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Bérengère de Butler

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Concours du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace 2018

Du très haut niveau

Pratique

Publié le 19/11/2018

Du 2 au 6 octobre derniers, plusieurs jurys composés de producteurs, grossistes, directeurs de magasin, responsable de centrales d’achat, salariés de Sodexo, journalistes, ont arpenté les rayons des 50 points de vente ayant participé à la cinquième édition de ce concours. Ces derniers étaient classés en catégories, afin de pouvoir comparer ce qui est comparable. Il y en avait cinq : les supérettes, les supermarchés, les hypermarchés, les magasins de producteurs et les restaurants Sodexo, représentant la restauration hors domicile.

Les réalisations des chefs de rayon fruits et légumes étaient notées sur différents critères : impression générale, soin apporté à la présentation, assortiment de la gamme, respect de la saisonnalité, présentation des produits, qualité et fraîcheur, information du consommateur (étiquetage), qualité, utilisation des objets publicitaires élaborés par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) pour mettre en avant et valoriser les fruits et légumes d’Alsace, mise en valeur des produits bios, de saison…

Pour des étalages attractifs 365 jours par an

C’est Pierre Lammert, président de l’Ifla, qui a accueilli les participants à la cérémonie de remise des prix à la cave du Roi Dagobert à Traenheim. Ses remerciements sont allés à la Région Grand Est, aux jurés, à Sara Guntz et Yannick Wihr, chevilles ouvrières de ce concours à l’Ifla, à Boris Wendling, vice-président de l’Ifla où il représente les distributeurs, et bien sûr aux magasins et restaurants participant : « Nous avons vu de très belles choses, fruits d’importants efforts pour mettre en avant les fruits et légumes d’Alsace », s’est félicité Pierre Lammert, qui estime que la mise en avant de ces produits par des étalages attractifs constitue un atout pour les producteurs, les distributeurs et les consommateurs. Car cela incite les consommateurs à manger davantage de fruits et légumes. Donc à en acheter plus. D’après lui, les ventes de fruits et légumes augmenteraient de 10 à 30 % dans les magasins participants durant l’opération. Du coup, pourquoi se limiter à quatre jours par an ? Pour Pierre Lammert, il y a tout intérêt à mettre les fruits et légumes d’Alsace en lumière 365 jours par an.

Nous faisions partie du jury, retrouvez notre tournée en images, avec une interview de Sara Guntz :

 

Appro

Corteva Agriscience investit 16 M€ à Cernay

Cultures

Publié le 10/11/2018

Corteva Agriscience, c’est la nouvelle entité née de la fusion de DuPont et Dow AgroSciences, consommée le 1er septembre 2017. Fusion qui va se traduire par la séparation des activités de DowDuPont en trois sociétés distinctes, sans liens financiers et toutes trois cotées en Bourse. Corteva Agriscience (de Core, le cœur, et Teva, la nature) regroupera les activités agricoles de DowDuPont : essentiellement protection des cultures et semences.

Des produits d’origine naturelle

Un jeu de chaises musicales qui se traduit par des restructurations et la réorganisation de l’outil industriel. Un site de fabrication de produits phytosanitaires a notamment été fermé en Angleterre. En Alsace, Corteva Agriscience compte trois sites de production, à Drusenheim (Dow AgroSciences), Cernay et Uffholtz (DuPont). Le site de Cernay, s’en sort plutôt bien : « Il devient un centre européen pour différentes actions… », indique Jean-Philippe Legendre, directeur de Corteva Agriscience France. Créé en 1982, ce site, spécialisé dans la synthèse, la formulation et le conditionnement de produits phytosanitaires, emploie actuellement 380 personnes et une centaine d’intérimaires. Bientôt plus.

Car la création de Corteva Agriscience va faire tripler le budget dédié à l’investissement. Et Cernay va hériter d’une des activités supprimées en Angleterre : le conditionnement de trois spécialités phytosanitaires. Qui plus est des produits qui ne sont - a priori - pas menacés d’un retrait d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) puisqu’il s’agit de dérivés de produits naturels. Le Spinosad (spécialité Success 4…) est un produit obtenu par fermentation bactérienne, utilisable en agriculture biologique en vigne, arboriculture, maraîchage pour lutter contre des insectes ravageurs des cultures. Le Spinetoram (spécialité Radiant…) est également un insecticide, essentiellement autorisé pour des usages sur vigne. L’Inatreq active est un fongicide obtenu par fermentation bactérienne de Streptomyces, dont la matière active vient d’être autorisée en Europe pour des usages sur grandes cultures contre la septoriose et la rouille.

Création d’emplois

Pour Patrice Swinnen, directeur de production des sites de Cernay et Uffholtz, l’annonce de cet investissement ne pouvait être qu’une bonne nouvelle : « Il marque la confiance de Corteva Agriscience pour son site de Cernay, qui voit sa capacité de production renforcée, sa gamme de compétences élargie avec le conditionnement de produits naturels qui répondent à la demande de la société et des agriculteurs. » Outre la construction d’une nouvelle unité de conditionnement de 4 000 m2, l’investissement de 16 M€ couvre également la transformation de trois lignes de production déjà existantes sur le site de Cernay, pour permettre d’accroître leur débit. La nouvelle installation devrait être opérationnelle en septembre 2019. À terme, cet investissement devrait entraîner la création de 50 postes d'ici 2022, dont 20 d’intérimaires.

La production des sites alsaciens est destinée au marché domestique mais également, pour une grande part, à l’exportation. « Cet investissement doit donc contribuer à développer les exportations françaises. Il marque aussi notre capacité d’innovation, portée par quelque 7 000 chercheurs qui ont pour mission de développer des solutions innovantes répondant aux exigences croissantes des consommateurs en matière de développement durable, de moyens de production. Ce projet représente une avancée dans la transition pour produire avec une pression chimique moindre », s’est félicité Éric Dereudre, directeur Europe du Nord de Corteva Agriscience. En espérant que le cadre réglementaire le permette : « La réglementation européenne en matière de produits phytosanitaires est très exigeante, ce qui nous pousse à l’être. Mais la situation peut devenir problématique en cas de surtransposition de la loi ». Une disposition de la loi issue des États généraux de l’alimentation consiste, par exemple, à interdire la production et le stockage en France de produits phytosanitaires interdits à la commercialisation en France. Ce qui concerne un certain nombre de spécialités produites par Corteva Agriscience en France.

D’autres nouveautés à venir

Cet investissement, c’est la partie émergée de l’iceberg. « Chaque année, Corteva Agriscience investit quelque 10 % de son chiffre d’affaires, soit 1,4 milliard de dollars (Md$) dans la recherche et le développement avec l’ambition de fournir des solutions aux agriculteurs, grâce à un portefeuille équilibré entre des produits phytosanitaires innovants et des semences », souligne Éric Dereudre. Dans les quatre prochaines années, quatre spécialités à base de matières actives innovantes vont être mises sur le marché par Corteva Agriscience. Zorvec est un anti-mildiou homologué sur pomme de terre et vigne qui sera disponible pour la prochaine campagne. Arylex, un herbicide développé sur céréales, devrait être homologué sur colza, où il constituerait une solution de désherbage en postlevé, pour un désherbage plus ciblé. InaTreq active, fongicide grandes cultures d’origine naturelle, est en cours d’évaluation en France et pourrait être mis sur le marché en 2020. Enfin, Nitrapyrine est un inhibiteur de nitrification développé pour optimiser l’efficacité des engrais azotés.

« Tous ces produits reposent sur de nouvelles matières actives, issues de familles chimiques différentes de celles qui sont actuellement sur le marché », souligne Jean-Philippe Legendre. Ils vont donc permettre d’alterner les modes d’action des solutions de contrôle des ravageurs, alternance indispensable à l’évitement de l’apparition de phénomènes de résistance. Une bonne nouvelle donc pour le monde agricole, car la mise sur le marché de solutions réellement innovantes se fait de plus en plus rare. Éric Dereudre rappelle : « Il faut compter une dizaine d’années de recherche, d’études et de développement avant qu’un produit phytosanitaire soit mis le marché. » Et les produits dits « naturels », ou de biocontrôle, sont en général encore un peu plus difficiles à inventer et à produire à l’échelle industrielle. Dans le cas du Spinosad, par exemple, la molécule active est instable. L’élaboration d’une spécialité commerciale a donc nécessité de stabiliser cette molécule, ce qui a été effectué par greffage. Un stratagème dont l’élaboration nécessite du temps et des moyens.

Que ce soit dans le domaine des applications foliaires, des traitements de semences, des biostimulants, les équipes de Corteva Agriscience sont amenées à innover pour concilier efficacité et innocuité. Pour gagner en expertise dans ces domaines émergents, Corteva Agriscience noue donc des partenariats avec des sociétés tierces. « Notre critère numéro 1 c’est la performance de nos produits », tient à préciser Éric Dereudre. Au-delà des produits phytosanitaires et des semences, Corteva Agriscience va aussi développer un troisième volet d’activité : le digital. « Nous travaillons sur des outils devant permettre d’optimiser les traitements », indique Jean-Philippe Legendre. Soit des outils d’aide à la décision, des solutions d’e-learning, de pilotage des interventions par imagerie satellite…

Prés-vergers

Du bois plutôt que des fruits

Technique

Publié le 08/11/2018

Les prés-vergers qui façonnent les paysages d’Alsace Bossue et des Vosges du Nord sont un vestige de l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne en 1870. « Pour l’Allemagne, l’Alsace c’est un peu le Sud, alors que pour la France c’est un peu la Sibérie », compare Claude Hoh, conseiller forestier à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Dès lors, les autorités allemandes ont dévolu ce nouveau territoire à la production de fruits. Les vergers familiaux, autrefois situés au cœur des villages, ont été transférés en périphérie, et développés. À cette évolution s’est greffée une économie du fruit, qui a bien fonctionné jusque dans les années 1970, mais qui périclite depuis : « Le manque de débouchés pour les fruits remet en cause le fonctionnement du système », constate Claude Hoh. Les agriculteurs qui essaient encore de commercialiser cette production n’arrivent pas à la valoriser correctement : à peine 12 cts/kg pour des pommes bios, 20 cts/kg pour les quetsches, témoignent-ils. Du coup les fruits ne sont plus guère ramassés et constituent un danger pour les animaux qui pâturent dans les prés. L’excès de quetsche n’est pas très bon pour leur transit. Pire, une pomme mal engagée peut étouffer une vache.

« La conservation des vergers traditionnels est inscrite dans la charte du territoire du Parc naturel régional des Vosges du Nord », note Cécile Bayeur, responsable agriculture et gestion des espaces ouverts. Une volonté politique qui a donné lieu à différentes actions : plantations d’arbres, cours de taille et d’entretien, commandes groupées d’arbres organisées par les associations arboricoles. Plusieurs leviers de valorisation des récoltes existent, comme un pressoir à jus de pommes, un atelier de pressage de noix en huile, des plateformes de collecte de fruits… Mais ça ne suffit pas à rééquilibrer l’important différentiel entre le potentiel de production et les besoins. Rien que sur le ban de Butten, « il y a plus d’arbres que d’habitants », indique Claude Hoh. Très précisément 4 042, surtout des quetschiers, pruniers, pommiers, mais aussi des mirabelliers, cerisiers, poiriers, noyers. Qui produisent quelque 342 tonnes de fruits, estime Claude Hoh, ce qui représente « 120 000 litres de jus de pomme ou 500 l d’eau-de-vie ou encore 180 000 tartes ». De quoi nourrir plusieurs fois tous les habitants de Butten, même convertis au régime frugivore…

Faire évoluer les prés-vergers

Dommage, car le concept de pré-verger est plutôt intéressant d’un point de vue agronomique. En effet, il permet de maximiser la production agricole, en exploitant au mieux l’espace aérien et souterrain : les précipitations, l’ensoleillement, les réserves nutritives, tout est optimisé. Alors, plutôt que de laisser ces vergers péricliter et pénaliser les performances d’élevage, Claude Hoh propose de faire évoluer progressivement ces prés-vergers. Première étape : sortir les quetschiers qui arrivent en bout de course et qui produisent les fruits les plus difficiles à valoriser. Les remplacer par d’autres espèces, soit d’arbres fruitiers plus adaptés à la demande, par exemple des pommiers précoces, soit des essences destinées à la production de bois, comme l’alisier, le cormier, l’érable champêtre, le tilleul, le noyer… Il restera alors à organiser des chantiers de récolte concertés, pour valoriser au mieux ces nouveaux produits. Mais pas avant plusieurs décennies, ce qui laisse le temps aux producteurs de s’organiser !

Pour Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace et éleveuse en Alsace Bossue, le modèle des prés-vergers doit perdurer : « Nous sommes nombreux à pratiquer l’agriculture biologique, ce qui implique l’obligation de faire pâturer nos troupeaux. Or avec le dérèglement climatique, les épisodes de fortes chaleurs estivales risquent de se répéter, et nous devons pouvoir procurer de l’ombre aux animaux. Sans oublier que les arbres constituent des puits de carbone et contribuent donc à atténuer le changement climatique. »

Grand hamster. Programme Life Alister

Un programme ancré sur le terrain

Cultures

Publié le 31/10/2018

Deux principaux facteurs de diminution de populations de grand hamster ont été identifiés : l’évolution des pratiques agricoles et la fragmentation de l’habitat, liée à l’artificialisation des terres. Les pratiques agricoles défavorables au grand hamster sont celles qui laissent les sols trop longtemps nus, l’exposant à ses prédateurs et le privant de ressources nutritives. Et le manque de diversité culturale, qui tend à appauvrir son régime alimentaire. Pour identifier les pratiques les plus favorables au grand hamster, la Chambre d'agriculture a testé l’effet de l’implantation de différentes cultures intermédiaires, de la modification des techniques de travail du sol…

C’est à cette fin que la Cuma de la Plaine a été créée, pour que les agriculteurs expérimentateurs puissent disposer du matériel nécessaire à la réalisation de ces pratiques. Le matériel, présenté sur l’exploitation de Jean-Luc Meppiel, agriculteur à Oberschaeffolsheim et membre de la Cuma, a été entièrement financé par le programme Life Alister et mis à disposition de la Cuma via la Chambre d'agriculture. Parmi ces outils, une houe rotative et une herse étrille (acquise dans un second temps par la Cuma), deux outils utilisés pour procéder à du désherbage mécanique, par exemple dans des céréales au printemps, ou à du sous-semis entre les rangs de blé, une des techniques mises en place durant ces années d’essais pour optimiser la couverture du sol « avec plus ou moins de succès », rapporte Annabelle Revel-Mouroz, conseillère spécialisée en protection des milieux à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Francis Humann, qui pratique l’agriculture biologique, témoigne : « Après avoir semé un blé à l’automne, je sème dedans un pois au semoir direct au printemps. Puis j’effectue un passage de houe pour alléger le sol et un passage de herse pour arracher les filaments d’adventices. »

Dans le panel d’outils figure aussi un semoir à semis direct, qui permet d’implanter une culture dans les chaumes de la culture précédente sans procéder à aucun travail du sol au préalable, ce qui évite d’abîmer les terriers et les galeries du rongeur, et raccourcit la période de sol nu entre deux cultures. Fin 2017, le programme a financé un rolofaca, un rouleau équipé d’une lame qui permet d’écraser un couvert d’interculture et de le transformer en mulch : « La croissance du couvert est stoppée, mais on conserve un microclimat, des ressources nutritives favorables à la faune et, à terme, de la matière organique pour le sol », décrit Annabelle Revel-Mouroz. C’est aussi grâce au programme Life Alister que la Cuma de la Plaine a pu acquérir un strip-tiller, outil qui propose un compromis entre le non-labour et le travail du sol puisqu’il travaille seulement la future ligne de semis, soit environ un tiers de la parcelle.

Découvrez le matériel de la Cuma de la Plaine en vidéo :

Toutes ces techniques favorables au grand hamster s’accompagnent néanmoins de quelques contraintes techniques : « Il faut réussir à maîtriser la concurrence que le couvert exerce sur la culture car il s’agit d’atteindre un équilibre entre préservation du couvert et du rendement de la culture », illustre Annabelle Revel-Mouroz. Ce qui, en système conventionnel, passe par l’application de petites doses d’herbicide.

Petites bêtes, grands effets

Quelle que soit l’obédience des agriculteurs membres de la Cuma, participer au programme Life Alister a changé leur manière de travailler : « Il y a plus de réflexion et aussi plus de passages, avec de la satisfaction mais pas toujours », témoigne Marius Rhinn, agriculteur à Griesheim-près-Molsheim. Francis Humann poursuit : « Partager les expériences des uns et des autres nous a permis de progresser. Cela minimise l’effet des échecs et maximise le nombre d’expérimentations que nous pouvons mener. Il y a aussi eu des passages à l’acte qui n’auraient peut-être pas eu lieu sans la Cuma. » Les agriculteurs ont par exemple acquis du matériel qui leur était utile, sans financement du Life Alister, comme une rotohétrilleuse.

La Chambre d'agriculture a mené des essais afin d’évaluer l’impact de ces pratiques sur la biodiversité au sens large. En 2017 et  2018, des parcelles ont été équipées de pièges à insectes qui ont été relevés toutes les semaines de mai à septembre, que ce soit dans du maïs ou du blé, avec ou sans couvert. « Cette étude a mis en évidence un plus grand nombre d’insectes dans les parcelles avec couvert, ce qui suggère que ces derniers procurent un microclimat favorable à la biodiversité, notamment après la moisson des céréales à paille », analyse Annabelle Revel-Mouroz. En outre, les essais révèlent que les parcelles étudiées se caractérisent par une assez grande diversité d’espèces par rapport à d’autres régions françaises, et par la présence d’espèces dont la population est stabilisée en Alsace alors qu’elle est en baisse ailleurs. « C’est un résultat très encourageant, car il signifie qu’en cas de perturbation de l’environnement certaines des espèces présentes seront en capacité de résister », commente Annabelle Revel-Mouroz. Cela reflète donc une bonne capacité de résilience du système. Sans oublier que les grands hamsters sont des consommateurs de ces insectes, et que certains, comme les carabes, constituent des alliés pour les agriculteurs puisqu’ils prélèvent des ravageurs des cultures, comme les limaces.

La Chambre d'agriculture a également procédé au Tea bag index (TBI) dans plusieurs parcelles d’expérimentation. Pour l’instant, les résultats ne font pas apparaître de différences significatives entre les parcelles conduites avec des pratiques favorables au grand hamster et les autres. Pour Annabelle Revel-Mouroz, l’expérimentation mérite d’être conduite à long terme car l’effet des changements de pratique sur l’activité biologique des sols n’est pas instantané.

Des tubes et des films

Pour contrer la fragmentation de l’habitat du grand hamster, des chercheurs du CNRS ont élaboré des tubes anti-prédation (TAP), permettant aux rongeurs de franchir des infrastructures routières, mais aussi d’échapper à la prédation (lire ci-contre). « L’idée, c’est de créer des connexions, pour encourager les populations de hamster à se disperser », explique Julie Fleitz, ingénieure au CNRS. L’efficacité de ces TAP a été testée en laboratoire et validée en milieu semi-naturel. Ils devraient maintenant venir enrichir les ouvrages existants et futurs.

Dernière réalisation présentée lors de cette journée : trois vidéos visibles sur la chaîne YouTube du projet Life Alister : une présentation du projet, un tuto blé et un tuto maïs. Pour conclure ces échanges, Bernard Gerber, conseiller régional, a salué « le travail d’équipe mené autour de cette petite bête ». Parmi les participants à cette journée de restitution et d’échange figurait un groupe de Hollandais, également confrontés à la problématique de préservation des populations de grand hamster. Preuve que l’un des objectifs du programme Life Alister est d’ores et déjà atteint puisque les solutions qui en sont issues doivent servir de modèle aux autres pays européens.

Découvrez la vidéo de présentation du volet agricole du projet Life Alister :

 

Châtaigniers d’Alsace

Des bardeaux pour débouché

Cultures

Publié le 15/10/2018

Dans le châtaignier, c’est un peu comme dans le cochon : tout est bon ! Les châtaignes, bien sûr, mais aussi le miel, et son bois. Des jeunes tiges utilisées pour le plessage aux plus nobles grumes, employées en charpente, en menuiserie, en ébénisterie, où l’essence est réputée tant pour ses propriétés répulsives envers les insectes que pour son imputrescibilité.

Une autre utilisation traditionnelle du châtaignier est la fabrication de bardeaux, sortes de tuiles fabriquées en bois fendu, ce qui assure un écoulement optimal de l’eau à leur surface. Ces bardeaux ou tavaillons (les premiers étant plus grands et savoyards, les seconds plus petits et jurassiens) sont utilisés aussi bien pour couvrir un mur qu’une toiture. Historiquement, ils sont fabriqués en épicéa ou en mélèze dans les zones montagneuses. L’usage de bardeaux n’est pas à proprement parler une tradition alsacienne. Par contre, le châtaignier était utilisé pour fabriquer les « Schendel », cette languette de bois qui assure l’étanchéité du joint entre deux tuiles lors de la pose de « Biberschwanz » (tuile alsacienne en queue de castor) en couverture simple.

Un projet social et solidaire

« Le châtaignier est historiquement peu utilisé en charpente en Alsace », constate Bernard Zapf, président d’Entraide Emploi, qui a créé un atelier de fabrication de bardeaux pour mieux valoriser les châtaigneraies alsaciennes. Entraide Emploi est une association d’entreprises et d’associations d’insertion qui, en 2017, employait 34 permanents et quelque 340 personnes en situation d’insertion sur le territoire de Saverne, dans des activités aussi variées que l’entretien d’espaces verts, la fabrication d’emballages industriels, le bûcheronnage… « Nous affichons un taux d’insertion de 64 % pour 2017 », souligne Bernard Zapf, qui précise que l’association accompagne 698 personnes dans le cadre d’un suivi social (demande de RSA, allocations). « En 2017, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 3,9 millions d’euros. »

C’est le directeur d’Entraide Emploi, Raymond Kern, qui a eu l’idée de créer cet atelier avec Jean Braud, ingénieur sylvicole retraité, membre du conseil d’administration d’Entraide Emploi et ancien président d’Alternative Bois, l’une des associations fondatrices d’Entraide Emploi. Entre l’idée et la confection des premiers bardeaux au début du mois de septembre, deux ans se sont écoulés. Les porteurs du projet ont notamment effectué un voyage d’étude en Touraine, pour s’imprégner de la technique de fabrication. Le projet a bénéficié de subventions du Pays de Saverne Plaine et Plateau dans le cadre du programme Territoires à énergie positive, « puisqu’il va dans le sens de la construction BBC, du retour à l’emploi, des circuits courts », note Jean Braud. Et le Parc naturel régional des Vosges du Nord a apporté son soutien au montage du dossier.

Pour l’instant, l’atelier est hébergé à la Maison des entrepreneurs de Saverne, dans un local mis gratuitement à disposition par la Communauté de communes pour deux ans. Cette activité emploie deux personnes, dont Christian Durrenbach, chef d’atelier, menuisier charpentier de métier, et un salarié en insertion. L’atelier s’approvisionne en bois issu des châtaigneraies locales, via la coopérative sylvicole Cosylval, « qui mobilise d’ores et déjà quelque 500 m3 de châtaigniers par an », précise Claude Hoh, conseiller forestier à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Il estime qu’il est possible de prélever 1 000 m3 de châtaigniers par an sans compromettre la régénération de ces forêts.

Production locale pour usage local

En Alsace, quelques réalisations ont déjà utilisé des barbeaux : la pyramide qui abrite le local de vente d’Entraide Emploi au siège de Monswiller a été rénovée il y a un an avec des bardeaux de red cedar (Sequoia sempervirens). À quelques encablures de là, la salle des fêtes de Gottenhouse est couverte de tavaillons de châtaigniers, et l’Ehpad de Thal-Marmoutier, dirigé par Bernard Zapf, de tavaillons de mélèze.

Le nouvel atelier a déjà honoré ses premières commandes : 24 m2 de tavaillons pour habiller les joues de chiens-assis situés sur la toiture du château de La Petite Pierre en cours de rénovation, et 150 m2 de tavaillons pour l’Écomusée d’Ungersheim.

Découvrez ce nouvel atelier en vidéo :

 

Betteraves sucrières - cercosporiose

Résister grâce à la résistance

Cultures

Publié le 11/10/2018

La dernière réunion technique de Cristal Union avait lieu dans un contexte marqué par deux problématiques majeures, « mais pas sans solutions », souligne René Schotter, président de la section d’Erstein de Cristal Union. La première, c’est la cercosporiose. Justement, une bonne partie de cette réunion lui était consacrée, avec la présentation des améliorations en termes de déclenchement des traitements, d’élaboration des programmes fongicides… La propagation de la maladie est telle que désormais l’Alsace n’est plus la seule région betteravière française concernée, ce qui pourrait faire bouger les lignes en matière de nouvelles homologations, espère René Schotter.

L’autre volet de la lutte est génétique, avec là aussi un écueil à surmonter : certaines variétés, qui apportent un plus en matière de tolérance à la cercosporiose, ne sont pas inscrites parce qu’elles n’apportent pas de gain de rendement. Une règle d’inscription des variétés que betteraviers et sélectionneurs souhaitent donc voir évoluer.

« Il est plus facile de casser que de construire »

La seconde problématique, c’est le prix. « Le contexte mondial est difficile », concède René Schotter. L’Inde, la Thaïlande et le Brésil ont produit beaucoup de sucre en 2018, mais ce dernier annonce une baisse de sa production pour 2019. L’Inde, par contre, continue de soutenir la production de sucre de canne afin d’endiguer l’exode rural. Et, avec la fin des quotas betteraviers, les Européens ont cumulé une hausse des surfaces avec de bons rendements. Résultat : « Il y a eu du sucre bradé sur le marché », indique René Schotter, qui précise que Cristal Union n’a pas adopté cette stratégie. Malgré cela, le constat est là : « - 150 €/t de sucre en un an », résume René Schotter.

Le prix pour la campagne 2018 sera annoncé dans quelques mois. Dans ce contexte morose, René Schotter affirme que la coopérative fera son maximum pour assurer la meilleure rémunération de la betterave à ses adhérents et milite pour le maintien de la filière en Alsace : « Il est plus facile de casser que de construire », prévient-il.

Désherbage mécanique

William Huet, responsable du département agronomie de Cristal Union, se veut également optimiste : « Nous avons déjà réussi à trouver des parades à d’autres maladies, nous continuons à travailler et nous enregistrons des progrès pour circonscrire la cercosporiose. ». Néanmoins, il constate que ce qui a changé c’est que « nous sommes à un tournant en matière de lutte chimique car il y a de moins en moins de spécialités mises sur le marché. » Mais la betterave présente l’avantage d’être une culture sarclée, donc adaptée aux interventions de désherbage mécanique. Une thématique que Cristal Union travaille depuis plusieurs années, dans la perspective du retrait de certaines molécules herbicides du marché. « En conventionnel, il est possible d’économiser deux passages d’herbicide en intégrant du désherbage mécanique », estime William Huet.

C’est dans cette optique que la société Stecomat était invitée à présenter deux outils de désherbage mécanique. D’une part, une herse étrille Treffler, conçue pour effectuer un travail en plein quelques jours après le semis, avant la levée des betteraves. « En système bio cela ne pose pas de problème, car en raison des faux semis, les semis sont plus tardifs et sont donc effectués dans des sols réchauffés qui assurent une émergence plus rapide », commente William Huet. « À raison de deux trois passages avant l’émergence des betteraves, on arrive à extraire de nombreux filaments et à obtenir un décalage entre la culture et la flore adventice », poursuit-il. « Pour obtenir une efficacité optimale, il est possible de régler la pression des dents au sol en continu grâce à des capteurs qui tendent ou détendent des câbles reliés aux dents en fonction des caractéristiques du sol », explique Dirk Den Bakker, commercial Stecomat, devant une parcelle de betteraves atteignant le stade 4-6 feuilles. La herse y a été passée trois fois sans abîmer le feuillage des betteraves et permet d’obtenir un enherbement très limité.

Le second outil présenté, une bineuse autoguidée à caméra numérique Steketee Ic Light, vient en relais de la herse étrille, pour travailler l’interrang lorsque la culture est installée. Les caméras servent d’assistance au guidage par GPS. L’objectif est d’effectuer un travail en surface, pour assainir la couche superficielle du sol en coupant les adventices, sans faire remonter en surface d’autres graines. Pour éviter d’endommager la culture, il est possible d’écarter les lames, de régler la profondeur des socs et d’adapter la vitesse d’avancement. Différents accessoires sont disponibles : « Des moulinets en caoutchouc permettent de travailler sur le rang jusqu’à un certain stade », précise Dirk Den Bakker.

La variété comme premier levier de lutte

Devant l’essai consacré aux fongicides, Michel Butscha, adjoint responsable betteravier à la sucrerie d’Erstein, fixe : « Le premier levier de lutte, c’est la variété, car en matière de fongicides, les produits actuellement homologués ont une efficacité limitée dans le temps ». Les dates d’intervention sont déterminantes dans la réussite de la protection. Parallèlement aux nombreuses expérimentations dans le réseau d’essais de Cristal Union, les techniciens recueillent aussi les données auprès des agriculteurs : date de semis, de traitement, note de satisfaction : « Cela nous permet de mieux comprendre la dynamique de la maladie ». Depuis cet été, un Outil d’aide à la décision « VigilanceCerco » est disponible en ligne sur le site extranet des adhérents cristalcoop.fr. « Cet outil est le fruit de six années d’observation et d’expérimentation. En fonction du risque d’infection journalier, il permet d’indiquer à nos planteurs la date propice du premier traitement et la fréquence de traitement à respecter », indique Michel Butscha. Généralement le premier traitement doit être positionné quelque 830 à 850 degrés jour base zéro après le semis. Cette année, il était important de bien suivre les avis de traitement du début de cycle. Après une fin mai humide et un mois de juin très chaud, le risque d’infection journalier était soutenu tout le mois de juin, demandant ainsi deux interventions espacées de seulement 18 jours. Du coup, dans la parcelle d’essais, cinq traitements ont été appliqués. « On aurait pu en éviter un avec une bonne variété et en affinant notre stratégie fongicide. Notre objectif est de revenir rapidement à trois traitements maximum grâce à l’amélioration variétale » précise Michel Butscha.

Plusieurs programmes fongicides ont été testés et présentent une bonne efficacité en fonction de leur composition et de leur positionnement. L’association de produits à action systémique et de contact (cuivre) reste indispensable pour une meilleure efficacité. Le meilleur programme expérimental est celui qui intègre la molécule Methyl Thiophanate. L’utilisation de cuivre associé au soufre, employé en agriculture biologique, présente également un grand intérêt par son efficacité et offre la possibilité de réduire les quantités de cuivre dans les traitements.

La plateforme variétale visitée, à Schœnau, présentait l’avantage de se situer au cœur du Ried, à quelques encablures du Rhin, donc dans un secteur irrigué et avec des rosées plus importantes, entraînant une forte pression cercosporiose. Aline Barbière, responsable relation culture à la sucrerie d’Erstein, constate : « Nous avons pu voir la maladie progresser depuis les bordures de forêt, en lien avec l’humidité procurée par les arbres, et depuis les zones plus arrosées par couverture intégrale ainsi que les zones d’arrivée des enrouleurs. »

Découvrez cette journée en images :

 

 

Bureland - Sica Les producteurs alsaciens et lorrains

Éclosion d’une unité de conditionnement

Élevage

Publié le 05/10/2018

Il aura fallu 9,50 M€ d’investissement pour qu’éclose le nouveau centre de conditionnement d’œufs de la Sica Les producteurs alsaciens et lorrains. Avec 5 000 m2 de bâtiments, plusieurs robots high-tech, et un objectif de 190 millions d’œufs emballés annuellement, contre 120 millions auparavant, répartis sur trois sites différents, le projet impressionne par son envergure.

Mais Alfred Zacher, président du conseil d’administration, préfère mettre en avant les hommes et les femmes qui ont permis l’aboutissement de ce projet. Il cite : « André Roeckel et Romain Martin, les anciens qui ont mené le bateau jusqu’ici ». Les 15 familles d’éleveurs de poules pondeuses de la région Grand Est intégrés à la Sica : « C’est la solidarité qui règne au sein de ce groupe qui a permis de passer à l’étape supérieure ». Les plus jeunes éleveurs, qui ont porté ce projet à bras-le-corps à coups de vidéos, de maquettes, et de conviction auprès des collectivités locales et des banques. Les salariés, qui ont été bousculés dans leurs habitudes de travail, mis à contribution pour mettre en route l’outil - avec les difficultés inhérentes à ce type d’exercice - mais dont les conditions de travail doivent, à terme, être améliorées. Les nouveaux salariés, qui ont connu le baptême du feu. Les futurs éleveurs, qui vont bientôt venir grossir les rangs de la Sica, puisque quatre nouvelles familles sont annoncées d'ici 2019, avec des modes d’élevage alternatifs pour répondre à l’augmentation de la demande pour ces parts de marché.

Des robots et des hommes

L’outil en lui-même comprend un local de stockage des emballages et des suremballages. Les œufs sont livrés par camions, sur des palettes déchargées sur des quais de déchargement. Ils sont d’abord stockés dans un local, où ils sont classés par type de production et par date de ponte. Lorsque les œufs partent en conditionnement, la première étape consiste à les extraire des alvéoles à l’aide d’un robot équipé de ventouses. Les alvéoles en plastiques passent dans une laveuse, pour repartir propres chez les éleveurs.

Les œufs sont déposés sur un tapis qui les guide vers la zone de mirage, où sont déclassés les œufs cassés, fêlés et sales. Pour les détecter, la ligne est équipée de micromarteaux qui tapotent les œufs : la résonance n’est pas la même pour un œuf fêlé que pour un œuf intact. Pour l’instant les œufs cassés partent à l’équarrissage. Mais ils pourraient trouver un débouché en méthanisation en partenariat avec la société Agrivalor. Les œufs fêlés et sales partent en casserie, en région parisienne ou en Allemagne.

Les œufs intacts sont ensuite séparés par calibre, grâce à des pesons, et marqués. En fonction de la demande du client figurent : la date de consommation recommandée (DCR), le code de traçabilité de l’élevage, la date de ponte. En fonction de leur calibrage et de leur marquage, les œufs sont dispatchés dans différentes lignes d’emballage, où ils sont déposés dans des alvéoles en carton. À ce stade, la suite des opérations est encore manuelle : des opérateurs placent les boîtes d’œufs dans des cartons et y apposent l’étiquette de traçabilité. Puis, des robots palettiseurs prennent le relais. À terme, il devrait y en avoir quatre.

Traçabilité intégrale

L’ensemble du circuit est tracé et informatisé. Chaque lot d’emballage est accompagné d’une fiche de traçabilité qui est scannée en sortie de dépôt, afin de pouvoir remonter jusqu’au fournisseur en cas de défaut de fabrication, et de gérer les stocks. Chaque palette d’œufs est également tracée avec une étiquette informatique, qui permet de savoir de quel éleveur proviennent les œufs qui passent dans la calibreuse. Chaque boîte d’œufs est marquée d’une étiquette portant la DCR, le numéro de centre de conditionnement, le calibre, parfois la date de ponte, et un QR code, qui est lu par les robots palettiseurs, afin que les bons cartons soient placés sur les bonnes palettes.

Actuellement, le groupement produit et commercialise 160 millions d’œufs par an sous les marques Bureland, œufs de nos villages, et sous diverses marques de distributeurs. Rien que sous la marque Bureland, la gamme est très diversifiée, avec des œufs datés du jour de ponte, plein air, extra-frais, bio, sol, éleveur engagé… Une segmentation qui tend à démultiplier les types d’emballage et justifie l’investissement dans des équipements adaptés. Bien que très automatisé et informatisé, ce processus emploie tout de même 50 salariés répartis en deux équipes qui permettent de faire fonctionner l’outil de 6 h à 19 h 30. Découvrez le centre de conditionnement en images :

Un projet structurant pour la filière

Pour Alfred Zacher, une telle réalisation était devenue nécessaire pour « assurer l’avenir de la filière, accueillir une nouvelle génération de producteurs et continuer à rester présent sur tous les tous les créneaux de commercialisation, de la vente directe à la ferme aux GMS, en passant par les grossistes. » Son fils, Mathias, avance d’autres arguments qui ont pesé en faveur de la construction de cet outil : la nécessité de moderniser des installations vieillissantes, d’anticiper les évolutions réglementaires, d’améliorer les conditions de travail, les performances économiques, l’impact territorial et environnemental…

Le projet n’aurait pas vu le jour sans l’engagement de plusieurs personnes. Alfred Zacher cite notamment Étienne Wolff, maire de Brumath et conseiller départemental, qui a facilité l’implantation du site dans la zone industrielle de Brumath Nord, soit au centre des trois anciens sites de conditionnement - qui sont aussi les plus gros fournisseurs du centre de conditionnement - et à proximité des axes routiers. Patrick Bastian qui, surmontant une prudence initiale liée au montant de l’investissement, a fait avancer le projet : « Ce qui m’a convaincu, c’est que ce projet contribue à renforcer une filière. Car derrière ce centre, il y a des couvoirs, des fabricants d’aliments, des éleveurs… Tout cela méritait d’investir. Et ses trois porteurs de projets ont fait preuve de beaucoup de pragmatisme et de professionnalisme. » Il a donc œuvré pour obtenir un soutien de la Région Grand Est. Soutien qui s’est avéré supérieur à celui que pouvait octroyer la seule Région Alsace : « Ça a ouvert l’horizon, et les banquiers ont suivi », rapporte-t-il. Jean Rottner, président de la Région Grand Est, confirme : « La Région dispose d’un budget ciblé pour soutenir les industries agroalimentaires, les nouvelles technologies… Avec votre projet, vous avez coché un certain nombre de cases, ce qui vous a permis de bénéficier d’une aide de 1,35 M€ sur un budget total de 4,50 M€. » Alfred Zacher remercie également Jean-Michel Staerlé, responsable de développement à l’Adira, le Crédit Mutuel, le Crédit Agricole et Alsabail qui ont contribué au financement du projet, ainsi que les familles Martin, Roeckel et Zacher qui, en se portant caution, « se sont lancées dans l’aventure en engageant leurs propres deniers ».

Après les tâtonnements du début, l’outil est désormais rodé. La certification International food standard (IFS) a été obtenue en août 2018, l’agrément sanitaire a été accordé suite à l’inspection de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) début septembre, et le site a été audité avec succès par un important client fin septembre. Le chiffre d’affaires est attendu en hausse, à près de 12 M€.

Blé

Moins de chimie, mais plus d’aléas

Cultures

Publié le 04/10/2018

Les mois de décembre et janvier ont été chauds, mais le mois de février a été marqué par le gel : « Le froid s’est installé de manière progressive, sans impacter les céréales qui ont eu le temps de s’endurcir progressivement », note Pierre Geist, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace. « D’ailleurs, précise-t-il, du début à la fin du tallage, le blé résiste bien au gel. C’est moins vrai après, donc le risque augmente si le blé est plus avancé et confronté à une gelée tardive, quelle que soit la variété. » En avril et en juillet, les températures sont reparties à la hausse, et même bien au-dessus des normales saisonnières. Les précipitations ont été importantes d’octobre à décembre, sans toutefois pénaliser les semis de blé. « Ils ont été réalisés du 8 au 25 octobre, soit la même plage que les années précédentes et dans de bonnes conditions, avec une levée rapide. »

Après un mois de janvier très pluvieux, « qui a pu provoquer de mauvais enracinements », février et mars ont été plutôt secs. En sortie d’hiver, les reliquats azotés se sont avérés plutôt faibles, mais le tallage a été correct et le stade épi 1 cm a été atteint normalement, début avril. Le conseiller signale quelques cas de carences en soufre lorsqu’il n’y a pas eu d’apport car l’élément a été lessivé par les précipitations importantes. « Il existe des seuils de précipitation par type de sol qui doivent déclencher un apport de soufre, à réaliser lors du premier apport d’azote », précise Pierre Geist. Lorsque les températures se sont emballées au mois d’avril, la croissance du blé a suivi : « La montaison a été très rapide et la valorisation du second apport a été compliquée, d’où une production de biomasse limitée, entraînant un nombre d’épis dans la fourchette basse dans certaines parcelles et une réduction du nombre de fleurs formées. » Au stade épiaison, les blés avaient huit jours d’avance par rapport aux deux années précédentes.

La septoriose a été quasiment absente cette année puisque les premières taches ont été observées sur la F3 début mai. Par contre, la fusariose a pu être favorisée par les épisodes orageux en fonction des secteurs. À noter aussi que la variété nemo, censée être tolérante à la rouille jaune a développé la maladie, ce qui fait penser à un contournement de facteur de résistance par l’agent pathogène. « C’est à surveiller car il s’agit d’une maladie qui se propage très vite », interpelle Pierre Geist. Au final, le blé a été de bonne qualité sous tous critères, mais le rendement a été moyen, à 72 q/ha en Alsace : « Les composantes de rendement qui pêchent le plus sont le nombre de grains par épis et le poids de mille grains », conclut Pierre Geist.

Septoriose : critère de choix variétal n° 1

Comme chaque année, les collecteurs, Arvalis et la Chambre d'agriculture ont mené des essais variétaux, répartis sur l’ensemble du territoire. Filon est la variété la plus performante en termes de rendement : elle sort à 106 % de la moyenne des essais, mais avec une variabilité de rendement importante selon les sites. Ses points négatifs sont sa sensibilité à la verse et à la fusariose. Par contre, c’est une variété qui peut se mettre en terres superficielles. Elle est suivie par chevignon, qui fait 104 % de la moyenne des essais, et qui est plus régulière. Sacramento, à 103,6 %, « n’a pas vraiment de tare, hormis celle d’exprimer les mycotoxines, ce qui suggère d’éviter de l’implanter après un maïs grain ». Fructidor arrive à égalité et se comporte bien quels que soient les sites. Tenor, à 102,8 %, affiche un bon PS, un bon taux de protéines, « c’est une variété précoce, peu sensible aux mycotoxines », note Pierre Geist. Suit un peloton formé des variétés nemo, diamento et absalon. « Nous n’avons pas testé les variétés solindo et advisor, mais elles l’ont été par Arvalis et semblent aussi intéressantes », précise Pierre Geist.

Au final, les variétés préconisées par la Chambre d'agriculture pour la prochaine campagne sont advisor, chevignon, diamento, filon, fructidor, absalon, nemo, cesario, sacramento… Pour les conseillers agricoles, les critères de choix variétaux doivent être, et dans cet ordre : la tolérance à la septoriose car il s’agit de la maladie la plus nuisible en Alsace, la tolérance à la fusariose, la tolérance aux rouilles brunes et jaunes, qui risquent d’être de plus en plus prégnantes avec la hausse des températures estivales, et la tolérance à la verse.

Maladies cryptogamiques : adapter la stratégie au contexte

Pour 2019, la gamme de solutions chimiques pour lutter contre les maladies cryprogamiques du blé risque encore de s’amoindrir. D’ores et déjà, Laurent Fritzinger annonce qu’une seule application de tébuconazole (matière active contenue dans les produits Horizon, Prosaro) est autorisée par an. Et que les produits contenant de l’epoxiconazole ne seront plus mélangeables. « Ce qui revient à limiter fortement l’utilisation des produits à base d’epoxiconazole en solo, puisque pour éviter l’apparition de résistance on cherche à associer différentes matières actives », note le conseiller.

Il rappelle que la lutte chimique contre la fusariose s’apparente à un jeu de roulette russe : « Il n’y a que deux jours pour intervenir au bon moment, c’est-à-dire quand les premières étamines sont visibles, car c’est à ce moment que l’épillet est ouvert et réceptif au produit. S’il pleut et qu’il faut retarder l’intervention après les contaminations, l’efficacité du traitement sera moins bonne, donc mieux vaut jouer sur la tolérance variétale. » En matière de lutte chimique, la famille des triazoles affiche la meilleure efficacité pour un coût d’environ 40 €/ha. Il existe aussi des produits de moyenne gamme qui suffisent lorsque la pression n’est pas trop élevée. Sinon « il faut les compléter avec d’autres matières actives sur les épis et alterner les familles chimiques. »

Désherbage : à la carte

« L’entrée de la gestion du désherbage, c’est le risque de concurrence à l’automne », rappelle Pierre Geist. Si ce dernier est important, « alors il faut miser sur un traitement d’automne. S’il est faible on peut opter pour un traitement de printemps. » Parfois même on peut ne pas désherber du tout, même si cette opportunité reste « exceptionnelle » en système conventionnel. Le choix des matières actives est ensuite à réfléchir en fonction de la flore présente qui est le plus souvent composée d’un mélange de graminées et de dicotylédones. Pour les traitements de prélevée, il ne reste plus beaucoup de familles de produits. Pierre Geist cite la spécialité Trooper (flufénacet et pendiméthaline), dont l’action est « à renforcer », par exemple avec Defi (prosulfocarbe). L’isoproturon, désormais interdit, « peut être remplacé par du chlortoluron, sauf sur les sols drainés ou saturés en eau. » Parmi les antidicotylédones, les produits type Allié (carfentrazone-éthyle et metsulfuron-méthyle) sont à positionner tôt, sur des adventices d’une à trois feuilles. « Sur les plus développées, de trois à quatre feuilles, il faut privilégier la famille des sulfonylurées. Les produits à base d’hormones peuvent être utilisés encore plus tard, mais mieux vaut éliminer les adventices le plus tôt possible », préconise Pierre Geist.

Régulateurs de croissance : impasse possible

En matière de régulateur de croissance, aucune nouveauté à se mettre sous la dent. Par contre, certaines spécialités ont été interdites. « L’application d’un régulateur de croissance est une intervention dont on peut se passer deux ans sur trois », rappelle Laurent Fritzinger. La première entrée pour en faire l’économie est la sensibilité variétale car avec une variété sensible, « il faut quasiment traiter à coup sûr ». Le deuxième critère, c’est la densité de pied en sortie d’hiver, elle-même conditionnée par la densité de semis, qui ne doit pas être trop importante. « C’est en avril et début mai, durant la montaison, que se joue le risque de verse. Car c’est lorsque la plante cherche le soleil que sa tige s’allonge et qu’elle devient plus sensible à la verse », poursuit Laurent Fritzinger. Le dernier critère d’évitement de la verse, c’est la gestion de la fertilisation azotée, qui doit être raisonnée, en particulier au premier apport. L’application d’un régulateur de croissance doit se faire par un temps poussant, pour que le produit migre dans la plante, « avec une bonne hygrométrie, une température moyenne de 10 °C et une amplitude thermique inférieure à 15 °C ». La Chambre d'agriculture a élaboré une grille d’évaluation du risque de verse. S’il est faible, il est possible de faire l’impasse sur les régulateurs de croissance. Sinon « une application de Cycocel bien placée à épi 1 cm suffit souvent ». Enfin, Laurent Fritzinger attire l’attention sur un point réglementaire : « Le mélange de produits qui portent la phrase de risque H301 est interdit ».

Filière volaille de chair bio

Le GIE Les Plumes bios du Grand Est est né

Élevage

Publié le 21/09/2018

Le GIE Les Plumes bios du Grand Est émane de la filière longue poulets bios lancée en 2010 en Alsace. À l’époque, il y avait quatre éleveurs, un couvoir, deux abattoirs et une production de quelque 500 poulets par semaine. Peu à peu, la filière s’est structurée, notamment par la création d’une association d’éleveurs, Les Plumes bios du Grand Est, en 2015. « Aujourd’hui nous sommes 15 éleveurs, 55 bâtiments, le couvoir de l’Est, la minoterie Dornier, les abattoirs Siebert et Meyer, deux centres de formation - à Rouffach et à l’Alpa de Nancy -, l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) et la Chambre d'agriculture Grand Est (Crage). Et nous produisons quelque 5 000 poulets par semaine, soit 260 000 poulets par an », décrit Francis Humann, président du nouveau GIE et de l’association d’éleveurs.

Toutes ces parties prenantes étaient déjà en relation, mais la création d’un GIE de moyens permet d’associer producteurs et fournisseurs dans une même entité tout en conservant des structures juridiques distinctes. Objectif : « Apporter la synergie nécessaire au bon fonctionnement de l’ensemble en mettant tous les opérateurs autour de la table afin d’identifier les freins et de les lever en optimisant l’organisation du travail, le planning, le soutien technique, pour progresser ensemble vers une filière plus innovante, plus respectueuse de l’environnement et apportant un vrai plus sur les exploitations. » Concrètement, le GIE aura un conseil d’administration et un fonctionnement collégial, avec des rencontres tous les trimestres entre les différents acteurs.

La reconnaissance en tant que GIE permet en outre de bénéficier d’un soutien financier pour structurer la filière, notamment de la part de la Région Grand Est. Les éleveurs continueront à bénéficier du soutien technique de la Crage, notamment pour la veille sanitaire. L’animation sera assurée par l’Opaba, qui s’apprête, elle aussi, à se structurer avec ses homologues du Grand Est en janvier. « Fabricant d’aliment, couvoir, abattoir, éleveur, chaque opérateur fait son métier et doit être correctement rémunéré pour cela. C’est ce que permet le GIE, en mettant en commun nos compétences et nos métiers. Mais c’est une démarche qui demande l’adhésion de tous, et notamment des éleveurs qui doivent assurer l’approvisionnement local de l’aliment », poursuit Francis Humann. Le GIE doit notamment permettre de mieux planifier la production. Car les abattoirs, qui sont aussi metteurs en marché, doivent s’adapter à une consommation de volaille qui évolue vers davantage de découpes et de produits transformés.

Enfin, la création de ce GIE sera aussi l’occasion de mettre sur le papier certaines formalités orales en vue de l’intégration de futurs nouveaux membres. « Le GIE doit permettre à chacun de connaître les règles au départ », indique Francis Humann. Car le GIE a déjà un projet dans les cartons : la diversification des éleveurs dans la production de pintades bios.

Kuhn

Toujours plus strong

Technique

Publié le 20/09/2018

Demain, il faudra nourrir de plus en plus de monde avec de moins en moins d’agriculteurs. Les machines agricoles sont donc de plus en plus grandes et de plus en plus perfectionnées. Et, pour les assembler, il faut pousser les murs. C’est ce qui est en train de se passer à Saverne et Monswiller, le fief du constructeur alsacien de machines agricoles Kuhn.

Une logistique à flux tendu

Le 13 septembre dernier, Kuhn inaugurait son centre logistique (CLC), implanté au cœur de l’usine de Saverne : un outil de 10 000 m² représentant un investissement de 20 millions d’euros (M€). Son objectif : alimenter en pièces les lignes de montage de sous-ensemble en mode « juste à temps », c’est-à-dire que seules les pièces nécessaires au montage sont préparées. Une évolution rendue nécessaire par l’élargissement de la gamme d’outils à monter, et leurs équipements de plus en plus spécifiques. À la clé, des économies de temps pour changer de ligne (une demi-journée contre deux jours), et une économie de place au niveau des ateliers de montage qui devrait permettre d’installer de nouvelles lignes.

Le chantier du CLC a nécessité la destruction de trois bâtiments. Les travaux ont commencé en février 2016. Il a fallu terrasser 12 000 m3 de terre, poser 1 200 t de charpente métallique… Désormais, chaque jour, une trentaine de camions livrent les pièces détachées, qui passent par un contrôle qualité avant d’entrer au stock. À l’intérieur, le bâtiment prend la forme d’un « magasin grande hauteur automatisé » : une sorte de bibliothèque composée de six allées formées par des racks de 20 m de haut comportant 35 000 emplacements, entre lesquels s’agitent trois robots qui préparent les commandes en piochant parmi les multiples références. Les commandes sont élaborées au bon moment et à la bonne quantité par des opérateurs. Une fois la commande complétée par les robots, elle est expédiée à la chaîne de montage adéquate grâce à des trains logistiques, qui empruntent des boucles de livraison au fil desquelles les wagons se détachent.

Une extension de 23 M€ pour MGM

Il y a 10 ans, Kuhn investissait dans une infrastructure dédiée au montage des grandes machines (MGM) sur le site de Monswiller, pour 28 M€. Un investissement rendu nécessaire car « avec l’augmentation de la gamme et de la taille des machines, l’outil existant arrivait à saturation », rappelle Yves Guehl, directeur des opérations sur le site de Monswiller. Avant d’illustrer : en 10 ans, la taille des outils a augmenté de 30 %, ils sont désormais tous bardés d’électronique - ce qui contribue à augmenter le nombre de composants et le temps d’assemblage - et plus de 30 projets de machines XXL sont dans les cartons des ingénieurs.

Dès lors, le Groupe Kuhn va encore étendre ses infrastructures industrielles à Monswiller : des lignes de montage supplémentaires, l’extension des zones de stockage et un nouveau bâtiment d’expédition représentant 26 000 m2 pour un investissement total de 23 M€, seront réalisés dans le prolongement des bâtiments existants. 290 salariés sont actuellement employés par MGM, et le projet devrait créer jusqu’à 160 emplois, ce qui porterait cet effectif à 450 personnes. L’objectif annoncé par les dirigeants du groupe est de démarrer l’exploitation de cette extension fin 2019. Le processus est engagé puisque les permis de construire ont été accordés, précise Pierre Kaetzel, maire de Monswiller, dont 14 % du ban sera couvert par Kuhn à l’issue de l’opération. Conclusion de Thierry Krier, président de Kuhn Group et directeur général de Kuhn SA : « Ce projet marquera l’histoire du groupe ».

Préparer l’avenir

« Avec ce projet d’extension, nous arrivons aux limites du site de Monswiller dans sa configuration actuelle », annonce Dominique Schneider, directeur général délégué aux finances. Avec 100 000 m2 de bâtiments érigés sur ce site pour 100 M€ d’investissement en 20 ans, les parcelles sont quasiment intégralement utilisées. Or, déjà d’autres projets nécessitant du foncier se profilent. C’est pourquoi le groupe constitue une réserve de foncier en acquérant une parcelle de 34 hectares de forêt adjacente. « Nous devons disposer d’une réserve foncière à long terme, sinon nous ne pourrons pas mener de projets à court terme », justifie Dominique Schneider. Parmi eux, il cite : l’agrandissement de Kuhn Parts et d’un atelier de mécano-soudure, la construction d’un nouveau site de R & D, visant à regrouper ce pôle qui emploie 150 personnes… Or cette parcelle était classée en forêt de protection, où les travaux autorisés sont strictement limités par le code forestier. Il a donc fallu le soutien de l’État et des collectivités locales pour obtenir le déclassement de ce terrain. Mais le groupe Kuhn se défend de procéder à une artificialisation inconsidérée du territoire : avant le défrichement - qui devrait intervenir fin 2021 - une compensation aura été organisée avec l’Office national des forêts (ONF), et une étude environnementale aura été menée.

Pour Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, « cette première administrative est conforme à l’intérêt général ». Une vision que partage Jean-Luc Marx, préfet de la Région Grand Est, pour qui il faut savoir utiliser l’espace avec sagesse : « Le partage de l’espace évolue, on ne peut pas le figer ». Il rappelle qu’avec 39 % du territoire couvert par la forêt, l’Alsace est un des territoires les plus boisés de France, et que ce taux de boisement s’est accru. Et, s’il se dit « pénétré par la nécessité de préserver les espaces forestiers » parce que leur régénération est menacée par le changement climatique et la pression exercée par le gibier, il estime que « des surfaces peuvent être échangées ». Reste que dans un avenir assez proche, ces extensions vont impliquer d’autres travaux, notamment de voirie, pour les adapter aux dimensions des engins qui sortent des usines Kuhn.

Retrouvez l'inauguration du CLC en images :

 

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