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Bérengère de Butler

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Maïs associé

Céréales et légumineuses au menu

Technique

Publié le 25/01/2021

Bien alimenter les animaux constitue la base d’un élevage performant. Et bien alimenter les sols permet de fournir cette alimentation de qualité. Aussi, de plus en plus de techniques émergent qui visent à laisser les sols couverts le plus souvent possible, si possible avec des espèces différentes, pour combiner leurs effets bénéfiques pour le sol, sa faune et donc son fonctionnement. D’où l’idée de préparer une ration équilibrée au champ, en cultivant conjointement plusieurs espèces, qui représentent autant d’ingrédients différents.

En 2019, un premier suivi avait été effectué à Hoffen, chez Didier Braun, avec du maïs associé à du lablab, une légumineuse tropicale, ressemblant à un haricot grimpant et qui requiert un sol réchauffé pour lever, un peu comme un sorgho. Le maïs devait servir de tuteur au lablab, qui lui devait apporter la teneur en protéines qui fait défaut en maïs. C’est ce qui s’est passé, jusqu’à ce que le lablab prenne le dessus sur le maïs, et qu’un coup de vent fasse plier les cannes de maïs, d'une variété très élancée, et donc verser toute cette biomasse, rendant la récolte du tout extrêmement compliquée.

Des essais plus poussés ont été conduits en 2020 dans le Sundgau, le Piémont et la plaine de l’Ill en situation irriguée. Différentes modalités de semis ont été testées : twin-row (en quinconce, avec les semences en mélange dans la trémie), double semis à lignes rapprochées (avec deux passages guidés au RTK permettant de semer d’abord le maïs puis le lablab juste à côté), et un semis classique en un passage, avec les semences mélangées, à une densité de semis correspondant à celle de l’agriculteur pour le maïs, plus 80 000 grains/ha pour le lablab. Lors de la levée, il y a eu plus de maïs semés que de lablab par rapport aux objectifs, sauf dans la modalité du double semis, ce qui suggère une distribution préférentielle des graines de maïs dans le semoir.

Semer à deux, ça se travaille

La récolte de l’ensemble a été effectuée le 1er septembre 2020, lorsque le premier site avait atteint le stade de maturité du maïs, précise Philippe Le Stanguennec, conseiller élevage à la Chambre d'agriculture Alsace. Selon les sites et les modalités de semis, les résultats sont très variables puisque, par rapport à un maïs seul, l’association avec du lablab peut aussi bien faire perdre 4 tMS/ha qu’en faire gagner 3. Par contre, l’association engendre toujours un léger gain ou une stabilité en MAT. L’étude économique met en évidence un intérêt économique variable, allant de - 300 à + 500 €/ha : « À rendement identique, il faut parvenir à dégager au minimum 80 kg MAT/ha supplémentaire avec l’association pour compenser les frais de semence et qu’elle soit intéressante économiquement », résume Philippe Le Stanguennec. L’association n’a donc d’intérêt que si le rendement et la MAT augmentent. Autre point d’attention : les chantiers d’ensilage peuvent être ralentis en cas de fort développement du lablab.

Cet essai a donc permis de mettre en évidence la nécessité d’affiner les modes et les densités de semis, d’adapter la précocité du maïs afin de permettre un développement maximum du lablab. Enfin, depuis 2020 un inoculum est agréé en Allemagne. S’il était également homologué en France, il pourrait permettre un meilleur démarrage du lablab, son autonomie azotée et une réduction de la fertilisation azotée du maïs. Donc, peut-être, de passer de la concurrence à la symbiose entre les deux espèces. Autre piste : identifier une espèce de légumineuse dont l’inoculant serait naturellement présent dans les sols locaux.

Vers un mélange équilibré du champ à l’auge

Ajouter des protéines au menu, c’est bien. Mais pourquoi ne pas aller plus loin, et envisager des fibres, des glucides plus variés, voire d’autres types de nutriments encore grâce à un mélange d’espèces plus complexe. C’est ainsi que, dans le Sundgau, un mélange composé de maïs, de sorgho, de lablab, de cowpea, de vesce et de tournesol a été semé au combiné, le 19 mai, après deux coupes de dérobé. Par rapport à un maïs seul, les résultats font apparaître une perte de rendement de 1,6 tMS/ha, un gain de MAT de 382 kg, pas d’effet sur les sucres solubles, ni la cellulose, ni l’encombrement, ni les UFL, mais une digestibilité supérieure. Économiquement, le surcoût en semences et la perte de rendement sont contrebalancés par le gain en protéines, pour un bénéfice final de 285 €/ha et une diminution du coût de la ration.

De cet essai ressort l’intérêt de mieux adapter la précocité du maïs pour permettre le développement des espèces tardives, et identifier des espèces plus adaptées à ce genre de pratique. En effet, le cowpea s’est avéré peu intéressant, la vesce a constitué un frein à l’ensilage, le tournesol n’a pas eu l’effet escompté sur la teneur en cellulose… « Par contre, associer un sorgho sucrier type BMR pourrait s’avérer intéressant », estime Philippe Le Stanguennec.

Un autre suivi portant sur un mélange de maïs, de tournesol et de lablab a lui été semé le 26 mai. Impacté par le manque de précipitations, il a néanmoins permis de dégager 10 tMS/ha, avec de bonnes valeurs alimentaires, notamment 9,8 % MAT. Mais comme il a été réalisé sans témoin, il est impossible de juger de sa pertinence par rapport à un maïs seul. Un essai à réitérer donc, avec un témoin, et si possible, de meilleures conditions climatiques !

 

??? [ELEVAGE] Webinaire Fourrage ➡ Pour tous ceux qui n'ont pas pu participer aux réunions fourrages, un condensé des...

Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Mercredi 13 janvier 2021

 

Silphie

« Ne pas vendre du rêve »

Cultures

Publié le 23/11/2020

Comme le chanvre en son temps, la silphie est la nouvelle culture dans le vent. Elle affiche des atouts qui font rêver : elle n’exige a priori aucun traitement phytosanitaire et une fertilisation raisonnable, tout juste un peu de NPK au démarrage pour assurer son développement. Elle se prête au désherbage mécanique. Elle reste en place de 15 à 20 ans, soit autant de temps où le sol est couvert, très peu travaillé, donc avec un risque d’érosion limité. Son système racinaire profond va dans le même sens, tout en lui conférant une certaine tolérance au stress hydrique, un atout en passe de devenir une exigence à l’avenir. En outre, la silphie est une plante mellifère, dont la floraison abondante et étalée peut constituer une ressource nutritive intéressante pour quelques ruches.

Pour les agriculteurs aussi, la silphie n’est pas dénuée d’intérêts. Certes les semences sont chères, donc le coût d’implantation est élevé, mais une fois la culture en place, les interventions se réduisent au strict minimum. Tout au plus quelques tours d’eau et la récolte : c’est à peu près tout.

Une valeur nutritive peu intéressante

Cultiver de la silphie apparaît donc bien séduisant. Mais pour quoi faire ? C’est là que le bât blesse. La silphie ne se mange pas et, à l’heure actuelle, ne trouve aucun débouché industriel. « Actuellement, le seul débouché sérieux, c’est la méthanisation », pose Marielle Stimpfling, conseillère à la Chambre d’agriculture Alsace. La silphie pourrait aussi être utilisée pour alimenter le bétail, mais « la bibliographie et les premières investigations tendent à démontrer qu’elle a la valeur alimentaire d’une paille », poursuit la conseillère. Remplir la panse d’une vache allaitante, passe encore, mais apporter l’énergie nécessaire à la production d’une laitière avec de la silphie apparaît donc peu crédible. D’autant que, contrairement aux insectes pollinisateurs, le bétail semble peu attiré par la silphie. En cause : l’odeur peu appétante qui émane de ses fleurs. Dès cette année, la CAA va procéder à des analyses de fourrage sur de la silphie fraîche et de la silphie ensilée afin d’affiner les connaissances sur les valeurs nutritionnelles de la plante.

Des essais de valorisation en méthanisation

C’est donc bien sur sa possible valorisation en méthanisation que misent le Syndicat des eaux et de l’assainissement (SDEA) Alsace-Moselle et la CAA dans le cadre de leur partenariat. Pour l’heure, des agriculteurs ont été indemnisés pour tester la culture sur quelques hectares en zones de captage dans les secteurs d’Epfig, Muttersholtz, Hilsenheim, Zellwiller ; et plus au sud, des agriculteurs du Sundgau par une étude menée par la communauté de communes Sud Alsace Largue. Dans le secteur Centre Alsace, la silphie produite servirait à alimenter le méthaniseur de la future station d’épuration des eaux usées du SDEA de Benfeld à Ergersheim. Dans le cadre de ce projet, « les producteurs de silphie seraient des fournisseurs de matière première pour le méthaniseur, rémunérés pour cela. Et une partie des travaux pourrait être prise en charge par le SDEA via des prestataires de services », détaille Marielle Stimpfling. Il permettrait ainsi de répondre aux enjeux de la préservation de la qualité de l’eau sur les zones de captage.

Au-delà du manque de débouchés, qui ne rend la silphie économiquement intéressante qu’adossée à un projet de méthanisation, d’autres paramètres freinent son développement. La première année, la silphie ne produit rien, ou très peu. Pour lever ce frein, des essais ont visé à la semer en même temps que du maïs ensilage, afin de récolter celui-ci le temps que la silphie se développe. En 2019, Gérard Lorber, agriculteur à Scherwiller (lire aussi en encadré) a ainsi semé du maïs à 60 000 grains/ha avec un écartement de 75 cm, afin de pouvoir semer de la silphie entre les rangs, et éventuellement de pouvoir la biner par la suite, en prenant soin de choisir des variétés de maïs résistantes à certains herbicides. Mais, en raison du manque d’eau, la silphie a très peu poussé entre les rangs de maïs. Deux hectares de cet essai qui en comprenait trois ont donc été retournés après le maïs.

 

 

Des freins réglementaires

En outre, malgré ses nombreux atouts environnementaux, les surfaces implantées en silphie ne sont pas considérées comme des Surfaces d’intérêt écologique (SIE), contrairement à l’Allemagne. Or les agriculteurs doivent avoir 5 % de SIE dans leur assolement. Donc, si la silphie ne rentre pas dans ce cadre, ils doivent trouver d’autres SIE. Implanter de la silphie, qui est une culture pérenne, les prive de surfaces sur lesquelles ils pourraient cultiver des intercultures, par exemple, qui, elles, rentrent dans le cadre des SIE.

La silphie est considérée comme une culture énergétique ou culture « dédiée ». La réglementation française sur la méthanisation limite les cultures dédiées à 15 % du volume en entrée. Ceci permet de limiter la concurrence avec les cultures alimentaires. Par ailleurs, le potentiel méthanogène de la silphie par ha est 10 à 15 % moins élevé que le maïs ensilage.

La silphie n’est donc pas une panacée mais peut tout de même trouver sa place dans le paysage agricole alsacien, notamment pour implanter des cultures à bas intrants dans les zones à enjeux environnementaux avec une valoration possible en méthanisation, où des financements venus de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse pourraient être débloqués à cette fin. Gérard Lorber résume : « Adossée à un méthaniseur, avec un contrat qui garantit sa valorisation, la silphie a un intérêt. Mais sinon, il ne faut pas vendre du rêve aux agriculteurs, tant qu’elle ne sera pas reconnue comme une SIE, ils n’ont pas d’intérêt à introduire cette culture dans leur assolement. »

 

 

Millésime 2020

Les vendanges sans contact

Vigne

Publié le 28/08/2020

2020 se devait d’être l’année du vin. Effectivement, le millésime se présente plutôt bien, avec des raisins sains, et un bon potentiel. Mais la maturation par températures élevées peut encore réserver des surprises, bonnes ou mauvaises… Quoi qu’il en soit, 2020 sera l’année de vendanges particulières à plus d’un titre : leur précocité et leur contexte, notamment sanitaire. En effet, l’épidémie de Covid-19 sévit toujours et les opérateurs du vignoble doivent donc faire en sorte qu’il ne vire pas au cluster.

Hygiène et distanciation

Viticulteur à Furdenheim, Didier Letz livre les raisins de ses quelque 7 ha de vignes à Arthur Metz. Dès le 24 août, une équipe de vendangeurs arpentait les rangs d’une de ses parcelles de pinot noir, destiné à l’élaboration de crémant : « Nous travaillons avec la même équipe de vendangeurs depuis 10 ans, ce sont des gens du coin, essentiellement des plus ou moins jeunes retraités, qui sont devenus des amis au fil du temps », décrit le viticulteur. Pour les protéger du virus, il a pris des renseignements auprès de la MSA, des collecteurs, des syndicats, pour prendre des mesures adaptées à la configuration de son entreprise. Puis il a convoqué une réunion quinze jours avant le début des vendanges afin d’expliquer les règles à respecter aux vendangeurs. Il s’agit essentiellement de respecter la distanciation : port du masque obligatoire en voiture, conseillé à l’extérieur. Didier Letz veille aussi au grain : « Les binômes restent les mêmes toute la journée, et nous nous assurons qu’il y a une distance suffisante entre les équipes. » La transmission par contact est également surveillée : « Nous demandons aux vendangeurs de se laver les mains avant de monter en voiture et avant chaque repas. Nous avons équipé chaque personne de son propre sécateur pour toute la durée de la saison. » Les repas sont pris en commun, mais à l’extérieur tant que le temps le permet. « L’ambiance reste bonne, constate Didier Letz. Les gens se sont habitués à vivre dans le respect des gestes barrières, ils se sont fait une raison. Et puis comme de nombreuses festivités sont annulées, ils sont contents de pouvoir se voir. »

 

Chaîne de protection

Pour empêcher efficacement la formation d’une chaîne de transmission du virus, les mesures de protection se poursuivent chez les collecteurs qui réceptionnent le fruit de la vendange. « Chez Arthur Metz, le personnel est très vigilant au respect des mesures : une seule personne qui livre le raisin par exploitation, port du masque obligatoire, interdiction de descendre du tracteur… Nous ne recevons plus aucun relevé sur papier, toutes les informations nous sont envoyées par mail… »

Les opérateurs du vignoble veillent à limiter les contacts pour éviter la transmission du virus. Mais tous espèrent que leurs efforts seront récompensés par un beau millésime, vecteur de lien social malgré la distanciation. En effet, pour les viticulteurs, l’épidémie entraîne aussi des conséquences économiques qui vont se traduire par une baisse du chiffre d’affaires dans les exploitations, et donc par un report des investissements pour au moins quelques années.

 

Consulter les préconisations sanitaires à respecter pour ces vendanges 2020

Gaec Cousandier à Roeschwoog

Une dynastie de simmentals

Élevage

Publié le 17/08/2020

Chez les Cousandier à Roeschwoog, près de Haguenau, on ne jure que par la simmental. Et ça fait plusieurs générations que ça dure : « Notre arrière-grand-père participait déjà à des concours », indique Christophe Cousandier, en désignant une affiche de concours de la race, datée de 1909, qui trône dans la salle de réunion située au-dessus de l’étable. Leur grand-père Guillaume a ensuite repris le flambeau de l’élevage. « Mais, pendant la guerre, il a tout perdu. Il a racheté quelques simmentals et tout le troupeau a été bâti sur ces vaches. » Pour ce faire, Guillaume Cousandier a été l’un des pionniers de l’insémination artificielle, « une pratique qui n’était pas bien vue à l’époque », rappelle Christophe Cousandier. Son père, Gérard, poursuit l’œuvre familiale. En 1971, il réalise une des premières sortie d’exploitation du village, avec une vingtaine de vaches. En 1995, lorsque son fils aîné Christophe le rejoint sur la ferme il y en a 40. Et lorsque son fils cadet Benoît les rejoint à son tour, il y en a 60. Désormais, le troupeau compte 150 vaches laitières : « L’effectif a beaucoup augmenté ces trois dernières années, suite à l’investissement dans une nouvelle étable », précise Christophe Cousandier. Et le cheptel n’est toujours constitué que de simmentals.

Une viande appréciée pour la finesse de son grain

Pourtant, en son temps, Gérard Cousandier a vécu des périodes difficiles, car la génétique de la simmental ne suivait pas par rapport à la holstein : « Elle avait la réputation d’avoir une mauvaise mamelle, d’être longue à traire, de donner moins de lait qu’une holstein. Mais nous sommes toujours restés dans les clous économiquement par rapport aux autres », note Christophe Cousandier. Ce qui explique la fidélité des éleveurs à la race. En outre, dans les années 1990, quelques hommes ont contribué au développement de la race en France. Les Cousandier citent Jean Bernhard et Jean-Georges Herr, respectivement président et directeur de Simmental France à cette période, et qui ont mis en œuvre un programme de sélection avec des taureaux autrichiens ou allemands qui porte ses fruits en permettant aux éleveurs français d’avoir accès à des reproducteurs de qualité. Certes, une simmental donne toujours moins de lait qu’une holstein, mais le fossé s’est réduit et, en parallèle, la mixité de la race a été préservée. L’aptitude bouchère reconnue de la race, avec sa viande au grain fin, fait que « les veaux et les réformes sont bien valorisés ». En outre, les simmentals sont appréciées des éleveurs pour « leur calme, leur rusticité, la qualité de leur lait ». Grâce à ce travail, et avec l’évolution des techniques de sélection génétique, alors qu’autrefois les éleveurs avaient le choix entre cinq taureaux, ils sont désormais confrontés à une offre de 20 taureaux, qui change tous les six mois : « Cette variabilité génétique est une très bonne chose, car le risque de consanguinité est minime, mais on a un peu de mal à suivre », sourit Benoît Cousandier.

La dynastie perdure

Au sein du troupeau du Gaec Cousandier, le travail de sélection se poursuit : « Nous nous attachons à améliorer la longévité, les aplombs et la qualité des mamelles », précise Benoît Cousandier. Pour y parvenir, les éleveurs travaillent avec le technicien d’Élitest spécialisé dans la race, Francis Michel, qui leur rend visite deux fois par an pour établir le programme d’accouplements. D’ailleurs, le Gaec participe activement à l’amélioration génétique de la race puisqu’un taureau issu de leur élevage, baptisé Edelmut (Round Up x Rumba, ISU 106), né en 2009, a été inscrit au catalogue de la race. Les éleveurs participent aussi chaque année au festival de l’élevage de Brumath.

La dynastie de la simmental n’est pas près de s’éteindre au Gaec Cousandier. En effet, les trois enfants de Christophe ont embrassé des études dans le secteur agricole : Agathe entre en 1re STAV au lycée agricole d’Obernai, Thomas intègre un BTS en production animal à Besançon, et Claire poursuit son cursus au sein de l’école d’ingénieur agricole UniLaSalle à Beauvais.

 

 

En chiffres

Bas-Rhin

15 élevages comptent plus de 20 simmentals

pour 948 vaches en tout,

soit 63 en moyenne par élevage.

Haut-Rhin

5 comptant plus de 20 simmentals

pour 169 vaches en tout,

soit 34 en moyenne par élevage.

Tracteur électrique Sabi Agri

Le courant passe entre les rangs

Vigne

Publié le 14/08/2020

Le chant des oiseaux, les pneumatiques qui écrasent l’herbe, les dents qui travaillent la terre… C’est à peu près tout ce qu’on entend lorsque le tracteur Alpo 4x4 travaille dans les vignes. Pas de bruit, ni de gaz, c’est le fruit d’une motorisation électrique qui développe une puissance de 50 ch électriques. Mais ce n’est pas le seul atout de la gamme Sabi Agri, conçue par le maraîcher Alexandre Prevault Osmani, qui pratique l’agroécologie, et qui a élaboré un prototype de tracteur électrique répondant à ses besoins en 2016. L’année suivante voit la création de la société Sabi Agri et le début des fabrications en série. Depuis, la gamme s’est développée, et l’entreprise fonctionne désormais avec sa propre usine, située en France.

 

 

Polyvalence

L’un des points forts de ces tracteurs, c’est leur grande polyvalence : « Votre tracteur est réalisable sur mesure, du châssis aux arceaux en passant par la batterie, qui peut développer de 14 à 28 kWatt de puissance électrique, et procurer plus ou moins d’autonomie », décrit Ludovic Demars, commercial démonstrateur chez Sabi Agri. Différents systèmes de relevage sont envisageables. Avec une capacité de relevage avant de 250 à 530 kg, et une capacité de relevage arrière de 500 à 700 kg. Ce qui permet d’atteler un grand nombre d’outils. Il peut être équipé d’une prise de force électrique amovible, d’une centrale hydraulique d’un débit de 30 l/min. Un onduleur procure une prise sur du 220 volts, bien pratique : « En cas de panne d’alimentation d’une chambre froide, il est possible de la brancher sur le tracteur en attendant que le courant soit rétabli », illustre Ludovic Demars.

 

 

Rentabilité

Un autre atout de ce tracteur, c’est son autonomie puisqu’une charge d’1 h 30 procure 4 à 8 h d’autonomie de travail, pour un coût de fonctionnement de 1 à 2 €/h. Les batteries, issues des technologies industrielles, tiennent 4 000 cycles de charge, soit 16 000 heures d’espérance de vie. La sobriété énergétique du tracteur est renforcée par son poids, qui ne dépasse pas une tonne. Du coup, pas besoin de débauche énergétique pour le faire avancer, et pas de matraquage des sols, si tant est que le tracteur est utilisé dans de bonnes conditions.

Confort

Enfin, outre le fait qu’il est silencieux, le tracteur Alpo se caractérise par son confort global pour le conducteur, avec un accès facile au poste de conduite, un siège pneumatique réglable dans tous les sens, une manette de pilotage simple et intuitive, la variation continue, un correcteur de dévers…

Alors que Ludovic Demars achève ses explications sous un soleil de plomb, un viticulteur pointe un inconvénient du tracteur : il n’a pas de toit. Et si ! Il s’agit d’une option, mais le tracteur Alpo peut être équipé d’un toit en panneaux solaires permettant à la fois d’ombrager le conducteur, et de recharger la batterie en roulant.

 

Moisson 2020

L’Alsace tire son épingle du jeu

Cultures

Publié le 03/08/2020

La moisson du blé se termine. Une fin de campagne qui sonne aussi celle d’une année qui s’annonçait compliquée dès le départ. Et il y avait des raisons de s’inquiéter car, entre la crise sanitaire et la sécheresse printanière, beaucoup s’attendaient alors à une année quasi catastrophique. Au final, les premiers résultats montrent des rendements tout à fait corrects sur les 49 000 hectares de blé plantés en Alsace. « Je ne dirai pas forcément que c’est une surprise, il s’agit plutôt d’un heureux dénouement », tempère cependant Didier Lasserre, ingénieur à Arvalis-Institut du végétal, « les rendements en Alsace se situent cette année autour des 77 quintaux par hectares (q/ha), soit trois de moins que l’année dernière. On observe donc bien un retrait même s’il est léger. C’est tout de même satisfaisant, surtout au vu de l’année que l’on vient d’avoir ». Le bilan est cependant contrasté localement, entre les terres superficielles et non irriguées, où les blés ont été mis en difficulté rapidement par le manque d’eau, et les parcelles dotées d’une meilleure réserve utile, où ils ont été moins amputés dès le départ dans l’élaboration de leur potentiel de rendement.

Quantité et qualité au rendez-vous

D’une manière générale, les blés donnent des résultats « plus élevés que ce qu’on attendait, souligne Jean-Louis Galais, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace, nous avons eu une année sèche et précoce, ce qui est toujours mieux qu’une année humide. En plus, les pluies sont revenues en mai, donc, dans certains cas, il pourrait même y avoir des records ! » C’est vrai, en particulier dans le sud de l’Alsace, qui a eu plus d’eau que le Nord. Or, plus il y a eu d’eau par la suite, mieux les blés ont pu récupérer des conditions sèches du début de printemps. Ce sont notamment les poids de mille grains (PMG) qui sont très bons cette année, pointe Jean-Louis Galais. « Cela montre qu’il y a eu une très bonne compensation, aussi bien sur la fertilité, grâce à des conditions météorologiques favorables à la méiose, ce qui se traduit par un nombre élevé de grains par épis, que par le remplissage, qui s’est déroulé dans de bonnes conditions, avec suffisamment d’eau ». La météo n’a d’ailleurs pas été le seul élément à contribuer à un tel résultat. On peut, en effet, ajouter l’absence de maladies ainsi que des températures de fin de cycle optimales, nécessaires au bon développement des cultures. Si les quantités devraient donc être correctes, tout indique que la qualité devrait suivre aussi dans ce sens. « La qualité sanitaire est elle aussi au rendez-vous puisqu’il n’y a pas eu ou quasiment pas eu de pluie au moment de la floraison », affirme Didier Lasserre. Beaucoup de grains bien remplis, ça fait inévitablement un bon rendement. Encore faut-il qu’il y ait des épis pour porter les grains. Et c’est ce qui fait la différence entre les terres à bonne réserve hydrique et les autres, où le potentiel de rendement a été amputé de manière trop importante dès le départ pour que cela puisse être rattrapé par la suite. S’il reste prudent, Jean-Louis Galais aurait donc tendance à qualifier la récolte de blé 2020 de « plutôt bonne », avec même quelques résultats « exceptionnels ».

Un fort contraste avec les résultats nationaux

Un dénouement qui dénote avec bon nombre d’échos de campagnes des autres régions françaises, sur les réseaux sociaux, où les agriculteurs déplorent une moisson « mauvaise à moyenne ». Une différence avec la situation alsacienne que Jean-Louis Galais explique par un recours plus fréquent à l’irrigation, et la proportion importante de « bonnes terres » dans notre région. Ainsi, de nombreux départements rapportent des rendements globalement insatisfaisants mais surtout très hétérogènes. À l’origine de l’effondrement de la production : la succession de deux phénomènes climatiques extrêmes. Le premier, des précipitations excessives à l’automne qui ont compliqué les semis, les rendant parfois même impossibles. Résultat : les surfaces sont en recul de 14,38 % par rapport à 2019, avec 4,28 millions d’hectares emblavés, selon les estimations du cabinet Agritel. La sécheresse s’est ensuite installée au printemps et le déficit hydrique a empêché les cultures de se développer dans de bonnes conditions. « Le rendement des blés tendres au niveau national est proche de 68 q/ha, soit une baisse de 13,65 % par rapport à la campagne précédente et un repli de 7,95 % comparé à la moyenne olympique quinquennale », indique le cabinet. Des chiffres parfois inférieurs à la collecte de 2016, surtout dans le Sud où on note une moyenne de 40 à 50 q/ha. En Bourgogne et Rhône-Alpes, les résultats seraient plus proches des 60 q/ha. La seule note optimiste venant pour le moment de la Champagne où, certes, les rendements les plus bas avoisinent les 60 q/ha mais où quelques pointes à 135 q/ha ont aussi été observées. Du côté de la qualité, la moisson ne devrait pas non plus être un grand cru mais une année normale, voire bonne, au niveau national. La récolte de blé tendre devrait donc atteindre les 29,22 millions de tonnes (Mt) soit un recul de 26 % par rapport à l’année passée.

 

 

Lire aussi : La moisson alsacienne s’annonce moyenne, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

 

Épandage des boues de station d’épuration

Traitements, mesures et contrôles face au Covid-19

Pratique

Publié le 19/07/2020

D’une station d’épuration sortent deux produits : les eaux traitées, qui rejoignent le milieu naturel, et des boues, qui sont valorisées essentiellement en agriculture. « C’est même 100 % des boues issues des stations gérées par le Syndicat des eaux et de l’assainissement (SDEA) Alsace-Moselle qui sont valorisées en agriculture », souligne Thierry Willmann, responsable de la valorisation des boues au SDEA. 70 % le sont directement en sortie de station, après stockage, soit sous forme liquide, brute, ou après traitement. Les 30 % restants sont issus de stations d’épuration situées dans des secteurs où le potentiel d’épandage agricole est trop restreint pour les accueillir (zones de montagne…). Ces boues partent alors vers des filières de compostage, dont le produit sera aussi épandu sur des champs.

Mais il existe une exception à cette valorisation agricole des boues de station d’épuration : leur non-conformité. « Lorsque la qualité des boues les rend impropres à l’épandage, elles sont incinérées ou enfouies », précise Thierry Willmann, qui ajoute que ce cas de figure n’a pas été rencontré depuis plusieurs années, « grâce à la sensibilisation des usagers à la nécessité de préserver la qualité de la ressource en eau ».

Mais ça, c’était avant le Covid-19. Lorsque l’épidémie s’est propagée à travers la population, « la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), à laquelle adhère le SDEA, a suivi l’évolution de la maladie de près. Il fallait prendre les mesures qui s’imposent en matière de gestion du cycle de l’eau », rembobine Thierry Willmann. Une veille qui a conduit le SDEA à prendre la décision d’arrêter l’épandage de boues non hygiénisées à partir du 16 mars 2020, soit avant que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) n’émette cette recommandation, le 2 avril 2020. « Cette décision a été prise pour ne pas prendre le risque d’exposer au virus notre quarantaine de prestataires d’épandage, essentiellement des Entreprises de travaux agricoles (ETA) », souligne Thierry Willmann. Cette mesure a été « plutôt bien accueillie » par les prestataires, même si cela représente pour eux une baisse d’activité, donc de revenu.

Hygiéniser les boues : le faire et le vérifier

Le risque de voir le virus se propager à la population via les épandages de boues est très faible. Plusieurs raisons sont avancées : ces épandages sont interdits à proximité des habitations, afin de réduire les nuisances olfactives, il y a obligation de retourner ou d’enfouir les boues dans la foulée de leur épandage, et toutes les boues épandues doivent à l’heure actuelle être hygiénisées. En outre, si le génome du virus a bel et bien été détecté dans les eaux usées, il est encore impossible de savoir s’il reste actif, donc infectieux, dans ce milieu. Il est en fait très probable qu’il soit inactivé par les traitements classiques des eaux usées, mais en l’absence de preuve, la prudence s’impose : « En acceptant de prendre en charge les boues issues des stations d’épuration, les agriculteurs rendent un service à la société. Se faisant, ils nous font confiance. Nous avons donc envers eux des obligations réglementaires et morales qui nous obligent à sécuriser la qualité sanitaire des boues », explique le responsable de leur valorisation au SDEA.

À partir du 2 avril donc, les acteurs de l’épuration et de l’assainissement ont dû suivre la recommandation de l’Anses, à savoir respecter les critères d’hygiénisation pour l’intégralité des boues destinées à l’épandage. Mais Céline Veit, du service Gestion du territoire de la Chambre d'agriculture Alsace, pointe le problème : « ces exigences ne devaient être respectées que pour pouvoir épandre près des habitations ou dans des cultures maraîchères, de manière dérogatoire, ce qui n’était jamais recherché. Du coup, même si une part importante des boues étaient déjà chaulées ou compostées - donc théoriquement hygiénisées - avant le Covid-19, on ne sait pas si les traitements appliqués aux boues permettent effectivement de répondre aux exigences d’hygiénisation ».

Plus d’analyses, donc plus de moyens

Les traitements permettant d’hygiéniser des boues sont le compostage, le séchage thermique, le chaulage et la méthanisation thermophile. Cette dernière n’étant pas pratiquée dans la région, et le chauffage thermique n’étant que très peu développé, les boues ont donc essentiellement été hygiénisées par compostage et chaulage. De fait, celles qui l’étaient déjà ont continué à l’être. Et un certain volume, notamment les boues liquides, a subi des traitements complémentaires, à commencer par une déshydratation. Enfin, les volumes qui n’ont pas pu être hygiénisés ont été dirigés vers d’autres exutoires, à savoir essentiellement l’incinération, sachant que la capacité d’absorption de cette filière est restreinte, surtout pour des boues humides, donc peu intéressantes d’un point de vue calorigène. Au final, « dans le Bas-Rhin, 19 % des boues devront subir un traitement complémentaire, soit 3 400 tonnes de matière sèche (tMS). Dans le Haut-Rhin, cela concerne 7 % des boues, soit 450 tMS, la majorité des boues étant compostée », précise Céline Veit.

Afin d’atteindre l’hygiénisation, il est recommandé de « maintenir le pH à 12 sur au moins dix jours, la température à 55 °C pendant quatorze jours ou à 65 °C pendant trois jours consécutifs pour les traitements thermiques », détaille Céline Veit. Au SDEA, le respect de ces critères a été vérifié selon un protocole d’analyses. Au-delà du suivi de ces paramètres, d’autres analyses sont mises en œuvre, qui visent cette fois à vérifier l’efficacité des pratiques d’hygiénisation. À l’heure actuelle, il n’existe pas de protocole validé pour détecter le SARS-CoV-2 dans les boues d’épuration, ni pour mesurer sa teneur. Aussi, ce sont d’autres micro-organismes, dits d’intérêt sanitaire, qui sont tracés (salmonelles, E. coli, entérovirus…), partant du postulat que si les mesures d’hygiénisation ont permis de réduire leur concentration, elles doivent aussi avoir permis de réduire celle du SARS-CoV-2. Le SDEA effectue une partie de ces analyses. Cependant, « afin de pouvoir justifier de l’efficacité des mesures mises en œuvre en toute transparence », une partie des analyses est confiée à un laboratoire indépendant accrédité Cofrac. Et cela a un coût : par rapport à l’épandage en conditions « normales », la facture va être multipliée par quatre, estime Thierry Willmann. Un surcoût qui sera pris en charge par les collectivités, aidées en cela, mais seulement en partie, par l’Agence de l’eau Rhin Meuse.

Peu de changements pour les agriculteurs

Les conditions d’épandage ayant été peu favorables au mois de mars, aucunes boues issues de la période épidémique n’ont encore été épandues. Elles vont commencer à l’être dans quelque temps, après la moisson. Pour l’heure, les analyses se poursuivent : « Dans deux à trois semaines, nous saurons si les mesures d’hygiénisation mises en œuvre ont été efficaces, et quelle est la proportion de boue qui a été correctement hygiénisée », indique Thierry Willmann. S’il est plutôt confiant en ce qui concerne l’efficacité du compostage, dont le process est bien maîtrisé, il n’écarte pas le risque de recevoir des résultats d’analyses non conformes sur les boues chaulées ou séchées thermiquement. Dans ce cas, « soit l’hygiénisation sera complétée, soit les boues seront incinérées ».

Au-delà de la discrimination des boues épandables et non-épandables, le SDEA expertise l’efficacité des différents traitements, afin d’identifier les protocoles les plus efficaces : « Nous mesurons notamment les niveaux d’abattement entre la charge en entrée et la charge en sortie en certains micro-organismes », détaille Thierry Willmann. En outre, « peut-être que ces analyses vont permettre de démontrer que les traitements classiques des eaux usées sont suffisants, et donc que l’hygiénisation ne s’impose pas forcément, mais cela reste à prouver ». Concrètement, pour les agriculteurs, peu de changements à prévoir : « Il n’y aura pas d’épandage de boue liquide, et peut-être moins de boues à épandre, s’il s’avère qu’une partie du volume n’est pas correctement hygiénisée. Mais il n’y aura pas de surcoût pour eux », résume Céline Veit.

 

 

19 % des boues dans le Bas-Rhin et 7 % dans le Haut-Rhin doivent subir un traitement complémentaire

À l’avenir, il est probable que ce système de traitements complémentaires et de contrôles renforcés perdure tant que le virus SARS-CoV-2 circule. Par contre, le protocole devrait évoluer à partir du moment où les analyses seront assez élaborées pour discriminer les formes actives des formes inactives du virus, et qu’un protocole d’analyse adapté aux eaux usées et aux boues permette de n’appliquer de traitement spécifique qu’aux effluents où la présence du virus est avérée. Une pérennisation de la circulation du virus s’accompagnera aussi sans doute de la mise en place de contrôles et de contre-analyses par les autorités sanitaires, ce qui n’est pas le cas actuellement. Quoi qu’il en soit, l’épidémie a permis de mettre en lumière la nécessité de sécuriser la filière d’épandage, et de gagner en connaissances scientifiques sur le comportement des boues face aux différents traitements, et ça, « ce sera bénéfique pour tout le monde », conclut Thierry Willmann.

 

Implanter un maïs en non labour

Des essais pour y voir plus clair

Cultures

Publié le 14/07/2020

Un mois jour pour jour après la fin du confinement en France, le 11 juin donc, la Chambre d'agriculture d’Alsace a organisé sa première visite d’essai sur le terrain post-confinement. Au programme : l’implantation du maïs en non labour. Un sujet qui a attiré une bonne trentaine d’agriculteurs.

La précédente journée de démonstration « s’était déroulée dans de mauvaises conditions », a rappelé Rémy Michaël, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace. L’hiver qui a suivi n’a pas arrangé les choses, avec des pluies abondantes qui ont conduit à une prise en masse des sols. Là-dessus est arrivé un vent du nord, qui a engendré la formation d’une croûte de terre sèche en surface. Résultat dans les champs aujourd’hui : toutes sortes de situations, avec des maïs bien avancés, d’autres beaucoup moins. Enfin, les températures hivernales ne sont guère descendues en dessous de 0 °C, ce qui ne suffit pas à détruire les couverts.

Avant de passer les différentes modalités de travail du sol en revue, Olivier Rapp, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace, a rappelé le principal objectif des Techniques culturales sans labour (TCSL) : « Laisser des résidus en surface pour freiner le ruissellement ». Il précise aussi que, sur toutes ces modalités, il n’y a eu aucune reprise au printemps. Les préparations de sol à l’automne ont donc été suivies du semis, effectué le 24 avril avec la variété DKC4670 semée à 89 000 grains/ha à l’aide d’un semoir plutôt lourd, donc bien adapté aux semis directs, avec un pourcentage de perte à la levée compris entre 5 et 10 % quelles que soient les modalités.

Attention aux conditions de passage des outils

La première modalité, un passage de cracker effectué à 20 cm de profondeur, a permis de conserver 30 % de résidus en surface. Avec la deuxième modalité, un passage de Cultimer à 10 cm de profondeur, les pertes à la levée ont été plus importantes, sans que les techniciens sachent expliquer pourquoi. Quoi qu’il en soit, au 26 mai, le peuplement est d’un peu plus de 75 000 pieds/ha. Olivier Rapp constate tout de même : « Lorsque nous avons effectué le passage de Cultimer en octobre 2019 nous sommes passés sur des zones tassées. Il y en avait déjà eu par le passé, ce qui avait entraîné un décompactage et l’implantation d’un couvert pour pérenniser la porosité créée par la dent, en 2018. Mais l’épandage de boues de station d’épuration au printemps 2019 a pu redensifier le sol sous les passages de roue. » Ce qui l’amène à ce commentaire : « Dans chaque système il y a des impondérables mais il faut toujours essayer d’intervenir dans des conditions qui permettent de faire le moins de dégâts possible. Et garder en tête que la porosité biologique est bien plus résistante au tassement que la porosité créée par une dent. »

La troisième modalité, un passage de strip-tiller à 18 cm de profondeur, a bien plu aux renards : « Passé en conditions très humides, le strip-tiller a créé des galeries dans le sol, propices à la biodiversité. Du coup les renards ont creusé sous la ligne de semis pour s’en nourrir », rapporte Olivier Rapp. Le peuplement est donc un peu limite, à 75 000 pieds/ha. Néanmoins, un coup de bêche permet de constater que l’effet pot de fleurs, généré par un passage de strip-tiller en conditions humides sur sols argileux, est limité : « La colonisation du sol par les racines est correcte, tant horizontalement que verticalement », constate Rémy Michaël, qui y voit les effets bénéfiques du non labour pratiqué sur la parcelle depuis 18 ans. Enfin, dans la quatrième modalité, sans travail du sol, le peuplement atteint 79 000 pieds/ha, ce qui constitue le deuxième meilleur peuplement de l’essai. Par contre, il semble qu’il y ait un peu plus de pieds chétifs que dans les autres modalités.

Plus de résidus après un couvert

Dans une deuxième partie de l’essai, un couvert a été implanté entre les deux maïs et a été laissé en place tout l’hiver. Composé de féverole, pois fourrager, vesce commune et moutarde, il a été semé fin octobre selon diverses modalités, et détruit le jour du semis du maïs à l’aide d’un rouleau.

Comme sur tout le reste de la parcelle, un désherbage chimique a été effectué trois jours après, le 27 avril, ce qui a permis de compléter l’effet du roulage, qui n’aurait pas été suffisant seul, estiment les techniciens. Ce désherbage a été effectué sans glyphosate, avec un mélange d’Adengo Xtra et de Camix. Premier enseignement de cet essai : « Il aurait fallu semer le couvert plus tôt, avant le 15 octobre. Fin octobre c’est un peu tard pour qu’il puisse bien se développer. Du coup le maïs suivant a été semé assez tard, pour laisser le couvert se développer au printemps ».

Parmi les modalités d’implantation, deux sont très proches. Elles ont été effectuées le même jour, le 1er novembre, avec soit un passage de herse rotative, soit un passage de chisel et de herse rotative avant le semis. Et pourtant, les densités de peuplement obtenues sont sensiblement différentes (en faveur du double passage d’outil), sans qu’une explication évidente puisse être avancée. Lorsque le couvert a été semé en direct dans les résidus de culture, les conditions n’étaient pas idéales, et le semoir bourrait. Ce qui explique sans doute en partie que c’est cette modalité qui affiche le pourcentage de perte le plus élevé. C’est aussi là que le maïs est le moins avancé mais qu’il y a le plus de résidus en surface. Entre les modalités sans et avec couvert, une différence est constante : « Le maïs semé dans le couvert a poussé moins vite au départ, car les résidus de couverts font que le sol se réchauffe moins vite », indiquent les techniciens. Par contre, niveau résidus en surface, les modalités avec couvert sont toujours meilleures que les autres.

Allier mécanique et chimie

La troisième et dernière partie de l’essai est dédiée à la destruction chimique du couvert, avec des modalités avec ou sans passage de rouleau faca, des destructions de pré-levée, de post-levée, avec différents produits et dosages… Principales conclusions : le roulage n’a pas été suffisamment efficace pour attendre que le maïs atteigne le stade deux feuilles et effectuer un traitement unique de désherbage et de destruction complète du couvert. Avec cette stratégie, le couvert a eu le temps de reprendre, et le maïs a patiné. Les techniciens conseillent donc de compléter la destruction mécanique par une dégradation chimique.

Trop lever le pied sur le glyphosate - si c’est la solution de destruction choisie pour un couvert développé de dicotylédones - n’est pas non plus recommandé car la végétation risque de ne pas être suffisamment affectée. « Un couvert de seigle ou d’avoine aurait très probablement réagi différemment à l’application de glyphosate », précise Olivier Rapp. Or, pour les techniciens, une chose est sûre : « La réalisation du semis doit signifier la mort du couvert, sinon la concurrence pour la lumière et l’eau est trop vive. »

La préfète de la Région Grand Est sur le terrain

Une immersion dans l’agriculture alsacienne

Vie professionnelle

Publié le 10/07/2020

L’agriculture alsacienne est multiple. Une journée pour en prendre le pouls, cela exige un timing millimétré. Aussi la journée de rencontre entre Josiane Chevalier et la profession agricole a été menée tambour battant par la FDSEA et les JA du Bas-Rhin. Après une matinée consacrée à des visites d’exploitations (lire en encadrés), la pause déjeuner, partagée à la cave du Roi Dagobert à Traenheim, n’a eu de pause que le nom puisque de nombreux responsables professionnels ont pris la parole.

L’ambiance est cordiale mais n’empêche pas quelques étincelles lorsque les sujets qui fâchent sont abordés. Et c’est le retard dans le traitement des dossiers des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) qui ouvre le bal : « Trente dossiers sont en souffrance, dont certains depuis 2017, c’est honteux », lance Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin. « On ne peut pas se permettre de bloquer ainsi l’économie », renchérit Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. La préfète s’est engagée à demander à la Draaf d’aider la DDT à traiter rapidement ces dossiers. Dans le registre des tracasseries administratives, Gérard Lorber cite le cas d’agriculteurs qui ne toucheront pas de prime à l’assurance récolte parce qu’ils n’ont pas renvoyé un courrier à temps, la complexité des transferts de DPB, l’intransigeance de l’administration face aux erreurs de saisie dans les déclarations Pac, se traduisant par des pénalités : « Déjà qu’on ne roule pas sur l’or, un peu de souplesse, un peu d’humanité », plaide-t-il. Des griefs entendus par Christophe Fotré, directeur départemental des territoires du Bas-Rhin, qui rappelle qu'« en droit communautaire, le droit à l’erreur n’existe pas ». Autrement dit, si les contrôles menés par l’Europe révèlent des irrégularités, les sanctions tombent. Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin enchaîne sur d’autres dossiers perdus dans les arcanes administratifs : « Le solde des DJA (dotations jeunes agriculteurs) n’arrive pas dans les fermes. Nous en sommes à quinze mois de retard ! »

Les représentants de la viticulture alsacienne décrivent une filière très fragilisée par les conséquences du Covid-19. Dans une région où 20 % des ventes se font en direct, ce sont 10 millions de bouteilles qui n’ont pas été vendues : « Des exploitations ont le couteau sous la gorge. Et l’État ne répond pas », déplore Jérôme Bauer, président de l’Ava. Son vice-président, Didier Pettermann, liste une série de mesures qui permettraient d’apaiser la situation : « défiscalisation des stocks, enveloppe pour accompagner une distillation de crise, exonération de charges ».

 

 

Retraites agricoles : victoire et désappointement

Après 17 ans de négociations, Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin, peut se féliciter d’une victoire : la revalorisation des retraites agricoles actuelles et futures à 85 % du Smic. Une victoire ternie par un oubli qui provoque un haussement de sourcil mi-surpris mi-désappointé chez la préfète : le texte adopté exclut les conjoints d’agriculteurs, dont la pension minimum reste fixée à… 555 €/mois. Une discrimination pour Paul Schiellein qui plaide aussi pour que la réforme soit mise en place dès 2021 au lieu de 2022, et que « la solidarité nationale joue son rôle ».

Si Alsace Lait a passé la crise sans trop d’encombre, son président Michel Debes exprime tout de même quelques craintes, car les cours restent bas, et comme le prix du pétrole est bas, les gros pays importateurs de lait, qui sont aussi les pays producteurs de pétrole, en importent moins. Le Comptoir agricole a également pu continuer à travailler, malgré quelques affréteurs qui ne s’approvisionnaient plus en Alsace. À long terme, Marc Moser est préoccupé de constater que les grandes cultures « ne sont jamais soutenues et sans cesse décriées. Ce que nous récoltons au quotidien, ce sont des contraintes réglementaires alors que nous sommes confrontés aux prix et aux marchés mondiaux ». À court terme, les craintes de la coopérative concernent surtout le houblon. Bernard Ingwiller, président de l’association générale des planteurs de houblon de France (AGPH), évoque les conséquences du Covid-19 : le surcoût de main-d’œuvre et la perspective de voir la récolte ne pas trouver preneur. « J’ai l’espoir que les brasseries françaises privilégient le houblon français. Sinon, l’interprofession explosera. »

David Herrscher, président de la MSA d’Alsace, rappelle ce qui a été mis en œuvre pour accompagner les agriculteurs face à la crise sanitaire. Joseph Lechner, président de la commission Emploi à la FRSEA Grand Est, fait de même sur les diverses initiatives pour la main-d’œuvre. Il évoque un point de désaccord entre la Direccte et les employeurs agricoles portant sur une majoration du travail du dimanche qui n’est pas inscrite dans la convention collective. La préfète s’est engagée à examiner ce point. Rémy Losser, président de la fédération Alsace de Groupama, souligne que les assureurs ne peuvent pas financer à eux seuls les pertes d’exploitations liées au Covid-19, mais qu’ils contribuent au fonds créé par l’État à cette fin. En outre, il souligne la difficulté pour Groupama de trouver des mesures d’accompagnement qui soient équitables entre les différents profils d’adhérents. L’abattement de deux mois sur la cotisation tracteur mis en place pour tous les exploitants agricoles en est l’illustration : « Elle est insuffisante et discriminante », concède Rémy Losser. Mais elle a le mérite d’exister, en attendant les résultats d’une étude menée au niveau national qui doit apporter un éclairage sur « ce qu’il y a lieu de faire, au regard de la très grande disparité des situations ». Il évoque aussi un nécessaire réarbitrage des produits d’assurance multirisques climatiques (MRC).

 

 

Compensations environnementales : revoir la copie

Jean-Michel Schaeffer, président d’Anvol, l’interprofession de la volaille de chair, s’appuie sur l’exemple de cette filière pour souligner que la vente directe, si elle est « une chance », ne constitue pas un moteur de croissance : « Les ventes de viande de volaille n’augmentent que dans le secteur de la RHD. » Aussi, plaide-t-il notamment pour des mécanismes permettant de privilégier les produits français dans les restaurants scolaires. Pascal Wittmann, président de la FDSEA du Haut-Rhin, regrette que le renouvellement des MAEC (Mesures agroenvironnementales et climatiques) montagne pour cinq ans soit bloqué parce qu’il manque les fonds de l’État, alors que les autres partenaires ont tenu leurs engagements. Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture Alsace, souligne que les produits issus de l’agriculture biologique ont encore gagné des parts de marché durant la crise : « Il faut répondre à cette demande. Les agriculteurs doivent s’adapter et ne pas laisser passer le train. » Autre point positif évoqué par Dominique Daul, membre du bureau de la FDSEA : le chantier du grand contournement ouest de Strasbourg, qui avance bien. Les indemnités sont versées, les tas de terre diminuent et les aménagements fonciers avancent. Seule ombre au tableau : les compensations environnementales. Plutôt que de boiser des terres agricoles, les responsables agricoles s’interrogent : pourquoi ne pas allouer ces sommes aux forestiers pour investir dans la forêt existante qui en a bien besoin ?

Le conseiller régional Patrick Bastian conclut en annonçant une inévitable réduction des aides régionales mais aussi la volonté du président Jean Rottner de soutenir l’agriculture. Enfin, Josiane Chevalier s’engage à organiser des réunions sur les dossiers les plus urgents (ICPE, DJA, MAEC, dégâts de gibier) et à plaider en faveur des viticulteurs alsaciens et d’une revalorisation des retraites des conjoints d’agriculteurs au niveau national.

 

 

Parcelle de houblon à Stutzheim

Devant la plus vieille houblonnière d’Alsace, les représentants de la filière houblon ont exposé à la préfète les difficultés de cette production, lundi après-midi. Située sur le ban de Stutzheim, elle a été érigée en 1964, explique Olivier Holveck, qui s’est installé en 2017 en hors-cadre familial avec deux autres associés sur une exploitation de polyculture diversifiée. Implanter 1 ha de houblon requiert un investissement de 20 000 €, explique Bernard Ingwiller. Il faut prendre soin de la culture tout au long de la saison, ce qui nécessite de la main-d’œuvre et des produits de traitement. Or les planteurs de houblon ont du mal à trouver des saisonniers et sont de plus en plus limités quant au choix des produits : pour lutter contre le mildiou, illustre Sébastien Holtzmann, producteur à Wingersheim, ils doivent demander chaque année une dérogation car aucun produit n’est homologué.

Lorsqu’il est mûr, le houblon doit être récolté très rapidement, sinon sa qualité se dégrade. D’où la nécessité d’investir dans du matériel coûteux, qui ne tourne que trois semaines dans l’année, souligne Jean-Paul Ulrich, président de l’association des planteurs de houblon d’Alsace. Ces difficultés, ajoutées au manque de visibilité quant à l’avenir, compromettent le renouvellement des générations. À Josiane Chevalier, la filière réclame un « coup de pouce », en particulier que les houblonniers puissent émarger à l’enveloppe prévue par FranceAgriMer pour aider les agriculteurs à adapter leur matériel de pulvérisation pour traiter les parcelles aux abords des habitations.

 

 

Gaec de l’Hirondelle à Duttlenheim et viande bovine

 

Nicolas Heckmann du Gaec de l'Hirondelle à Duttleheim, est l’un des derniers jeunes à s’être installé et à avoir investi dans la production de viande bovine en construisant un bâtiment dédié à l’élevage de taurillons. C’était en 2015. Un an plus tard, en 2016, la filière alsacienne vacillait. « Depuis, elle a bien rebondi », note Franck Sander. S’il confirme qu’une certaine sérénité a été retrouvée en matière d’achats d’aliments, d’enlèvement des animaux, il reste que « les producteurs n’arrivent pas à répercuter leurs coûts de production sur le prix de vente des animaux, et que cela ne permet pas de dégager du revenu », note Dominique Daul, président de Comptoir élevage, graphique à l’appui. En outre, le Covid-19 a entraîné une baisse des prix, déjà bas, du fait de la baisse des exportations, de l’arrêt de la restauration hors domicile… « Au lieu de 15 jours à 3 semaines de stock, nous sommes face à un mois et demi de stock d’animaux, qui restent sur les bras des éleveurs, et la demande ne suit pas », décrit l’éleveur. Aussi plaide-t-il auprès de la préfète pour une intervention du médiateur de l’État afin de « remettre l’interprofession en route ». En effet, pour lui, la filière souffre d’un manque d’organisation, mais certains secteurs de marché sont porteurs d’espoir. Ainsi, à côté des charolaises, Nicolas Heckmann élève des jeunes bovins montbéliards, pour lesquels il y a un marché.

 

Association générale des producteurs de houblon de France (AGPH)

La filière s’organise et s’étoffe

Cultures

Publié le 07/07/2020

Jeudi 25 juin, l’association générale des producteurs de houblon de France (AGPH) était réunie en assemblée générale. Pour son président, Bernard Ingwiller, cette réunion a été l’occasion de rappeler que l’association œuvre à la défense des producteurs de houblon. Et, cette année en particulier, il y a eu du pain sur la planche. Les houblonniers sont en effet confrontés à l’harmonisation des règles d’utilisation de produit de protection de plantes au niveau européen, à la nécessité de pouvoir déployer le recours à l’irrigation des houblonnières, et au respect des Zones de non-traitement (ZNT). En outre, du fait de l’épidémie de coronavirus, les coûts de production sont attendus en forte hausse cette année. En effet, les houblonniers ont dû avoir recours à une main-d’œuvre locale, donc plus chère, afin de réaliser en temps et en heure les travaux dans les houblonnières.

Antoine Wuchner, secrétaire général de l’association, a présenté la situation du houblon en France et à l’international. La baisse de la consommation de bière, conséquence de la fermeture des bars, restaurants et de l’annulation des festivals et autres évènements, fait craindre pour les négociants un report de consommation de houblon au niveau mondial avec un impact négatif à prévoir sur les prix, si les volumes de récolte prévus en hausse venaient à se concrétiser en septembre. En France, les surfaces de houblon ne cessent d’augmenter. L’Alsace reste le premier producteur avec 475 ha, vient ensuite le Nord, avec 35 ha. « La culture progresse surtout en dehors des régions historiques et dans toutes les régions. La France compte à ce jour 530 ha de houblon, avec une tendance haussière », a précisé Antoine Wuchner. La demande en houblon bio ne cesse d’augmenter. La progression de la surface de houblonnière bio est impressionnante en Alsace : elle a été multipliée par quatre en trois ans, pour atteindre 80 ha en 2022. En outre, les projets de culture de houblon hors régions historiques concernent à 90 % du houblon bio.

Cette extension de la production de houblon hors des zones historiques se traduit par la création de nouveaux groupements de producteurs. Quatre structures ont demandé à rejoindre l’AGPH : Hopen Terre de Houblon (Sud-Ouest), l’association de Houblons de Normandie, La Bière de Provence (Sud-Est) et Houblons de France. Des adhésions qui ont été validées par le Conseil d’administration de l’AGPH et qui devraient donner lieu à un séminaire de travail fin août, afin de définir la vision de l’AGPH à l’horizon 2022.

 

 

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