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David Lefebvre

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Salon des Vignerons Indépendants de Strasbourg

Essentiel et stratégique pour préserver son indépendance

Vigne

Publié le 12/03/2019

La sénatrice Fabienne Keller et la conseillère régionale Marie-Reine Fischer se sont jointes à l’équipe du Synvira pour une inauguration plutôt informelle de l’édition 2019 du salon des Vignerons Indépendant du Wacken, le 22 février dernier. L’occasion pour quelques vignerons de glisser des messages dans l’oreille des responsables politiques. Parmi eux, Daniel Mouty, vigneron dans le Bordelais et responsable des salons pour les Vignerons Indépendants de France.

Sur les 320 000 cols écoulés par an par ses domaines, 250 000 le sont en direct. « C’est l’objectif majeur du vigneron, souligne ce vigneron bordelais : faire en sorte de vendre tout en bouteille. » Cet ancien ingénieur des Mines, aujourd’hui à la tête de quatre domaines, fait en sorte que ses deux fils reprennent l’affaire. Et « la logique » pour assurer la continuité et donner envie aux jeunes de poursuivre : c’est d’être indépendant, soutient-il. Surtout à Bordeaux où « il s’agit de ne pas être noyé dans la masse ». Daniel Mouty résume en quelques chiffres : « Bordeaux c’est 112 000 hectares, 5,5 millions d’hl (Mhl) et le CIVB dispose d’un budget de 30 millions d’euros (M€). Un domaine ou une exploitation viticole disparaît chaque jour. » Autant dire que les enjeux des salons de vignerons et de la vente directe sont multiples, et notamment de permettre aux vignerons indépendants de conserver la valeur ajoutée de leur production, pour au final préserver le tissu de domaines qui vendent en direct.

Parmi les plus importants

Daniel Mouty admet réaliser un très bon chiffre d’affaires à Strasbourg grâce à la clientèle allemande qui représente 70 % des montants. Loin cependant du record détenu par un Champenois, « avec 14 palettes et un chiffre d’affaires de 100 000 € sur les 4 jours ». Ainsi le salon de Strasbourg figure parmi les plus importants de France. Et avec un visitorat qui affiche 60 000 au compteur : aucun incident d’éthylisme ou même d’ivresse n’est à déplorer, fait remarquer Daniel Mouty à l’adresse des élus politiques. Le réseau des salons des Vignerons Indépendants « est essentiel », selon Philippe Pitault, vigneront indépendant à Bourgueil, pour préserver sa part de vente directe et gagner son indépendance.

Groupe Haag à Marlenheim, soirée indoor

Les matériels Ropa et Dewulf présentés aux producteurs de pomme de terre alsaciens

Technique

Publié le 14/02/2019

Le groupe Haag est passé, le 2 juillet dernier, sous la propriété du réseau Colvemat (lire en page 13 de notre numéro du 20 juillet 2018). Cette société de maintenance, location et vente de matériel de manutention et travaux publics, rattachée au Groupe Europe Holding, déjà bien implantée en Alsace avec Steiblé, spécialiste du chariot élévateur, et avec JCB sur le Grand Est et sur Montpellier-Perpignan, ajoute désormais un nouveau métier à ses compétences avec cette entrée dans le machinisme agricole par l’acquisition du Groupe Haag et ses concessions John Deere, JCB Agri, Lemken, Idrofoglia.

C’était donc l’occasion le 5 février pour les planteurs de pomme de terre en congrès à Strasbourg, de rencontrer la nouvelle équipe Haag, avec Pierre Kipp, spécialiste du marché matériel pomme de terre, Yannick Dangelser, nouveau chef d’atelier de la base de Marlenheim, Aurélien Savio, directeur commercial du groupe Haag, Olivier Martin, directeur technique, et Nicolas Pereira, directeur général de Colvemat. Étaient également présents Laurent Sépulcre, directeur de la branche manutention Alsace chez Colvemat, et Guy Beyl, directeur pièces du Groupe Haag. Pour compléter la nouvelle équipe, un nouveau magasinier et un nouveau technicien sont attendus très prochainement, précise Philippe Sesmat, directeur-transition chez Haag, qui passera le relai à Laurent Faure, le 18 février.

En présentation dans le hall d’atelier à Marlenheim, une récolteuse du constructeur bavarois Ropa : la Keiler I. « Dotée d’une trémie d’une capacité de 6 tonnes, cette récolteuse, impressionnante par son gabarit, est à entraînement tout hydraulique. » Les tapis ont remplacé les chaînes. Il en résulte une machine beaucoup moins bruyante, multiparamétrable pour plus de précision et de qualité de récolte, explique Pierre Kipp. 130 ch suffisent à tracter cette récolteuse, dont une unité est en service à Krautergersheim, précise-t-il.

Présentée également, « pour la préparation de sols ou la reprise de plantations pour butter définitivement en cas de besoin », une fraiseuse butteuse Dewulf. Équipée à l’avant d’un décompacteur LSM « pour casser la semelle occasionnée par la fraise » : un rotor comprenant pas moins de 192 dents sur 3 m de large ! Quant à la table de buttage avec pression hydraulique, Dewulf a fait le choix d’un matériau synthétique de type téflon qui n’adhère pas à la terre.

Exposé enfin, une planteuse Dewulf Midema à godets, avec la particularité de créer des sillons dans les buttes, de manière à entraver le cours de l’eau en cas de pluies diluviennes et érosives.

C’est dans ce cadre d’exposition sous intérieur, que les convives de la soirée ont pu rencontrer la nouvelle équipe, 80 personnes en tout, avec un bon repas à base de pommes de terre bien sûr ! Une seconde soirée de ce type sera programmée au mois de mars pour l’ensemble des clients agriculteurs de la base de Marlenheim, précise Philippe Sesmat.

Université des grands vins (UGV)

Nouveau comité, nouvelle formule

Vigne

Publié le 30/01/2019

« L’Université des grands vins est née en 2013 de la volonté de vignerons alsaciens, rassemblés sous le nom de « groupe transversal Alsace », d’ouvrir les perspectives sur les vins de terroir et les grands vins », explique Florian Beck Hartweg. C’est ce jeune vigneron de Dambach la ville qui reprend les rênes de l’association, en tandem avec Jean-Claude Rieflé, vigneron à Pfaffenheim, et Hélène Richard, pour la partie œnophile ; l’université des grands vins fonctionne sur la rencontre de professionnels et d’amateurs. Ils succèdent à Jean-Michel Deiss.

« Constatant l’inefficacité de son action politique », le groupe Transversal qui rassemblait une vingtaine de vignerons des trois familles, s’était « recentré sur une action philanthropique » et mué en association dont la vocation était « d’instituer au sein de la viticulture alsacienne, la culture des grands vins par la pratique de la dégustation géosensorielle et la rencontre des vignerons ». Aussi, au rythme d’une dizaine d’événements par an, depuis 2013, l’UGV a-t-elle permis de faire venir en Alsace des personnalités du vin tout aussi passionnées que réputées. Et permis de déguster des vins tout aussi renommés qu’inaccessibles. D’ailleurs le 4 février prochain, c’est le château Rayas qui sera à l’honneur, dans une soirée proposée à l’hôtel Europe à Horbourg-Wihr, avec les commentaires du géologue Georges Truc.

Comprendre le message du lieu

L’idée de la « dégustation géosensorielle » terme pouvant paraître comme abscons, repose sur « la compréhension du message du lieu délivré lors d’une dégustation d’un vin de terroir. Quelles sont les clés de lecture pour identifier ce message gustatif ? » Quelles perceptions sensorielles sont relatives à l’expression du lieu ?

Les acquis en neurosciences des perceptions sensorielles et en génétique permettent de considérer qu’il y a deux types de dégustation : l’une plutôt hédonique car elle fait appel à des perceptions sensorielles très personnelles, parce qu’elle dépend de son parcours gustatif, de sa culture gustative, c’est la dégustation aromatique. L’autre dégustation, obligatoirement à l’aveugle, fait appel à un lexique de descripteurs sensoriels qui n’ont rien à voir avec les arômes, mais qui sont relatifs au toucher et aux représentations mentales induites. Exemple : rugueux, lisse, fin, épais, chaud, froid, courbe, droit, vertical, pointu, etc. Et tandis que la perception aromatique est une affaire très personnelle, en lien d’ailleurs avec son identité génétique, celle relative au toucher, dans la bouche en particulier, a un caractère universel. Concrètement, si un vin sent la fraise pour l’un, l’ananas pour un autre dégustateur, en revanche il y a consensus sur ses perceptions tactiles. Quel rapport avec l’expression du lieu ? C’est la géologie et la roche que les vignerons mettent de plus en plus en avant parce qu’elle renvoie à ces notions de perception tactile.

La diversité, un remède à la surcompétition

Selon Jean-Claude Rieflé, « si l’on veut redonner de la valeur aux vins d’Alsace, il faut redonner de la consistance aux discours des vins d’Alsace. Et ce discours ne peut passer que par le terroir », explique-t-il. Terroirs alsaciens, dont la diversité est unique au monde : « Nous sommes le seul vignoble au monde à détenir les trois grands types de roche : cristalline, sédimentaire et volcanique », rappelle Jean-Michel Deiss. Or l’expression de la diversité des terroirs dans les vins « est le seul remède à la surcompétition », estime Jean-Claude Rieflé. Pour les trois vignerons, « l’expression de cette diversité est l’une des clés de la survie des vins d’Alsace ».

En 2019, l’UGV proposera plusieurs formules d’initiation à la dégustation géosensorielle : des formations en petits comités dans le cadre pittoresque de la cave des prélats à Sélestat et des soirées plus grand public, ouvertes désormais aux non-adhérents, avec toujours l’exigence conviviale d’apporter une bonne bouteille pour le repas final. Plusieurs thématiques sont actées : vins et cailloux, Toscane, vins et terroirs volcaniques, soirée Yquem. Grâce au soutien de la Ville de Sélestat et du Crédit Agricole Alsace Vosges pour la partie finances, le coût des soirées continuera d’être avantageux, au regard des vins dégustés et de la qualité de prestation générale.

Certification Haute valeur environnementale (HVE)

Le Synvira et la Chambre d'agriculture s’unissent pour former

Vigne

Publié le 29/01/2019

Il n’y a quasiment plus de vignerons aujourd’hui pour contester que des défis environnementaux lourds sont à relever. Seulement, ils préféreraient les relever à leur façon, plutôt que d’une manière imposée par le consommateur. « Avec la certification HVE, au moins je n’ai pas perdu de clients », explique Éric Casimir, du domaine Metz à Itterswiller, 80 000 bouteilles écoulées bon an mal an, et certifié HVE depuis trois ans. Se disant « plutôt bio-sceptique », Éric Casimir estime néanmoins qu’il va devoir se conformer aux exigences d’un consommateur très orienté sur le bio. Et la certification HVE lui permet d’être « psychologiquement prêt ». « Il faut par exemple convaincre ses salariés de la nécessité de retarder la fauche dans les vignes pour la biodiversité », fait observer le vigneron, ce qui ne soulage pas les travaux en vert manuels pour des salariés devant arpenter les vignes.

Selon Éric Casimir, la certification HVE présente une ouverture plus globale que le cahier des charges bios, extrêmement centré sur la question des produits phytosanitaires et des engrais. La certification HVE prend aussi en compte la biodiversité, la gestion de la ressource en eau. Mais on notera qu’il n’y a pas de concurrence entre les deux labels puisque 9 % des exploitations bios sont certifiées HVE et 22 % d’entre elles l’envisageraient.

De surcroît, trois niveaux de qualification sont proposés selon les efforts environnementaux pour s’engager dans la certification HVE. Elle s’inscrit dans une démarche à points permettant de progresser sur le plan de ses pratiques. Toutefois, le logo HVE et « la mention valorisante » ne sont possibles que lorsque le niveau 3 est atteint.

Les sessions de formation en vue d’obtenir la certification HVE ont débuté début janvier avec une quinzaine de vignerons issus des trois familles : négoce, coopérateur et indépendant. Les sessions se tiennent dans les locaux du Synvira à Colmar, car le Syndicat des vignerons indépendants est associé à la Chambre d’agriculture, dans cette formation en vue d’obtenir la certification HVE. Ce sont Marie-Noëlle Lauer, Clémence Bailly et Jérôme Attard, les techniciens conseils de la Chambre d'agriculture, qui interviennent en tant que formateurs. Ils accompagneront également sur le terrain chaque entreprise sur la voie de la certification. « Car ça oblige à plus de rigueur de traçabilité », explique Éric Casimir. Pour l’heure, 1 000 entreprises sont certifiées, dont 40 % de vignerons indépendants.

Navet salé

Instant détox et concentré de vitalité 

Pratique

Publié le 17/01/2019

C’est une production confidentielle. Mais à chaque fois que des vendangeurs la découvrent lors des repas, ils en deviennent des inconditionnels, fait observer Jean-Michel Adès, choucroutier à Krautergersheim. Gorgé de fibres et de vitamines, le navet salé aurait des fonctions détoxifiantes. Si les quelques producteurs de navets adhérents à l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et les trois élaborateurs de navets salés (Adès à Krautergersheim, Speisser à Geispolsheim et Claude à Chavannes-sur-l’Étang) se gardent de mettre en avant ces allégations santé, ils soulignent l’intérêt gustatif et gastronomique de cette spécialité locale. Elle est aussi appelée râpe salée en Franche-Comté, compote de rave en Suisse et navet confit aussi en Alsace.

Une dizaine de producteurs alsaciens se partagent la production de navets sur une surface moyenne d’une quarantaine d’hectares. Trois choucrouteries transforment 900 tonnes de navets en 350 t de navet salé. La racine de navet subit le même processus de transformation lacto-fermentée que la choucroute : une fermentation réductrice vivifiante. Après avoir été râpée, salée à 2 %, elle est entreposée en cuve à l’abri de l’air pour engager ses fermentations, libérer des jus et donc concentrer la matière sèche d’un facteur trois. D’où le concentré de vitalité qui en résulte !

Une niche qui gagne à être connue et mieux valorisée

Mercredi 9 janvier, c’était le lancement de la saison. Les représentants des trois choucrouteries étaient présents chez Jean-Michel Adès, qui accueillait aussi des représentants d’Auchan Illkirch, de la Sodexo, la Draaf, d’Alsace Qualité et de la Fédération des artisans bouchers-charcutiers du Bas-Rhin. Cette dernière, qui distribue une part des navets salés alsaciens dans ses magasins, entend bien que sa consommation s’accompagne de viandes et donc ne pas se laisser damer le pion sur le plan communication par des mouvements végans, a fait observer son président Jean-Luc Hoffmann.

Pour Jean-Michel Adès, le navet salé est une niche alsacienne qui gagne à être connue et mieux valorisée. D’où son appel aux acteurs de la distribution pour qu’ils pratiquent des prix « plus valorisants pour le métier ».

Plus globalement, la filière fruits et légumes d’Alsace peut se targuer d’être la seule région française, dont les volumes et les surfaces ont augmenté en 2018 : un point d’honneur que le président de l’Ifla, Pierre Lammert, a souligné.

Nathan Muller lance le spretzi, un petnat servi à la tireuse

Du vin élaboré en Alsace consommé façon « winspub »

Vigne

Publié le 15/12/2018

 

https://youtu.be/jQE4yr2ikkg

 

 

Au domaine Charles Muller à Traenheim, il y a déjà un air de campagne anglaise dans le vignoble avec les moutons folivores qui effeuillent et entretiennent les vignes. Mais depuis son stage d’étudiant à l’Ossett brewerie, au sud de Leads en Angleterre, Nathan Muller, ne fait pas mystère de son intérêt tout particulier pour les boissons fermentées servies sous pression à la tireuse. « Cette brasserie d’1 million de litres distribue 99 % de ses bières en fûts. » C’est là qu’il a pris conscience de toutes les potentialités de cohérence environnementale et sociale du modèle de consommation façon pub anglais.

https://youtu.be/U1yOUB9jamA

 

 

 

Son rêve ultime, serait d’ouvrir une taverne agricole dans le village, une « winspub » où les boissons locales servies façon pub anglais accompagneraient des plats à base produits locaux et fermiers, et si possible de sa ferme de polyculture-élevage. Ce jeune vigneron, cultive les vignes aux côtés de ses parents Jean-Jacques et Corinne Muller, et de sa sœur Marjorie. La politique de la maison Muller, c’est d’élaborer un vin bio naturel, sans rechercher la valeur ajoutée maximale, mais de rester sur des prix abordables. Et tant que faire se peut, de relocaliser tant les ventes de vins que les achats et fournitures pour l’exploitation.

 

 

Le spretzi de Nathan Muller, c’est donc une nouvelle boisson et un nouveau mode de consommation à base de pétillant naturel (petnat), distribué en fût dans les bars, winstubs et brasseries locales alsaciennes et servi à la tireuse. Essentiellement élaboré à base de gewurztraminer, le vin est entonné à 1010 de densité dans un fût inox de 600 l spécialement conçu pour accomplir la fermentation en cuve close et atteindre 5-6 bars de pression. Le vin est alors transvasé dans des fûts de 20 l qui sont destinés à être livrés et installés sous les zincs de bars avec une tireuse. L’opération de transvasage est isobarique, ce qui signifie que le fût de 20 l est lui aussi mis sous pression d’azote, il y a donc un simple transfert et remplissage par gravité. L’idée est qu’il « n’y ait pas de formation de mousse au remplissage », qui se produirait si la détente était adiabatique (à l’air libre), explique Nathan Muller.

« Juste avant l’obligation de mise en bouteille de type flûte dans la région d’origine, des vignerons faisaient leur tournée dans les restos de la région. Je me souviens encore de la camionnette Prairie qui livrait des tonneaux de 100 l », raconte Nathan. Mais la mise d’origine, obtenue de haute lutte en 1972, a eu raison de ce modèle de distribution et de consommation des vins d’Alsace en vrac, plutôt avantageux car affranchi des emballages. C’est pourquoi le vigneron est obligé de déclasser ses vins en VSIG, avant de les commercialiser de cette manière.

Chaque fût contient 20 l, soit l’équivalent de 26 bouteilles et autant d’étiquettes, de bouchons, collerettes et autres matières sèches comme les cartons, économisé en se passant du conditionnement. Sachant qu’une bouteille pèse 40 % dans le bilan carbone d’un vin, le gain environnemental est plus que significatif sur les émissions de gaz à effet de serre. « En outre, ça pérennise le lien avec le restaurateur », ajoute Nathan. Du côté financier aussi, l’opération s’avère très rentable, tant d’ailleurs pour le débitant de vin que pour le vigneron qui réalise des économies substantielles sur les matières sèches. « Le vin est vendu 6 €HT le litre, mais je n’ai pas de frais de conditionnement. Quant à l’acheteur, il économise 25 % puisque le prix est au litre et pas à la bouteille de 75 cl. »

Pour l’heure, le spretzi a séduit un réseau de bars à vins, winstub, de la place strasbourgeoise. L’idée de Nathan, c’est de poursuivre avec un vin non effervescent sur le même mode de distribution que les bières non effervescentes. C’est alors une pompe à piston qui fait remonter le vin tranquille situé dans la cuve sous le zinc.

 

https://youtu.be/2KTte-6Rqco

 

 

 

Le crémant d’Alsace à l’honneur sur Arte

Instant d’universalité et de solennité, juste avant le réveillon

Vigne

Publié le 10/12/2018

Dans le cadre de son émission historique 360° Géo, le documentaire se penche sur quatre maisons des vignerons : Mélanie et André Pfister à Dahlenheim, Étienne Arnaud Dopff à Riquewihr, Francine et Clément Klur à Katzenthal et Véronique et Thomas Muré à Rouffach. L’avant-première était projetée ce lundi 3 décembre dans l’auditorium Michel Debré de l’École nationale d’administration (ENA), archicomble. Plus de 300 convives, parmi lesquels des étudiants, des représentants des sociétés culturelles et gastronomiques alsaciennes et des élus.

« J’ai cru comprendre qu’en Alsace on avait pu parler de champagne d’Alsace, indique d’emblée Patrick Gérard, directeur de l’ENA. Situant clairement l’enjeu essentiel de la filière des crémants d’Alsace : accéder à la notoriété par l’image renvoyée. Mais en 1905, une loi réserve l’exclusivité du terme de champagne aux vins de la région concernée. » Il faut attendre 1976 pour que les bulles alsaciennes se trouvent une définition juridique, par le décret du 24 août très exactement. Jean-Luc Nachbauer voit dans le crémant d’Alsace à travers l’épopée vécue par ces quatre familles vigneronnes, une fresque « d’histoire locale et universelle » et l’expression de deux révolutions : « La première économique, avec une appellation forte aujourd’hui de près de 35 millions de cols, et surtout l’arrivée massive des femmes dans le monde du vin ».

C’est Véronique Muré, présidente des DiVINes, qui a suggéré le sujet, qu’il juge « atypique parce que le documentaire débouche sur un questionnement sociétal » à travers le vécu des vigneronnes et des vignerons. Mais n’en disons pas plus… Quant aux femmes, « elles apportent un plus assez extraordinaire par rapport à la vision masculine du vin, par rapport à la technicité », estime le réalisateur. Toutes, hautement diplômées, « apportent une sensibilité, un regard sur la vigne, en biodynamie notamment », s’agissant de Véronique Muré et Francine Klur.

Trois dimensions

Revenait à Pierre de Romanet, président du club d’œnologie de l’ENA, de commenter ses impressions. Le documentaire souligne trois dimensions importantes, « scientifique, poétique et humaine ». Scientifique parce que les auteurs des vins « sont souvent ingénieurs, voire anthroposophe, un nom compliqué qui fait fin XIXe, mais la Romanée Conti est aussi en biodynamie… ». La dimension poétique, avec « le vocabulaire de transmission des sommeliers, parce qu’il n’y a pas de classement et quand on déguste un vin, il n’y a que des sentiments, des impressions : astringent, acide, gras ou souple… C’est à chacun de dire ce qu’il aime. » La dimension humaine enfin, parce qu'« au sein de chaque bouteille, il y a accumulation de trésors, du sol, du vigneron, de ceux avec qui on partage le vin ». Et c’est cette dimension humaine du documentaire qui a « beaucoup touché » l’étudiant de l’ENA, « lorsqu’on conçoit le vin et qu’on le partage avec ceux qui ont contribué à le faire naître. C’est ce qui ressort et qui fait qu’on est si fier en France de ces bouteilles, parce qu’on est fier de les partager. »

« Quel vin vous a fait vibrer ? », demande l’étudiant de l’ENA. Réponse de Serge Dubs : « C’est un Cheval blanc 1947. Je me suis dit, c’est ça qu’il faut savoir boire et apprendre à connaître. Lorsque dans le vin il y a des sensations multiples, notre corps réagit, nous sommes capables de sortir le vocabulaire. Avec ce passage tout à coup, le vin devient vivant grâce au sommelier. » Mais, Serge Dubs précisait plus tôt : « Nous n’existerions pas, si vous ne nous faisiez pas de bons vins avec des personnalités, des sensibilités, des particularités et qui entrent dans nos sens ». C’est finalement Étienne-Arnaud Dopff qui a eu l’un des derniers mots : « Il faut considérer tout le travail qu’il y a derrière une bouteille et c’est là qu’on prend conscience de la dimension du vin ». Profitant de l’auditoire exceptionnel, il a souhaité « la bienvenue dans nos domaines respectifs et tous les autres domaines d’Alsace ».

Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne

Patrimoine et retraite, l’approche globale s’impose !

Vie professionnelle

Publié le 06/12/2018

Par monts et par vaux pour cultiver, élaborer et commercialiser ses vins, Jean-Daniel Boeckel, vigneron à Mittelbergheim estime ne pas toujours être bien au fait des dispositifs en vigueur permettant des allégements fiscaux. Aujourd’hui, les chefs d’exploitation ont besoin d’une « solution personnalisée clefs en main et de confier cette mission à un expert » complète Albert de Jonge, directeur du Centre affaires Agri-Viti de Colmar. « Je n’avais encore jamais pris le temps de faire un bilan patrimonial global », témoigne Jean-Daniel Boeckel. Mais aujourd’hui, il a confié à la Gestion Privée de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne (BPALC), le soin de gérer ses affaires privées. « Par expérience, les chefs d’exploitation sont plutôt démunis en matière de gestion de patrimoine, de préparation à la retraite et de prévoyance » constate Albert De Jonge.

Pour répondre à ces problématiques, la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, a dédié un conseiller en gestion privée spécialisé Agri-Viti au sein de chacun des centres d’affaires entreprises de son territoire. Leur expertise et leur proximité sont fortement appréciées comme peuvent en témoigner les chefs d’entreprises clients de la BPALC.

Ce service mise « sur une approche globale et non pas une approche produit ». « Le conseiller est disponible, réactif et apporte des solutions à ses clients », assure Albert de Jonge. Et « tous les chefs d’exploitation peuvent en bénéficier quel que soit leur niveau de ressources ».

L’approche globale signifie que l’entretien commence par un bilan patrimonial, un bilan prévoyance et par un bilan fiscal. Il répond à plusieurs objectifs :

  • proposer des solutions pour maîtriser la pression fiscale et optimiser la performance des placements
  • proposer des solutions juridiques et fiscales pour optimiser la transmission, une problématique forte en agriculture
  • constituer des dispositifs de complément de retraites souvent modestes en agriculture
  • et enfin, protéger le conjoint en cas de décès.

Des solutions globales mais personnalisées

Le panel de solutions proposées « dépend du degré de risque accepté par le chef d’exploitation selon son tempérament et en réponse à ses attentes ». Albert de Jonge insiste sur l’approche globale. La BPALC propose entre autres des dispositifs de prévoyance comme le PEI et le PERCOI (Plan d’épargne salariale et retraite) adaptés au profil du chef d’exploitation. « Le PERCOI par exemple, permet de se constituer un complément de retraite déductible fiscalement et socialement », explique le conseiller.

Pour assurer l’avenir, l’épargne financière reste encore aujourd’hui une solution incontournable, par exemple par le biais des assurances-vie. « Elles offrent un cadre fiscal privilégié tant pour sa transmission que pour la constitution d’une épargne retraite. »

L’investissement dans l’immobilier locatif-neuf dans le cadre du dispositif Pinel en est un autre exemple. « Il est destiné à réduire sa pression fiscale mais permet à terme de se constituer un complément de retraite à travers les revenus locatifs. Il peut également être considéré comme un dispositif de prévoyance, puisque l’assurance décès liée au financement protège le conjoint survivant » conclut Albert De Jonge.

Jean-Daniel Boeckel peut se consacrer pleinement et sereinement à ses activités viticoles grâce à la complémentarité de son Chargé d’Affaires et de son Conseiller en Gestion Privée de la BPALC « dans un climat de confiance réciproque ». « C’est important ! », ajoute le vigneron.

Christophe Monnoyer, concepteur d’étiquettes

« Dans la peau du vigneron »

Vigne

Publié le 05/12/2018

« Mes clients vignerons font de la bouteille et vendent du vrac. Mais le vrac se casse la figure. Ça ne rapporte plus rien, donc il faut trouver des solutions. Il faut vendre plus de bouteilles. Or le vigneron classique n’est pas un commercial. Pour l’aider à vendre, il y a des outils. Des portes d’entrée papier ; et des solutions virtuelles et réseaux pour lesquelles les vignerons sont plutôt très démunis », analyse Christophe Monnoyer.

Le magasin et atelier de céramiques Coup de cœur à Epfig, à côté l’église, abrite dans l’arrière-boutique l’agence de création Magnolia. La décoration, la disposition des poteries, le magnifique kachelofe dans le coin ne laissent aucun doute sur le sens artistique et esthétique de ses occupants. Christophe Monnoyer et son épouse Muriel Grosz, artiste céramiste, ont élu domicile en ce lieu pour laisser libre cours à leur créativité. Un lieu où chaque chose revêt un sens particulier et raconte une histoire. C’est aussi dans cet esprit que travaille Christophe Monnoyer à qui, nombre de domaines viticoles alsaciens ont désormais confié le soin de co-concevoir leurs étiquettes.

Une deuxième lecture

En 2007, il change radicalement de branche et fonde son agence, se forme aux logiciels de graphisme, à la photographie. Pour le reste, les prédispositions artistiques de ce dessinateur au regard bleu perçant d’un Henry Fonda et ses capacités à comprendre et ressentir les aspirations des vignerons lui ouvrent très facilement les portes de la viticulture alsacienne. Pour laquelle il propose des chartes graphiques pour étiquettes, dépliants, kakémonos, enseignes, tarifs, entêtes, et plus largement des logos, etc.

« Le travail de création peut durer un an. Soit on travaille sur une cuvée, soit sur toute la gamme. » Une année au cours de laquelle Christophe Monnoyer prend le temps de nouer une relation, de comprendre le vigneron, de partager les inspirations, de coucher sur papier les représentations mentales : « Ils ont des idées, des ressentis, ils voyagent. Il faut plusieurs mois de gestation pour que l’idée se construise. Ce qui est important, c’est d’échanger avec le vigneron. Car il faut que l’étiquette soit à son image. »

Cette capacité d’échange, Christophe Monnoyer l’a acquise pendant les 20 années durant lesquelles il a travaillé comme commercial pour une industrie. 20 années pendant lesquelles il a « appris à écouter les clients ». « En deuxième lecture », très souvent, ses étiquettes font allusion à une anecdote qui renvoie au trait de caractère du vigneron.

Exemple avec un gewurztraminer de macération, de teinte orangé soutenue, que Christophe Lindenlaub appelait « son fanta orange » : « On l’a appelé éléphanta orange ». Le comble pour un vigneron bio de faire référence à une célèbre boisson du groupe Coca-Cola. L’étiquette, un brin décalée, évoque la personnalité du vigneron qui ne se prend pas au sérieux, même pour un gewurztraminer proposé à 24,50 €, en pleine réussite commerciale. Autre exemple : la gamme de vins du jeune vigneron Louis Maurer. « Son épouse Gwénolé me disait qu’il est toujours dans la lune et à vélo. Le pictogramme qui se balade sur les étiquettes est devenu la signature. »

D’autres vignerons se présentent avec « des idées très précises. Là, je n’ai pas beaucoup de travail. » Exemple avec Catherine Riss, « venue avec Julien Kuntz, dessinateur humoristique et sarcastique, et ses dessins ». Pour Fabienne et Jean-Louis Mann, c’est différent : « On a cherché les œuvres d’un artiste qui correspondait bien à la personnalité du vigneron. Ils sont entrés en contact avec l’artiste, Sébastien, lui ont envoyé les vins et il leur a fait deux tableaux. » Finalement, « on ne vend pas, mais on propose des solutions », résume Christophe Monnoyer.

Bourgogne, chiffres et millésime 2017

De record en record

Vigne

Publié le 29/11/2018

C’est le millésime 2017 qui était sous les feux de la rampe durant les festivités d’automne en Bourgogne. Se tenant traditionnellement la deuxième ou la troisième semaine de novembre selon le calendrier, elles donnent l’occasion aux domaines, maisons de vins fins et syndicats viticoles de présenter le millésime aux prescripteurs. Et se terminent par la célèbre vente aux enchères des Hospices de Beaune.

En 2017, la Bourgogne a vinifié 1,50 million d’hectolitres (Mhl) répartis en 59 % de blancs, 30 % de rouges et 11 % de crémants, contre 1,22 Mhl l’année précédente, pour 29 400 hectares. Au chapitre de la conjoncture économique, 2017 est une bonne année pour la Bourgogne. Sur son cœur de gamme, en dix ans, les ventes de bourgognes en grande distribution ont augmenté de 40 % en valeur, tout en préservant les volumes vendus sur ce marché (Source Iri Symphony). Ses marchés d’export aussi progressent en 2017 : de 0,7 % en volumes et de 10,7 % en valeur. Ils représentent 49 % des ventes en volumes. Le chiffre d’affaires des vins de Bourgogne est estimé en 2017 à 1,74 milliard d’euros (Md€). Un chiffre d’affaires singulièrement freiné par le manque de disponibilités. En 2017, ses stocks ont régressé de 2 % par rapport au stock de fin de campagne 2016.

Folles spéculations

C’est dans ce contexte globalement favorable donc, que s’est déroulée la 158e vente aux enchères des Hospices de Beaune, où 828 pièces ont été proposées. Le total des enchères dimanche 18 novembre a atteint 14,2 millions d’euros (M€), dont 230 000 € pour les deux « pièces des Présidents ». Battant ainsi le record des 12,30 M€ l’année précédente. De même, le prix moyen pour une pièce (fût de 228 litres) s’est élevé à 16 850 €, en hausse de 19 % comparé à 2017.

Toujours au chapitre des enchères, on peut citer le record atteint en octobre par deux bouteilles de Romanée Conti 45, l’une pour 596 000 dollars et l’autre pour 496 000 $. Le célèbre domaine bourguignon alimente d’ailleurs toutes les spéculations depuis le décès prématuré d’Henry Frédéric-Roch (56 ans), son cogérant, avec Aubert de Villaine. À l’heure où se profilent des successions, la valeur de DRC (Domaine de la Romanée Conti) serait estimée à 1 Md€, loin devant les 240 M€ mis sur la table par le milliardaire François Pinault pour l’acquisition du Clos de Tart en 2017.

« Du jamais vu en 40 ans de métier »

Loin des spéculations les plus folles, le syndicat viticole de Gevrey Chambertin organisait son traditionnel Roi Chambertin, soit la dégustation de 150 vins du millésime 2017, des crus, premiers crus, futurs premiers crus et du grand cru. Philippe Rossignol, président du syndicat, annonce pour 2018 « un millésime exceptionnel avec de hauts degrés, une maturité phénolique jamais atteinte et un état sanitaire parfait, du jamais vu en 40 ans de métier ».

La nouveauté en 2018, ce sont les fermentations qui languissent avec des malo sous marc, « que l’on ne connaissait pas auparavant, et plutôt caractéristique des vins du Sud ». Les vendanges ont débuté vers le 8-10 septembre. « En ce moment ça se vend très bien, pourvu que ça continue », rapporte Philippe Rossignol qui cultive 7 ha « en famille ». Quant à 2017, « il sera un peu en retrait par rapport à 2016 ou 2018. C’était des vendanges précoces. » Parmi les crus du vigneron, le lieu-dit des Evocelles à côté des Champeaux, sur Brochon, en projet de classement premier cru.

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