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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Graines d'agriculteurs

Émilie Schmitt de Ranspach-le-Haut finaliste

Élevage

Publié le 21/07/2015

Des jeunes qui viennent de s’installer sur une exploitation agricole au cours de ces cinq dernières années, c'est la seule condition pour participer à ce concours. « Graines d'agriculteurs » fédère toutes les instances représentatives agricoles : au niveau national, les Jeunes Agriculteurs (JA), le ministère de l'Agriculture, les acteurs historiques de l’agriculture avec ses différentes filières. « Graines d’agriculteurs » rassemble tout le monde. L’objectif : écouter ces jeunes agriculteurs talentueux, entendre leur vision de l’agriculture de demain, et faire découvrir l'agriculture dans sa diversité. Et peut-être qu’en découvrant ces nouveaux talents, « Graines d’agriculteurs » suscitera des vocations et donnera à certains jeunes l’envie d’entreprendre sur une exploitation agricole ?
En 2014, les grandes cultures ont succédé aux jeunes éleveurs de viande bovine de 2013, qui eux-mêmes ont succédé aux jeunes vignerons et maraîchers de 2012, et aux jeunes arboriculteurs de 2011. Les éleveurs laitiers ont été choisis pour cette édition 2015.

Un bon support de communication

« On m'a appelé en janvier dernier pour savoir si j'étais intéressée pour participer à ce concours. Auparavant, les organisateurs avaient contacté le service « installation » de la Chambre d'agriculture de région Alsace. J'ai accepté de recevoir le dossier d'inscription et de participation. J'ai alors rempli un dossier très complet de plusieurs pages. Afin de répondre aux questions, j'ai effectué des recherches pour avoir toutes les données sur ma propre exploitation. Ma plus grande surprise concerne le coût des traitements phytosanitaires à l'hectare. Cela m'a permis de travailler les chiffres et de découvrir des données sur l'entreprise. J'ai par exemple départagé le chiffre d'affaires laiterie et celui du lait transformé. Cela a pris du temps, mais c'était intéressant et cela devrait me servir pour la pérennité de l'exploitation. La dernière partie du dossier concerne les motivations de l'installation et mon projet. J'ai rendu et renvoyé le dossier à la fin du mois de mars », raconte Émilie Schmitt. Pendant plusieurs semaines, la jeune agricultrice n'a pas eu de nouvelles. Le temps certainement pour les organisateurs d'exploiter toutes les réponses des participants. À la fin du mois de mai, elle est rappelée. On lui signifie qu'elle fait partie des neuf finalistes. C'est la seule en Alsace. « J'ai évidemment été agréablement surprise. Une équipe de production est venue à Ranspach-le-Haut la semaine suivante pour effectuer un tournage me présentant et pour expliquer le fonctionnement de la ferme. Depuis, cette vidéo a été mise en ligne sur le site internet de « Graines d'agriculteurs » comme celles des autres finalistes. Je suis contente d'en être arrivée là. Pas seulement pour moi, mais également pour l'entreprise. C'est un bon support de communication. Les clients sont nombreux à m'en parler. Ils ont vu la vidéo sur le site internet en question et sur Facebook », ajoute Émilie Schmitt.

« Je ne regrette rien »

Depuis que la vidéo a été mise en ligne, la jeune agricultrice ne sait rien. Elle n'a rien entendu, ne sait pas comment la vidéo est perçue et ne sait pas davantage si les internautes votent pour elle. Ce sera le cas jusqu'à la fin des votes, programmée le 28 août. Les résultats officiels seront communiqués lors de la finale nationale de labour à Metz en septembre. « Nous serons alors prévenus juste avant, mais cela devrait rester secret », précise Émilie Schmitt déjà satisfaite de pouvoir parler de son exploitation. Un concours qui, à ses yeux, permet en tout cas de promouvoir et de valoriser l'agriculture et les installations. Cela fait maintenant trois ans et demi que, pour sa part, elle est officiellement installée. Là également, elle ne regrette rien. « J'ai continué à vendre mes produits sur différents marchés à la ferme et j'ai greffé à mon programme hebdomadaire deux nouveaux marchés. J'exerce un métier passionnant. Il est stressant car on a des responsabilités, mais je ne reviendrais pas en arrière. J'exerce un métier qui me plaît. Il me demande beaucoup d'heures de travail, mais le retour des clients est très valorisant. Le relationnel est positif. Et, depuis quelques mois, je propose également des petits fromages frais en complément de la gamme de produits habituels », conclut Émilie Schmitt qui s'investit également au sein des Jeunes Agriculteurs du canton de Sierentz-Huningue.

Syndicat des vignerons indépendants d'Alsace

Clarifier l'image des vins d'Alsace et obtenir de justes prix

Vigne

Publié le 12/03/2015

Dans le dossier de la hiérarchisation, le vice-président du syndicat des vignerons indépendants d'Alsace (Synvira) Florian Beck-Hartweg, de Dambach-la-Ville, n'a pas caché que le premier objectif des professionnels était d'obtenir une meilleure valorisation de leur travail dans les vignes, à savoir des vins payés en rapport de la qualité produite, et une clarification de l'image des vins d'Alsace. Cela passe par une meilleure communication, mais également par une définition claire des différentes strates régionales. « Le plus important est que chacun sache et comprenne ce qu'est un premier cru ou un vin communal. Un premier cru, il faut le dire et le répéter est et doit être un grand vin de terroir. Tous les cépages sont potentiellement admissibles s'ils expriment le lien au terroir avec fidélité. Un vin communal est plus ambitieux. Il doit se définir en fonction d'un climat local ainsi que sur des traditions locales comme, par exemple, des habitudes de vinification. Cela implique une délimitation plus large que premier cru. Ces vins ambitieux doivent avoir un style précis relatif à ces communes. Il faut à la profession viticole un véritable fonctionnement économique pour ces strates car ce travail ne doit être pas une contrainte. Au contraire, il doit valoriser les produits des viticulteurs ». Florian Beck-Hartweg est allé encore plus loin en donnant une échelle de prix qui, à ses yeux, doit être un facteur multiplicateur par rapport à l'appellation d'origine contrôlée (AOC) d'Alsace. « Ces prix les voilà. L'AOC constitue la base, à savoir 7 €. L'appellation communale doit être le prix AOC x 1,3 soit un objectif de 9 €. Le lieu-dit, l'AOC x 1,5 soit un objectif de 10,50 €. Le premier cru, l'AOC x 1,85 soit un objectif de 13 €. Et le grand cru, l'AOC X 2,3 soit un objectif de 16 €. Ces prix doivent tirer vers le haut nos vins d'Alsace. Nous devons entamer cette marche tous ensemble, collectivement. Nous allons travailler en commission paritaire pour que ces tarifs soient appliqués », a ajouté Florian Beck-Hartweg. Un travail qui se fera en coordination avec le conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (CIVA), l'association des viticulteurs d'Alsace (AVA), mais également en interne au Synvira. Le syndicat réfléchit en effet à la mise en place et à l'organisation d'un événement grand public pour communiquer sur les terroirs alsaciens. En complément, le Synvira compte proposer des dégustations pédagogiques pour les premiers crus afin de faciliter la constitution des dossiers de demandes. « Nous devons nous regrouper, déguster ensemble et définir collectivement le lien au terroir de nos produits. Il faut montrer les airs de famille de nos vins que nous souhaitons classés en premiers crus ou communales. Nous devons avoir une vision collective du terroir et effectuer un travail cohérent pour que la commission à l'Institut national d'appellation d'origine (INAO) ait la même vision que nous et soit convaincue de nos dossiers. Ces dossiers devront être prêts pour la fin de l'année, mais c'est dès maintenant qu'il faut signaler nos intentions de dossiers », a précisé Florian Beck-Hartweg.

Augmenter la durée après arrachage en cas de parcelles infectées

Un autre gros dossier qui occupe les professionnels depuis quelques mois, c'est la suppression des droits de plantation et leur remplacement par des autorisations de plantation. Un nouveau système est mis en place par l'Europe pour gérer le développement du potentiel viticole. Ce système obtenu grâce à l'action syndicale maintient un cadre réglementaire de limitation des plantations. Il entre en application le 1er janvier 2016 et entraîne quelques conséquences pour les professionnels. « Pour les plantations nouvelles, les viticulteurs devront désormais déposer leurs demandes via un site internet géré par FranceAgrimer et l'INAO. Ce dépôt devra être fait chaque année entre le 1er mars et le 30 avril. La notification des autorisations interviendra au plus tard le 31 juillet. Les autorisations seront validées si les demandeurs répondent à des critères définis chaque année et si le contingent (1 % des plantations actuelles) n'est pas atteint. La durée de validité de l'autorisation est de trois ans. Passé ce délai, l'autorisation deviendra caduque et il y aura sanction », a expliqué Claude Weinzorn, secrétaire général du Synvira. Concernant les replantations après arrachage, les demandes d'autorisation devront intervenir au plus tard le 31 juillet de la deuxième campagne qui suivra l'arrachage. Pour la conversion des droits en portefeuille détenus au 31 décembre 2015, ils pourront être convertis en autorisations jusqu'en 2020. La durée de vie de l'autorisation sera limitée à la durée de vie restante du droit. Le nouveau système maintient les déclarations d'intention d'arrachage, déclaration de fin de travaux, déclaration d'intention de plantation et la déclaration de fin de travaux. « Le Synvira demande que la durée maximale de cinq ans pour planter, après arrachage puisse être augmentée en cas de parcelles infectées. Lorsque les critères de recevabilité des autorisations seront définis, nous vous tiendrons informés », a ajouté Claude Weinzorn.

Pour une meilleure valorisation du vrac

Le syndicat des vignerons indépendants d'Alsace a également travaillé ces derniers mois pour obtenir une meilleure valorisation des vins en vrac sachant que la part des vignerons indépendants sur ce marché est de 61 % en volumes. « Le premier axe de réflexion a été de mettre en place une plate-forme interne de vente de vin en vrac en ligne. Chaque producteur mettrait ainsi ses lots à la vente avec un descriptif de ses vins, ainsi que le prix souhaité. Nous avons rencontré Michel Remondat, patron de Vitisphère et créateur d'une plateforme de vente de vin en vrac par internet en expérimentation. Lors de cet entretien, nous avons même envisagé d'ouvrir cette plateforme à des négociants situés hors de la région. La barrière de la mise en bouteille pouvait être levée en proposant à ces acheteurs une mise en bouteille à façon dans la région. Parallèlement, nous avons rencontré le conseil d'administration du groupement des négociants d'Alsace ainsi que les représentants des courtiers pour leur exposer nos réflexions. Depuis, nous nous sommes orientés vers la création d'une grille qualitative des lots de vin proposés à la vente. L'idée est de pouvoir classer, à partir de critères de qualité (analytique, organoleptique) les lots de vins. Chaque classe se verrait attribuer, soit un pourcentage de la mercuriale en plus, soit un prix minimum à respecter. Ces prix seraient définis par concertation avec les courtiers, les négociants et les vignerons indépendants. Pour avancer sur le projet, nous avons constitué un groupe de travail. Aujourd'hui, nous suivons de près la démarche initiée par l'association des viticulteurs d'Alsace qui est la contractualisation des ventes de raisins et de vin en vrac. Nous soutenons toute initiative qui va dans le sens d'une meilleure valorisation de nos vins », a indiqué Vincent Ackermann, en charge de ce dossier au Synvira.

Parmi les autres actions syndicales menées par le syndicat indépendant des vignerons d'Alsace, il a également été évoqué le compte pénibilité des salariés, l'assurance climat et la mise aux normes des caveaux pour les rendre accessibles aux handicapés. Un agenda d'accessibilité programmé devra être élaboré au plus tard pour le 27 septembre 2015.

Respect, partage et engagement

Concernant la communication, il a été rappelé tout ce qui se fait en interne (bulletins d'informations, extranet, forum, réunions de sous-régions, formations) et en externe avec des opérations de promotion comme, par exemple : l'apéro gourmand le vendredi du week-end de l'Ascension, le pique-nique chez le vigneron indépendant d'Alsace le week-end de Pentecôte, l'oenotourisme, la commercialisation des vendanges touristiques lancées en 2014 ou encore la charte « accueil, qualité ». Pour 2015, le Synvira compte poursuivre ses travaux en cours. « Nous comptons continuer le travail sur l'identité du vigneron indépendant d'Alsace, mais également poursuivre notre démarche d'ouverture vers les autres instances viticoles alsaciennes afin d'élaborer des projets collectifs. Nous allons adapter nos statuts et poursuivre la réflexion concernant la mise en place de la hiérarchisation. Nous comptons donner davantage d'outils aux vignerons pour améliorer leur commercialisation par l'oenotourisme et intensifier notre communication. L'avenir reste incertain. L’Alsace se doit de réagir. Nous avons la chance d'être une petite région de production avec un marqueur terroir très fort, des vignerons passionnés, des grands vins blancs. Nous avons tout pour réussir, mais nous n'arrivons pas encore à faire rêver suffisamment nos consommateurs de vins », a estimé le président Pierre Bernhard.

Première assemblée générale du Synvira depuis son élection, il analyse ce début de mandat : « Avec mon équipe d'élus et les administratifs, nous avons lors de cette première année démarré par un chantier sur l'identité du Synvira. Ce travail va nous permettre d'avoir un outil d'aide au développement. Lorsque le syndicat des vignerons indépendants d'Alsace a été créé par Joseph Schaffar, la volonté était de regrouper, au sein d'une entité, les vignerons metteurs en marché afin de pouvoir mieux les défendre. Ce rôle reste aujourd'hui un axe très important. La mission du Synvira est de pérenniser notre métier de vigneron indépendant. La surface des exploitations continue à croître. Nous sommes passés d'une moyenne de 1,64 hectare en 1969 à 9,39 hectares en 2014. Il est donc tout à fait légitime et important que le Synvira joue son rôle de défenseur, d'accompagnateur et de constructeur d'avenir. Nous nous appuyons sur trois valeurs fondamentales pour réussir : le respect, le partage et l'engagement. Ce qui rend le vigneron indépendant alsacien unique, c'est tout cela », a conclu Pierre Bernhard.

Club Holstein 68

En route pour la confrontation européenne de 2016

Élevage

Publié le 18/02/2015

Le club Holstein 68 rassemble 53 adhérents et 3 827 vaches qui, pour la campagne 2013 ont réalisé 8 060 résultats et une production moyenne par vache de 8 916 kg. « Nous nous situons dans la bonne moyenne. Mais, surtout, nous avons des vaches de qualité qui réalisent de belles carrières. Dix d’entre elles dépassent d'ailleurs les 100 000 kg de lait », se félicite Thomas Prinz, président du Club Holstein 68. Des résultats positifs complétés par de nombreux titres et places d'honneur obtenus dans différents concours. À l'image de celui d'habsheim ou à Swiss Expo 2015 avec Valana du Gaec de Wittelsheim, première de sa section et qui a également obtenu une mention dans le championnat espoir. « Les résultats de nos vaches sont impressionnants. Le club Holstein 68 recherche l'excellence. À travers le travail quotidien des éleveurs sur leurs exploitations et pour la promotion de la race. Ayons confiance en notre avenir », ajoute Thomas Prinz qui invite l'ensemble des professionnels à se mobiliser pour la préparation de la confrontation européenne en 2016 à Colmar. « Le cap est maintenu. On peaufine actuellement le montage financier de cette manifestation qui devrait être une réussite. 2015 est une année primoridale. Les responsabilités de chacun sont actuellement attribuées. Nous vous invitons à nous rejoindre dans cette magnifique organisation. Quoi qu'il en soit, l'avenir du club Holstein 68 doit être défendu en commun pour assurer sa pérennité », a précisé Thomas Prinz.

Une stratégie professionnelle

Le président du Club Holstein 68 a profité de l'assemblée générale annuelle qui s'est tenue mercredi 11 février à Dannemarie pour renouveler son conseil d'administrations. Les départs de Claude Butsch et de Claude Dietsch sont compensés par les arrivées de David Butsch et Bruno Dietemann, mais également celle de Christophe Bitsch et, pour les jeunes agriculteurs, d'Alexandre Wintzenrieth.

Présent à la réunion, le vice-président de la Chambre d'agriculture de région Alsace, Laurent Wendlinger a salué les actions et le dynamisme des éleveurs du Club Holstein 68. Concernant le concours d'Habsheim, il estime que la réflexion doit être lancée concernant la suite à donner à ce concours. « À l'occasion de ce vingtième anniversaire, nous avons invité des éleveurs du Bas-Rhin et du Territoire de Belfort pour marquer le coup. Tout le monde a été enchanté. Il faut étudier la possibilité de pérenniser cette action collective pour les prochaines éditions. D'autant, que cela permet de monter en puissance par rapport à Colmar 2016. Cette confrontation européenne doit nous inciter à être un élément moteur dans cette organisation. Pour ce concours comme pour l'ensemble de nos actions au quotidien, notre rôle est de mettre en place une stratégie professionnelle et d'être une force de propositions. Colmar 2016 doit être ce pas supplémentaire pour l'élevage, mais aussi la Holstein. Nous devons montrer ce que nous savons faire, être une force économique, valoriser notre production », souligne Laurent Wendlinger. Concernant la réforme territoriale en cours et le fonctionnement futur des Chambres d'agriculture, il estime que pour faire face aux éventuelles baisses de moyens financiers, « il va falloir mutualiser les moyens et s'engager sur de nouvelles prestations. Les choses bougent très vite. À nous de suivre attentivement tous les dossiers ».

La réunion a également permis à Mélanie Gutzwiller d'évoquer l'école des jeunes présentateurs d'Eurogénétique. En vue d'une manifestation qui aura lieu à la fin du mois d'août à Stosswihr, elle est à la recherche de génisses (20 à 25 Holstein et une dizaine de Montbéliardes) pour le bon déroulement de la journée. L'appel aux éleveurs est lancé. Le concours aura lieu une quinzaine de jours plus tard, en septembre, à Metz, dans le cadre de la finale nationale de labour.

Concours général agricole

83 échantillons en quête de reconnaissance

Cultures

Publié le 21/01/2015

Organisée en commun, comme chaque année, par la Chambre d'agriculture de région Alsace (Cara), l'Association des viticulteurs d'Alsace (Ava) et la Direction départementale des territoires (DDT), cette présélection se déroule quelques semaines avant le concours général agricole des eaux-de-vie. «Cette gestion à trois fonctionne très bien. L'Ava s'occupe de l'organisation de la manifestation, la Cara de la gestion des jurys et des échantillons, et la DDT est la partie institutionnelle qui se charge de veiller au bon déroulement et au respect des règles. Cette présélection rassemble 83 échantillons d'eaux-de-vie. Il n'y a pas cette année les whiskies dont les neuf échantillons vont directement à Paris car, à l'heure actuelle, il y a une seule section nationale dans cette catégorie. Cela changera en 2016 suite à la publication de l'arrêté qui est arrivé un peu tardivement. Car effectivement, l'an prochain, les cinq indications géographiques (whisky, quetsche, kirsch, mirabelle et framboise) seront dégustées à part comme c'est déjà le cas pour le marc de gewurztraminer», explique Jean Deffinis, de la Direction départementale des territoires.

Un concours connu et reconnu

Pour cette présélection, les membres du jury ont donc dégusté 83 échantillons répartis ainsi : 17 kirschs, 11 mirabelles, 11 quetsches, 15 poires williams, 14 framboises, 6 vieilles prunes et 9 marcs de gewurztraminer. «Pour le marc de gewurztraminer, nous sommes un peu déçus car il est en baisse alors qu'il est en AOC depuis trois ans déjà. On s'attendait à davantage d'engouement. Par ailleurs, cette année, il n'y a pas d'eau-de-vie atypique comme par exemple, l'abricot ou des sirops. Les conditions freinent peut-être les producteurs. Il faut en effet trois échantillons d'au moins de trois produits différents pour pouvoir se présenter à cette présélection», ajoute Jean Deffinis. Un concours général agricole désormais très ouvert puisqu'il accueille également à Paris les produits laitiers, mais également les confitures, les foies gras, les bières, la charcuterie comme par exemple, le knack d'Alsace. «Il est ouvert et très apprécié car c'est un concours du ministère de l'Agriculture, connu et reconnu. Il a des règles très précises, un taux de médailles imposé (30 %). Il se déroule dans l'anonymat des échantillons et avec une totale traçabilité. Avoir une médaille, c'est une reconnaissance pour le producteur et un gage de confiance pour le consommateur», conclut Jean Deffinis.

Une belle sélection

À la table de dégustation n°1, les trois membres du jury présents sont également des professionnels appréciés. Il s'agit de Régis Syda, président du syndicat des distillateurs et liquoristes d'Alsace et directeur de la distillerie Wolfberger, Willy Hagmeyer, secrétaire du syndicat et de la distillerie du même nom à Balbronn, et Yves Lehmann, trésorier du syndicat et de la distillerie du même nom à Obernai. Ce dernier a apprécié la dégustation de ces 17 kirschs. «C'est une belle sélection. On a trouvé des produits de meilleure qualité que l'année passée. Nous n'avons refusé que trois échantillons. Les quatorze autres peuvent aller concourir à Paris. Ils sont bien typés, en nez et en bouche. Le kirsch est, avec le marc de gewurztaminer, l'alcool type en Alsace que tous les distillateurs et autres bouilleurs de crus apprécient. C'est évidemment mon cas», explique Yves Lehmann.

Engager un animateur

Pour sa part, Régis Syda, qui est le président du syndicat des distillateurs et liquoristes d'Alsace depuis deux ans, se félicite lui également de cette dégustation qui s'est déroulée dans un contexte favorable. «L'obtention de ces indications géographiques, c'est la reconnaissance de la qualité et de l'origine de nos produits. Les Français sont demandeurs de ces appellations. Mais cela va surtout avoir une influence positive à l'export. Cela a été le cas pour le kirsch de Fougerolles, qui a ouvert la voie. Nous nous sommes rendu compte de l'impact et de l'aura qu'une telle distinction dégage. Les continents américains et asiatiques sont très demandeurs. Ce côté “made in France” va renforcer nôtre image», constate Régis Syda.

Il espère également que cela va motiver d'autres professionnels à rejoindre le syndicat des distillateurs et liquoreux. «Nous devons être encore plus nombreux à échanger sur nos produits et renforcer la dégustation de chaque eau-de-vie. Cette démarche qualitative doit nous permettre de nous remettre en cause et d'évoluer dans notre savoir-faire. D'autant que l'année 2015 sera un tournant. Nous avons deux objectifs. Le premier est de faire valider par l'Europe l'ensemble de nos indications géographiques. Le second sera ensuite d'engager un animateur, qui aura pour fonction de faire vivre cet organisme de défense, de suivre les opérateurs, de mettre en place cette traçabilité. L'enjeu est important», conclut Régis Syda.

Affaire de la S.A Albrecht à Orschwihr

C'est lent, beaucoup trop lent

Vigne

Publié le 16/01/2015

La liquidation judiciaire de la S.A Albrecht à Orschwihr est intervenue en novembre 2012. Elle a laissé un passif d'environ 14 millions d'euros (M€). Une centaine de viticulteurs a ainsi vu ses récoltes impayées. Depuis, rien, ou pas grand-chose. Les professionnels lésés s'impatientent. « On est venu spontanément en apprenant la date de cette audience solennelle de rentrée judiciaire. Nous savons qu'à cette occasion, le préfet, de nombreux élus et les médias sont là. C'est donc pour nous l'occasion de faire reparler de cette affaire. Nous n'avons été envoyés par personne. Mais nous voulons montrer que l'on existe toujours. Certains d'entre nous sont financièrement au plus mal et continuent de survivre tant bien que mal. Il est donc temps que la justice fasse son travail, qu'elle active les choses. Oui, il faut trouver une issue à la créance qui nous chagrine depuis trois années maintenant », explique Jean-Pierre Frick, viticulteur à Pfaffenheim.

Les vignerons étaient une quarantaine à se retrouver devant la cour d'appel pour exprimer leur impatience face à ce qu’ils interprètent comme une lenteur de la justice dans la résolution de l’affaire Albrecht. Ils ont passé la matinée à se faire entendre et à distribuer deux tracts différents. Le premier, un memorandum sur cette affaire. Le second indique que « les victimes rappellent que cette faillite avouée et démontrée frauduleuse, a causé 14 M€ de pertes directes. Sans compter le manque à gagner pour toute la filière des vins d'Alsace induits : perte de relation de confiance dans les affaires, prix anormalement bas des vins d'Alsace et du raisin indexé sur le vrac, à cause des faits avérés de cavalerie. La justice s'est-elle interrogée sur toutes les défaillances possibles des services de l'État, le service des douanes, le service des impôts, rappellant que les expertises comptables, réglementées par l'État, ont approuvé des comptes frauduleux sur la base d'estimations de stocks aberrantes à 20 €/l, masquant la faillite ? »

Porter plainte individuellement?

Parmi les victimes, ce couple domicilié à Balbronn qui, par peur d'éventuelles représailles, préfère garder l'anonymat : « Pour nous, ce sont 70 000 € de créances. C'est révoltant car avec la crise économique, ce manque à gagner est énorme. Nous devons aujourd'hui assumer seuls. Cette histoire est un véritable scandale. Il y avait des commissaires aux comptes, non ? C'est à eux d'assumer, pas à nous. On veut que la justice avance désormais rapidement ». Les viticulteurs touchés sont notamment aidés et soutenus par un collectif représenté lors de cette action par Marc Tempé, de Zellenberg. « Je ne suis pas concerné à titre personnel par cette affaire, mais je fais partie du collectif. Nous essayons d'aider les professionnels concernés. Nous voulons rappeler à la justice qu'il faut activer les choses, mais également que cela ne se reproduise pas. Il faut aller au bout de cette action. On parle de justice mais on ne donne pas aux victimes les outils pour savoir ce qu'il faut faire », indique Marc Tempé. Le collectif et la confédération paysanne conseillent aux professionnels de porter plainte individuellement.

Agriculture de montagne
 

Chasser le gibier pour protéger les terres agricoles

Vie professionnelle

Publié le 25/09/2014

Une dizaine de personnes étaient présentes à cette réunion. Et notamment Patrick Chaize président du canton de la « montagne » de la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) du Haut-Rhin, Aurélien Garnier délégué « chasse » à la FDSEA, Cédric Barlier représentant des Jeunes Agriculteurs, Jean-Marie Miclo président de la forêt privée du Haut-Rhin, des élus locaux et des représentants de la fédération des chasseurs. « Nous avons surtout parlé des dégâts de gibier rouge comme le cerf. Sa surpopulation devient effrayante et occasionne des dégâts toujours plus importants. Contrairement au sanglier qui creuse la terre quand il passe, le gibier rouge pâture. La désolation est totale après son passage. Si on laisse continuer à proliférer ce gibier rouge, nous allons manquer d'herbe et de fourrage », constate Aurélien Garnier.

Il a ainsi déjà été compté plus de cinquante cerfs sur une seule parcelle. Les résultats sont immédiats : douze balles de foin faites sur six hectares alors que, d'habitude, les agriculteurs en font douze à l'hectare. Du jamais vu selon les professionnels. Et le problème s'observe tout particulièrement sur Fréland et au Bonhomme, sur le massif du Bresoir, ainsi que dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. « Nous allons être obligés d'aller acheter du fourrage en plaine », ajoute Aurélien Garnier. Un problème pour les professionnels en production biologique et ceux qui transforment. « Par rapport à nôtre Appellation d'Origine Protégée (AOP), on se met alors en péril car, avec ces transports supplémentaires et ces déplacements de marchandises, on ne respecterait plus la cahier des charges. Et puis, cette circulation supplémentaire risque de bloquer la circulation dans la vallée », constate Patrick Chaize.

Faire baisser les effectifs de cervidés

En tout cas, une réaction s'impose car les professionnels ne peuvent que constater les pertes de rendement qu'ils subissent. En 1997, ils comptaient jusqu'à 80 bovins et avaient assez de fourrage pour pérenniser leur exploitation. Aujourd'hui, ils ont une cinquantaine de bovins sur la même surface qu'auparavant, mais sont obligés d'acheter du fourrage. En moyenne, aujourd'hui, les professionnels doivent constater jusqu'à dix hectares de dégâts de gibier et de sanglier sur une surface de 80 hectares. « Il est absolument vital de faire baisser les effectifs de cervidés pour revenir, au moins, à la situation d'il y a quelques années. Cela permettrait de limiter les dégâts agricoles et forestiers », précise Aurélien Garnier. Les agriculteurs de montagne sont également opposés à l'engrillagement de parcelles dans leurs près dans les forêts privées. « Cela occasionne de frais supplémentaires, mais surtout, nos paysages et nos exploitations ne sont pas des prisons. Et puis, nous sommes dans une zone touristique. Cela donnerait une bien triste image de nos vallées », estime Patrick Chaize.

Les professionnels en profitent également pour rappeler qu'avec la réforme de la Politique agricole commune, leurs entreprises sont déjà fragilisées tout comme l'AOP Munster. « Nous le répétons. Nous risquons de le perdre car, pour préserver l'AOP, nous devons avoir du fourrage de la zone d'appellation. Et l'AOP se base sur trois éléments importants : la zone géographique donc le terroir, la race de vache, et la nourriture. Si ces déplacements intempestifs nous obligent à aller chercher ce fourrage en plaine, on se met hors jeu et on perd les avantages. C'est la même chose pour le lait bio. Nous risquons de perdre notre certification car on a pas le droit de retourner les terres. Or, le sanglier et le cerf le font pour nous », note Patrick Chaize.

Les agriculteurs de montagne en appellent donc à la raison et au dialogue constructif avec les élus locaux et les représentants de la chasse. « Nous devons nous écouter, nous respecter et nous entendre », conclut Aurélien Garnier.

Une foire aux vins exceptionnelle

285 206 visiteurs

Vigne

Publié le 20/08/2014

La 67e foire aux vins d'Alsace de Colmar a donc battu son record de fréquentation et a augmenté son affluence de 9 % par rapport à l’année dernière. Il n’y a qu’une seule foire aux vins qui a attiré plus de monde que celle de cette année : c’était l’édition de 2012, avec 297 046 visiteurs. Mais il s’agissait d’un cru sur douze jours. Cette année, en dix jours, elles sont 285 206 personnes à être venues au parc des expositions de Colmar. La moyenne par jour donne le tournis : 28 520 visiteurs (contre 24 753 de moyenne en 2012). «On avait une bonne étoile cette année. C'est bien une foire exceptionnelle. Pour ma première en tant que présidente, je suis heureuse de constater que cela s'est très bien passé», se félicite Christiane Roth, présidente de Colmar expo. Quelques heures après la fin de cette 67e édition, Christiane Roth et Christophe Crupi, directeur des foires et salons de Colmar ont donc fait le point sur cette manifestation. «Elle a eu un succès hors norme et incroyable. Nous l'avons tous senti dès le démarrage. Au total, ce sont 202 862 visiteurs qui ont fréquenté la foire et 82 344 personnes les concerts. Le festival connaît une hausse de fréquentation de 12 % avec un très bon taux de remplissage de 75 %. Ce succès s'explique pour dix raisons bien identifiées : 1, le travail de toute une équipe ; 2, la stratégie de redynamisation engagée depuis 2009 ; 3, la programmation de grande qualité du festival ; 4, les animations de haut niveau, que ce soit en danse, en rapport avec le vin ou encore au Cabaret colmarien ; 5, l’appropriation de la manifestation par les exposants ; 6, le savoir-faire et le professionnalisme de tous les prestataires ; 7, la communication ; 8, le contexte économique morose qui a donné envie aux gens de faire la fête ; 9, le public de vacanciers et 10, les conditions de météo favorables».

Eviter que le parc ne s'asphyxie

Ce succès, qui permet à Colmar de s'installer solidement à la troisième place des foires de l'Hexagone, ne fait pas pour autant tourner la tête des organisateurs qui restent lucides et cohérents. «Nous ne cherchons pas à faire la course au chiffre. Il faut éviter que le parc ne s'asphyxie lors des grosses périodes de fréquentation. Les chiffres actuels sont bons. Faire encore davantage pourrait poser des difficultés comme, par exemple, les places de parkings. On étudie d'ailleurs pour l'an prochain la possibilité de parkings de secours et de navettes supplémentaires. Il faut, à l'avenir, faire aussi bien, voire mieux, mais en gardant notre esprit actuel. Sans vouloir aller trop loin», souligne Christiane Roth.

La 68e édition de la foire aux vins d'Alsace de Colmar aura lieu du 7 au 16 août 2015. D'ici ces dates, d'autres manifestations sont programmées au parc-expo, mais surtout des travaux. «Ils vont concerner à partir du mois d'octobre la façade extérieure ouest ainsi que le Cabaret colmarien qui a besoin d'être relooké et rafraîchi. Ces travaux, financés pour plus d'un million d'euro par la ville de Colmar, seront terminés au printemps 2015», conclut Christiane Roth. D'ici là, les préparatifs de la prochaine foire aux vins seront bien avancés, eux aussi.

 

Violents orages dans le Haut-Rhin

Dégâts importants mais très localisés

Vigne

Publié le 31/07/2014

L'orage, survenu dans la soirée du vendredi 25 juillet, a causé d'importants dégâts dans les secteurs de Steinbach, Wattwiller et Uffholtz. À Steinbach, l'eau descendant en torrents boueux des collines avoisinantes a soulevé l'enrobé de plusieurs rues. Des scènes identiques à Wattwiller, le long de la route qui mène de Cernay à Vieux-Thann ou encore à Uffholtz et Berrwiller. Les sapeurs-pompiers ont comptabilisé en tout environ 90 interventions.

Plus en hauteur, les vignes ont été touchées à des degrés divers en fonction de leur position géographique par rapport à cet orage. «Il faut rester prudent et ne pas s'affoler. Cela va certainement perturber la récolte à venir. Il y a des chemins carrément inaccessibles», commente le président du syndicat viticole de Cernay et environs Thierry Misslen, qui observe des dégâts de grêle sur feuilles et raisins.

Du côté de Thann, Soultz, Wuenheim, Hartmanswiller, Berrwiller, c'est surtout la grêle qui a fait des dégats. «Plus les parcelles sont sur les hauteurs, plus les dégâts sont importants. Tous les viticulteurs sont touchés dans des proportions diverses. Il y a des zones où 90 % des parcelles et des raisins sont en mauvais état. De toute façon, il faut maintenant attendre. Il faut espérer que cela sèche et que les foyers de pourriture ne soient pas trop nombreux », souligne Hervé Schwendenmann, président de Wolfberger dont les parcelles à Wuenheim ont été touchées.

Les viticulteurs qui sont assurés attendent maintenant le passage des experts. « Les assureurs vont passer la semaine prochaine. Ils vont constater les dégâts. Ensuite, ils vont se faire constater une moyenne quinquennale des rendements sur les parcelles concernées. Ils vont laisser passer les vendanges. Et ils paieront la différence constatée », ajoute Hervé Schwendenmann.

 

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