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Nicolas Bernard

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Stevial

Le cirage semi-automatique pour monter en gamme

Vigne

Publié le 28/07/2023


Une touche de cire pour monter en gamme. C’est la promesse offerte par la cireuse de bouteilles semi-automatique présentée pendant toute la Foire aux vins de Colmar par Stevial. Toujours à l’affût des dernières innovations du marché capables de répondre aux besoins et attentes des vignerons alsaciens, l’entreprise de Bennwihr a cette fois eu le coup de foudre pour cette petite machine à cacheter les bouteilles CIR 22 imaginée par la société LV Cireuse et son fondateur Hervé Larmigny.

Avec elle, finie la corvée de cirage à la main et sa cadence de seulement 200 bouteilles par heure, le tout pour un budget abordable. « Une cireuse automatique, c’est plus de 100 000 euros. Cette version semi-automatique ne coûte que 16 000 euros. Certes, il faut toujours un opérateur. Mais le rendement est bien meilleur - entre 500 et 600 bouteilles par heure - et le travail est bien plus optimal et régulier », développe Olivier Zink, responsable commercial chez Stevial. Il existe même une version « premium » de la machine capable de débiter entre 900 et 1 100 bouteilles par heure avec ses dix bras (contre cinq dans la version de base) servie par deux opérateurs.

 

 

Moins d’effort pour l’opérateur, un rendement bien meilleur, et une facilité accrue pour valoriser ses grands crus ou cuvées spéciales. Une perspective qui a déjà séduit quelques acteurs du vignoble alsacien comme la maison Frey, à Dambach, la maison Josmeyer, à Wintzenheim, ou la maison Mann, à Eguisheim. « Par rapport à une capsule aluminium, celle en cire apporte une touche haut de gamme au produit final. Ce n’est pas pour rien que de grands noms du Bordelais ou de Bourgogne l’utilisent depuis longtemps », souligne Olivier Zink.

Un bon retour sur investissement

En Alsace, la pratique reste encore marginale mais a pourtant un gros potentiel pour se développer estime le représentant de Stevial. Grâce à la cinquantaine de couleurs existantes, le vigneron peut cacheter chacune de ses cuvées spéciales avec une teinte différente. C’est ce qu’a notamment fait la maison Mann en associant la couleur des capsules de cire avec la couleur des étiquettes et terroirs associés. « Le retour sur investissement est vraiment intéressant. On peut facilement ajouter entre cinq et dix euros sur le prix de vente d’une bouteille cirée », met en avant Olivier Zink.

Cette cireuse semi-automatique CIR 22 a aussi le mérite d’être relativement économique avec un coût de revient en cire de seulement 4 cts par bouteille, et la garantie zéro déchet. Une tôle d’égouttage récupère les projections de cire qui sont ensuite ramassées et remises dans le circuit avec une simple spatule. Pas de perte et aussi pas de souci d’approvisionnement en perspective comme cela a pu être le cas avec les capsules en aluminium encore très récemment. « La cire est une alternative sérieuse, certes plutôt orientée grands crus et cuvées spéciales, qui n’est pas sujette aux crises actuelles. » Enfin, Olivier Zink met en avant le gabarit de la machine, de la taille d’une europalette, facilement transportable grâce à ses roulettes. « Ça rentre facilement dans une camionnette. Pour un usage partagé en Cuma par exemple, c’est l’idéal. Chaque vigneron a son jeu de cloche et ses consommables, et peut finalement utiliser une machine performante à un coût encore plus abordable. »

Wolfberger

S’amuser, déguster, recruter

Vigne

Publié le 28/07/2023


La Foire aux vins (FAV) de Colmar est littéralement « The place to be »* pour Wolfberger. Pour cet exposant historique, la manifestation phare de l’été alsacien est tout aussi bien un lieu festif, un lieu de rencontres… et de recrutements tous azimuts. « C’est le moment idéal pour attirer des jeunes à nous, leur montrer les métiers du vin et tout ce que la Cave peut leur proposer comme emploi saisonnier ou plus durable », explique la chargée de communication de Wolfberger, Véronique Renck.

 

 

La 74e édition de la FAV qui démarre aujourd’hui pousse un peu plus loin cette philosophie. Après avoir instauré un nouveau stand extérieur en 2022, Wolf' devient cette année le fournisseur officiel du Théâtre de plein air, du Parc-Expo, et un partenaire privilégié de l’Est Agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin pendant ces dix jours de foire. Des cartes boisson, d’une valeur de vingt euros, seront offertes lors des différentes animations proposées sur le stand des journaux, au cœur du Parc agricole. Une fois en sa possession, l’heureux ou heureuse gagnant (e) pourra se rendre sur le stand de la cave pour y déguster ses vins les plus emblématiques, ses dernières nouveautés ou expérimentations. « La FAV est l’endroit idéal pour lancer de nouveaux produits et le faire tester par les visiteurs. On peut ainsi voir ce qui marche et ce qui marche moins bien », poursuit Véronique Renck.

 

 

Wolfberger n’est en effet pas qu’un producteur de vin. L’entreprise a également un joli catalogue de spiritueux et d’amers bière à proposer. Trois métiers, trois approches qui illustrent bien son envie de séduire tous les publics. « C’est ce qu’on retrouve à la Foire aux vins : un public familial la journée, plus festif le soir. C’est aussi l’intérêt de ce nouveau partenariat avec le PHR et l’EAV : faire venir à nous les visiteurs du Parc agricole, et notamment des jeunes vignerons qui pourraient être intéressés à l’idée de nous rejoindre », précise la chargée de communication.

L’argument « patrimoine » pour séduire les jeunes

Attirer de nouvelles têtes, c’est justement ce sur quoi travaille la génération « W » de Wolfberger depuis 2018, la communauté de jeunes vignerons coopérateurs présidée actuellement par Guillaume Gruneisen. Comme tant d’autres métiers manuels, la viticulture se voit de plus en plus confrontée à une crise de vocation, quel que soit le métier. « Avec la disparition des petites exploitations, celles qui restent grossissent de plus en plus et ont par conséquent un besoin de main-d’œuvre plus important, et pas que saisonnier. À côté de cela, les époux ou épouses ne travaillent plus nécessairement aux côtés du vigneron, ni les parents. C’est un phénomène nouveau auquel nous devons nous adapter tant bien que mal », développe le jeune vigneron coopérateur. C’est cette nouvelle donne qui l’a incité, entre autres, à venir grossir les rangs de Wolfberger lors de son installation. « Savoir qu’il y a toute une équipe derrière moi - commerciale, technique, marketing - est hyper rassurant et sécurisant. On ne se sent jamais délaissé. Dans le contexte actuel, cela permet de voir l’avenir un peu plus rose », argumente-t-il.

 

 

Pour convaincre la jeunesse de rejoindre l’aventure vigneronne au sein de Wolfberger, il met en lumière le rôle patrimonial de la vigne dans le paysage alsacien. « Quand je vois tous ces touristes qui font tant de kilomètres pour les voir, j’éprouve une certaine fierté à l’idée de faire mon métier. J’ai la chance de pouvoir perpétuer ce que nos aïeux ont construit et qu’on doit transmettre à nos enfants. En travaillant dans la viticulture alsacienne, c’est à tout cela qu’on contribue. C’est ce message qu’on veut partager auprès de tous ces jeunes qui parcourent les allées de la Foire aux vins », conclut avec enthousiasme Guillaume Gruneisen.

Voyager sur la Route des vins

« Ce n’est plus une simple ligne de goudron »

Vigne

Publié le 23/07/2023


En 70 ans d’existence, la Route des vins d’Alsace a pris de l’épaisseur. De la simple tournée de caves et de dégustations commentées, l’expérience des touristes a peu à peu gagné en diversité, richesse et personnalisation. « Ce n’est plus une simple ligne de goudron au milieu d’un cadre naturel idyllique, c’est devenu un faisceau de produits, de terroirs et d’activités en tous genres qui a essaimé jusqu’en plaine et aux sommets vosgiens », explique en préambule le directeur d’Alsace Destination Tourisme (ADT), Marc Lévy.

Les sempiternels bus de Hollandais, de Belges ou d’Allemands sont bien sûr toujours là, faisant halte chez les emblématiques ambassadeurs du vignoble pour faire le plein de cartons de pinots gris, rieslings, gewurztraminers et autres. Mais depuis dix ans, et encore plus fortement depuis le Covid, ce phénomène tend à s’amenuiser au profit d’une clientèle en quête d’insolite, d’histoires, de rencontres qui rendront son périple alsacien bien plus unique qu’il aurait pu être auparavant. « Du tourisme de masse qui fréquentait les grosses caves, on passe au sur-mesure avec la volonté affichée de retourner à quelque chose de plus authentique, plus humain et plus incarné », témoigne Mylène Vrtikapa, responsable de l’agence de voyages réceptive Lisela créée en 2020 par la société LK Tours. De nombreux domaines l’ont bien compris en construisant des caveaux plus adaptés à l’accueil du public, avec une approche commerciale sensiblement différente. « On parle toujours vins et terroirs, mais on parle aussi des familles qui sont derrière, de leur histoire, de la manière dont elles travaillent au quotidien. Il y a un fort attrait pour le storytelling, quitte à ce que ce soit un peu romancé parfois », note le directeur d’ADT.

 

 

L’expérience touristique « Alsace » se veut aussi plus personnalisée. Auparavant, la communication autour du tourisme alsacien se faisait en silo : d’un côté les lieux de mémoire, de l’autre les châteaux forts, les brasseurs, la gastronomie, la montagne, etc. Désormais, place au mix d’un peu tout cela avec la Route des vins comme colonne vertébrale. « On ne vient plus juste pour boire du vin, c’est un tout. Dans une famille ou un groupe d’amis, tout le monde n’a pas les mêmes centres d’intérêt entre ceux qui veulent déguster de bonnes bouteilles, ceux qui veulent voir des sites emblématiques ou encore ceux qui veulent faire du vélo via la Véloroute du vignoble tracée en parallèle de la Route des vins. C’est toute cette richesse qui s’est construite au fil des décennies », développe Marc Lévy.

La sécurité sans les contraintes

Pour construire cette offre « à la carte », Lisela travaille avec plusieurs viticulteurs situés sur toute la Route des vins, et n’hésite pas à sortir des grands sentiers battus justement. « Tout le monde connaît Kaysersberg ou Riquewihr, mais moins les villages autour. Il y a pourtant plein de gens qui ont des choses à partager », fait remarquer Aude Michel, chargée de production groupe chez Lisela. « Nous avons la chance d’avoir plein de profils différents de vignerons. Certains proposent des activités insolites. Chacun peut se faire une place dans ce marché touristique tellement la demande est large. » Chez les clients, notamment les plus jeunes, il y a la soif d’aventure, de voyage sans contrainte, avec la juste dose de sécurité. Un voyage doit être facilement réservable, modifiable ou annulable. Ce qui compte, c’est d’arriver au début du séjour avec un fil conducteur plus ou moins bien organisé. « Ils veulent découvrir le territoire en toute liberté sans pour autant suivre un groupe. C’est là qu’on intervient : on leur propose un itinéraire, des adresses à ne pas manquer. Libre à eux ensuite d’y aller à leur rythme, et au moment où ils le souhaitent », détaille Mylène Vrtikapa.

 

 

Cette jeune génération investit aussi la Route des vins pour des évènements plus festifs comme des enterrements de vie de jeune garçon ou de jeune fille avant les mariages. Et pour le coup pas besoin d’un Sam pour reprendre la route après une dégustation en cave. « Grâce au bus touristique Kut’zig lancé il y a quelques années par LK Tours, nos clients bénéficient d’un transport facile sur la Route des vins. C’est un atout important qui nous permet aujourd’hui des micro-aventures thématiques et accessibles en quelques clics. » Ce besoin de nouvelles expériences se vérifie également auprès des entreprises pour qui l’Alsace est devenue une destination de plus en plus prisée pour des évènements type team building. « Ça aussi, c’est nouveau. On ne part plus trois jours à Dubaï ou à l’Île Maurice, on vient sur la Route des vins. Beaucoup d’entreprises françaises nous contactent en nous disant qu’elles veulent privilégier des destinations plus locales. On leur propose des activités qu’elles n’auraient pas ailleurs, comme parcourir la Route des vins au volant de voitures anciennes par exemple. Elles cherchent des choses hors du commun et sont prêtes à y consacrer un budget important », témoigne Aude Michel.

Et puis il y a l’allié, a priori inattendu, de la Route des vins : la bière. Pour une partie du public, surtout jeune, c’est devenu un produit d’appel pour venir découvrir l’Alsace. « Dans les groupes d’amis, on remarque qu’il y a les aficionados de bière d’un côté, les amateurs de vins de l’autre, et ceux qui aiment un peu les deux. Grâce aux nombreuses microbrasseries qui ont émergé, nous sommes désormais capables de leur proposer des offres qui mélangent ces deux univers. Ils peuvent ainsi découvrir le travail du viticulteur et celui du brasseur, tout comme ils prennent du plaisir à aller à la rencontre du fromager, du distillateur ou du fermier aubergiste », observe Mylène Vrtikapa.

L’essor du tourisme « doux »

Le développement de la mobilité douce (vélo, randonnées, gyropodes, etc.) contribue à cette évolution vers un tourisme moins classique, à moins que cela ne soit l’inverse. Créé en 2013, le Slow Up a démontré que l’on pouvait « consommer » la Route des vins d’Alsace autrement, à hauteur et à rythme d’homme, en prenant le temps de savourer pleinement chaque mètre parcouru. « Il est clair que cette manifestation a initié un mouvement, chez les Alsaciens notamment qui ont découvert la Route des vins sous un autre angle », poursuit le directeur d’ADT. Cette même Route des vins qu’ils parcourent chaque jour en voiture pour aller travailler est devenue tout à coup un itinéraire jonché de points d’intérêts et d’interrogations. « On peut apprécier davantage les murets en pierres sèches disséminés çà et là, on prend le temps de regarder les vignes de plus près », raconte Marc Lévy.

 

 

Les touristes français, mais aussi les Allemands, Belges, Danois, Hollandais, Suisses ou Américains se montrent aussi très sensibles à cette diversification des modes de transport. Le public asiatique reste, pour l’instant, en retrait sur cette démarche et est toujours attaché au tourisme « flash ». Mais même là, les choses bougent constate Marc Lévy. « Je vois de plus en plus de couples d’Asiatiques qui arrivent seuls en gare de Colmar. On n’en voyait pas avant. Même dans ces publics, les modes de consommation touristique tendent à évoluer. »

 

 

L’augmentation de la fréquentation de la Route des vins en couple ou petits groupes est finalement assez logique au vu de la densité des offres, mais aussi du manque d’hébergements capables d’accueillir les cinquante ou soixante passagers d’un bus, indique encore Marc Lévy : « C’est un peu le problème de l’Alsace. Les logements chez l’habitant et les gîtes sont légion. C’est plus favorable aux petits groupes. Mais attention aux phénomènes de gentrification. Il ne faut pas non plus que le développement de ces logements touristiques se fasse au détriment de logements destinés à la population locale. Nous avons encore du potentiel touristique à développer en Alsace et le long de la Route des vins, mais cela devra toujours se faire de façon pragmatique, durable et raisonnée. »

10e Nocturne du Pro d’Armbruster

Le rendez-vous de la « pédagogie ludique »

Vigne

Publié le 14/07/2023


De la musique, des boissons et un barbecue à volonté, un défilé de mode, un photobooth, des collaborateurs souriants, des jeux-concours et des fournisseurs spécialement venus pour l’occasion. Cette année encore, la société Armbruster a su combiner avec succès ces ingrédients pour sa dixième Nocturne du Pro organisée le 6 juillet à Saint-Hippolyte. Près de 650 personnes et 22 fournisseurs ont répondu à l’invitation de l’entreprise pour ce rendez-vous qui mise avant tout sur la convivialité pour faire passer des informations relatives à plusieurs thématiques : la fertilisation, la protection des végétaux, le palissage, le travail du sol ou encore les équipements de protection individuelle (EPI).  « On fait de la pédagogie ludique. Le client peut rencontrer le responsable technique du produit qu’il utilise au quotidien. Pour les entreprises, qui ont souvent un rayonnement national, voire international, c’est un bon moyen de prendre connaissance des problématiques locales et spécifiques à l’Alsace. C’est vraiment essentiel de maintenir un contact humain et direct avec nos clients, surtout dans le milieu agricole et viticole », explique Aymé Dumas, responsable d’AB2F Conseil, la société partenaire d’Armbruster.

 

 

Rester « à la pointe » des solutions

L’une d’elles est relative au stress hydrique, de plus en plus récurrent sous nos latitudes quel que soit le type de culture. Un sujet finalement assez récent en Alsace - en tout cas avec l’intensité et la fréquence constatées depuis plusieurs années - mais bien plus ancien ailleurs. C’est le cas par exemple de l’Espagne qui bénéficie depuis 2014 d’un produit bien particulier pour protéger les plantes contre le stress hydrique : l’Obstacle® créé par l’entreprise de biotechnologie mexicaine Cosmocel, et commercialisé en Europe par la société Nufarm. Armbruster Vignes le propose depuis deux ans à ses clients de façon « conséquente » tant l’efficacité est au rendez-vous, indique Aymé Dumas. « C’est un biostimulant qui combine du calcium, de la silice et du chitosan [NDLR : un champignon] qui augmente les défenses immunitaires de la plante, sa structure, et le maintien de l’eau dans les feuilles. Les résultats sont vraiment impressionnants. »

Guillaume Conus, responsable commercial Grand Est chez Nufarm complète : « Cela fait 20 ans que le produit est utilisé avec succès au Mexique. C’est un produit 100 % naturel efficace contre les coups de soleil, les stress hydrique et oxydatif. Il n’y a rien nouveau en soi. Par contre, avec l’évolution du climat, c’est devenu une solution de plus en plus pertinente pour le vignoble alsacien. » Cette nouvelle solution illustre la politique générale du groupe Armbruster à l’égard des agriculteurs et viticulteurs : garder son esprit ouvert pour être toujours « à la pointe » des solutions à proposer. « On essaie de toujours avoir une longueur d’avance, et de mettre la recherche, le développement et l’innovation au service de nos clients », conclut Aymé Dumas.

MSA d’Alsace

Objectif bien-être

Vie professionnelle

Publié le 14/07/2023


Le mal-être en agriculture n’est plus une fatalité comme l’a rappelé la MSA d’Alsace lors de son assemblée générale du 6 juillet à Colmar. « C’est malheureusement une réalité de notre société : la population agricole fait partie des catégories socioprofessionnelles particulièrement exposées à la souffrance psychique. Les rapports parlementaires réalisés sur le sujet montraient notamment que, malgré les nombreuses mesures mises en place, il n’existait ni diagnostic national partagé de ces actions déployées sur tout le territoire pour repérer et accompagner les agriculteurs sujets au mal-être et au risque suicidaire, ni coordination de ces mesures. Mais depuis l’année dernière, les choses bougent au niveau national et au niveau local », indique le président de la MSA d’Alsace, David Herrscher.

 

 

Une feuille de route de la prévention du mal-être et pour l’accompagnement des agriculteurs en difficulté a été présentée le 23 novembre 2021 par les ministres de l’Agriculture et de la Santé et le secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail. Elle vise à mobiliser et coordonner l’ensemble des acteurs autour de la détection et de l’accompagnement des situations de mal-être, de l’écoute des personnes en difficulté et de l’accès aux droits. Cette nouvelle ambition se traduit notamment par une stratégie articulée autour de trois axes : humaniser, allers vers et prévenir et accompagner. Le 31 janvier 2022, une circulaire interministérielle est venue préciser les modalités d’organisation et de gouvernance au niveau local.

 

 

Des sentinelles pour repérer le mal-être

En Alsace, un comité plénier a été installé, ainsi que deux comités techniques au niveau départemental (67 et 68). Toutes ces instances sont copilotées par les deux DDT et la MSA. L’une des priorités est la mise en place d’un réseau de sentinelles en Alsace. Celles-ci ont pour missions et rôles principaux de repérer et orienter les situations de mal-être. Il s’agit de détecter les situations de fragilité, prévenir les situations de détresse en aidant les personnes à se diriger vers un dispositif d’accompagnement adapté ou en lançant une alerte auprès des services compétents. « Ces sentinelles sont des personnes volontaires, majeures et en activité professionnelle ou non. Il s’agit d’un engagement personnel, ce sont des bénévoles », tient à préciser David Herrscher.

 



Une vingtaine de personnes se sont déjà inscrites aux sessions de formation prévues à l’automne suite aux deux réunions d’information qui ont eu lieu fin mai 2023 pour présenter le dispositif. Ces formations ont pour objectif de donner les clés et outils de travail afin de mieux repérer et orienter les situations de mal-être (comment aborder les notions de suicide et mal-être, quelle attitude adopter, quels mots utiliser, etc.). Au final, l’objectif serait de constituer un réseau d’une centaine de sentinelles en Alsace. Les personnes intéressées peuvent prendre attache avec Nathalie Vaudeville, responsable des travailleurs sociaux de la MSA d’Alsace et référente du dispositif « Sentinelles ».

 

 

En complément, la MSA accompagne certains adhérents via le service social. Une ligne téléphonique est assurée par les travailleurs sociaux, appelée la ligne « détresse ». Elle est ouverte du lundi au vendredi de 8 h à 19 h. Elle est actuellement très sollicitée avec un signalement par jour effectué en moyenne. Depuis 2020, le nombre d’adhérents accompagnés a augmenté de 21 %. Ce sont des non-salariés agricoles à 67 % et des salariés à 33 %. En 2022, ils étaient 156 à être suivis pendant quatre mois en moyenne par les travailleurs sociaux de la MSA d’Alsace.

Le dispositif MonParcoursPsy monte en puissance

Depuis le 12 mars 2022, la MSA d’Alsace propose aussi le dispositif MonParcoursPsy qui permet à toute personne, en fonction de ses besoins, de bénéficier de séances remboursées chez un psychologue inscrit et recensé auprès des autorités de santé publique. « Le recours aux soins psychologiques est encore un angle mort ou point faible de notre société pour des raisons à la fois sociétales et culturelles mais aussi, jusqu’à ce dispositif, organisationnelles et financières. Ce dernier frein, l’aspect financier, est en train d’être levé grâce à ce dispositif MonParcoursPsy. En effet, le bénéfice de la prise en charge par l’assurance maladie a été étendu l’an dernier aux consultations de psychologues, et non plus seulement réservé aux consultations de psychiatre », développe le directeur de la MSA d’Alsace, Arnaud Crochant.

 

 

Jusqu’à huit séances par année civile (40 euros la première séance, 30 euros les suivantes) sont remboursées. Pour bénéficier de ce dispositif, il faut d’abord consulter son médecin, puis prendre un rendez-vous chez un psychologue partenaire (coordonnées sur le site monparcourspsy.sante.gouv.fr), réaliser la ou les séances, régler le psychologue directement, et transmettre les documents (lettre d’adressage du médecin + feuille de soins du psychologue) à la MSA d’Alsace pour être remboursé. En 2022, 61 adhérents ont bénéficié de ce dispositif, soit un montant total de prise en charge de près de 14 000 euros.

Orage du 11 juillet

« Du jamais vu depuis 1999 »

Vie professionnelle

Publié le 12/07/2023


Des pivots retournés, un enrouleur endommagé, des cultures couchées, une multitude d’arbres à terre, un tunnel de protection arraché… L’orage qui a sévi dans la soirée du 11 juillet en Alsace a laissé beaucoup de traces le long du Rhin, dans le secteur allant de Chalampé à Fessenheim. Jean Godinat est polyculteur éleveur à Bantzenheim et président du canton Hardt/Plaine de l’Ill des Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin. C’est la première fois qu’il subit un orage d’une telle intensité. « On n’a rien vu de tel dans le secteur depuis la tempête de 1999. On a pris le gros de l’orage avec des vents localisés vraiment puissants. »

 

 

En effet, tout le monde n’a pas été logé à la même enseigne dans le département, les dégâts étant très hétérogènes : des tiges cassées sur les arbres à hautes tiges à la pépinière Gissinger, à Rouffach, de nombreux arbres au sol dans le Ried, des cultures versées à Neuf-Brisach, 20 % du maïs couché et des chemins ruraux inaccessibles dans le secteur de Sierentz, du maïs penché (mais sans plus d’impact) autour d’Altkirch et Rouffach. « Dans le Sundgau, il y a eu surtout beaucoup de pluie mais finalement peu de dégâts par rapport à ici. Un arbre est tombé sur un tracteur en circulation. Heureusement pas sur la cabine. Il n’y a que de la casse matérielle au final », poursuit Jean Godinat. Pas de blessé à déplorer heureusement, mais un incident climatique qui survient « au moins bon moment », notamment pour les producteurs de maïs qui ont vu leurs pivots se retourner sous l’effet du vent. « C’est d’autant plus frustrant que ces deux installations avaient à peine deux ans. Maintenant, il faut tout remettre à neuf rapidement. Trente millimètres d’eau sont tombés hier, ce qui laisse une semaine pour faire en sorte que tout soit à nouveau fonctionnel. Ce n’est pas sûr qu’on y arrive à temps. » Il faut aussi attendre le passage des experts pour savoir ce qui pourra être pris en charge par les assurances, et à quelle hauteur. « Quand on voit tous les arbres qui sont tombés sur les propriétés, ils vont avoir beaucoup de boulot dans les prochains temps », prédit le jeune agriculteur de Bantzenheim qui avait pourtant pris toutes ses précautions pour sécuriser ses installations. Mais sous l’effet du vent, les pieds de son tunnel de stockage ont purement et simplement été arrachés des platines murales. « Au final, le phénomène était tel qu’on ne pouvait rien y faire. C’est là qu’on se rend compte que la nature est toujours plus forte que nous. »

Tourisme en Alsace

Une destination toujours plus prisée

Vie professionnelle

Publié le 07/07/2023


En 2022, le tourisme a repris des couleurs en Alsace. Cette économie du « sourire » et du « lâcher prise » est peu ou prou revenue à son niveau de 2019 après deux années compliquées comme en témoignent les chiffres présentés (lire en encadré) lors de l’assemblée générale d’Alsace Destination Tourisme (ADT) le 29 juin à Colmar. « Les six premiers mois de 2023 confirment cette tendance à la hausse, ce qui peut parfois donner le tournis. Nous devons en effet être vigilants pour éviter tout phénomène de surtourisme », explique la présidente d’ADT, Nathalie Kaltenbach. « Il faut garantir un équilibre homme/nature, prévient le président de la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), Frédéric Bierry. Il y a donc un enjeu d’aménagement intelligent de nos territoires que nous devons tous avoir à l’esprit. »

Pour rester une destination « phare » répondant aux enjeux de demain, l’Alsace doit engager et amplifier les démarches de transition énergétique et écologique, de solidarité, et de responsabilité au développement durable par la sensibilisation des prestataires aux enjeux environnementaux. « Cela passera entre autres par la planification de l’offre et la gestion des flux pour éviter les ressentis de surtourisme, un enjeu essentiel à nos yeux, comme le sont aussi la mobilité et la question de l’eau, notamment en montagne », souligne Nathalie Kaltenbach.

 

 

En face, l’envie de « consommer » de l’Alsace est en effet de plus en plus forte chez les touristes et voyageurs. Il faut dire qu’entre le vignoble, la montagne, les châteaux forts, le vélo, les sites historiques ou encore la gastronomie, la destination ne manque pas d’arguments d’attractivité. À cela s’ajoutent les Alsaciens eux-mêmes comme le fait remarquer Frédéric Bierry : « Nous avons été reconnus comme l’un des endroits les plus accueillants de France. Sur le site Booking, ce sont trois communes alsaciennes qui sont sur le podium, et nous en avons six au total dans le top vingt. »

Le sport, nouveau porte-étendard touristique

Cet accueil premium a pu se vérifier en mars dernier lors de la cérémonie du Guide Michelin à Strasbourg. L’évènement phare de ce début d’année 2023 qui a offert à l’Alsace une visibilité inédite à travers le monde. « Tous les passionnés de gastronomie du monde entier ont suivi cet évènement. Nous avons eu plus de spectateurs qu’à Cognac qui a accueilli la manifestation l’an passé, et nous avons même fait mieux que Paris selon Michelin. Nous voulions donner envie aux gens de venir chez nous et nous avons réussi au vu des retours que nous avons eus après coup », se satisfait le président de la CEA.

 

 

L’essai a également été transformé auprès des sportifs à travers le trail Alsace Grand Est by UTMB® qui s’est déroulé au mois de mai. « Nous avons pu montrer en un seul coup le potentiel sportif de l’Alsace, le potentiel historique avec ses châteaux forts, et le potentiel environnemental avec les montagnes. Cela a été un très gros succès qui, je l’espère, sera réédité à l’avenir », espère Frédéric Bierry qui se projette déjà sur le passage de la flamme olympique en Alsace en juin 2024. Un mini-évènement en soi quand on sait que le dernier passage de la flamme en terre alsacienne date de 1924. « Elle va traverser plusieurs de nos communes du sud au nord. Cela peut répondre à des attentes de curieux, mais aussi montrer une nouvelle fois tout notre potentiel sportif. »

 

 

Tournée des terroirs - Schlossberg

Une invitation à « s’élever »

Vigne

Publié le 06/07/2023


Du haut du Schlossberg, près de vingt siècles vous contemplent. Le 25 juin, à Kaysersberg, le premier des 51 grands crus alsaciens a été comme un livre ouvert à l’occasion de la Tournée des terroirs organisée par le Civa. De l’époque romaine à aujourd’hui, la guide conférencière, Caroline Claude-Bronner, a retracé la genèse et l’histoire d’un terroir réputé pour la qualité de ses vins depuis plus de mille ans. « Les premières vignes sont apparues ici entre le deuxième et le troisième siècle de notre ère. À l’époque, les Romains avaient déjà perçu le fort potentiel viticole de ce terroir idéalement exposé et riche en granite. »

 

 

Au IXe siècle, les premiers murets en pierres sèches sont érigés par des ouvriers spécialisés venus du Val d’Aoste. Sans eux, le potentiel vinique du Schlossberg n’aurait jamais pu voir le jour, souligne Caroline Claude-Bronner : « C’est grâce à eux que les sols restent en place. Par endroits, il n’y a que trente centimètres de terre. Au moindre orage, cela serait lessivé. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il faut privilégier l’enherbement et minimiser le travail du sol ici. Cela reste un terroir fragile. » La cité de Kaysersberg n’existait pas encore (elle commence à être mentionnée à partir du XIIIe siècle seulement), mais une voie romaine y avait bien été aménagée sous ce qui est aujourd’hui l’avenue du Général de Gaulle. C’était un point central pour contrôler ce qui venait de la plaine d’Alsace d’une part, et du col du Bonhomme de l’autre. « On appelait le lieu Mont Cesaris, en référence à l’empereur. »

Un terroir « aérien » et « subtil »

Mille ans plus tard, la cité de Kaysersberg voit progressivement le jour au pied du château bâti avant tout comme une forteresse de surveillance. Ce sont d’abord des commerçants qui ont commencé à s’installer ici, attirés par le potentiel économique des vignes du Schlossberg. Le vin produit sur ses coteaux transitait ensuite par Colmar avant d’être acheminé à l’étranger via l’Ill et le Rhin, notamment dans le nord du Saint Empire germanique et en Suisse. « On exportait plus de vins d’Alsace à l’époque qu’aujourd’hui. Notre région était alors considérée comme la Provence du Saint Empire. On pouvait vendre du rêve et du bon vin à des clients fortunés. En intégrant le Royaume de France, la donne a changé. L’Alsace était considérée comme la Sibérie du pays, il y avait toute une réputation à refaire. Et ceci prend du temps. »

 

 

Aujourd’hui, le Schlossberg n’a rien perdu de son aura auprès des amateurs de vins d’Alsace, notamment chez les adeptes de rieslings secs et particulièrement minéraux. Les 80 hectares qui le composent tirent leur quintessence des vestiges de la chaîne hercynienne formée il y a 300 millions d’années, et constituée de granites et de roches volcaniques. À cela s’ajoutent tous ces « microdétails » qui permettent à ce terroir de faire émerger des vins exceptionnels : des haies et arbustes plantés ici et là, l’ombre portée de la montagne, l’orientation plein sud, les circulations d’eau, et ce fameux vent de fin de journée qui rafraîchit délicatement les raisins. Et puis il y a le facteur humain, entre les vignerons qui font de leur mieux pour valoriser ce terroir escarpé, et les consommateurs prêts à mettre le prix dans des vins qui sortent de l’ordinaire. « Pour le Schlossberg, c’est un mélange habile de puissance et de subtilité qui nous invite à nous élever un peu plus haut, » conclut la guide-conférencière.

Journée Agri’Pro d’Armbruster

Vulgariser les solutions de demain

Cultures

Publié le 28/06/2023


Climat plus chaud et aléatoire, suppression de molécules efficaces, tensions sur la ressource en eau, pression sociétale : où qu’il se tourne, l’agriculteur de 2023 fait face à des problématiques l’obligeant à revoir ses pratiques sans pour autant diminuer sa capacité de production. Pour résoudre cette équation de plus en plus complexe, le groupe Armbruster et la société partenaire AB2F Conseil travaillent quotidiennement à expérimenter les solutions de demain. « On ne peut pas subir. Il faut anticiper les problématiques et les vulgariser auprès des agriculteurs bien sûr, mais aussi des élus, des instances environnementales et du grand public de manière générale », explique le responsable d’AB2F Conseil, Aymé Dumas, à l’occasion de la manifestation Agri’Pro organisée le 14 juin à Andolsheim. Une journée destinée à présenter les essais en cours en matière de semis, désherbage, irrigation, protection fongique et ravageurs en grandes cultures et pommes de terre. « Quelle que soit la filière, l’enjeu reste le même : avoir des cultures qui permettent de nourrir les hommes, en qualité comme en quantité. Nous devons donc faire notre maximum pour trouver des réponses face aux nouvelles contraintes réglementaires ou interdictions. »

 

 

La dernière en date concerne le maïs avec la suppression prochaine du S-métolachlore du catalogue des herbicides autorisés. « Il y a heureusement des alternatives que nous utilisons déjà dans les zones de captage prioritaire. Donc on sait faire. Par contre, il faut le faire savoir et faire prendre conscience aux agriculteurs qu’ils peuvent et doivent faire autrement. Cette pédagogie est essentielle et c’est d’ailleurs souvent ce qui prend le plus de temps. » Celle-ci va bien au-delà des seuls agriculteurs. AB2F Conseil et Armbruster l’ont bien compris en invitant des élus sur ces parcelles d’essais le 9 juin. « Interdire une molécule est une chose, mais cela veut dire quoi concrètement dans le champ ? C’est avec ce type de manifestation qu’on montre aux décideurs politiques les conséquences de leurs décisions, mais aussi pour leur illustrer pourquoi il est nécessaire de protéger nos cultures. On désherbe pour assurer un rendement, une capacité de production suffisante, pas pour le plaisir. C’est un message qu’il faut répéter sans cesse », poursuit Aymé Dumas.

 

 

Pour trouver des alternatives efficaces, mais aussi rentables pour l’agriculteur, AB2F Conseil et Armbruster misent sur l’ouverture d’esprit et la collaboration avec des pairs par l’intermédiaire d’Etamines, un réseau d’expérimentation national qui s’appuie sur onze fermes pilotes. À cela s’ajoute une série de partenariats avec des laboratoires et des start-up qui offre de nouvelles perspectives. « On travaille bien sûr avec les grands noms de la chimie, mais pas que. Même si de nouvelles molécules continuent à sortir, ce n’est plus comme avant quand on avait plein de nouveautés d’un coup. Maintenant, on doit raisonner autrement. Pour nous, cela veut dire miser sur la combinaison entre chimie et mécanique. Et grâce au réseau Etamines, nous pouvons approfondir les expérimentations dans ce domaine. » La génétique reste néanmoins le premier levier de progrès pour l’agriculture à ses yeux. « Il faut consommer moins d’eau, résister à la chaleur et aux maladies, mais avec moins de traitements. On ne peut pas diminuer des molécules et conserver des variétés sensibles, c’est non-sens total. La génétique, c’est la base. »

Le Brésil comme source d’inspiration

S’ouvrir l’esprit, cela veut aussi dire porter son regard de l’autre côté de l’Atlantique, en Amérique du Nord ou du Sud, là où les innovations ont souvent un train d’avance sur l’Europe. C’est au Brésil qu’Aymé Dumas a trouvé une piste intéressante pour les cultures de soja : les biostimulants. « Nous en avons ramené ici pour évaluer leur pertinence et leur efficacité avec nos variétés, notre climat, et mesurer quels pourraient être les gains de productivité. L’intérêt est que ce sont des solutions compatibles avec l’agriculture biologique. » La biostimulation est également testée sur les pommes de terre, à deux stades phénologiques bien précis. L’idée est d’arrêter de la tubérisation et d’homogénéiser le calibre, ce qui diminuerait in fine les besoins de manutention. « Plus on manipule une patate, plus le risque de pourriture est important. On n’améliore pas le rendement, par contre on évite les petits et gros calibres à l’arrachage. Au final, on évite la manutention, des traitements anti-germinatifs, et on peut répondre aux attentes sociétales de demain. » Dans les essais, ces biostimulants sont expérimentés sur une nouvelle variété de pommes de terre, l’Étincelle, qui a la particularité d’avoir une dormance très importante. « Pour ceux qui pratiquent la vente directe, cela pourrait permettre de conserver, et donc de commercialiser plus longtemps leurs pommes de terre. Il y a un beau potentiel », note le responsable d’AB2F Conseil.

 

 

Quelle que soit la culture ou la filière, chaque solution expérimentée par Armbruster et AB2F se fait en premier lieu sous l’angle économique. Hors de question en effet de proposer un nouveau moyen de lutte s’il demande deux fois plus de temps pour être appliqué. « Diminuer l’impact environnemental est essentiel, bien sûr, mais si cela n’est pas rentable pour les agriculteurs, ce n’est pas la peine. Ils sont prêts à faire autrement, mais leur rentabilité doit être garantie avec l’adoption de nouvelles pratiques ou de nouveaux produits. C’est pour cela que notre travail de recherche et d’essais est si important : c’est à nous de tester et d’essuyer les plâtres le cas échéant, pas aux agriculteurs. On doit leur donner les moyens de remplir leur mission première : nourrir la population. »

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