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David Lefebvre

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Distribution

Adam boissons s’étend dans le Bas-Rhin et s’installe à Valff Goxwiller

Vie professionnelle

Publié le 08/07/2019

Les origines de l’entreprise de distribution Adam Boissons remontent à la famille de viticulteurs Adam à Ammerschwihr. En 1923, une branche de la famille s’installe à Lauw dans la vallée de Masevaux. Le siège social est installé non loin à Guewenheim. En raison de sa croissance d’entreprise, Adam Boissons avait aussi élu domicile à Ribeauvillé. Mais elle cherchait en réalité à s’établir sur le Bas-Rhin pour couvrir toute l’Alsace.

Adam Boissons, c’est aujourd’hui une PME de 70 collaborateurs, une flotte de 10 camions, réalisant 20 M€ de chiffre d’affaires et qui diffuse 1,5 million de litres, toutes boissons confondues, des eaux et boissons gazeuses, 40 % de bières, 10 % de vins et 5 % de spiritueux. 80 % en CHR, 10 % aux particuliers, et le reste aux associations et autres. « On a une agence de vins en parallèle », indique Guillaume Gasser qui aura en charge la responsabilité du futur site bas-rhinois.

 

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Jeudi 27 juillet, c’était la pose de la première pierre du nouveau centre logistique et commercial pour Adam Boissons dans la ZA Parc d’Activités du Piémont de la Comcom du pays de Barr. Le siège social reste à Guewenheim. Ce hall de stockage de 3 000 m2 et 300 m2 de bureaux permettra de gagner « en efficacité et en sécurité », explique Guillaume Gasser. Et surtout de développer l’activité plus au nord de l’Alsace. Car « la livraison notamment en caisse à domicile au particulier est en plein essor, par souci de réduction des bouteilles jetables », explique Anne Schartner, conjointe de Paul Adam, le PDG.

Le bâtiment est construit par GA-Smart Building à Sainte-Croix-en-Plaine, spécialiste des bâtiments industriels et tertiaires. Sa particularité : préfabriquer des pièces de construction avant assemblage sur site. Comme un lego. Le dallage est conçu pour supporter 3 t/m2. Si la toiture est isolée, en revanche, le bâtiment ne l’est pas totalement : « Les boissons stockées constituent un volant thermique naturel. L’inertie thermique ne nécessite pas d’isolation supplémentaire », indique Boaz-Thierry Gasto, l’architecte. GA SmartBuilding déjà constructeur du siège d’Adam Boissons à Guewenheim, a à son actif d’importants ouvrages pour des donneurs d’ordre de renom tels qu’Amazon, Aldi, ou le siège social de Kronenbourg.

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa)

L’interprofession des vins d’Alsace va amplifier sa mutation

Vie professionnelle

Publié le 01/07/2019

La présidence du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), créé en 1963, est tournante, avec une alternance production-négoce. Toutefois Didier Pettermann a été reconduit dans ses fonctions de président, avec l’aval du négoce, lors de l’assemblée générale qui se tenait à la Maison des vins d’Alsace le 24 juin. C’est que la mutation en cours « pour faire du Civa une entreprise au service du vignoble et le sortir de son environnement institutionnel ». Un projet qui nécessite une gouvernance stable.

Malgré la baisse des ventes de vins d’Alsace, le bilan fait apparaître en 2018 un résultat net de 427 000 €. Dû surtout à des économies drastiques sur les dépenses et une politique de « thésaurisation » pour concentrer les investissements sur la nouvelle campagne de communication lancée en 2019. Avec néanmoins 7,43 millions d’euros (M€), le marketing export occupe encore 39 % des dépenses en 2018, tandis que le marketing France ne représente que 10 %. Mais en volumes, la part exportée des vins d’Alsace avoisine 25 %. Le budget 2019 devrait réduire cette « disproportion ». Le marketing France passerait à 22 %. Les cotisations volontaires obligatoires (CVO) représentent 85 % des recettes et les subventions de l’OCM-Vins (européennes), 8 %.

Dans son rapport moral, Didier Pettermann n’a pas fait mystère d’une situation économique où les vins d’Alsace « peinent à se vendre depuis quelques années ». Même si le bailleur de fonds de la promotion des vins d’Alsace « fait tout ce qu’il peut ». Cependant, la situation est très « disparate selon les modèles organisationnels et économiques ».

« Piloter la filière avec responsabilité »

C’est pourquoi, la nouvelle campagne de communication, à laquelle, globalement, la profession et le consommateur adhèrent, « n’est qu’une première phase ». Elle reçoit « un accueil remarquable ». C’est « une campagne enfin statutaire, qui traite l’Alsace avec modernité et puissance ». Mais, « la promotion n’est pas que l’affaire du seul Civa, poursuit Didier Pettermann. Cet élan doit être repris par les entreprises. » Il s’agit d’afficher les « facteurs de différenciation par rapport à nos concurrents, d’aller à la reconquête des marchés et des centres de consommation, les villes forteresses ».

Et en aval, « les cibles prioritaires sont les distributeurs de vin, les cavistes et la grande distribution. Ils doivent être accompagnés dans la refonte de leur offre. Ils doivent bénéficier de notre aide pour focaliser l’attention sur nos produits fer de lance » : riesling, gewurztraminer, crémant et grands crus.

Mais, « les fluctuations de production n’ont fait qu’empirer l’âpreté de la bataille sur les marchés », souligne le président du Civa. Et même si « d’autres vignobles sont encore plus mal lotis que nous », il appelle « à se remettre en cause, piloter la filière avec responsabilité et lancer un nouveau chantier sur l’amont de la filière ». Il propose de l’organiser en « deux visions de gestion. À court terme et moyen terme. » Il s’agit de « définir un intérêt commun et l’ambition à dix ans pour les vins d’Alsace » dont la filière est particulièrement « interdépendante ». Le comité directeur du Civa a déjà commencé à travailler « sur l’identification des premiers chantiers structurants pour l’avenir des vins d’Alsace ».

48e Grand concours des vins d’Alsace de Colmar

La révolution...

Vigne

Publié le 29/05/2019

Il n’y a pas que le Civa qui connaît une profonde transformation portée par la nouvelle équipe. Le Grand concours des vins d’Alsace aussi, observe une profonde mutation. L’équipe du Civa au grand complet était à pied d’œuvre mercredi 22 mai pour l’organisation pratique des dégustations. Une organisation méthodique pour reconquérir le cœur des consommateurs. Le tandem Gilles Neusch-Philippe Bouvet à la manoeuvre a accueilli les 250 à 300 dégustateurs. Fait notoire et preuve que quelque chose se transforme dans le vignoble, aucune des places de jury n’était vacante. « On a procédé à deux changements de fond : un jury qui décernera des coups de cœur, et on implique dans les dégustations plus de professionnels de l’aval, restaurateurs, sommeliers, cavistes », introduit le directeur du Civa.

 

 

Autre fait notoire : Le nombre d’entreprises inscrites augmente de 7 %, «surtout des vignerons indépendants». Et le nombre d’échantillons progresse. Il repasse la barre des 1000 vins en lice. Gilles Neusch y voit un signe fort. « L’objectif, c’est de remettre les vins d’Alsace à la place qu’ils méritent », explique Philippe Bouvet. Mais le vignoble a besoin de se « transformer », car la consommation mondiale de vin stagne. Elle régresse même au plan national.

Mais Philippe Bouvet veut voir dans le vin blanc et les alsaces en particulier des raisons d’espérer. Avec des arguments de fraîcheur, de buvabilité, et un haut de gamme des alsaces (avec les chenins de Loire) beaucoup plus référencé que toutes les autres appellations dans les grands restaurants. Mais il s’agit de « reconquérir les cœurs, avec un impératif de cibler un public plus large, qui connaît les vins d’Alsace de nom, mais ne les achète pas. » Et ceci, sans raison particulière pour 40 % d’entre eux. (Chiffres validés auprès d’un échantillon de 2000 consommateurs)

« Reprendre du grip auprès des consommateurs »

Pour y remédier, Philippe Bouvet recommande de « reprendre du grip » auprès de ces indécis. Cela passe par le story telling. « L’onde de choc » que doit constituer la nouvelle campagne de communication partira du Grand Est, dans des villes, quartiers, lieux emblématiques qui ont une très forte influence et affluence. Avec notamment comme support 4 nouveaux visuels portés sur l’authenticité. Une valeur immatérielle en forte recrudescence auprès de la jeunesse. Un attrait des affiches qui suggère l’importance de la dimension humaine dans les vins d’Alsace, en lien avec des vins de caractère et de forte personnalité. L’élégance des rieslings, la puissance et la délicatesse des gewurztraminers, la brillance des crémants, et la verticalité des grands crus.

Et s’agissant du grand concours des vins, il verra 10 coups de cœur attribués « qui valoriseront ce que la filière fait de mieux. Et on le fera savoir par une campagne d’affichage en Alsace qui mettra en lumière les vignerons et vigneronnes lauréats. On finalise le plan média, ce n’est pas anodin», annonce le directeur marketing du Civa.

Wolfberger

Innovation et résilience

Vigne

Publié le 28/05/2019

Authentique réussite Wolfberger, l’amer bière se réinvente dans une déclinaison d’amers aux arômes naturels de fruits, pour accompagner le renouveau des bières artisanales. À base de fleur de bière, une base d’alcools supérieurs extraits de fleur de bière, d’infusion d’écorce de quinquina et de caramel, l’amer bière est proposé en quatre versions : gingembre, cerise, mandarine et framboise, qui s’ajoutent à l’amer authentique.

Cette nouvelle gamme d’amers bière était présentée ce lundi lors d’une « amer party » sur le site de la Fecht à Colmar, à l’ensemble des clients Wolfberger, les restaurateurs et prescripteurs du Grand Est. Dans une ambiance décontractée, signature de la marque, le groupe a présenté également sa gamme de crémants et de vins.

Sans donner de chiffre, Bertrand Dufour, le directeur du groupe Wolfberger, observe une croissance de l’activité liqueurs et spiritueux, portée par l’innovation, tournée sur des produits tendance et des arômes naturels à base de fruits. « Contrairement aux AOP, c’est un monde qui ne nous limite pas dans la créativité. Nous sommes en train de construire deux salles blanches, l’une pour la distillation, l’autre pour la liquoristerie. Et le conditionnement sera refait l’année prochaine », indique le directeur.

D’autres travaux s’annoncent imminents dans la partie vins et crémants : une cuverie de 30 000 hl supplémentaires toujours sur le site de la Fecht, et dès septembre la construction d’un nouveau vendangeoir à Dambach-la-Ville. « Notre monde évolue très vite, comme en politique, le consommateur lui aussi est bousculé depuis 2-3 ans », analyse Bertrand Dufour. Conséquence, il y a urgence à répondre à ses exigences parfois contradictoires : « Il veut plus de respect du développement durable, et en même temps il veut tout, tout de suite, des produits hyperqualitatifs et en permanence des produits différents. »

Pour s’adapter à ces évolutions consuméristes, la transformation de l’entreprise depuis la vigne jusqu’à la mise en marché représente un vrai défi. « On travaille sur de nouveaux cépages, plus économes en eau, tout en conservant la typicité alsacienne, mais en tenant compte du changement climatique. » Un conservatoire des cépages sera installé dès cette année devant la boutique colmarienne sur les conseils de Guillaume Arnold. Il devrait conserver une sélection de vieilles souches de vignes massales des vignerons du groupe pour constituer une banque génétique.

À la vigne, Wolfberger encourage les pratiques agroécologiques : 300 ha actuellement sont en semis directs pour stimuler la vie des sols, « nous devons aller plus loin ». Quant à l’entretien du cavaillon, Bertrand Dufour attend beaucoup de la robotique, avec plusieurs essais de robots en cours.

Enfin, l’entreprise Wolfberger digitalise sa production : « Il y a beaucoup de choses à faire », note Bertrand Dufour. L’idée est « de limiter les risques psychosociaux et faire en sorte que les salariés se sentent bien dans l’entreprise. » La digitalisation devrait également répondre au défi logistique complexe chez Wolfberger avec plus de 2 500 produits référencés : « C’est un vrai sujet et ça devient le facteur limitant du développement aux États Unis ». Parallèlement, Wolfberger annonce une augmentation de son budget marketing « plus que jamais en 2019 et 2020 sur de la communication à 360°», c’est-à-dire sur l’ensemble des médias.

Agriculture urbaine

Une ferme en aquaponie au Port du Rhin

Technique

Publié le 24/05/2019

La méthanisation présente une vertu étonnante et inattendue : elle stimule la créativité et l’esprit d’entreprise des agriculteurs. Ils sont poussés par la recherche de valorisation de la chaleur co-générée en parallèle de l’électricité. Certains font du séchage en prestation, d’autres chauffent des bâtiments, d’autres encore s’en servent pour produire de la spiruline, une algue aux grandes vertus nutritives. À Butten, en Alsace Bossue, la mise en service de l’unité de méthanisation de Jean-Philippe Weinstein et Rémy Gilgert a incité Pierre Weinstein, frère de Jean-Philippe, à réfléchir à de nouvelles valorisations de la chaleur.

Cette réflexion l’a conduit à répondre à un appel à manifestation d’intérêt (AMI) de l’Eurométropole et du Port autonome de Strasbourg. Il propose un projet de ferme aquaponique, combinant l’aquaculture et la production végétale en hydroponie (voir encadré). Pour l’aider dans son chantier, Félix Haget, de la société Bioponi, consultant et formateur en aquaponie. L’appel à projet formulé par l’Eurométropole vise à reclasser la friche industrielle des anciennes forges navales de Strasbourg, qui jouxte la centrale à biomasse d’Électricité de Strasbourg sur le Port autonome. D’un côté une réhabilitation de friche. De l’autre, la valorisation de « chaleur fatale », issue des déperditions de la centrale à biomasse qui chauffe le quartier de l’esplanade à Strasbourg. Trois autres projets étaient en lice : la production de microalgues pharmaceutiques, la production végétale et d’insectes et un autre projet d’aquaponie.

 

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La ferme aquaponique couvrira 9 000 m2 de serres. Elle produira 130 tonnes de productions végétales et 60 t de produits aquacoles par an, à partir de 1 500 MWh/an récupérés. Soit 3 500 t de CO2 économisés. L’investissement devrait oscilller entre 1,4 et 2,2 millions d’euros. La production devrait occuper 12 emplois à temps plein. Plusieurs fermes aquaponiques de cette envergure se montent en Europe, indique Félix Haget, de la société Bioponi. Citons : 4 000 m2 à Berlin, 4 000 m2 à Bruxelles où l’implantation se situe dans un ancien abattoir, 3 ha (soit 30 000 m2) dans les Flandres. « La demande explose », souligne l’expert.

L’agriculture regagne des terres

Plusieurs aspects vertueux ont retenu l’attention des représentants de l’Eurométropole. Le volet pédagogique, l’aspect développement du marché local de produits d’aquaculture et la récupération de chaleur fatale liée à l’exploitation de la centrale de biomasse d’ÉS. « Nous sommes dans l’avant-projet sommaire ; il reste à finaliser le protocole d’accord. Il faut regarder le marché, valoriser les circuits courts », indique Robert Herrmann, président de l’Eurométropole de Strasbourg. Autre point fort du projet : la réhabilitation d’une friche industrielle en zone d’activité agricole. « C’est assez rare pour être souligné quand l’agriculture regagne des terres », a observé Denis Ramspacher, président de la Chambre d’agriculture Alsace, dont les services accompagnent le projet.

Parce qu’elles sont hors sols, les deux productions aquacoles et végétales ne sont pas certifiables en bio. Toutefois, par sa nature en circuit fermé utilisant des productions généralement bioindicatrices de la qualité de l’environnement comme le cresson, et donc sensibles aux pollutions, les conditions de productions en aquaponie s’avèrent plus exigeantes. Le cycle aquaculture/hydroponie apporte aux cultures une fertilisation naturelle à partir des déjections de poisson et ne nécessite aucun produit phytopharmaceutique. Une marque « produit d’aquaponie » est en cours d’élaboration. On notera que les productions sous serre entre 15 et 18°C autorisent des cultures à forte valeur ajoutée (vanille, gingembre, fruits de la passion, fraises, physalis, aloe vera…).

Si tout va bien, la ferme aquaponique devrait produire ses premiers saumons de fontaine en 2020.

 

Nouvelle campagne des Vins d’Alsace

Opérationnelle pour reconquérir le marché intérieur

Vigne

Publié le 17/05/2019

L’interprofession viticole alsacienne vit une révolution « rock’n’roll ». C’est un conseil interprofessionnel très opérationnel qui s’est présenté aux metteurs en marché de vins d’Alsace, jeudi soir à Ribeauvillé, en dévoilant la nouvelle stratégie de campagne de comm.

« Cela fait 12 ans que je vais à des assemblées, c’est la première fois que je vois le vignoble applaudir spontanément à l’unanimité », constate un directeur de grande coopérative vinicole, au sortir de l’assemblée plénière du Civa. Il y a longtemps que la profession viticole alsacienne n’avait pas connu une telle ferveur, le sentiment unanime d’une ligne directrice avec un véritable projet pour la mise en marché des vins d’Alsace : « reconquérir les places qu’on mérite », souligne son directeur marketing Philippe Bouvet. De l’avis unanime, ça bouge au Civa !

Le dévoilement « de la campagne de comm du Civa » est le point d’orgue d’une révolution interne impulsée par le trio managérial : Didier Pettermann, le président, Gilles Neusch, le directeur et Philippe Bouvet, le directeur marketing. « Nous avons transformé l’institution en entreprise de services », car le vignoble a besoin de se « sortir de sa torpeur », avec des chiffres de ventes de vins d’Alsace orientés à la baisse. Mais le tableau n’est pas si sombre et Didier Pettermann souligne les atouts des vins d’Alsace : la référence en vin blanc, le vignoble le plus vert de France.

 

Si d’un point de vue macroéconomique c’est compliqué, les chiffres démontrent que les vins d’Alsace « surperforment » sur certains secteurs de vente, par exemple dans les restaurants étoilés, mais pas seulement, analyse Philippe Bouvet, chiffres à l’appui.

D’où une orientation stratégique totalement revue, avec une méthode définie par le comité de direction sous l’impulsion de Philippe Bouvet. Et de nouveaux outils à disposition du vignoble comme l’enquête prix en GMS, CHR et cavistes qui permet à chacun de mieux comprendre son positionnement prix par rapport à la moyenne du vignoble. « On ne part plus de mythes, on part de réalité. Mieux comprendre comment mieux commercialiser et plus. Ça nous amène au fait qu’on doit être plus présents », explique Philippe Bouvet.

Les vins d’Alsace entendent désormais agiter « l’écosystème complexe qu’est le consommateur de vin, sur des réseaux et circuits de distribution tout aussi complexes ». Cela va se traduire pour les équipes du Civa et les metteurs en marché alsaciens, par une intensification des opérations de dégustations, promotions, story-telling, repas, rencontres B to B, dans tous les secteurs de distributions. Autre objectif : élargir la cible consommateurs. « Il est temps de nous reconnecter à nos consommateurs. 71 % d’entre eux nous connaissent mais ne nous achètent pas ».

Alsace Rocks

D’où le concept Alsace Rocks, visant à « réveiller le consommateur, avec des temps forts ». L’idée est de reconquérir le marché français qui représente ¾ des volumes, « c’est une priorité. On va créer des ondes de choc, reconquérir des zones stratégiques, avec un investissement sur les grandes villes du Nord Est, dans les lieux, cafés, bars, restos emblématiques ».

Mais le Civa est décidé à « ne s’interdire aucun circuit de distribution ». Et la guerre des prix ? « Il y a une schizophrénie de la GD de casser les prix et en même temps chercher de la valorisation, reconnaît Philippe Bouvet. Mais si on ne va même pas les voir, nous interpro, pour leur porter un message, un discours - ce qu’on n’a pas fait jusqu’ici - on leur laisse appliquer leur règle du jeu : le prix ».

Donc sur ce terrain aussi, le Civa entend occuper l’espace : « On ne va pas aller voir les services achat, mais les services marketing, image-management, et leur raconter notre belle histoire, tourner les données à notre avantage et parler d’autre chose que du prix ».

Difficile de citer tous les projets argumentés présentés lors de cette soirée. Mais citons encore l’œnotourisme, « c’est clé pour l’Alsace, vecteur d’émotion et de marge, c’est un métier à part ». Là aussi le Civa a établi un plan stratégique pour « saisir l’occasion du label Vignobles et découvertes de la route des vins d’Alsace » qui vient d’être attribué. Une évolution à mesurer lors du prochain slow-up de la route des vins d’Alsace le 2 juin.

Reste désormais à savoir si « la partie production » du vignoble va suivre : « La balle est dans votre camp », a conclu Didier Pettermann. « Faites vivre ce projet ! Aux entreprises de se l’approprier, de l’adapter, d’adopter et accélérer cette dynamique, de la compléter et d’en faire le meilleur usage. »

CAC Ampélys et Verralia

Neuromarketing : des erreurs à ne pas commettre

Pratique

Publié le 04/05/2019

CAC Ampélys et Verallia ont invité Gordy Pleyers, de la société Mind Insights, pour présenter le neuromarketing. La discipline prisée des grands groupes industriels consiste à appliquer les connaissances en sciences cognitives au marketing et à la communication. La conférence se tenait au château de la Confrérie Saint Etienne, mercredi 24 avril.

 

Aujourd'hui, des études neurologiques, physiologiques, psychologiques et comportementales permettent de mieux comprendre les processus de l'esprit et de la pensée. L’observation de l’activation d’aires du cerveau par IRM (imagerie médicale) est plutôt compliquée à mettre en œuvre sur le terrain. Mais devant un linéaire de bouteilles, des caméras et des capteurs multispectraux peuvent facilement scruter la dilatation de la pupille, des microsudations de l’épiderme, le mouvement oculaire, le rythme cardiaque ou le comportement des muscles faciaux. Et en psychologie non-consciente, des « méthodes incroyables » permettent d’activer des phénomènes subliminaux.

Un secteur classé « top secret »

Il s’agit là d’un secteur d’activité hautement stratégique. Les entreprises tiennent à conserver leurs petits secrets : « Je vous demande de ne pas enregistrer et de ne pas prendre de photos », introduit Gordy Pleyers. L'expert en neuromarketing s’apprête à présenter des résultats d’études que lui ont confiées des majors de l’industrie du luxe pour « façonner les perceptions des consommateurs ».

Quelques tendances globales peuvent tout de même être communiquées. En matière de neuromarketing, les conseils pourraient se résumer surtout à des erreurs à ne pas commettre et à considérer « la cohérence globale » contenu – contenant – étiquette. Afin d’éviter de placer le consommateur dans une situation d’inconfort visuel. Par exemple, le fonctionnement latéral du cerveau pour traiter l’information suppose de placer les images à gauches et les logos à droite. « Dans le vin, ce qui est important, c’est la croyance qu’on va activer », explique le neuromarketeur.

Pots de yaourt et papier jauni

Autre exemple : la saturation de la pigmentation. En clair l'intensité des couleurs. Plus elle augmente, plus elle capte l’attention. Mais elle nous écarte de l'impression de qualité, d’authenticité et d’émotion. De même que la couleur du verre. Plus elle est foncée, plus elle fait ressortir l’idée de confiance, de prestige et de qualité. La forme du verre a un « effet très irrationnel ». Elle influence la perception gustative. « L’angularité accroît la perception d’intensité. » En d'autres termes, un yaourt disposé dans un pot cubique donnera le sentiment d'être plus savoureux que dans un pot rond.

Selon Gordy Pleyers, un visage sur un support de communication est « ce qu’il y a de plus puissant pour activer des stimuli ». On y décèle 35 paramètres donnant lieu à des perceptions. Les affiches de communication introduisent après modification/retouche sur les photos un pourcentage de masculinité et de féminité, afin de mieux atteindre la cible souhaitée. Le choix de la typographie a aussi une importance sur la cohérence d’ensemble. Comme les techniques d’impression et le type d’encre et de papier. Gordy Pleyers a montré une étude sur deux types d’étiquettes. L’une très stable dans le temps et l’autre dont le papier est sujet à dégradations biologiques et physiques du temps, comme les UV (papier jauni) ou les champignons de cave. Deux choix qui agissent sur l’impression de modernité, de perfection, de tradition, d’authenticité, d’élégance, de confiance…

Les préconisations ne se limitent d’ailleurs pas à la bouteille, mais également au caveau (musique et lumière d’ambiance, couleur et matériaux), aux autres supports de communication, catalogues, site web, etc.

Ordre œnophile de Marlenheim et de la Couronne d’or

Florent Heckmann succède à Xavier Muller

Vie professionnelle

Publié le 24/04/2019

Personne ne contestera à Xavier Muller son mérite dans l’idée de rassembler les vignobles de la grande périphérie strasbourgeoise sous l'étiquette de la Couronne d’or. Il en résulte aujourd’hui un sentiment d’appartenance identitaire des vignerons. Cela leur permet de proposer des manifestations viniques à succès comme la fête des vendanges ou d’être bien présents et bien identifiés sur les très prisés marchés de Noël de la capitale européenne.

Mais au-delà de leur dynamisme, il manquait à ces vignerons de la Couronne d’or un conseil des sages et des jeunes. Garant des traditions viniques et des identités. Et bien représentatif de l’ensemble des bans viticoles de la grande périphérie de Strasbourg. Situé à mi-chemin entre la confrérie de la Corne à Ottrott et la confrérie des Quatre bans à Cleebourg, l’Ordre œnophile de Marlenheim a décidé de s’ouvrir davantage à la Couronne d’or, sous l’impulsion de son nouveau grand chancelier, Florent Heckmann.

Dans ce monde feutré des associations viniques philanthropiques, les choses évoluent avec sagesse. Après 20 années de présidence de l’ordre, Xavier Muller a jugé bon de passer le flambeau à Florent Heckmann. C’est ce vigneron, jeune retraité de Kirchheim, particulièrement investi, tant dans sa commune qu’au service de la profession viticole et agricole, qui a été élu à l’unanimité des membres de la confrérie. « Tous les sociétaires de la Couronne d’or sont les bienvenus à la confrérie », annonce Florent Heckmann, qui compte également sur les jeunes vignerons pour être force de proposition et acteurs de la confrérie.

Une gouvernance à deux têtes

Mais une confrérie vinique n’est jamais aussi performante dans sa vocation philanthropique de partager les connaissances œnologiques que quand elle accueille à bras ouverts de simples œnophiles de la société civile. En ce sens, Florent Heckmann a souhaité une gouvernance bicéphale, avec d’un côté l’homme de l’art vigneron qu’il représente, et de l’autre un fin connaisseur des arcanes de la société civile : « François Jehl, c’est un homme très informé », pointe Florent Heckmann, à propos du maire d’Odratzheim. « Sous l’égide de Saint Vincent », saint patron des vignerons, le nouveau tandem entend « miser sur la cohésion », pour porter haut les couleurs des vignerons de la Couronne d’or.

C’est que Florent Heckmann, lui aussi, dispose d’une solide expérience en matière de représentation professionnelle. Dans un parcours qui n’a pas toujours été facile, il a toujours su jouer de sagesse et de diplomatie. L’épisode le plus sensible a sans doute été d’accompagner les associations de producteurs de l’Unidal (Union des producteurs d’Alsace), dont il en était vice-président, et de l’UVVA, lors de la transition de la maison Laugel à Marlenheim, d’abord reprise par Rémy Pannier, puis cédée à Joseph Helfrich, PDG des Grands Chais de France. Il s’agissait à l’époque de négocier la reprise « avec une récolte et demie en suspens », rappelle Florent Heckmann. Ensemble, avec Xavier Muller et François Bernhard, assistés de juristes, les négociations ont finalement abouti pour donner aujourd’hui le tandem Univa - maison Arthur Metz, l’un des trois grands opérateurs en vins d’Alsace, bénéficiant de la puissance logistique des Grands Chais de France.

Bilan des gelées

Acte I sur la façade Atlantique, acte II sur les terres intérieures

Vigne

Publié le 23/04/2019

Les vignobles français viennent de subir coup sur coup deux vagues de gelées. Premier épisode les 4 et 5 avril où les vignobles du Pays Nantais (3 des 4 derniers millésimes ont été touchés), les vignobles du centre Ouest comme le Thouarsais dans les Deux-Sèvres, et d’Anjou ont été touchés avec un thermomètre qui s’est éternisé à -1 °C. Et jusqu’à -4 °C localement. Dans certains secteurs, les dégâts sont chiffrés à 80 %, mais plus généralement entre 20 et 70 %, comme les vignobles de Bourgueil et de Chinon.

 

 

À Saumur, les 15 jours d’avance de débourrement ont causé d’importants dégâts. Les chenins également bien avancés autour du Layon ont subi d’importantes pertes. Plus vers la Touraine, comme chez François Chidaine à Montlouis sur Loire, les chenins au stade début de feuille étalée avaient bien résisté jusqu’à vendredi 12 avril au matin. Plus au sud dans le Bordelais, la vague de froid n’aurait finalement pas eu beaucoup de répercussions. Mais l’intérieur des terres du pourtour méditerranéen est déjà touché par des gelées sévères, comme dans l’Hérault et le Gard, dans la vallée de l’Orb notamment. Par ailleurs, des dégâts de grêle sont déjà à déplorer à Pic Saint Loup avec 10 cm de grêlons. En Bourgogne, cette première alerte a causé plus de peur que de mal en Côte de Beaune, mais en Côte châlonnaise, Mâconnais et Beaujolais, certaines parcelles conjuguant exposition et précocité ont été touchées.

Le deuxième épisode, dans les deux nuits de samedi 13 et dimanche 14 avril, a été plus sévère à la faveur d’une bise de Nord-Est faiblissante, entraînant la remontée d’humidité de l’air. Le réveil est froid dimanche 14 avril en Franche-Comté avec, -2,7 °C à Besançon ou encore -2,4 °C à Arbois, en Lorraine avec -4,3 °C à Luxeuil et en Champagne avec -9 °C à Mourmelon-le-Grand ou encore -5 °C à Auberive en Haute-Marne.

Dès vendredi, c’était donc le branle-bas de combat en Bourgogne, dans le Jura, en Champagne, en Touraine, avec l’ensemble des moyens disponibles : hélicoptère, chaufferette et bougie, aéro-générateur, aspersion et feu de paille. À Montlouis sur Loire, les équipes de François Chidaine se préparaient vendredi à une nuit blanche, après avoir disposé le matériel en Cuma sur l’ensemble du vignoble, ainsi que des ballots de paille. Côté Champagne dimanche matin, les systèmes d’aspersion des bords de la Marne laissaient apparaître un vignoble féerique pris dans sa gangue de stalactites de glace. En Bourgogne, des images de drone montraient un vignoble illuminé de toute part. Ce lundi matin, les efforts semblaient avoir été récompensés. En Champagne, les vignerons affichaient lors des « Champagne’s week » un sourire serein, tranquillisé par la réserve qualitative, notamment constituée en 2018. En Chablisien, Dominique Detolle, vigneron, observe pour sa part que « les dégâts ont été limités » grâce aux bougies et à des aérogénérateurs d’air chaud, et ce malgré -5°Celsius.

Ordre œnophile de Marlenheim et de la Couronne d’or

Florent Heckmann succède à Xavier Muller

Vigne

Publié le 14/04/2019

Personne ne contestera à Xavier Muller son mérite et son acuité dans l’énonciation de l’idée de rassembler les vignobles de la grande périphérie strasbourgeoise sous l’identité Couronne d’or. Il en résulte aujourd’hui un sentiment d’appartenance identitaire des vignerons au vignoble de la Couronne d’or, leur permettant de proposer des manifestations viniques à succès comme la fête des vendanges ou d’être bien présents et bien identifiés sur les très prisés marchés de Noël de la capitale européenne.

Mais au-delà de leur dynamisme, il manquait à ces vignerons de la Couronne d’or, un conseil des sages et des jeunes, en quelque sorte, garant des traditions viniques et des identités. Et bien représentatif de l’ensemble des bans viticoles de la grande périphérie de Strasbourg. Situé à mi-chemin entre la confrérie de la Corne à Ottrott et la confrérie des Quatre bans à Cleebourg, l’Ordre œnophile de Marlenheim a décidé de s’ouvrir davantage à la Couronne d’or, sous l’impulsion de son nouveau grand chancelier, Florent Heckmann.

Dans ce monde feutré des associations viniques philanthropiques, les choses évoluent avec sagesse. Après 20 années de présidence de l’ordre, Xavier Muller a jugé bon de passer le flambeau à Florent Heckmann. C’est ce vigneron, jeune retraité de Kirchheim, particulièrement investi, tant dans sa commune qu’au service de la profession viticole et agricole, qui a été élu à l’unanimité des membres de la confrérie. « Tous les sociétaires de la Couronne d’or sont les bienvenus à la confrérie », annonce Florent Heckmann, qui compte également sur les jeunes vignerons pour être force de proposition et acteur de la confrérie.

Mais une confrérie vinique n’est jamais aussi performante dans sa vocation philanthropique de partager les connaissances œnologiques que quand elle accueille à bras ouverts de simples œnophiles de la société civile. En ce sens, Florent Heckmann a souhaité une gouvernance bicéphale, avec d’un côté l’homme de l’art vigneron qu’il représente, et de l’autre un fin connaisseur des arcanes de la société civile : « François Jehl, c’est un homme très informé », pointe Florent Heckmann, à propos du maire d’Odratzheim. « Sous l’égide de Saint Vincent », saint patron des vignerons, le nouveau tandem entend « miser sur la cohésion », pour porter haut les couleurs des vignerons de la Couronne d’or.

C’est que Florent Heckmann, lui aussi, dispose d’une solide expérience en matière de représentation professionnelle. Dans un parcours qui n’a pas toujours été facile, il a toujours su jouer de sagesse et de diplomatie. L’épisode le plus sensible a sans doute été d’accompagner les associations de producteurs de l’Unidal (Union des producteurs d’Alsace), dont il en était vice-président, et de l’UVVA, lors de la transition de la maison Laugel à Marlenheim, d’abord reprise par Rémy Pannier, puis cédée à Joseph Helfrich, PDG des Grands Chais de France. Il s’agissait à l’époque de négocier la reprise « avec une récolte et demie en suspens », rappelle Florent Heckmann. Ensemble, avec Xavier Muller et François Bernhard, assistés de juristes, les négociations ont finalement abouti pour donner aujourd’hui le tandem Univa - maison Arthur Metz, l’un des trois grands opérateurs en vins d’Alsace, bénéficiant de la puissance logistique des Grands Chais de France.

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