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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Pôle Emploi et CFPPA de Rouffach

Réussir sa reconversion

Vigne

Publié le 27/07/2023


Ces visites organisées mensuellement présentent une filière professionnelle. « L’objectif est de rapprocher les chercheurs d’emplois et celles et ceux qui veulent entamer une reconversion professionnelle. L’idée est de mettre en valeur des métiers que les gens connaissent peu ou mal. Pôle emploi fonctionne avec les centres de formation. Pour l’agriculture, nous travaillons ensemble. Les différentes formations sont financées par l’État. Le CFPPA de Rouffach propose trois formations diplômantes en viticulture et d’autres en filières courtes pour les adultes », explique Jessica Frey, coordinatrice des formations à Rouffach. Chaque année, ce sont ainsi 200 personnes en moyenne qui effectuent au CFPPA de Rouffach une formation diplômante et 800 personnes qui profitent d’une formation courte.

En biodynamie

Une dizaine de personnes en reconversion professionnelle s’est donc retrouvée à Gueberschwihr dans les vignes du domaine Humbrecht 1619. « Je viens de travailler quinze années dans l’industrie et j’ai ressenti le besoin de changer de voie. Le monde agricole et viticole m’a toujours intéressé. Pour moi, il est porteur de sens. Notamment actuellement avec le changement climatique. J’ai envie de contribuer, à mon niveau, au bien-être de la planète et, par la même occasion, à ma propre évolution. Cette exploitation est en biodynamie. C’est intéressant et c’est ce que je recherche », précise Sébastien Wagner domicilié à Herrlisheim. À ses côtés, une autre personne en reconversion professionnelle cherche une formation de tractoriste car elle souhaite évoluer à l’extérieur, au cœur de la nature. Les personnes présentes sont pour la plupart âgées entre 40 et 60 ans. Elles ont toutes vécu une première expérience professionnelle. Interrogées, plusieurs expliquent que la crise sanitaire a été le « déclic » pour entamer ce nouveau parcours.

L’accueil sur le domaine a été réalisé par Maxime Humbrecht. Âgé de 26 ans, il est installé depuis 2018. Il fait partie de la 13e génération de ce domaine familial de 8 hectares depuis longtemps en production biologique, et en biodynamie depuis 2019. Il est lui-même formateur au CFPPA de Rouffach. Le domaine propose des cours d’œnologie tout au long de l’année. « Le millésime 2020 a été le premier certifié Demeter. En passant ce nouveau cap, nous avons choisi de respecter encore un peu plus la faune, la flore et l’homme en cultivant la vigne et en faisant des vins de la manière la plus respectueuse et naturelle possible », précise Maxime Humbrecht. Il guide ses visiteurs dans ses vignes. Il leur explique la taille de la vigne, le broyage des bois, le palissage, l’importance de ramener de la matière organique dans les sols. Puis, c’est la visite de la cave et des différentes installations. « C’est un métier passionnant mais il ne faut pas compter ses heures. Il y a toujours quelque chose à faire. Le cadre du travail est magnifique. Mais il faut toujours se remettre en question pour avancer », conclut le jeune viticulteur. Les échanges se poursuivent avec ses invités. Leur reconversion professionnelle se poursuit.

Le Tour de France est arrivé au Markstein

La boucle est bouclée

Vie professionnelle

Publié le 27/07/2023


Il est 7 h du matin, le Markstein est déjà en effervescence. Dans la nuit, les camions qui suivent le Tour de France sont arrivés. Les accès sont déjà interdits à la circulation. Dans la montée, les gens arrivent à pied pour celles et ceux qui ont fait le choix de venir « tardivement ». Les autres sont encore endormis dans leurs tentes et autres camping-cars. C’est le cas de la famille Auger. « Nous venons de Sedan. Nous sommes arrivés vendredi après-midi. Chaque année depuis que nous sommes à la retraite, nous faisons une étape du Tour de France. Nous avons choisi le Markstein car nous pensions que cette course serait décisive pour la victoire finale. Ce n’est pas le cas, mais les lieux sont magnifiques », explique Raymond, 70 ans venu avec son épouse et un couple d’amis. Ils ont placé leur camping-car à quelques mètres de la ferme-auberge du Markstein qui reçoit ses premiers visiteurs pour un café bien mérité. La famille Deybach est prête à servir ses traditionnels repas marcaires.

Juste en face, le « village agricole » se monte sous la férule de la directrice de la FDSEA du Haut-Rhin Christelle Jamot. « Nous allons être une soixantaine à nous relayer tout au long de la journée. Il y a différents stands sur cet espace. Ici, celui du syndicat qui est consacré à l’agriculture. Là, celui pour les enfants où nous allons proposer un concours de dessin. Là-bas, celui de l’Union des entreprises du paysage où il y aura des lunettes virtuelles. Elles attirent toujours du monde. Il y a également le stand de l’Afdi, celui de Solaal, des partenaires des fermes-auberges, de la Mutualité sociale agricole. Nous allons faire plusieurs groupes. Le chef des affichages est Ignace Kuehn. Passez une belle journée. Et surtout, n’oubliez pas, là-bas, nous prenons ensemble un café », annonce Christelle Jamot qui est désormais bien rodée à cette organisation après avoir été au même endroit l’année précédente à l’occasion du passage du Tour de France Femmes.

« Tout est millimétré »

La matinée voit défiler un nombre croissant de spectateurs. Certains vont consommer et acheter les produits des professionnels présents. D’autres en revanche, arrivent avec leurs propres glacières qui vont leur permettre de ne plus bouger pendant plusieurs heures. « Moi, je ne change plus de place en effet. Cet endroit est stratégique. Nous sommes à la sortie de ce petit virage après une légère descente puis la route remonte. Les coureurs doivent bien négocier ce passage. Il est technique malgré tout. Surtout que nous sommes à 300 mètres de l’arrivée. Une erreur, et la course est perdue », commente Thomas, 32 ans, lui-même coureur cycliste amateur.

Parallèlement à la ligne d’arrivée, en retrait d’une vingtaine de mètres, le stand tenu par les Jeunes Agriculteurs et viticulteurs. « Nous sommes présents car nous avons tous envie de partager cette cohésion d’équipe sur cette course. Notre objectif est de promouvoir l’agriculture et la viticulture. Pour ma part, je suis fan de vélo. Le Tour de France, c’est la troisième compétition du monde suivie sur les réseaux sociaux. C’est un événement gratuit et populaire qui rassemble. Je suis impressionné car, avec d’autres, j’ai passé la nuit ici. Il y a une sacrée organisation. Tout est millimétré et chacun à son rôle », note Thierry Fesser, installé à Niedermorschwihr et président de la section viticole chez les JA 68.

Dans l’après-midi, on suit la course sur grand écran. La foule devient dense. Sur le stand des organisations professionnelles, le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann, échange avec les visiteurs. Tantôt, il fait la promotion du Paysan du Haut-Rhin, tantôt il répond à ses interlocuteurs sur un dossier agricole du moment. « Nous faisons de la communication. Il faut être présent, être vu et surtout parler de tout avec tout le monde », commente-t-il. La caravane publicitaire passe en effet et lance ses cadeaux qui font la joie du public. Et puis, la foule suit la course. Thibaut Pinot est en tête, David Gaudu tombe, le maillot jaune Vingegaard et son dauphin Pogacar reviennent. Les acclamations redoublent quand les motards précédent les premiers qui arrivent enfin. Ils passent à grande vitesse. Des heures d’attente pour quelques secondes. Il est déjà temps d’aller prendre l’apéro chez les JA ou à la FDSEA. C’est fini. Le Tour est passé. Il est temps de ranger et de retourner dans sa ferme.

Alsace Vendanges

Une relation de confiance

Vigne

Publié le 27/07/2023


Intervenue lors de l’assemblée générale de l’Ava, Cloé Moro est, depuis le 26 juin et jusqu’en octobre prochain, chargée de la cellule Alsace Vendanges à Colmar. Elle est salariée de Pôle emploi depuis une dizaine d’années et a été affectée sur différentes agences de la région de Mulhouse. Elle a également fait partie du service « entreprises » quelques années et a accepté cette responsabilité quand on lui a proposé. « C’est stimulant pour moi. Je me retrouve sur un nouveau territoire avec un autre public et une filière viticole que je découvre. La cellule Alsace Vendanges se trouve donc à Colmar Lacarre. Elle est également présente sur les agences à Guebwiller, à Colmar Europe, à Sélestat et à Molsheim », explique Cloé Moro. Son équipe est composée de Salomé Tuambilangana conseillère à l’emploi et de quatre renforts téléphoniques qui arrivent sur différentes dates.

Les professionnels qui proposent des offres d’emploi peuvent appeler Alsace Vendanges depuis la mi-juillet. « Ils proposent toute sorte d’emplois comme les coupeurs et les tractoristes. Nous capitalisons d’abord les offres. Nous avons déjà près de 200 offres d’emploi depuis l’ouverture de la ligne. Quand les viticulteurs offrent les repas ou hébergent, c’est un avantage qui séduit encore davantage les potentiels vendangeurs. L’année passée, le pic du travail avait été fin juillet. On a moins d’appels quand on arrive début septembre », observe Cloé Moro. La ligne pour les candidats vendangeurs ouvre le 8 août.

« Nous échangeons beaucoup avant de les mettre en relation »

Cloé Moro rappelle que la cellule Alsace Vendanges cherche avant tout un public sérieux, motivé et fidèle car c’est plus sécurisant pour les employeurs. Il faut avoir plus de 18 ans et être apte au travail physique. « On trouve alors un public qui est dans la dynamique de se lever tôt et d’avoir le savoir-vivre nécessaire. Ce sont souvent des retraités, des gens en congés ou en travail d’équipe qui font les vendanges par passion ou pour avoir un revenu complémentaire qui, en ces temps de crise économique, n’est pas négligeable. Nous avons également des personnes qui cherchent à se remettre en contact avec le monde du travail (les bénéficiaires du RSA par exemple). Dans tous les cas, nous échangeons beaucoup avant de les mettre en relation avec un professionnel. »

GPNVA – Les Grandes Maisons d’Alsace

Une soirée pour fêter les 110 ans

Vigne

Publié le 21/07/2023


Ce double anniversaire coïncide avec le dynamisme actuel des ventes de vins d’Alsace en France et à l’export. Malgré une conjoncture économique toujours difficile, l’Alsace trouve sa place sur les marchés et auprès des consommateurs. « Nées en 1913, les Grandes Maisons d’Alsace qui regroupent les plus emblématiques domaines de la région participent à cet élan positif et veillent activement à la défense et à la promotion des vins de la région. Nous tenions à marquer le coup en invitant les membres de notre groupement qui représentent donc un certain poids dans le vignoble », explique Thomas Boeckel, président du GPNVA (groupement des producteurs-négociants du vignoble alsacien) - Les Grandes Maisons d’Alsace.

Une cinquantaine de professionnels se sont retrouvés pour cette soirée « vins et mets », où il a notamment été dégusté un crémant assemblage des vins Zeyssolff, un sylvaner 2022 Léon Beyer, un riesling Frédéric Émile 2017 de la maison Trimbach ou encore un pinot noir Les Terres Rouges 2018 du domaine Boeckel. De telles soirées à thème seront à nouveau organisées d’ici la fin de cette année 2023. « Notre syndicat a eu une influence évidente dans l’évolution de la viticulture alsacienne avec des personnalités comme Louis Klipfel qui a également été président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava) de 1953 à 1967 et de Fritz Boeckel président du groupement pendant 37 ans », ajoute Pierre-Heydt Trimbach qui vient lui-même de quitter la présidence.

Des visites guidées

Lors de cette soirée anniversaire, Caroline Claude-Bronner a été invitée à retracer l’histoire du vignoble alsacien. Née dans une famille de vignerons alsaciens, elle est passionnée par l’histoire de l’Alsace et de son vignoble. Elle est guide conférencière de la caisse des monuments historiques depuis 1996, titulaire de la carte de guide interprète régionale depuis 1998 et de la carte guide conférencière depuis 2013. Elle propose des visites guidées dans le vignoble ainsi que des circuits découvertes et à thèmes. Elle connaît l’histoire des terroirs de la région. « La route des vins d’Alsace s’inscrit dans la création des institutions européennes à Strasbourg », explique-t-elle. Une soirée anniversaire qui a permis aux convives de se (re) plonger dans l’évolution de la viticulture alsacienne tout en dégustant mets et vins qui font l’Alsace d’aujourd’hui.

Chambre d'agriculture Alsace - Collectivité européenne d’Alsace

L’agriculture est source de solutions

Vie professionnelle

Publié le 21/07/2023


L’agriculture bouge, évolue, innove. C’est en substance le message de cette rencontre annuelle. L’année passée, elle s’était déroulée dans le Bas-Rhin sur le thème de l’installation, la valorisation des petits fruits ou encore la main-d’œuvre. Cette fois, il a d’abord été question de l’utilisation de l’eau. Un sujet d’actualité trop souvent clivant. « Sur de nombreux dossiers, l’agriculture porte des initiatives de développement. Mais elle a besoin de l’eau pour se diversifier et affirmer ses filières qu’il faut préserver. L’enjeu est important », explique en préambule Denis Nass, président de la CAA.

L’occasion de rappeler que cette dernière propose aux irrigants un accompagnement technique et administratif pour réaliser des dossiers qui permettent d’évaluer l’impact des projets sur la ressource (forage et prélèvement), le respect des règles liées aux zones environnementales à proximité et les risques éventuels spécifiques à leur réalisation. L’accès à l’eau est en effet réglementé par la loi sur l’eau. Avant la réalisation d’un forage ou d’envisager un prélèvement en rivière, il est nécessaire de répondre à la réglementation et de réaliser une étude d’incidence avec les services de la direction départementale des territoires (DDT).

Première étape à Merxheim

Le premier rendez-vous de cette rencontre avec les élus de la CEA et en premier lieu le président Frédéric Bierry a été donné sur l’exploitation de la famille Wild à Merxheim. Installé depuis 1997, Jean-Marc Wild gère la ferme et produit du maïs, du blé, du tournesol semence, de la luzerne. En vente directe ou à travers des réseaux de distribution, il a également développé la production de pommes de terre et d’escargots. Il envisage de redémarrer la culture de la betterave et a un projet de méthanisation porté avec d’autres professionnels. Il s’agirait de valoriser 30 000 tonnes de fumier, lisier, cultures intermédiaires et traitement des déchets de la société Alpro à Issenheim.

Depuis 1976, l’exploitation développe un réseau d’irrigation. D’abord autour de la ferme. « En 1988, nous avons créé le groupement d’intérêt économique (GIE) des irrigants de la Lauch. Il a permis de mettre en place un réseau enterré pour irriguer 90 hectares à partir de l’eau de la station d’épuration toute proche. Suite à la canicule de 2003, le syndicat des irrigants de la Lauch est né avec l’organisation de tours d’eau pour mieux gérer la ressource et limiter la pression de prélèvement sur les cours d’eau. En 2010, nous avons développé un nouveau réseau. Nous sommes 11 agriculteurs qui irriguent 250 hectares avec une déconnexion quasi intégrale des rivières. Nous avons 13 km de conduits et 6 puits. Ce réseau fait que la Lauch, ici dans le secteur, n’est plus à sec. Et les agriculteurs peuvent travailler plus sereinement », précise Jean-Marc Wild.

Réorienter les débats

Des explications qui ont séduit Frédéric Bierry. « Nous devons peut-être faire une étude plus globale sur la stratégie à conduire autour de l’irrigation. Nous faisons des actions ponctuelles. Mais nous n’avons pas une application régionale globale. Il faudrait y penser à l’avenir en lien avec la profession agricole », note le président de la CEA. Les professionnels approuvent. Mais Fabien Metz, agriculteur et élu à la CAA réagit : « Il faut alors réorienter les débats actuels sur l’eau et notamment sur la nappe phréatique. Ces débats sont mal orientés. L’agriculture ne prélève que 12 % de l’eau dans la nappe. Le sujet n’est pas le volume prélevé de l’eau. Le problème est la hauteur de l’eau de la nappe à certains endroits. Cela vient également de l’absence de l’entretien de certains fossés comme les canaux de la Hardt. Il faut comprendre que l’eau utilisée est dans un cycle. Elle revient dans le sol. Les débats actuels sont biaisés par des doctrines qui n’ont rien de scientifiques. »

Une position complétée par Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin : « Le monde agricole n’a jamais refusé l’évolution et le changement. Mais il veut aussi qu’on lui apporte des solutions concrètes. Nous sommes disposés à nous mettre autour de la table pour échanger sur de tels sujets. Mais autour de la table, il y a les mêmes personnes qui bloquent actuellement le contournement de Châtenois. Ce n’est pas avec de l’idéologie qu’on avance. L’agriculture est source de solution. Elle innove depuis des années pour consommer moins et mieux d’eau, moins et mieux de produits phytosanitaires. Il faut arrêter d’inquiéter tout le monde sur le sujet de l’eau et travailler concrètement sur des solutions comme le fait déjà le monde agricole. »

Accompagner l’irrigation

La CAA propose, elle, un accompagnement pour le pilotage de l’irrigation. Elle publie en effet un conseil de manière hebdomadaire ou bihebdomadaire à ses adhérents via le « flash irrigation ». Un réseau de parcelles équipées de sondes capacitives réparties sur l’ensemble de la zone irriguée en Alsace permet d’avoir des informations réelles sur l’eau disponible dans les sols et des précisions sur le moment opportun pour déclencher l’irrigation ou l’arrêter temporairement. « Cette réalité, nous devons la communiquer positivement avec vous et nous devons, ensemble, aller encore plus loin », réagit Catherine Graef-Eckert, vice-présidente de la CEA en charge des dynamiques économiques, touristiques, agricoles, de l’emploi et de la transition énergétique et climatique.

La CAA et la CEA entendent poursuivre leurs relations via un contrat d’objectifs 2022-2024 autour de plusieurs axes forts : l’insertion et l’emploi, l’alimentation et les circuits courts, la transition écologique et énergétique, la gestion économe du foncier et encore les concertations territoriales. « Nous devons tous ensemble faire mieux connaître l’agriculture locale et favoriser la concertation avec les habitants dans les territoires. Nous devons également développer les échanges transfrontaliers au sein de la profession agricole », concluent Denis Nass et Frédéric Bierry.

Pour des paysages ouverts

Vie professionnelle

Publié le 21/07/2023


« Le lait et la crème sont issus de la ferme. Nous assurons la cueillette de l’essentiel des fruits. Nous réalisons également des fromages frais, du lait cru ou encore du jus de pomme via nos trois ateliers : la production de sorbets et glaces donc, des prestations de services et vente de viande en burgers, et la production de raisin. 53 % de notre chiffre d’affaires est issu de la vente de lait, 26 % de nos glaces, 11 % de la vigne et 10 % de différents services. Nous sommes adhérents au réseau Bienvenue à la ferme », précise Christophe Rué qui est un jeune retraité encore très actif aux côtés de son fils Valentin.

Autour de la ferme, des paysages ouverts sont entretenus par le monde agricole. La ferme Rué donc et celle de la famille Gollentz. « Ces deux paysans ont diversifié leurs exploitations et valorisent leurs productions par des circuits courts. Ils facilitent le bien-vivre ensemble dans le village », affirme le maire d’Osenbach Christian Michaud. Des propos complétés par Denis Nass. « Il y a ici un superbe décor de carte postale. L’agriculture de montagne, les circuits courts, l’élevage sont valorisés. Ce merveilleux jardin est effectivement entretenu par des agriculteurs. Pour autant, ces derniers sont confrontés à une autre réalité. Ils doivent assurer leur autonomie fourragère malgré des situations de travail parfois complexes en cette période de changement climatique », note le président de la CAA.

Depuis cinq ans, seule l’année 2021 a en effet été une année à fourrage en zone de montagne. « Cela nous a obligés à contractualiser avec une autre exploitation située à Westhalten avec un contrat d’achat de fourrage sur pied sur 50 hectares pour assurer notre autonomie fourragère. Nous voulons et nous pouvons ainsi maîtriser la qualité du fourrage via le choix des variétés et des dates de récolte. Nous pouvons également nous détacher des cours du marché et assurer une production locale. Pour l’avenir, nous avons une réflexion sur la réalisation d’un séchage en grange pour limiter l’utilisation de film d’enrubanné. Nous devrons peut-être abandonner un atelier et/ou installer un associé ou un salarié », poursuit Christophe Rué.

Sécuriser les conditions de production

Reste une problématique : les circuits courts qui marchaient bien jusqu’à la crise sanitaire de 2020-2022. « Depuis, avec l’inflation qui s’est ajoutée, les gens cherchent le moins cher, alors que nous paysans, nous avons un prix à tenir », conclut Christophe Rué. La CAA accompagne une cinquantaine de projets en circuits courts. Elle est là pour aider les professionnels concernant la partie réglementaire et administrative et pour la communication. « Dans tous les cas, en montagne comme en plaine, et quelles que soient les filières, l’agriculture est source de solutions. Nous voulons être des partenaires sous forme de projets et de développement. Et pas sous des seules contraintes administratives », insiste Denis Nass.

Une double visite qui donne une vision globale de la réalité agricole du moment. « Vous êtes dans la complémentarité avec des exploitations toutes différentes mais nécessaires à notre territoire. Vous avez été visionnaires. Le travail sur l’irrigation est essentiel aujourd’hui. Un des enjeux pour la CEA à l’avenir est de sécuriser les conditions de production pour l’alimentation des citoyens. Nous sommes là avec vous, en soutien. Je veux saluer la vertu de vos actions. L’Alsace doit être un territoire d’énergie positive. Nous sommes donc là pour vous accompagner. À nous de communiquer tous ensemble positivement sur toutes ces actions », conclut Frédéric Bierry, ravi de ce moment de partage.

Pierre Cronenberger, agriculteur à Bantzenheim

« Le tour de France est là, nous également »

Vie professionnelle

Publié le 21/07/2023


L’espace d’une journée ce samedi 22 juillet, il va délaisser ses parcelles de maïs, de blé, de soja, de tournesol et autres semences pour aller aider ses collègues sur les hauteurs du Markstein, où les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin tiennent un stand tout comme leurs aînés de la FDSEA. Si Pierre Cronenberger n’a jamais disputé de course cycliste en compétition, il s’est déjà rendu à cinq reprises sur des étapes du Tour de France. La dernière fois, c’était en 2009 quand la course est arrivée à Colmar. « Le tour, quand il passe en Alsace, il faut y aller. L’ambiance est toujours sympa. Le passage de la caravane est un grand moment, on reçoit de nombreux cadeaux. Cette année-là, il y avait eu beaucoup de pluie. L’allemand Heinrich Haussler avait gagné devant le français Sylvain Chavanel. On était placé dans une montée en montagne, là où c’était le plus raide. Sur les hauteurs, c’est plus sympa, car on voit généralement les coureurs plus longtemps. Il y avait eu du monde malgré les conditions météo. Les deux coureurs étaient déjà en tête à ce moment-là. Ils ont tenu jusqu’à l’arrivée », raconte Pierre Cronenberger qui était alors adolescent.

Le Tour de France est également passé à deux reprises à Bantzenheim dont une fois en 2000 à l’occasion d’un contre-la-montre entre Fribourg-en-Brigau et Mulhouse. « C’était l’époque de Lance Armstrong. Cette course avait été intéressante car elle avait duré toute la journée et les coureurs ont traversé la commune un par un. Les hélicoptères qui filmaient la course ont atterri et décollé sur une de nos parcelles. Nous avons d’ailleurs pu monter dedans. Je garde en mémoire toute la logistique qui s’y trouvait », poursuit Pierre Cronenberger. Il se souvient également d’une étape dans l’Allier où vit une partie de sa famille. « C’était l’étape de Montluçon. J’avais réussi à avoir un autographe de Sylvain Chavanel. Le cyclisme m’a toujours impressionné car à la différence du foot, il faut faire des efforts plusieurs heures et en montagne, savoir monter sur des pentes vertigineuses. Il faut être courageux et avoir un sacré mental pour faire ça », estime le jeune agriculteur.

Faire passer des messages

À l’occasion de l’arrivée de la course au Markstein, Pierre Cronenberger sera à nouveau présent. Mais cette fois, en tant qu’adhérent des Jeunes Agriculteurs, il compte promouvoir l’agriculture avec ses collègues. « Les JA vont s’occuper de la buvette sur un stand pendant que nos aînés proposeront des animations sur un autre stand. Nous serons une trentaine. Nous installerons une fresque qui sera visible quelques instants à la télévision. Ce sera un grand dessin sur les énergies renouvelables. Nous avons répondu à un cahier des charges fourni par les organisateurs du Tour de France. Nous espérons évidemment qu’un coureur français va s’illustrer. En tout cas, c’est important à mes yeux que les JA soient là. À nous d’en profiter pour faire passer des messages. Nous sommes sur ce projet depuis le mois de janvier. »

Il a été demandé à cinq jeunes professionnels par canton d’être de la partie, soit une trentaine de bénévoles. « L’espace d’une journée entière, nous allons pouvoir nous retrouver et rencontrer beaucoup de monde. 20 000 personnes sont attendues sur toute la montée. On va pouvoir partager tous ensemble ce grand moment de sport et oublier quelques heures notre quotidien. Le Tour de France est une belle vitrine pour l’agriculture car on voit beaucoup de paysages. Ces derniers sont entretenus par les agriculteurs. Et pendant ces trois semaines de course, on voit bien la diversité de l’agriculture française », conclut Pierre Cronenberger.

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa)

« Nos vins sont tendance »

Vigne

Publié le 17/07/2023


Jamais ces dernières décennies, l’interprofession alsacienne n’a engagé autant de chantiers en même temps : Cité des vins et la nouvelle maison des vins, Vinopole, Exposition universelle d’Osaka 2025, sans oublier les nombreux déploiements d’outils opérationnels au service des vignerons comme le nouveau point pro, la dématérialisation de tous les contrats, ou encore des nouveaux outils d’analyses. « Nous le faisons car nous devons penser autrement la viticulture et les vins de demain. Nous devons faire face à de plus en plus de contraintes administratives et nous subissons la tendance d’une consommation à la baisse. Mais nous résistons mieux que d’autres vignobles. Nos vins blancs et nos crémants sont au cœur des tendances actuelles. Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace a profondément muté ces cinq dernières années. Il s’inscrit définitivement dans son siècle. À nous de poursuivre dans cet élan », explique Serge Fleischer, président du Civa.

Devant les professionnels qui se sont retrouvés en assemblée générale vendredi 7 juillet au château de la Confrérie Saint-Étienne à Kientzheim, il a même insisté. « Nous devons de la transparence au vignoble. Avec notre projet Alsace 2030, nous n’avons pas le droit de décevoir et nous devons expliquer nos réformes, expliquer ce que nous faisons. Nous avons en tout cas de réelles capacités à faire face aux défis et à y remédier en mettant en œuvre nos ambitieux projets structurels et structurants tout en sachant rester solidaires, unis, attentifs et humbles », ajoute le président du Civa. Il se félicite de la réussite des nombreux événements festifs en lien avec le 70e anniversaire de la Route des vins d’Alsace. « Là également, le Civa est au cœur de l’action. Nos événements invitent au voyage. Ils sont hors du commun et hors des sentiers battus », se réjouit Serge Fleischer.

Un lieu 4.0

De voyage, il en sera question pour les vins d’Alsace en 2025 avec l’Exposition universelle à Osaka au Japon. L’Alsace sera le premier et le seul vignoble de l’Hexagone à représenter la France, et parmi les cinq les plus prestigieux du pavillon France avec comme voisins Christian Dior, Louis Vuitton ou encore l’assureur Axa. Les vins d’Alsace seront visibles pendant six mois, d’avril à octobre 2025 sur cet espace de communication géant et populaire. « Le Japon, pour les vins d’Alsace, ce sont des liens historiques et culturels forts. Plus de 160 professionnels alsaciens exportent déjà leurs vins là-bas. C’est notre sixième marché en valeur et le onzième en volume. L’idée est de raconter les vins d’Alsace. Ce sera une belle vitrine », se félicite de son côté Philippe Bouvet, le directeur marketing du Civa.

Un projet qui complète un autre, beaucoup plus proche celui-là : la Cité des vins à Kientzheim. Les choses avancent. Il s’agit de concevoir un véritable centre de promotion international des vins d’Alsace pour les professionnels et le grand public. « Nous devons et nous voulons en faire un lieu emblématique, unique et d’exception pour l’Alsace, le Grand Est et tout le bassin rhénan. Il valorisera nos vins et notre vignoble à travers notre histoire, notre patrimoine, notre gastronomie. Ce sera également un lieu 4.0 qui permettra de connecter le vignoble alsacien au monde entier. Pour le Civa, l’enjeu est de positionner l’Alsace autrement, d’utiliser cet outil de communication pour développer notre notoriété et notre positionnement de marque. Ce sera une véritable école des vins d’Alsace qui nous permettra de nous adresser au plus grand nombre, les locaux comme les touristes, les consommateurs comme les professionnels. Oui, nous pourrons aller beaucoup plus loin », insiste Serge Fleischer. Le 28 juillet, lors de l’ouverture de la Foire aux vins d’Alsace à Colmar, une nouvelle étape devrait être franchie avec la signature des différents partenaires de la société coopérative d’intérêt collectif (Scic) qui portera ce projet.

« Le navire est à flot »

Ces événements représentent un coût : une enveloppe financière d’environ 36 millions d’euros bruts, hors subventions, pour les cinq à six prochaines années. Mais c’est le prix pour maintenir cette dynamique. « Le vignoble alsacien est à la croisée des chemins, mais il lui appartient de choisir son avenir. Soyons ambitieux, solidaires et unis. Notre diversité de terroirs, de personnalités, ajoutée à la diversité de nos vins et de nos lectures du monde de demain, nous permettent d’avancer et de tendre vers l’exception collective qui fera que le vin d’Alsace entrera définitivement au panthéon des grands blancs du monde. Nos projets structurants pour doter le vignoble d’outils modernes et exemplaires seront autant de garanties pour assurer l’avenir », assure Serge Fleischer. Sachant que le Civa a des finances saines avec un excédent de 970 000 € pour l’exercice écoulé. « Le navire est à flot même si la barque est bien chargée », conclut-il.

Tout cela au moment où l’on observe une belle reprise des ventes des vins d’Alsace avec 971 469 hl en 2022 et une estimation prudente de 960 000 hl en 2023. Après deux petites récoltes en 2021 et en 2022, les prévisions sont plus optimistes pour 2023 avec 991 500 hl brut. Concernant les disponibilités, la tendance est favorable en ce début d’année 2023. Et surtout, il y a toujours cette très forte dynamique pour le crémant d’Alsace avec des ventes de plus de 102 millions de cols en 2022. Une tendance qui se confirme en 2023 avec une augmentation de 8,5 % sur les cinq premiers mois de l’année. En grande distribution, les crémants d’Alsace représentaient 62 % de la croissance et 38 % des ventes des AOC effervescents en 2022. Plus globalement, pour ce début d’année 2023 « l’inflation a un réel impact sur la consommation en France et à l’export. Et les tensions sur l’approvisionnement, en bouteille notamment, restent un frein. Il faut donc poursuivre les efforts de valorisation et de promotion pour continuer de résister à la conjoncture et maintenir notre dynamique », estime Manon Tijou, responsable du service économique du Civa.

Maison de la nature du Sundgau à Altenach

Les écodialogues de l’eau

Vie professionnelle

Publié le 08/07/2023


« Le dérèglement climatique nous amène à placer l’eau au cœur de nos préoccupations pour garantir la pérennité de cette ressource vitale pour nous, la biodiversité et nos usages. Créons du lien et enrichissons la réflexion entre citoyens, élus locaux, agriculteurs, enseignants et spécialistes en nous appuyant sur des exemples concrets », explique en préambule Dany Dietmann, maire de Manspach et président de l’établissement public d’aménagement et de gestion de l’eau du bassin-versant de la Largue (Epage Largue). Il en convient, des efforts sont réalisés pour apporter des solutions et améliorer la qualité des eaux. Mais, c’est encore insuffisant. Il reste des points de captage à problème dans le Sundgau, notamment. « La qualité des eaux souterraines et des eaux superficielles doit s’intensifier par des actions concrètes au niveau local », estime Nicolas Faessel, animateur au sein de l’Epage Largue.

La présence de nombreux étangs dans le Sundgau n’apporte pas la sérénité nécessaire. « La question de la sécheresse est même centrale. Le débit de l’eau est déjà moins important que l’année dernière et le niveau des nappes phréatiques est très bas », alerte Nicolas Faessel. Le seul bassin-versant de la Largue et le secteur de la région de Montreux accueillent pourtant plus de 1 000 étangs sur un territoire de 300 km2. « Nous devons revoir nos pratiques en période de sécheresse notamment. Que ce soit les pratiques agricoles, le fonctionnement de nos entreprises, mais également nos propres utilisations de l’eau au quotidien. L’été 2022 par exemple, plusieurs communes dans le seul Sundgau n’avaient plus d’eau potable plusieurs semaines. Les sources étaient taries. Il a fallu venir alimenter les communes et leurs habitants de l’extérieur », complète Aurélie Skora, ingénieure territoriale à l’Epage Largue.

Valoriser les initiatives locales

Cette seconde édition des « écodialogues » a également eu pour but de valoriser les initiatives locales en matière de gestion durable de la ressource en eau. Lors de la rencontre avec les élus locaux, ces derniers ont été sensibilisés sur la prise en compte nécessaire du cycle de l’eau dans leur action communale au quotidien. « Cela doit aller de la gestion des ruissellements lors des orages pour éviter les coulées de boues par exemple, à la récupération des eaux pluviales, en passant par la gestion différenciée des espaces verts », indique Dany Dietmann. Les élus ont ainsi pu visiter des réalisations effectuées par l’Epage Largue en lien avec les collectivités locales. À savoir, un chantier d’hydraulique douce à Hindlingen avec l’implantation de haies et de fascines pour précisément lutter contre les coulées de boues. Ou encore le chantier d’effacement d’un étang en remblai à Mooslargue permettant de reconquérir un secteur jusque-là en zone inondable. Ou encore un chantier de renaturation de l’étang communal de Saint-Ulrich permettant l’augmentation de la biodiversité.

Une conférence a permis d’avoir une réflexion sur l’utilisation commune de l’eau. Plusieurs visites d’exploitations agricoles ont permis de présenter des initiatives portées par des professionnels sur les exploitations de Jérémy Ditner à Ammertzwiller, la ferme florale du Morimont ou encore le Gaec du Morimont géré par Vincent Siess. « La réussite de cette manifestation réside dans la capacité des participants à valoriser les compétences des uns et des autres dans le respect mutuel. Nous devons tous innover pour rétablir et assurer l’avenir qualitatif et quantitatif du cycle de l’eau. Ces « écodialogues » doivent être complétés à l’avenir par la poursuite d’actions concrètes sur nos terrains », conclut Dany Dietmann.

Guebwiller

Une terrasse grand cru

Vie professionnelle

Publié le 06/07/2023


S’il n’y a pas d’agriculteurs à Guebwiller, la surface agricole existante concerne essentiellement le vignoble. « Nous avons entre 140 et 150 hectares de terres agricoles dont 130 sont des vignes et 80 % d’entre elles appartiennent aux domaines Schlumberger. C’est le plus grand domaine privé d’Alsace. Nous sommes la seule ville de la région à avoir quatre grands crus (Kessler, Kitterlé, Saering et Spiegel). Schlumberger est donc incontournable. D’autant plus qu’en parallèle de la viticulture, il y a l’entreprise N. Schlumberger qui est le leader mondial des machines textiles dans le domaine de la fibre longue. Elle occupe 250 personnes à Guebwiller. L’industrie et la viticulture sont donc deux partenaires importants pour la commune », explique le maire de Guebwiller Francis Kleitz. Sa municipalité a d’ailleurs racheté à cette entreprise quatre hectares de friche industrielle. Elle les a séparés en différents îlots pour y réaliser plusieurs projets : une salle à vocation culturelle, des logements et de l’activité économique. Des appels à projets ont été lancés pour trouver des investisseurs d’ici la fin de cette année.

Le vignoble de Guebwiller, lui, nécessite un immense travail. Il s’étage en effet entre 250 et 390 mètres d’altitude grâce à des terrasses soutenues par 50 km de murs de pierre. Les pentes sont parfois vertigineuses, notamment dans le Kitterlé et le Kessler où elles atteignent 50 %. « Même si cette réalité géographique est complexe, le vignoble de Guebwiller est remarquable et fantastique. Les chemins qui surplombent la ville constituent un véritable attrait touristique. Les murs qui sont entretenus par les domaines Schlumberger sont un élément important du patrimoine. Nous travaillons ensemble régulièrement. Le dossier le plus complexe concerne le traitement par hélicoptère des vignes. Nous attendons toujours les autorisations nécessaires. Des tests ont été effectués, ils sont pertinents. Ils permettent d’effectuer des traitements plus ciblés et plus efficaces », ajoute Francis Kleitz.

Débats sur la chasse et sur l’eau

La moitié du ban communal, environ 455 hectares, est occupée par la forêt. Si on ajoute les propriétés forestières à Murbach et à Rimbach, on dépasse même les 500 hectares. « Nous avons de nombreux échanges actuellement avec l’Office national des forêts (ONF) concernant l’avenir de cette forêt face au réchauffement climatique. Il y a de nombreux arbres malades. Un débat existe sur le renouvellement des essences actuelles ou sur la plantation de nouvelles de façon raisonnée. Pour les ventes de bois, notre objectif est simplement d’équilibrer les comptes », résume le maire de Guebwiller. C’est précisément de la forêt jusqu’aux crêtes que sortent de nombreux sangliers. « Ce sont les particuliers qui sont les premiers concernés. Moi-même, en 2022, je me suis retrouvé en face de 17 sangliers (!) dans mon jardin. Les discussions sont parfois vives avec les chasseurs. Nous estimons qu’il faut pouvoir tirer toute l’année. Il y a également des difficultés avec les cervidés qui mangent les jeunes arbres. Mais dans le même temps, la population ne comprend pas toujours l’importance de la chasse. La commune tente d’être le médiateur dans ces débats », note Francis Kleitz.

Pour l’eau, le débat est le même. Il y a eu des restrictions en 2022 en raison des chutes de neige qui diminuent dans le massif et de la baisse des précipitations qui apportent l’eau de pluie. Guebwiller compte sur la régulation des barrages de la Lauch et du Ballon pour maintenir le niveau de la rivière qui traverse la commune (la Lauch). Mais le lac de la Lauch doit toujours faire l’objet de travaux de mises aux normes. « Il y a eu des retards conséquents de la part de l’État. Mais un accord a été trouvé avec la Collectivité européenne d’Alsace. Ces travaux devraient démarrer en 2025. Il s’agit tout de même d’un barrage qui a une capacité de 900 000 m3. Ces travaux sont importants notamment dans des périodes sèches comme actuellement », insiste Francis Kleitz.

Action cœur de ville

Dans le même temps, Guebwiller poursuit la redynamisation de son centre-ville. La cité fait partie des deux communes dans le Haut-Rhin avec Colmar à avoir été retenue pour le programme « Action cœur de ville ». Il s’agit d’un plan stratégique focalisé sur le centre-ville et qui porte sur cinq thèmes. Le premier concerne l’habitat. « Nous avons entamé de nombreuses rénovations. Nos voisins de Buhl et d’Issenheim en profitent également. Le second axe de travail concerne le commerce et l’économie plus globalement. On a la chance d’avoir à Guebwiller 150 commerces. Nous avons un adjoint et une conseillère municipale déléguée dédiée ainsi qu’une chargée de mission. L’objectif étant d’avoir le moins de locaux vides possibles. Nous luttons contre la périphérisation des activités car cela incite les gens à déserter les centres-villes. Nous avons donc fait installer un parcours familial avec des aires de jeu, un carrousel et une large place aux terrasses de cafés. Il y a également de nombreux parkings payants ou à zone bleue pour faciliter la rotation des véhicules. Enfin, nous programmons des animations diverses comme des « afterworks » tous les vendredis soir sur les places principales », précise le maire de Guebwiller.

Le troisième thème concerne la question de la mobilité avec des aménagements pour les mobilités douces comme les vélos et les piétons. Le quatrième thème s’intéresse au patrimoine qui est très riche à Guebwiller avec l’abbaye de Murbach, le château du Neuenbourg, le musée Théodore Deck, l’église Notre Dame dont le programme de rénovation représente un coût de 15 millions d’euros sur dix années, sans oublier la Cave Dimière (salle de spectacles et d’expositions), l’ancien Monoprix qui a été rénové en pôle santé ou encore les bâtiments qui abritent les services publics. Le cinquième thème abrite le volet de rénovation des différentes friches. À l’image du bâtiment « Le Louvre » qui occupe une surface de 15 000 m2 sur trois niveaux et qui date de 1920. Une cinquantaine de logements ont été réalisés par un promoteur privé. « La ville a racheté une autre partie des lieux pour faire une école maternelle. Nous sommes actuellement dans les études de faisabilité. Elles avancent bien mais c’est un projet qui est lourd à porter et qui nécessite du temps. Nous essayons d’aller vite pour maintenir la dynamique de notre ville. C’est la même chose pour le bâtiment où se trouvaient les impôts. Il doit y avoir une maison de la solidarité avec le centre communal d’action sociale (CCAS). Cela devrait ouvrir pour la fin de l’année 2024. Le projet est porté en partie par la ville de Guebwiller et en partie par la Collectivité européenne d’Alsace », conclut Francis Kleitz.

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