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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin et Chambre d'agriculture d'Alsace
 

S'installer en toute connaissance

Pratique

Publié le 11/04/2016

C'est à l'amphithéâtre du lycée agricole de Rouffach qu'a débuté cette matinée d'informations. Anne-Laure Dujardin-Rolli et Marielle Pascollo, du service « Économie et Prospective » à la Chambre d'agriculture ont tout d'abord donné la parole à quatre jeunes agriculteurs récemment installés : Patrick Meyer, Tom Schott, Pierre Meyer et Benoît Ehrhart. À tour de rôle, chacun a expliqué sa démarche, son projet, l'accompagnement à l’installation aidée, les différents partenaires économiques possibles à rencontrer. Ils ont tous les quatre tout d'abord insisté sur l'importance de bien réfléchir sur son projet d'installation. « Pensez bien à votre fonctionnement futur. Serez-vous seul sur l'exploitation ? Si ce n'est pas le cas, comment allez-vous partager le travail et le revenu ? Qui va décider ? Sachant que 80 % des installations se font en société. Il faut se préparer au pire, mettre en place un bon cadre de travail. Plus clairement, il faut bien observer, écouter, échanger, vérifier vos motivations, vos compétences, vos objectifs », explique Pierre Meyer installé depuis 2013 à Dessenheim. Pour y parvenir, il faut bien connaître son outil de travail et établir un bon coût prévisionnel financier pour la reprise de l'exploitation et de son développement prévu. Et qu'il faudra également prendre en compte la réalité économique du moment. « Il est également important d'être un bon gestionnaire. L'administratif ne doit pas être considéré comme secondaire. Il faut savoir bien gérer ses champs, mais également son entreprise. Personnellement, je consacre une demi-journée entière, le vendredi après-midi, à la partie administrative. L'agriculteur a quatre cordes à son arc. Il doit être producteur, transformateur, commerçant et prestataire de services », ajoute Patrick Meyer.

La nécessité d'être bien formé

Dans son parcours d'installation, le futur agriculteur sera aidé et conseillé par de nombreux partenaires. À commencer par les jeunes agriculteurs et la Chambre d'agriculture d'Alsace. Mais également par les centres de gestion, la direction départementale des territoires (DDT), les banques et les assurances. La nécessité d'être bien formé a été une donnée importante rappelée tout au long de la journée. Cette formation passe par l'élaboration puis la réalisation d'un plan de professionnalisation personnalisé, d'un stage collectif obligatoire de 21 heures, de plusieurs modules de formation courte, et de stages en exploitation. « Personnellement, je me suis rendu en Nouvelle-Zélande. C'est difficile d'aller plus loin. Mais c'est très formateur. Cela permet de voir une autre manière de travailler, d'autres philosophies », précise Benoît Ehrhart, viticulteur installé depuis six ans. Et Anne-Laure Dujardin-Rolli d'aller plus loin. « Il faut construire et chiffrer son projet, élaborer son plan d’entreprise, déterminer son statut, évaluer la viabilité de son projet sur, au minimum, quatre années, définir un plan de financement, obtenir un accord bancaire, et enfin établir sa demande d’aides à l’installation. C'est tout cela le préalable à une installation réfléchie ». Il y a ensuite eu un temps d'échanges avec les jeunes présents dans l'amphithéâtre. Dans l'après-midi, ils ont pu visiter l'exploitation de la famille Bendelé à Herrlisheim.

Charte d'engagement

Ils ont signé !

Vie professionnelle

Publié le 08/04/2016

C'est au Conseil départemental du Haut-Rhin à Colmar, le 18 mars dernier, qu'a démarré ce tour de signatures. Éric Straumann, accompagné de son vice-président, Michel Habig, ont été les premiers à recevoir les agriculteurs et à signer la charte. « L'agriculture française et les agriculteurs traversent une crise violente et profonde. Malgré les difficultés financières qui touchent également l'institution départementale, nous entendons continuer à soutenir le monde agricole. Il y a la question de la traçabilité des produits, le problème des prix et de la vente à perte. Nous pouvons agir sur la restauration hors foyer où le département est concerné avec, notamment, notre engagement au sein de l'abattoir départemental à Cernay où nous participons, à notre niveau, au soutien des filières courtes. Concernant les débats nationaux actuels, nous souhaitons peser également. Car, effectivement, les consommateurs sont dans l'attente de produits de qualité. Ils sont sensibles à ces sujets d'actualité. Je signe donc cette charte avec d'autant plus de plaisir et de conviction que je suis d'accord avec vous et que le Conseil départemental du Haut-Rhin est à vos côtés dans ce combat légitime. »

Redonner une valeur aux produits agricoles

C'est dans sa permanence parlementaire dans son village à Ranspach-le-Bas, et accompagnée de René Danesi, sénateur-maire de Tagsdorf, que Catherine Troendlé a également signé cette charte d'engagement en présence de Denis Nass et de Christophe Bitsch, président des JA 68. « Dans le Haut-Rhin, nous avons identifié 500 éleveurs en très grosses difficultés, avec moins de 4 000 € de revenus par an ! C’est le désarroi dans nos campagnes ! Quand on sait qu’un fermier procure du travail à sept salariés, en moyenne », s'agace Christophe Bitsch. « Le Sénat n’a pas attendu que les paysans se fâchent. En janvier dernier, nous avons voté une proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture et de la filière agroalimentaire, proposition soumise par les sénateurs Les Républicains. Mais ce texte a été rejeté par l’Assemblée nationale. En attendant, il faut vraiment redonner une valeur aux produits agricoles », regrette Catherine Troendlé. Conscients des difficultés des agriculteurs, les deux élus, également premiers magistrats de communes rurales, respectivement de Ranspach-le-Bas et de Tagsdorf, connaissent le terrain et les problèmes de « leurs » paysans.

« Des changements sont apparus »

La sénatrice Patricia Schillinger a été reçue sur l'exploitation d'Alain Rosenblatt à Kappelen. Pour elle, la signature de cette charte est une action attendue « depuis longtemps ». Elle constate qu'un « changement » est apparu dans le pays. « Aujourd'hui plus qu'avant, les paysans ont envie de participer à la vie quotidienne des citoyens jusque dans leurs assiettes. » En créant ou en recréant un lien plus direct entre le producteur et le consommateur, elle voit aussi des changements en matière de créations d'emplois. Elle est aussi parfaitement consciente de la « souffrance » que vivent les agriculteurs au quotidien. « Le citoyen lambda la voit aussi et en souffre également », estime-t-elle. Ce que le citoyen voit moins en revanche - du moins dans sa grande majorité - ce sont les différences réelles entre un produit agricole français et un produit agricole importé. « Chez nous, on nous interdit de plus en plus de molécules. Soit. Mais si elles sont dangereuses, elles le sont aussi pour le consommateur. Il faut donc interdire les produits importés qui sont traités avec des molécules interdites chez nous. Et si on ne peut pas le faire, alors il faut donner des moyens à la recherche », explique Denis Nass.

Pour un choix local

C'est ensuite à la mairie d'Altkirch que les agriculteurs ont reçu le soutien du député-maire Jean-Luc Reitzer. Ce dernier a assuré signer cette charte avec enthousiasme. « Je pense qu’on peut être influent et efficace au niveau de la restauration collective », a plaidé Jean-Luc Reitzer qui a annoncé que la collectivité « va devoir revoir l’approvisionnement des repas du restaurant scolaire de l’Association pour l’enfance qui sera bientôt du domaine de compétence de la communauté de communes. Je ferai tout pour qu’il y ait un choix local, même s'il faut payer 10 à 15 cts de plus ». Il a également invité les agriculteurs à frapper aux portes des députés européens qui sont en première ligne en matière de politique agricole. « Je le dis avec conviction car j'ai été très touché lors d'une visite récente d'une exploitation agricole à Gommersdorf. J'ai été pris à partie par des professionnels en colère. Cette dernière est légitime. Il y a un véritable malaise. Pour ma part, j'essaie de privilégier les produits français et locaux et de défendre la profession à l'assemblée nationale », a-t-il conclu.

« Notre avenir est accroché à celui des agriculteurs »

Le député-maire de Cernay Michel Sordi s'est déplacé sur l'exploitation de René Zimpfer à Soultz, accompagné de Nicolas Dietrich, responsable des JA, et deux représentants de la FDSEA 68, Michel Rohrbach (section lait Grand Est) et Frédéric Meyer (collines sous-vosgiennes). René Zimpfer a tout d'abord présenté son exploitation. Installé depuis de nombreuses années, cela ne l’a pas empêché de « galérer cinq ans » pour pouvoir construire la dernière extension de sa porcherie. « J’ai aussi fait le choix de la filière courte, grâce à l’abattoir de proximité de Cernay. C’est plus facile pour valoriser sa production. Mais pour l’heure, mon fils ne pourrait pas s’installer. » Michel Sordi a signé la charte. « Si on ne soutient pas les agriculteurs, on prend le risque de se retrouver un jour sans blé, sans maïs… Notre avenir est accroché à celui des agriculteurs. Ces derniers vendent à perte et cela ne peut plus durer », a-t-il estimé.

Wolfberger

Une soirée complètement givrée

Vigne

Publié le 07/04/2016

C'est la nouveauté 2016 ! Wolfberger innove et surprend en créant un crémant d'Alsace Ice Papillon à déguster avec des glaçons. La coopérative a imaginé un assemblage fruité, chic et haut de gamme, spécialement élaboré pour être dégusté dans un grand verre dit piscine. « Le crémant d'Alsace Ice Papillon doit être frais avant d'y ajouter des glaçons afin de conserver toute sa pétillance. Pour un service parfait, l'étiquette est dotée d'un indicateur de température idéale qui confirme le moment de dégustation. Mettez votre bouteille au frais et quand les bois du cerf changent de couleur et deviennent bleus, le crémant a atteint sa température idéale pour y ajouter des glaçons. Nous avons aussi imaginé des cocktails pour créer une façon moderne de le consommer », explique Carole Couret, directrice commerciale et marketing chez Wolfberger.

Jérôme Keller, œnologue et directeur technique de la coopérative, explique la démarche aux invités présents. « Nous avons pris la liberté d'aller encore plus loin que d'habitude. Ce crémant a encore plus d'élégance et de finesse. » Un tailleur de glace sculpte le cerf de la gamme papillon ; dès son œuvre achevée les invités ont la possibilité de se faire prendre en photo dans un studio improvisé pour l'occasion.

Impliqués sur tous les marchés

La soirée avait débuté avec la présentation et la dégustation du millésime 2015. L'occasion d'apprécier une nouvelle fois les vins, crémants, liqueurs et eaux-de-vie du groupe Wolfberger autour de suggestions gourmandes et de desserts. « Nous avons invité tous nos clients professionnels du milieu de la restauration, de l'hôtellerie et des cafés (CHR). 230 personnes ont répondu favorablement. Nous organisons cette soirée depuis six ans, depuis la présentation du millésime 2009. Nous croyons beaucoup à cette clientèle avec qui nous avons des relations importantes qui reposent sur la confiance et la sincérité. Cette soirée se veut conviviale et simple.

Chez Wolfberger, tout repose sur l'homme. Nos équipes travaillent sur cette relation de confiance et dans un besoin constant d'innovation », souligne Bertrand Dufour, directeur général de Wolfberger. Des propos complétés par Hervé Schwendenmann, président de la coopérative. « Il est important de faire découvrir notre gamme, les nouveautés, le millésime. Nous voulons montrer que nous nous impliquons sur tous les marchés. À l'export bien entendu, mais également auprès de nos clients CHR. Nous sommes présents et nous comptons renforcer cette présence à travers la stratégie de marque qui est en place depuis déjà plusieurs années ».

Parmi les professionnels présents, Yves Feder, chef du restaurant « Au vieil Armand » à Berrwiller et président du syndicat des hôteliers-restaurateurs de Guebwiller. « Nous venons chaque année à cette soirée dans le cadre de notre partenariat avec Wolfberger. Nous travaillons avec la coopérative depuis longtemps car c'est une entreprise mondialement connue qui propose des vins de qualité. Nous voulons également promouvoir, avec le vignoble alsacien, une route de la truite qui partirait de Thann. Là également, nous comptons travailler avec la coopérative ». La soirée se poursuit en toute convivialité. On y croise celles et ceux qui ont la culture gastronomique de la région. À l'image, par exemple, de l'Auberge des Trois Vallées à Hirsingue ou du restaurant de la Maison du fromage à Gunsbach représenté par Dany Wehrey.

FDSEA et JA du Haut-Rhin

Une charte pour soutenir l'élevage et les filières locales

Vie professionnelle

Publié le 07/04/2016

Certes, cette charte est symbolique. Elle est néanmoins très forte. « Il nous faut un cadre législatif sur la traçabilité de nos produits. Aujourd'hui, les consommateurs sont, au pire, trompés, au mieux, très mal informés. Dans un steak haché, on peut trouver plus de 400 origines de viande différentes ! Dans le même temps, nous constatons tous les jours que nos produits ne sont plus mis en valeur. Ils subissent une concurrence déloyale. C'est notamment le cas dans la restauration collective et dans les cantines où nous avons perdu beaucoup de volume. Nous voulons reconquérir ces marchés. Pour y parvenir, il faut jouer sur la traçabilité, sur la compétitivité. C'est là où nos élus, nos parlementaires ont un rôle à jouer. C'est à eux de nous aider pour reconquérir ces marchés. Les consommateurs doivent faire leur choix en connaissance de cause », explique le président de la Fdsea du Haut-Rhin Denis Nass. En allant à la rencontre des élus pour leur faire signer cette charte d'engagement, l'objectif est d'arriver, à terme, à maintenir durablement une dynamique agricole sur l'ensemble du territoire national et régional pour éviter, notamment une déprise des productions animales.

Des engagements

Dans cette charte, les élus s'engagent sur plusieurs points. Tout d'abord faire adopter un cadre législatif nouveau obligeant la traçabilité et l'étiquetage pour l'ensemble des produits alimentaires. Ensuite obtenir l'interdiction de vente à perte dans le cadre d'un plan compétitivité pour l'agriculture et l'agroalimentaire. Concernant les négociations commerciales, l'objectif est que le prix de vente payé aux producteurs agricoles ne soit pas inférieur au prix de revient. Ils s'engagent également à soutenir, ou à favoriser l'adoption d'une proposition de loi visant, pour la restauration hors foyer, à l'utilisation de produits agricoles français, à hauteur d'au moins 60 %, sans distinction de filières. Enfin, les élus s'engagent à rencontrer au moins une fois par an les présidents de la FDSEA et des JA, à des fins d'expertise partagée de la situation agricole du département.

Cahier des charges trop contraignant

Pour Denis Nass, ce soutien des élus est d'autant plus nécessaire que tout le monde sait que les agriculteurs font du bon travail et produisent des aliments de qualité. « La preuve, certains en profitent et cherchent à utiliser notre image pour faire du commerce sur notre dos. Cela ne peut plus continuer ainsi. Cette relation de confiance avec les élus doit également permettre de mieux comprendre comment marchent les appels d'offres dans les cantines et les points de restauration collective. Cela doit nous permettre d'être plus efficace ensuite pour y répondre. Nous devons regagner en compétitivité, en réactivité et promouvoir une agriculture départementale dynamique et de qualité. Nous devons nous organiser différemment dans nos filières. Cela doit s'organiser collectivement. À nous de valoriser nos produits et de nous promouvoir », insiste Denis Nass. La question de la traçabilité des produits et de l’étiquetage est en effet l’un des nerfs de cette guerre que mènent les agriculteurs pour leur survie. « Le cahier de charges des agriculteurs français est bien plus contraignant que celui de nos voisins, c’est pour cela qu’on perd en compétitivité. L'objectif est d'obliger les grandes et moyennes surfaces et les restaurateurs à indiquer clairement l’origine de la viande, la ferme, les méthodes de production », conclut Denis Nass.

Coopérative des sylviculteurs d'Alsace

Mieux connaître son parcellaire

Vie professionnelle

Publié le 05/04/2016

Créée en 1999, Cosylval est une organisation de producteurs qui commercialise 74 710 unités (m3, stères, tonnes) auprès de 38 clients (dont 12 avec contrats d’approvisionnement). En 2015, elle regroupait 2 515 coopérateurs (2 077 pour sa section Nord et 435 pour sa section Sud) pour un chiffre d'affaires qui dépassait les 5 millions d'euros sur 520 chantiers répartis à travers trois activités : la collecte-vente, les travaux-services, et l'approvisionnement. Les travaux de reboisement réalisés par Cosylval ont permis, par exemple, la plantation de 38,9 hectares. En complément, Cosylval a fourni 9 700 plants feuillus, 1 660 plançons de peupliers, 16 330 plants feuillus contribuant au reboisement d’environ 32 ha.

Une grande partie des deux assemblées générales a été consacrée à la présentation du service de cartographie en ligne GeoSygea. Il a été rappelé qu’une conseillère en gestion forestière, Élodie Degardin, a été recrutée en mars 2015 par la coopérative pour avoir une personne dédiée à la rédaction des documents de gestion sous toutes leurs formes. Le règlement type de gestion est maintenant agréé sur l’ensemble du territoire de la coopérative, et concerne tout propriétaire forestier souhaitant avoir un document de gestion volontaire. Ces assemblées générales ont été l'occasion de rappeler aux coopérateurs l’utilité d’avoir un document de gestion (PSG ou RTG) et surtout la nécessité de suivre le programme des coupes et travaux de sa forêt pour pouvoir l’entretenir dans de bonnes conditions et la gérer en « bon père de famille ». C’est pour cette raison que la coopérative a mis en place depuis 2008 son service d’aide à la gestion forestière (Sagefor) qui permet au propriétaire d’avoir un bilan annuel sur la gestion de sa propriété.

Une cartographie simple

Un travail qui peut désormais être complété par le service de cartographie en ligne GeoSygea. Cette plateforme, accessible au public depuis la fin de l’année 2015, est un outil de gestion supplémentaire proposé au propriétaire. Elle permet la consultation de la cartographie de sa forêt, via une connexion personnalisée et sécurisée, avec les informations suivantes : parcellaire forestier, parcellaire cadastral, peuplements, fonds repérants (IGN, photographie aérienne), mais aussi toutes les informations relevées lors de la rédaction du document de gestion, telles que la dendrométrie des peuplements. Ces informations sont accessibles pour chaque parcelle à travers une fiche, s’ouvrant par simple clic sur la parcelle. La plateforme permet aussi la mise à disposition, pour chaque utilisateur, d’un espace de stockage appelé « Gestion documentaire ». Cet espace permet d’archiver tous les documents relatifs à la gestion de sa propriété (contrat, document de gestion, Sagefor). Une fois la présentation terminée, le président, Michel Rolli, a remercié les administrateurs sortants, Jean-Pierre Keller et Hubert Ott, pour leur implication dans le développement de la coopérative et leurs longues années de services bénévoles pour promouvoir la gestion forestière dans la forêt privée.

Association des producteurs de lait des 8 cantons

Trouver le meilleur partenariat possible

Vie professionnelle

Publié le 30/03/2016

Le président de l'association des producteurs de lait des 8 cantons, Michel Rohrbach, ne l'a pas caché. Vu l'actualité et la situation économique, cette assemblée générale ne pouvait qu'être compliquée à organiser. C'est évidemment le prix du lait qui a retenu l'attention des éleveurs : 315,17 € les 1 000 litres de lait en janvier 2015, 271,07 € en janvier 2016, et 277,10 € pour le mois de mars ! « Économiquement, c'est très compliqué. Pour cette année 2016, les éleveurs veulent avoir de la lisibilité. Y aura-t-il une hausse de ce prix ou encore de nouvelles baisses ? Et de quel ordre ? Il faut tenir un langage de vérité aux professionnels car ces derniers ne peuvent plus travailler sur leurs exploitations avec une vision de court terme », explique Michel Rohrbach. L'association des producteurs de lait des 8 cantons représente trente exploitations et près de seize millions de litres de lait dont 4 % de la collecte est en production biologique. Elle a un taux de réalisation de 97 %. Et, le 31 décembre 2016, son contrat de cinq années avec Senagral arrivera à son terme. Le prochain est en cours de rédaction. « Nous cherchons un vrai partenaire. Nous sommes arrivés au bout d'un système et il faut que le prochain soit dans un esprit gagnant/gagnant. Car, en continuant de cette manière, il y aura des morts. On ne peut plus se permettre de ne pas avoir de vision à long terme. Nous avons tous un capital, des projets, et des structures à sécuriser. Il faut remettre de l'humain dans notre partenariat. Nous voulons bien faire partie d'un grand groupe. Mais, nous souhaitons être des acteurs pour avancer. Ce n'est pas le cas depuis deux ans. Aujourd'hui, c'est le meilleur moment pour créer à nouveau un lien et pour trouver un meilleur partenariat », ajoute Michel Rohrbach.

Aucune certitude sur le prix du lait

Les représentants de la coopérative ne se sont pas montrés rassurants sur une hausse conséquente du prix du lait dans les prochains mois. La faute à la conjoncture laitière et aux tensions internationales. « Ce début d’année ne nous est vraiment pas favorable. Aussi, l’aménagement de la saisonnalité n’ayant pas permis d’atteindre notre objectif de prix mensuels d’au moins 300 euros, nous nous sommes résolus à négocier une avance de trésorerie remboursable en fin d’année. Ceci n’est certes pas suffisant mais comment éviter les conséquences néfastes du retournement des marchés ? Nous espérons toutefois un second semestre meilleur, mais l’inconnue des volumes produits chez nous et chez nos principaux concurrents ne nous permet malheureusement pas de certitudes quant au niveau de cette amélioration. Je peux simplement vous assurer que votre OP fera tout pour obtenir le maximum, c’est-à-dire le reflet des indicateurs, d’où l’avenant au contrat signé à ce sujet, tout en ayant un œil sur les prix de l’environnement et en gardant en mémoire les concessions faites en 2014 pour venir en aide à l’entreprise. Enfin, nous avançons le plus vite et le mieux possible sur les règles post-quotas de gestion des volumes afin de pouvoir vous informer précisément et rapidement. La difficulté, c'est de trouver une bonne harmonisation des prix », explique Gilles Sanzey, responsable des producteurs de lait chez Senagral. À la fin du mois de juillet 2015, l’Oplase comptait 675 adhérents soit 99 % des membres des huit associations la composant. Le litrage concerné s’élevait à un peu plus de 290 millions de litres. En 2015, elle a réalisé 97 % de son droit à produire. Le chiffre d'affaires de Senagral était de 433 millions d'euros en 2015 contre 495 millions d'euros en 2014.

Pour sa part, Christophe Bitsch, tout nouveau président des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin, mais surtout éleveur et membre de l'association des producteurs de lait des 8 cantons, a informé les représentants de la coopérative d'un projet en cours de réflexion sur la faisabilité d'une structure locale et de proximité qui permettrait aux producteurs de ne plus dépendre totalement de la conjoncture mondiale. Un projet qui pourrait se faire en lien avec la coopérative. Cette dernière s'est dite ouverte au dialogue. Quoi qu'il en soit, de nouvelles relations économiques et sociales s'imposent dans les prochains mois pour ne pas laisser au bord de la route des entreprises et leurs éleveurs.                       

Campagne Pac 2016
 

S'informer sur les règles à respecter

Pratique

Publié le 30/03/2016

Lors de ces réunions, les points suivants sont abordés : le calendrier de paiement des aides 2015, la télédéclaration des dossiers via Telepac et le système d'assistance mis en place, les rappels sur les aides découplées DPB (portefeuille, transferts par clauses), l'admissibilité des surfaces, le verdissement des aides (Surface d'Intérêt Ecologique, trois cultures, etc.) ou encore des rappels et des nouveautés sur la conditionnalité des aides. Deux réunions ont déjà eu lieu à Altkirch le 22 mars puis à Fessenheim le 24 mars. À chaque fois, plusieurs centaines de professionnels étaient présents. Ces réunions se déroulent dans un contexte difficile, tant d'un point de vue économique, qu'au niveau de l'organisation de l'État. « Depuis 1992, nous n'avons pas connu une année aussi compliquée et autant de retards au niveau administratif. Il y a des nouveautés avec la reconfiguration de vos îlots et les surfaces non agricoles [ndlr : SNA] à déclarer. Sans oublier que nous nous sommes retrouvés dans l'obligation de redessiner les îlots l'an passé suite aux exigences de l'Union Européenne et à la condamnation de l'État français. Du coup, ce même État nous a "gâtés" cette année. Cependant, il faut que nos échanges soient fructueux et fassent avancer les choses. Dans le département du Haut-Rhin, la DDT fait un sacré travail. Mais, il est réalisé dans un contexte national difficile. Quoi qu'il en soit, nous voulons construire et vous accompagner tout en sachant, et nous sommes tous d'accord, cette réforme n'en finit pas et pourrit notre quotidien », explique, en préambule, Yves Jauss, directeur général adjoint de la Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA).

Tour à tour, Jean Deffinis pour la DDT du Haut-Rhin, Michel Busch et Sophie Barleon pour la FDSEA du Haut-Rhin ou encore Eric Granveaux pour la CAA prennent la parole et abordent différentes thématiques : les nouveaux demandeurs et nouveaux dispositifs des aides Pac, l'admissibilité des surfaces, les aides couplées, Télépac, la conditionnalité et BCAE, le verdissement des aides : prairies permanentes, Surfaces d’Intérêt Écologique, diversité des assolements, sans oublier l'irrigation, la directive Nitrates, le schéma de certification pour le maïs. Ils répondent également aux interrogations de la salle en invitant les gens à venir directement vers eux sur des questions plus spécifiques et personnelles.

Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin

Christophe Bitsch, nouveau président

Vie professionnelle

Publié le 03/03/2016

L'assemblée générale, qui a suivi une matinée de travail à huis clos dans l'amphithéâtre du lycée agricole de Rouffach, a porté sur le thème : « Quelles perspectives d'avenir pour les jeunes ? ». Car loin de vociférer contre la société actuelle, les jeunes agriculteurs du Haut-Rhin préparent le futur et veulent être une force de propositions. Le tout dans un monde qui bouge. « Notre métier a évolué et il est nécessaire que tout le monde en soit conscient. Loin des stéréotypes et des préjugés véhiculés par la télévision, il est important que le grand public nous voit comme nous sommes réellement : passionnés, impliqués, toujours motivés pour découvrir de nouvelles techniques et pour innover afin d'améliorer la qualité de notre alimentation et de notre environnement. Les clichés entre urbains et paysans génèrent des incompréhensions qui éclipsent complètement toutes les démarches positives que nous mettons en place », constate Sébastien Schmitt, secrétaire général des JA 68 dans son rapport d'activité. Ces démarches positives, les jeunes agriculteurs ont tenu à les montrer à leurs invités par le biais d'une vidéo tout d'abord, par la mise en perspectives d'actions concrètes ensuite comme, par exemple, les fermes ouvertes, les opérations « Tellus » dans les écoles ou encore les opérations « sourires » à Colmar et à Munster. L'occasion de montrer la solidarité et la communication collective du syndicat des jeunes dont le principal cheval de bataille reste, plus que jamais, l'installation. Là également, une vidéo a mis en valeur cette politique dynamique quoi doit permettre le renouvellement des générations dans le monde agricole. « Nous travaillons au quotidien pour créer un terreau favorable à la pérennité de nos exploitations, pour tenter d'offrir des perspectives de long terme à tous ceux qui souhaitent accéder au métier d'agriculteur au travers de projets viables, vivables et transmissibles », souligne Philippe Uhl, secrétaire général adjoint des JA 68, chargé du dossier installation.

Aider à l'installation

L'année 2015 est la première année de la mise en œuvre du nouveau dispositif pour l'installation et la transmission. Ce dispositif doit donner ces fameuses nouvelles perspectives d'avenir pour les jeunes. « Avec une revalorisation moyenne de 19 % des montants de la dotation jeune agriculteur (DJA), et dans le contexte économique actuel, le parcours à l'installation aidée connaît un regain d'attractivité », observe Philippe Uhl. Ce sont ainsi 109 entretiens individuels qui ont été effectués pour l'activité « Point accueil installation » l'année écoulée. De même, 27 dossiers ont été étudiés en commission départementale d'orientation de l'agriculture (CDOA). 74 % étaient situés en zone de plaine, 22 % concernaient des installations en viticulture, 15 % en maraîchage, 11 % en grandes cultures, 11 % en horticulture et 41 % contre toute attente en élevage. « Nous pouvons constater que, malgré les difficultés rencontrées, les jeunes ne perdent pas espoir en l'avenir. Ils souhaitent encore s'installer pour exercer. C'est par cette détermination que nous pourrons avoir demain une agriculture dynamique en sachant que l'âge moyen d'installation est de 27 ans. Afin de garantir un nombre pérenne de ces installations, nous continuons à les accompagner dans leurs parcours. Tous les ans, nous organisons trois stages collectifs 21 heures. C'est la dernière étape du parcours à l'installation aidée qui permet de consolider les bases de la carrière d'agriculteur », conclut Philippe Uhl. Toujours dans cette idée, les JA 68 organiseront le lundi 21 mars prochain une journée « installation » avec une matinée dans l'amphithéâtre du lycée agricole de Rouffach puis un après-midi consacré à la visite d'exploitation.

L'immobilisme franco-français

Toujours aussi vivante, l'assemblée générale s'est poursuivie avec les rapports sur les différentes filières : la montagne avec Tom Schott, les fruits et légumes avec Patrick Meyer, la viticulture avec François Schlussel, les grandes cultures avec Pierre Meyer, l'école des cadres avec Guillaume Stoffel sans oublier un bilan de la finale de labour des 29 et 30 août 2015 à Dietwiller par Patrick Meyer. Le rapport le plus attendu (et craint) a été celui consacré à l'élevage par Christophe Bitsch, vice-président sortant des JA 68 en charge de l'élevage. Après avoir rappelé les épisodes climatiques et le retour d'épizooties bien connues, Christophe Bitsch a expliqué la situation dramatique dans laquelle est plongé l'élevage français, alsacien et haut-rhinois, que ce soit pour les producteurs de lait ou de viande. « Un lait payé à 305 euros les 1 000 litres en moyenne en 2015 alors que vous n'êtes pas sans savoir que le coût de revient se situe autour de 340 euros ! Plusieurs phénomènes sont identifiés pour expliquer cette situation. Cela a déjà été dit partout. Mais, cela n'est le seul fait explicatif de cette situation qui s'éternise. Les sanctions prises par la France à l'égard de la Russie concernant la crise Ukrainienne ont entraîné un embargo sur les produits alimentaires qui étaient destinés à la Russie. Et nous en sommes les victimes collatérales. Nous avons des gouvernants pris pour des guignols par l'ensemble de la planète, ce qu'ils sont au final. Ils cherchent à donner des leçons mais qui ne mesurent pas la portée de leurs actes. Mais attention les entreprises laitières sont aussi responsables. La fin des quotas était annoncée depuis des lustres mais nos transformateurs ont fait preuve d'un immobilisme typiquement franco-français. Immobilisme coupable, immobilisme qui entraîne aujourd'hui la faillite de bon nombre d'entre nous. Nous avons affaire à des incompétents, sourds, muets et aveugles. Aucune réactivité, aucune capacité d'adaptation : leur seule marge de manœuvre consiste toujours à baisser le prix payé aux producteurs. Ces personnes sont à la tête d'entreprises qui partent à la chasse de marchés sur lesquels elles sont ultra-concurrencées par leurs homologues français, mais aussi étrangers. Le marché mondial ne va pas bien, mais chez nous, cocorico, le marché national ne va pas mieux. Pour une fois qu'on est au même niveau ! », constate Christophe Bitsch. Et de s'agacer contre ces enseignes de la grande distribution qui tirent les prix toujours au plus bas, sans pour autant baisser leurs prix de vente aux consommateurs. Même constat pour la viande bovine avec des élevages qui sont également au bord du gouffre « alors que 60 % du volume national est abattu par un seul homme : Bigard ! Le tout, avec la réforme de la politique agricole commune où tout le monde est perdant : les céréaliers comme annoncé, mais la plupart des éleveurs également. Quand tout cela va-t-il enfin s'inverser ? La destruction de l'élevage est en marche. Et ce ne sont pas des mesurettes de saupoudrage, sorte de rustines mal ajustées proposées par des abrutis qui ont eux-mêmes fait les trous qui vont nous sauver ! », ajoute encore Christophe Bitsch pour qui la crise actuelle est conjoncturelle, mais aussi et surtout structurelle.

« Nous réclamons des règles communes de productions »

Dans son rapport moral, le président sortant des JA 68 Thomas Obrecht a fait le même constat. « Tout le monde semble sourd face aux alertes que nous avons faites depuis longtemps. Rien n'est plus frustrant que d'avoir l'impression d'avoir tout fait et que rien n'a changé ! À croire que pour être entendu dans ce pays, il faille casser et être violent. Nous sommes face à un choix de société. Il est insupportable que nos produits ne soient plus vendus à leur juste valeur. Il nous faut interpeller l'opinion publique et lui faire comprendre que la crise que nous traversons va modifier le paysage agricole de notre pays. Dans un contexte mondialisé où la concurrence est sans limite, notre pays doit faire face à un choix : continuer de laisser mourir à petit feu nos exploitations ou se donner les moyens d'être dans la course avec nos voisins. Car c'est un réel génocide organisé de nos exploitations qui est en ce moment autorisé par nos hommes politiques. Plus personne ne mène la barque. Les élus se sont fait dépasser par leur administration et le rouleau compresseur normatif avance, peu importent les réalités, peu importent les conséquences. Seule une révolution peut retourner la situation. L'Europe ne joue pas son rôle, car trop de distorsions persistent encore les États. Nous vivons sur le même marché, alors nous réclamons des règles communes de productions ! Donnez-nous la chance de pouvoir concourir ». Une demande d'autant plus forte chez les jeunes agriculteurs qui investissent sur des dizaines d'années. La défense de l'installation, le renouvellement des générations, c'est le travail qu'a réalisé et défendu Thomas Obrecht lors de ses cinq années à la présidence des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin. Une mission effectuée avec une équipe motivée qu'il a tenu à remercier pour son engagement. « C'est une force pour notre syndicat, tant pour encourager les jeunes à reprendre des exploitations que pour partager avec le grand public la qualité du travail que nous faisons », a conclu Thomas Obrecht. Une action saluée par Ange Loing, administrateur national des JA 68, Guillaume Cognat, administrateur national de JA, Laurent Wendlinger vice-président de la Chambre d'agriculture d'Alsace (CAA), Denis Nass président de la FDSEA 68.

Le nouveau conseil d'administration des JA 68 sera désormais présidé par Christophe Bitsch, vice-président sortant en charge de l'élevage. Il sera notamment entouré par Pierre Meyer aux fonctions de secrétaire général et Emeric Bendélé comme trésorier. En tout, un CA de 18 personnes. « Nous sommes au travail immédiatement. La lutte continue », conclut ou débute Christophe Bitsch.

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Continuer d’accompagner les agriculteurs

Pratique

Publié le 13/01/2016

L’année 2015 a été très difficile pour le monde agricole touché par une crise sévère. L’embargo de la Russie, la pression exercée sur les prix, les conditions météorologiques désastreuses sont autant de facteurs négatifs qui fragilisent encore davantage les agriculteurs. Dans ce contexte, la Mutualité sociale agricole (MSA) entend rester proche de ses adhérents et mettre tout en œuvre pour les soutenir. Plusieurs dispositifs ont été mis en place ces derniers mois pour aider financièrement les professionnels les plus fragiles économiquement, tels que l’allégement des cotisations familiales, la réduction de l’assiette de cotisations pour le financement de l’assurance maladie des exploitants agricoles (Amexa) ou encore la possibilité d’opter pour l’assiette n - 1 pour réduire les cotisations.

« Malgré ces aménagements notoires, négociés avec les pouvoirs publics par les élus, les équipes dirigeantes de la MSA et par le syndicalisme agricole, la crise actuelle accentue les besoins des adhérents. 50 millions d’euros ont été débloqués pour l’ensemble du territoire par la MSA. Mais seuls 284 000 € ont été versés pour l’Alsace, ce qui est loin de couvrir tous les besoins. La MSA d’Alsace a donc décidé de compléter cette enveloppe, sur ses fonds propres, à hauteur de 180 000 € », explique le président de la MSA d’Alsace, David Herrscher. Des propos complétés par Thomas Blum, vice-président de la MSA d’Alsace et président de la commission sanitaire et sociale. « Ces 180 000 €, ce n’est pas rien. C’est la première fois que nous mettons un budget de cette importance sur de telles actions. Nous convenons tous qu’il y a nécessité de sauver les exploitations les plus nécessiteuses. Oui, il faut sauver ce qui est encore sauvable. »

Le 8 janvier dernier, le nombre de prises en charge de cotisations par la MSA s’élevait à 138, pour un montant moyen de 4 700 € par exploitant. Outre les aides financières, plusieurs dispositifs sont en place pour alléger la trésorerie des exploitants, comme les échéanciers de cotisations. En 2015, la MSA d’Alsace a ainsi accordé 68 % d’échéanciers supplémentaires pour le paiement des cotisations patronales par rapport à 2014 et 22 % pour les cotisations personnelles des exploitants. Il y a également l’option n - 1 pour le calcul de l’assiette de cotisations. Cela concerne 646 professionnels qui ont ainsi pu bénéficier de cet aménagement exceptionnel et temporaire. À l’échelle nationale, 26 737 adhérents de la MSA ont économisé 39 M€ de cotisations. Concernant la réduction de l’assiette minimum pour le calcul de cotisation Amexa, les chefs d’exploitation ou d’entreprise agricoles avec des revenus faibles, nuls ou déficitaires, ont vu leur cotisation passer de 833 € à 454 € sur la base du taux de 10,84 %, un taux applicable aux chefs d’exploitation ou d’entreprise à titre exclusif ou principal domiciliés en France. En tout, ce sont 170 776 personnes qui en ont bénéficié pour un montant total de 48 M€.

Convention d’objectifs et de gestion

Pour l’année 2016, les perspectives ne sont pas meilleures. La filière de l’élevage en particulier ne présente aucun signe d’amélioration. Dans ces conditions, la MSA s’interroge sur l’attitude future des pouvoirs publics. D’autant plus qu’elle se trouve dans une négociation serrée concernant la convention d’objectifs et de gestion (COG). La précédente vient d’arriver à son terme, et, comme tous les cinq ans, la MSA négocie avec ses ministères de tutelle la nouvelle feuille de route.

« Les pouvoirs publics ont salué la gestion du régime agricole pendant le dernier quinquennat, et notamment son efficacité et sa forte réactivité dans la gestion des crises agricoles. Par ailleurs, le coût de gestion de la MSA est très faible et ne représente que 4 % des cotisations recouvrées. Descendre au-dessous de ce pourcentage risque de nuire à la bonne réalisation de nos missions de service public. Et ce n’est pas la solution à la résorption des déficits. La MSA a déjà réduit ses effectifs au plan national. Malgré cela, l’État considère qu’il va encore falloir économiser. Or, il faut un minimum de moyens pour assurer nos missions. Nous sommes sur des territoires ruraux et l’on se fait fort d’être présent sur tous les territoires », prévient David Herrscher. Forte de sa dynamique démocratique, la MSA, soutenue par ses partenaires professionnels agricoles et ses équipes administratives, entend poursuivre sa mission et préserver l’esprit solidaire et mutualiste du régime agricole.

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