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Nicolas Bernard

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Nicolas Gollentz à Osenbach

« C’est l’occasion d’apprendre des choses sur la génétique »

Élevage

Publié le 26/10/2018

À 18 ans, Nicolas Gollentz s’apprête à vivre son deuxième concours départemental de Habsheim. Ce jeune éleveur d’Osenbach, fan de génétique, se prépare actuellement à son futur métier d’agriculteur à travers le BTSA ACSE (Analyse, Conduite et Stratégie de l’Entreprise Agricole) qu’il suit au lycée agricole de Fontaines, en Bourgogne. Voilà plusieurs semaines qu’il profite de ses week-ends pour préparer Nanouchka, sa génisse de 16 mois inscrite au concours prim’holstein. Pendant la semaine où il est à l’école, c’est son père qui la sort et qui s’en occupe. Comme bon nombre de ses confrères du même âge qui vont participer à la foire Simon et Jude, Nicolas baigne dans le monde de l’élevage depuis sa tendre enfance. Le métier a beau rencontrer son lot de difficultés depuis plusieurs années, cela n’a pas été un frein pour lui au moment de choisir sa carrière professionnelle. « Quand on est passionné comme je le suis, ce ne sont pas les complications qui existent qui vont nous arrêter », résume-t-il simplement. C’est cette passion qui l’a incité à venir se confronter avec d’autres éleveurs sur le ring de Habsheim. « C’est juste un rendez-vous indispensable pour tous les gens de notre métier. Pour un jeune comme moi, c’est l’occasion d’apprendre des choses sur la génétique, et d’obtenir des conseils pour se perfectionner au mieux. Et puis on valorise l’exploitation. » Chose que Nicolas a réussie avec brio en 2017 pour sa première participation à Habsheim : deuxième au concours de jeune présentateur et premier de section avec sa génisse Medeline dans la catégorie « femelles non vêlées ». « Je ne m’attendais vraiment pas à un tel résultat. C’était une belle surprise. J’ai eu la chance d’avoir une génisse qui avait bien plu. » Et même si les premiers instants sur le ring étaient « stressants », Nicolas ne retire que du positif de cette première expérience. « Franchement, une fois qu’on est sur le ring, c’est vraiment passionnant. » Pour autant, ce premier succès est bien loin de lui monter à la tête. Très humble, il sait qu’il a encore beaucoup à apprendre en matière de génétique bovine. « C’est bien pour ça que j’y retourne cette année. Mon objectif n’est pas de gagner à tout prix de toute façon. Participer à nouveau à cet évènement entouré de différents éleveurs me suffit amplement. » Bien sûr, avoir le même résultat que l’an passé serait évidemment une « joie en plus » pour Nicolas. Mais cela ne serait finalement qu’une petite cerise sur un gâteau bien garni en passion pour les bovins, la génétique et le monde de l’élevage. Un univers qu’il compte d’ailleurs explorer le plus possible avant de s’installer à son compte. « Après mon BTS, je veux aller voir d’autres fermes pour voir comment cela se passe ailleurs. Pourquoi pas aller à l’étranger pendant quelques mois. Il y a tellement de choses à découvrir, à apprendre et à comprendre. »

Des burgers frites « fermiers » sous le chapiteau

Une « belle aventure humaine »

Élevage

Publié le 26/10/2018

Venir au concours d’élevage de Habsheim, ce n’est pas juste assister à des « duels » bovins. Il y a l’ambiance : chaleureuse, conviviale, parfois électrique. Il y a le « background » : la traite, la tonte, et le nourrissage des animaux. Il y a les exposants qu’ils soient vendeurs de tracteurs, ou partenaires gravitant autour du monde agricole. Bref, un véritable patchwork du monde paysan qui va s’enrichir cette année avec un stand de burgers 100 % fermiers. Imaginé par Christophe Rué, éleveur à Osenbach, en lien avec d’autres membres du réseau Bienvenue à la Ferme, cet espace de restauration « fermier » avait été expérimenté une première fois lors de la confrontation européenne de Colmar en 2016. « C’était une autre manière de communiquer sur notre métier », se rappelle-t-il. L’idée émerge alors de rééditer l’expérience lors de la foire Simon et Jude de 2017, un « coup d’essai » pour évaluer le potentiel lors de cette manifestation. « On a vendu 400 burgers frites au total et on n’avait plus de steaks hachés le lundi. » Cet engouement manifeste pour ces burgers fermiers l’incite à renouveler l’expérience cette année avec toujours le même objectif : proposer un produit de qualité qui soit le reflet des savoir-faire agricoles locaux. Les frites viennent de chez José Pflieger, à Spechbach-le-Bas, le bargkass de chez Claude Schoeffel, à Fellering, la viande de l’exploitation de Christophe Rué. Pour le pain, il a fait appel à un boulanger avec qui il a l’habitude de travailler. « C’est du pain frais artisanal. Je pourrais aller en acheter à Métro pour moins cher, mais c’est clairement le début de la fin si on commence à faire ça. Je tiens à vendre un produit fermier authentique », justifie-t-il. Cela passe aussi par un « vrai » steak haché de 180 grammes, « pas les trucs aplatis du Mac Do ». Mais encore faut-il savoir la préparer correctement. Pour cela, Christophe Rué va s’appuyer sur deux personnes de confiance afin d’assurer la réussite de cet espace burger frites. « Lancer des initiatives, c’est bien. Mais il faut du professionnalisme avec. Sinon, cela ne sert à rien. » Son épouse, ses enfants, son frère et des bouchers l’accompagneront durant ces deux jours pour « assurer » à ses côtés.

« Il faut soutenir cette manifestation »

Si ce stand de burgers fermiers peut aujourd’hui prendre place sous le chapiteau du concours, c’est parce que la Chambre d'agriculture et les organisateurs se sont montrés « très réceptifs » à cette idée. « C’est une belle aventure humaine qui prouve qu’on peut trouver une belle synergie qui profite à tout le monde. C’est important de ramener des nouveautés dans une manifestation comme celle-là. Je pense que le réseau Bienvenue à la ferme a clairement une carte à jouer », estime Christophe Rué. En achetant ces burgers durant la foire Simon et Jude, les clients ne consommeront pas qu’un produit, ils feront un « acte citoyen ». En effet, 25 % des recettes seront reversées aux organisateurs du concours. « Comme partout, les moyens financiers se réduisent. Pour qu’une manifestation comme celle-là puisse continuer à exister, il faut la soutenir. C’est une petite goutte d’eau que j’apporte. Mais si tout le monde agricole se tient la main, on peut faire de belles choses », témoigne un Christophe Rué très attaché aux valeurs de solidarité et d’authenticité du monde paysan. Lui-même organise souvent des portes ouvertes sur son exploitation. Une « fête populaire » comme il aime à le rappeler qui n’attire pas moins de 1 000 personnes à chaque fois. Balades dans les pâturages, bar à lait, traite des visites, musiques guinguette, à chaque fois, la ferme Rué fait découvrir de mille et une façons le métier d’éleveur. Une nécessité à ses yeux. « Il faut cultiver cette ambiance et vulgariser notre métier. Il faut rappeler aux gens qu’ils ont besoin des paysans, comme les paysans ont besoin de tout le monde. C’est une communauté que nous devons faire vivre ensemble. » Une communauté à laquelle Christophe Rué souhaite associer d’autres producteurs. « À côté des burgers frites, on va ajouter un marché fermier. C’est quelque chose qu’il faut lancer et qui va dans le bon sens je trouve. »

Sécheresse et manque de fourrages

Les céréaliers alsaciens au chevet des éleveurs du Doubs

Vie professionnelle

Publié le 24/10/2018

« Quand il le faut, l’agriculture sait répondre présente. Elle le démontre aujourd’hui. » Face à la presse, le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass, résume en quelques mots l’action de solidarité réalisée aux côtés de la FDSEA du Bas-Rhin pour venir en aide à des éleveurs du Doubs victimes d’une sécheresse qui n’en finit plus. Tout part d’une discussion il y a quinze jours, à Paris, entre le vice-président de la FDSEA du Doubs, Christophe Chambon, et le secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin, Gérard Lorber. « Il m’a fait part des difficultés extrêmes que rencontraient leurs éleveurs, liées au manque de fourrage. De là est née l’idée de monter une action pour leur venir en aide », explique le responsable syndical bas-rhinois. En à peine dix jours, tout se met en place, le temps d’identifier les fermes les plus en détresse et de prendre contact avec des céréaliers alsaciens prêts à mettre à disposition gracieusement leurs cannes de maïs. « Ce n’est pas facile de demander aux gens de donner gratuitement leur matière organique. Pourtant, ils l’ont fait », se félicite Denis Nass. Au total, près de 1 200 tonnes de paille de maïs ont été pressées, mises en meule et chargées par 150 céréaliers alsaciens à destination d’une soixantaine d’éleveurs doubistes. Ces ballotins de paille de maïs serviront au confort des animaux et remplaceront la paille de blé qui sera recyclée dans l'alimentation après avoir été mélangée avec de la mélasse.

L’inquiétante décapitalisation des éleveurs

La situation est d’autant plus critique dans le Doubs que 97 % des agriculteurs de ce département sont des éleveurs, dont 70 % en AOP Comté où les pâturages sont obligatoires et le maïs ensilage proscrit pour l’alimentation des animaux. « Ce qui dingue, c’est que, habituellement, il y a des secteurs de notre département où l’on doit gérer les problèmes liés aux excès d’eau. Cette année, on n’a pas eu une goutte de pluie depuis début juillet. Et ça continue. C’est du jamais vu », souligne le vice-président de la FDSEA du Doubs, Éric Morel. En effet, même en 1976 et 2013, deux années de grande sécheresse, les précipitations avaient fini par arriver à l’automne. Cette année, toujours rien, alors que le mois de novembre approche à grands pas. Une situation qui inquiète grandement les responsables des FDSEA bas-rhinoises et haut-rhinoises, l’Alsace étant elle aussi touchée de plein fouet par ces problèmes de sécheresse. « Il y a des éleveurs qui décapitalisent. Mais pour vendre les animaux à qui ? Les autres éleveurs rencontrent les mêmes difficultés. Les vendre à l’abattoir ? Le marché de la viande commence à être saturé, sans compter qu’on vend là des animaux qui ne sont pas finis », déplore Denis Nass. Il fait également remarquer « qu’on parle tout le temps de bien-être animal. Encore faut-il pouvoir l’assurer. Aujourd’hui, ce sont les éleveurs en système herbager qui souffrent le plus. Il n’est pas normal que notre ministère de l’Agriculture n’apporte aucune réponse face à cette situation. On ne demande pas l’aumône, on souhaite juste que l’État soit là dans les moments difficiles. » Gérard Lorber enfonce le clou. « Le commissaire européen a mis en place un certain nombre de mesures pour permettre aux États membres de venir en aide aux agriculteurs les plus touchés par la sécheresse. En Allemagne, cela a été fait au début du mois d’août. En France, ça traîne. C’est inadmissible. »

400 tonnes pour les éleveurs d’Alsace Bossue

Mais le monde agricole alsacien n’a pas attendu le réveil des autorités pour faire face à cette situation inédite. Même si elles n’ont pas été médiatisées comme l’opération de solidarité avec le Doubs, des actions ont déjà été réalisées à destination d’éleveurs du Sundgau et de la montagne dans le Haut-Rhin. Dans le Bas-Rhin, les éleveurs d’Alsace Bossue, dont un tiers est en mode de production biologique, ont déjà pu récupérer des pailles de maïs venant de céréaliers du secteur de Brumath. « Ceux qui n’en ont pas eu assez vont pouvoir bénéficier de cette nouvelle action de solidarité », indique Véronique Klein, agricultrice bio à Ottwiller et vice-présidente de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Ainsi, 400 tonnes supplémentaires de cannes de maïs vont être données gracieusement à plusieurs éleveurs de ce secteur. Aussi efficaces soient-elles, ces actions de solidarité paysannes ne règlent pas la situation à long terme. Les dérèglements climatiques étant de plus en plus fréquents, il est probable qu’une telle situation de déficit hydrique se reproduise dans les années à venir. « Avec un prix de paille qu’on nous annonce à plus de 100 euros la tonne, cela ne va pas être possible. Il va falloir réfléchir à des solutions plus pérennes », estime Véronique Klein. L’une d’elles passera par une politique d’investissement « plus adaptée à la situation actuelle », considère Denis Nass. « Il faut permettre un stockage plus long de fourrage sans fiscalité. Ce serait déjà un bon début. »

Visite d’exploitations agricoles du Conseil départemental

Un soutien toujours aussi fort au monde agricole

Vie professionnelle

Publié le 17/10/2018

Présent depuis de nombreuses années auprès du monde agricole, par le biais des Gerplan notamment, le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) a ténu à réaffirmer cet engagement le jeudi 11 octobre avec la visite de deux exploitations aux profils différents : à l’EARL Herrscher à Andolsheim, en production laitière conventionnelle orientée filière longue, et à l’EARL Rolli à Bergheim, spécialisée en arboriculture biologique orientée majoritairement vers la vente directe. Une première pour Brigitte Klinkert en tant que présidente de la collectivité territoriale. Organisée par la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) en présence des députés Jacques Cattin et Eric Straumann, cette matinée a permis de faire le tour des sujets d’actualité qui préoccupent actuellement la profession. En premier lieu le manque d’eau à l’origine de la sécheresse actuelle qui met en difficulté bon nombre d’élevages dans le département. « On n’a jamais connu une situation comme celle-là. Habituellement, on a la pluie après la sécheresse d’été. Cette année, ce n’est pas le cas. On pensait qu’on pourrait se refaire avec des Cipan qu’on donnerait à nos animaux. Malheureusement, cela n’a pas poussé. Et contrairement aux grandes cultures, l’herbe n’est pas assurable. Ce qui fait que seul le système des calamités agricoles peut amener quelques subsides économiques. Et là encore, ce n’est gagné », déplore, en introduction de cette matinée, Laurent Wendlinger, le président de la CAA. Mais quand certains manquent d’eau, d’autres en subissent parfois les excès dévastateurs. Cela a été le cas de la ferme Rolli depuis sa création en 1967 : inondation centennale en 1982, inondation des vergers en 1996, inondation en 2016 qui provoque une perte de 70 % de la récolte, et encore une inondation cette année sur la moitié de la surface de maïs. « Tout cela nous a poussés au fil du temps à faire des choix stratégiques. Aujourd’hui, malheureusement, de plus en plus de parcelles sont à l’abandon dans ce secteur. On espère maintenant que les travaux qui sont en cours actuellement sur la route de Marckolsheim en aval permettront d’accélérer la décrue en période d’inondation », explique Marc Rolli. Sur ce point, Brigitte Klinkert souligne que le Département est présent et continuera à l’être auprès des communes victimes de dégâts suite à des intempéries. Le 22 juin, la collectivité a débloqué un fonds de secours exceptionnel de 2,1 millions d’euros pour venir en aide aux villes et villages touchés par des coulées de boues ou des inondations.

« La meilleure assurance, c’est ce qu’on a dans les granges »

Laurent Wendlinger rappelle que ce sont les agriculteurs qui ont fait l’effort de remettre de l’herbe sur leurs surfaces qui font face aujourd’hui à des difficultés économiques. Il réclame des réponses « structurelles et conjoncturelles. » « Ça serait par exemple un non-sens de faire des sursemis de prairies alors qu’il ne pleut pas. Ça serait juste de l’argent gaspillé. Il faudrait peut-être reporter cette opération au printemps prochain. » Pour rappel, le conseil général du Haut-Rhin avait financé une action similaire en 2004 suite à la sécheresse de 2003 et ce, à la demande des organisations professionnelles agricoles. Si le Département dispose aujourd’hui d’un champ restreint pour soutenir l’agriculture (voir encadré), ce n’est pas le cas des autres organismes qui gravitent autour du monde agricole. Laurent Wendlinger leur lance un appel : « Il va falloir accompagner les agriculteurs au niveau économique. Il faut reporter les échéances, comme ce qui a été fait pendant la dernière crise. Des mesures doivent être mises en place cet automne et cet hiver pour que le maximum d’exploitants puissent passer cette situation difficile. » Sur le plus long terme en revanche, et face aux aléas climatiques de plus en plus fréquents et violents, des changements doivent être opérés selon lui sur un plan plus structurel. « La meilleure assurance, c’est ce qu’on a dans les granges. À l’avenir, les éleveurs vont devoir prendre conscience qu’il faudra quinze mois de stockage, et non plus douze. On arriverait plus facilement à passer le cap en cas de manque de fourrage comme c’est le cas cette année. Bien sûr, il y a encore des problèmes à régler au niveau national avec la fiscalisation des stocks. En parallèle, il faudra accompagner un plan de financement pour qu’il y ait plus de silos et plus de bâtiments. Oui, il y a un plan bâtiment, mais il n’est pas encore ouvert aux bâtiments de stockage », regrette-t-il.

L’irrigation, « pas un problème » dans le Haut-Rhin

Le partenariat « fort » entre la profession agricole et le Département sur la qualité de l’eau a été souligné. « Nous souhaitons que la totalité des agriculteurs s’engage dans la protection des zones de captage. Nous avons rencontré tous les vendeurs de produits phytos afin qu’il y ait une dynamique forte pour aller dans le bon sens, sans pour autant tomber dans l’excès. Comme les humains, les plantes ont aussi besoin d’être soignées. C’est pour cette raison qu’il faut continuer les programmes de recherche et d’innovation. » Sur ce sujet « phytos », David Herrscher considère que le soutien de la classe politique est « indispensable ». « Qu’on soit bio ou conventionnel, on utilise des phytos. Et si on n’en veut plus du tout, il faut changer de modèle de société et remettre des gens dans les champs. » À titre d’exemple, un rattrapage manuel pour la culture de la betterave serait de trente heures par hectare, et par an. Une filière qui souffre actuellement d’un effondrement mondial des prix depuis la fin des quotas. Cette année, le producteur se retrouve avec un prix de 24 euros la tonne brute contre 30 à 35 euros certaines années. Les charges, elles, sont bien sûr restées les mêmes. La situation est tendue « alors que nous sommes capables de produire de manière bien plus régulière qu’ailleurs grâce à l’irrigation » explique Denis Nass. Une pratique qui n’est d’ailleurs « pas un problème » dans le Haut-Rhin tient à souligner Brigitte Klinkert : « Le Département gère un réseau d’alimentation de la nappe qui met plus d’eau que ce qui est utilisé en agriculture. L’irrigation ne doit pas être vue négativement. »

Produits locaux dans les collèges : peut mieux faire

L’autre partenariat emblématique du Conseil départemental du Haut-Rhin - et de celui du Bas-Rhin - avec le monde agricole date de 2016 avec la création de la plateforme approalsace.fr qui permet aux collèges de faire leurs achats de produits locaux en ligne. Après deux ans de vie, Laurent Wendlinger en tire un bilan plutôt mitigé. « L’idée de base est louable, mais il faut améliorer le process. Un collègue utilisait cette plateforme pour vendre son fromage de chèvre. Mais le jour où le cuisinier l’achetait, il devait compenser le coût du produit en achetant des produits bas de gamme venant d’ailleurs. Du coup, plusieurs producteurs refusent de vendre parce qu’ils ne veulent pas que les enfants mangent moins bien au final à cause d’eux. Mais la réalité, c’est que des produits locaux de qualité, cela a un coût. Et là, nous entrons dans un débat philosophique. » Brigitte Klinkert abonde dans ce sens : « Un travail de fond dans être fait sur l’approvisionnement des cantines. Aujourd’hui, nous sommes environ à 20 % d’approvisionnement local dans nos collèges. On aimerait augmenter fortement cette proportion. Il faut arriver à déterminer le juste prix qui soit le même dans tous les établissements. » « Le souci est qu’il y a souvent plusieurs interlocuteurs », révèle le président des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin, Ange Loing. « Entre un cuisinier et un gestionnaire, les logiques ne sont pas nécessairement le mêmes. » Autre point soulevé par ce dernier : l’opération « Je mange bio et local, c’est génial » qui manque selon lui de « cohérence ». « Plutôt que de demander aux agriculteurs de produire trois fois plus pour cette journée, ça serait mieux d’avoir quelque chose de similaire, mais de manière plus étalée et régulière tout au long de l’année. »

Une agriculture productrice d’énergies « vertes »

Enfin, les responsables professionnels agricoles ont parlé énergies renouvelables avec la présidente du CD 68. Un dossier remis récemment sur le devant de la scène depuis que le désormais ex-secrétaire d’État à la Transition Écologique, Sébastien Lecornu, a confirmé l’appel d’offres de 300 mégawatts dans le département du Haut-Rhin. Le monde agricole a « beaucoup de projets » sous le coude confirme Laurent Wendlinger. Pour autant, rien n’est fait pour l’instant préviennent les responsables. « Le débat dans ce dossier est compliqué. Mais ce qui est clair, c’est qu’il n’y aura pas un hectare de libéré à Fessenheim si le monde agricole n’obtient aucune surface dans cet appel d’offres », prévient Denis Nass. « La profession jouera le jeu. Je pense qu’il peut y avoir un nouvel engouement autour du photovoltaïque. Mais il faut que les choses soient cadrées. Il ne faut pas d’une usine à gaz administrative », précise le président de la Chambre d'agriculture. La production d’énergies « vertes » passera également par la méthanisation, la possibilité d’une « belle complémentarité » entre les agriculteurs et les collectivités estime-t-il. Pour Brigitte Klinkert, la fermeture annoncée de la centrale nucléaire de Fessenheim est l’opportunité pour le Haut-Rhin de devenir le « premier territoire alimenté uniquement en énergies renouvelables ». « Et que ce soit pour vos projets de centrale photovoltaïque ou de méthanisation, sachez que nous resterons présents pour défendre vos intérêts auprès de l''État », conclut la présidente du CD 68.

Journée de sensibilisation de MSA Services Alsace

« Tout le monde devrait connaître le massage cardiaque »

Vie professionnelle

Publié le 11/10/2018

Un geste simple, qui sauve des vies, mais qui reste encore trop méconnu. Si 90 % de la population des pays scandinaves est formée au massage cardiaque et à l’utilisation d’un défibrillateur, la donne est loin d’être aussi satisfaisante en France. Si aucun chiffre officiel n’existe à l’heure actuelle pour quantifier le niveau de connaissances des habitants de notre pays concernant ces gestes de premiers secours, il est « clairement insuffisant », comme l’explique Guy Fuchs, médecin généraliste et sapeur-pompier au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) du Haut-Rhin. « Actuellement, en France, une personne sur vingt victimes d’un arrêt cardiaque subi est sauvée, souvent avec des séquelles. Dans les pays où au moins 20 % de la population est formée au massage cardiaque, c’est une personne sur trois qui est sauvée et sans séquelles. En nous formant massivement, nous pouvons atteindre cet objectif. » C’est dans cet esprit que le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) et le Sdis 68 ont entrepris depuis quelques années de former le plus grand nombre à ce geste accessible à tous. Ainsi, depuis cinq ans, tous les élèves de 6e du Haut-Rhin sont formés dans les collèges. « C’est un peu comme Tintin, c’est accessible de 7 à 77 ans, et même au-delà », s’amuse le docteur Fuchs.

C’est dans cet esprit que l’association MSA Services Alsace, en partenariat avec l’association Asform Alsace, a organisé vendredi 5 octobre sa première journée de sensibilisation sur le sujet dans ses locaux colmariens. « On a choisi cette thématique parce qu’il y a encore beaucoup de personnes qui meurent, alors qu’il suffirait souvent de la bonne réaction et des bons gestes pour éviter le pire », développe Séverine Haller, chargée de communication et de commercialisation chez MSA Services Alsace. Une soixantaine de salariés de la MSA d’Alsace ont pris part à cette première journée de sensibilisation qui faisait office de « test » pour les organisateurs. « Nous voulions déjà voir si la formule plaisait et fonctionnait bien. L’idée est ensuite de pouvoir former les adhérents de la MSA un peu partout en Alsace », poursuit Séverine Haller. Cette mini-formation se déroule en 30 minutes environ avec diffusion d’un petit film à la clé.

« Masser, masser, masser » sans s’arrêter

Après avoir répondu à un mini-questionnaire sur le cœur et son fonctionnement, les participants ont été pris en charge par le Dr Fuchs pour s’exercer à la pratique du massage cardiaque et l’utilisation d’un défibrillateur. Tout d’abord sur des mannequins classiques dédiés à ce type d’exercices, puis sur des… bouteilles en plastique. Nettoyées et vidées de tout leur contenu, ces dernières ont en effet la particularité d’apporter les mêmes sensations qu’un massage cardiaque réel, le bruit du plastique en plus. « À la maison, les gens n’ont pas de mannequin à disposition. Avec une bouteille, on peut s’entraîner et former des personnes autour de soi. Et plus de gens apprendront le massage cardiaque, plus on sauvera des vies », justifie Guy Fuchs. Avant de poursuivre : « On pourrait sauver cinq à sept fois plus de vies qu’aujourd’hui. Et derrière, les gens reprennent une vie normale, sans séquelles. »

Mais si le massage cardiaque est un geste finalement assez simple à pratiquer, il n’en demeure pas moins fatigant. En effet, en cas d’intervention sur une personne en situation d’arrêt cardiaque, il faut « masser, masser, masser » sans jamais s’arrêter afin d’assurer la circulation de l’oxygène jusqu’au cerveau. « C’est pour cela que si on est plusieurs à savoir le faire, on peut passer le relais au bout de trente massages. Et ce, jusqu’à l’arrivée des secours qu’il faut avoir prévenus au préalable », précise Guy Fuchs. Tout le monde peut être sujet à un massage cardiaque, du nourrisson à la personne âgée. La technique est toujours la même, sauf pour le nourrisson où les doigts doivent être utilisés au lieu des paumes des mains. Et pour ceux qui craindraient de casser des os avec la pression du massage, le Dr Fuchs est catégorique : « C’est vraiment très très rare que ce genre de choses arrive. Mais de toute façon, il ne faut jamais se poser de question. S’il y a un doute, il faut masser. Ne rien faire tue à coup sûr. Et je peux vous assurer que quelqu’un qui revient à lui après un arrêt cardiaque et qui continue sa vie, c’est un bonheur énorme. »

Avenir du territoire de Fessenheim

L’après nucléaire prend forme

Pratique

Publié le 10/10/2018

L’après nucléaire se précise de plus en plus à Fessenheim. Jeudi 4 octobre, le secrétaire d’État à la Transition Écologique, Sébastien Lecornu, a présidé la troisième réunion du comité de pilotage pour l’avenir du territoire de la commune. « Ma première visite concernait l’aspect social, la seconde, les relations franco-allemandes avec beaucoup de questions sur les infrastructures et le développement économique, et celle d’aujourd’hui vient entériner les aspects opérationnels du développement économique et la question de la fiscalité. » Quatre axes de travail ont été dressés par l’ensemble des acteurs (État, Région, Département, commune de Fessenheim, communauté de communes Pays Rhin Brisach, EDF, élus) de ce projet ambitieux : la création d’emplois et de valeur ajoutée dans le cadre de la reconversion économique du territoire, l’amélioration de la desserte du territoire et des mobilités, la création d’un territoire qui soit un modèle de transition énergétique, et un modèle d’innovation pour l’industrie et l’énergie du futur.

Un « fonds d’amorçage » de 10 millions d’euros

Pour mettre en œuvre ces différents objectifs, un « fonds d’amorçage » de dix millions d’euros sera disponible dès le mois de janvier prochain pour financer les premières actions. « Cette somme est prévue au projet de loi de finances (PLF) 2019. L’argent sera sous la main du délégué interministériel en charge du projet », explique Sébastien Lecornu. Autre « coup de pouce » financier, l’extension de la zone des aides à finalité régionale (AFR) au site de Fessenheim. Les entreprises qui s’installeront dans cette nouvelle zone AFR pourront bénéficier d’une subvention directe pouvant aller jusqu’à 15 000 € par emploi créé. Le Gouvernement a également inscrit au PLF 2019 une disposition permettant de maintenir les ressources fiscales de la communauté de communes Pays Rhin Brisach au moins jusqu’en 2023, et ce, malgré la fin d’exploitation de la centrale. « Cela lui permettra d’assurer l’investissement nécessaire pour le développement du territoire comme le demandent les élus locaux », poursuit le secrétaire d’État. Au-delà de 2023, le dispositif de compensation décroîtra et s’arrêtera au bout de dix ans. « Cela va représenter 30 M€ pour ce territoire. C’est la première fois qu’un tel mécanisme d’aide voit le jour. Il n’y a jamais eu de compensation fiscale pour la fermeture d’une centrale à fioul ou à charbon. Mais nous croyons énormément à ce projet de transition énergétique réussi. Et il ne pourra pas se faire sans la commune et la communauté de communes », précise-t-il.

Fermeture « irréversible » de la centrale

Pour accueillir les entreprises, l’État a identifié 200 ha de foncier disponible. Une première zone de 30 ha sera disponible dès le 1er janvier 2020. Mais au-delà du foncier, encore faut-il le rendre attractif. C’est pour cette raison que les collectivités impliquées dans le projet, en lien avec SNCF-réseau, ont finalisé le bouclage financier des travaux d’urgence de la desserte ferroviaire du port de Colmar. Une ligne actuellement dédiée au fret qui sera capable d’accueillir des voyageurs dans le futur sur la ligne Colmar-Fribourg, elle aussi étudiée des deux côtés du Rhin. La collaboration franco-allemande est d’ailleurs « au cœur » de projet de territoire estime le représentant de l’État. C’est pour cette raison que nos voisins d’outre-Rhin ont été intégrés à la Société d’Économie Mixte (SEM) d’étude qui sera l’outil de mise en œuvre du projet de territoire. Celle-ci sera créée en janvier 2019 et accueillera, côté français, outre les collectivités déjà présentes dans ces comités de pilotage, la Chambre de commerce et d'industrie, la Banque des Territoires et EDF qui « restera longtemps à Fessenheim pour le démantèlement de la centrale ». Une centrale qui, EPR de Flamanville ou pas, sera mise à l’arrêt définitivement avant la fin du quinquennat d’Emanuel Macron en 2022. En effet, EDF ne prépare pas la quatrième « visite décennale » - vaste opération de maintenance qui a lieu tous les dix ans - qui aurait dû avoir lieu en 2020 pour le premier réacteur et en 2022 pour le second. « La production devrait inévitablement s’arrêter avec ces échéances et ne reprendra pas derrière », prévient Sébastien Lecornu.

L’appel d’offres photovoltaïque confirmé

En revanche, de nouvelles productions d’énergie « verte » devraient voir le jour d’ici là dans le Haut-Rhin. Lors de ce troisième comité de pilotage, le secrétaire d’État à la Transition Écologique a confirmé l’appel d’offres sur le photovoltaïque dans le département. « C’est un effort sans précédent, du jamais vu. C’est la première fois en Europe qu’un appel d’offres est créé sur une zone géographique aussi petite. » Concrètement, ce sont 300 MW - soit un tiers d’une tranche nucléaire - de centrales photovoltaïques qui doivent être installées dans le Haut-Rhin dans les prochaines années, pour un total de 240 M€ en achat d’électricité. Trois périodes d’appels à candidature seront lancées, dont la première dès 2019 assure Sébastien Lecornu. « Je suis confiant sur la finalisation de ce projet. Les collectivités se sont mobilisées pour identifier le foncier disponible. » Il n’y a pas que le soleil qui sera mis à contribution dans cette production d’électricité « verte » post-nucléaire. Sébastien Lecornu a en effet annoncé sa volonté de relancer la concession hydroélectrique des lacs Blanc et Noir « après dénonciation par EDF et indemnisation des collectivités ». Il a aussi souligné que les projets de méthanisation « continuaient d’avancer » avec le monde agricole, en lien avec l’Ademe.

Jeu PHR-EAV-Groupama Grand Est-MSA-Chambre d’agriculture Alsace

Les artistes récompensés

Vie professionnelle

Publié le 29/09/2018

Les vainqueurs du concours de dessin de la Foire aux vins de Colmar ont reçu leurs prix à la Maison de l’agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine. Ils ont été accueillis par Sophie Schwendenmann, directrice du Paysan du Haut-Rhin et de L’Est Agricole et Viticole, entourée par Libertad Galli, Charlène Jouan et Stéphanie Rosenfelder, du service commercial, Stéphane Schneider, de Groupama Grand Est, Angélique Amm, de Colmar Expo, Julie Jochum, de la MSA d'Alsace et Yves Jauss, directeur adjoint de la Chambre d’agriculture d’Alsace.

Le concours destiné aux enfants jusqu’à 12 ans, organisé pour la 21e année consécutive, a rassemblé plus de 6 439 dessins depuis sa création. Cette année, le thème « Bien manger, bien bouger » a motivé les artistes qui ont rivalisé d’imagination entre collage, paillettes, montage pop-up et autres techniques.

61 dessins ont été déposés dans la catégorie des moins de 6 ans, 69 dans la catégorie des 7 à 9 ans et 42 dans la catégorie des 10 à 12 ans. Les trente meilleurs ont été retenus et ont été récompensés par tous les partenaires avec, pour tous les participants de moins de 6 ans, une boîte de loisirs créatifs, et pour ceux âgés de 7 à 12 ans, un diabolo. Les premiers de chaque catégorie (Aurélien Fischesser dans la catégorie des moins de 6 ans, David Bettinger dans la catégorie 7 à 9 ans et Elsa Fosty dans la catégorie 10 à 12 ans) sont repartis avec, en plus, un vélo. Contrairement aux années passées, il y a autant de filles que de garçons qui ont gagné le concours, soit 15 et 15 sur 30 gagnants.

Initiative

Le Tour de Gaule agricole d’Alexis

Vie professionnelle

Publié le 28/09/2018

« Ouais, faut supprimer tous les produits phytosanitaires de l’agriculture. Et je ne te parle même pas des élevages qu’il faudrait carrément interdire… » Depuis qu’il a démarré ses études d’ingénieur dans l’eau, l’énergie et l’environnement, Alexis Peulson entend beaucoup d’idées toutes faites sur le monde agricole de la part de ses collègues de classe. En tant que fils, petits-fils et frère d’agriculteur, cet étudiant de 22 ans à l’INP - Ense3 de Grenoble essaie tant bien que mal de leur apporter une vision un peu plus réaliste du métier, loin des clichés, parfois extrêmes, véhiculés par les médias mainstream. « Dans mon école, il y a pas mal d’étudiants avec un profil écolo qui tapent facilement sur l’agriculture. Quand je débats avec eux, cela ne va jamais très loin. Il leur manque pas mal d’informations techniques pour avoir un regard un peu plus objectif sur la situation. Certains me disent que la chimie n’a rien à faire dans l’agriculture sans prendre en compte le bilan carbone qui serait généré par une augmentation de la mécanisation. Il y a pourtant des ingénieurs agronomes qui font cinq ans d’étude et travaillent dans l’agriculture. Ce n’est pas rien. On ne peut pas juste critiquer comme ça. Je pense qu’il faut se renseigner pour pousser le débat un peu plus loin. »

Et quoi de mieux que d’aller à la rencontre de celles et ceux qui vivent l’agriculture au quotidien pour apporter des « preuves » de ce que l’on avance ? Quoi de mieux que d’aller recueillir les témoignages de ces paysans qui construisent chaque jour l’agriculture de demain, avec le respect de l’environnement en toile de fond, tout en assurant la viabilité économique de leurs exploitations ? C’est en partant de ces postulats qu’Alexis a décidé de se lancer un défi ambitieux : faire le tour de France à vélo pour aller rencontrer différents types de producteurs, de tous profils, afin de leur donner la parole. Connaître leurs solutions aux enjeux économiques et environnementaux, mais aussi les difficultés auxquelles ils doivent faire face chaque jour. « J’ai donc décidé de prendre une année sabbatique dans mes études pour réaliser ce projet. Je veux montrer au grand public ce qui se fait déjà. Et cela doit permettre aux gens comme moi qui souhaitent faire évoluer les choses de le faire correctement, avec toutes les informations, sans s’appuyer uniquement sur des idéologies », explique-t-il.

Un « porte-voix pour les gens qui vivent les problèmes »

Parti le 16 septembre de Bourgogne d’où il est originaire, Alexis a démarré son tour de France agricole à la ferme de Benjamin Lammert, à Ensisheim. « Il a un profil intéressant. Il a suivi des études agronomiques assez poussées, c’est quelqu’un qui communique beaucoup sur son métier, et il a un aspect énergétique très développé dans son exploitation », justifie l’étudiant de 22 ans. Lorsqu’il a été contacté par Alexis, Benjamin Lammert a tout de suite accepté de l’accueillir pendant trois jours. « C’est une super initiative qui utilise la bonne approche : donner un porte-voix aux gens qui vivent concrètement les problèmes. Dans mon cas, je vais lui parler des problématiques liées aux changements climatiques d’une part, mais aussi tout ce qu’on fait déjà pour réduire notre consommation d’énergie tout en augmentant la production. »

Comme Alexis, Benjamin Lammert ressent aussi au quotidien cette problématique de jugement vis-à-vis des agriculteurs. « C’est un métier qui pose question. Mais dès que je réussis à expliquer tout ce qu’on fait, les avis deviennent bien plus nuancés et favorables. Le problème se situe davantage au niveau politique où les décisions se prennent en ne tenant compte que de l’opinion générale et du vent médiatique. Il n’y a pas assez de profondeur ni de cohérence dans ce qui est véhiculé, alors que nous, agriculteurs, sommes au cœur de la cohérence du système », souligne l’agriculteur d’Ensisheim.

C’est bien ce que compte découvrir Alexis dans son périple qui doit durer quatre mois. À chaque étape, il a prévu de publier photos, textes et vidéos sur son blog et les divers réseaux sociaux (voir les liens en encadré). Un documentaire structuré regroupant toutes ses vidéos est également à l’étude à la fin de cette aventure qui doit l’emmener en Normandie, en Bretagne, dans les Landes, la région de Montpellier et la Drôme. Et après ? « Une carrière dans l’agriculture, c’est sûr ! Dans quel domaine exactement, je ne sais pas trop pour le moment. Avec ce tour de France, j’aurai l’occasion de voir plein de choses. Je me laisse des portes ouvertes. Ce qui est certain, c’est que je ferai un métier qui fera bouger les choses : soit les mentalités, soit le modèle agricole pour l’emmener vers quelque chose de plus écologique. »

Coopérative Agricole de Céréales

Le site d’Ottmarsheim « respecte les règles »

Vie professionnelle

Publié le 27/09/2018

« Tout ce que nous faisons ici est fait dans les règles et avec toutes les autorisations nécessaires. » Quelques jours après la parution d’un article dans la presse quotidienne régionale et sur le site reporterre.net pointant des risques d’explosion sur son site d’Ottmarsheim, la Coopérative Agricole de Céréales (CAC) a tenu à répondre officiellement aux accusations qui lui ont été portées. « C’est une information qui a semé le doute et le trouble parmi nos adhérents, salariés et chez les riverains », déplore son président Jean-Michel Habig. Après avoir « rassuré » le conseil municipal d’Ottmarsheim le jeudi 20 septembre au soir, les responsables de la CAC ont invité élus et parlementaires le vendredi 21 au matin avant de convier la presse à une visite « en toute transparence » des installations dans le courant de l’après-midi. « Oui, nous stockons de l’ammonitrate, mais uniquement de l’ammonitrate 27 qui est d’une moindre dangerosité par rapport à l’ammonitrate 33,5 (lire encadré). Oui c’est une matière sensible uniquement si elle est assemblée à d’autres matières. Et nous ne décidons pas de la norme. On nous donne une règle, on la respecte. La sécurité de nos salariés, des lieux et de l’environnement est, et a toujours été, notre priorité », explique Jean-Michel Habig. « C’est parce qu’on respecte ces règles, que nos installations sont conformes et qu’on maîtrise le processus que nous bénéficions d’une autorisation d’exploiter », ajoute Frédéric Schultz, le responsable du département Investissement, Maintenance, Qualité, Sécurité Environnement de la CAC.

Deux « non-conformités », cinq « observations »

Pourtant, selon des informations transmises par un inspecteur de Groupama à la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal), sous couvert du statut de lanceur d’alerte effectif depuis le 1er janvier 2018, cette plateforme de la CAC ferait courir un grave risque explosif pour l’ensemble du site industriel d’Ottmarsheim. Lors de son inspection des lieux en juillet 2017, le lanceur d’alerte dit avoir relevé dix non-conformités aux arrêtés préfectoraux et ministériels : « Absence de deux lances à incendies », « mise hors service volontaire de la détection incendie par l’exploitant », « absence d’évacuation des fumées », « stockage de l’engrais entraînant un très fort confinement par 4 murs en béton armé, une toiture en partie en béton armé et l’absence de système de désenfumage », « absence d’affichage », « absence d’une clôture d’une hauteur minimale de 2 mètres interdisant l’accès à l’établissement », « engin de manutention (chouleur) garé à moins de 5 mètres des dépôts d’ammonitrate », mais également « absence de toute formation incendie récente ou d’exercice », absence de « zonage ATEX [zone à risque d’explosion] » et de « document relatif à la protection contre le risque d’explosion relatif au stockage d’engrais ». Après avoir pris connaissance de ces informations, la Dreal entreprend une première inspection le 9 février pour vérifier les points mis en avant par le lanceur d’alerte. Ses conclusions, visibles dans le compte rendu consultable en préfecture - et non plus en ligne suite aux restrictions imposées par le plan Vigipirate en 2015 - ne révèlent que cinq observations nécessitant des « réponses complémentaires », et seulement deux non-conformités « nécessitant une action corrective ». Pour celles-ci, la préfecture du Haut-Rhin indique, dans un courrier rédigé le 13 juillet 2018 en réponse au lanceur d’alerte, que « l’exploitant a entrepris d’y remédier ; celles qui sont encore en suspens font l’objet d’un échéancier suivi par la Dreal. Certains travaux nécessitent en effet l’intervention d’entreprises extérieures ou d’études complémentaires. »

« Nous avons une obligation d’amélioration continue »

Le premier point de non-conformité relevé par la Dreal est relatif aux trappes de désenfumage qui ne sont pas ouvertes « en permanence ». La réalité est en fait un peu plus complexe que cela comme la responsable Qualité Sécurité Environnement (QSE) à la CAC : « Dès qu’on fait un déchargement d’engrais et qu’on le stocke, on ferme toutes les trappes par mesure de sécurité pour éviter qu’il n’y ait de mélanges justement. Et dès que ce travail est fait, on rouvre manuellement toutes les trappes. Sauf qu’on doit pouvoir assurer qu’elles resteront ouvertes une fois le chargement effectué. Du coup, nous réfléchissons actuellement à deux solutions pour remédier à ce problème : soit un système d’alerte sonore qui avertit l’employé que toutes les trappes ne sont pas ouvertes, soit une automatisation du système avec ouverture des trappes une fois que le chargement est terminé. Nous prévoyons la mise en œuvre de cette modification pour le début de l’année 2019, après la campagne de récolte. » Le deuxième point de non-conformité relevé par la Dreal est relatif à la « fermeture » des cases qui se fait actuellement avec des bastaings en bois et une bâche en plastique quand la case est pleine. « Lors de son inspection, la Dreal a constaté qu’il y avait des petites traces de calcaire sur certains bastaings, alors que l’engrais ne doit pas être au contact des cloisons ou façades bois. Du coup, nous étudions actuellement un autre composite de style inox ou un autre métal qui évitera d’amener de l’organique dans les engrais », détaille la responsable QSE. Ce système de fermeture n’est pourtant pas propre à la CAC comme le rappelle le directeur, Jean-Marc Schacherer. « En France, la grande majorité des installations agricoles de ce type ont des bastaings en bois. » Concernant les observations émises par la Dreal suite à ces différentes inspections (elle est encore venue à Ottmarsheim au mois de mai et au mois d’août), la CAC doit surtout apporter des justificatifs prouvant qu’elle respecte bien les normes en vigueur. Elle doit vérifier le débit des bornes incendie, prouver qu’un foyer puisse être attaqué simultanément - sous deux angles différents - par deux lances à incendie, vérifier la conformité électrique des installations et notamment le caractère de résistance IP55, justifier que la surface de la trappe de désenfumage correspond à 1 % de la surface totale de la case, vérifier les propriétés ignifuges de la charpente métallique et le respect du critère Broof 3 pour la toiture, améliorer le dispositif de cloisons mobiles et mettre en place des solutions compensatoires à ce dernier point. « Concrètement, la Dreal veut qu’on apporte à nouveau les preuves que tous nos systèmes sont opérationnels. Tout cela ne représente aucune difficulté », souligne Frédéric Schultz. Jean-Marc Schacherer complète : « C’est juste la vie d’une entreprise comme la nôtre. Des inspections ont lieu régulièrement, des remarques sont faites, nous en tenons compte et changeons ce qui doit l’être. De toute manière, il faut quand même savoir que nous sommes soumis à une autorisation classée, soumise par un arrêté préfectoral de 2015. Ce qui veut dire que non seulement nous avons une autorisation de fonctionner si on respecte les règles, mais en plus de ça, nous avons une obligation d’amélioration continue. »

Les « non-conformités » du lanceur d’alerte passées au crible

Mais si la Dreal n’a relevé que deux non-conformités et émis cinq observations, qu’en est-il des dix non-conformités soulevées par le lanceur d’alerte ? Pour la première relative à l’absence de lances incendie, la responsable QSE explique qu’au moment où cette observation a été faite, les lances étaient bien là mais servaient à la fois à la protection incendie, et à la fois pour le nettoyage. « Cela a été constaté en février par la Dreal et cela a été corrigé depuis puisque deux lances uniquement dédiées aux incendies ont été installées à la fin du mois d’août. » Concernant la « mise hors service volontaire de la détection incendie par l’exploitant », la responsable QSE explique qu’à cette époque, il y avait plusieurs travaux sur la tour. « On a été obligés de couper le système juste pendant cette courte période pour réaliser les travaux. Depuis, le système est bien actif et contrôlé. » Pour les points suivants indiquant une « absence d’évacuation des fumées » et le « stockage de l’engrais entraînant un très fort confinement par 4 murs en béton armé, une toiture en partie en béton armé et l’absence de système de désenfumage », c’est « juste faux » répond la responsable de la communication à la CAC. « Comme les journalistes ont pu le voir lors de la visite, les cases ont trois murs en béton et non quatre, et il y a bien un système fonctionnel de désenfumage. » Pour « l’absence d’affichage » pointé par le lanceur d’alerte, nous n’avons pas constaté non plus de non-conformité lors de notre visite puisqu’un affichage indiquant la nature de l’engrais stocké est présent à l’entrée de chaque case. Pour l'« absence d’une clôture d’une hauteur minimale de deux mètres interdisant l’accès à l’établissement », la responsable QSE indique que « la plus grande partie » de la clôture fait bien deux mètres. « Seule une petite partie fait aujourd’hui 1m80 de haut, ce qui va être corrigé prochainement », assure la responsable de la communication. Ensuite pour l'« engin de manutention (chouleur) garé à moins de 5 mètres des dépôts d’ammonitrate », la responsable QSE explique que la photo incriminante a été prise quand « on était en pleine activité. Et forcément, à ce moment-là, le chouleur se situe à côté puisqu’on s’en sert. Sinon, il est toujours stationné à plus de dix mètres, près des silos ronds, sous un auvent. » Enfin, pour les deux dernières non-conformités relevées par le lanceur d’alerte, à savoir l’absence de « zonage ATEX [zone à risque d’explosion] » et de « document relatif à la protection contre le risque d’explosion relatif au stockage d’engrais », la responsable QSE l’explique simplement : « Il faut savoir que pour le stockage d’engrais, il n’y a pas d’obligation de zonage d’atmosphère explosive, contrairement au silo à grains où c’est obligatoire. S’il y avait une obligation pour le stockage d’engrais, on le ferait. Ensuite, étant donné qu’on n’est pas dans un zonage ATEX, on n’est pas obligé d’avoir un DRPCE, document relatif à la protection contre le risque d’explosion. Là encore, on l’a pour le silo vu que c’est obligatoire, mais pas pour le stockage d’engrais vu que ça ne l’est pas. » Enfin, la CAC tient aussi à rappeler qu’en matière de sécurité, l’ensemble des employés « terrain » ont été formés en 2017 à la manipulation et l’utilisation des extincteurs, tout le personnel du site d’Ottmarsheim a été formé aux risques de stockage d’engrais en 2018, des exercices incendie ont lieu tous les ans en temps réel, deux sessions de gestion de crise autour des incendies et explosions ont lieu cette année, et une nouvelle formation est prévue à la fin de l’année sur « la prévention des risques incendie et explosions de poussière » pour tous les sites de la coopérative.

Inauguration du nouveau quartier français d’Europa Park

Du bleu, du blanc et beaucoup de rouge

Pratique

Publié le 18/09/2018

Élu récemment « meilleur parc d’attractions du monde » pour la cinquième année consécutive, Europa Park a inauguré la semaine dernière les nouveautés de son quartier français. Ayant fait le bonheur de 80 millions de personnes depuis sa construction en 1989, l’attraction Eurosat, ou « la boule » pour les fans, a subi un lifting intérieur et extérieur. Fini la conquête spatiale qui agrémentait le couloir d’attente de l’attraction. Place à Eurosat-CanCan Coaster et au Paris de la Belle Époque, à la fin du XIXe siècle, avec des décors teintés de références au Moulin Rouge et autres symboles parisiens. Un changement d’univers rendu possible par le partenariat tissé par la famille Mack, propriétaire d’Europa Park, et la famille Clerico, propriétaire et fondatrice du célèbre cabaret en 1889. Que les habitués se rassurent cependant, les changements opérés dans l’attraction phare du quartier français font toujours honneur à la vision initiale de son créateur, Franz Mack. Le tracé du circuit est presque identique à l’original, seuls les calculs vectoriels et le gabarit des rails ont été réadaptés pour correspondre aux standards actuels et procurer aux passagers des sensations nettement améliorées. « En maintenant le tracé original et sa longueur d’environ 900 mètres, nous rendons hommage à notre père et grand-père », expliquent les responsables du parc, Roland, Jürgen, Michael et Thomas Mack. Il a fallu dix mois pour réaliser les travaux de rénovation. Chacun des rails de l’ancienne attraction a dû être retiré grâce à une ouverture réalisée au sommet de la sphère.

Une nouvelle expérience en réalité virtuelle

Pour les nostalgiques de l’Eurosat plus attirés par des sensations « futuristes », MackMedia a prévu un plan B avec Eurosat Costiality, une nouvelle expérience en réalité virtuelle (VR) inspirée du film de Luc Besson, Valerian et la Cité des milles planètes. « C’est un concept porteur qu’on a déjà pu expérimenter avec succès dans l’attraction Alpen Express. C’est une façon novatrice d’inscrire cette attraction dans le XXIe siècle », explique Michael Mack. L’entrée de cette deuxième attraction se fait à l’arrière de la sphère, du côté du Silverstar. Une gare distincte avec un aiguillage et des trains séparés ont été intégrés dans le grand huit. Avec cette nouveauté, Europa-Park offre à ses visiteurs une expérience de réalité virtuelle unique au monde où les passagers s’équipent d’un casque de réalité virtuelle dans une salle de pré-show, avant de prendre place sur le grand huit VR. L’expérience qu’ils vivent ensuite est totalement inédite : munis de leur casque, les visiteurs traversent la gare à pied pour rejoindre l’attraction et monter à bord du train, sans avoir à retirer le casque. Les passagers enchaînent directement le parcours en VR du grand huit.

« Madame Freudenreich Curiosités » et autres nouveautés

D’autres nouveautés, plus « tranquilles », ont été ajoutées au quartier français. Ainsi, les visiteurs peuvent découvrir depuis le mois d’août l’attraction familiale « Madame Freudenreich Curiosités ». Au gré de scènes amusantes, petits et grands visiteurs peuvent apercevoir de nombreux grands reptiles de l’ère préhistorique. Que ce soit avec le « Dino-Selfie » aux côtés de Madame Freudenreich, dans les anciennes caves à vin reconverties en chenil, jusqu’au luxuriant jardin où les grands reptiles sont nourris de délicieux kougelhofs. Autres nouveautés 2018 : le bateau-bistrot flottant « Liberté » sur deux étages, qui peut accueillir jusqu’à soixante personnes, le déménagement et la rénovation du stand de tartes flambées traditionnelles, ainsi qu’un spectacle de fontaines, « Fraternité », dont les jets d’eau s’animent plusieurs fois par heure au son de musiques françaises.

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