Auteur

Sophie Schwendenmann

Sophie Schwendenmann est directrice de publication de l'Est agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin.

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Promotion du 14 juillet

Ordre du Mérite agricole

Vie professionnelle

Publié le 14/09/2017

OFFICIERS

Monsieur Julien Ast, Ancien membre du conseil d’administration d’une mutualité sociale agricole, Masevaux

Monsieur Bernard Ull, Vice-président d’une union d’associations d’animaux de basse cour, Kembs

CHEVALIERS

Monsieur Michel Baguet, Président d’une association d’arboriculteurs, Kingersheim

Madame Marie-Jeanne Baradel, Secrétaire d’une société viticole, Bennwihr

Madame Chantal Bourbon, Chef de bureau des aides conjoncturelles et des contrôles en agriculture, Colmar

Madame Danielle Bras, Exploitante agricole, Roggenhouse

Madame Suzanne Graetz, Ancienne exploitante agricole, Colmar

Monsieur Jean-Marie Horber, Membre du comité de l’union des associations d’éleveurs sélectionneurs d’animaux de basse cour, Westhalten

Monsieur Yves Jecker, Juge volaille sur le plan national et international, Balgau

Monsieur Jean Mangue, Ancien exploitant agricole, Eteimbes

Monsieur Joseph Meyer, Président d'une association avicole, Romagny

Madame Marie-Jeanne Perih, Membre d‘une société avicole, Bollwiller

Monsieur Martin Joseph Walter, Ancien exploitant agricole, Cernay

Monsieur Albert Wuest, Ancien maraîcher, Colmar

70e anniversaire de la Foire aux vins

70 ans de fête au cœur de l’été alsacien

Vie professionnelle

Publié le 28/07/2017

C’est à l’initiative de Georges Lasch, alors secrétaire général de la Chambre de commerce, avec le soutien de la municipalité colmarienne dirigée par Joseph Rey, et de la profession, qu’eut lieu du vendredi 4 au lundi 7 juin 1948, la première Foire régionale des vins d’Alsace. La profession viticole était parfaitement consciente de l’intérêt d’une telle manifestation après avoir été coupée du marché français pendant l’Occupation et les difficultés auxquelles elle se heurtait pour retrouver une production normale après les ravages de la guerre.

1848, la « fête de la Résurrection »

Lors de la première foire aux vins, la dégustation est installée dans les halles du marché couvert, où elle reste jusqu’en 1957. Les vins sont alors exclusivement, ou presque, présentés par les producteurs négociants, les premières coopératives qui s’étaient constituées, étant trop récentes et les propriétaires récoltants guère nombreux.

Inaugurant la foire, le ministre de l'Agriculture de l’époque, qui n’est autre que l’Alsacien Pierre Pflimlin, l’a qualifiée de « fête de la résurrection de la viticulture alsacienne ». Dès 1948, la Foire aux vins n’est pas uniquement une grande vitrine des « Alsaces », la gastronomie également y est à l’honneur dans la cour des Catherinettes, alors que la place de l’Ancien-Hôpital accueille les machines agricoles et viticoles. Du côté des animations, des expositions sont consacrées à l’histoire du vignoble et des représentations sont jouées en plein air devant l’ancien Corps de garde du « Lojalakriàg » (la guerre des tonnelets) qui oppose Colmar à Horbourg.

Mais, sans conteste, la grande affaire de cette première édition est le superbe cortège du dimanche 6 juin qui attire des milliers de spectateurs, admirant le défilé de chars, et de groupes folkloriques, le tout dans une ambiance de liesse. Les organisateurs ne se doutent pas que cette 1re foire aux vins deviendra au fil des ans, la manifestation phare de l’été alsacien.

En 1949, la seconde édition qui se déroule du 12 au 16 août (mois que la Foire adoptera définitivement à partir de 1951 jusqu’en 2016…) est historique. En effet, le Conseil de l’Europe vient de s’établir à Strasbourg et Colmar en profite pour inviter, le jour de l’inauguration, les représentants des pays en faisant partie. Emmenés par Robert Schuman, les ministres des Affaires étrangères de Grèce, du Danemark, d’Irlande, l’ancien président de la République d’Irlande, des délégués belges, néerlandais, britanniques, se retrouvent à la Foire aux vins. Cette première journée débute, comme la première édition, par un impressionnant cortège de toute beauté. Quant aux animations, elles sont, en dehors du folklore, très… classiques, avec le quatuor de Versailles et les chœurs du Théâtre municipal de Mulhouse.

La troisième foire du 12 au 16 juillet 1950 fait vibrer la corde patriotique, avec la présence du Général De Lattre de Tassigny, libérateur de la poche de Colmar. C’est alors un grand show historicomilitaire qui a lieu pour l’occasion, le 14 juillet au soir. En cette année, encore, l’on voit s’installer sur la place des Fêtes (aujourd’hui place de la Montagne-Verte), des pavillons de maisons de vins réputées où les places sont rapidement très chères, car on peut y suivre les spectacles à l’abri de la pluie, alors que les bancs disposés devant la scène sont en plein air.

Dégustation collective et premiers spectacles en 1951

La dégustation collective est mise en place en 1951. En effet, les grands noms du vignoble, présents depuis le début, arguent d’un impact limité des affaires : il se vend des colis, mais aucune affaire mirobolante. Devant l’évocation de leur possible désengagement, les organisateurs réfléchissent à un autre mode de fonctionnement. Ainsi naît la dégustation collective par cépage contre tickets qui connaît sa forme actuelle sur le stand collectif du CIVA.

Depuis ses débuts, la foire ferme à 18 heures. Les organisateurs s’aperçoivent, au fil des années, qu’une ambiance d’exaltante convivialité, grâce à la subtile alchimie entre le vin et la scène, s’installe le soir. Aussi, les spectacles en soirée deviennent-ils la règle. L’affiche de 1951 est essentiellement régionale, avec la « Schnockeloch-Kàpall » de Jules Mayer, Germain Muller et son Barabli, le Cabaret de Gaston Goetz mais aussi Tony Troxler.

L’année suivante, une section « Arts ménagers » fait son apparition et l’on commence à accueillir des spectacles plus importants, avec des artistes de variétés, des groupes folkloriques étrangers, des acrobates, des jongleurs. Un hall gastronomique est créé en 1956, comprenant le Cabaret colmarien qui devient une véritable institution. Des groupes locaux s’y produisent au début : le cabaret Grill-en-Breit et Grudenot. Un hall maintenu aujourd’hui encore au Parc-expo.

L’année 1954 coïncide avec l’élection de la première Reine des vins d’Alsace, en la personne de Marguerite Binner, tout juste 18 ans à l’époque. Un premier règne qui ne dure que quelques mois, et un diadème en carton. N’ayant régné qu’un hiver, Marguerite Binner est réélue l’année suivante. Depuis lors et chaque année, une nouvelle reine des vins d’Alsace, véritable ambassadrice des vins d’Alsace, est élue pour une année, au début du mois de juillet, et intronisée en toute solennité lors de la cérémonie d’inauguration de la foire, excepté en ce soixante-dixième anniversaire où une soirée particulière sera consacrée aux Reines. Signe des temps, les candidates doivent désormais faire aussi campagne sur Facebook.

Avec le développement du festival à partir de 1957 (lire page 15), le public vient en nombre et le seuil des 100 000 visiteurs est franchi en 1954. En 1959, on dénombre 150 000 personnes et le seuil des 170 000 est passé en 1960. Des problèmes de sécurité et de stationnement se font jour. Dès 1960, le maire Joseph Rey laisse entendre que la Foire pourrait bénéficier de profonds changements étant trop à l’étroit au centre de Colmar. Ce sont là les prémices du déménagement qui se concrétise en 1968 avec le transfert de la Foire aux vins au Parc des expositions.

Initialement, le Parc des expositions se compose de la halle aux vins (3 000 m2) avec son restaurant de 500 places, d’un immense hall d’exposition (11 000 m2 d’un seul tenant) totalement métallique et du théâtre de plein air, conçu pour 13 000 personnes dont 3 000 en places assises. « Ses lignes rappellent le « Hollywood Bowl » à Los Angeles », pouvait-on lire dans la presse de l’époque. Le hall du Cabaret colmarien s’y ajoute l’année suivante. Ainsi, l’orchestre Hubert Bannwarth se produit en 1968 dans le grand hall où un espace de 400 places a été aménagé à son intention. Les expositions à l’extérieur (dont le parc agricole) occupent, elles, 16 000 m2. Outre le Cabaret colmarien, un hall de l’artisanat vient par la suite compléter les bâtiments initiaux du Parc des expositions.

Mais dans la nuit du 9 au 10 août 1979, au cinquième jour de la foire, un terrible incendie détruit près de 11 000 m2 dont le hall principal avec l’ensemble des stands, ainsi que le hall de l’artisanat. Aujourd’hui, trois halls de moindre dimension, avec la Halle aux vins et le Cabaret colmarien permettent d’accueillir simultanément plusieurs manifestations. Le hall de l’artisanat n’a jamais été reconstruit.

Quant au théâtre en plein air, couvert mais non cloisonné, il est question périodiquement de le fermer. Le théâtre est entièrement rénové en 2000 et dispose d’une capacité de 10 000 places assises. Cet équipement moderne est très apprécié par les artistes et accueille les plus grandes stars.

En 2011, la Halle aux vins fait peau neuve. Avec le hall 5, c’est le seul bâtiment d’origine épargné par l’incendie de 1979. Adieu maison à colombages et folklore alsacien, la métamorphose se fait en rouge et noir avec une grande fresque du vignoble qui trône fièrement. La halle peut se transformer en salle de conférences ou de spectacle de 1 300 places. L’occasion de repenser également la dégustation collective, avec la mise en place de la « Feuille de vigne » au cœur de la Halle aux vins, avec des vins sélectionnés conjointement par l’association des sommeliers et le Civa. Les familles professionnelles prennent leurs quartiers dans le hall 4 devant l’entrée du théâtre pour un stand de dégustation des vins primés et sigillés.

La foire aux vins, c’est ce savoureux mélange de bazar commercial, de rencontres et de discussions techniques sur le parc agricole, de musique et de bonne humeur autour des vins d’Alsace. Que la fête commence !

1er congrès de la viticulture française

Au nom des vignerons français

Vigne

Publié le 12/07/2017

Ils étaient tous là : représentants des Coopératives (CCVF), des Vignerons indépendants (VIF), des AOC (Cnaoc) et des IGP (Vin IGP). Et le moment était choisi alors que le cycle électoral se termine en France et que l’Union Européenne aborde une période de négociation importante avec le Brexit et la réforme de la Pac. Stéphane Héraud, président de l’Association générale de la production viticole (AGPV) a porté un message unitaire, « au nom des vignerons français ». En présence du commissaire Phil Hogan, les préoccupations se sont concentrées sur les enjeux européens.

La filière viticole tient à conserver une OCM Vin, avec un système de régulation des plantations alors que le dispositif d’autorisation a été arraché de haute lutte lors de la dernière réforme. En Italie, sans la limitation à 1 %, le pays aurait vu son potentiel viticole augmenter de 10 % l’an passé, de quoi déstabiliser sérieusement le marché. La filière souhaite également conserver des aides aux investissements structurantes pour la filière et ne veut pas entendre parler d’aides à l’hectare. L’Europe doit néanmoins assurer un cadre juridique stable pour les opérateurs et simplifier la mise en œuvre de ces aides, jugée trop contraignante, pour être plus efficientes, estime Jérôme Despey, président du conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer. Phil Hogan s’est dit favorable à un dispositif qui a fait ses preuves. Depuis 2008, les exportations européennes progressent de 10 milliards d’euros par an. La viticulture apporte un excédent commercial à l’Union et assure 3 millions d’emplois directs « dans des zones rurales où les emplois de qualité sont rares ». Sur le montant du budget global, le Commissaire ne s’est pas engagé à la place des États : « si nous voulons garder la même enveloppe budgétaire, soit le Brexit n’aura pas lieu, soit les États membres devront contribuer plus… »

Les producteurs français revendiquent également le maintien de la réglementation spécifique des IGP vins qui garantit l’origine à 100 % des raisins alors que la réglementation horizontale des IGP permet d’intégrer une part de matière première venant de l’extérieur de la zone. La réglementation étiquetage doit être maintenue pour « garantir l’origine des produits au consommateur », estime Michel Servage, président de Vin IGP. Toutefois, l’inquiétude est palpable sur la fin de l’exemption possible de la liste d’ingrédients à faire figurer sur l’étiquette. Cette nouvelle obligation laisse présager des analyses coûteuses et des contraintes d’étiquetage importantes pour les producteurs qui ne font que « noyer le consommateur dans un flot de surinformation dont il n’a que faire », estime Thomas Montagne, Président des Vif.

L’assurance, une voie de progrès pour les agriculteurs européens

Avec la multiplication des aléas climatiques, la profession met la priorité sur l’amélioration de l’outil assurantiel, dans le cadre du prochain règlement omnibus. Elle propose une baisse de la franchise de 30 à 20 % et le remplacement du principe de moyenne olympique par une référence de rendement maximal. Le commissaire s’y est déclaré favorable mais l’analyse financière est en cours pour en estimer la faisabilité. Michel Dantin, député européen, estime que pour y parvenir, il faut convaincre les autres états européens que l’assurance est « une voie de progrès pour les agriculteurs européens ». Afin de mieux anticiper les aléas et assurer une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, la filière préconise la mise en place d’un observatoire du marché européen. « On ne peut plus continuer à naviguer à vue », constate Thierry Coste, président du groupe vin du Copa-Cogeca.

La viticulture est prête à répondre aux attentes sociétales notamment en matière de réduction des intrants. Pour Bernard Farges, président de la CNAOC, « la mutualisation des moyens permettra de nous adapter le plus vite possible. Nous avons besoin d’innovations sur le matériel viticole mais aussi sur le matériel végétal ». L’intégration de cépages résistants dans les cahiers des charges doit être facilitée et la reconnaissance de la certification française Haute Valeur Environnementale par l’Union Européenne serait un plus. Enfin, un grand plan européen, comparable au plan de lutte français contre le dépérissement de la vigne serait également une avancée. Boris Calmette, président de la CCVF, estime qu’il serait judicieux de pouvoir mobiliser les moyens du fond de mutualisation sanitaire et environnemental sur la prospection préventive dans le vignoble car, notamment en matière de flavescence dorée, c’est encore la prévention qui reste le moyen de lutte le plus efficace.

2e circonscription du Haut-Rhin

Jacques Cattin, élu positif

Vie professionnelle

Publié le 21/06/2017

L’agriculture alsacienne a bien fait les choses avec deux hommes issus de ses rangs élus dans la chambre basse : Antoine Herth représentant l’agriculture et Jacques Cattin la viticulture, un Bas-Rhinois et un Haut-Rhinois… Et surtout deux pragmatiques…

À la tête de l’entreprise familiale depuis 35 ans, Jacques Cattin fait prospérer sa société, devenue le 10e opérateur du vignoble et employant 34 salariés. La structure exploite 65 ha en propriété et achète des raisins et du vrac pour commercialiser 3,8 millions de bouteilles par an dont la moitié en crémant. Il cède aujourd’hui ses activités professionnelles à son frère Jean-Marie pour la partie production et à son fils Jacques pour la partie négoce.

Au niveau professionnel, Jacques Cattin s’est fortement engagé, notamment au sein du syndicat des producteurs de Crémant d’Alsace dont il a assuré la présidence de 2009 à 2017. Il fut président de la Fédération Nationale de 2013 à 2016 et a beaucoup œuvré pour promouvoir l’image des crémants, notamment par le biais des championnats du monde WRC de rallye. Ces responsabilités l’ont conduit à siéger jusqu'à cette année au bureau de l’Ava. Il est également élu à la chambre d’agriculture depuis 1995 et membre du bureau.

Jacques Cattin n’est pas un novice en politique : maire de sa commune Vœgtlinshoffen depuis 1995, Conseiller régional depuis 2010, 6e vice-président de la région Grand-Est, il était le suppléant de Jean-Louis Christ auquel il succède. Connu pour son franc-parler et son humour, il a placé sa campagne sous le signe « du bon sens », refusant de faire « de la politique politicienne ». Approché pour une investiture sous l’étiquette de la République en Marche, il est resté fidèle à sa famille politique, refusant de se laisser porter par la vague… La circonscription est finalement concédée par LREM au Modem. Hubert Ott, son candidat, se place largement en tête à l’issue de premier tour. C’est sans compter la détermination de cet entrepreneur conquérant : il fait campagne jusqu’au bout et arrache la victoire à 51,39 % pour faire son entrée à l’Assemblée Nationale à 58 ans.

Jacques Cattin aimerait porter pendant cette législature une réforme du système de dotation pour aléas. « Aujourd’hui, compte tenu des aléas climatiques et de la volatilité des cours, les exercices comptables des exploitations sont trop fluctuants. Le système de dotation pour aléas existant est trop rigide. Il permet d’affecter 27 000 € par an et par exploitant mais sur un compte bloqué. Or, la trésorerie fait parfois cruellement défaut aux exploitations. Il faudrait pouvoir réinjecter cet argent dans l’entreprise et faire évoluer le dispositif vers un compte d’épargne précaution » explique-t-il.

«Je sais d’où je viens»

Il s’engage à défendre sa circonscription, l’Alsace et le pays : « Je sais d’où je viens », c’est pourquoi il portera un regard attentif sur les dossiers agricoles et viticoles. « Je ne veux pas oublier les spécificités de notre territoire, les problématiques des vallées et de l’agriculture de montagne qui doit être soutenue, notamment dans le contexte de suppression des quotas laitiers. Il va bien falloir accorder un soutien particulier à ces agriculteurs pour qu’ils continuent à entretenir le paysage pour que les gens des villes puissent encore venir se promener sur les sommets des Vosges. »

Jacques Cattin fait partie des 424 nouveaux députés de cette assemblée. Prêt à voter les réformes Macron qui lui paraîtront pertinentes, il veut être « un élu positif », constructif, convaincu qu’en faisant partie de l’opposition, « c’est la meilleure option pour se faire entendre ».

Sur 15 circonscriptions alsaciennes, neuf ont été renouvelées. Jacques Cattin, avec Raphaël Schellenberger (LR - 4e circonscription du Haut-Rhin) et Olivier Becht (DVD - 5e circonscription du Haut-Rhin) ont réussi des successions annoncées difficiles. Aux côtés des six députés réélus et des six nouveaux députés issus des rangs de la République en Marche, ils devront se faire entendre et porter la voie de l’Alsace.

Confrérie Saint-Étienne

Quand l’œnologie rejoint la philosophie

Vigne

Publié le 01/06/2017

Le grand maître Pascal Schulz a convié l’œnologie française et internationale pour ce chapitre dédié à la science du vin. Il précise que la connaissance n’est pas une opinion, une croyance mais un socle sur lequel on doit s’appuyer. Et c’est à partir des fondamentaux que le travail de la réflexion peut se construire.

Au service de la qualité

La science du vin s’est consacrée à l’amélioration de sa qualité. La discipline est née, comme l’a rappelé le grand chambellan Jean-Louis Vézien, avec les travaux de Pasteur et s’est rangée du côté des vins de terroirs, alors que les breuvages industriels leur faisaient une concurrence féroce.

L’œnologie permet d’affirmer un peu plus la singularité des vins et en particulier des vins d’Alsace. Elle aide à déterminer le choix d’un cépage adapté à son terroir, à son climat pour exprimer son meilleur potentiel. Elle intervient pour définir la date des vendanges, « cet instant fugace d’alignement des planètes qu’il ne faut pas manquer ». Puis vient la conduite de la fermentation dans des conditions optimales et le choix du moment de mise en bouteille après la maturation nécessaire et suffisante pour un vieillissement idéal. C’est ainsi que naissent les grands vins…

Le vin, produit de plaisir qui s’inscrit dans une consommation responsable, dans un souci constant de ne pas perdre le contrôle de soi, indique Cyril Payon, président de l’Union des œnologues de France. Il rappelle au passage les repères de consommation 1-2-3-4 : avec 1 jour d’abstinence par semaine, 2 verres par jour pour une femme, 3 verres pour un homme et 4 verres lors d’occasions spéciales. Mais au-delà de ces chiffres, le vin est « un produit de partage, un concentré de valeurs qui souligne l’importance du rapport à l’autre ».

Une discipline internationale

L’œnologie est donc une science au service d’une grande cause, défendue à travers le monde : celle du vin, consommé avec modération, bon pour la santé et bon pour le moral. L’Union internationale des œnologues fédère 18 associations nationales (10 sur le continent européen, 6 sur le continent américain, en Chine et au Japon) et plus de 9 000 œnologues, a précisé Serge Dubois, président de l’Union internationale des œnologues.

Les intronisés du jour au titre de consœur et confrère apprentis furent Coralie Bastian et Markus Wisser. Au titre de confrères vignerons : Philippe Zinck, vigneron à Eguisheim, et Mathieu Zoeller, vigneron à Wolxheim. Au titre de consœur et confrère œnophiles : Carole Keller Lefebvre, présidente de l’Union des œnologues de France Région Alsace, Bernard Oberle, chef d’entreprise, grand amateur de vins d’Alsace. Au titre de consœur sénéchal, Martine Stoffel Asterot, directrice générale de la chocolaterie Stoffel et œnophile. Enfin au titre de confrères d’honneur, Serge Dubois, président de l’Union internationale des œnologues, Cyril Payon, président des œnologues de France, et Emilio Defilippi, vice-président de l’Association des œnologues italiens.

Caisse d’assurance accidents agricoles (CAAA) du Haut-Rhin

La sécurité fait partie du job

Pratique

Publié le 05/03/2017

Les CAAA d’Alsace ont constaté en 2015 et 2016 une recrudescence des accidents liés aux machines en marche. Ce risque concerne tant les salariés que les non-salariés et ces accidents sont souvent assez graves puisqu’en 2016, onze d’entre eux ont engendré l’amputation d’un membre ou encore d’un ou plusieurs doigts. Ces drames sont évitables selon Jean-Michel Habig, président de la CAAA du Haut-Rhin. Car si la machine est au cœur du métier d’agriculteur une véritable alliée, elle peut aussi se transformer en ennemi. Un moment d’inattention, une petite négligence et le drame se produit, laissant parfois des séquelles pour la vie.

Aussi, pour enrayer cette série, les Caisses du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ont engagé un plan d’actions. Et cette réunion constitue une étape supplémentaire dans ce travail de sensibilisation, car une meilleure connaissance des risques permet de les réduire. Sensibiliser les lycéens, lire plus efficacement le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), effectuer les chantiers à plusieurs, bien les préparer et les coordonner, arrêter les machines avant toute intervention sont, pêle-mêle, quelques-unes des actions qui permettraient de réduire les risques d’accidents liés aux machines en mouvement. D’autres pistes ont été évoquées par les différents intervenants invités à cette réunion (à lire en encadrés).

Montant forfaitaire des aides réévalué

Ces quatre dernières années, la Caisse a attribué plus de 408 634 € d’aides financières sur des actions précises ou des contrats de prévention. Bonne nouvelle, le montant forfaitaire de ces aides a été réévalué. Et un nouvel outil est désormais éligible à ces aides, à hauteur de 40 % de l’investissement : le lève-tête pour bovin. En 2017, la CAAA mettra l’accent sur certains outils, parmi les plus efficaces, comme les manchons de protection pour les prises de force, les gants pour l’utilisation de sécateur électrique, les filtres à air pour les cabines de tracteur, qui doivent être renouvelés tous les ans pour être efficaces.

52 interventions dans l’enseignement agricole

En plus d’allouer des aides à l’investissement dans du matériel de sécurité, la CAAA mène aussi des actions de prévention sur le terrain. Anthony Metzger, conseiller en prévention, revient sur les actions menées en 2016 : session de formation au bûcheronnage, stands au salon Agriculture de demain, lors des confrontations européennes holstein et lors du concours départemental de labour. Les conseillers en prévention sont aussi intervenus dans les établissements scolaires, au gré de 52 interventions auprès d’un maximum de filières et sur des thématiques différentes. Les élèves de bac pro sont amenés à visiter une exploitation agricole et à en réaliser le DUERP, sur lequel ils sont notés. L’objectif est de les aider à faire le leur plus tard, sur leur propre exploitation.

Un CHSCT pour les TPE et PME

La CAAA a aussi participé aux réunions trimestrielles des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) des entreprises agricoles de plus de 50 salariés. En outre, la CAAA est membre de la Commission paritaire d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CPHSCT), une nouvelle instance qui agit en faveur des TPE et des PME des secteurs de la production agricole qui n’ont ni délégués du personnel ni CHSCT. Les actions de prévention de la maladie de Lyme ont été reconduites, avec l’installation de quatre panneaux et l’organisation de trois conférences-débats. La mise en œuvre des Certiphyto se termine avec pas moins de 12 000 personnes formées en 3 ans. Et le site internet de la CAAA (www.3caaa.fr) apporte de nombreux outils : documents gratuits d’aide à la rédaction des DUERP, vidéos, cartographie des points de rencontre avec les secours en forêt…

Six thèmes majeurs

La CAAA est, avec la MSA, partie prenante du Plan santé sécurité au travail (PSST) 2016-2020 dont Anthony Metzger, conseiller en prévention, rappelle les six thèmes.

  • les TMS : l’objectif de la CAAA est de toucher un maximum de personnes et de les sensibiliser à ce risque professionnel
  • le risque psychosocial (RPS) : deux actions sont en cours avec la MSA, visant à inciter les agriculteurs à parler de leur travail et de son incidence sur leur vie
  • le risque chimique : la CAAA va utiliser le logiciel Seirich, un outil d’évaluation du risque chimique en ligne
  • le risque animal, avec deux principaux thèmes : la contention des bovins et les comportements avec les chevaux.
  • la lutte contre la désinsertion professionnelle : suite à un accident, la reprise d’activité est parfois difficile. Il faut en être physiquement et psychologiquement capable, parfois il faut adapter le matériel, les installations, ce qui peut s’avérer coûteux.
  • le risque machine : après de nombreuses déclarations d’accident en 2016, la tendance se poursuit en 2017.

Objectif « zéro accident », plus que jamais une priorité

2016 s’est achevée avec des dépenses de prévention en hausse, près de 177 000 € ont été mobilisés. Parmi les actions prioritaires figurent la formation aux risques professionnels. 50 000 € ont ainsi été dépensés pour former les assurés aux risques de leur métier, mais aussi aux moyens de prévenir ces risques et aux attitudes à avoir en cas d’accident. Deuxième action clé, les aides financières à l’achat d’équipements de sécurité. Elles ont mobilisés plus de 82 000 € en 2016. Les aides à l’acquisition de dispositifs de contention, de sièges de tracteur avec ceinture, ainsi que d’équipements de protection individuelle (phytosanitaires & tronçonneuse) mobilisent toujours d’importants crédits.  Le Président Jean-Michel Habig évoque enfin la mise en œuvre de deux actions nouvelles, demandées par la profession. La première a pour objet la sécurisation des attelages agricoles empruntant les routes départementales, au travers de la commercialisation depuis le 1er juillet 2016, d’une bâche de pré-signalisation lumineuse à fixer à l’arrière des attelages. La seconde vise à proposer aux chefs d’exploitation, nombreux à faire du bois, une journée de sensibilisation à l’utilisation en sécurité de la tronçonneuse et à son entretien. La tronçonneuse étant la deuxième machine la plus impliquée dans les accidents suivis d’arrêts de travail, sa manipulation et son entretien nécessitent un vrai savoir-faire. C’est aux côtés des maîtres-bûcheron de l’Ecole de bûcheronnage de Saverne, que la CAAA convie les chefs d’exploitation du Haut-Rhin. (Informations auprès du service « Prévention » de la CAAA-68, tél : 03 89 45 68 22).

Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Remettre le Civa au cœur du vignoble

Vigne

Publié le 26/01/2017

Didier Pettermann revendique un changement de stratégie à 180 ° : « On ne fera plus ce que nous conseille de faire telle ou telle agence. Mais on regarde de quoi nos opérateurs ont besoin et on met en place les outils pour y parvenir. » Le regard porté par le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) est à la fois critique et volontariste. Le mode de gouvernance, et notamment l’alternance de président tous les ans, a conduit peu à peu le Civa à s’éloigner de la réalité des opérateurs. « Les salariés se sont retrouvés parfois coupés des besoins du terrain et les élus se trouvaient contraints de valider des choix stratégiques sur lesquels ils n’avaient pas de grande marge de manœuvre. » Or il fait le constat que tous les opérateurs, quelle que soit leur famille professionnelle, « souhaitent vivre décemment de leur métier et pouvoir un jour transmettre leur entreprise. Et pour cela nous devons faire de la valeur ajoutée, c’est notre principal objectif. »

Le conseil de direction, centre névralgique

Pour servir cet objectif, Didier Pettermann s’est astreint pendant les quatre derniers mois avec Gilles Neusch, directeur adjoint, à construire un projet stratégique. Désormais la seule instance décisionnaire sera le conseil de direction ; fini le bureau stratégique. L’organisation interne est restructurée autour de trois pôles : marketing et communication, intelligence économique, recherche et développement. Ces trois pôles s’appuieront sur un travail en commission qui associera élus représentatifs et experts dans les domaines concernés. Ces commissions élaboreront la feuille de route des priorités du vignoble à court, moyen et long terme (lire encadrés).

À travers cette nouvelle organisation, Didier Pettermann souhaite améliorer l’efficacité technique et financière du Civa, en optimisant le fonctionnement à moyens budgétaires constants. Il souhaite également revoir la manière de coopérer avec les entreprises, les partenaires, les institutionnels. « Nous devons mieux communiquer et expliquer ce que fait le Civa. C’est pourquoi nous présentons nos actions depuis quelques mois dans la Revue des vins d’Alsace. Nous communiquerons également plus régulièrement dans la presse hebdomadaire : le Paysan du Haut-Rhin et L’Est Agricole et Viticole. Nous devons tourner la page et lever les crispations qui existent aujourd’hui dans le vignoble en redonnant tout son rôle à l’interprofession sans empiéter sur les champs de compétences des autres. » Bref, le président veut remettre l’église au centre du village et placer l’intérêt général du vignoble au-dessus des querelles. Un programme ambitieux à ne pas perdre de vue.

Fédération Nationale des Producteurs et Élaborateurs de Crémant

Les Crémants de France obtiennent gain de cause devant le Conseil d’État

Vigne

Publié le 16/12/2016

Après avoir gagné 33 des 36 recours contre les IGP effervescents au mois de mars 2015, la Fédération Nationale des Producteurs et Élaborateurs de Crémant obtient une nouvelle fois gain de cause dans son action auprès du Conseil d’État pour défendre ses intérêts et sa vision du marché des effervescents par rapport aux IGP. Sur les 33 cahiers des charges précités, 8 ont fait valider un « cahier des charges - nouvelle version » par l’INAO et les Ministres de tutelle dès le mois de novembre 2015.

La Fédération des Crémants s’est opposée à cette validité en engageant devant l’INAO la procédure nationale d’opposition. N’ayant pas obtenu gain de cause auprès de l’Institut, elle a décidé une nouvelle fois de saisir la plus haute juridiction nationale pour faire entendre son point de vue. Ce qui est chose faite !

Le Président de la Fédération Nationale des Producteurs et Élaborateurs de Crémant, le Jurassien Franck Vichet, qui vient d’ailleurs d’être reconduit dans ses fonctions à la tête de cet organisme en date du 6 décembre dernier, est ravi : « Évidemment nous sommes contents que le droit nous ait donné raison et nous sommes heureux d’avoir une nouvelle fois atteint quelque 90 % de nos objectifs en faisant annuler 7 des 8 cahiers des charges. Ce qui semble important et primordial pour nous, c’est en premier lieu d’éclairer le consommateur dans son acte d’achat et de ne pas jouer la carte de confusion avant tout. La ligne de conduite doit être claire, rigoureuse et pragmatique et respectueuse des usages et des traditions. Il n’est pas acceptable que l’on puisse produire une même IGP avec des conditions de production et d’élaboration qui varient à 180 degrés. Imaginez-vous qu’une même IGP puisse produire des vins et revendiquer son origine à partir de la méthode de la cuve close et de la méthode traditionnelle ? Nous sommes persuadés que le consommateur ne s’y retrouverait pas dans cette gamme déjà très large. Notre souhait réside dans un objectif d’éclairer le consommateur dans son choix et de respecter l’existant, ou de le faire respecter ».

Les Crémants de France, issus de huit régions que sont l’Alsace, Bordeaux, la Bourgogne, Die, le Jura, Limoux, la Loire et depuis peu la Savoie, sont en constante progression d’année en année. Ensemble, ces syndicats représentent l’équivalent de 80 millions de bouteilles commercialisées par an.

Journée de l’économie alsacienne

Région Grand Est : mythe ou réalité ?

Vie professionnelle

Publié le 13/09/2016

La journée de l’économie alsacienne réunit chaque année, lors de la foire européenne de Strasbourg, les entrepreneurs des trois chambres consulaires autour d’une thématique. Près de 500 d’entre eux, issus de l’artisanat, de l’industrie ou de l’agriculture, ont répondu à l’invitation pour s’interroger sur les opportunités économiques offertes par la région Grand Est.

Bien que cette réforme soit arrivée un peu comme un cheveu sur la soupe, le préfet de région comme le président de région se sont montrés rassurants. En huit mois, les organisations administrative et politique de Grand Est sont en ordre de marche. Certes il faut revoir les façons de faire pour Stéphane Fratacci : l’administration doit apprendre à développer « une culture professionnelle multisites ». Mais plus question pour l’ancien président du Conseil régional d’Alsace de sillonner de long en large la région pour connaître la moindre commune du territoire : la tâche est insurmontable avec pas moins de 5 000 communes sur un territoire deux fois grand que la Belgique… « La façon d’agir ne peut plus être la même, on doit être dans la stratégie… », estime Philippe Richert.

Une stratégie qui oblige à être innovant et à rationaliser le temps et les déplacements des réunions avec le développement de la vidéoconférence. Une nécessité compte tenu des budgets de plus en plus contraints… Et qui pourra conduire à terme à des économies notamment sur le back-office des structures : centralisation des services informatiques, de paies, etc. Rien que sur la communication, le budget de la Région Grand Est a été réduit de 6 millions d’euros par rapport à la somme des trois régions.

Rassurer les citoyens

Pour l’administration, la région ou les chambres consulaires, l’objectif est le même : il faut rassurer les citoyens en gardant de la proximité ! Les conseillers techniques doivent être sur le terrain pour écouter et accompagner les projets des entreprises, qui ne doivent pas ressentir le changement. « La proximité, c’est notre ADN », assène Jean-Luc Heimburger, président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Strasbourg. Une proximité qui pourrait même être accrue en Lorraine comme en Champagne-Ardenne où les services étaient jusqu’alors très centralisés sur Châlons-en-Champagne et Nancy.

Il faut également garder les spécificités régionales et ce qui marche : pas question de remettre en cause le financement du bilinguisme ou la marque Alsace… Au contraire, l’idée est plutôt de reproduire dans le territoire ce qui fonctionne. Une marque Lorraine est en cours de lancement et nos voisins regardent avec beaucoup d’intérêt notre pratique des langues. Pour Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace, le partage d’expériences doit contribuer à l’enrichissement de la formation des conseillers techniques et faire progresser l’ensemble des agriculteurs de la région. Bernard Stirnweiss, président de la CCI d’Alsace, estime même que l’élargissement de la base géographique peut être un atout pour la dynamique des pôles de compétitivités et des clusters. Dans le cadre du projet « usine du futur », 170 entreprises ont été identifiées en Alsace comme apporteur de solutions dans le digital, l’amélioration de l’agilité sur les process, la gestion des achats ou les économies d’énergies. « Le développement de ce projet à l’échelle Grand Est aurait un effet démultiplicateur. »

Faire émerger des projets structurants

La région Grand Est peut même constituer un gisement d’opportunités. Pour Jean-Paul Bastian, le maintien de la production et de la transformation de betteraves à sucre en Alsace n’a pu se faire que grâce au partenariat noué avec la Marne, dans un secteur où la compétition internationale est très forte. Le Grand Est est la première région agroalimentaire ; des projets structurants doivent émerger pour renforcer les liens entre production et transformation pour maintenir des entreprises, des emplois et des exploitations sur le terrain.

Un grand territoire permet aussi de mutualiser des atouts et d’élargir l’offre vis-à-vis des investisseurs. Quand le problème du foncier est un facteur limitant en Alsace, il l’est beaucoup moins de l’autre côté du massif des Vosges. Ce qui doit nous amener à développer une stratégie territoriale où les métropoles de Nancy et Strasbourg ne se livrent pas une concurrence stérile. Il faut plutôt penser un développement cohérent du territoire à l’image de ce qu’a fait l’Alsace autour d’une « colonne vertébrale » avec les villes de Haguenau, Strasbourg, Colmar et Mulhouse. La taille de la nouvelle région donnera une visibilité stratégique à l’international.

Rayonner à 360 °

L’Alsace avait plutôt l’habitude de regarder vers le Rhin supérieur avec une forte compétence sur l’export qu’elle doit préserver. Mais située aux portes de l’Ile de France et de la Belgique, des territoires économiquement très dynamiques, elle doit désormais rayonner à 360 °. Pour cela, elle doit affirmer son identité avec un objectif affiché de se présenter très rapidement comme la première région numérique de France, avec un accès à la fibre sur l’ensemble du territoire.

La région va désormais reprendre plus de 700 politiques différentes qui étaient mises en œuvre dans les trois régions. C’est un travail colossal a indiqué Philippe Richert… Il y a beaucoup de choses à faire, estime Jean-Luc Heimburger, mais il faut faire confiance à l’intelligence collective. D’autres régions sont restées sur leurs anciens périmètres et n’ont pas eu à se réformer. L’ensemble des acteurs ont bien l’intention de se retrousser les manches, sans perdre de temps, pour faire de cette région imposée, une région économiquement performante, avec laquelle il faut compter au cœur de l’Europe. Volontarisme est le mot d’ordre du jour !

Rencontres annuelles Groupama

Mieux vaut prévenir que guérir

Vie professionnelle

Publié le 17/05/2016

François Schmitt, président de Groupama Grand Est, est revenu en préambule sur les résultats du groupe (lire en page 7 de notre édition du 1er avril), qui conforte actuellement ses positions stratégiques par son partenariat entre Orange et Groupama banque. Cette opération devrait porter le nombre de clients de Groupama banque de 500 000 à environ 2 millions. « Groupama va devoir investir pour accompagner le développement de cette structure et va bénéficier de la technologie Orange sur les moyens de paiement », notamment sur le marché international. Au niveau régional, Groupama Grand Est recense 405 000 clients et 189 agences. C'est un acteur important de l'économie locale qui réinjecte par l'accompagnement des sinistres chaque année 400 millions d'euros, qui retournent vers les entreprises et les artisans.

Leader et précurseur en matière de prévention depuis 60 ans

Pour un assureur, les meilleurs sinistres sont ceux qui sont évités. La prévention est un enjeu essentiel, comme l'a rappelé Olivier Larcher, directeur général, à travers quelques chiffres. 3 500 personnes meurent chaque année sur les routes en France : ce sont pas moins de 2 500 sinistres corporels par an dans le Grand Est. 11 millions d'accidents domestiques sont répertoriés chaque année et sont à l'origine de 20 000 décès par an, soit la troisième cause de décès : c'est un sujet sous-estimé « auquel on doit s'attaquer notamment auprès des jeunes ». Enfin, on recense 270 000 incendies par an, à l'origine soit de travaux (soudure, meulage), de cigarettes ou de défauts d'installation.

Sébastien Court, responsable de la prévention, a rappelé que Groupama était leader et précurseur en matière de prévention depuis 60 ans. Précurseur sur les opérations de sensibilisation à la conduite responsable dans les écoles avec l'opération 10 de conduite jeunes en partenariat avec la gendarmerie qui permet de former 2 000 élèves par an sur les 12 départements de Grand Est. Dans les lycées agricoles et les maisons familiales, Groupama organise depuis 40 ans le 10 de conduite rurale. Fort de cette expérience, l'assureur organise également des stages de conduite à l'attention des jeunes, des seniors, des entreprises et des collectivités. Ce sont des formations théoriques et pratiques pour préparer à la conduite en conditions difficiles mais également pour favoriser les réflexes d'écoconduite.

Les conseillers de Groupama sont également présents sur site en entreprises et collectivités pour faire de l'analyse de risque en prévention sur les questions d'incendies, de protection contre le vol et la malveillance, les risques environnementaux et sur des nouvelles problématiques, notamment en agriculture comme les installations photovoltaïques et de méthanisation. En Alsace, la prévention est une priorité. Rémy Losser a rappelé que les Caisses locales organisaient de nombreuses réunions de formation et d'information, notamment sur l'utilisation des extincteurs, car « ce n'est pas tout d'en avoir, encore faut-il savoir s'en servir en cas de besoin ! » Groupama a mis en place les jokers de la route, pour convoyer notamment au retour de manifestations les personnes en toute sécurité. Enfin Joseph Ehrhart signale une initiative pilote expérimentée dans le Haut-Rhin avec la Caisse d'assurance-accidents agricoles du Haut-Rhin : la création de bâche clignotante à apposer sur les remorques pour sécuriser les convois agricoles contraints de circuler sur des axes dangereux en période de récolte. Cette bâche a un coût de 150 € ; la CAAA du Haut-Rhin et Groupama rembourseront 50 € aux 200 premiers acquéreurs. Enfin Groupama soutient avec le SDIS l'opération de prise en charge de dix jours de service de remplacement pour tout agriculteur engagé comme sapeur-pompier volontaire.

Les objets connectés, les nouveaux amis de la prévention

La prévention bénéficie des apports technologiques des objets connectés. Et là tout reste à faire et à inventer… mais déjà dans l'automobile, il est désormais possible de détecter les pannes, de localiser les voitures volées et d'analyser les pratiques des conducteurs. Ainsi la Caisse régionale est pilote sur le projet « Groupama on board », une assurance pour jeune conducteur qui, par une application, enregistre les pratiques au volant, génère un score, propose des modifications de comportements à adopter pour améliorer sa conduite et se traduit par une réduction de prime jusqu'à 35 % sur la cotisation. 

Dans les maisons, ces petits objets peuvent prévenir du vol mais aussi des incendies. Ainsi la « box habitat » de Groupama permet de sécuriser son domicile. Et pour la santé des personnes, ces objets permettent d'observer le bon suivi d'un traitement, d'alerter en cas de problème et ainsi de favoriser le maintien à domicile : Groupama propose d'ores et déjà une montre connectée pour les seniors et les travailleurs isolés qui fonctionne comme une balise de détresse. Les nouvelles technologies doivent aussi faciliter la vie. Ainsi Groupama teste une assurance ultra-simple destinée aux étudiants, à souscrire sur smartphone en quelques clics pour assurer son habitat. Ou encore pour les exploitants agricoles, la perte de production d'herbe peut être assurée en ligne en identifiant les parcelles avec les données satellites. 

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