dans cette zone de turbulences que nous avions vu venir. »

Les vidéos