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Bérengère de Butler

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Recyclage des plastiques agricoles

Des déchets ? Où ça ?

Pratique

Publié le 28/06/2020

La filière Agriculteurs, distributeurs, industriels pour la valorisation des déchets agricoles (Adivalor) est née en 2001 à l’initiative de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Elle regroupe de nombreux partenaires (lire encadré), qui œuvrent à la collecte et au recyclage des plastiques agricoles. Son fonctionnement est financé par les fabricants et importateurs de plastiques, produits phytopharmaceutiques, engrais, semences certifiées et produits d’hygiène destinés à l’agriculture au moyen d’une écocontribution intégrée dans le prix de vente du produit neuf. En vingt ans, la filière a considérablement progressé. Au départ, les plastiques collectés étaient essentiellement incinérés. Mais, progressivement, non seulement la quantité de plastiques agricoles collectée a augmenté, mais en plus la part de recyclage s’est significativement accrue. « Actuellement, 90 % des plastiques collectés sur la ferme France sont recyclés », indique François Alvès, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture Alsace, en charge de ce dossier. La France est devenue la référence européenne en la matière.

Un tri à la source

Ce qui fait le succès de cette filière, c’est notamment son organisation. En effet, pas moins de 1 200 opérateurs*, dont 80 % de coopératives et négociants agricoles, assurent la collecte des plastiques agricoles, selon un calendrier coïncidant avec les travaux agricoles. Premier rendez-vous, début mai, pour la collecte des Films agricoles usagés (FAU), soit les ficelles, films d’ensilage, d’enrubannage. Mi-juin, suit une collecte axée sur les grandes cultures, qui comprend les sacs de semences, les big bag d’engrais, les bidons de produits phytosanitaires vides. S’ensuit une autre campagne du même type en septembre, dans le Bas-Rhin, et, en novembre, dans le Haut-Rhin (pour des raisons d’habitudes bien rodées, les dates historiques ont été conservées dans les deux départements). L’année se termine sur une seconde collecte des FAU en novembre. Enfin, une collecte s’adresse plus spécifiquement aux viticulteurs, avec une collecte des ficelles de palissage, qui a lieu cette année du 12 octobre au 11 décembre. À ces dates de collecte bien précises, s’ajoute la possibilité de ramener leurs Produits phytosanitaires non utilisables (PPNU) : « Chaque distributeur a un site dédié qu’il s’agit de contacter afin de préciser la nature et la quantité de PPNU à collecter afin de prendre un rendez-vous », précise François Alvès. À l’heure actuelle, les PPNU sont, quant à eux, incinérés. Grâce à ce tri à la source effectué par les agriculteurs, vingt types de déchets sont valorisés. « Le fait qu’ils soient correctement triés, propres et bien conditionnés contribue au succès et à la pérennité de la filière », insiste Thomas Jung, responsable logistique dépôts au Comptoir agricole. D’ailleurs, les déchets qui ne respectent pas les règles de présentation sont refusés.

Des bons et des mauvais déchets

Une fois les déchets collectés chez les distributeurs de fournitures agricoles, une demande d’enlèvement est effectuée auprès d’Adivalor, qui missionne les entreprises de collecte de déchets référencés par ses soins. En Alsace, il s’agit principalement de STIS International (entreprise de transport spécialisée vers l’Europe de l’Est) dans le Bas-Rhin, ainsi que de Coved (filiale du groupe Paprec, spécialisée dans les métiers de la collecte, du tri, du traitement, du stockage et de la valorisation des déchets) et de Hemmerlin (entreprise de transport et de logistique) dans le Haut-Rhin. En France, ce ne sont pas moins de 110 entreprises qui sont mobilisées pour transporter les déchets sur près de 100 plateformes de prétraitement, où ils font l’objet d’un compactage, d’un broyage… Ensuite, ils sont à 90 % expédiés vers des sites de recyclage en France (à 75 %) ou dans l’Union européenne.

Une fois recyclés et reconditionnés, ces plastiques sont rachetés par des industriels, qui leur donnent une seconde vie. Comme tous les marchés, celui des déchets est régi par l’offre et la demande, souligne Thomas Jung, c’est-à-dire qu’un recycleur peut aussi bien payer cher un déchet s’il se recycle facilement et s’il y a un débouché derrière, que demander à être payé pour prendre en charge un déchet difficile à traiter et à valoriser. L’objectif est donc de trouver les bons recycleurs, les bons débouchés… En outre, le marché des déchets est soumis à des aléas. Ainsi, « lorsque la Chine a fermé ses frontières aux déchets étrangers, cela a déstabilisé le marché », illustre Thomas Jung.

Seconde vie

Selon leur nature, le devenir des déchets collectés diffère. Les bidons de produits phytosanitaires deviennent des tubes et gaines techniques pour l’industrie. Les big bags et sacs d’engrais revivent sous forme de cagettes plastiques et éléments de construction. Les films plastiques deviennent des sacs-poubelles. Les sacs en papier ayant contenu des semences se transforment en couche de protection des cloisons de plâtre. Les ficelles et filets sont transformés en raccords plastiques ou en… ficelles. « Ces plastiques se valorisent bien car ils sont propres. Au contraire, les films de paillage font partie des plastiques difficiles à valoriser, essentiellement parce qu’ils sont maculés de terre », explique Thomas Jung. Pour lever ce frein, Adivalor a lancé en 2019, le projet Cleanflex, avec le soutien du Comité français des plastiques en agriculture (CPA), qui vise à créer une unité de prétraitement (broyage et nettoyage) dédiée à la régénération des films de paillage. Cette unité, localisée en Occitanie, devrait être opérationnelle fin 2021. Sa capacité nominale devrait permettre de recycler plus de 10 000 t/an de films souillés. Dès lors, 100 % des films plastiques agricoles devraient être recyclés à partir de 2022. La consolidation de l’industrie européenne du recyclage apparaît cruciale. Adivalor appuie donc les initiatives qui tendent à dynamiser la demande en matière plastique recyclée par rapport aux autres matières premières, à leur garantir des débouchés.

Collecte en hausse constante

En Alsace, la filière fonctionne plutôt bien, pilotée par un comité qui se réunit une fois par an pour ajuster les modalités pratiques de la collecte. Les quantités de plastique agricole collectées ne cessent d’augmenter. Et la tendance devrait se poursuivre, puisque régulièrement d’autres déchets rentrent dans la filière de recyclage. C’est le cas des Équipements de protection individuelle (EPI), collectés depuis deux ans : « Pour l’instant les volumes collectés sont encore faibles, mais cela doit entrer dans les habitudes. Pour les emballages de produits phytosanitaires, la dynamique était la même : après des débuts poussifs, les volumes collectés augmentent chaque année », indique François Alvès. En 2019, d’autres déchets ont encore intégré la filière : les emballages vides de produits œnologiques et d’hygiène de la cave dans les régions viticoles, ainsi que les gaines souples d’irrigation pour le maraîchage. Les pneus usagés ne font pas partie des déchets valorisés par Adivalor : la gestion de ces déchets relève de la responsabilité élargie des producteurs. Enfin, souligne Thomas Jung, le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit. Là aussi, le monde agricole est précurseur, puisque la vente en vrac - d’engrais, par exemple, livré directement dans la benne - se pratique depuis les années 1980.

Malgré le succès de cette filière, les agriculteurs ont plus une image de pollueur que de recycleur. Si les bonnes performances du secteur en matière de recyclage sont méconnues, c’est parce qu’elles ne sont pas suffisamment mises en avant ni valorisée par des opérations de communication, reconnaissent François Alvès et Thomas Jung.

 

 

Semis de variétés mélangées

Diversifier pour diluer le risque

Cultures

Publié le 22/06/2020

C’est suite à un épisode de gel que Marius Rhinn s’est lancé dans les mélanges variétaux. Après la chute du mercure, le constat avait été sans appel : certaines variétés résistent au froid et sont reparties, d’autres pas du tout. Il a fallu trouver un plan B. Alors, pourquoi pas semer un mélange de variétés, dont certaines résistent au gel, et d’autres moins. Des variétés qui ont d’autres avantages ? « Je suis en zone hamster, donc je suis obligé de faire du blé, je ne peux pas remplacer du blé gelé par du maïs. Il faudrait que je fasse du blé de printemps, donc recommencer les semis et tout le reste, pour finalement avoir de toute manière moins de rendement. En semant un mélange de variétés, on risque d'en perdre un certain nombre, mais celles qui vont résister vont taller, et cela peut sauver le rendement », argumente Marius Rhinn. En plus, poursuit-il, « la coopérative demande rarement des variétés pures, elles sont de toute façon mélangées dans les silos, donc pourquoi se priver ? Je veille juste à ne pas choisir des variétés dont ils ne veulent pas ».

Ça tombe bien, c’est aussi auprès de sa coopérative, le Comptoir agricole, que Marius Rhinn fait son marché pour concocter son mélange. Mais, au préalable, il étudie avec soin catalogues variétaux et résultats d’essais, pour que son mélange corresponde à ses objectifs et contraintes. Son principal objectif est la résistance aux maladies, notamment la septoriose et la fusariose, vectrice de mycotoxines, d’autant plus qu’il n’est pas rare que Marius Rhinn implante ses blés en semis direct derrière un maïs, ce qui constitue un facteur de risque pour l’expression des mycotoxines. Un autre critère de choix est la résistance au froid. Enfin, l’agriculteur essaie de choisir des variétés de précocité équivalente, afin de pouvoir les semer en même temps. Sachant qu’au final, la date de semis sera calée sur la précocité des variétés qui apportent le plus de résistance aux maladies.

Un mélange de quatre variétés

La sélection faite, Marius Rhinn achète des doses des heureuses élues, et les implante d’abord séparément pour les tester. Celles qui ne lui conviennent pas sont entièrement récoltées pour être vendues. Une partie de la récolte de celles qui donnent satisfaction est prélevée dans une benne spécifique pour créer le futur mélange : « On prélève un peu de la variété A, de la variété B, de la C, de la D, dans une même benne, on l’amène au Comptoir agricole, où la semence est triée et nettoyée, c’est-à-dire séparée des cailloux, de la paille, des grains cassés. Un traitement de semences est effectué et je récupère mon mélange de quatre variétés conditionné en big bag, prêt pour les prochains semis », décrit Marius Rhinn.

Tous les ans, l’agriculteur teste de nouvelles variétés pour améliorer son mélange. Cette année, quasiment toute sa surface en blé - sauf les parcelles dédiées aux tests des nouvelles variétés - est couverte d’un mélange composé des variétés tenor, foxyl, fructidor et filon. Elles ont été choisies pour lutter préventivement contre les maladies cryptogamiques en répartissant le risque : « Si une variété se fait attaquer, les autres prendront le dessus », indique Marius Rhinn, qui résume la stratégie : « Plus on diversifie la génétique, plus on dilue le risque entre variétés tolérantes et celles qui resteront sensibles ».

Houblon & co

Dans l’expectative

Cultures

Publié le 16/06/2020

Avec 487 ha de houblonnières en Alsace, la surface dédiée à la production de houblon est stable. Sur ces 487 ha, 455 sont en production, la trentaine d’hectares restant étant en repos temporaire pour être replantée à l’automne avec de nouvelles variétés, précise Christian Lux, responsable agronomie et environnement au Comptoir agricole. En effet, la phase de reconversion variétale, amorcée afin de répondre aux attentes du marché avec de nouvelles variétés aromatiques, se poursuit. De même, pour répondre à l’importante demande en houblon bio, trois planteurs sont en cours de conversion à l’agriculture biologique, soit 42 ha de houblonnières. La surface de houblon bio en Alsace devrait donc passer de 33 ha actuellement à 75 ha en 2022. L’Alsace compte actuellement quarante producteurs de houblon, un chiffre assez stable mais le Comptoir agricole en voudrait davantage : « Nous continuons à chercher des jeunes prêts à se lancer dans la culture de houblon », souligne Christian Lux.

La pénurie de main-d’œuvre évitée

Le confinement engendré par la Covid-19 a été source d’inquiétude pour les producteurs : « Il coïncidait avec le démarrage d’opérations qui requièrent de la main-d’œuvre, comme la taille, l’ébroussage, et c’est aussi à ce moment qu’on termine normalement la campagne de recrutement pour la mise au fil… », rapporte Sébastien Holtzmann, producteur à Wingersheim. Traditionnellement, ce sont souvent des Roumains ou des Polonais qui sont embauchés à cette fin. Sauf que les faire venir en France s’annonçait compliqué. Finalement, suite aux appels au renfort de la main-d’œuvre locale lancés par la profession, et à l’autorisation d’embaucher des personnes au chômage partiel, la pénurie de main-d’œuvre ne s’est pas concrétisée. Certes, « il y a eu pas mal d’apprentissage à faire, et le rendement horaire s’en ressent mais, globalement, on s’en sort bien », constate Sébastien Holtzmann.

Du vent dans les lianes

La compaction du sol, engendrée par un hiver pluvieux et sans gel a été source de quelques difficultés, notamment pour la taille, qui s’est faite « moins facilement », rapporte Christian Lux. La sécheresse printanière n’a pas spécialement affecté les plants, sauf les plus jeunes, qu’il a fallu arroser, « alors que tous les producteurs ne sont pas forcément encore équipés », pointe Sébastien Holtzmann. Le vent du nord et la faible hygrométrie ont pour corollaire une situation sanitaire très saine pour le moment. Mais, suite au retour des précipitations, « il va falloir être vigilant et notamment surveiller la progression du mildiou », prévient Christian Lux. Et, s’il chasse les champignons, le vent a aussi tendance à empêcher les lianes de s’enrouler correctement au fil. Résultat, les houblonniers passent actuellement beaucoup de temps à remettre les lianes aux fils. Si on ajoute à cela les effets du confinement, la note en termes d’heures de travail s’annonce assez salée cette année : « Au moins les houblonnières sont belles, espérons que ça dure », souhaite Sébastien Holtzmann.

Moins de bière consommée, moins de houblon utilisé

D’un point de vue conjoncturel, le marché du houblon est bien évidemment marqué par l’épidémie de coronavirus, qui a entraîné dans son sillage la fermeture des bars, restaurants, ainsi que l’annulation des festivals et autres rencontres sportives estivales… autant d’occasions de consommer de la bière qui se sont évaporées : « Ces mesures ont eu un impact très négatif sur la consommation de bière, impact qui s’est répercuté sur le marché de ses matières premières, dont le houblon », indique Antoine Wuchner, responsable de l’activité houblon au Comptoir agricole. Moins de bière consommée, c’est moins de bière fabriquée, donc moins de houblon utilisé. Les brasseurs se retrouvent donc avec des stocks de houblon sur les bras. Aussi, Antoine Wuchner s’attend à des reports sur les contrats passés avec certains clients : « L’ampleur de ces reports va dépendre de la dynamique de réouverture des bars et restaurants », estime-t-il. Mais, quoi qu’il en soit, le marché sera pénalisé. Ne serait-ce que parce que les festivals estivaux, eux, sont bien morts et enterrés. Le comble serait une récolte de houblon abondante : « Comme les brasseurs ont du stock de houblon qui s’accumule, la nouvelle récolte arrivera sur un marché spot, c’est-à-dire hors contrat, caractérisé par des prix bas. »

Bref, la situation n’est pas rose. Mais Antoine Wuchner pointe quelques éléments positifs. Le premier, c’est que ce phénomène est mondial, donc que tous les pays producteurs de houblon sont embarqués dans la même galère. En outre, « l’Alsace est mieux armée que lors de la dernière crise houblonnière qu’elle a eue à traverser, parce qu’elle a étoffé sa gamme de variétés, parce que la production de houblon bio se développe, et que le schéma de commercialisation a été diversifié et travaillé. » Enfin, la demande en houblon bio reste soutenue, et la production française, même si elle augmente, ne couvre pas encore les besoins.

Des fûts sur les bras

Lorsque le confinement a été instauré en France, le 17 mars, les brasseurs qui privilégient les cafés, hôtels, restaurants (CHR), festivals et autres festivités estivales pour écouler leur production se sont retrouvés avec leur stock de fûts prêts pour la saison sur les bras, « dans des proportions assez diverses selon la part réservée aux CHR, aux grandes et moyennes surfaces (GMS…)», précise Éric Trossat, président du syndicat des brasseurs d’Alsace. Or, dans les CHR, la majeure partie des volumes de bière est écoulée au cours des deuxième et troisième trimestres, la consommation étant notamment boostée par l’ouverture des terrasses. Cette année, elles sont restées vides jusque très récemment. « Ce volume de bière qui n’a pas été vendu est définitivement perdu », constate Éric Trossat. Tout comme celui qui aurait été absorbé par les manifestations sportives et culturelles qui n’auront pas lieu cet été. Pour le reste, « la vente de bouteilles a plutôt bien fonctionné », tempère le président du syndicat des brasseurs d’Alsace. Avec, même, un engouement pour les produits locaux, que les GMS ont accompagné. En outre, certaines microbrasseries, peu ou pas référencées en GMS, ont fait preuve d’imagination pour écouler leur marchandise, mettant en place des drives, de la livraison à domicile…

Gérer l’écoulement des stocks pour limiter les pertes

Reste que, durant tout le confinement, et face à leur stock, rares sont les brasseurs à avoir produit des fûts. Depuis, certains ont recommencé à brasser, d’autres attendent encore, comme à la brasserie Uberach où Éric Trossat, son dirigeant, « attend de voir » comment l’activité des CHR reprend. « De toute manière, ils vont commencer par écouler les fûts qu’ils ont en cave », constate-t-il. L’objectif, pour les brasseurs, est donc désormais de gérer l’écoulement de leur stock pour subir le moins de perte possible. Car la bière est un produit sensible, dont les qualités organoleptiques s’altèrent avec le temps. Par exemple, l’amertume des bières IPA, obtenue grâce à une teneur en houblon importante, s’estompe avec le temps. L’impact de l’épidémie de coronavirus sur la filière brassicole est donc désormais suspendu à la dynamique de la reprise de l’activité des CHR : « Tout n’est pas foutu mais il faut que ça reparte », résume Éric Trossat. Hop, tous en terrasse - dans le respect des gestes barrières.

 

Tabac

Les surfaces en baisse

Cultures

Publié le 11/06/2020

La plantation de tabac est achevée sur le territoire de la Coopérative tabac feuilles de France (CT2F). Globalement, elle a été effectuée dans de bonnes conditions (lire en encadré) et, surtout, le plan de production tel que prévu sur la base des intentions de plantation des tabaculteurs, a été respecté. Un bon point pour la France, puisque dans les autres pays producteurs de tabac européens, la situation est différente. En Allemagne, en Pologne ou en Italie, les surfaces implantées s’avèrent inférieures aux intentions émises en hiver. En cause : l’épidémie de coronavirus, qui a menacé l’accès à la main-d’œuvre étrangère dont ces pays sont tributaires pour la production de tabac. « Pour la plantation, cette main-d’œuvre était non seulement moins disponible, mais aussi moins bien acceptée par la population locale, notamment en Allemagne, par crainte qu’elle ne représente un vecteur de diffusion du virus. Et puis un certain nombre de planteurs ont aussi eu peur de planter du tabac et de ne pas pouvoir le récolter si les restrictions de mouvement des populations devaient perdurer. Ils ont donc préféré être prudents en réduisant leur surface, voire en faisant une année blanche », indique Rémy Losser, tabaculteur à Mussig et président de la CT2F. Le bilan global de cette tendance à la réduction des surfaces en Europe n’a pas encore été dressé, mais Rémy Losser avance très prudemment quelques chiffres : « -10 % en Italie, - 20 % en Allemagne… » En Pologne, à la pénurie de main-d’œuvre s’ajoute une sécheresse marquée, aggravée par le manque d’infrastructures dédiées à l’irrigation. Si la France, confrontée aux mêmes problématiques d’accès à la main-d’œuvre, parvient à remplir les objectifs de son plan de production, c’est essentiellement parce que la culture du tabac, et notamment sa récolte, y est significativement plus mécanisée : « C’est clairement un atout, commente Rémy Losser, car cela relativise le besoin en main-d’œuvre étrangère. »

La consommation de tabac à chicha impactée par le coronavirus

Parallèlement à cette réduction de la mise en production de tabac en Europe, ce début d’année 2020 est marqué par une baisse de l’activité commerciale sur le marché du tabac à chicha. Une baisse qui est d’une part liée au ralentissement global du trafic maritime suite à l’épidémie de coronavirus : « Pendant six à huit semaines, tout a été suspendu, les ports étaient bloqués, il y a eu une pénurie de conteneurs… le commerce était donc ralenti mais il y avait du stock », décrit Rémy Losser. Et puis, contrairement à la consommation de cigarettes, qui a peu été impactée par l’épidémie, « il y a eu une baisse significative de la consommation de tabac à chicha, de - 30 à - 40 %, durant plusieurs semaines, notamment dans les pays du Moyen-Orient », indique Rémy Losser. En effet, contrairement à la consommation de cigarette, individuelle, le tabac à chicha se consomme généralement de manière conviviale, en groupe, dans des bars à chicha qui ont pour la plupart fermé leurs portes au plus fort de l’épidémie. « À ce jour, l’ambiance est plutôt rassurante et, si la tendance reste à une reprise de la consommation de tabac à chicha, l’épidémie de coronavirus devrait se traduire par une baisse de la consommation de 10 % sur l’année », estime Rémy Losser.

Baisse historique des surfaces en France

Bien que le plan de production de la CT2F soit rempli, la surface de tabac qui relève de la coopérative affiche une baisse de 20 %. « L’année 2019 a été celle de la restabilisation de la filière française, tant au niveau des capacités d’écoulement que des prix, des volumes et de la qualité des tabacs », indique Olivier Riedinger, directeur de la CT2F. Malgré cela, cette baisse de surface, « la plus importante depuis l’arrêt des soutiens européens à la production de tabac en 2014 », était attendue. Olivier Riedinger et Rémy Losser y voient plusieurs raisons. Pour le directeur, les années 2017 et 2018, compliquées, ont laissé des traces. En outre, « certains producteurs n’ont pas su transformer le virage vers la mécanisation de la production, ou ne l’ont carrément pas pris. Ils se sont alors retrouvés confrontés à des coûts de main-d’œuvre trop importants. » L’arrêt définitif de la production de Burley a aussi joué. Olivier Riedinger estime qu’en Alsace, cette mesure a poussé une quinzaine de producteurs avec leurs 50 ha de tabac vers la porte de sortie en deux ans.

Pour Rémy Losser, la baisse de la surface tabacole n’est pas tant liée à des questions de manque de rentabilité ou de perspective, qu’à la restructuration de certaines exploitations. Il illustre : « Dans des départements comme la Vienne ou les Charentes, quand une exploitation en reprend une autre, il n’est pas rare qu’elle double sa surface. Or, quand on passe de 150 ha de SAU dont 15 ha de tabac à 300 ha de grandes cultures à gérer, cela remet en question la pertinence d’un atelier de production de tabac. » Et puis il y a aussi - et c’est le cas en Alsace - des agriculteurs qui préparent leur départ à la retraite sans perspective de succession. Pour continuer à assurer la rentabilité de l’atelier de production de tabac, il leur faudrait investir mais, à quelques années de la retraite, ils préfèrent arrêter. À raison de 15-20 ha perdus par-ci par-là, les raisons de cette baisse de surface de 20 % sont rapidement élucidées.

Avec cette baisse des surfaces, le volume de tabac produit en France devrait lui aussi significativement reculer. Pour commercialiser le tabac de ses adhérents, la CT2F va contractualiser au courant du mois de juin avec ses quatre metteurs en marchés (NDLR : Alliance One, CNT, Mella et German Tobaco) : « Nous allons repartir sur les mêmes bases qu’en 2019, avec quelques ajustements de curseur entre les différents opérateurs », avance Rémy Losser.

Chou à choucroute

Ça part mal

Cultures

Publié le 10/06/2020

La plantation des choux à choucroute se termine doucement, et elle n’a pas été une mince affaire. Comme pour l’implantation des autres cultures de printemps, les producteurs ont été confrontés à des conditions de travail du sol difficiles, suite à un hiver doux. L’heure de la plantation venue, l’absence de précipitations a entraîné un recours quasi systématique à l’irrigation pour assurer la reprise des plants, « alors que c’est quelque chose qui ne se faisait jamais », note Anaïs Claudel, conseillère alliacées, choux et navets salés à Planète Légumes. Puis, les choux sont assez bien partis, mais malheureusement, les ravageurs ont eux aussi profité de la chaleur et du soleil. « Nous avons été confrontés à de très grosses et très précoces attaques de pucerons, sur des choux à peine plantés, alors que normalement elles ne débutent que mi-juin. Avec, en parallèle, des attaques d’altises », décrit Anaïs Claudel. Une situation sanitaire compliquée donc, qui a imposé d’effectuer des traitements pour protéger les cultures, en plus des tours d’eau. « Les choux ne meurent pas suite aux attaques de pucerons mais leur salive contient une toxine qui décolore les feuilles de chou. Ceux-ci sont affaiblis et, à la pommaison, il peut y avoir des déformations, qui peuvent entraîner le développement de pourritures », décrit la conseillère. Mal partie, la campagne 2020 de production de choux à choucroute pourrait donc s’avérer compliquée jusqu’au bout, surtout si, comme le redoutent les producteurs, l’été devait à nouveau être chaud et sec, les obligeant à enchaîner les tours d’eau à un rythme soutenu.

Jean Rottner sur le terrain

Rebondir après la crise

Vie professionnelle

Publié le 29/05/2020

Médecin urgentiste de profession, le président de la Région Grand Est Jean Rottner a été à son affaire lorsqu’il a fallu gérer dans l’urgence les multiples conséquences de l’épidémie de Covid-19. Désormais (soyons optimistes), c’est l’après qui se prépare. Et là aussi, il y a urgence. Il ne s’agit plus de sauver des vies, mais des entreprises, en leur donnant les moyens de se relever d’un ralentissement voire d'un arrêt total de leur activité. Si les agriculteurs, qui répondent au besoin vital de se nourrir, ont pu continuer à exercer leur activité, ils ont aussi subi les effets collatéraux de l’épidémie. Celle-ci a, par exemple, mis en évidence la dépendance de l’agriculture française à la main-d’œuvre étrangère. Quand celle-ci s’est trouvée bloquée par les restrictions de mouvement des populations, la question de savoir qui allait ramasser les asperges, les fraises et autres premières productions printanières s’est brutalement imposée. La profession agricole a réagi en faisant appel à la bonne volonté des Français privés de leur activité professionnelle et en mesure d’en embrasser une autre le temps du confinement. Un appel qui a été entendu, mais qui n’a pas suffi à remplacer complètement le contingent de bras venus de l’étranger.

Main-d’œuvre : moins, c’est mieux que rien

Le cas de la ferme Lux, située à Pfettisheim, est symptomatique de cette situation. Quelques chiffres suffisent à comprendre la problématique. L’EARL, dirigée par Dominique Lux, consacre 35 % de son assolement 2020 aux asperges en production, soit 34 ha. Le reste est dédié aux grandes cultures, et 15 % sont amputés par la construction du GCO. Ces 34 ha d’asperges représentent normalement 87 % du chiffre d’affaires de la ferme. L’an dernier, 100 % de la surface avait été récoltée, avec 140 t d’asperges à la clé. Cette année, seuls 15 ha ont pu être récoltés manuellement, 5 ha mécaniquement (les agriculteurs ont investi en urgence via la Cuma Asperges d’Alsace dans une récolteuse mécanique à 80 000 € en début de confinement), et 18 ha ne seront pas récoltés par manque de main-d’œuvre. Forcément, la production va chuter - Dominique Lux l’estime à 55 t - et le chiffre d’affaires aussi. Normalement, les asperges sont récoltées par un contingent de 70 saisonniers, quasiment tous étrangers. Cette année, ils ne sont que 58, dont seize Polonais. Les autres sont français, de tous horizons. Beaucoup viennent du monde de la restauration, un milieu pas si éloigné que ça de l’agriculture, mais d’autres viennent de beaucoup plus loin, comme cette jeune femme, qui travaillait dans le marketing à San Francisco, et qui a préféré rentrer au bercail le temps de l’épidémie… Les aspergeraies semblent être devenues un joyeux melting-pot : il fait beau, il fait chaud, des éclats de rire fusent entre les buttes, le short est de rigueur, les masques et les T-shirt, eux, sont optionnels.

 

 

« Par rapport aux inquiétudes que les agriculteurs ont pu avoir, le système a fonctionné, la main-d’œuvre est au rendez-vous et cela permet de sortir la production quand même. En outre, la grande distribution a pas mal joué le jeu de l’approvisionnement local », estime Jean Rottner. Une analyse que partage en partie Dominique Lux : « Nous avons eu énormément d’appels de gens qui souhaitaient venir ramasser les asperges. » Cet élan de la population vers les champs a été salvateur pour les agriculteurs : « Si on n’avait pas pu récolter, on perdait dix années de résultats », a calculé Dominique Lux. Aussi, même s’il a fallu former toutes ces bonnes volonté à la récolte des asperges, que certains étaient parfois trop éloignés du monde du travail et depuis trop longtemps pour être autonomes et efficaces, c’est mieux que rien du tout.

 

 

Orienter les politiques publiques à bon escient

La visite de la ferme a été suivie d’une réunion avec un certain nombre de responsables professionnels agricoles (Chambre d'agriculture, FDSEA, JA). « C’est le moment de se poser les bonnes questions pour orienter les politiques publiques en matières agricoles », pose Patrick Bastian, président de la commission Agriculture et Forêt de la Région Grand Est. Pour lui, comme pour d’autres, l’agriculture alsacienne aurait tout à gagner à s’orienter davantage vers la production de fruits et légumes. La densité de population élevée, et l’artificialisation des terres qui en découle, sont source de force et de faiblesse. Une force parce que tous ces habitants consomment. Une faiblesse parce que le parcellaire alsacien ne sera jamais celui de la Beauce. Par contre, les terres sont riches et, moyennant quelques investissements, l’eau est accessible en abondance via la nappe phréatique et l’irrigation. Jean Rottner rappelle que la Région travaille sur un plan irrigation, qui balaie aussi bien les systèmes d’irrigation à privilégier, que les conditions de création de bassins de rétention : « C’est un enjeu d’avenir », commente-t-il.

 

 

« L’épidémie de Covid-19 a mis en évidence un certain nombre de dysfonctionnements de l’agriculture française et européenne », constate Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, en préambule de cette réunion. Il s’agit donc d’en tirer les conclusions afin de repositionner les stratégies agricoles, notamment en matière d’emploi et de souveraineté alimentaire. « Mais attention à ne pas confondre souveraineté et autonomie alimentaire. Il s’agit de sécuriser l’approvisionnement en nourriture de la population, tout en préservant la vocation exportatrice de l’agriculture française », précise Franck Sander. Il estime aussi nécessaire d’avancer plus vite sur un dossier qui est sur la table depuis plusieurs années : l’approvisionnement en produits locaux de la restauration collective, ce qui implique de pouvoir privilégier les fournisseurs locaux dans la passation des marchés publics, mais aussi de travailler en amont pour proposer une offre en produits locaux qui réponde aux besoins de la restauration collective, par exemple des fruits et légumes déjà épluchés, découpés…

 

 

Accélérer la modernisation de l’agriculture

D’autres questions ont été évoquées durant cette réunion : la possibilité d’explorer une troisième voie entre agriculture biologique et conventionnelle ; les leviers à actionner pour améliorer la situation de l’élevage en Alsace, et plus particulièrement le fonctionnement du secteur de l’abattage, trop concentré aux mains de quelques-uns ; les moyens à mettre en œuvre pour soutenir la viticulture et la filière brassicole, fortement impactées par la Covid-19, citent pêle-mêle les participants à la réunion. En outre, face au défi climatique à relever, l’agriculture a des solutions à mettre en œuvre (photovoltaïque, petite méthanisation…), et les agriculteurs seront d’autant plus prêts à s’en saisir qu’ils seront soutenus par des politiques d’investissements publics efficaces et cohérentes.

Il n’y aura pas d’annonce fracassante de la part du dirigeant de la Région. Ce jour-là, il est venu pour écouter les praticiens de l’agriculture avant de prendre des décisions - une méthode qui a fait ses preuves mais que certains décideurs semblent oublier - et rassurer : « En mettant en lumière l’utilité des agriculteurs, la crise a incité les consommateurs à les regarder à nouveau avec les yeux de l’amour. Elle a aussi montré que la relocalisation commence à côté de chez soi, un élan que nous voulons encourager. » Il constate aussi que, dans le cadre du Business act post-Covid, engagé par la Région afin de relancer l’économie, « on en vient à parler d’agriculture dans tous les groupes de travail car elle est en lien avec des pans entiers de l’économie, comme la bioéconomie ; il faut donc accélérer sa modernisation ».

 

Libres cueillettes de fraises

La liberté révisée

Cultures

Publié le 20/05/2020

Le printemps estival a bien profité aux fraises d’Alsace. Lilian Boullard, conseiller fraises à Planète Légumes, décrit une floraison groupée, abondante et très précoce : « Nous avons deux semaines de précocité. Une de plus que l’année dernière, qui affichait déjà une semaine d’avance par rapport à une année normale. » Conséquence : il y aura sans doute beaucoup de fraises, mais pas très longtemps. Lilian Boullard estime que la saison devrait durer au plus tard jusqu’au 15 juin. En outre, qui dit floraison abondante, dit souvent petit calibre.

Lundi 11 mai, jour du déconfinement, deux libres cueillettes avaient ouvert leurs portes dans le Bas-Rhin : la cueillette Hartmann à Berstheim et la cueillette Krieger à Haguenau. Elles avaient même pu accueillir les premiers libres cueilleurs quelques jours avant, puisque la préfecture du Bas-Rhin avait autorisé l’ouverture des libres cueillettes avant le déconfinement, moyennant le respect des règles de sécurité, contrairement à la préfecture du Haut-Rhin (lire encadré). Une chose est sûre, le déconfinement tombe bien, car les fraises arrivent doucement mais sûrement à maturité.

 

 

Enfin, sûrement, c’est vite dit : interrogé lundi 11 mai, Olivier Grinner, président de l’association des producteurs de fraises d’Alsace et propriétaire de libres cueillettes à Nordhouse et Erstein, attendait avec angoisse de voir à quel point le mercure allait descendre dans la nuit : « Ça va définir la saison. À ce stade, s’il gèle trop fort, on peut perdre jusqu’à 80 % de la récolte », déclarait-il alors que le vent et la pluie empêchaient certains producteurs de mettre en place des mesures de protection. Au final, « le sud de l’Alsace a été plutôt épargné, grâce à une couverture nuageuse et parce que certains producteurs ont eu la possibilité de couvrir les fraisiers », décrit Lilian Boullard, qui estime que le nord de l’Alsace a pu être davantage affecté. De son côté, Olivier Grinner n’aura finalement eu à déplorer que de « légers » dégâts.

Des fraises et du gel

Reste que les cueillettes ouvrent cette année dans un contexte particulier, alors que la menace d’une deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 plane sur une France qui se déconfine : « Chaque cueillette a son propre fonctionnement pour faire respecter les gestes barrière », indique Olivier Grinner. Chez lui, des panneaux rappellent les règles de base, comme le fait de se laver les mains avant d’aller à la cueillette et en rentrant chez soi, de respecter un mètre de distance avec les autres personnes… « Le port du masque est recommandé, et le personnel en est équipé. Une signalétique de déplacement autour des caisses évite aux gens de se croiser, et du gel hydroalcoolique est à disposition », détaille-t-il.

Les premiers producteurs à avoir accueilli du public ne constatent aucun changement dans les habitudes des libres cueilleurs. Pas de ruée, mais pas de désertification non plus. Principal changement : les libres cueilleurs avancent désormais masqués.

 

 

Rendez-vous ici pour trouver des libres cueillettes proches de chez vous : fraise-alsace-libre-cueillette.fr

Apiculture

Le jour et la nuit

Élevage

Publié le 18/05/2020

Les abeilles n’ont pas été confinées, elles. Elles ont pu voler de leurs propres ailes et pleinement profiter de l’aubaine offerte par les facéties climatiques : un printemps estival, cette fois. Par rapport à l’an dernier, c’est « l’exact inverse », décrit Alexis Ballis, conseiller apicole à l’Association de développement de l’apiculture (Ada) en Grand Est. En 2019, les abeilles sont sorties de l’hiver sous la pluie, le vent et le froid. Des conditions peu propices à leur alimentation dans leur environnement, qui ont perduré pendant tout le printemps. En 2020, c’est l’exact inverse : « Ce printemps, c’est l’été », s’exclame Alexis Ballis. Tout fleurit en même temps. Et les abeilles en profitent pleinement. « Peut-être un peu plus en plaine qu’en montagne, où la végétation s’est réveillée un peu plus tard, mais le différentiel reste le même », précise le conseiller apicole.

Autre facteur qui joue en faveur des abeilles : la douceur hivernale. « Nous nous attendions à de fortes pertes hivernales car de nombreuses colonies avaient fini la saison précédente moribondes, après un printemps pluvieux et un été trop sec. » Finalement, comme l’hiver n’a pas été trop rude, les pertes de ruche s’élèvent à 9 % dans le Grand Est, ce qui est un peu plus élevé que l’an passé, mais qui reste « normal ».

La combinaison de ces deux facteurs conduit à des premières miellées très abondantes. « Les apiculteurs récoltent deux fois plus de miel que d’habitude », se réjouit Alexis Ballis, qui pointe une conséquence un peu moins réjouissante de cette orgie de pollen et de nectar : « Le calendrier des floraisons est très resserré, la miellée de fleurs s’enchaîne avec celle d’acacia, et la pureté des crus est donc plus délicate à obtenir. »

Un effet largement climatique

Pour Alexis Ballis, cette hausse de la production de miel n’a rien à voir ni avec le confinement, ni avec l’activité agricole, qui est restée normale malgré l’épidémie de Covid-19. Certes, il y a eu une réduction du trafic routier, donc des émissions de particules fines. Mais, en l’absence de preuves qui viennent l’étayer, « nous réfutons l’hypothèse que le confinement puisse avoir un effet sur l’activité des abeilles. Pour nous, la hausse de la production de miel est essentiellement liée au climat, à cette douceur estivale qui a duré plus d’un mois » et qui s’est achevée fin avril par un rafraîchissement des températures et des précipitations bienvenues, y compris pour les abeilles. Ces dernières tirent en effet une part non négligeable de leur bol alimentaire des forêts. Or ces dernières ont souffert de la sécheresse l’an passé, ce qui a eu pour conséquence d’amoindrir la ressource alimentaire des abeilles l’été dernier. « Or, non seulement les arbres (érables, saules, sapins) sont essentiels aux abeilles, mais elles se nourrissent aussi de nombreuses autres plantes forestières, comme les framboisiers, les aubépines… », précise Alexis Ballis. L’état « dramatique » des forêts pourrait donc venir gâcher le festin si un nouvel été sec et chaud devait se profiler.

Le conseiller apicole souligne aussi que le constat actuel ne concerne que les premières miellées des mois d’avril et de mai. Le bilan de la saison apicole est loin d’être joué, il sera dressé fin août, et dépendra des conditions météorologiques estivales. En attendant, le confinement des consommateurs s’accompagne d’une hausse de la consommation de miel, bienvenue pour absorber l’augmentation de la production. Et, avec une AOP miel de sapin des Vosges et une IGP miel d’Alsace, la Région Grand Est ne manque pas de ressources en matière de délices miellés.

Forêt

L’épidémie silencieuse

Cultures

Publié le 13/05/2020

Certains arbres n’ont pas survécu au manque d’eau et aux périodes caniculaires des étés 2018 et 2019. C’est particulièrement vrai dans le Grand Est, une région où la forêt est majoritairement composée d’essences qui figurent parmi les plus touchées : l’épicéa, le hêtre, le sapin… En tout, ce sont 218 305 ha qui ont été touchés par des dépérissements en forêt publique, ce qui représente 2,14 millions de mètres cubes (Mm3) de bois qui viennent s’ajouter aux 15 Mm3 récoltés habituellement, estime l’ONF. Des dégâts assez généralisés, mais aussi plus ou moins marqués selon les secteurs, en fonction des caractéristiques de sols, des microclimats…

 

 

Épicéa : la double peine

Si l’épicéa est l’essence la plus impactée par le dépérissement c’est que ce résineux est très exigeant en eau, et que les réserves du sol étaient sérieusement entamées par plusieurs années déficitaires en précipitations. Mais c’est aussi que l’épicéa est la cible privilégiée des scolytes, des coléoptères qui pondent leurs œufs sous l’écorce des arbres affaiblis. Les larves s’y développent en creusant des galeries, jusqu’à atteindre le stade adulte et à prendre leur envol pour aller infester d’autres arbres. Or l’état actuel de la forêt est particulièrement propice au ravageur : « Les arbres affaiblis émettent des signaux chimiques qui attirent les insectes », indique Claude Hoh, conseiller forestier à la Chambre d'agriculture Alsace. Et des arbres affaiblis, ce n’est pas ce qui manque actuellement, entre ceux impactés par la sécheresse et ceux qui ont été mis à terre par les coups de vent des mois de février et mars… « Nous sommes face à un saupoudrage de chablis », décrit Claude Hoh. Soit autant de clusters potentiels du ravageur. À cela s’ajoutent des conditions météorologiques elles aussi favorables à l’insecte : l’hiver a été doux, le printemps aussi, les sommes de températures se sont donc rapidement accumulées, si bien que les premiers vols de scolytes ont été détectés début avril.

En pleine phase épidémique de scolytes

« Des études scientifiques menées sur le long terme ont permis de mettre en évidence que les scolytes ont une dynamique de population cyclique sur plusieurs années, avec des phases basses, où la population est jugulée à la fois par des prédateurs et des conditions météorologiques non propices. Et des phases hautes, qualifiées d’épidémiques », pose le conseiller forestier. Les attaques de scolytes sont entrées en phase épidémique sur quasiment toutes les pessières de la moitié nord de la France en 2018. Et l’année 2019 s’est terminée sur une population très importante de scolytes. En Grand Est et en Bourgogne - Franche-Comté, les professionnels évaluent le volume d’épicéas scolytés à 7 Mm3, soit trois fois plus que l’an dernier, sachant qu’1 m3 d’épicéa scolyté engendre 30 000 scolytes typographes. Et que, sur ces 7 Mm3, 3 Mm3 sont encore sur pied en forêt. « Une épidémie met en général trois ans à se calmer », indique Claude Hoh. Mais la quantité de réservoirs et le temps chaud, et sec, de ce début de printemps laissent penser que la décrue n’est pas encore pour 2020. Au contraire, les forestiers s’attendent à une année 2020 dévastatrice.

 

 

Les pertes financières s’envolent

Avec des premiers vols début avril, l’envol de la nouvelle génération, qui a lieu quatre à six semaines après les pontes, n’est plus qu’une question de jours. Or la principale mesure à mettre en œuvre pour limiter l’épidémie, c’est de sortir de la forêt les bois contaminés, pour limiter la charge en insectes. Instaurer une forme de distanciation sociale entre bois malade et bois sain, en quelque sorte. Mais cela suggère des bûcherons qui travaillent, des scieries qui tournent… Et, avec l’épidémie de Covid-19, l’économie tourne au ralenti : « Les bûcherons privés travaillent, ceux de l’ONF aussi, même si ce n’est pas à plein régime. Mais si on ne peut pas sortir le bois infecté des forêts ça ne sert pas à grand chose », constate Claude Hoh.

 

 

Les traitements chimiques contre les scolytes existent mais ils sont si coûteux et préjudiciables pour l’environnement qu’ils ne sont plus mis en œuvre : « Ça ne sert à rien de dépenser autant d’argent pour sauver du bois qui ne va pas se vendre. » En effet, dévastatrice pour les forêts, les épidémies le sont aussi pour l’économie de la filière : le volume de bois mis sur le marché augmente de manière significative. Et il s’agit de bois difficile à valoriser : « Si on le valorise rapidement, les dégâts sont limités. Mais, avec le temps, l’écorce va tomber, le bois va se dessécher, et sa qualité va se déprécier », rapporte Claude Hoh. Pour freiner l’épidémie, il aurait donc fallu commencer à sortir les bois malades de la forêt mi-mars. Comme ça n’a pas été fait, ou très peu, en tout cas pas suffisamment, l’épidémie risque de repartir de plus belle. Or, si les scolytes s’en prennent en première intention aux sujets malades, ils peuvent aussi, s’ils sont nombreux, venir à bout d’épicéas sains. Résultat : les estimations des pertes financières liées à cette épidémie s’envolent, de 80 à… 460 millions d’euros (M€).

Marché saturé et économie à l’arrêt

Face au dépérissement des forêts de l’est de la France, des mesures avaient été prises, quoique tardivement, par les autorités publiques. Le ministère de l’Agriculture a débloqué une enveloppe de 16 M€ pour aider à l’exploitation et à la commercialisation des bois scolytés. Ainsi, il existe une aide au transport de bois pour l’acheminer par voie ferroviaire vers l’ouest de la France, afin de lui trouver un usage plus valorisant que celui de bois énergie. L’exportation de ces bois peut aussi faire l’objet de subventions, sachant que le phénomène ne touche pas que la France : « Toute l’Europe est concernée, et particulièrement la Tchéquie, dont la forêt est essentiellement constituée d’épicéas », précise Claude Hoh. Conclusion : il y a déjà, et il va y avoir encore plus, de bois scolyté sur le marché. Et ce n’est pas une économie à l’arrêt qui va permettre de l’absorber.

Reboisement : des îlots test

Se pose aussi la question de la reconstitution des peuplements touchés. Notamment des espèces à privilégier dans un contexte de changement climatique. Dans le Grand Est, différents acteurs de la filière sont en train de constituer un réseau d’îlots d’avenir, des parcelles de 2 ha où sont testées de nouvelles essences. Le projet prévoit la réalisation de 25 îlots en forêt domaniale, 25 en forêt communale et 25 en forêt privée, soit 75 sur l’ensemble du Grand Est, pour un total de 300 000 arbres plantés d'ici 2022. Une opération qui exige des moyens financiers importants - près de 2,10 M€ - apportés par la Région Grand Est à travers le Programme européen pour l’innovation.

D’ores et déjà, dix essences ont été sélectionnées sur la base des connaissances issues de projets de recherche antérieurs, peut-on lire sur le site internet de l’ONF. Il s’agit essentiellement d’essences méditerranéennes, comme le sapin de Cilicie ou le chêne Zéen. Des essences identifiées pour leur capacité à s’adapter au climat actuel et au climat futur, à produire du bois d’œuvre, et suffisamment de graines pour se reproduire. Des actions sont donc engagées pour panser les plaies de la forêt mais le chemin jusqu’à la guérison s’annonce long, à l’aune du pas de temps qui y règne.

 

Regardez à nouveau :

 

 

Lire aussi : La forêt en urgence sanitaire, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

 

Comptoir Élevage

Aux petits soins avec les bovins

Élevage

Publié le 19/03/2020

Depuis 2015, les animaux sont reconnus comme des êtres sensibles par le Code civil. Ces dernières années, la cause animale est devenue prégnante dans la société et les associations de défense des animaux prolifèrent. Mais certaines, sous couvert de vouloir défendre les animaux, semblent plutôt vouloir en finir avec l’élevage. Marc Peterschmitt, vétérinaire à Comptoir Élevage, appelle donc les éleveurs à « être vigilants ». Non seulement en respectant scrupuleusement la réglementation en vigueur, bien sûr, mais aussi en protégeant les élevages des intrusions malveillantes.

La transportabilité, une notion subjective

En matière de réglementation à respecter, la loi dit, par exemple, qu’il est interdit de transporter des animaux vivants inaptes au transport, comme des animaux malades, blessés ou présentant des faiblesses physiologiques. Par dérogation, des animaux légèrement blessés et transportables peuvent être acheminés vers l’abattoir s’ils sont accompagnés d’un certificat vétérinaire d’information (CVI) « animal vivant » établi par un vétérinaire sur le lieu de départ. L’arrêté du 5 juin 2018 portant sur la transportabilité des animaux pose aussi la coresponsabilité de l’éleveur, du transporteur et du vétérinaire sur la notion de transportabilité de l’animal. C’est néanmoins au vétérinaire qu’il revient de se prononcer sur l’aptitude au transport de l’animal lors de l’établissement du CVI. Or certains cas sont sujets à interprétation, et les avis des vétérinaires et des abattoirs peuvent diverger. En tout état de cause, transporter jusqu’à l’abattoir un animal inapte au transport expose à l’établissement d’un procès-verbal. Il est donc primordial de faire appel au vétérinaire pour établir un CVI, estime Marc Peterschmitt.

La notion de transportabilité ne concerne pas que les animaux accidentés : Marc Peterschmitt prend l’exemple de la teigne ou de la gale. Des affections de la peau qui ne gênent pas le transport de l’animal, n’affectent pas la qualité de la viande, mais des animaux que les bouviers à l’abattoir doivent manipuler avec précaution pour ne pas attraper de champignons. Certains abattoirs refusent de prendre en charge ces animaux, d’autres pas. Marc Peterschmitt dénonce une certaine difficulté à trancher : « Les vétérinaires devraient intervenir dès qu’un animal pète de travers avec un document d’information. Les vétérinaires peuvent le faire, ce sont des actes rémunérés. Mais les éleveurs devraient aussi avoir leur mot à dire ». Car après tout, quand un animal n’est pas transportable, c’est à l’éleveur de se dépêtrer.

Reste le cas des animaux accidentés non transportables : théoriquement, ces animaux peuvent être abattus à la ferme, mais à des conditions si restrictives qu’en pratique c’est quasiment impossible : « Cela revient à se refiler la patate chaude », regrette Marc Peterschmitt, qui précise que l’arrêté du 5 juin 2018 remet au goût du jour un CVI « carcasse » pour le transport d’une carcasse d’un animal abattu sur son lieu de détention à destination d’un abattoir.

Refroidir les élevages pour le bien-être…

L’une des cinq libertés fondamentales qui sous-tendent la notion de bien-être animal consiste à ne pas laisser les animaux « souffrir de contrainte physique grâce à un environnement approprié ». Dans un contexte de changement climatique, caractérisé par des épisodes de fortes chaleurs estivales, les équipes de Comptoir Élevage ont mené une campagne de mesures d’humidité et de température dans les étables de 25 éleveurs. Résultat : « Il fait parfois plus chaud dans les bâtiments qu’à l’extérieur, parfois même la nuit ». Des températures records de 70 °C ont été enregistrées sous des toitures en fibrociment, sachant qu’un bovin entre en stress thermique dès 24 °C. Dès lors, comment aménager les bâtiments pour limiter le stress thermique des animaux, néfaste tant à leur bien-être qu’aux performances économiques de l’élevage ? L’étude a montré que les ventilateurs permettent de réduire la température dans l’étable au-dessous d’un certain seuil, mais qu’en phase de canicule, ils deviennent inefficaces, et ne font plus que brasser l’air chaud. Dommage, car c’est là qu’ils seraient les plus utiles. Certains éleveurs arrosent le toit des étables. L’étude révèle que cette pratique permet surtout d’abaisser la température du toit, mais moins celle du bâtiment, et que pour être réellement efficace il faudrait commencer à arroser le toit avant même qu’il n’atteigne une certaine température. Autres éléments de réponse de l’étude : les qualités isolantes du bois sont confirmées, mais dans le mauvais sens, puisque ce matériau retient la chaleur, aussi bien en hiver qu’en été. À l’inverse, les bâtiments couverts de panneaux photovoltaïques, parce qu’ils sont généralement bien isolés et ventilés pour optimiser le fonctionnement des panneaux, sont aussi des bâtiments où le mercure monte moins haut.

… et les performances économiques

Les équipes de Comptoir Élevage se sont en outre livrées à une analyse statistique en croisant les GMQ et les périodes d’entrée et de sortie des animaux. Résultat : « Entre les animaux qui connaissent une période estivale sur la période d’engraissement et ceux qui n’en connaissent pas, il y a une différence significative de 123 g/j de GMQ », rapporte Marc Peterschmitt. Qui souligne un biais possible : « Les animaux introduits en automne sont généralement de meilleure qualité bouchère que ceux introduits en hiver. Ces chiffres ne reflètent donc pas que l’impact de la chaleur sur la vitesse d’engraissement. » À noter aussi que les chiffres tendent à mettre en évidence un impact différent du stress thermique selon la phase d’engraissement. Il serait moins important durant les phases précoces que sur le milieu d’engraissement et la finition. Un constat en adéquation avec la physiologie : « Plus un animal est lourd et gras, plus il a de difficulté à évacuer la chaleur », rappelle Marc Peterschmitt.

Face à ce constat, quelles solutions ? Les premières mesures à mettre en œuvre consistent à ouvrir les bâtiments dès que la température avoisine 20 °C, et à assurer l’accès à l’abreuvement. Mme Kiefer, éleveuse à Oermingen, au sein du Gaec Kiefer, a tenu à partager son expérience en matière de tubes de ventilation puisqu’elle en est pleinement satisfaite. Dans le bâtiment dédié aux veaux, les éleveurs ont investi dans des tubes en textile perforés dans lesquels un ventilateur propulse de l’air frais venant de l’extérieur. Cela engendre une surpression qui pousse l’air avarié jusqu’à l’autre bout du bâtiment. Le bâtiment des laitières a été équipé d’une gaine munie de buses orientables au-dessus de l’auge et des logettes. Une solution efficace pour améliorer le bien-être des bovins, mais qui a un coût, constate l’éleveuse. Laurent Boime, éleveur à Pfettisheim, confirme l’intérêt des systèmes de ventilation dynamique par surpression, inspirés de ceux qui équipent les élevages porcins : « Il y a 4 ans, nous avons investi avec la société Orela dans un système qui fonctionne avec un tube en PVC perforé », précise-t-il.

 

 

L’aromathérapie à l’étude

Lorsque la ferme du lycée agricole d’Obernai a commencé à fournir l’enseigne Leclerc en viande bovine, cela s’est traduit par une modification de la conduite d’élevage. En effet, afin de pouvoir sortir régulièrement des animaux finis, il faut aussi en introduire régulièrement. Une évolution qui a été l’occasion de tester de nouvelles pratiques d’introduction et de préparation sanitaire des broutards, notamment avec l’aromathérapie, en complément de la vaccination et vermifugation. « Le cadre réglementaire de mise en œuvre de l’aromathérapie est très strict, rappelle Marc Peterschmitt. Seules 21 huiles essentielles sont autorisées en élevage ». Au lycée agricole d’Obernai, les animaux ont été traités avec un mélange de cinq huiles essentielles appliqué à leur introduction sur la ligne du dos depuis septembre 2019. Leurs croissances, morbidité, mortalité sont suivies et vont continuer de l’être. Un essai contemporain comparatif n’était pas possible : en effet, étant donné la volatilité des huiles essentielles, pas sûr que les résultats obtenus pour ceux traités soient statistiquement différents de ceux de leurs congénères traités classiquement, par vaccination et vermifugation.

Antibiotiques : pas automatiques, mais bien pratiques

Autre étude en cours : le suivi de la température des animaux introduits au moyen d’une mesure rectale quotidienne. Première conclusion : la fièvre est presque plutôt une règle qu’une exception : « Il y en a sur 100 % des lots dès le premier jour, surtout sur les animaux les plus jeunes, à plus de 40 °C, et souvent persistante », rapporte Marc Peterschmitt. La cause de ces syndromes fébriles n’est pas établie, mais Marc Peterschmitt croit davantage à une origine infectieuse qu’au stress lié au transport et à la mise en lots. Une chose est sûre : la fièvre fait baisser le GMQ. Néanmoins, il a été décidé de ne pas traiter tous les animaux fébriles, « car si on n’avait pas pris leur température on n’aurait rien vu », mais seulement ceux qui toussent. Conclusion de Marc Peterschmitt : « Les antibiotiques, ce n’est certes pas automatique, mais sur un syndrome fébrile et pulmonaire à l’introduction, ça sert bien quand même ».

 

 

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