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Nicolas Bernard

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Dispositif RSA Vendangeurs

« Ça permet de nous relancer »

Vigne

Publié le 16/09/2018

Présenté il y a deux mois à la presse (lire en page 27 de notre édition du 27 juillet 2018), le dispositif RSA Vendanges, qui permet de cumuler l’allocation du RSA et l’emploi saisonnier de vendangeur, a fait ses premiers heureux ces dernières semaines. Au domaine Bott, à Ribeauvillé, ce sont deux bénéficiaires du RSA qui sont venus gonfler les rangs des vendangeurs cette année. Plus globalement, il est impossible de savoir combien de personnes au total bénéficient de ce dispositif à l’occasion de ces vendanges 2018. « Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il n’y a aucune discrimination au moment du recrutement », souligne la présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert.

En revanche, les chiffres en matière de recrutement de vendangeurs sont plutôt excellents cette année dans le Haut-Rhin : 349 postes proposés et pourvus dans le bassin de Guebwiller, 1 005 postes proposés et 955 pourvus dans le bassin de Colmar, et 425 postes proposés et 400 pourvus dans le bassin de Sélestat qui comprend le nord du département. Est-ce dû au dispositif RSA-Vendanges ? Impossible à dire en l’état. « Tout ce qu’on sait, c’est que les viticulteurs ont trouvé 95 % de leur main-d’œuvre pour ces vendanges. Cela n’était pas arrivé depuis de nombreuses années », se satisfait Brigitte Klinkert. En effet, comme le rappelle Simone Kieffer, chargée de mission à l’Association des viticulteurs d’Alsace, les problèmes de recrutement des vendangeurs sont un phénomène récent nourri par plusieurs facteurs : la précocité des dates de vendanges qui met l’Alsace en concurrence avec d’autres vignobles qui vendangent en même temps, et un « changement sociétal » avec des personnes qui s’inscrivent pour vendanger mais finalement ne viennent pas sans donner d’explication. « C’est quelque chose qui n’existait pas dans le temps », fait-elle remarquer.

Un « marchepied » pour le retour à l’emploi

Nécessairement, ce dispositif « gagnant-gagnant » RSA Vendanges permet d’apporter une réponse à une problématique. D’une part, il lève les freins administratifs, d’autre part, il est incitatif financièrement pour le bénéficiaire du RSA. David Barbeau, recruté pour la deuxième année consécutive par le domaine Bott pour les vendanges en sait quelque chose. L’an passé, il avait dû abandonner son allocation RSA pour travailler quelques semaines. S’il a bien gagné son salaire de vendangeur, il a déchanté pendant les fêtes de fin d’année où il ne lui restait plus que 150 euros. « Ce n’était pas la joie. Avec ce dispositif, on double nos revenus. C’est très motivant pour la suite. Ça permet de nous relancer », explique-t-il. Malgré son diplôme de maçon obtenu il y a six ans, ce natif de Ribeauvillé n’a jamais réussi à trouver en emploi fixe et pérenne. « Uniquement des petits boulots ou de l’intérim, rien de très concret à chaque fois. Et puis on était perdants à 100 %. Avec un job de trois semaines, on nous déduisait autant que ce qu’on touchait en un mois avec le RSA. » Pourtant, impossible pour lui de rester chez lui « à ne rien faire ». « Ce n’est pas convenable. On se sent mou et délaissé. Ici au moins, même si le travail est physique, je suis en plein air et l’ambiance avec les autres est conviviale. Ça fait du bien. »

Comme David Barbeau, une majorité de bénéficiaires du RSA seraient motivés de travailler grâce à ce dispositif mis en place par le Conseil départemental du Haut-Rhin. « Vous n’imaginez pas combien de bénéficiaires sont frustrés de ne pas pouvoir vendanger à cause de problèmes de déplacement, de garde d’enfants ou de santé. Pour eux, l’intérêt est financier et social », assure Stéphane Mathieu, directeur de Contact Plus, une structure qui aide les bénéficiaires du RSA à retrouver un emploi. « C’est un bon marchepied pour le retour à l’emploi », complètent les représentants de la MSA d’Alsace. « Et, c’est une première rencontre avec le monde agricole toujours en quête de main-d’œuvre pour le reste de l’année. Cela peut créer de nouvelles opportunités de recrutement par la suite. »

Visite ministérielle au lycée agricole de Rouffach

« L’excellence » de l’apprentissage et des métiers de l’agriculture

Vie professionnelle

Publié le 14/09/2018

Trois jours après leur rentrée, les élèves du lycée agricole de Rouffach se sont retrouvés sous le feu des projecteurs. Jeudi 6 septembre, les ministres du Travail et de l’Agriculture, Muriel Pénicaud et Stéphane Travert, ont passé une partie de la matinée dans l’établissement haut-rhinois pour vanter les mérites de l’apprentissage et des métiers de l’agriculture. La veille, le président de la République, Emmanuel Macron, promulguait la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » qui entend réformer le système de formation professionnelle initiale et continue ainsi que le fonctionnement de l’assurance chômage. Le timing était donc idéalement choisi par les deux représentants de l’État pour constater, de visu, les bienfaits qu’apporte l’apprentissage pour la formation, et le potentiel des métiers agricoles comme carrière professionnelle. « Il y a des tas de jeunes qui ne connaissent pas les métiers liés à l’agriculture et à l’apprentissage. L’emploi ne manque pourtant pas à la sortie avec un taux d’insertion de 90 % », révèle Muriel Pénicaud. Malgré cela, ces métiers peinent encore à attirer pleinement les jeunes générations. Pour cette rentrée 2018, 2 500 places sont encore vacantes dans les différentes formations agricoles dispensées sur le territoire national. « Nous avons pourtant là des formations d’excellence qui mènent à des métiers passionnants faisant aussi bien fonctionner le cerveau que les mains. Ce sont des métiers où l’on va de la fourche à la fourchette, en passant par l’ordinateur », poursuit Stéphane Travert. Un détail qui a son importance pour Muriel Pénicaud, soucieuse de « casser » cette image de métiers uniquement manuels. « En France, cela fait des décennies qu’on croit que la tête et la main ne vont pas ensemble. Ici vous prouvez au quotidien que théorie et pratique savent très bien s’associer. » Petit à petit, cette vision arrive néanmoins à prendre son essor dans la population française comme le souligne la ministre du Travail : « Depuis un an, on constate un élan vers la filière de l’apprentissage avec 45 % de demandes en plus pour aller dans cette voie à la sortie de la troisième. C’est une première. » Au cours de leur visite dans le lycée, les deux ministres ont pu mesurer la motivation qui habitait les élèves, qu’ils soient en bac pro Vigne et Vin, en Conduite et gestion de l’exploitation agricole, ou en apprentissage en travaux d’aménagements paysagers. À sa grande surprise, Muriel Pénicaud a pu constater qu’une grande partie des élèves de chaque classe visitée n’était pas issue du monde agricole ou viticole. « Il y a un champ de possible très ouvert », fait remarquer son homologue du ministère de l’Agriculture. « Ce sont des métiers très divers et innovants. On n’est plus dans le schéma produire pour vendre en agriculture. Désormais, on raconte une histoire, celle d’un territoire ou d’un produit. Et surtout celle de l’excellence dont ont besoin nos filières agricoles, viticoles et horticoles. »

Muriel Pénicaud et Stéphane Travert au lycée agricole de Rouffach

Apprentissage et métiers de l’agriculture : des voies « d’excellence »

Vie professionnelle

Publié le 06/09/2018

Muriel Pénicaud : « Avec l'apprentissage, on peut viser l'excellence. »

 

Muriel Pénicaud : « Les métiers de l'agriculture et de la viticulture sont ouverts à tous. »

 

Muriel Pénicaud : « L'image de l'apprentissage est en train de changer. »

 

Muriel Pénicaud : « L'enseignement agricole a toujours été à la pointe de l'innovation. »

 

Stéphane Travert : « Il y a un intérêt croissant pour l'apprentissage dans le monde agricole. »

 

Stéphane Travert : « La formation agricole est la base d'une agriculture performante. »

Lancement de la mirabelle d’Alsace à Sigolsheim

Une précocité qui manque de couleurs

Cultures

Publié le 05/08/2018

La « saga des fruits d’été » en Alsace se poursuit. Après la cerise au mois de juillet, c’est au tour de la mirabelle de connaître son lancement officiel. Une première qui a eu lieu mardi à la SCEA Fruits Bernhard, à Sigolsheim. Une exploitation durement touchée par le gel et la grêle en 2017, et qui peut s’appuyer cette année sur une récolte de mirabelles plus qu’abondante. Dans le verger où les ouvriers travaillent d’arrache-pied depuis le début de la matinée, certaines branches plient l’échine sous le poids des fruits. Une bonne nouvelle pour Danielle Claudepierre et son mari, Yves, tant la récolte de fruits à noyaux est essentielle au résultat économique de leur entreprise. « Ce sont la quetsche et la mirabelle qui nous font vivre », explique-t-elle. Si l’abondance est bienvenue après une année de quasi-disette (80 % de la production avait été détruite en 2017), elle doit cependant être « calmée » pour assurer une production « stable » l’année d’après. « La mirabelle est une production qui alterne beaucoup. Des professionnels comme nous ne peuvent pas se le permettre. Du coup, on vibre l’arbre quand les mirabelles sont encore vertes, ou on effectue un éclaircissage chimique pour tempérer la production », détaille Yves Claudepierre. Cette année, ses arbres ont voulu se rattraper. Même en récoltant près de 15 t par jour, tout ne pourra pas être cueilli. « Ça va être compliqué de faire un deuxième passage sachant que la quetsche arrive rapidement derrière. On a qu’une seule machine pour récolter et c’est un travail qui prend du temps. Si c’est pour que ça aille en distillation, c’est dommage. Mais entre les oiseaux et les cyclistes, il ne restera plus grand-chose sur les arbres au final », estime-t-il.

Du sucre mais pas assez de couleur

Ses équipes ont démarré le travail de récolte en début de semaine. Elle devrait durer trois semaines environ. Le pic est attendu entre le 5 et le 15 août. « C’est la première fois que la saison démarre aussi tôt en Alsace », fait remarquer le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert. La chaleur et le fort ensoleillement ont bien évidemment favorisé cette situation. Autre point positif de cet épisode caniculaire : l’absence de pourriture et des taux de sucre élevés. Mais chaque médaille à son revers. Outre le fait que ces fortes chaleurs obligent Yves et Danielle Claudepierre à mettre en place des équipes de nuit, le manque d’amplitude thermique retarde le processus de maturité. « Les mirabelles ont tendance à rester vertes au lieu de se colorer. C’est le point faible de la récolte », développe Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Concrètement, pour une journée à 30 °C, il faudrait que la température nocturne soit comprise entre 12 et 14 °C pour que l’amplitude thermique soit correcte. Ce qui, au vu des dernières prévisions météos, ne semble pas se profiler dans les prochains jours.

Une production « pro » qui pourrait dépasser les 1 000 t

Si la ferme Bernhard va pouvoir faire le plein de mirabelles cette année, cela ne sera pas le cas de tous les autres producteurs alsaciens. En effet, cette campagne va se caractériser par des volumes inférieurs dans le Bas-Rhin, suite à une année 2017 record. Ce n’est que dans le sud de ce département et dans le Haut-Rhin, où les vergers étaient gelés à plus de 50 % l’an passé, que l’on devrait dépasser les optimums de récolte. Au total, les producteurs tablent sur une récolte de mirabelles qui pourrait dépasser les 1 000 t. Un chiffre prometteur puisqu’habituellement les professionnels ne récoltent « que » 800 t environ, soit un tiers de la production annuelle alsacienne totale. Le reste, soit 1 500 t en moyenne, est récolté dans des vergers familiaux. Cette production « amateur » alimente la vente directe aux consommateurs, ainsi que les nombreux marchés de l’industrie, comme les fruits au sirop, la surgélation, la pulpe et la distillerie. La filière professionnelle, quant à elle, s’est focalisée sur le marché du fruit de bouche à travers différents opérateurs dont une bonne part de grossistes locaux. Les mirabelles qui ne sont pas valorisées en fruits de bouche sont mises en marché principalement par deux opérateurs : les Jardins du Ried et la Prune Lorraine.

Afterwine avec Valère Roussel

Les (belles) facettes du pinot noir

Pratique

Publié le 03/08/2018

Lui, il aime bien voir l’Alsace en rouge. Maître sommelier et chef sommelier de l’Hôtel 4 étoiles - Restaurant et Spa La Source des Sens à Morsbronn-les-Bains, Valère Roussel croit fermement au potentiel des pinots noirs d’Alsace. « Il y a une demande folle autour de ces vins ! », révèle-t-il avec le dynamisme qui le caractérise. Raison de plus pour leur consacrer une dégustation spécifique dans la plus illustre des foires aux vins d’Alsace, celle de Colmar. Vendredi dernier, il a consacré une bonne partie de sa soirée à commenter différentes bouteilles « 100 % pinot noir » lors de l’Afterwine organisé dans l’espace congrès du Hall 1. Une quinzaine d’aficionados de bons vins s’étaient inscrits pour découvrir un peu plus ce cépage qui peine parfois à exister aux côtés des « stars » que sont le riesling, le gewurztraminer ou le pinot gris.

Des accords « majestueux » à faire

La dégustation a démarré avec des bulles avec un Blanc de Noir de la Maison Bott (Ribeauvillé) et un crémant rosé du domaine Hubert Metz, à Blienschwiller. « Commune qui compte un vigneron pour 45 habitants » tient à souligner Valère Roussel, jamais avare en anecdotes et morceaux de culture générale. Mais le plus important pour ce genre de manifestation reste l’échange avec les participants. « Tout le monde a ressenti. C’est très passionnant je trouve », révèle-t-il. D’ailleurs, que pensent les uns et les autres de l’accord qu’on pourrait créer avec ces crémants « pinot noir ». « Faites-moi saliver avec un ou deux plats ! » demande le sommelier. Un jeune homme se lance : « Je mangerais bien un carpaccio de saumon avec. » Un autre prend le relais : « Pour ma part, une bonne tartine de pain paysan avec du chèvre frais. » Après cet amuse-bouche, place au pinot noir rosé 2017 de la Cave de Turckheim. « C’est chez eux que j’ai fait mon premier gros achat », se souvient le maître sommelier. Aujourd’hui, il est un peu désabusé quand il entend des personnes lui dire : « le pinot noir rosé, on n’en veut pas. » « Pourtant, on peut faire des accords majestueux avec ce vin qui respire la jeunesse et la fraîcheur. Pour ma part, j’en sers régulièrement au restaurant. » Dans l’assemblée, une participante propose une tranche de thon « bien grillé ». Un autre mangerait volontiers une « vraie » salade niçoise. Des plats qui sentent le soleil.

« Vive la capsule et le liège ! »

Puis vient le moment que nombreux attendent : la dégustation des « vrais » rouges. Cela commence par un pinot noir 2016 du Domaine Paul Blanck, à Kientzheim. La discussion digresse sur les bouchons. « Vous en pensez quoi vous de la capsule sur les bouteilles de vin ? », interroge un participant manifestement assez aguerri en matières de connaissances viniques. Du tac au tac, Valère Roussel répond : « J’en demande et j’en redemande ! Il n’y a qu’en France qu’on se pose autant de questions autour de ça. À l’étranger, cela ne pose pas de problème. Je pense que c’est un souci d’ordre culturel. Chez nous, si on n’entend pas le « poc » quand on ouvre la bouteille, cela ne va pas. Le problème est que le bouchon en plastique peut changer le goût du vin. J’ai déjà pu le constater sur de grandes bouteilles. Alors, pour ma part, vive le liège et vive la capsule ! » Viennent aussi un pinot noir « Rahan » 2014 du domaine Pfister, à Dahlenheim, et un pinot noir « Nature K » 2016 de la maison Boeckel, à Mittelbergheim. L’occasion d’aborder la particularité des vins naturels, conçus sans sulfites, qui peuvent un peu surprendre le palais inexpérimenté. « Pourtant, là aussi on trouve des vins de grande tenue », confie la maître sommelier. Un vin que certains dans la salle verraient bien avec une bonne poitrine de porc confite ou une omelette aux champignons. La dégustation se termine enfin par un pinot noir « V » 2016 du Muré Clos Saint-Landelin. Un vin issu du terroir grand cru Vorbourg qui prouve que le rouge sait aussi se faire une place parmi les « grands ». Preuve de la qualité du produit, chaque acheteur n’a le droit de repartir qu’avec deux bouteilles. « Et encore, vous n’êtes pas dans le clos Saint-Landelin et ce n’est pas la grande cuvée », ajoute ce fervent défenseur d’une Alsace qui peut aussi être belle en rouge.

Pressoir vertical Bucher Vaslin sur le stand Beyler

Une qualité de jus « incomparable »

Technique

Publié le 01/08/2018

Avec sa couleur rappelant la robe des vins rouges et son gabarit imposant, il est difficile pour le visiteur du Parc Agricole de faire l’impasse sur le nouveau pressoir vertical Bucher Vaslin exposé devant le stand des établissements Beyler. Conçu au départ pour les vins rouges - il est utilisé par de nombreux producteurs du Bordelais et de Bourgogne - ce pressoir à quatre vérins a démontré d’excellents résultats avec des cépages blancs comme le viognier, le chardonnay, le pinot gris ou le riesling. Il s’est également montré performant pour la production de vins liquoreux. « Du coup, on s’est dit qu’on pourrait commercialiser en Alsace ce pressoir qui offre une qualité de jus qu’on ne retrouve pas sur un pressoir pneumatique », explique Maxime Walter, commercial chez Beyler. Ce pressoir vertical constitue le « très haut de gamme » du catalogue de Bucher Vaslin. La raison est simple : un système de pressurage qui fonctionne aussi bien verticalement qu’horizontalement, de « 45 minutes à indéfiniment ». « Il n’y a pas de rebechage. On ne mixe pas les marcs. Du coup, on ne crée aucune bourbe excessive », développe le responsable commercial export de Bucher Vaslin, Guillaume Peyvel. Une fois pressés, les marcs peuvent être récupérés facilement au-dessous pour être repressés à nouveau. Un processus qui demande évidemment d’avoir un peu de temps à y consacrer. « L’idée est de ne retirer que le meilleur des raisins. Avec ce pressoir, il faut que le producteur souhaite obtenir le must en termes de jus », tient à préciser Guillaume Peyvel. Avec ce pressoir vertical, qui se décline en trois tailles (cinq, douze et vingt hectolitres), Bucher Vaslin n’a fait qu’améliorer le système qui était utilisé autrefois. Sauf que, désormais, tout est automatisable, facilement nettoyable et utilisable. « Avant, il fallait cinq personnes pour faire tourner un pressoir comme celui-là. Désormais, un seul opérateur suffit. » Pour l’instant, aucun exemplaire n’est utilisé en Alsace. Le modèle présenté à la Foire aux Vins est une exclusivité des établissements Beyler. Et il interpelle. « Beaucoup de gens s’arrêtent pour en savoir plus. On a établi quelques contacts. On espère que cela aboutira avant la fin de la foire », ajoute Maxime Walter.

Alsagri

Un nouveau commercial pour le travail du sol et la fenaison

Technique

Publié le 01/08/2018

Présente depuis cinq ans à la Foire aux vins de Colmar, la concession Alsagri, située à Hilsenheim, vient de diversifier son activité et propose désormais une gamme complète pour le travail du sol agricole et la fenaison. Une évolution qui s’accompagne de l’arrivée de Roger Freyther au poste de commercial. Arrivé au mois de mars, ce dernier connaît bien cette partie du machinisme agricole pour avoir travaillé pendant cinq ans chez Vogel & Noot en tant qu’inspecteur commercial de Calais à Lyon. « Il vient chez nous avec toute son expérience et une grande base clients existante. C’est un vrai plus pour notre entreprise », se félicite le patron d’Alsagri, Jean-Marie Schmitt. Pour Roger Freyther, c’est le côté « familial » d’Alsagri qui l’a motivé à accepter cette nouvelle proposition d’emploi. « Ici, on peut discuter quand il y a souci, ça m’a plu. » Le matériel de travail du sol a toujours été son « dada » comme il le souligne. Une qualité évidente aux yeux de Jean-Marie Schmitt qui souhaite conquérir de nouveaux clients grâce à cette diversification d’activité articulée autour des marques Pöttinger, Pom, et RM pour la partie irrigation. Cette dernière activité restant le « fer de lance » de la concession d’Hilsenheim. « On a déjà beaucoup de demandes pour du matériel de travail du sol », se satisfait Jean-Marie Schmitt. Reste maintenant à profiter des derniers jours de la Foire aux vins de Colmar pour prendre contact avec de potentiels nouveaux clients.

Concession Techniques Agricoles Muller C.

Deux tracteurs polyvalents à découvrir

Technique

Publié le 01/08/2018

Le Deutz-Fahr 6120 TTV est la déclinaison quatre cylindres des « gros » modèles de la série 6 du constructeur allemand. À part une cabine plus petite et un moteur un peu moins rutilant (de 120 à 140 chevaux), ce 6120 TTV conserve tous les atouts de ses grands frères : le nouveau pont avant suspendu, le relevage avant intégré, un radiateur entièrement en alu qui s’ouvre en portefeuille, le contrôle de profondeur à l’arrière, le tableau de bord numérique ainsi que la poignée de commande MaxCom, réputée pour être l’une des plus ergonomiques sur ce type de machine. « Tout est sous le pouce : le relevage avant, le relevage arrière, le distributeur, la vitesse d’avancement, l’inversion, le réglage des vitesses », détaille Fabien Gsell, commercial de la concession. Ce 6120 TTV est présenté comme le tracteur « à tout faire » par excellence : épandage, pulvérisation, semis… Des démonstrations sont prévues dans les prochains mois. Une bonne occasion d’évaluer les qualités de ce tracteur compact et très maniable.

Un système de roues breveté chez Holder

Plus petit, mais tout aussi efficace dans son registre, le tracteur C270 de Holder se présente comme une sorte de couteau suisse pour les vignerons et les agents communaux. Il bénéficie d’un moteur Kubota de 65 chevaux, d’un gabarit compact (1 m18 de largeur, roues comprises), d’une prise de force mécanique avant qui permet de transmettre plus de 90 % de la puissance moteur, de deux pompes de 70 et 35 l capables d’entraîner « tous les équipements disponibles sur le marché », de trois modes de conduite « souples et ergonomiques », et d’un poste frontal qui offre une excellente visibilité sur le travail fait à l’avant. Il se distingue surtout par deux éléments essentiels : son système breveté de répartition homogène des quatre roues et la présence de trois espaces d’attelage. « Il peut gravir sans problème des pentes de plus de 40 % », explique Nicolas Walter, responsable commercial France et Luxembourg chez Holder. Les trois postes d’attelage permettent de multiples configurations, tant pour le travail dans les vignes que pour le travail communal. « À l’arrière par exemple, on peut y mettre une cuve de 500 litres ou un outil de désherbage à eau chaude. On peut également ajouter un relevage arrière et bien sûr à l’outil à l’avant. Grâce à ce porteur, on réussit à valoriser la main-d’œuvre de qualité. Il faut quand même être compétent pour piloter trois outils à la fois », souligne le responsable commercial d’Holder.

Grai Imprimeur

« On veut premiumiser les étiquettes »

Technique

Publié le 01/08/2018

Bon à l’intérieur, beau à l’extérieur. C’est avec cette philosophie que l’entreprise Grai imagine quotidiennement les nouvelles étiquettes qui iront habiller les bouteilles de vins alsaciens. Le but, comme l’explique le patron de cette société basée à Colmar, Denis Weymann, est « d’accompagner la montée en gamme » des vins d’Alsace. « L’étiquette n’est plus seulement un élément informatif comme avant. Il faut qu’elle soit aussi en mesure de faire passer un sentiment, une image, une impression. Elle doit être premium, comme le liquide qu’elle présente. »

Faire plus « noble » ou plus attractif est le fruit d’un savant équilibre à trouver. Bref, savoir faire mieux et plus sans en faire trop. Un exercice qui demande bien évidemment une grande dose de créativité, celle-ci pouvant s’exprimer à l’envi avec l’arrivée permanente de nouvelles matières, de nouvelles technologies d’impression ou de nouveaux papiers. Du pain béni pour l’équipe créative de Grai. « Aujourd’hui, on ne met plus de la simple dorure comme il y a vingt ans. On crée des effets de relief, de structure, de galbé. On utilise des papiers plus qualitatifs qui donnent une impression de terroir, de valeur ou de nature. » Dernier exemple en date relaté dans notre édition du 27 juillet, l’impression céramique utilisée par l’agence Claire D pour la confection des nouvelles étiquettes de la gamme Grands Crus de la Cave de Turckheim. « En fait, on mixe tous les éléments qu’on a à notre disposition pour arriver à l’effet escompté. Et quand quelque chose n’existe pas, on travaille dessus jusqu’au moment où on trouve la solution. »

En interne, Grai dispose de deux personnes à temps plein pour la création de nouvelles étiquettes. Quand le client vient à leur rencontre, elles analysent le contexte du professionnel et les objectifs qu’il souhaite atteindre. Si certaines commandes exceptionnelles peuvent être réalisées rapidement, il faut en moyenne trois mois à Grai pour élaborer une étiquette qui corresponde aux attentes formulées. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui motive Grai à être présent chaque année à la foire aux vins. « Les viticulteurs sont un peu plus disponibles, les vendanges n’ont pas encore commencé. Pour ceux qui voudraient lancer une nouvelle cuvée en début d’année suivante, c’est un moment idéal pour une première prise de contact », constate Denis Weymann.

L'ennoblissement des étiquettes n’est pas qu’un simple effet de mode, mais bel et bien un mouvement de fond à ses yeux. « Il y a déjà eu une première évolution avec l’utilisation grandissante des étiquettes adhésives, plus qualitatives, au détriment des étiquettes sèches. D’ailleurs, ces dernières ne sont plus les bienvenues dans les pays anglo-saxons. Plus localement, on voit bien aussi qu’on fait de moins en moins d’étiquettes basiques. La grande tendance, c’est d’aller vers plus de beau. » Avec un esprit créatif, les possibilités sont quasi infinies. De toute manière, Grai n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Elle a sous le coude d’autres projets en matière d’étiquettes, dont certaines prévues pour des vins « très, très haut de gamme ».

Dispositif RSA Vendangeurs Cueilleurs

Un dispositif « gagnant-gagnant »

Vigne

Publié le 30/07/2018

Désireux de favoriser le retour à l’emploi des plus démunis, le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) a pris, début juillet, une mesure exceptionnelle et expérimentale qui permet aux bénéficiaires du RSA de cumuler la totalité de leur allocation avec un emploi rémunéré de vendangeur ou de cueilleur de fruit. « L’idée est de lever les freins financiers et administratifs habituels pour que, d’un côté, ces personnes puissent remettre le pied à l’étrier de l’emploi, et que, de l’autre côté, les viticulteurs et agriculteurs disposent d’une main-d’œuvre de plus en plus difficile à trouver pour ces travaux saisonniers. Nous ne pouvons pas changer le mode de calcul du RSA, qui est décidé au niveau de l’État, mais nous agissons de façon pragmatique, en toute légalité », explique la présidente du CD 68, Brigitte Klinkert. Cette disposition a pu voir le jour grâce à un partenariat étroit avec la Caisse d’allocations familiales (Caf), Pôle Emploi, la Mutualité sociale agricole (MSA) et l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava). Ces trois derniers organismes collaborent déjà depuis 24 ans autour de la Cellule Alsace Vendanges, qui collecte les offres des viticulteurs et les met à disposition des demandeurs, quels qu’ils soient. Malgré cela, les professionnels déplorent toujours la difficulté à trouver de la main-d’œuvre pour ces travaux qui ne durent qu’une petite centaine d’heures réparties sur trois ou quatre semaines. « Depuis la fin des années 1990, la philosophie a changé. Avant, les gens venaient majoritairement faire les vendanges par plaisir. Aujourd’hui, c’est davantage le salaire qui intéresse », témoigne Julien Gsell, viticulteur à Orschwihr. Avec ce nouveau dispositif, applicable dès les prochaines vendanges, ils garderont la totalité de leurs droits RSA. Celui-ci ne peut néanmoins pas être généralisé à l’ensemble des professions, rappelle Brigitte Klinkert. « Il reste expérimental. On ne peut que le faire sur une durée donnée et avec un objectif précis. Les contrats courts proposés pour les vendanges ou la cueillette s’y prêtent bien. » L’idée est également d’attirer une main-d’œuvre locale, plus à même de répondre aux conditions particulières des vendanges. « Le travail est morcelé sur plusieurs semaines. Si on fait venir du personnel d’ailleurs, il y a le problème de l’hébergement qui rentre en ligne de compte. Avec une main-d’œuvre locale, on a plus de souplesse », ajoute le vice-président de l’Ava, Jean-Luc Galliath, qui précise aussi que « les vendanges restent un excellent moyen pour recruter des salariés pour les travaux qui ont lieu plus tard dans la saison. » Afin de trouver la ou les perle (s) rare (s), Pôle Emploi a créé un site internet qui facilite la mise en relation entre l’employeur et le candidat. Baptisée « Maintenant », cette plateforme ne demande pas de CV, et n’intègre aucun intermédiaire. En quelques clics à peine, chaque parti peut aboutir à un accord… « gagnant-gagnant », évidemment.

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