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Bérengère de Butler

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Politique agricole commune

La profession agricole rencontre les députés européens

Vie professionnelle

Publié le 19/09/2018

Responsables d’Organisations professionnelles agricoles, de syndicats agricoles, élus locaux, représentants de l’État, ils étaient nombreux à assister à cette soirée d’échanges, qui a débuté par une visite de l’exploitation agricole de Franck Sander, et plus précisément de son atelier consacré à la production de houblon. Une visite qui a permis de poser quelques jalons pour la suite du débat puisqu’ont été abordés des thèmes comme la difficulté à recruter de la main-d’œuvre, l’importance d’encourager la diversification des agriculteurs y compris dans des activités telles que la méthanisation ou le photovoltaïque, le manque de solutions phytosanitaires homologuées pour les cultures mineures comme le houblon, les distorsions de concurrence avec l’Allemagne, qui bénéficie à la fois d’un coût de la main-d’œuvre moindre et de davantage de solutions phytosanitaires homologuées, la nécessité de pouvoir travailler en filières organisées. Franck Sander a d’ailleurs évoqué l’élaboration en cours d’une interprofession réunissant producteurs de houblon et brasseurs français : « Des avocats d’affaire sont en train d’en fixer le cadre », a-t-il indiqué.

Pour une agriculture diversifiée et pourvoyeuse d’emplois

« Cette rencontre avait été prévue à l’issue du blocage de raffineries qui avait pour objectif de réclamer la définition d’un vrai projet agricole, et de dénoncer l’importation de denrées agricoles produites avec des règles moins strictes que celles auxquelles sont soumis les agriculteurs français », a rappelé Hervé Lapie, président de la FRSEA Grand Est. Cette réunion avait pour vocation de donner à chacun l’occasion d’exprimer ses attentes pour la prochaine Pac : « Nous n’allons pas rentrer dans la caisse à outils des différentes mesures qui pourraient être prises, prévient Hervé Lapie, mais présenter notre ambition pour l’agriculture du Grand Est, qui est une agriculture diversifiée et pourvoyeuse d’emplois. »

Pour le président de la FRSEA Grand Est, l’agriculture européenne doit rester une agriculture de production, mais diversifiée. « C’est la solution pour l’agriculture de demain. Chaque agriculteur doit pouvoir trouver son projet pour créer de la valeur ajoutée sur son exploitation », estime-t-il. Autres valeurs défendues : « Une agriculture familiale », avec « des filières organisées ». Ses attentes sont fortes en matière de sécurisation des revenus : « Nous avons besoin d’outils à même de nous donner de la compétitivité ». Car en filigrane de la question du revenu financier, c’est la reconnaissance du métier qui est en jeu : « Le secteur agricole rend service aux consommateurs européens. Or les revenus des agriculteurs sont très inférieurs au revenu français moyen depuis 2012. Il s’agit de redonner de la dignité et de la valeur au métier d’agriculteur. De nous donner les moyens d’entreprendre, de nous rémunérer, d’installer des jeunes… Car un métier qui ne se renouvelle pas est un métier qui meurt. » Sans oublier qu’au-delà de produire une alimentation saine, de qualité et en quantité suffisante, les paysans détiennent aussi les clés de la sauvegarde de la biodiversité, de l’évolution du climat, de la dynamique des territoires ruraux, plaide Hervé Lapie : « L’agriculture c’est de l’environnement, et sans agriculture il n’y a pas d’environnement ».

Renouveler les générations

La question du renouvellement des générations est bien évidemment au cœur des préoccupations des Jeunes Agriculteurs, représentés par Étienne Losser, président des JA du Grand Est : « Seuls 6,5 % des agriculteurs européens ont moins de 35 ans. La population agricole est vieillissante. » Plus généralement, Étienne Losser a le sentiment que « le C de la Pac a été perdu, il n’y a plus de projet commun, les règles ne sont plus les mêmes pour tout le monde, ce qui induit des distorsions de concurrence. L’objectif de régulation des marchés a été abandonné et les paiements découplés ont entraîné des situations de rente, détachées de l’acte de production. »

Face à ce constat, les Jeunes Agriculteurs plaident pour une politique d’installation européenne favorisant le renouvellement des générations. Et pour une Pac qui « accompagne les filières, prévoit des dispositifs pour mieux gérer les risques, comme la diversification, les fonds de mutualisation, l’assurance risque… » Concrètement, les Jeunes Agriculteurs soutiennent une définition de l’actif agricole basée sur l’acte de production, sur des critères de revenu et de temps de travail dans l’objectif de favoriser l’accès au foncier et de limiter les situations de rente. Autre mesure suggérée : conditionner le maintien des aides à un projet de transmission.

Un double enjeu, économique et environnemental

Pour la députée européenne Angélique Delahaye, la prochaine Pac doit répondre à un double enjeu de performance économique et environnementale : « Il est absurde d’opposer agriculture et environnement. Les premières victimes du changement climatique sont les agriculteurs. » Or, regrette la députée européenne, le projet déposé par la Commission ne contient pas un mot sur la gestion des risques et des crises. « Il s’agit pourtant d’inventer de nouveaux systèmes de gestion, car les systèmes fiscaux ne sont pas suffisants. »

Anne Sander a, quant à elle, insisté sur la nécessité de « jouer collectif pour ne pas être perdant ». Coutumière des dossiers afférents à l’emploi, la députée européenne a rappelé que l’objectif de l’Europe « n’est pas de restreindre la mobilité et le marché de l’emploi car il y a besoin de cette mobilité, notamment pour l’agriculture ». Mais que cette mobilité doit être accompagnée, notamment en travaillant sur « la coordination de la sécurité sociale, l’encadrement du contrat de travail, sujet sur lequel il y a d’ailleurs des spécificités agricoles à porter. »

« Le vrai risque, c’est que la Pac devienne moins agricole et moins commune », estime le député européen Arnaud Danjean. Moins agricole parce que, comme ces dossiers soulèvent aussi des questions environnementales, sociales, fiscales et commerciales, ils sont traités par d’autres acteurs que ceux émanant des structures agricoles. Et « ce qui est décidé en commission agricole peut être détricoté par d’autres commissions ». Moins commune parce que « nous assistons à des replis nationaux dans tous les domaines depuis dix ans, avec le Brexit pour paroxysme. Il s’agit donc de savoir placer le curseur entre une nécessaire flexibilité liée aux spécificités de chaque pays et une renationalisation totale dont nous sortirions perdants. » Arnaud Danjean pointe une autre menace pour la Pac : « Une négligence croissante pour la ruralité, avec beaucoup de méconnaissance de la part des élus. »

Mettre de la chair sur le squelette

« Le projet qui a été mis sur la table par le commissaire agricole Phil Hogan fixe un cadre, un squelette, et chaque pays doit construire une stratégie qui sera analysée. Il s’agit de remettre de la chair sur ce squelette, ce qui requiert de savoir ce que l’on met dans ce cadre commun. Nous avons besoin de vos avis, de vos propositions… », a indiqué Michel Dantin, qui a pris des notes à plusieurs reprises au cours de la soirée. Et il va falloir faire vite puisque les députés européens ont jusqu’au 10 novembre pour proposer des amendements. Ensuite, en termes de calendrier, la seule date certaine est celle des prochaines élections européennes, qui auront lieu le 26 mai.

Une autre chose est sûre : le budget européen dédié à la Pac va diminuer, ne serait-ce que parce qu’il y a un pays en moins, le Royaume-Uni, qui contribuait plus à la Pac qu’il n’en bénéficiait. Et aussi parce que « la réalité internationale oblige à avancer sur les politiques de défense, de sécurité communes et de répression de la délinquance. » Mais pour Michel Dantin, couper de façon drastique dans le budget de la Pac « alors que d’autres puissances sont en train de réarmer leurs budgets agricoles, que ce soit les États-Unis, la Chine, l’Inde… » n’est pas une option satisfaisante. Donc, pour défendre ce budget, « la France doit prendre des positions claires ».

Concrètement. Les aides couplées : « Nous nous battons pour les défendre. Mais il faut les faire évoluer, en y associant autre chose. » La conditionnalité : « Il faut tirer le bilan du verdissement et déterminer ce qu’on maintient, ce qu’on simplifie ». Michel Dantin rapporte que la Commission européenne envisage de consacrer 30 % du budget de la Pac au second pilier : « Il y a un consensus pour dire qu’au regard du budget ce n’est pas possible. » Luc Barbier, président de la FDSEA de Meurthe-et-Moselle, met en garde sur le règlement Omnibus, qui modifie l’approche de la Pac : « En déconnectant les aides directes vers des aides à l’investissement, on risque de laisser des producteurs de côté. » Il évoque aussi les zones intermédiaires, dont cinq départements de la région Grand Est pourraient relever : « Avec quel accompagnement ? Sur quel budget ? Et par quel biais ? ». Michel Dantin évoque aussi la question des fonds mutuels, que « la fièvre porcine peut faire avancer… » Quant à Patrick Bastian, tout en défendant les aides du second pilier, notamment à l’investissement et à la modernisation, il regrette leur « gestion désastreuse ». Michel Dantin précise qu’il ne s’agit pas là d’un problème européen, mais français : « La gestion des aides du second pilier a été confiée aux Régions sans cadre ni cahier des charges. Chacun a son mea culpa à faire », car trop de mesures différentes ont été mises en place : « Il faut en choisir moins, et qu’elles soient plus structurantes. »

Mais avant de rentrer dans les rouages technocratiques, il faut défendre le budget de la Pac. « L’autosuffisance alimentaire n’est pas acquise et doit être défendue. C’est un argument qui avait permis à Dacian Ciolos de sauver le budget de la Pac après la crise alimentaire de 2011. » Autres arguments avancés par le député européen : le maintien de la valeur ajoutée dans les territoires ruraux européens et la sécurité sanitaire. Il estime en outre que la sécheresse peut avoir un impact sur les tractations européennes : « Quand la baguette de pain va augmenter, ça va faire bouger les cartes », avance-t-il.

Championnat du monde de labour

Thomas Debes vice-champion mondial en planche

Technique

Publié le 07/09/2018

Mardi matin à Jetterswiller, Thomas Debes avait retrouvé sa cote, ses bottes et ses vaches. Mais sur la table de sa salle à manger trône sa récolte du week-end : trois médailles, une coupe et sa caisse de transport en bois, toutes deux patinées par le temps. Il raconte : « Cette coupe passe de laboureur en laboureur depuis 65 ans. » Tous ceux qui l’ont remportée doivent faire graver leur nom sur le socle qui compte désormais trois étages, et se débrouiller pour qu’elle arrive à bon port pour la finale de labour suivante, afin d’être remise au prochain champion. »

Un sol difficile

« C’était une finale très bien organisée, dans une grande ferme isolée, sans doute un vestige d’une ferme royale, avec 300 ha d’un seul tenant », raconte Thomas Debes. Après s’être entraîné en Alsace dans le sec, il a traversé le Rhin le 20 août pour aller user ses socs dans le sol du secteur de la compétition, toujours dans le sec. « Il s’agissait d’une terre qui n’avait pas été labourée depuis dix ans et qui se caractérisait par un sol dur sous une surface très meuble. » S’agissant d’une grosse ferme avec une surface importante, les engins utilisés sont à l’avenant, et ils ont laissé des zones de tassement qui pouvaient faire sauter la charrue de plusieurs centimètres. « Les bons réglages étaient donc très difficiles à trouver, notamment pour procéder aux dérayures. Nous avons d’abord dû chercher des solutions, ne serait-ce que pour que la charrue reste droite. »

Une météo pas plus clémente

Le lundi suivant, Thomas Debes a tiré au sort ses parcelles d’essais, situées sur le site de la compétition. Des parcelles de 25 m de large sur 50 m de long. « À ce stade, ce n’est plus de la répétition, c’est du fignolage. C’est pour ça que c’est important de pouvoir s’entraîner avant, pour régler le plus gros des problèmes », décrit Thomas Debes. Sauf que cette année, la météo a joué avec les nerfs des laboureurs : « Deux jours avant la première épreuve sur chaume, il a plu 25 litres, et cette eau est descendue assez profondément dans le sol. » Autant dire que les concurrents ne pouvaient plus se fonder sur les réglages préalablement établis ! « Ça a été de l’improvisation. Et là, l’expérience joue beaucoup. J’ai effectué un mélange entre des réglages de conditions sèches et humides pour ne pas trop me tromper », raconte-t-il en ouvrant une pochette renfermant cinq années de notes collectées au fil de ses entraînements. « Le soir même de l’épreuve sur chaume, nous sommes allés voir l’état du sol sur prairie. L’eau était moins descendue, sur les 10-12 premiers centimètres, mais ça n’a pas été plus facile pour autant. C’est pour ça qu’il y a de tels écarts de notes entre les concurrents. »

Laboureur et solidaire

Participer à une finale mondiale de labour représente un budget. Le principal poste de dépenses correspondant généralement au transport du matériel. Aussi Thomas Debes a-t-il monté un dossier de demande de subventions dès le mois de février. Le concours ayant lieu en Allemagne, « il y a à la fois plus de retombées pour les sponsors, et moins de frais pour moi ». Aussi Thomas Debes a-t-il décidé de reverser les fonds qu’il n’aura pas utilisés à l’association Les Enfants de Marthe.

Retour sur cette aventure en images :

 

 

Une culture peut en cacher une autre

Technique

Publié le 20/07/2018

Implanter des légumineuses sous couvert d’une céréale d’hiver permet d’optimiser l’effet de l’engrais vert. Il s’agit d’une forme de semis sous couvert, terme qui recouvre différentes techniques, comme l’implantation d’une culture dans une autre, la conduite simultanée de deux cultures, ou encore la conduite d’une culture avec une plante compagne. « En agriculture biologique, un des freins à lever, c’est l’azote, indique Benoît Gassmann, de la Chambre d'agriculture d’Alsace. C’est pourquoi il est fréquent d’implanter des légumineuses en interculture, comme un trèfle, après la récolte de la céréale. Sauf qu’à cette époque, le sol est souvent sec, et le trèfle a du mal à démarrer. » C’est pour remédier à cet écueil que l’idée de semer le couvert dans la céréale a germé. « On peut semer la légumineuse soit à l’automne, soit en sortie d’hiver, au stade tallage, en profitant d’un passage de herse étrille », indique Benoît Gassmann. Il précise : « En bio, on sème souvent les céréales d’hiver assez tard, car on effectue des faux semis avant, donc il est parfois trop tard pour semer du trèfle et il vaut mieux le faire au stade tallage. » La technique est bien adaptée au blé, à l’orge, à condition de choisir des variétés pas trop couvrantes, mais moins à l’épeautre, trop étouffante. Autre élément important : la légumineuse ne doit pas devenir une adventice du blé. Différents types de légumineuses ont donc été testés. Verdict : les trèfles annuels, à croissance rapide, poussent trop vite et peuvent concurrencer la céréale, jusqu’à obtenir un enchevêtrement inrécoltable ; les trèfles pluriannuels, qui poussent plus lentement, s’avèrent plus adaptés. « Nous avons obtenu les meilleurs résultats avec le trèfle blanc. Le trèfle violet convient aussi, même s’il est un peu plus agressif. » Une fois que le trèfle a démarré, il est possible d’effectuer un broyage, pour le stimuler. Ensuite, il n’y a plus qu’à laisser pousser. Et, après la récolte de la céréale, à laisser le trèfle couvrir le sol avant de le détruire, en automne par un labour, voire au printemps : « Tout dépend du suivant, du type de sol… », conclut Benoît Gassmann.

Peau, troubles musculo-squelettiques (TMS), etc.

La MSA fait de la prévention

Technique

Publié le 20/07/2018

Ces moyens de prévention ont fait l’objet de différents ateliers lors d’une manifestation organisée à l’initiative des élus de l’échelon local de Molsheim de la MSA d’Alsace, en partenariat avec la Caisse d’assurance accidents agricole (CAAA), jeudi 12 juillet au domaine viticole Hubert Reyser à Nordheim. « Le public visé est plutôt viticole », précise Christelle Eyder. Mais les ateliers sont aussi fréquentés par des agriculteurs, également confrontés à l’exposition au soleil, aux produits phytosanitaires et aux gestes répétitifs, par exemple lors de la traite. Le public est composé de salariés, mais aussi de chefs d’entreprise, à la satisfaction de Christelle Eyder. Par contre, la moyenne d’âge est assez élevée : « On aimerait réussir à mobiliser davantage les jeunes pour conserver notre régime indépendant », indique la présidente.

Gare aux coups de chaud

Les trois premiers ateliers concernent la peau. Un organe à part entière. Et une barrière de 2 m2 contre les agressions extérieures. Elle doit donc rester efficace, même si elle est en première ligne face à de nombreux dangers. Le docteur Pascale Herbrecht, médecin du travail, développe les effets du soleil sur la peau, et de la chaleur sur l’organisme, « avec un discours adapté aux personnes travaillant en extérieur, et en contact avec des produits phytosanitaires, puisque la majorité des contaminations par ces produits se fait par voie transcutanée. » Elle rappelle les précautions à prendre par cette frange de la population davantage exposée au soleil, donc au risque de développer un cancer de la peau : porter un chapeau, des lunettes, s’hydrater, porter de préférence des vêtements clairs, amples et couvrants, sinon mettre de la crème solaire. Une stratégie de protection que Pascale Herbrecht propose avec quelques réserves : « Tous les produits ne sont pas suffisamment efficaces. Et il faudrait penser à en remettre régulièrement. Ce qui est rarement le cas. » Elle sensibilise aussi le public au risque lié à la chaleur dégagée par le soleil et qui peut provoquer des coups de chaleur quand l’organisme ne parvient plus bien à réguler sa température interne par la transpiration. Ce qui peut arriver lorsqu’on fournit un effort physique par de fortes chaleurs. L’élévation exagérée de la température corporelle se traduit par des maux de tête, des vomissements, etc. « Il est possible de tomber dans le coma, voire de faire un malaise mortel », prévient Pascale Herbrecht. Il est donc important de se mettre immédiatement à l’ombre, se reposer, boire…

Le dermato, c’est comme le contrôle technique

Elsa Hauger, infirmière, fait remplir un questionnaire aux participants. Les questions portent sur le type de peau, les antécédents, le comportement face au soleil, et contribuent à élaborer une note finale. En fonction d’elle, il est conseillé soit de rester prudent, soit de demander les conseils d’un dermatologue, soit de changer ses habitudes et de consulter rapidement un dermatologue. « Ça devrait être comme un contrôle technique : il faut y aller régulièrement, même si tout va bien », compare Elsa Hauger, qui rappelle qu’une journée de dépistage est organisée par la MSA au mois de mai, avec des dermatologues disponibles dans tous les échelons locaux. Elle conseille aussi de boire avant d’avoir soif car cette sensation marque le début de la déshydratation, et est moins bien ressentie avec l’âge. Autre astuce : mouiller les manches de ses vêtements…

Le bon vêtement de sécurité, c’est celui qu’on porte

Des vêtements, Régis Pierre en proposait toute une collection dans son atelier dédié à la peau et aux produits chimiques. Pas forcément seyants, mais au moins fonctionnels, du moins censés l’être. C’était justement l’objet de cet atelier : faire le point sur l’offre existante, et aider les professionnels à choisir les bons équipements. « Tous les équipements destinés à protéger d’une contamination par les produits chimiques doivent présenter un logo en forme de bécher. » Les gants doivent être choisis en fonction de leur indice de perméation. Et, surtout, il s’agit d’avoir « des mains propres dans des gants propres ». Il est donc important de pouvoir se laver les mains avant d’enfiler des gants : « Ce sont des nids à bactéries, et les pores de la peau ont tendance à s’ouvrir dans leur ambiance chaude et humide. » Côté masque, Régis Pierre préconise la version jetable. Le plus important, « c’est que le masque réponde à la norme de filtration A2P3 ». Pour les yeux, le must, c’est une visière qui présente l’avantage de protéger le visage, d’être compatible avec le port du masque, et me port de lunettes correctrices. Pour le reste du corps, il s’agit de mettre des bottes en caoutchouc et une cote spécialement conçue pour la manipulation de produits chimiques, en tissu déperlant. Ces derniers résistent à un certain nombre de passages en machine (l’idéal étant de les laver à part) et sont plus ou moins confortables. Régis Pierre préconise aussi de porter un tablier par-dessus la cote lors de la préparation de la bouillie. Celui-ci va éliminer une grosse partie des contaminations, il est lavable au jet, et l’utilisateur peut garder la cote lors de l’application au champ, pour être protégé en cas d’intervention sur le matériel de pulvérisation. Denis Litt, conseiller en prévention à la CAAA du Bas-Rhin, présentait d’autres équipements de protection, et distillait quelques conseils de bon sens : « Équipez-vous de différentes paires de gants, adaptés à chaque activité et lavez-les, changez-les, ou optez pour des gants jetables. Demandez des outils dont la taille est adaptée à votre morphologie, idem pour les chaussures… »

Etireo : le savoir-faire des sportifs au monde du travail

Un écran plat qui projette des images d’un type qui fait de la gym : l’atelier suivant dénote de prime abord. Mais lorsqu’Éric Gignet décrit l’activité d’Etiréo, sa présence à cette manifestation fait sens : « Etireo est une entreprise en cours de formation, portée par différents partenaires : Solivers, La fabrique des Territoires Innovants et Siel Bleu, une entreprise qui met à disposition le savoir-faire de sportifs auprès de personnes âgées, en convalescence, pour éviter chutes et récidives. L’objet d’Etireo, c’est d’étendre ce savoir-faire au monde du travail, en proposant des programmes d’échauffement, d’étirement, de pause active, adaptés aux postes de travail. » Un service qui doit permettre de prévenir l’apparition de TMS, ou d’en atténuer les symptômes. L’échauffement se pratique avant la prise de poste. La pause active se pratique environ toutes les heures, à raison de deux minutes de séquences de mouvements appropriés destinés à éviter raideurs, lombalgies. Selon la taille des entreprises, Etireo propose différentes solutions : un coach physique ou digital, via une application, une animation web ou un écran interactif. En viticulture, Etireo peut permettre d’échauffer les salariés avant une journée de travail, histoire de gagner en souplesse, d’échauffer le dos, les chevilles… « Nous proposons des séquences différentes pour varier les mouvements et cibler les parties du corps à travailler en fonction des tâches à effectuer. Par exemple le coude avant une journée de taille », précise Éric Gignet. Etireo fonctionne par abonnement. Contact : 03 88 38 15 65, contact@etireo.eu.

TMS : quand la douleur empêche de faire

Après le sport, un petit jeu de cartes. Sur le stand suivant, le docteur Marie-Claude Croce Knab et Jessica Bach utilisent la voie ludique pour parler d’un problème grave : celui des TMS, un trouble qui constitue la première cause de maladies professionnelles et engendre des séquelles handicapantes pour les victimes, voire une inaptitude au poste de travail. « Les causes des TMS sont multiples, introduit Marie-Claude Croce Knab. Il y a des facteurs mécaniques, liés aux gestes répétitifs, des facteurs psychosociaux, comme le stress, des facteurs liés à la charge de travail, à son organisation, et des facteurs personnels, comme l’âge, le sexe, la pratique d’une activité sportive… ». Jessica Bach invite une participante à tirer une carte sur un thème. Elle choisit celui de la douleur. « C’est le thème le plus souvent choisi », souligne le médecin du travail. Ce qui démontre l’impact des TMS sur la qualité de vie des victimes. Les professionnels de santé préconisent de procéder à des échauffements, des étirements, qui « devraient faire partie intégrante du travail », évoquent aussi la charge mentale, le stress… Des conseils entendus, malgré une certaine forme de fatalité : « Quand je dois tirer un fil (NDLR : de vigne), il doit être tiré, il n’y a pas d’alternative, je ne vais pas le faire avec mon nez, ou mon pied… »

Des outils pour soulager

Transition toute trouvée avec l’atelier animé par Anthony Metzger, conseiller en prévention à la CAAA du Haut-Rhin. S’il ne propose pas encore de bras bionique, il présente des outils qui ont été développés pour soulager le corps humain lors de la réalisation de certaines tâches. Par exemple un « harnais trompe d’éléphant », qui permet de porter un outil en soulageant les épaules, des genouillères, ou encore des Ergosièges, qui permettent de soulager un opérateur en position agenouillée (disponible en trois tailles sur securama.fr), un harnais d’aide au maintien du dos Corfor, un gilet rafraîchissant… L’acquisition de ces outils peut faire l’objet d’une prise en charge partielle par la CAAA, précise Anthony Metzger.

Bilan de campagne

Un PMG menacé par les fortes chaleurs

Cultures

Publié le 06/07/2018

« La mise en place des blés s’est effectuée dans des conditions favorables », indique Jean-Louis Galais, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Le mois de septembre humide a provoqué quelques inquiétudes, mais il faisait suite à une année 2017 très sèche. Donc l’humidité n’a finalement pas posé de problème. Au contraire. Les sols se sont rechargés en eau et les semis ont été effectués dans des conditions favorables, avec de très bonnes levées. L’hiver a été relativement doux, ce qui a joué en faveur du tallage. Jean-Louis Galais rappelle que ce processus est lié à la somme des températures : « Il faut 80 à 90 °C pour faire une feuille, donc plus il fait doux, plus l’émission de feuilles est rapide. Et, toutes les trois feuilles, il y a émission d’une talle. » Le mois de janvier a été particulièrement humide, ce qui, en fonction des types de sols, a pu pénaliser les blés dans certains secteurs. Les températures fraîches, voire froides, du mois de février n’ont pas été pénalisantes. Le mois de mars a été sec et maussade. Puis il a fait relativement doux, ce qui pouvait laisser penser que les blés allaient prendre de l’avance. « C’était sans compter sur le verrou de la photopériode, qui a freiné le développement des blés », explique Jean-Louis Galais. Du coup, le stade épi 1 cm a été atteint à la période « normale », soit vers le 1er avril. Une fois que le verrou de la photopériode est levé, les facteurs climatiques ont beaucoup plus d’importance. Or, le mois d’avril a été marqué par des températures très douces, voire chaudes. Et les stades du blé se sont emballés.

L’azote mieux valorisé par l’irrigation

Durant toute la montaison, le manque de précipitations a compliqué la valorisation du deuxième apport d’azote. Comme le reliquat azoté en sortie d’hiver était assez faible, le pilotage de la fertilisation azotée a fréquemment conduit à réaliser des troisièmes apports relativement importants. Jean-Louis Galais rappelle que l’azote apporté va dans les organes en croissance soit, à ce stade, les épis et les futurs grains, et non les feuilles. Donc l’azote, même s’il a été apporté tard, a été valorisé. Les parcelles qui pouvaient être irriguées ont gagné à l’être car cela a permis de mieux valoriser le second apport, donc, théoriquement, d’économiser sur le troisième. En mai, les températures clémentes ont permis de prendre de l’avance : une dizaine de jours en général. « Les traitements contre la fusariose, qui sont appliqués avant la floraison, l’ont été autour du 17 mai, soit avec une quinzaine de jours d’avance », illustre Jean-Louis Galais.

Le remplissage des grains s’est fait en conditions chaudes. « Celui-ci s’opère en deux phases, précise le conseiller. Il y a d’abord la formation des grains, qui conditionne leur taille, et qui est optimale à 14 °C alors qu’il a fait en moyenne 19 °C. Vient ensuite la phase de remplissage, dont l’optimum se situe toujours à 14 °C, et qui s’est effectué à une température moyenne de 21 °C. » D’où des inquiétudes quant à l’impact de ces fortes chaleurs sur le PMG… Verdict aux champs !

Chambre d'agriculture d’Alsace - Arvalis - institut du végétal

Des leviers pour du blé encore plus durable

Cultures

Publié le 06/07/2018

Cette année, la plateforme blé était installée à Kintzheim, sur une parcelle de l’EARL Kohler. « Le semis a été effectué le 20 octobre, trois jours après un labour, avec la variété RGT Venezio. Il y a eu un premier apport d’azote le 27 février, à raison de 17 uN de sulfate d’ammoniaque et 46 uN d’urée, suivie par un second apport, le 29 mars, de 117 uN d’ammonitrate. Le 3 avril, un régulateur a été appliqué. Il y a eu un traitement herbicide, le 11 avril, avec du kart à 1,2 l. Puis deux tours d’eau, le 5 et le 19 mai, à raison de 35 mm à chaque fois, et enfin un fongicide le 19 mai, soit au stade début floraison, avec du Sakura à 1 l », décrit Marielle Stimpling, conseillère agricole à l’Adar d’Obernai.

Irrigation : pour la croissance et pour l’azote

« L’irrigation du blé se pilote en fonction des périodes de sensibilité au stress hydrique, qui est la plus élevée aux stades levée et montaison », rappelle Jonathan Dahmani, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Mais aussi en fonction des besoins en eau pour valoriser les apports d’azote. En agrégeant les besoins en eau pour la croissance et pour la valorisation de l’azote, la période d’irrigation s’étend potentiellement du stade deux nœuds jusqu’à 20-25 jours après l’épiaison. « Des études ont montré qu’il convient d’arrêter l’irrigation lorsque la longueur du grain a dépassé 75 % de la glumelle », précise Jonathan Dahmani. Cette année, le premier tour d’eau a généralement été positionné au stade deux nœuds, soit vers le 20-25 avril, avec quelques difficultés en raison du vent. Le deuxième tour d’eau se justifiait non seulement pour valoriser l’azote mais aussi parce qu’il coïncidait avec une période de forts besoins, avec une ETP importante, et en l’absence de précipitation. Un troisième tour a pu être réalisé du 20 au 27 mai. Puis le retour des précipitations a marqué la fin de l’irrigation.

Changement climatique : des adaptations à anticiper

Année après année, il apparaît de plus en plus certain que le changement climatique va conduire à des adaptations des pratiques agricoles. Pour les anticiper, la CAA a développé un outil qui permet de simuler le climat à l’échelle locale. « Nous avons commencé à effectuer des simulations sur trois périodes de 30 ans, de 1960 à 1990, de 2020 à 2050 (futur proche) et de 2070 à 2100 (futur lointain) », indique François Lannuzel, conseiller agricole à la CAA. Ces simulations reposent sur un scénario d’évolution des émissions de gaz à effet de serre médian, c’est-à-dire où les besoins énergétiques mondiaux sont couverts grâce à un mix d’énergies fossiles et renouvelables, permettant d’aboutir à une augmentation des températures limitée. Deux indicateurs climatiques ont été utilisés pour caractériser le futur climat de Haguenau, Altkirch et Sélestat : la température annuelle, et le cumul des précipitations annuelles.

Résultats : « Il faut s’attendre à une hausse importante des températures moyennes dans le futur proche (+ 1,3 °C) et lointain (+ 3,1 °C) », annonce François Lannuzel. Par contre, les températures annuelles continuent à évoluer selon les mêmes amplitudes. Les précipitations annuelles seront marquées par une plus grande variabilité, avec davantage d’années sèches ou humides, et qui le seront de manière plus marquée : « On va vers des extrêmes », résume François Lannuzel. Qui détaille : les précipitations mensuelles tendent à augmenter en hiver, et à diminuer en été. En outre, le nombre de jours sans précipitations entre le 1er mars et le 30 juin, soit la période de sensibilité du blé au stress hydrique, augmente. Et le nombre de jours où les températures dépassent 30 °C du 10 mai au 30 juin, soit durant la floraison et le remplissage du blé, augmentera fortement dans le futur lointain. Ce qui suggère soit de développer l’irrigation, soit d’opter pour des variétés, des espèces moins sensibles au stress hydrique. En tout cas d’exacerber les pratiques qui vont dans le sens d’une gestion rigoureuse de l’alimentation hydrique des cultures.

Face à ces premiers résultats, la CAA a la volonté de créer un groupe d’agriculteurs afin de travailler de concert sur la définition d’indicateurs agronomiques, de faire des projections qui permettent d’identifier des impasses, des leviers pour s’adapter, par exemple en modifiant les itinéraires techniques. Mais aussi en réfléchissant à des actions qui permettraient d’atténuer ce changement climatique. Les référents de ce dossier sont François Lannuzel et Jonathan Dahmani. Les agriculteurs motivés pour participer à ce groupe de travail sont invités à les contacter.

Variétés : cumuler les atouts

Fructidor, SY Moisson et Cellule forment le trio variétal de tête en Alsace. Mais il en existe tant d’autres qu’identifier les bonnes relève d’un choix cornélien ! Thomas Munch, d’Arvalis-Institut du végétal, a évoqué quelques critères de choix variétaux. Le débouché d’abord. Le principal débouché des blés alsaciens étant la meunerie, les variétés de classe BPS sont à privilégier. La précocité des variétés est un critère de choix important. Il faut distinguer la précocité à la montaison de la précocité à l’épiaison. « Une variété précoce à montaison redémarrera plus tôt en sortie d’hiver et s’exposera donc à un risque de gel tardif. » La précocité à épiaison reflète la capacité de la variété à finir son cycle. Elle est recherchée dans les milieux stressants en fin de cycle. Sinon, des variétés plus tardives à l’épiaison permettent de valoriser leur plus longue période de végétation. D’autres critères sont à prendre en considération, comme l’alternativité, qui correspond au besoin en froid en hiver pour taller et monter ; la tolérance aux maladies ; la teneur en protéines ; la tendance à accumuler les mycotoxines… Il précise : « La dilution de la teneur en protéines par le rendement est une réalité qu’il convient de nuancer, car certaines variétés ont une meilleure capacité à valoriser l’azote en fin de cycle. » C’est le cas d’orloge, une variété qui affiche une très bonne note GPD. « En Alsace, le critère à privilégier reste la fusariose, car il n’existe que des traitements préventifs qui ne sont pas toujours faciles à placer », estime Fabienne Boizet-Noël, conseillère agricole à la CAA. Et mieux vaut composer un bouquet variétal varié afin de cumuler les atouts de chaque variété.

Biocontrôle : encore trop onéreux

Les produits de biocontrôle sont définis comme « des agents et des produits utilisant des mécanismes naturels dans le cadre de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures », a rappelé Didier Lasserre, d’Arvalis-Institut du végétal. Ils comprennent en particulier les macro-organismes et les produits phytopharmaceutiques qui sont composés de micro-organismes, de médiateurs chimiques, ou de substances naturelles d’origine végétale, animale ou minérale. « Les strobilurines copient une substance produite par un champignon, mais comme un processus chimique est mis en œuvre pour leur synthèse, elles ne peuvent pas être considérées comme un produit de biocontrôle », précise Didier Lasserre. Idem pour les pyréthrinoïdes. Pour l’instant, les produits de biocontrôle ont surtout été développés pour les cultures à haute valeur ajoutée. Il y en a moins en grandes cultures, où le coût de leur mise en œuvre reste encore souvent rédhibitoire, hormis quelques exceptions, comme les trichogrammes utilisés pour lutter contre la pyrale du maïs. Ou encore le Success 4 (Spinosad), composé d’un extrait de bactéries, utilisable pour lutter contre la chrysomèle du maïs, ou contre la drosophile suzukii, mais qui reste cher (80 €/ha). Et d’autres solutions sont en passe de se démocratiser, à l’instar d’un nématode tueur de chrysomèle, dont il parasite les larves, et qui est d’ores et déjà homologué en Autriche. Didier Lasserre prévient : « Biocontrôle ne veut pas dire bio. Certains de ces produits sont toxiques, notamment pour les abeilles ».

Lucile Pligot, d’Arvalis-Institut du végétal, a présenté deux essais qui sont en cours pour évaluer l’efficacité de produits de biocontrôle sur la fusariose et la septoriose et qui sont menés en réseau, dans le cadre d’un projet européen, avec un protocole commun. Différentes solutions de biocontrôle y sont testées seules, à différentes doses, associées à d’autres solutions… Pour l’instant, avance Lucile Pligot, le niveau d’attaque, évalué en déterminant le nombre d’épillets touchés, est similaire quelles que soient les modalités sur le site de Kintzheim. Le même essai est mené à Colmar, avec des conditions très favorables au développement des maladies, ce qui permet de mieux discriminer les différentes modalités.

Agriculture biologique en Chine

Un grand retour aux sources enclenché

Cultures

Publié le 10/06/2018

Dans l’imaginaire collectif, la Chine est composée de grandes villes, très peuplées et de vastes zones rurales, où règnent des conditions de vie encore rudimentaires. La Chine abrite 20 % de la population mondiale, pour 7 % des surfaces arables mondiales, dont une part importante à flanc de montagnes. « Il est donc important de produire, et tout le temps. Donc, comme on ne laisse pas les sols au repos, il faut aussi soutenir leur fertilité », indique An-ni Zhu. Une précaution qui semble avoir été un temps oubliée puisque de nombreux sols manquent de matières organiques.

Une des particularités de l’agriculture chinoise, c’est la production de riz. « Les Chinois mangent du riz tous les jours, à tous les repas », précise Ronald Hupin. Aussi les terrasses reçoivent-elles beaucoup de riz sur riz, même s’il est possible de les assécher pour y cultiver autre chose. La Chine compte encore quelque 300 millions d’agriculteurs, dont beaucoup de petits paysans, qui pratiquent encore la traction animale. Autre particularité de l’agriculture chinoise, les paysans sont nombreux à prendre en compte des aspects énergétiques : « Les premiers orages du printemps sont source de festivités car ils sont considérés comme fertilisants », illustre An-ni Zhu.

Dans ce paysage, la part de l’agriculture biologique certifiée est très modeste : « Moins de 1 %, plutôt 0,5 % de la production nationale », avance An-ni Zhu. Ce qui représente tout de même une certaine quantité, et qui ne prend pas en compte tout ce qui est produit de manière biologique mais sans certification. Le potentiel de croissance de l’AB en Chine est donc énorme. Sauf que les consommateurs chinois n’ont pas confiance en ces produits. « Ceux qui ont les moyens préfèrent consommer des produits bios importés avec une certification européenne par exemple », rapporte le professeur Wang. Quitte à payer ces produits cinq fois le prix de leur équivalent conventionnel. L’essor de la bio en Chine passe donc par deux voies. Restaurer la confiance des consommateurs en la production locale. Mettre au point de nouvelles techniques. « Celles qui sont utilisées actuellement viennent pour beaucoup du passé, et sont difficilement transposables à plus grande échelle », pointe An-ni Zhu.

« Nous ne voulons pas revenir au passé, mais inventer »

La Chine a la réputation tenace d’être une nation à l’activité industrielle débridée, peu regardante sur ses impacts écologiques. Or, lors de son dernier congrès, le gouvernement a affirmé sa volonté de réduire la pollution. La fertilisation non organique est dans le collimateur. Et des fonds ont été débloqués pour encourager le recours à la fertilisation organique. En Chine, 90 % des engrais organiques sont fabriqués par des sociétés. Ils sont souvent à base de déjections animales, de résidus de culture, de tourteaux, de micro-organismes. « 60 % du coût d’un fertilisant organique est pris en charge par l’État », indique le professeur Wang. L’argent ne va cependant pas aux utilisateurs, mais aux fabricants pour qu’ils puissent vendre ces engrais moins cher. Déjà, le recours à la fertilisation non organique aurait diminué de 20 %, avance le professeur Wang.

Mais la médaille a deux revers. Le premier c’est que de plus en plus de sociétés, plus ou moins sérieuses, se sont lancées dans le créneau de la fabrication d’engrais organiques. Le second, c’est que, souvent, le niveau de production ne suit pas. C’est pourquoi les acteurs de cette révolution verte sont actuellement à la recherche de techniques qui permettraient de combiner fertilisation organique et minérale : « Nous ne voulons pas revenir au passé, mais inventer quelque chose de neuf », indique An-ni Zhu.

De la recherche à la pratique

Comme en Europe, la Chine a développé un concept qui semble assez similaire à celui du développement durable, puisqu’il s’articule autour de trois piliers : l’économie, l’écologie et la société. Sur ce dernier aspect, le gouvernement alloue d’importants moyens aux actions à même de freiner l’exode rural en dynamisant les campagnes. Ainsi, chaque village peut recevoir un soutien financier du gouvernement s’il engage des actions en faveur de l’environnement. En outre, la volonté politique de réduire la pollution et l’exode rural se traduit par un soutien significatif aux universités agricoles pour financer la formation et la recherche. Les étudiants sont incités à faire de la recherche appliquée dans les villages. « C’est très efficace car les résultats obtenus en recherche sont appliqués automatiquement », constate le professeur Wang. En outre, la présence d’étudiants contribue aussi à l’éducation de la population locale. Les techniques mises au point dans le cadre de ces projets pilotes ont vocation à être diffusées à grande échelle.

Colza associé

Une complémentarité gagnante

Cultures

Publié le 05/06/2018

« Avant de savoir faire du colza associé, il faut savoir faire du colza », prévient Gilles Sauzet, ingénieur à Terres Inovia. Cette technique a été développée par des agriculteurs du centre de la France - où la culture du colza est essentielle dans les rotations - et qui ont voulu faire évoluer leurs pratiques vers une agriculture plus durable car ils étaient de plus en plus confrontés à des impasses techniques. L’idée de base, c’est d’associer le colza à des légumineuses, dont on espère une destruction hivernale par le gel. Les bénéfices attendus sont l’introduction d’azote symbiotique, l’augmentation de la densité racinaire, la compétition avec les adventices, la perturbation des ravageurs, la limitation de l’hydromorphie.

Mais la technique comporte des risques. Le plus important étant la compétition qui va s’installer entre la légumineuse et le colza pour les éléments naturels. Compétition qui doit rester modérée afin de ne pas pénaliser le rendement du colza. L’autre difficulté, c’est de maintenir un couvert en place sur une longue durée, sans qu’une espèce ne prenne le dessus sur l’autre, et en arrivant à maîtriser sa vigueur, en culture comme en interculture.

Une question d’équilibre

Réussir un colza associé, c’est donc une question d’équilibre. Et de respect de la physiologie de la culture et de sa plante compagne. « De la levée au stade B4, le colza doit absolument dominer sur la parcelle, car il n’est pas encore en phase de croissance active », illustre Gilles Sauzet. Pour choisir la légumineuse à lui associer, il est préférable de retenir une espèce qui pourra fleurir avant l’hiver, car elle sera alors plus sensible au gel et à la diminution de la durée du jour, ce qui facilitera sa destruction. Le colza et sa plante compagne gagnent aussi à avoir des enracinements différents. « Il faut associer des espèces complémentaires », résume Gilles Sauzet. Qui déconseille l’usage du pois, de la lentille et de la gesse, sensibles au champignon pathogène tellurique Aphanomyces. Le semis doit être précoce, d’autant plus que le sol est superficiel, avec des variétés non élongantes, et à une densité relativement réduite, poursuit l’expert. Deux méthodes de semis sont envisageables : en un passage avec deux trémies ou en deux passages.

L’implantation, une étape essentielle

Le retour du colza sur les parcelles a tendance à sélectionner des adventices, notamment le géranium. Le semis direct a donc été testé car, sans flux de terre, il peut permettre d’en limiter la levée. La comparaison de modalités en semis direct non désherbé, en travail du sol désherbé et en travail du sol non désherbé montre que le semis direct tient la route en termes de rendement. Et que le colza supporte une certaine pression en géraniums si sa vigueur est suffisante. « Dès qu’on atteint 1,5 kg de biomasse, colza + couvert, par mètre carré au 1er décembre, on constate une nette diminution du taux de couverture des adventices », précise Gilles Sauzet. Autre enseignement, l’association semble surtout limiter les levées d’adventices à levée tardive (type gaillet), et avoir moins d’effet sur les adventices à levée précoce (type géranium).

La biomasse perturbe les ravageurs

L’association d’un colza et d’une légumineuse constitue également une réponse agronomique à la problématique des insectes d’automne, grosses altises et charançon du bourgeon terminal, qui développent des résistances totales aux insecticides. Une plante attaquée à l’automne se traduit au printemps par un port buissonnant, car la présence de larves dans la tige principale induit des ramifications qui partent au ras du sol. Or, le taux de plantes buissonnantes diminue quand la biomasse fraîche augmente. « On retrouve le seuil de 1,5 kg de biomasse, colza + couvert, par mètre carré au 1er décembre, qui est plus facile à atteindre en colza associé que seul. »

De l’azote pour tous

Un des objectifs recherchés dans l’association d’un colza et d’une légumineuse est l’introduction d’azote symbiotique par cette dernière. « Mais tant que la légumineuse n’est pas détruite, il n’y a pas de restitution. Et il n’est pas sûr que l’azote de la légumineuse profite au colza », note Gilles Sauzet. Reste qu'« à l’automne nous n’avons jamais observé de carence azotée sur colza associé, contrairement au colza seul ». Un phénomène qui s’explique par la différence de prospection racinaire des deux espèces : « La réalisation d’un profil permet de constater que le système racinaire du colza est constitué d’un pivot qui n’émet de racines secondaires que s’il rencontre un obstacle. Ces dernières sont donc peu présentes sur les 10-12 premiers centimètres. C’est exactement l’inverse de la féverole, dont le système racinaire colonise préférentiellement les 10 premiers centimètres du sol. » Ces deux systèmes racinaires qui se complètent conduisent à une meilleure prospection de sol, améliorant aussi son aération et la minéralisation.

Ce phénomène se vérifie dans les mesures de la teneur en azote des plantes, qui est plus élevée pour un colza associé que pour un colza seul. La destruction de la légumineuse représente un apport de quelque 15 unités d’azote au colza au printemps. Et, si on apporte de l’azote minéral marqué au colza, on constate que le colza associé présente un meilleur Coefficient apparent d’utilisation (CAU) que le colza seul. Un phénomène qui s’explique par le meilleur enracinement du colza associé, qui lui confère une meilleure capacité d’absorption de l’azote provenant de l’engrais. À noter que la quantité d’azote redistribuée par la légumineuse dépend de la quantité de matériel végétal qui entre en contact avec le sol : « La féverole et la lentille présentent des rapports C/N équivalents et devraient donc présenter des redistributions équivalentes. Or celle de la féverole est moins importante que celle de la lentille. » Un phénomène qui s’explique par le fait que la féverole perd ses feuilles mais sa tige reste dressée, alors que la lentille entre entièrement en contact avec le sol.

De l’association à la couverture

Une fois la culture du colza associé maîtrisée, l’étape suivante pourrait être le semis direct sur couverture végétale permanente (SCV). D’emblée, Gilles Sauzet prévient : « En tant que tête d’assolement, le colza reçoit la couverture en premier, d’où un risque important de concurrence si le couvert est trop vigoureux. C’est possible, mais ce n’est pas simple. Et il est préférable de partir de parcelles propres. » Il préconise donc de choisir des variétés d’espèces de couverture à croissance lente, qui couvrent l’interculture sans concurrencer le colza. Différents types de couverts sont envisageables, comme une céréale (avoine, orge, blé précoce) associée à du pois, la première servant de tuteur au second. Une option cependant inenvisageable en cas d’infestation de la parcelle par du ray-grass ou du vulpin, car une application d’anti-graminées détruirait aussi le couvert. De nombreuses pistes restent à explorer. Car cette technique laisse présager d’une réduction des charges de production, d’un gain de produit brut et d’un bilan qui serait aussi positif quant aux émissions de gaz à effet de serre et au stockage de carbone.

Cultures associées de légumineuses à graines

À deux, on est plus fort

Cultures

Publié le 05/06/2018

La culture associée de légumineuse à graine est une technique culturale ancestrale, un temps reléguée au rang de pratique archaïque mais que certains agriculteurs redécouvrent. L’objectif est de proposer une alternative au soja fourrager, en cultivant par exemple du pois protéagineux ou de la féverole. Or en cultures pures, ces plantes ont tendance à verser avant la récolte et peuvent souffrir de la concurrence avec les adventices. D’où l’idée d’associer une légumineuse et une céréale, pour « obtenir un maximum de protéagineux dans le grain récolté, sans fertilisation azotée, sans verse, ni casse, avec peu de travail », indique Maurice Clerc, ingénieur au FiBL.

80 % de légumineuse/40 % de céréales

Lors du semis, associer 80 % de légumineuse à 40 % de céréales en pourcentage de densité de semis en culture pure semble être un équilibre qui fonctionne dans la majorité des situations. Le semis s’effectue au semoir à céréales, en trouvant un compromis entre la date de semis et la profondeur de semis de chaque espèce. La culture gagne à recevoir du compost, et un passage de herse étrille si la météo le permet. La récolte doit être effectuée quand la légumineuse à graine est mûre. La moissonneuse-batteuse usuelle, équipée d’un tamis spécial, doit être réglée en fonction de la légumineuse pour ne pas casser les grains, quitte à avoir un peu de céréale non triée qui passe.

« En général, l’association permet d’obtenir un rendement plus élevé qu’en culture pure », souligne Maurice Clerc. Qui évoque des optimisations possibles, par exemple grâce à des semoirs capables de semer chaque espèce à sa profondeur optimale. « Le principal problème, ce sont les variétés. Comme le soja a pris le dessus en alimentation animale, les sélectionneurs se sont désintéressés des autres légumineuses. Aujourd’hui, la sélection redémarre, mais il va falloir attendre dix ans pour avoir des variétés adaptées. »

Avec du pois, de la féverole, du lupin

Néanmoins, Maurice Clerc évoque plusieurs associations possibles. Avec le pois protéagineux d’abord, intéressant de par sa tolérance au froid et à l’humidité. Le pois protéagineux peut être associé à de l’orge d’automne. « S’il est peu vigoureux, il faut privilégier l’orge à deux rangs. Mais s’il est vigoureux, mieux vaut miser sur de l’orge à six rangs, plus haute et vigoureuse. Car l’effet tuteur de l’orge doit être suffisant pour éviter la verse, et une espèce ne doit pas étouffer l’autre. Il est aussi important que l’association laisse derrière elle un champ propre, pour ne pas avoir à multiplier les déchaumages après moisson et pouvoir semer rapidement un couvert végétal. » Autre association qui a été testée : pois fourrager - triticale, pour profiter de la résistance au froid du premier. « Mais les essais n’ont pas donné de résultat concluant. Le pois fourrager ne s’avère pas maîtrisable : soit il étouffe le triticale, soit il ne lève pas… C’est trop aléatoire. »

L’association de la féverole et de l’avoine d’automne est intéressante : « L’avoine a un effet raccourcisseur sur la féverole, or peu de variétés de féverole sont résistantes à la verse. » Pour synchroniser la maturité des deux espèces, Maurice Clerc conseille de jouer sur la variété d’avoine car « il y a plus de choix qu’en féverole ». Et il précise : « Semer de l’avoine d’automne au printemps ne pose pas de problème. Elle fera moins de rendement que si elle avait été semée à l’automne, mais est aussi moins concurrentielle que l’avoine de printemps pour la féverole. »

Les associations à base de lupin peuvent également être envisagées. « Le lupin peut être toasté et affiche une valeur alimentaire très proche de celle du soja. » Comme il n’existe pas de variété de lupin blanc résistant à l’anthracnose, les essais ont été menés avec du lupin bleu, moins productif. « Les associations lupin bleu et avoine ou triticale sont les deux qui ont le mieux fonctionné. » L’association avec du blé pêche par un effet insuffisant sur les adventices. Avec l’avoine rude, « l’effet propreté est bon, mais l’avoine était trop tardive ».

Avec du soja

Enfin, la légumineuse peut aussi être du soja. « Nous avons testé 25 plantes compagnes allant de l’avoine, à la caméline, au triticale, à la chicorée néozélandaise, une espèce très couvrante, trop même, puisqu’elle a aussi étouffé le soja, en passant par des mélanges de ces espèces. » Plusieurs enseignements peuvent en être tirés. Associer deux légumineuses n’a pas d’intérêt. La concurrence pour l’eau en année sèche constitue un frein. En outre, « la nécessité d’effectuer un sarclage de l’interligne et de la plante compagne sur la ligne et à proximité est rapidement apparue ». Mais même cette précaution prise, en année sèche, « le rendement décroche en association, et ceci d’autant plus que la culture associée est semée dense ».

Depuis les premiers essais, la technique de semis a été améliorée, avec un semoir combiné qui permet de semer les deux espèces en même temps. En 2016, après des conditions de semis très difficiles, l’association soja-sarrasin a donné de bons résultats en termes de propreté. Puis, en 2017, le soja a levé dans des conditions très poussantes et a étouffé toutes les associations, sauf le sarrasin. Maurice Clerc analyse : « La densité de semis a été trop diminuée. L’optimum dépend de l’année, ce qui ne peut pas être anticipé. » La technique n’est donc pas encore au point, mais les travaux se poursuivent : irrigation, utilisation d’espèce compagne tapissante comme le gazon, amélioration variétale, apports de compost pour réduire le phénomène de fatigue des légumineuses. « Il y a encore beaucoup de choses à faire pour occuper tous les créneaux possibles, car il y a aussi des variétés alimentaires de pois, de lupin, de féverole, etc. », avance Maurice Clerc.

SlowUp Alsace

Big up pour l’Alsace - et ses vins

Pratique

Publié le 31/05/2018

Cette 6e édition sera la première organisée par l’association slowUp Alsace de la route des vins. Le slowUp Alsace a été créé en 2013, pour fêter les 60 ans de la route des vins et promouvoir l’Alsace œnotouristique. Le concept de l’événement est Suisse. Il s’agit de ralentir l’allure, pour augmenter le plaisir. Au pied du Haut-Koenigsbourg, à cheval sur les deux départements, un parcours de 31 km, divisé en quatre boucles de 8, 11, 16 et 19 km est mis en place. C’est-à-dire que la circulation motorisée y est totalement interdite.

Autre particularité à cette course lente, il n’y a pas de départ, ni d’arrivée, les participants peuvent rejoindre le flux où ils veulent, et le quitter de même. Seules contraintes : utiliser un moyen de locomotion douce, respecter le sens de la circulation et être vêtu de blanc. Un dress code mis en place dès l’origine de la manifestation, en l’honneur des vins blancs d’Alsace.

« Plus grand événement œnotouristique de la région »

Après avoir porté le slowUp pendant cinq ans, Alsace Destination Tourisme (ADT) a passé le relais à une association, constituée d’acteurs locaux (toutes les communes traversées sont membres) qui coordonne l’événement, en lien avec l’ADT, et avec l’ensemble des partenaires historiques. Marcel Bauer, vice-président de cette association, maire de Sélestat et conseiller départemental, souligne d’ailleurs l’implication des Départements, notamment des services techniques, puisqu’une grande partie du parcours emprunte des routes départementales : « Il faut mettre en place toute une signalétique, sur le tronçon, et en amont, pour que les participants puissent rejoindre le parcours ». Un dispositif qu’Olivier Sohler, maire de Scherwiller, et président de cette nouvelle association n’hésite pas à qualifier d'« exceptionnel », avec notamment de nombreux signaleurs bénévoles. D’autant que cette année l’accès au parcours pourrait être compliqué par des travaux sur l’A35 qui rendent l’accès à plusieurs localités délicat, et une grève annoncée de la SNCF. Heureusement, de nombreux parkings fléchés seront mis en place. Et il n’y aura plus qu’à se laisser guider.

De 14 000 participants lors de sa première édition, le slowUp a atteint les 40 000 l’an dernier, souligne Vincent Debes. Cette année, les organisateurs en espèrent 35 000. Une affluence qui positionne le slowUp comme « plus grand événement œnotouristique de la région », avance Olivier Sohler. Les raisons de ce succès ? « La possibilité de découvrir de beaux paysages et un patrimoine culturel dense, de déguster des mets, des vins… », détaille Vincent Debes. Pour qui le slowUp constitue donc un « condensé de la stratégie des Départements en matière de tourisme », c’est-à-dire allier gastronomie, œnotourisme, patrimoine historique, itinérance et mobilité douce. Une formule qui attire des touristes, parfois de loin, et des locaux, pour qui le mode de mobilité douce permet de découvrir leur environnement sous un autre angle.

Alors qu’un rapprochement des deux départements d’Alsace est à nouveau évoqué, Marcel Bauer a souligné la symbolique de cette manifestation « ancrée sur les deux départements ». Déception cette année : la défection du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace de cette manifestation qui a aussi pour mission de faire la promotion du vin d’Alsace.

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