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Nicolas Bernard

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Grand concours des vins d’Alsace de Colmar

« La donne a évolué »

Vigne

Publié le 31/05/2018

La 47e édition du grand concours des vins d’Alsace de Colmar a eu lieu le 25 mai au Parc des expositions de Colmar. Déjà en baisse l’an passé, le nombre d’échantillons présentés cette année a encore diminué pour descendre sous la barre des 1 000. En 2014, on comptait encore 1 302 échantillons testés et comparés par les jurés. On remarque ainsi que la part de vins issus de vignerons indépendants a baissé de 7 % depuis cette date, tandis que la part des vins provenant des coopératives a légèrement augmenté (29,9 % en 2013, 35,6 % en 2018), et celle provenant des négociants est restée stable autour des 30 %. La proportion des cépages en compétition a, elle, peu évolué depuis 2014. Le riesling reste le plus représenté devant le pinot gris et le crémant qui occupent les deuxième et troisième places du podium. Pour la deuxième année consécutive, on constate aussi que le nombre d’entreprises en compétition est au-dessous de la barre de 100 (95 contre 96 en 2017). En 2014, on en dénombrait 130, et encore 116 lors du concours 2016.

Une diminution qui peut s’expliquer par une suite de millésimes faibles en volumes, mais pas que. Comme l’explique le directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Gilles Neusch, l’offre en matière de salons et de stratégies commerciales s’est élargie depuis plusieurs années. « Avant, la médaille était le principal vecteur de communication. Aujourd’hui, avec les notations sur internet, les guides, les segmentations de gamme que chacun décide de faire, la donne a complètement évolué. » Venant après des concours plus renommés comme celui de Paris ou celui de Mâcon, le grand concours des vins de Colmar devra d’une manière ou d’une autre réussir à trouver sa place dans la nouvelle stratégie de valorisation des vins d’Alsace enclenchée par l’interprofession. « Nous avons quand même la chance d’avoir une vraie identité de marque, avec une terre de référence pour les vins blancs et tous les terroirs du monde. On doit être capable de valoriser fortement cette richesse. Et c’est ce que doit permettre ce concours pour les consommateurs de vins d’Alsace », estime le directeur du Civa.

Ce dernier reconnaît néanmoins que la grande partie des opérateurs présents à ce concours sont tournés en majorité vers le marché de la grande distribution. « Mais pas que », s’empresse-t-il de rajouter. « Il y a aussi des vignerons indépendants qui concourent pour avoir une distinction à montrer à leurs clients, aux journalistes ou sur les réseaux sociaux. Cela reste une façon supplémentaire de se distinguer. Pour beaucoup, c’est un événement d’entreprise qui permet de valoriser tout le travail fait en interne par les équipes. Et puis, cela permet toujours de jauger la qualité réelle de ses vins, et de se positionner par rapport aux confrères. »

Fendt viticole - Braün

Le travail du sol autoguidé en démonstration

Technique

Publié le 10/05/2018

Les 24, 25, 26 et 27 avril, la concession Serma, de Houssen et Mommenheim, et ses agents Léon Durmann, d’Andlau, et Ostermann Viticole, de Traenheim, ont uni leurs énergies, leur dynamisme et leurs compétences pour organiser quatre journées de démonstration des tracteurs vignerons Fendt de la série 200 Vario équipés de matériels de préparation du sol de la marque allemande Braün, reconnue pour la modularité et la robustesse de ses outils.

Si la météo clémente a facilité la réussite de ces quatre journées, ce sont surtout les thématiques mises en avant - autoguidage et travail du sol - qui ont suscité un intérêt manifeste chez de nombreux viticulteurs. « Habituellement, les personnes viennent à nos démonstrations en milieu d’après-midi. Là, on avait à chaque fois plein de monde dès le début des démonstrations, à 13 h 30 », constate Freddy Jung, directeur commercial de la concession Serma. Il faut dire qu’avec la pratique inéluctable du travail du sol en viticulture dans un avenir proche, le sujet interpelle. « Ça va être une nouvelle façon de travailler pour de nombreux viticulteurs habitués jusqu’à maintenant aux herbicides », explique Guillaume Ostermann. Pour assurer l’efficacité de la tâche, Braün propose depuis quelques mois des disques émotteurs qui émiettent la terre et créent des fissurations dans le sol, le tout à vitesse d’avancement pouvant aller de 6 à 8 km/h.

Aller vite, c’est bien, mais aller droit, c’est encore mieux ! C’est pour cette raison que les trois partenaires ont souhaité mettre en avant le système d’autoguidage par ultrasons qui peut équiper les tracteurs Fendt Vario destinés à la viticulture. En somme, tous les modèles 200 qui se déclinent en plusieurs tailles et plusieurs puissances (de 70 à 110 ch). Si la technologie RTK fonctionnant avec un signal GPS est aujourd’hui relativement connue dans le monde agricole notamment, qu’en est-il de cette technologie de guidage fonctionnant avec des ultrasons ? « Concrètement, c’est très simple. Le guidage se fait en temps réel avec deux capteurs situés à droite et à gauche à l’avant du tracteur. On règle l’inclinaison de ces capteurs par rapport à la hauteur des pieds de vigne, la largeur du rang, et il suffit d’activer l’autoguidage par la simple pression d’un bouton situé sur la console de commande. On peut aussi activer un seul des capteurs pour longer un mur par exemple », développe Freddy Jung. Du coup, pas besoin d’avoir cartographié au préalable sa parcelle. Avec les ultrasons, tout se fait en temps réel.

Seule limite du système, le tracteur ne fait pas demi-tour tout seul en bout de parcelle, étant donné qu’il n’en connaît pas les limites. « Il faut voir cela comme une aide à la conduite où l’utilisateur peut reprendre le contrôle à tout moment, indique Léon Durrmann. C’est une technologie intéressante, car elle permet au viticulteur de se concentrer sur le travail des différents outils installés sur le tracteur. Le tracteur roule tout droit sans dévier. Du coup, fini les coups de volants malencontreux lorsqu’on se retourne pour mesurer l’efficacité du travail. » « Il ne faut pas que le travail du sol devienne une charge en plus pour le viticulteur. Grâce à l’autoguidage, deux ou trois outils peuvent travailler en même temps sans que cela ne pose de souci particulier. C’est un vrai gain de confort », conclut Guillaume Ostermann.

Sodiaal Union

Un lait « plus responsable » pour gagner de la valeur

Vie professionnelle

Publié le 03/05/2018

#Value, acte 1. Depuis le début de l’année 2018, la coopérative Sodiaal Union est entrée dans la mise en œuvre opérationnelle de son nouveau plan stratégique visant à recréer de la valeur ajoutée. Baptisée #Value, cette politique initiée en 2017, et validée par le conseil d’administration en juillet dernier, doit permettre à la coopérative Sodiaal Union de devenir le « leader » dans le prix du lait en France, et de rejoindre le top cinq des entreprises laitières généralistes européennes les plus rentables. « Ce plan doit permettre à l’entreprise d’être à la hauteur de ce qu’on attend d’elle. Nous sommes dans un monde où l’on doit faire attention aux attentes des consommateurs. Ça va très vite, très fort, et ça peut aller très mal. C’est quelque chose que nous ne connaissions pas avant. Nous devons donc tenir compte de leurs envies, de leurs besoins économiques mais aussi intellectuels », développe la directrice Amont de Sodiaal Union, Florence Quioc, devant l’assemblée générale de la section Centre-Est de Sodiaal Union, le 26 avril à Sainte-Croix en Plaine. D'ici 2025, Sodiaal Union entend générer un chiffre d’affaires supplémentaire de 500 millions d’euros, tout en réalisant des économies estimées à 150 millions d’euros et des investissements de 230 millions d’euros. Avec, en ligne de mire, une finalité bien établie : garantir et pérenniser des revenus rémunérateurs aux producteurs tout en permettant à la coopérative d’être efficace sur le plan économique.

S’adapter aux attentes sociétales

La première pierre visible de cette stratégie ambitieuse a été posée fin avril avec le lancement de la nouvelle marque de lait demi-écrémé « Les Laitiers Responsables » de Candia. « Entre 2000 et 2016, la consommation de lait demi-écrémé a baissé de 16 %. Il y a un mouvement sociétal de fond qui est là et qui nous impose de réagir. Le bio, c’est important, nous sommes présents sur ce secteur et nous allons le développer. Il y a aussi le segment du sans lactose qui progresse. Mais tout cela ne va pas nous sauver en termes de volumes. Du coup, la décision a été prise de lancer un lait demi-écrémé qui porte les valeurs du sans OGM, du pâturage, du bien-être animal et de la juste rémunération des producteurs », détaille Florence Quioc. Ainsi, « Les Laitiers Responsables » permet de reverser six centimes supplémentaires sur chaque litre vendu à l’ensemble des producteurs de la coopérative, qu’ils soient impliqués ou non dans la démarche, soit 20 000 éleveurs. Et ceux qui sont engagés recevront une prime de 1,5 centime par litre sur l’ensemble de leur production pour compenser les coûts liés au respect du cahier des charges. Avec cette nouvelle démarche, Sodiaal Union ambitionne de créer un segment aussi important que celui du bio d'ici 2020, à savoir 200 millions de litres vendus par an.

D’autres nouveaux produits sont amenés à voir le jour au cours des années à venir. Pour les fromages par exemple, les équipes de Sodiaal Union développement un cream-cheese adapté aux exigences des restaurateurs asiatiques. En parallèle, le développement des fromages à forte valeur ajoutée comme les AOP et les IGP va s’intensifier, notamment sur le marché européen. Le tout en s’adaptant aux nouveaux modes de consommation du fromage que sont l’apéritif et le snacking. « C’est un secteur où l’on n’est pas très présent, et où il y a de quoi faire », estime Florence Quioc. Toujours dans l’idée de s’adapter aux nouveaux modes de consommation, Sodiaal Union va lancer un site de vente en ligne de fromage, « façon start-up ». Baptisé lesfromageurs.com, ce nouvel espace permettra aux internautes de commander tous les fromages du groupe, livrés en 24h avec Chrono Frais. Chaque fromage sera accompagné d’un témoignage d’éleveur. La valeur ajoutée sera également à chercher du côté de la nutrition infantile en Asie, où le marché croît chaque année de 10 %, et sur le marché des ingrédients avec l’idée de conforter la position de leader mondial du lactoserum déminéralisé. Et concernant les économies de 150 millions d’euros étalées sur quatre ans, elles porteront sur l’optimisation des achats, la performance industrielle et l’adaptation des fonctions support.

Bilan 2017 de Sodiaal Union

Du lait mieux payé mais un résultat en demi-teinte

Vie professionnelle

Publié le 03/05/2018

En 2017, dans un contexte une nouvelle fois extrêmement volatile, la coopérative Sodiaal Union s’est mobilisée pour répercuter l’évolution des cotations dans le prix du lait. Le prix moyen payé aux adhérents s’est élevé à 342 €/1 000 litres pour le lait entier, ristournes incluses, soit 44 € de mieux qu’en 2016. « 2017 a été marquée par la très forte augmentation du prix du beurre. Cela a secoué beaucoup de monde dans un marché pas habitué à de tels niveaux de valorisation. Reste à savoir maintenant si ce niveau de valorisation est durable ou éphémère. Quelle stratégie économique adopter ? C’est la vraie question », souligne le président de la section Centre-Est de Sodiaal Union, Michel Rechenmann.

À défaut d’avoir une réponse précise à apporter, Sodiaal Union a souhaité faire évoluer les règles de fixation du prix afin de « sécuriser » le retour des bénéfices de la coopérative à ses éleveurs adhérents. Ainsi, dès cette année, le résultat courant sera réparti à deux tiers pour les adhérents (un tiers sous forme de ristourne en numéraire et un tiers sous forme de ristourne capitalisée), et un tiers sera mis en réserve impartageable pour les futurs investissements de Sodiaal Union. Un résultat qui, contrairement au prix du lait, a vu son chiffre diminuer en 2017 par rapport à 2016, passant de 24 à 16,7 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires consolidé de 5,1 milliards d’euros. « Clairement, ce résultat est nettement insuffisant. Nous devrons le remonter en 2018 avec un prix du lait au moins égal à celui de 2017 », annonce Michel Rechenmann. « Le souci, c’est qu’on a été pénalisé par la baisse de consommation du lait UHT et, d’autre part, par la difficulté à répercuter la hausse des cotations de la matière grasse sur les prix de vente du beurre. » Parallèlement à cette envolée du prix du beurre, celui de la poudre de lait est lui resté à un niveau « anormalement » bas. « Je dis anormal car il y a des acheteurs dans sa grande majorité. Mais les stocks ont été très mal gérés l’an passé au niveau européen, et il n’y a pas de discipline communautaire. Les choses devraient néanmoins s’améliorer », poursuit-il.

De bonnes performances pour le métier fromages

Pas sûr que la donne s’améliore en 2018 pour la consommation de lait UHT. Si Sodiaal compte beaucoup sur sa nouvelle marque « Les Laitiers Responsables » (voir ci-dessus) pour redresser la barre, elle reste confrontée, comme l’ensemble des entreprises laitières, à une évolution des habitudes de consommation des Français, qui consomment moins de lait d’origine bovine qu’avant pour se tourner, entre autres, vers des laits végétaux. La problématique se retrouve aussi du côté des produits frais comme les yaourts. « Là aussi, on observe désormais une baisse de la consommation. Avant, c’était surtout la gamme dessert. Aujourd’hui, le yaourt basique est fragilisé à son tour par des produits régionaux plus chers, mais en plus petite quantité. Et concernant le beurre, les ménages ne compensent plus forcément avec de la margarine en cas de besoin, mais arrêtent carrément d’en utiliser », note le président de la section Centre-Est de Sodiaal Union. Heureusement pour la coopérative, le métier fromages a enregistré de bonnes performances, tant en volume qu’en valeur, et a bénéficié des cotations élevées de la matière grasse et du lactosérum. Preuve de cette bonne santé de l’activité, le retour à l’équilibre des Fromageries Occitanes, après le plan de redressement entamé par la coopérative après la fusion avec 3A. Les voyants sont également au vert pour l’activité lait infantile. « Notre modèle fonctionne bien. Nutribio a enregistré sa meilleure année en termes de rentabilité depuis sa création. » Reste encore l’activité ingrédients qui a souffert de la conjoncture sur l’activité séchage de lait, et de la concurrence accrue sur le séchage de sérum.

1er Vélo Vino Tour le 20 mai

Une manifestation ludique, sportive et gourmande

Vigne

Publié le 24/04/2018

Désireux de faire connaître ses vins et les terroirs qu’il cultive, le Domaine viticole de la ville de Colmar va organiser le 20 mai prochain son premier Vélo Vini Tour. L’idée, simple, consiste à partir à la découverte du vignoble à coups de pédales avec haltes gourmandes installées en plein cœur des vignes. « C’est un peu comme une marche gourmande, mais avec un côté un peu plus sportif. On veut encourager un nouveau public à venir goûter les vins. Et c’est aussi l’occasion d’expliquer ce qu’est un grand cru à toutes les personnes qui l’ignorent », résume Yvan Furstoss, membre de l’équipe organisatrice de l’évènement.

Le départ aura lieu à partir de 10 h au caveau du Domaine, situé 2 rue du Stauffen à Colmar. Les participants - sportifs amateurs ou confirmés de VTT & VTC - emprunteront l’un des trois parcours proposés : le bleu d’une longueur de 35 km et destiné aux sportifs occasionnels, le rouge d’une longueur de 40 km à la difficulté moyenne, et le noir d’une longueur de 50 km recommandé aux experts ou à tous ceux équipés de vélos électriques. En plus des dégustations disséminées au fil des parcours, des quiz sur le vignoble, les vins et l’histoire du Domaine viticole de la ville de Colmar seront proposés afin de rendre l’expérience la plus « ludique » possible, en plus d’être « gourmande » et « sportive ». À noter aussi que les trois circuits se regroupant à plusieurs endroits, les participants pourront modifier leur parcours en fonction de leur niveau. Enfin, une halte déjeuner aura lieu au restaurant du Golf d’Ammerschwihr avant le retour vers Colmar.

Pour l’instant, ce nouveau concept proposé par le Domaine viticole de la ville de Colmar semble séduire le public. En début de semaine, 110 personnes s’étaient déjà inscrites. « Le nombre de participants est limité à 500, mais si nous atteignons les 150 inscrits, ça serait déjà très bien pour une première », ajoute Yvan Furstoss. En cas de succès, la manifestation pourrait devenir un rendez-vous annuel. En attendant, les personnes intéressées ont jusqu’au 28 avril pour s’inscrire par courrier auprès du Domaine viticole de la ville de Colmar. Les documents nécessaires à l’inscription ainsi que le règlement de la manifestation sont disponibles sur le site www.domaineviticolecolmar.fr, rubrique « actualité ».

Du 27 au 29 avril

90e foire aux vins d’Ammerschwihr

Vigne

Publié le 19/04/2018

À 90 ans, elle promet d’être toujours aussi belle et réussie. Les 27, 28 et 29 avril prochains, la foire aux vins d’Ammerschwihr entend bien lancer le bal des festivités viniques d’Alsace avec la même énergie et la même convivialité que les 89 précédentes éditions. Et quoi de mieux que de mettre à l’honneur celles qui se sont succédé comme ambassadrices de charme des vins d’Alsace ? Ainsi, les festivités démarreront le vendredi à 17 h avec l’intronisation d’anciennes reines des vins par la confrérie des Amis d’Ammerschwihr et du Kæfferkopf. « Pour cette 90e édition, on voulait marquer le coup », explique Bernard Schneider, viticulteur de la commune et membre de l’équipe qui a en charge l’organisation et le bon déroulement de la manifestation. Cette première journée se poursuivra à 19 h avec l’inévitable soirée Schiffala cuit dans l’alambic, le tout animé par l’ensemble Loyala de Colmar.

Les retardataires, ou ceux qui voudront un deuxième service, pourront revenir le samedi midi où ce menu « alambic » sera servi une deuxième fois. Mais avant de passer à table, l’inauguration officielle à 10 h réunira élus locaux, responsables professionnels viticoles et le syndicat viticole d’Ammerschwihr. À 15 h, les professionnels de la vigne et toutes les personnes intéressées par le sujet pourront assister à une conférence sur les maladies du bois, animée par Christophe Berstch, directeur du laboratoire Vigne, biotechnologies et environnement à l’université de Haute-Alsace à Colmar. L’occasion d’aborder un sujet d’actualité qui préoccupe de nombreux acteurs du vignoble alsacien.

Mais la foire aux vins d’Ammerschwihr, c’est aussi (surtout ?) l’opportunité de découvrir les richesses fermentées de la cité viticole. L’emblématique Kæfferkopf bien sûr, mais aussi les nombreux autres terroirs et cuvées spéciales proposées par quinze producteurs : Pierre Colon, Henri Ehrhart, Léon Heitzmann, Jean-Pierre Kappler, Kuehn Vin d’Alsace, Théo Meyer & Fils, Paul & Denis Schiélé, Bernard Schneider, Schneider-Noll, Sick-Dreyer, Jean-Paul Simonis & Fils, André Tempé & Fils, Tempé-Jessel, JB Thomann Fils. Et ceux qui voudront aller plus loin dans la découverte des vins pourront prendre part, à 17 h 30, à la dégustation commentée par François Lhermitte, sommelier du restaurant étoilé Julien Binz. Et pendant que les parents se régaleront les papilles, les enfants auront tout le loisir d’aller s’amuser dans les jeux gonflables installés à deux pas du chapiteau. De quoi apporter encore plus de bonne humeur à ce 90e anniversaire.

La Maison Joseph Cattin récompensée par le Prix d’excellence

« On essaie toujours de faire mieux »

Vigne

Publié le 19/04/2018

« Mon arrière-grand-père, Joseph Cattin, avait déjà acquis le titre de vignoble modèle. » Jacques Cattin fils le sait, l’excellence si chère à son père Jacky est inscrite de manière viscérale dans l’ADN de la famille. Dans cette maison réputée de Vœgtlinshoffen, cette notion qualitative se transmet de génération en génération. Année après année, diplômes et médailles sont venus récompenser cette recherche constante du « toujours mieux ». Parmi les concours où la maison Joseph Cattin réussît à s’illustrer de manière récurrente, celui de Paris figure en bonne position. Et cette année plus encore. Le 31 janvier, elle a reçu le très convoité Prix d’Excellence qui récompense depuis 18 ans les producteurs ayant obtenu les meilleurs résultats dans leur catégorie de produits lors de trois éditions consécutives du Concours Général Agricole. C’est la deuxième fois en mois de dix ans qu’elle reçoit ce prix.

Une sorte de « Graal » en quelque sorte qui récompense le travail d’une « très bonne équipe » tient à rappeler Jacques Cattin. Car dans le domaine familial, la réussite est avant tout une affaire collective. Il y a tout d’abord son oncle, Jean-Marie, qui s’occupe de la conduite du vignoble, son père, Jacky, qui entre deux sessions parlementaires, déguste avec son palais expert les futurs vins qui seront mis en bouteille, son épouse Anaïs, qui a apporté ses compétences commerciales, et les trois chevilles ouvrières de la vinification que sont l’œnologue Corinne Perez, le caviste Stéphane Metzler et le chef de cave à Steinbach Christophe Kempf. « Nous ne sommes plus un petit domaine de cinq hectares où l’on pouvait tout faire tout seul. Aujourd’hui, on doit s’appuyer sur une somme de compétences pour réussir », explique Jacques Cattin. L’autre grande force du domaine, ce sont ses 72 hectares de vigne. « On peut maîtriser les rendements, séparer les terroirs, et du coup tirer le meilleur parti des raisins. On peut tout gérer dans les moindres détails du début à la fin. Du coup, on dispose d’une belle marge de progrès. » Et pas question de privilégier une gamme de vins au détriment d’une autre. « On fait des efforts sur toutes nos cuvées. On n’abandonne aucun vin. » Forcément, un tel niveau d’exigence ne va pas sans un minimum de pression pour l’équipe en charge de la vinification. « Chaque année, on repart de zéro. Il n’y a jamais de recette à reproduire. On doit juste faire aussi bien ou mieux. Et au final, ce sont les dégustations qui donneront le verdict », commente Stéphane Metlzer.

Le « style » Cattin

Et puis il y a le « style » Cattin. Celui-là même que Corinne Perez a découvert lors de son arrivée dans l’entreprise il y a un an. Auparavant, elle était œnologue chez un négoce bas-rhinois où il n’y avait pas de vigne. En arrivant à Vœgtlinshoffen, elle reprend un contact direct avec la terre et le terroir, et découvre des « bons gewurztraminer et pinots gris » avec plus de chaleur, de puissance et de potentiel de garde que ce qu’elle avait pu voir jusqu’alors. « J’ai été très marqué par ces gewurztraminers qui ont un côté très exubérant et très riche, ainsi que par les muscats très expressifs qui allient la finesse aromatique et la richesse en bouche. » Et puis il y a les rieslings, dont « l’emblématique » Pur de Roche qui se caractérise par une « super minéralité » et un grand potentiel de garde. Un cépage que Jacques a voulu accentuer lorsqu’il a rejoint son père dans l’exploitation en 2007. « Lui, c’est le côté un peu plus droit et la rigueur que l’on retrouve dans le riesling, tandis que Jacky a un côté plus exubérant et généreux qu’on retrouve dans les gewurztraminers », constate avec malice Corinne Perez.

Le rouge occupe aussi une bonne place sur la carte de maison Joseph Cattin. Et là peut-être plus encore, cela demande énormément de rigueur pour faire naître d’excellents pinots noirs. « C’est un cépage qui n’a pas beaucoup de tanin et de couleur. Il faut maîtriser les rendements si on veut faire quelque chose de plus corsé. Et uniquement à la vendange manuelle bien sûr », souligne l’œnologue. Là encore, cette recherche constante du « toujours mieux » a porté ses fruits avec les pinots. « Avec les années, on a su monter en gamme. On talonne bien les bourgognes actuellement », estime-t-elle.

Du bio « bon », pas du bio « snob »

Encore faut-il le faire savoir, notamment à l’étranger où, comme le rappelle Jacques Cattin, « on ne déroule pas le tapis rouge à l’Alsace ». Pourtant, c’est hors des frontières hexagonales que les vins d’Alsace disposent d’un gros potentiel de développement selon lui. « On a la chance de vinifier tous les cépages et toutes les appellations. L’excellence, c’est toute la viticulture alsacienne. On a les bons terroirs, les bons cépages. Sur toutes nos appellations, ce n’est que du qualitatif. Nos liquoreux par exemple n’ont pas à rougir face à des sauternes. Il n’y a pas que le sucre. Il y a aussi le côté fruité, une belle fraîcheur, et un côté plus audacieux et plus sauvage. Je pense que nous devrions être plus fiers de nos terroirs et de nos vins, et de moins regarder la concurrence à l’échelle locale. L’Alsace a tout intérêt à faire connaître ses bons vins. Mais nous avons encore trop tendance à nous dénigrer facilement alors que nous avons de sacrés atouts », considère le vigneron. « Comme nous le répète souvent Jacky, pour faire de l’export, il faut faire de belles choses », complète Corinne Perez.

Et aussi répondre à toutes les demandes. La dernière en date provient des pays scandinaves pour des vins « 100 % bio et vegan ». « On a donc décidé de lancer une gamme bio qui complémentera notre carte de manière originale. Mais du bio bon, pas du bio snob, avec le même niveau d’exigence qualitative que pour nos autres productions », ajoute Jacques Cattin. L’essentiel est que le client soit séduit et qu’il ait envie de renouveler ses achats. « Et si le client aime nos produits et revient de manière récurrente, c’est certainement la plus belle récompense pour notre équipe, bien plus qu’une médaille », conclut Jacques Cattin.

Établissements Balthazard à Orbey

Le retour des portes ouvertes

Technique

Publié le 19/04/2018

Les établissements Balthazard, à Orbey, ont organisé leurs portes ouvertes du 13 au 15 avril dernier. Cela faisait deux ans qu’une telle manifestation n’avait pas eu lieu. « Cette année, on a voulu changer un peu la formule », explique Patrick Balthazard. La durée, déjà, puisque les portes ouvertes de cette année ont eu lieu du vendredi au dimanche, et non plus du lundi au vendredi comme auparavant. Une manière de toucher plus d’agriculteurs, pas forcément disponibles pendant la semaine. Ensuite, les établissements Balthazard se sont associés aux Jeunes Agriculteurs du canton pour gérer toute la partie restauration-boissons. Un « plus » qui permet d’alléger la charge de travail des organisateurs. De quoi dégager du temps pour présenter l’important parc matériel de la concession.

À commencer par la série 6 des tracteurs Deutz Fahr qui s’échelonnent de 120 à 215 ch. Des modèles à variation continue qui bénéficient de l’exclusivité d’un frein sur la boîte de vitesses. Une option « idéale pour la montagne et le transport », tient à souligner Patrick Balthazard. En effet, ce système de freinage hydraulique baptisé « HEB » assure une sécurité maximale pour les topographies accidentées. Ainsi, lorsque l’utilisateur actionne la pédale de freinage, le système hydraulique va effectuer une montée en pression, le ventilateur Evisco va fonctionner à son régime maximal et le rapport de transmission va, si possible, être peu à peu réduit. Afin d’empêcher un dérapage de l’essieu arrière, les quatre roues motrices sont également engagées. Cette sécurité dans les endroits les plus escarpés est renforcée par la présence du frein de stationnement hydraulique « HPB » qui est entièrement intégré dans la transmission. Ainsi, le frein de stationnement est libéré par la pression hydraulique et garantit une sécurité supplémentaire pour l’utilisateur.

L’autre marque mise en avant lors de ces portes ouvertes est le tractoriste Same avec la série Virtus et la série Frutteto dédiée à l’arboriculture et à la vigne. Une machine qui bénéficiera prochainement de l’ajout de la variation continue. « Nous présenterons ce nouveau modèle lors de la Foire aux vins de Colmar », annonce Patrick Balthazard. Tout comme le nouveau Lintrac 110 de la marque Lindner, qui reprendra la variation continue et les quatre roues directionnelles du Lintrac 90. Le Terratrac TT 280 d’Aebi était aussi à l’honneur. Ce tracteur de 109 ch spécialisé pour les fortes pentes dispose d’une transmission hydrostatique. « Et de nombreux points ont été améliorés suite aux remontées des clients », précise Patrick Balthazard.

La concession familiale ne se limite pas au matériel agricole. Au côté des tracteurs, du matériel de fenaison et de pressage de Kuhn et Pöttinger, les nombreux visiteurs ont pu découvrir deux marques de télescopiques (l’Italien Dieci et l’Allemand Schäffer), et surtout une large gamme de matériels forestiers de la marque alsacienne AMR. « Cela fait plus de vingt ans qu’on commercialise leurs produits. Mais c’est la première fois qu’ils sont présents directement à nos portes ouvertes », ajoute Patrick Balthazard. Cette marque, bien développée en France et numéro 1 en Allemagne, a notamment fait des démonstrations de certains de ses outils comme la scie circulaire à tambour.

CAC - Modulation intraparcellaire de semis de maïs

« Nous permettons à nos petites fermes de gagner en compétitivité »

Technique

Publié le 13/04/2018

Après la théorie, la pratique. Lundi dernier, la Coopérative Agricole de Céréales a convié la presse à assister aux premiers pas officiels de la modulation intraparcellaire de semis de maïs, deux mois après une première présentation en salle organisée à Blodelsheim (voir PHR du 5 février). Baptisée Mod-IP, cette innovation unique en France va, dès ce printemps, profiter à une trentaine d’agriculteurs du Haut-Rhin pour leur semis. Au total, ce sont 2 000 ha de parcelles situées en zones irriguées (Hardt et Plaine de l’Ill) qui vont bénéficier de cette technique pour cette année de lancement. « C’est plutôt encourageant quand on sait que le maximum qu’on pourrait atteindre au sein de notre coopérative est 8 000 ha », se félicite le président de la CAC, Jean-Michel Habig. Tous les agriculteurs qui se sont engagés avec Mod-IP devraient tous terminer leur campagne de maïs 2019 avec un gain supplémentaire de 100 euros à l’hectare. « Avec ce système, nous permettons à nos petites fermes de gagner en compétitivité tout en étant plus proche de l’environnement », poursuit Jean-Michel Habig. Cet argument « environnemental » a beaucoup séduit le Conseil départemental du Haut-Rhin (CD 68) qui a mis à disposition de la CAC ses cartographies topographiques du territoire. « On est partis de là pour établir une expertise fine des sols. Sont-ils argileux, limoneux, sableux ou caillouteux ? Chaque sol réagissant différemment en fonction de la densité de semis et de la variété choisie, il était essentiel d’obtenir une image des sols la plus précise possible », explique Christian Jenn, responsable du service innovation, marketing et solutions adhérent de la CAC 68. Il est en effet assez courant de trouver dans le Haut-Rhin deux, trois ou quatre types de sols différents d’un bout à l’autre d’une même parcelle. Ces différents types de sols ont ensuite été qualifiés grâce à un travail d’analyses et de mesures de terrain géolocalisées. Une fois ce travail effectué, une carte de conseil agronomique est éditée et injectée ensuite dans les équipements d’agriculture de précision. L’agriculteur peut alors adapter ses pratiques en fonction des différences environnementales intraparcellaires et ainsi être au plus près des capacités du sol.

Moduler l’ensemble des pratiques

Les expérimentations pour mesurer l’efficacité et la viabilité de Mod-IP ont duré trois ans. Une dizaine de variétés ont été testées pour trouver les plus adaptées en fonction des types de sols et, in fine, déterminer la densité de semis la plus pertinente à un endroit donné. « C’est l’une des raisons qui explique que cela n’avait jamais été fait auparavant sur le maïs en France, cela demande beaucoup de travail et de recherches pour parvenir à un résultat concluant », témoigne Christian Jenn. Et puis il y a aussi le simple fait que l’Alsace dispose de sols bien plus hétérogènes que dans les autres régions françaises qui produisent du maïs. « Il y a moins de besoins que chez nous », poursuit-il. En revanche, la modulation intraparcellaire de semis de maïs est déjà utilisée au États-Unis, mais pour un coût bien plus important à l’hectare que celui pratiqué par la CAC, à savoir 40 euros par hectare pour les agriculteurs adhérents à la coopérative, et 80 euros pour les autres. Un coût qui comprend l’analyse et la cartographie du sol qui est faite une fois, et les préconisations de densité de semis qui doivent être faites pour chaque nouvelle variété utilisée. « Et vu que de nouvelles variétés apparaissent chaque année, le roulement est bien plus rapide qu’avant », poursuit Jean-Michel Habig. Cette modulation intraparcellaire de semis de maïs vient compléter l’offre d’agriculture de précision que la CAC proposait déjà à ses adhérents, à savoir la fertilisation azotée sur colza et blé avec un drone. Et c’est loin d’être fini. « Toujours sur le maïs, nous expérimentons la modulation de la fertilisation, ainsi que la pulvérisation localisée avec drone pour lutter contre le liseron. Et dans le courant de cette année, nous allons tester la modulation de l’irrigation. Notre idée, au final, est d’avoir une modulation sur l’ensemble des pratiques pour amener ce qu’il faut, où il faut, et au bon moment », conclut Christian Jenn.

Agriculture biologique en Alsace

Les bons chiffres de 2017

Cultures

Publié le 22/03/2018

La dynamique de conversion vers l’agriculture biologique est restée soutenue en 2017 dans la région Grand Est avec 309 fermes en plus, ce qui porte le total à 2 270 fermes bios de l’Alsace à la Champagne-Ardenne. L’Alsace, justement, reste l’ancienne région administrative la plus dynamique avec au total 7,2 % de SAU aujourd’hui exploitée en agriculture biologique. En Lorraine, 6,3 % de la SAU est consacrée à l’agriculture biologique, contre seulement 2,7 % en Champagne-Ardenne.

En 2017, 733 fermes étaient engagées en bio en Alsace sur une surface de 24 360 ha. C’est 77 fermes de plus qu’en 2016 (80 nouvelles conversions et 3 arrêts). « C’est un nombre d’engagements qu’on n’avait pas vu depuis des années. On observe un regain depuis 2015 », constate Christophe Ringeisen, chargé de mission à l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba). Il y a aussi 435 producteurs qui sont actuellement au stade de la réflexion quant à une éventuelle conversion en agriculture biologique.

De « nouvelles opportunités » en céréales

L’arboriculture, avec 26 % de ses surfaces, est la production la plus importante dans l’agriculture biologique alsacienne. Derrière elle, il y a la vigne (16 %), les fourrages (15,4 %), les légumes (14,5 %), et enfin les céréales en queue de peloton avec 2,1 %. Mais même si ce chiffre reste faible comparé aux autres productions, il y a une dynamique de croissance qui est bien présente. « Des collecteurs comme la CAC, le Comptoir agricole et Armbruster se lancent sérieusement dans le bio. Les choses bougent », indique Francis Humann, coresponsable de la filière grandes cultures à l’Opaba. L’Alsace compte 185 (14 de plus en 2017) producteurs de céréales et oléoprotéagineux bios, dont 56 pour qui c’est l’orientation principale, le tout sur une surface de 4 000 ha. « Lors de la campagne 2017, de gros efforts ont été réalisés sur le terrain avec les producteurs afin de mieux répondre aux besoins de l’aval. Il est vraiment essentiel de mettre en place des engagements d’emblavements avec les opérateurs afin de s’assurer d’avoir des clients à l’arrivée. Il faut faire attention à semer quand c’est bon et non pas attendre la récolte pour vendre son produit », poursuit Francis Humann.

Si l’épeautre a vu son marché s’effondrer avec une chute vertigineuse des prix, d’autres filières de céréales et oléoprotéagineux bios se développent en Alsace : l’orge brassicole qui regroupe huit producteurs, la lentille verte chez José Pfleiger, à Spechbach-le-Bas, et la production de sarrasin qui est en train de se construire avec le Comptoir agricole. Sans oublier le soja bio qui va probablement offrir de nouvelles opportunités dans les mois à venir. « L’usine Taifun nous a annoncé à l’automne vouloir recentrer ses approvisionnements autour de son usine située à Freiburg. Alors même si leur développement est plus mesuré qu’au cours des années précédentes, cela continue toujours, notamment pour les producteurs situés dans la zone rhénane », complète Dany Schmidt, trésorier de l’Opaba et responsable de la filière légumes.

Objectifs presque atteints pour les productions animales

Si la SAU consacrée au bio reste faible en grandes cultures, elle est dans les clous par rapport aux objectifs fixés en 2014 par l’Opaba pour le développement de l’agriculture biologique en Alsace à l’horizon 2020. En 2016, les grandes cultures étaient la seule production, avec les légumes, à avoir atteint et dépassé le seuil théorique de surface espéré. « Pour le moment, les fourrages, la viticulture, et l’arboriculture sont en retard. Il reste un peu moins de deux ans maintenant pour atteindre nos objectifs », explique Christophe Ringeisen. En 2020, l’Opaba souhaiterait voir 1 000 exploitations bios en Alsace sur 10 % de la SAU.

Pour les productions animales en revanche, les objectifs seront tous probablement atteints dans deux ans. En 2016, seule la filière porcine n’avait pas atteint le seuil théorique espéré. La filière laitière bio compte à ce jour 96 fermes principalement situées en Alsace Bossue et dans la vallée de Lapoutroie, qui produisent au total 22 millions de litres de lait. Comme pour de nombreuses autres filières, le lait bio a été pénalisé par le gel de printemps. Celui-ci a réduit d’au moins un tiers la première coupe d’herbe. De ce fait, l’Opaba a décidé d’élargir la bourse aux fourrages à l’échelle du Grand Est afin de mettre en relation ceux qui en ont avec ceux qui en ont besoin. Concernant la filière viande bio, l’Alsace comptait 88 fermes de vaches allaitantes fin 2017. « Le marché est relativement dynamique en ce moment. La demande est assez forte, notamment en porcs, veaux gras et ovins », souligne Pierre Karcher. La filière volaille bio a connu un fort développement en 2017. Elle regroupe 27 éleveurs de poules pondeuses qui produisent 10 millions d’œufs, soit 5,7 % du cheptel alsacien, et 21 éleveurs de volaille de chair (+ 5 en 2017) qui élèvent 170 000 poulets, soit 3 250 poulets par semaine.

En apiculture, la progression est moins spectaculaire puisqu’un seul engagement a été enregistré en 2017. « Est-ce que c’est dû aux trois mauvaises années qui se sont succédé ? Beaucoup de gens réfléchissent à s’engager, mais dans ces conditions, c’est difficile », fait remarquer Antoine Gueidan, responsable de la filière apiculture à l’Opaba. Au total, 3 100 ruches sont en mode de production bio en Alsace. Et il y a encore de la place étant donné la pénurie de miels bios qui touche le Haut-Rhin et le Bas-Rhin.

« On pourrait aller plus vite »

En maraîchage, 142 fermes (dont 68 en orientation principale) cultivent 528 ha de légumes (+ 35 ha en conversion) en agriculture biologique. Cela représente 14,5 % des surfaces de légumes frais en Alsace. Si le marché est toujours porteur, les producteurs alsaciens sont de plus en plus mis en concurrence avec des très gros producteurs français ne proposant qu’un seul type de légume à prix serrés. « D’où l’intérêt de mieux travailler la structuration de la filière de notre côté. C’est vrai que la gamme « marque repère » de certaines enseignes nous cause un peu de tort, mais l’identification locale portée par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace nous permet tout de même de nous démarquer dans les grandes surfaces », note Dany Schmidt.

Une identification locale dont bénéficient aussi les fruits bios. Ces derniers sont cultivés sur 311 ha par 138 exploitations (dont 26 en orientation principale). Comme l’ensemble des arboriculteurs d’Alsace, les producteurs bios ont payé un lourd tribut suite aux gels d’avril 2017. Des producteurs ayant perdu dans certains secteurs 100 % de leur récolte. « Forcément, la demande a été supérieure à l’offre, ce qui a permis de maintenir les prix et la rémunération. De plus, l’arrivée de volumes supplémentaires en fruits bios n’a pas déstructuré le marché local étant donné que la demande continue d’augmenter », témoigne Thomas Burger, responsable de la filière fruits à l’Opaba.

Enfin, la viticulture biologique continue à gagner - légèrement - du terrain en Alsace. En 2017, 19 exploitations se sont engagées ce qui porte le total à 308 domaines bios cultivant 2 450 ha de vignes. « C’est bien, mais on pourrait mieux faire. Le vignoble alsacien est facile à conduire d’un point de vue technique. On pourrait aller plus vite », estime Jean-Jacques Muller, coresponsable de la filière viticulture à l’Opaba.

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