Auteur
Image

DL

David Lefebvre

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Niess Viti à Dambach-la-Ville

Affluence record dans les vignes

Vigne

Publié le 04/04/2019

Les opérations « saison morte » chez Niess Viti ont été plutôt dynamiques, avec près d’une quarantaine de châssis Clémens et les outils adaptables pour le désherbage mécanique et l’entretien du cavaillon. Environ 200 vignerons et viticulteurs ont répondu à l’invitation de Gérard Jacquat et ses collaborateurs pour découvrir en action la panoplie d’outils Clémens, la lame Radius, les double disques émotteurs Rollhacke, les bineuses à doigts que Kress fabrique désormais spécifiquement pour Clémens, le tout monté sur les châssis  SB Compact, SB 2 ou Hexagon. Les vignerons cherchent désormais activement des solutions de substitution au désherbage chimique, souhaitées ardemment par la société civile pour des produits ludiques ou culturels, tel que le vin. Ce qui explique le succès rencontré par les équipes Niess Viti, qui répondent présent sur ce marché, accompagnées de Clémens depuis 2013.

Manfred Niess toujours bien présent sur les manifestations ne pouvait que constater l’affluence énorme ce mercredi matin dans les vignes entre Dambach-la-ville et Blienschwiller.

Au programme également, les pulvérisateurs Lipco, sans doute l’un des opérateurs les plus anciens du marché des pulvés à proposer des panneaux récupérateurs. Des pulvé extrêmement bien pensés agronomiquement pour limiter le tassement avec des double-essieux, des panneaux dont l’encombrement en tournière a été limité par un système de levage et bien sûr une efficacité de récupération qui confine le traitement. Sans doute l’une des solutions les plus envisageables dans les zones sensibles à proximité des habitations. Les panneaux Lipco récupèrent ainsi jusqu’à 70% des volumes en début de végétation et 40 % ensuite. Au point que certains viticulteurs proposent un aménagement avec les panneaux devant le tracteur et la cuve derrière pour plus de maniabilité… « On sait déjà faire avec le rognage.»

Bref, les équipes Niess sur le terrain, sont bien décidées à accompagner les viticulteurs confrontés à de nombreux défis sociétaux et écologiques.

Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace (Synvira)

Des débats contradictoires pour être force de proposition

Vigne

Publié le 03/04/2019

Plus de 50 % des metteurs en marché de vins d’Alsace sont adhérents au Synvira, le Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace. L’assemblée générale se tenait le 27 mars au château Kiener à Colmar. Dans son rapport moral, Pierre Bernhard, président, relève la belle récolte 2018, mais des ventes globales en chute, à 909 000 hectolitres.

Pour y faire face, il cite les atouts du vignoble : le potentiel du crémant, la recherche de valorisation par les premiers crus, nécessaire pour attaquer de nouveaux marchés. « Il faut accompagner les adhérents vers ces nouveaux marchés, le positionnement prix, le packaging ». Il évoque également l’œnotourisme comme levier pour faire face aux difficultés. Les vignerons indépendants avec leurs multiples manifestations sont en pointe sur ce dossier. En 2019, la formule de l’Apéro gourmand devrait évoluer et s’étaler durant tout l’été, informe Catherine Schmitt. En projet, une après-midi vin nouveau durant les vendanges. Quant au traditionnel Pique-nique chez le vigneron, il générerait 345 000 € de chiffre d’affaires.

Francis Backert : un vignoble en transition

« Transition » a été le maître mot de l'intervention de Francis Backert, secrétaire général du syndicat. Face « aux fortes attentes sociétales », notamment au sujet de l’environnement, on ne peut pas faire l’impasse des coûts de production. Transition technique également : Francis Backert a fait référence au dernier colloque de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), où un « robot absolument autonome » a été présenté. « On en verra avant que nous partions à la retraite », entrevoit le vigneron de Dorlisheim. Selon lui, il faut préparer le vignoble à la robotisation : « On a tout intérêt à faire du regroupement parcellaire, car programmer le robot pour 10 ares, ça peut être tout sauf rentable ».

Le robot divise

Le groupe des jeunes vignerons comptabilise désormais une centaine de membres, rappelle Pierre Bernhard. « Il est très actif, courageux, son dynamisme est une chance pour les vins d’Alsace », note le président. Attaché à son autonomie financière pour s’assurer une certaine indépendance d’action, ce groupe préserve également sa liberté de parole.

Réponse a été faite à Francis Backert sur la question des robots par Thibault Specht, jeune vigneron de Mittelwihr : « Je pense que si on entre dans ce jeu-là, on aura une perte de cohérence, par rapport à nos objectifs. » Thibault Specht estime que c’est l’image du savoir-faire qui est remise en cause avec la robotisation. « Nous devons faire face à des problèmes de recrutement. Et sur le marché mondial, avec les pays émergents où les salaires sont bien inférieurs, nous aurons du mal à être compétitifs », lui répond Francis Backert.

« On a choisi de faire des vins de terroir »

« Nos prix se rapprochent de ceux des vins sans indication géographique, sauf qu’on a toujours plus de régulation. Donc, il faut se poser la question : soit on veut plus de régulation, mais le prix du kg de raisin vaut plus cher et le vin se vend plus cher. Soit on veut moins de régulation et nos concurrents seront les vins de cépages rhénans, les rieslings d’Afrique du Sud. L’immense majorité du groupe des jeunes a choisi de faire des vins de terroir. Nous essayons de vendre un peu plus cher, nous avons tous des salariés, a répondu de son côté Denis Hébinger. J’estime qu’on ne se pose pas les bonnes questions. À 3,70 €/col, le prix moyen export d’une bouteille de vin d’Alsace, ça ne nous intéresse pas. » « Le fait est que les grands choix régionaux opérés ces dernières années vont à l’inverse des aspirations des jeunes. Ils ferment la porte à ces choix d’avenir », estime de son côté Florian Beck-Hartweg.

C’est Hélène Huttard, jeune vigneronne à Zellenberg, qui reprend le flambeau de la responsabilité du groupe des jeunes. Au programme : de nombreuses animations avec les chefs étoilés d’Alsace, des soirées formation, after-works, dégustations œnoculturelles. « Notre but est de reconnecter les jeunes, que le métier les fasse rêver. De redonner du glamour. Nous souhaitons réinvestir les capitales », déclare la jeune vigneronne.

DRM et autres tracas administratifs

Séance de psychothérapie collective à Andlau

Vigne

Publié le 27/03/2019

C’est « la pire crise viticole depuis 40 ans », estiment certains. Une pétition en ligne, pour dénoncer la complexité administrative de la Déclaration récapitulative mensuelle (DRM) liée à la multiplicité des appellations-cépage, a incité des jeunes vignerons à organiser une réunion sur la charge administrative, dans le cadre du Grand Débat national. Une trentaine de vignerons se sont ainsi réunis le 12 mars à Andlau à l’initiative de Yann Durrmann et Denis Hébinger. Le premier a organisé le débat et listé plus d’une soixantaine d’obligations administratives : un tiers d’entre elles sont redondantes par manque de connexions entre les administrations et institutions du vignoble. Le second a mis en ligne une pétition sur le site change.org intitulée « Remise en cause de la réforme de la DRM », dont le texte a été rédigé par Jean-Pierre Frick. La réunion s’est tenue dans une ambiance lourde marquée par le suicide, le matin même, d’un vigneron à Bernardswiller, juste après avoir expédié 1 200 hectolitres de vrac.

Trop de temps perdu et de complexité

En introduction, Yann Durrmann prend l’exemple des dossiers d’aides FranceAgriMer à remplir en trois volets, le premier de 150 cases, le deuxième avec 200 cases et le troisième avec 330 cases : « C’est ridicule » ! Puis chacun s’est exprimé : « Un véritable ras-le-bol avec des formulaires et des formulaires », pour Richard Geiger de Bernardvillé. « La DRM est vraiment problématique », pour Louis Metz d’Epfig. « On est déjà surchargé, on est aidé des retraités et on n’a plus de possibilité d’embaucher étant donné la situation », reconnaît Évelyne Kientz de Blienschwiller. « Je cultive 13 hectares, j’achète des raisins, je vends 120 000 bouteilles. En quatre ans, on est passé d’une à deux personnes pour les tâches administratives et on n’y arrive toujours pas », explique Antoine Kreydenweiss d’Andlau. « Je suis double-actif, la Mutualité sociale agricole plus les Douanes, c’est devenu trop compliqué », exprime Stéphane Gassmann d’Andlau, appuyé par Céline Metz, viticultrice à Blienschwiller, en charge de la paperasse en plus de la vinification sur son domaine. Elle pointe les doublons et les aberrations entre le cadastre et les parcelles sur dossiers Pac. Luc Faller d’Itterswiller raconte qu’il a consacré une demi-journée à mettre au clair les problèmes de cartographie et qu’il passe tous les ans un certain nombre d’heures à corriger les erreurs de l’administration.

Le comble est une lettre du contrôle Qualisud que Claude Moritz d’Andlau a reçue récemment : « Nous avons constaté une absence de non-conformité ». Selon Antoine Kreydenweiss, « parfois, il faudrait un traducteur de langage administratif ». Rires dans la salle… Des rires jaunes : « Ça suffit. On n’est pas des idiots ! », s’énerve Alexandre Carl de Dambach-la-Ville. Il raconte ces heures passées au téléphone à patienter pour des services en ligne… Quand ce n’est pas le service qui bug après deux heures de saisie, ajoute Évelyne Kientz.

Angoisse d’être toujours à la limite de légalité

La question des tâches administratives sociales irrite particulièrement : « Pour les vendanges, c’est devenu insupportable », s’écrie Marjorie Muller. « C’est difficile de tout connaître des lois sociales », ajoute Antoine Kreydenweiss. « Exemple avec un salarié qui ne vient que pour 4 heures de vendanges, soumis aux mêmes lourdeurs administratives : c’est vraiment inadapté », fait observer Florian Beck-Hartweg. Philippe Maurer d’Eichhoffen revient sur cette affaire d’un vendangeur qui de façon récurrente a joué sur les failles du système pour faire condamner des vignerons : « Ça révèle un bug syndical et un manque de soutien entre nous », estime-t-il.

Car le sentiment qui domine, « c’est de se sentir toujours dans la limite de la légalité », étant donné la complexité des tâches administratives, soulève Philippe Maurer.

Aux dépens de la famille…

« Nous avons droit aussi à une vie de famille », clame Marjorie Muller de Traenheim. Quant à Gilbert Beck, vigneron préretraité à Dambach-la-Ville, il estime que ce sont ces difficultés qui ont découragé son fils de reprendre son domaine.

… de la mobilisation syndicale…

Il pointe également les défaillances du syndicalisme, notamment dans ce dossier de la DRM. Même analyse pour Frédéric Heitz de Mittelbergheim. Marie-Claire Borès de Reischfeld avait réclamé un audit « pour voir où on en est avec l’administration ». « En fait, le syndicat c’est nous ! On devrait se fédérer pour montrer que nos limites sont atteintes », estime Philippe Maurer. « Pour les déclarations parcellaires, j’ai décidé de ne plus me prendre la tête », indique Antoine Kreydenweiss. « Et pour quelles vendanges tardives ? », interroge Philippe Maurer, faisant allusion à la dévalorisation de ces vins liquoreux. La cause de ces « faiblesses, c’est le manque de temps pour faire de la présence syndicale », estime Gilbert Beck. Ces lourdeurs « posent un problème de démocratie, car ça nous est imposé », renchérit Éric Kamm de Dambach-la-Ville.

… et du boulot !

« J’ai encore la chance que mon père soit là. Mais le jour où il arrêtera, je serai dans l’impasse » poursuit-il. « On ne peut même plus sortir dans les vignes avec ces lourdeurs », souligné Christophe Lindenlaub de Dorlisheim.

Pour Gérard Goepp, vigneron à Heiligenstein, s’ajoute aux lourdeurs administratives, un prix du vrac qui ne rémunère plus le travail. Selon Denis Hébinger d’Eguisheim, « c’est bien le modèle du vigneron vendeur de vin en direct qui est dans la difficulté », à travers ce poids administratif que « seules les grandes structures peuvent assumer ». « On vit une crise. La conséquence est la fin de la vente directe sur la route des vins », estime-t-il. « Notre modèle s’éteint », confirme Yann Durrmann. « Ces deux dernières années sont les pires de mes 42 années de carrière de vigneron », lance Claude Moritz.

En cause, « le millefeuille administratif. Et la DRM, c’est la goutte de trop », de surcroît jugée « inutile ». « Je ne sais pas si l’État se trouvera plus renseigné qu’avant, avec cette DRM. Quoi qu’il en soit, ça va nous foutre dedans », s’alarme-t-il. Il dénonce également les téléprocédures gamma nécessaires pour expédier 18 bouteilles pour Prowein. « C’est déjà 2 heures de travail avant même d’avoir cherché à vendre le vin, quand nos voisins allemands ou autrichiens l’ont déjà vendu. »

« Tout ce temps consacré à l’administratif : on serait plus efficace à le passer à vendre », pointe Claude Hauller de Dambach-la-Ville. « On traverse une très mauvaise passe, reconnaît-il. Et ce n’est pas la DRM qui va nous faire avancer. » D’autant « qu’on n’est pas bureaucrates », ajoute Jérôme Brandner de Mittelbergheim.

La simplification possible ?

Pour Frédéric Hansmann, de la même commune, « les redondances seraient pourtant faciles à supprimer ». Il ajoute avoir eu un entretien avec les services des Douanes « qui disent se satisfaire des mentions blanc, rouge, effervescent ». « Oui ! Les Douanes s’en contenteraient », affirme Christophe Bleesz. D’où l’incompréhension. Pour Florian Beck-Hartweg de Dambach-la-Ville, ce sont en réalité « les vins d’Alsace qui doivent se réinventer ». Attention cependant, « ce n’est pas la dématérialisation qui est en cause, et qui en réalité simplifie les démarches », précise Christophe Lindenlaub. Le problème vient de la multiplicité des codes générés par les cépages, une spécificité alsacienne, qui fait que cette réforme de la DRM est plutôt bien vécue dans les autres appellations, mais très mal ici.

« Certaines tâches administratives pourraient être adaptées aux petites structures, qui pourraient en être exemptées », reprend Florian Beck Hartweg. Quant à Antoine Kreydenweiss, il identifie un « manque d’interfaces » entre les administrations. Entre autres exemples : la DEB et la TVA. Ce qui le fait sortir de ses gonds, c’est le slogan : « Ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout ».

Baehrel Agri et Euro Agrar

Denis Baumann cède la direction à Guillaume Koenig

Vie professionnelle

Publié le 27/03/2019

Depuis leur reprise en octobre 2014 par la RWZ, l’une des cinq plus grandes coopératives allemandes de vente et services en machinisme agricole, les établissements Baehrel Agri, sous la conduite de Denis Baumann, sont devenus l’un des principaux acteurs de l’importante restructuration des concessions agricoles qui se joue actuellement en Alsace. En janvier 2016, c’est le fonds de commerce des deux sociétés d’Agri Center dans le Haut Rhin qui est repris par la RWZ : Agricom à Jettingen et AC Équipements à Muespach-le-Haut. Et en septembre 2017, c’est le secteur de l’ancienne concession Massey Ferguson, RG Matériels, situé en Centre Alsace qui est entré dans le giron de Baehrel Agri.

« À ce stade, la RWZ détient 100 % de Baehrel Agri pour la marque Massey Ferguson et 100 % d’Euro Agrar pour Valtra et Fendt », explique Denis Baumann. Avec cinq succursales à Soultz-sous-Forêts, Mommenheim, Marlenheim, Sainte-Croix-en-Plaine et Muespach-le-Haut pour Baehrel Agri, et bientôt une sixième à Sélestat. « Le foncier est réservé dans la ZI du Giessen, visible depuis l’autoroute et accessible par la sortie Sainte-Marie/Tunnel. Le bâtiment est prêt à être construit », poursuit Denis Baumann. Ce qui permettra pour Baehrel Agri d’assurer un bon maillage régional sur sa marque Massey Ferguson, tandis qu’Euro Agrar, pour Fendt et Valtra, couvrira la plaine dans le Haut-Rhin, le Sundgau et plus au sud encore, le Territoire de Belfort et une partie du Doubs.

L’heure est venue pour Denis Baumann qui représente les intérêts de la RWZ en France de passer la main à la tête de Baehrel Agri et d’Euro Agrar. Arrivé en 2015 comme directeur général, il a conduit l’expansion des acquisitions de la RWZ. « Nous réalisions 8 millions d’euros (M€) de chiffre d’affaires avec Baehrel Agri en 2015. Aujourd’hui avec Euro Agrar, cela fait plus de 20 M€. » Les deux entités comprennent 52 collaborateurs. Et c’est Guillaume Koenig qui en assurera désormais la direction générale.

Cet ancien cadre commercial de RG Matériels affiche 20 ans de métier au compteur et a gravi peu à peu les échelons pour devenir chef des ventes d’Euro Agrar. « C’est un nouveau challenge, j’étais déjà bien impliqué au niveau des responsabilités, aujourd’hui j’ai de nouvelles missions et de nouveaux objectifs, mais je suis rassuré car j’ai une super équipe à mes côtés avec laquelle nous allons faire perdurer ce que Denis a mis en place », explique Guillaume Koenig. « Je le connais, je connais son travail, je lui fais confiance », assure Denis Baumann, pour qui une page se tourne, mais pas tout à fait…

Syndicat viticole de Molsheim

Une nouvelle génération pleine d’ambitions culturelles

Vigne

Publié le 23/03/2019

De la consommation courante à l’acte culturel. Les vignerons de Molsheim ne ménagent pas leurs efforts pour faire valoir la qualité de leurs vins et de leurs coteaux en particulier. Ils tenaient leur assemblée générale au restaurant de l’hôtel Diana, le 13 mars dernier, autour d’un repas gastrovinique, concocté par le chef Frédéric Malaisé, et agrémenté des crus en devenir.

Une assemblée générale dans une ambiance décontractée, même si les sujets abordés étaient extrêmement sérieux : rendements 2019, liste des cépages, assemblages, riverains des vignes, et préparation des manifestations viniques d’envergures régionale et nationale.

Assemblage ou monocépage

Henri Kaes cède la présidence de la gestion locale du Bruderthal à Jérôme Neumeyer. Hommage a été rendu au travail de Bernard Weber et Gérard Neumeyer, ainsi que de Philippe Heitz pour avoir obtenu la reconnaissance en 1992. Julien Boehler relève cette incohérence : « La variable entre les grands crus, ce n’est pas le cépage, mais le terroir ». Il prend l’exemple du Zinnkœpflé : les vignerons se sont accordés sur deux versions, l’une liquoreuse et l’autre en sec, à l’exclusion de la mention des cépages. Ils deviennent juste une mention informative et qui n’est plus identitaire. Mais Jérôme Neumeyer estime que le cépage est un marqueur de terroir, en particulier le riesling.

Faut-il alors ajouter une déclinaison supplémentaire d’assemblage à l’offre des cépages et rendre l’offre encore plus complexe ? Julien Albertus estime que la complexité de l’offre n’est pas un frein au marché, bien au contraire. Comme pour le Zinnkœpflé, le cépage, qui ne serait plus la variable identitaire du terroir, deviendrait néanmoins un élément informatif sur la contre-étiquette, jugé nécessaire certes, mais plus en tant qu’élément protecteur de l’appellation…

Faut-il stabiliser, voire diminuer, les rendements ?

Le syndicat viticole se demande s’il faut diminuer les rendements d’appellation compte-tenu des problèmes d'écoulement de stocks sur  le marché du vrac. « L’idée serait surtout de baisser dans une perspective de produire mieux », dit un vigneron, car « la question est de valoriser nos productions ».

Mais cette décision hypothétique de diminution ou de maintien des rendements reste suspendue au fait que « 60 % des volumes de vins d’Alsace sont dans les mains de dix opérateurs », fait remarquer un autre vigneron.

Étiquetage sec, demi-sec, moelleux, liquoreux

Un loup juridique a été soulevé, car l’actuelle réglementation qui encadre la sucrosité du riesling ne permet pas de replier un riesling grand cru en riesling AOC Alsace. La réalité du débat est de savoir s’il faut informer le consommateur par l’étiquette sur la teneur en sucrosité contenue dans le vin. Les vignerons s’interrogent : ces mentions européennes porteront-elles préjudice ou valoriseront-elles l’image du vin ? Ou inversement amélioreront-elles les ventes par une meilleure lisibilité de la sucrosité du contenu ?

Phytosanitaires - riverains

Les millésimes 2017 et 2018 se caractérisent par « peu de pression sanitaire et pas de soucis identifiés avec les riverains ». Henri Kaes en appelle au bon sens des bonnes pratiques, comme « ne pas poudrer le samedi à 11 h 30 ». Il invite aussi à nouer contact avec les riverains et plus largement les Molsheimois, à « privilégier les relations de bon voisinage. On est en position favorable à Molsheim » en raison de la configuration parcellaire et globalement des Molsheimois compréhensifs, même si des questionnements se font de plus en plus nombreux.

Dispositif de portage foncier par la Safer et financé par Crédit Agricole SA

Différer l’achat du foncier pour faciliter l’installation des jeunes

Vie professionnelle

Publié le 23/03/2019

Une bouffée d’oxygène à une période de sa vie où le jeune installé a surtout besoin de fonds pour financer son outil de production. « Le dernier recensement agricole met en évidence la problématique du renouvellement des générations dans un contexte où le sujet foncier est omniprésent », introduit Michel Freyss, responsable de la filière agri-viti au Crédit Agricole Alsace Vosges.

Pour le premier financeur de l’agriculture, il s’agit donc de mettre en place des dispositifs pour faciliter la reprise des exploitations. Et qu’un jeune agriculteur en installation n’ait pas à supporter l’achat du foncier en plus du reste. C’est la Safer qui en assure le portage, c’est-à-dire qui achète les terres pour une durée déterminée. Ceci, grâce à une convention-cadre signée en 2017 au niveau national, entre la Safer et Crédit Agricole SA qui en assure le financement.

Cette convention vient d’être déclinée dans le Grand Est. Sa signature a eu lieu lors du 56e Salon international de l’agriculture entre les quatre Caisses régionales de Crédit Agricole Lorraine, Champagne Bourgogne, Nord Est, Alsace Vosges et la Safer Grand Est. Elle repose sur un « dispositif de financement-relais longue durée. Il s’adresse aux jeunes agriculteurs en phase d’installation aidée, sur tous types de production », précise Michel Freyss.

Sur le principe, le jeune ébauche son projet et son plan de développement en tenant compte s’il le souhaite du dispositif d’acquisition foncière différée à cinq ou dix ans. De son côté, la Safer communique une fiche d’intention au Crédit Agricole qui étudie l’ensemble du projet. Une fois le projet accepté et validé en CDOA, la Safer sollicite auprès de Crédit Agricole Alsace Vosges un prêt pour l’acquisition foncière.

Dans un premier temps, « ce n’est donc pas le jeune installé qui va acquérir le foncier », indique Michel Freyss, ce qui lui permet de consacrer des fonds à d’autres investissements comme l’outil de production. Mais c’est la Safer qui propose l’achat du foncier à travers un prêt qu’elle contracte auprès de Crédit Agricole Alsace Vosges pour chaque installation. Le montant maximum de financement s’élève à 200 000 euros, uniquement pour du foncier non bâti. Le portage est effectué pour une durée de cinq ans renouvelable une seule fois, soit dix ans au total.

« En contrepartie, le jeune paie le fermage sous forme de convention d’occupation temporaire, comprenant les intérêts financiers, les taxes foncières et syndicales, les frais de gestion Safer. Cette convention est réévaluée annuellement dans le cadre du statut du fermage. » Et c’est le Crédit Agricole qui apporte la caution bancaire pour le paiement des fermages, limité dans la durée.

À l’échéance du portage de cinq ou dix ans, ou même pendant la période, l’agriculteur peut racheter tout ou partie de ce foncier. Sa valeur est équivalente à celle de l’acquisition, déduction faite des fermages et incluant les frais de portage (notariés, taxes, géomètres, frais financiers).

Au terme des dix ans, si d’aventure l’agriculteur ne rachetait pas le foncier loué, la Safer s’engage à le remettre en vente. Et si entre-temps il s’était dévalué, la Safer et le Crédit Agricole Alsace Vosges se partageraient la perte occasionnée par cette dévaluation. En contrepartie l’agriculteur ne se verrait pas restituer la redevance d’occupation temporaire.

Mittelwihr

En croisade pour replanter des amandiers millénaires

Vigne

Publié le 22/03/2019

La légende dit que c’est le long de la voie romaine traversant les coteaux de Beblenheim et Mittelwihr, que Charlemagne ou ses troupes auraient laissé des amandes. Quoi qu’il en soit, les amandiers du Mandelberg sont une variété locale qui résulte d’une adaptation multiséculaire, unique en Europe, ayant la propriété de fleurir si tôt au sortir de l’hiver qu’aucun autre arbre ne peut rivaliser de précocité. Le contraste paysager de ces coteaux ornés de fleurs d’amandier sur fond de couleurs hivernales est saisissant. « Un paradis pour les chasseurs d’image. »

Mais ce coteau du Mandelberg n’a presque plus de rapport aux amandiers que son nom. Car depuis 50 ans, la mécanisation viticole a peu à peu décimé ce patrimoine variétal, pourtant si identitaire du terroir. Les arbres qui ornaient les vignes et les chemins du Mandelberg ont été coupés pour laisser passer les engins.

Sauf qu’un ancien vigneron, Jean-Jacques Mauler s’échine chaque année à replanter une quarantaine d’arbres à partir des boutures qu’il fait pousser. Sensibilisée par cette volonté farouche de « faire revivre ce patrimoine », Marie-France Siegler, vigneronne sur le Mandelberg, remue ciel et terre depuis quelques semaines pour faire redécouvrir ce spectacle saisissant des amandiers en fleur. France 3, les quotidiens régionaux et même nationaux comme Le Parisien sont venus filmer ce spectacle, interviewer Jean-Jacques Mauler et goûter aux amandes sur kougelhof, accompagné d’un mandelberg. Une amande qui a une autre caractéristique : sa coque d’une remarquable robustesse.

Pour découvrir les amandiers, goûter aux amandes et aux vins des amandiers, contactez Marie-France et Joël Siegler au 06 08 12 94 12 ou siegler-kuster@orange.fr.

Le pulvérisateur TTZ2 de Thomas

À l’écoute des utilisateurs

Technique

Publié le 22/03/2019

Performant avec ses coupures de tronçons droite et gauche, haut et bas, et ses orientations de canon électriques, le TTZ, du constructeur Thomas filiale du groupe Exel, bénéficiait déjà d’une bonne presse auprès de ses clients. Voici la version améliorée, le TTZ2 qui dispose de nombreuses évolutions apportées sur les conseils des utilisateurs.

Léon Durrmann à Andlau et Laurent Pral, de la maison Thomas, présentaient ce nouveau pulvérisateur le 13 mars à Andlau. Plus compact, il dispose d’un système breveté roue dans roue pour les tournières, avec un attelage trois points qui permet des angles de braquage forts sans avoir à débrayer la prise de force. La capacité de la pompe a été portée de 40 à 70 litres/min de débit, et toutes les commandes se font par bus-can sur un seul joystick. Avec trois étages de filtration (filtre, buse et panier), l’intérieur de la cuve a été épuré, avec un dispositif d’aspiration ventrale haute. De nombreux détails améliorent l’ergonomie : la vanne d’agitation est plus accessible et la position de remplissage plus fonctionnelle. Le nettoyage de la turbine est rendu plus efficace avec une position éjection spécifique. Ce TTZ2 dispose en outre de nouvelles pattes d’oie en matériaux PP robuste. Enfin pour l’hivernage, le manomètre est équipé d’une purge.

Bref, on peut faire confiance au choix de Léon Durrmann qui a beaucoup travaillé pour améliorer la mécanique viticole en Alsace, en particulier sur les pulvérisateurs.

VitiTour

Armbruster fait entrer le numérique en viticulture

Vigne

Publié le 14/03/2019

En introduction, Aymé Dumas, responsable du service technique viti chez Armbruster, a présenté les résultats encourageants de Stopesca, un charbon actif à badigeonner sur les plaies de taille, qui neutralise les toxines du champignon. Également présenté, QualiDrop, un outil de mesure de la qualité de couverture de pulvérisation.

Movida est un outil d’aide à la décision de traiter en fonction de l’évaluation du risque mildiou ou oïdium. Il table sur un modèle mathématique qui intègre nombre de paramètres, dont les données météorologiques à l’échelle de la parcelle, la phénologie du pathogène et celle de la vigne. L’outil s’articule sur quatre piliers paramétrables, énumère Jacques Louvet de Bayer en charge du développement de Movida : « La gestion de la parcelle ; le risque maladie - sensibilité de la parcelle ; la croissance de la vigne - sa physiologie ; et la météo ». Movida répond à deux enjeux principaux : « Obtenir une récolte saine et sans résidus d’intrants ». En pratique, sur son smartphone, le viticulteur voit ses parcelles cartographiées avec une punaise de couleur rouge, orange ou verte, qui lui indique la nécessité ou non de traiter. Il faut compter 150 € par an pour 10 parcelles.

Naïo Technologies est une entreprise toulousaine qui développe des robots. Créée en 2011, elle compte aujourd’hui 50 salariés et propose quatre robots : Dino, Oz, Ted et Jo. À ce jour 100 robots Oz, pour le désherbage en maraîchage, ont été vendus, une vingtaine de Dino pour le maraîchage en planches. Ted et Jo s’adressent à la viticulture. Pour les vignes larges, Ted, un enjambeur qui dispose de 8 heures d’autonomie, certifié pour sa fiabilité, combine trois systèmes de guidage GPS, laser et caméra. Ce robot admettra des outils de désherbage mécanique classiques. Et en projet sur ce robot, un appareil à traiter hyper-bas volumes. « Notre vraie problématique est de voir comment ces robots vont s’intégrer avec les humains dans les exploitations », explique-t-on chez Naïo Technologies.

Troisième présentation lors de cette soirée, Vineview qui propose une cartographie des parcelles pied par pied, au moyen d’un drone qui renseigne sur la vigueur et les manquants. Il en résulte de multiples applications en viticulture de précision et en œnologie de précision pour la sélection intra ou extra-parcellaire, sur la base de ce zonage de la vigueur.

Crédit Agricole Alsace Vosges

Beau succès pour une conférence-débat sur la méthanisation

Technique

Publié le 14/03/2019

De très nombreux exploitants agricoles ont répondu à l’invitation des Caisses de Crédit Agricole locales de Saverne, Pfaffenhoffen et Hochfelden, pour une conférence-débat intitulée « La méthanisation : une solution énergies renouvelables (ENR) à la portée des entreprises agricoles ».

Devant une salle communale bien remplie sont intervenus Christophe Gintz, conseiller ENR à la Chambre d’agriculture, Denis Mécrin, chef de projet biométhane Grand Est pour GRDF, Arthur Masson, spécialiste méthanisation et financement pour le Crédit Agricole Alsace Vosges, Pierre Flandrois, directeur commercial de Utilities Performances, spécialisé dans la maîtrise d’œuvre en méthanisation.

Accueillis par Sonia Richert, présidente de la Caisse locale de Saverne-Marmoutier, Gérard Krieger, maire de Gottesheim, Josiane Walter, directrice des agences de Dettwiller et Hochfelden, les agriculteurs sont très vite entrés dans le vif du débat animé par Michel Freyss, responsable de la filière agri-viti au Crédit Agricole Alsace-Vosges (CAAV), après la présentation générale de Christophe Gintz, les témoignages de Gilbert Weinstein, éleveur-méthaniseur en Alsace Bossue, et la présentation du projet SAS ABH à Wittersheim, réunissant 15 agriculteurs représentés par Christian Suss et Jean-Luc Santer.

Parlons chiffres : sur la vingtaine de méthaniseurs en service, financés en Alsace et dans les Vosges, un seul a connu des déboires financiers, pour des raisons de conception. Un rapide calcul de projection d’amortissement des investissements sur 13 ans fait apparaître un excédent brut d’exploitation de 950 € par kWe installé et par an, estime Patrick Brandt, responsable des engagements au CAAV. Ceci pour une installation de puissance moyenne de 250 kWh.

Ne s’improvise pas

Toutefois, l’importance des investissements fait que les dossiers de financement sont étudiés dans les moindres détails. Il faut pour ainsi dire parler d’accompagnement rapproché sous tous ses aspects : technique, statutaire, administratif, assurances, afin que le montage financier soit au final le plus adapté au projet. Bref, « cela nécessite de la technicité financière et une expertise dédiées », résume Arthur Masson. Et pour que le tout se tienne, le Crédit Agricole dispose désormais d’une base de données nationale permettant de mieux évaluer chaque projet, des données mises en commun par les spécialistes méthanisation que chaque Caisse régionale a missionné.

La valorisation du biogaz par injection directe dans le réseau de gaz naturel assure actuellement la rentabilité optimale, puisqu’il n’y a pas de déperdition de chaleur cogénérée. Denis Mécrin, chef de projet biométhane Est pour GRDF, a annoncé qu’une trentaine d’unités de méthanisation devraient injecter à l’horizon 2020 dans le Grand Est, pour quatorze actuellement. Il y a même 118 « réservations », un développement porté par les nouvelles dispositions légales de la Commission de régulation de l’énergie, obligeant in fine les opérateurs à renforcer le réseau de gaz. Des systèmes de rebours (re-compression du gaz du réseau de distribution vers le réseau de transport), ainsi que l’augmentation du maillage du réseau et du stockage, devraient à terme assouplir les possibilités d’injection. Seul bémol à l’horizon : le plan de programmation pluriannuelle de l’énergie actuellement en débat et les orientations pour la méthanisation qui sont en discussion. « Mais la filière se mobilise… »

Bref, le CAAV voit dans la méthanisation « un levier de développement et de diversification des exploitations agricoles », a résumé Katia Ebersold. Il a consacré en Alsace et dans les Vosges pas moins de 35 millions d’euros de capitaux à la méthanisation agricole sur les 98 M€ affectés aux énergies nouvelles, avec 20 unités en service, 19 en construction et 35 à l’étude.

Les vidéos