Auteur

Margot Fellmann

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Boulangerie Cézamie à Logelbach

Du grain au pain

Cultures

Publié le 04/07/2023


« Une fois qu’on nous connaît, on ne nous oublie pas. » C’est avec fierté que Hazaël Bohnert, cofondateur de la boulangerie Cézamie à Logelbach, présente l’établissement et la démarche qui l’accompagne. Par conviction, Cézamie propose des produits bios et venus d’Alsace (autant que possible), des pains aux salades en passant par les boissons. « Pour la santé, la durabilité, la préservation de l’eau… Il faut soutenir un système local pour faire vivre nos agriculteurs et préserver nos terres. Ce n’est plus un choix, c’est un effort nécessaire pour le long terme », affirme-t-il.

En 2019, Hazaël Bohnert s’associe à son ancien salarié Richard Larobe, et à son copain d’escalade Steeve Raouch, pour créer une boulangerie à Logelbach, petite commune accolée à Colmar. Aujourd’hui, Hazaël, formé à la boulangerie après une carrière de musicien, opère à la gestion de l’entreprise. Richard, maître boulanger et pâtissier est à la fabrication. Steeve, fort d’un bagage de commercial, est responsable des ventes et de la restauration. Le trio d’hommes s’est retrouvé autour d’un trio d’arbres, le long du ruisseau du Logelbach. Sur un terrain vague, ils ont construit leur établissement en ossature bois, s’adossant à une petite maison de pierre préexistante. Pour chauffer les lieux, le four de boulanger suffit, grâce à un système de circulation d’air. Cézamie peut accueillir une cinquantaine de personnes dans sa grande salle, autant sur sa terrasse ombragée. La boulangerie est aussi un espace de coworking, d’animation et de vie pour les habitants du quartier.

20 ha, trois agriculteurs, deux moulins

Au rayon de la farine, la boulangerie Cézamie écoule 50 t chaque année, ce qui représente une vingtaine d’hectares. Elle travaille en direct avec trois agriculteurs alsaciens, des liens tissés au sein du réseau des Amap. La ferme Krust à Berrwiller dispose d’un moulin Astrié avec des meules traditionnelles en granit. « L’avantage est que ces meules ne chauffent pas le grain et évacuent le son sans le germe », explique le boulanger. À Berrwiller, la ferme des dahlias utilise le même moulin pour produire des farines avec des variétés anciennes. « Nous avons créé un comité de pilotage pour élaborer ces mélanges avec la ferme Moyses à Feldkirch. Il faut d’ailleurs saluer leur travail précurseur pour cette filière depuis 15 ans ! » Enfin, Cézamie s’est associée à la ferme Zwickert à Holzwihr pour produire une variété de blé dur méconnue, le khorasan. Quand il y a deux ans, cette céréale a subi le trop-plein d’eau, le boulanger s’est approvisionné plus loin, en concertation avec l’agriculteur. « On doit s’adapter à la récolte. On ne peut pas simplement appliquer un protocole, car nous travaillons avec des produits vivants qui changent d’une saison à l’autre. »

Deux moulins complètent l’approvisionnement : le moulin Herzog à Illhaeusern pour la farine T65 et le moulin Waldmuhle à Hoffen qui propose notamment une farine de petit épeautre cultivé en Alsace.

Des variétés pour se distinguer

« C’est très intéressant pour un agriculteur de se diversifier en produisant de la farine. C’est un petit marché certes, mais qui séduit de plus en plus. Les variétés anciennes peuvent aussi être utiles pour la rotation des cultures », estime Hazaël Bohnert qui ne cache pas son rêve d’être un jour paysan-boulanger lui-même. Ces différentes variétés de céréales et de farines qui en découlent permettent aussi à la boulangerie de se distinguer. La valeur nutritive, le goût, la couleur sont autant d’aspects qui plaisent aux consommateurs. « Mais il ne faut pas s’éparpiller, car les coûts et donc les prix augmenteraient », insiste Hazaël Bohnert. « Nous sommes plus que satisfaits de notre clientèle. Les grandes chaînes installées un peu plus loin sur des ronds-points ne nous concurrencent pas vraiment. En fait, notre baguette est au même prix. Nous faisons un vrai effort, car c’est un symbole très fort ! »

 

Contournement de Châtenois

Une décision qui fait fausse route

Vie professionnelle

Publié le 29/06/2023


C’est un projet dont les habitants de Châtenois entendent parler depuis 50 ans : celui du contournement de leur commune. Une large route permettant aux véhicules d’éviter celle qui traverse le village et sature complètement le trafic matin et soir. En 2019 enfin, le projet d’aménagement de ce contournement de 5 km est autorisé et lancé dans la foulée. Le contournement est plébiscité par les habitants et les usagers de la route, soutenu par la Collectivité européenne d’Alsace (CEA) et les élus. Mais l’association Alsace Nature saisit, dès 2019, le tribunal, pour s’opposer à cet aménagement routier. Elle s’inquiète des dégradations de zones humides et de trop faibles compensations environnementales face aux 7 ha de zones humides détruits. Mais force est de constater que le temps de la justice n’est pas celui des conducteurs de travaux qui estimaient la fin du chantier en 2023. Aujourd’hui, les vignes, prés et forêts ont disparu pour laisser place à une large bande sablée et plusieurs ponts. Et pourtant…

Le 12 mai 2023, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé l’autorisation environnementale et avec elle l’autorisation de mener ces travaux. Alors, ce 3 juin, une manifestation a été organisée pour dénoncer l’absurdité de l’arrêt des travaux à quelques mois de la fin.

« Tous concernés »

La manifestation a démarré vers 16 h, ouverte par quelques tracteurs, suivis d’une brochette fournie d’élus locaux. Maires, députés, sénateurs… presque tous ont répondu présents. Dans le cortège, nombreux sont les Castinétains, mais aussi les habitués du trafic chargé, comme cet habitant de Marckolsheim, venu spécialement protester et qui ironise ce jour-là de voir la route bloquée pour une autre raison. En effet, aux côtés des citoyens, les agriculteurs du coin ont répondu présents et leurs tracteurs empêchent la circulation.

La N59 est un axe essentiel du Centre Alsace, reliant la plaine aux vallées, zigzagant entre les deux départements. Principal accès au tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines, c’est une route de transit. Mais pour un certain nombre d’Alsaciens, c’est aussi la route du travail, vers les grosses entreprises du Val d’Argent dans le Haut-Rhin. Dans la vallée voisine du Bas-Rhin, celle de Villé et ses fermes ne sont pas moins impactées par la traversée de Châtenois. Comme témoigne l’un d’eux, venu de Heidolsheim. « Quand on va chercher du fourrage et qu’il faut traverser Châtenois chargé, ce n’est vraiment pas évident avec cette circulation ! »

Pour Olivier Sengler, agriculteur et viticulteur à Scherwiller, la colère est aussi celle du contribuable : « Ce sont nos impôts ! », lance-t-il. Le chantier devait coûter 60 millions d’euros. Les panneaux vantant l’aménagement le rappellent. « Avec cette décision, l’arrêt des travaux occasionne un surcoût immédiat d’un million d’euros pour la mise en sécurité et de 250 000 € hors taxe par mois d’arrêt de chantier », avance la CEA. Pour les agriculteurs qui tiennent avec leurs tracteurs le rond-point où devait démarrer le contournement, il n’y a pas débat : « Nous sommes tous concernés ! » Mais pas tous pour les mêmes raisons… Il y a l’usage de la route, mais aussi le dossier de la compensation environnementale.

« L’agriculture ne doit pas payer la note »

C’est ce dossier qui a poussé la FDSEA et les JA du canton de Sélestat à se mobiliser. « Le niveau de compensation est déjà très élevé : plus de 58 ha de compensation pour un peu moins de 25 artificialisés. Or le tribunal semble indiquer un manque de compensation notamment sur les zones humides. Nous craignons des demandes additionnelles. Une fois de plus, les terres agricoles pourraient devenir la variable d’ajustement », explique le syndicat par voie de communiqué. « Pour ces 58 ha, le dossier est réglé », affirme Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin. Remise en herbe sans fertilisation même organique, reboisement, créations de mares… ces surfaces sont néanmoins devenues quasi non valorisable pour le monde agricole. « Nous craignons aujourd’hui de devoir encore mettre la main à la poche. Avec ce jugement, nous avons également peur de créer un précédent. »

Pour Frédéric Bierry, président de la CEA, « le projet du contournement est né grâce à une volonté collective, dont celle des agriculteurs. C’est plus du double de la surface du projet qui a été consacré pour la compensation environnementale. Les agriculteurs ne doivent pas contribuer d’avantage au regard des efforts déjà effectués. Je tiens à leur dire que leurs efforts sont reconnus et que nous respectons leur engagement. »

 

 

Un engagement également salué par le maire de Châtenois, Luc Adoneth. Alors que le cortège s’est arrêté sur le chantier avorté du contournement, il a pris la parole en premier. Il a rappelé que, dès le lendemain de l’annonce de l’annulation, Gérard Lorber et Johanna Trau, les deux présidents de canton de la FDSEA et des JA, se sont proposés pour sécuriser la manifestation et ouvrir le convoi. Un discours accompagné des acclamations et des applaudissements fournis des manifestants.

Il faut le souligner, cette manifestation a rassemblé. Les agriculteurs se réjouissent de cette mobilisation aux côtés des élus, habitants et usagers de la N59, tous du même côté de la banderole qui rappelle : « 50 ans à attendre, 60 millions gâchés. »

 

Association des fermes-auberges du Haut-Rhin

50 ans de passion de la montagne fêtés au Parc-Expo de Colmar

Élevage

Publié le 06/04/2023


Sur les coups de 16 h, ce samedi, les cors des alpes ont entonné quelques mélodies alors que les nombreux représentants de la profession, élus et représentants de l’État se rassemblaient afin d’inaugurer les festivités. C’est d’un pas entraîné qu’ils ont d’abord visité les installations inédites réservées au concours bovin, avant de parcourir le hall 5 du Parc-expo de Colmar. Dans cet espace, tout a été concentré, bien à l’abri de la pluie et du vent annoncés. Dans un coin, même les enfants tournent sur leurs petits tracteurs. Par ici, une fontaine en rondins, là encore de grandes tablées. Partout, les fermiers aubergistes s’affairent en costumes traditionnels. Et pour parfaire l’ambiance montagnarde, une délicieuse odeur de munster et autre roigebrageldi titille les papilles des visiteurs.

Les partenaires des fermiers aubergistes sont bien présents : le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, par exemple, présente aux visiteurs ses itinéraires de balades. Objectif : séduire ceux qui ne consomment pas habituellement la montagne pour leur faire découvrir ses plaisirs. Des randonnées courtes, au départ des fermes-auberges pour se donner faim avant ou digérer après un bon repas marcaire. Plus loin, Jean-Claude Mann de Muhlbach présente ses cloches à vache. Il en a d’ailleurs créé une pour cet anniversaire. Présentée à l’occasion de cette inauguration, elle voyagera ensuite de ferme-auberge en ferme-auberge.

Après cette mise en jambes, place aux discours. Et c’est le maire de Colmar, Eric Straumann, qui prend le micro en premier. « Colmar doit sa prospérité à son emplacement : à l’entrée de la plus belle vallée des Vosges, celle de Munster ! », a-t-il déclaré joyeusement afin de souligner le lien étroit entre sa commune et la montagne. Après une transhumance dans les rues colmariennes en 2021, puis cet anniversaire en ville, Eric Straumann appelle de ses vœux à de nouveaux rendez-vous du genre.

D’où l’on vient

Serge Sifferlen, président de l’Association des fermes-auberges du Haut-Rhin et fermier-aubergiste à Kruth, est ensuite monté à la tribune pour un long discours retraçant l’histoire et les combats de ses pairs. « Celui qui ne sait pas d’où il vient, ne sait pas où il va », a-t-il introduit, tout en saluant Jean Klinkert, au premier rang, qui lui a soufflé cette idée de raconter comment l’agriculture a façonné le massif. Acteur majeur du développement des fermes-auberges, ce n’est que le premier hommage qui lui a été rendu ce jour-là. Son nom a été cité par tous les intervenants suivant.

Les grandes guerres ont laissé détruites nombre de marcairies. Beaucoup n’ont pas été reconstruites. De ce passé abîmé, les acteurs du massif ont su se relever. En ouvrant la Route du fromage par exemple en 1968. En bénéficiant de décisions politiques fortes aussi, comme l’aménagement des routes pour faciliter l’accessibilité et faire venir des visiteurs dans la montagne. L’histoire mouvementée de la charte des fermes-auberges et la « transhumance de contestation » jusqu’à la préfecture de Colmar, le statut des exploitants enfin affiliés à la MSA et la loi Montagne, ou encore ce repas marcaire servi à New York à l’occasion des 100 ans de la statue de la Liberté : les souvenirs de Serge Sifferlen sont nombreux et sa passion résonne dans chaque anecdote. N’oubliant pas son travail d’éleveur, il en profite pour insister à nouveau sur l’importance de l’abattoir de Cernay, outil local indispensable.

Aujourd’hui, le président des fermes-auberges du Haut-Rhin se tourne bien sûr vers le futur, évoquant l’eau, les énergies renouvelables… Mais aussi les dossiers moins agréables comme les nuisances sonores des motards sur la route des crêtes ou les dégâts de gibiers. « Il faudra trouver des compromis tout en pérennisant l’accès à la montagne », insiste Serge Sifferlen à l’attention des politiques présents.

« Nous sommes une famille, une tribu, a conclu le fermier-aubergiste. Nous avons aussi une histoire commune avec le Club Vosgien. C’est avec eux qu’est né le sens de l’accueil des fermes-auberges. » L’avenir de ces établissements ne serait rien sans les visiteurs, et les attentes du public sont claires. « Ne changez rien, nous dit-on, se satisfait Serge Sifferlen. Si ce n’est une meilleure connexion internet. » Se déconnecter… mais pas trop donc !

Entre le tourisme et l’agriculture

Si les fermiers-aubergistes collaborent de très près avec Alsace Destination Tourisme (ADT), ils sont aussi accompagnés par la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) pour le côté élevage de la profession. Une transition toute trouvée pour passer le micro à Denis Nass, président de la CAA. « C’est un sacré métier ! a-t-il lancé à l’attention des fermiers-aubergistes dans l’assistance. Vous aménagez le territoire, valorisez la montagne, tout cela avec une multitude de contraintes. Vous avez su évoluer, tout en développant un grand sens de l’accueil. » Il insiste également sur la jeunesse, et rejoint Serge Sifferlen dans ses combats pour l’eau, le cahier des charges, les dégâts de gibier… Conditions indispensables à la transmission des exploitations de montagne, les fermes-auberges comme les autres. « Notre présence à tous montre que nous sommes pleinement mobilisés ! »

Dans les allées du hall 5, les fermiers-aubergistes sont émus et fiers que tant de personnes aient répondus à l’invitation. C’est autour d’un verre et de bons produits que cette inauguration s’est conclue. Que ce soit en ville ou à la montagne, les fermes-auberges ne déçoivent jamais les gourmands.

 

 

 

Concours départemental de la race vosgienne

Odette sacrée Grande championne et Championne adulte

Élevage

Publié le 06/04/2023


Les organisateurs ne s’y sont pas trompés en décidant de proposer le concours départemental de la race vosgienne en même temps que les 50 ans des fermes-auberges, ce samedi 1er avril, au cœur du Parc-expo de Colmar. Le public était dès lors plus citadin qu’à l’accoutumée. Une opportunité dont les défenseurs de la race ont profité. Alors quand les officiels invités à inaugurer les festivités se sont aventurés aux abords du ring, Florian Campello a saisi un micro pour accueillir les visiteurs. Josiane Chevalier, préfète du Grand Est, Louis Laugier, préfet du Haut-Rhin, étaient accompagnés des élus locaux, maires, députés et sénateurs. Attentifs, ils se sont accoudés aux barrières pour écouter les explications du président de l’Organisme de sélection (OS) de la race vosgienne.

Serge Sifferlen, guidant cette inauguration a ajouté : « La montagne est ce qu’elle est grâce à la vosgienne. » Il n’en fallait pas plus à Emmanuelle Wendling, technicienne de l’organisme de sélection, pour enchaîner avec une présentation des atouts de la race. Quelques animaux ont alors été guidés au centre de la scène, de quoi montrer l’étendue des atouts de cette vache montagnarde, et notamment sa mixité. La belle Reinette a montré au grand public les attributs d’une vache en première lactation, quand Negrita, en 3e lactation, a présenté une carrure et une mamelle plus développées. Le petit veau Tagada et sa mère ont clôturé la démonstration, démontrant ainsi que la vosgienne est aussi une excellente race allaitante. Toute la petite bande s’est ensuite retirée pour se préparer au concours.

Concours spécial, prix spécial

C’est sous l’œil aiguisé du juge Jean-Michel Curien que les candidates ont défilé. Dans la catégorie des vaches en 1ère lactation, Reinette de la ferme de l’Estive s’est imposée et a remporté le titre de Championne jeune, ainsi que celui d'« Ambassadrice des montagnes haut-rhinoises ». Ce prix spécial est « un mix entre le côté fonctionnel de l’animal (qualité des membres, capacité thoracique, qualité de bassin) avec en plus le côté esthétique (cornes, robe mouchetée) », précise l’OS.

Parmi les vaches en 2e lactation, Orore de la ferme de l’Estive a remporté la première place et le titre de Championne mamelle. Les vaches en 3e et 4e lactations ont été fièrement représentées par Nivea de la ferme Holschlag sur la première marche du podium, suivie d’Odette, Championne adulte et Grande championne de ce concours. Jeannette, présentée par Guy Lochert, a remporté la première place dans la catégorie des 5e lactation et plus, tandis que Nitnoutz s’est démarquée comme Championne allaitante.

 

 

Pascal Wittmann et Florent Pierrel

« Cultiver la collégialité »

Vie professionnelle

Publié le 09/02/2023


Pascal Wittmann, exploitant à Hochstatt et président de la FDSEA depuis 2019, est investi dans le syndicalisme alsacien depuis le début des années 1980. « Cela fait bientôt 40 ans… Je suis entré en tant que membre du conseil des Jeunes Agriculteurs (JA). Rapidement, j’en suis devenu le président. » Face à lui, ce jour-là, Florent Pierrel, éleveur à Fellering, est justement l’actuel président des Jeunes Agriculteurs depuis un an. « J’ai des échos de ton parcours syndical en tant que JA par mon associé ! » lance-t-il, tout sourire. Le ton est donné. Les deux hommes vont échanger, une heure durant, sur leur vision de l’engagement.

« La priorité, c’est l’exploitation »

Pascal Wittmann continue à dérouler son parcours. « J’ai ensuite fait campagne pour les élections de la Chambre d’agriculture. Nous avons perdu de peu de voix, même pas 1 %. Nous étions jeunes et j’étais tête de liste. Mais je vous avouerai aujourd’hui que nous n’aurions pas été prêts. » Pascal Wittmann a su rebondir en s’investissant pleinement dans son entreprise. « Avec mon frère, nous avons développé notre exploitation en France et en Roumanie pendant 20 ans. Et la priorité, c’était bien sûr d’abord notre exploitation. »

Il y a trois ans, à l’occasion de la candidature de Denis Nass à la présidence de la Chambre d’agriculture, il décide de briguer celle de la FDSEA du Haut-Rhin. Il faut dire que son fils l’a rejoint sur l’exploitation. De quoi faire face plus sereinement aux problèmes quand il est en déplacement.

« C’est tout à fait notre état d’esprit, renchérit Florent Pierrel. Peu importe l’engagement, la priorité c’est l’exploitation. C’est essentiel dans le syndicalisme de ne pas tout faire reposer sur les épaules d’une seule personne et de pouvoir garder du temps pour son exploitation. » En découle une organisation très collégiale du syndicat. « Aujourd’hui, dans l’équipe JA, nous avons un fort esprit d’équipe, mais les dossiers sont gérés individuellement par des défenseurs bien identifiés. En tant que président, je n’interfère pas. » Le jeune homme se réjouit aussi de voir dans ses rangs des personnes compétentes et investies plus ponctuellement. « L’engagement syndical, ce n’est pas forcément y passer des heures et des heures. C’est aussi être lanceur d’alerte, adhérer et faire entendre sa voix aux réunions. »

« Cultiver la collégialité »

« À la FDSEA, nous essayons aussi de cultiver la collégialité. Vous le voyez dans la presse, je laisse mes chefs de file répondre, souligne Pascal Wittmann. Au sein de l’équipe, chacun a de l’importance. » L’agriculteur se voit avant tout comme un chef d’orchestre. Il donne le tempo, mais à chacun sa mélodie.

Alors quand les syndicats sont sollicités, c’est bien le responsable du dossier qui monte au front. Florent Pierrel revendique des acolytes « pointus, qui donnent la réponse exacte et qui fait foi pour tous ». Dans un département aussi diversifié que le Haut-Rhin, difficile effectivement d’être un expert en tout. « Par exemple, sur mon exploitation je n’ai pas d’irrigation, je ne vois pas comment je pourrais en parler si je n’avais pas quelqu’un qui la pratique près de moi pour m’appuyer sur ses arguments. C’est un avantage formidable. »

Au sein du bureau des JA, certains sont présents depuis près de dix ans. « De mon côté, j’essaie d’apporter de la diversité, argumente Pascal Wittmann. L’équipe s’est beaucoup rajeunie pour les prochaines élections, elle va de 24 à 60 ans. Nous voulons intégrer des JA, qui amènent leur fougue et leur jeunesse. Nous voulons aussi féminiser l’équipe. Ce brassage est assez inédit ! »

Des binômes qui réussissent

Une invitation à rejoindre le CA du syndicat majoritaire qu’ont accepté avec plaisir les JA qui y voient une réelle avancée. « Avant il n’y avait pas de discussion. Tout d’un coup, il fallait aller en manif sans qu’on sache vraiment pourquoi… », se souvient Florent Pierrel. « Aujourd’hui, on trouve des solutions communes. En binômes JA et FDSEA, nos responsables de dossiers vont ensemble aux réunions, discutent, et essaient - quand ça marche - de défendre le même avis. Nous ne sommes pas toujours d’accord, mais on sait aussi quand on peut avoir une position divergente et quand est-ce qu’il faut être forts ensemble. » Les binômes permettent par ailleurs un suivi du dossier sur le temps. « Catapulter un incompétent dans un dossier qu’il ne connaît pas, c’est un danger. Si on prend l’exemple de la chasse, où René Zimpfer opère depuis 35 ans, je plains le petit jeune qui serait placé là, au milieu de cette partie de poker menteur sans être préparé. Au contraire, en binôme, on apprend et on transmet. »

D’accord en désaccord

« Nous sommes deux syndicats, avec nos différences, rappelle le président de la FDSEA. Nous n’avons par exemple pas la même vision de l’installation nous, aînés, que les jeunes. » Et effectivement, l’agrivoltaïsme a créé des tensions ces derniers mois, souligne Florent Pierrel. « C’est un dossier où les JA ont été en avance. Je comprends que l’agriculteur en fin de carrière cherche un revenu complémentaire pour sa retraite. Mais pour nous, dans notre politique de l’installation, c’est inenvisageable de voir laisser un seul hectare alsacien aux panneaux solaires ! »

« La FDSEA était plus pour l’expérimentation. Nous n’étions pas aussi catégoriques, raconte son président. Ils ont aussi posé la question de la transmission de ces installations au moment de la transmission de l’exploitation. Les JA nous ont donné un petit coup de pied… Nous n’avons pas toujours raison. C’est comme ça qu’on avance. »

Un dossier en chasse un autre

La chasse a fait apparaître d’autres désaccords, notamment sur la forme que doit prendre l’action syndicale. « Les JA nous ont secoués et dit : maintenant, il faut agir ! Ils ont été à l’initiative de la manifestation de Saint-Amarin. Sans eux, nous n’aurions pas réagi aussi rapidement, ni de la même manière. » Une différence de ton qui définit les JA. « Les jeunes sont plus sanguins, plus frontaux. Parfois même, les mots dépassent la pensée, confirme Florent Pierrel, se remémorant un récent échange. Mais passer par là, écouter un ancien qui nous dit qu’on doit aussi s’exprimer calmement, aller dans la conciliation, c’est un apprentissage. »

L’école des JA

Les deux présidents l’affirment, c’est important de passer par les JA. « J’ai été président des JA, je gueulais comme lui. Ça me permet aujourd’hui de comprendre, et d’être indulgent », sourit Pascal Wittmann, nostalgique. Et Florent Pierrel de compléter : « On y apprend à avoir une vision à long terme, à tenir compte des effets d’avenir. Quelles seront par exemple les conséquences de la méthanisation sur l’implantation d’une filière fourrage dans le futur ? »

La transmission ne s’arrête pas là. Pascal Wittman se satisfait aussi de voir la section des anciens de la FDSEA reprendre des couleurs. Pour preuve, la récente réunion installation-transmission, organisée conjointement par une JA et un ancien, a rencontré un réel succès. « Nous sommes arrivés à travailler ensemble, des plus jeunes aux plus anciens, de 18 à 80 ans. »

Petite histoire des brasseries

Le grand train de la bière d’Alsace

Pratique

Publié le 05/01/2023


Comme le pain, on fabriquait autrefois sa bière chez soi. Comme les boulangeries, on trouvait les brasseries dans les villages. Ainsi commence l’histoire de cette boisson, contée par l’historien strasbourgeois Nicolas Stoskopf. En 1840, l’Alsace compte en effet 350 brasseries ! 90 dans le Haut-Rhin (mais il n’existe pas de statistiques pour le sud-ouest du département), et donc 260 dans le Bas-Rhin. Et déjà, Strasbourg est un pôle important. Des brasseries des bourgs coule la bière, qui se distribue aussi dans les débits de boissons des villages. « La bière est conviviale, elle se partage. On se retrouvait quotidiennement après le travail. C’est le stammtisch », résume l’historien, avec simplicité.

Si tout le territoire est largement abreuvé, les cartes montrent aussi qu’au XIXe siècle, plus on va vers le nord, plus on aime la bière… Une consommation à ne pas opposer, et il faut le souligner d’emblée, à celle du vin. À cette époque, les vignes s’étendent dans toute l’Alsace, au nord et dans la plaine aussi. L’universitaire insiste : « Pas de concurrence, mais une tendance. »

La bière d’Alsace s’exporte

Au-delà du lien social dont elle est le ciment, comment expliquer une telle profusion ? Les brasseries bas-rhinoises sont un exemple parmi d’autres de l’émergence de nombreuses petites industries dans le département (lire en encadré). Au XIXe siècle, la densité rurale est telle que les familles paysannes doivent chercher des activités complémentaires pour subvenir à leurs besoins. Les parcelles sont morcelées. Les exploitations trop petites pour faire travailler toute la famille. La pression foncière était, il y a deux siècles, déjà une réalité. Par la force des choses, naissent alors de nouveaux savoir-faire qui bientôt, s’exportent. Car bien que les métiers se développent, la place, elle, manque toujours. Beaucoup de producteurs vont alors diffuser la bière d’Alsace ailleurs en France. C’est d’ailleurs à ce moment qu’apparaissent les grandes brasseries parisiennes, aujourd’hui encore des institutions dans la capitale. Cela va même parfois plus loin, souligne l’historien : « À Barcelone, la plus ancienne brasserie de la ville, la Damm, a été fondée par des Alsaciens ! »

Et ce n’est que le début. Avec le Second Empire (1852), un « engouement formidable » naît pour la bière d’Alsace, raconte Nicolas Stoskopf. La pils, légère à fermentation basse, plaît. Pour transporter les tonneaux du tant aimé breuvage, des « trains à bière » relient alors chaque semaine, les grandes brasseries de Strasbourg à Paris. Le transport ferroviaire reste un atout fort de la bière d’Alsace aujourd’hui, et le train à bière existe toujours, en témoigne la ligne qui arrive directement dans l’usine Kronenbourg d’Obernai.

Dans les faubourgs de Strasbourg

Entraînées par cet enthousiasme pour la bière d’Alsace, naissent à partir de 1850 de grandes brasseries dans les faubourgs de Strasbourg : à Schiltigheim, Koenigshoffen et Kronenbourg. L’industrialisation bat son plein. Les brasseurs adoptent des techniques allemandes de fermentation à basse température, introduites en 1847, qui exigent installations et investissements. Dans ces faubourgs, ils peuvent creuser des caves réfrigérées, « des caves de garde », d’abord refroidies avec de la glace stockée en hiver.

Pour les petites brasseries, la concurrence est rude : la bière industrielle se conserve mieux, se transporte mieux et coûte moins cher. Strasbourg intra-muros se vide rapidement de ses petits sites de production artisanaux. Des brasseries rurales, seules quelques-unes parviendront à se maintenir à travers les années, comme Meteor et Licorne.

Nouveau coup dur, la guerre de 1870 met un coup d’arrêt au commerce de la bière d’Alsace. Le marché français se ferme un temps. Quelques Alsaciens bâtissent alors des brasseries de l’autre côté de la frontière pour continuer à produire en France. Il faudra une autre guerre et d’autres frontières pour que l’histoire de la bière d’Alsace écrive un nouveau chapitre.

L’après-guerre et les 30 Glorieuses sont synonymes d’une forte croissance pour toute l’économie française comme pour la brasserie. Dans les années 1950, un nouveau phénomène de concentration s’opère. L’industrie découvre les économies d’échelle. La décennie suivante est marquée par « la course à la taille », explique Nicolas Stoskopf. « Les industriels recherchent la plus grosse production. Un seuil en dessous duquel il n’y a pas de salut. Seuls certains parviennent à résister, dont Michel Haag [président de la brasserie Meteor, 7e génération de brasseurs, NDLR]. »

Les contenants revêtent alors une importance particulière pour permettre à la consommation de masse de se développer, continue l’historien. Kronenbourg, par exemple, a beaucoup innové. « L’un des succès de Kronenbourg est lié à l’adoption de la bouteille Steinie en 1948. C’est le point de départ du formidable développement de Kronenbourg ! » Avec les premiers supermarchés, on instaure même le fameux « pack de 6 » : la 6-Kronenbourg, ou comment faciliter la consommation à domicile. En 1964, les bières d’Alsace représentent 37 % de la production française et 80 % de l’exportation. Elles s’installent durablement dans le caddie des Français.

Il n’en resta plus que trois

Depuis les années 1990, la bière d’Alsace a changé. La fin du siècle voit un mouvement inverse apparaître avec les « microbrasseries », comme un retour aux brasseries artisanales et rurales d’autrefois. « De la cité des brasseurs qu’était Schiltigheim, il n’y a plus rien », se désole Nicolas Stoskopf. Fondée en 1746, la brasserie de l’Espérance (Heineken), la dernière d’entre elles, fermera ses portes bientôt*, après Fischer en 2009 et Adelshoffen en 2000… Aujourd’hui, les grandes brasseries historiques ne sont plus qu’au nombre de trois : Kronenbourg, Meteor et la Licorne. Fleuron de l’industrie alsacienne, l’usine Kronenbourg d’Obernai, dite K2, est le plus grand site de production en France.

« La bière n’est plus la même boisson du peuple. Elle est montée en gamme », analyse l’historien. « Mais même si c’est un peu plus cher, je continue à boire ma Meteor ! » Nicolas Stoskopf affiche, comme tout bon Alsacien, sa préférence. « C’est l’héritage de l’histoire… enchaîne-t-il. 1664, ce n’est pas une plaisanterie ! » Cette année-là, un maître brasseur du nom de Jérôme Hatt avait eu l’ambition de créer une bière qui n’était pas interchangeable. Il avait eu le rêve qu’un jour, de Strasbourg à Barcelone, un amateur demande une Kronenbourg, une Licorne, une Meteor… et non pas simplement « une bière ».

Femmes et hors-cadre

Difficiles parcours d’installation

Vie professionnelle

Publié le 12/12/2022


Ariane, Nabila, Geneviève et Line ont en commun un rêve d’agriculture. Aucune n’est issue du monde agricole. Toutes ont choisi cette voie après d’autres expériences professionnelles. Réunies le 21 octobre dernier à Rouffach, par Terre de liens, elles ont partagé leurs histoires avec la quinzaine de personnes présentes, encadrées par Pauline Thomann. La table ronde est baptisée : « Installation des paysannes, parcours de combattantes ». Dans la salle, on trouve trois jeunes femmes qui envisagent de devenir boulangères-paysannes, une autre qui cherche un nouveau souffle après la maladie, d’autres encore sont ici par simple curiosité. Objectif de la rencontre : mettre des réalités en face des visions parfois utopiques qui entourent l’agriculture.

Un travail de femme

Sans grande surprise, les témoignages des quatre agricultrices mettent en lumière un sexisme ordinaire et quotidien qui, quand il s’agit de devenir cheffe d’entreprise, constitue un frein. Ne pas être prises au sérieux, être considérées trop faibles pour un travail physique, se voir demander où est l’homme responsable… C’est d’abord ce que rencontrent toutes les femmes entrepreneuses.

 

 

À cela s’ajoute un monde agricole avec ses règles propres. Parfois aussi fermé sur lui-même, perçu comme peu enclin à faciliter les choses aux jeunes hors cadre, surtout dans les coins où la pression foncière est forte. « Le foncier, c’est une vraie galère. Les terres qui se libèrent vont souvent à l’agrandissement », avance Ariane. Avec son compagnon, ils ont été aiguillés par Terre de liens. Il leur a fallu quatre ans pour trouver. S’inscrire dans la vie locale est un des leviers essentiels à actionner face à ça. « La sincérité, c’est la clé. Il n’y a pas de faux jeu en agriculture », pense-t-elle. Nabila et Geneviève sont, elles, membres d’un conseil municipal. « Le soutien de la commune a été déterminant » selon la première, maraîchère à Hachimette. De son côté, Line a vécu cela en même temps que sa grossesse : « Chercher des terres dans ces moments-là, c’est très dur. Le sommeil était une vraie problématique ! »

Conciliation et concession

Difficile, justement, de toujours concilier agriculture et famille. Pour Geneviève, il a fallu faire des concessions sur sa formation. « La formation idéale se trouvait dans le Sud, mais impossible en tant que mère de famille de m’absenter pendant un an. J’ai donc été formée en polyculture-élevage en Alsace. » Elle se lance ensuite dans les framboises, « quelques bouquins sous le bras ». Le couple est un autre élément important, notamment pour Ariane. « J’admire les femmes qui s’installent seule », admet-elle. Nabila a trouvé son compagnon de vie… et de champ qui intervient ponctuellement, sur le labour par exemple. Geneviève fait le bilan, aujourd’hui, d’une carrière emprunte de solitude. « Dans ma famille, mes projets n’ont jamais été la priorité. » Ce jour-là, elle impressionne quand elle décrit les tâches physiques qu’elle mène seule.

 

 

Les quatre agricultrices complètent leur témoignage de conseils avisés sur l’installation, qui rassemblent là hommes et femmes dans les mêmes épreuves. Obtenir un statut auprès de la MSA, monter un projet qui tient la route, demander des aides, emprunter pour les terres et le matériel, bien choisir ses outils… Dans la salle, la dure réalité fait peser un voile lourd sur l’assistance. Elles insistent. « En 2022, il faut toujours prouver qu’on est viable, rentrer dans des cases », déplore Ariane. Qu’on soit d’accord ou pas, il faut « rentrer dans le système ». En s’accrochant, elle espère que ces nouvelles formes d’agriculture s’inscrivent durablement dans le paysage et obtiennent plus facilement droit de cité.

Heureusement, toutes identifient aussi sans peine des éléments facilitateurs dans leur parcours de combattantes : « je ne me sens jamais seule », « j’ai fait peu d’emprunt, je me sens libre », « j’ai eu de la chance avec le foncier, le matériel… ». Line conclut : « Je suis bien dans ce que je fais. Je me sens légitime. »

Prix des terres 2021

Les générations passent, le foncier reste (ou pas)

Vie professionnelle

Publié le 08/12/2022


Dans le Bas-Rhin, la pression foncière est toujours élevée en 2021, sans surprise. Néanmoins, les secteurs sont très contrastés, surtout sur le marché des terres et prés libres. Le plateau lorrain nord et la région sous-vosgienne retrouvent de l’attractivité après une année de sécheresse en 2020 qui avait fait baisser les prix. 2021 voit revenir de bonnes récoltes et, avec, des prix dynamiques.

Le marché haut-rhinois est également dynamique dans son ensemble. Seule la montagne ne bénéficie pas de la même embellie. En toile de fond, l’artificialisation avance et augmente la pression foncière. « Dans le Haut-Rhin, l’équivalent d’une commune disparaît tous les deux ans », constate la Safer du Grand Est, dans son analyse disponible en ligne.

Les législations n’évoluent pas assez vite

Conséquence de la législation et des restrictions annoncées par la politique du « zéro artificialisation nette », le secteur de la construction est particulièrement vigoureux en 2021. Les particuliers et les personnes morales anticipent et bétonnent tant qu’il est encore temps. Pour le président de la Fédération nationale des Safer Emmanuel Hyest, le constat est amer. Malgré les politiques, « les ventes de terres destinées à être urbanisées sont au plus haut depuis 10 ans » sur le territoire français. « L’accaparement du foncier, la concentration des exploitations, l’agrandissement excessif, le vieillissement de la population agricole sont à l’œuvre depuis plusieurs décennies. Les Safer observent ces tendances, elles alertent. Les législations évoluent mais pas assez vite ! », s’alarme-t-il en introduction de la synthèse annuelle des prix des terres.

L’AOP Alsace fléchit

Répondant à d’autres dynamiques, le vignoble français a connu un nombre inédit de ventes de domaines en 2021, et beaucoup de prix sont à la hausse. Cependant, l’AOP Alsace fait exception dans le paysage : les prix atteignent un prix exceptionnellement bas. Si le Haut-Rhin, après une chute des prix importante en 2020, se stabilise, le Bas-Rhin connaît un fléchissement de 21 %. Pour la Safer, « ce décalage d’une année avec le département du Haut-Rhin est très vraisemblablement lié à une concrétisation tardive de certaines ventes négociées en 2019 et réalisées en 2020 ». Du nord au sud de la Route des vins, les trésoreries parfois fragiles des domaines laissent les potentiels acquéreurs plus frileux, et « très regardants sur les prix, le terroir, le cépage et la qualité de la vigne », analyse la Safer. En conséquence, les grands crus s’en sortent mieux. La sentence de la Safer est sans appel. « Les effets conjugués de la crise de la Covid-19 et des difficultés économiques rencontrées par les vins d’Alsace continuent d’affecter le marché foncier viticole. »

À vos calculatrices

Les fermages 2022 dans le Haut-Rhin

Vie professionnelle

Publié le 14/11/2022


Les barèmes rappellent, dans ces conditions, les valeurs locatives annuelles normales à l’hectare, fixées par arrêté préfectoral soit en euros, soit pour la viticulture, en euros ou en quantités de denrées. Ces valeurs sont applicables aux nouveaux baux conclus à compter du 11 novembre 2022 et à ceux en cours à cette date.

Télécharger les fermages 2022 du Haut-Rhin ici

Faites vos comptes

Barème d'entraide 2022

Vie professionnelle

Publié le 08/11/2022


Les coûts des opérations culturales (coûts de chantier) sont établis à partir des coûts prévisionnels indicatifs 2022, selon la méthode de calcul Apca qui définit le coût des matériels uniquement. Le calcul prend en compte les charges fixes, les frais variables des principaux matériels, ainsi que les frais de main-d’œuvre, tractoriste ou autre, et les frais de carburant.

Télécharger le barème d'entraide 2022 ICI

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