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Sophie Schwendenmann

Sophie Schwendenmann est directrice de publication de l'Est agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin.

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Europe Crop United

Apprendre les uns des autres

Cultures

Publié le 09/09/2019

Ils espéraient le démarrage de leur activité pour la commercialisation de la récolte de blé. Finalement le grand saut se fera avec la récolte de maïs. Il a fallu en effet rassurer les autorités de la concurrence de chaque pays sur les intentions de l’union pour qu’elle soit validée et qu’elle puisse être mise en œuvre. C’est chose faite : le bureau d’Europe Crop United (ECU) est ouvert depuis lundi 2 septembre à Strasbourg. Tout un symbole que de choisir la capitale européenne pour cette coopération transfrontalière, d’autant plus que son adresse se situe au Port du Rhin, dans les locaux de feu Costimex. Une façon de prolonger l’histoire du maïs dans ces lieux.

Ce délai n’aura cependant pas été du temps perdu puisqu’il a permis de communiquer auprès des clients - et de rassurer - sur les changements à venir. Et « l’accueil a été positif », confirme Michèle Waegele, responsable commercialisation CAC, car cette union, c’est « du plus pour tout le monde ».

De plus pour les clients

En conjuguant sa logistique, ECU propose pas moins de 14 points de chargements sur le Rhin, répartis entre Bâle et Mannheim. Ainsi l’équipe souhaite mieux servir les clients, mais aussi plus rapidement selon les destinations. Optimiser les transports, c’est également réduire le bilan carbone. L’équipe commerciale pourra être plus réactive et trouver le bon équilibre.

En outre le bureau de Strasbourg additionne les compétences. L’union reprend des personnels formés et qualifiés qui œuvraient déjà dans leur coopérative respective. Du côté allemand, Richard Volz, Isabelle Schmaltz et Prisca Treger sont à pied d’œuvre aux côtés de Michèle Waegele et Sylvie Dolmaire. Chacun connaît ses clients et maîtrise l’organisation de l’exécution des tâches sur la collecte. « Dans le bureau, on parle allemand, français voire anglais, se réjouit Michèle Waegele, la langue n’est pas une barrière ! » L’objectif est que 2 + 3 feront finalement plus que 5. « On a beaucoup à apprendre les uns des autres ! La ZG, par exemple, a un vrai savoir pour la vente CAF (coût assurance fret) en affrétant ses propres bateaux pour livrer ses clients. » Une pratique jusque-là peu usitée côté français, ce qui pourrait changer. Les collaborateurs ont vocation à devenir polyvalents et à savoir gérer chaque opération.

Du plus pour les coopérateurs

Optimiser la logistique et les volumes, sans alourdir les charges de personnel : c’est l’objectif de l’union mais pas question d’uniformiser les politiques et l’identité des maisons mères. C’est un des points qui a d’ailleurs soulevé les réticences des autorités de la concurrence et qui a été argumenté. Chaque coopérative a sa propre zone de collecte. Elle conserve ses stratégies de rémunération et de qualité. Il n’y a donc pas de risque de concurrence pour les agriculteurs entre les deux opérateurs, et donc pas de risque de nivellement vers le bas.

Car l’objectif est bien d’aller chercher de la valeur ajoutée. Cette nouvelle organisation doit permettre de promouvoir le maïs rhénan et d’aller chercher de nouveaux partenaires. À deux, il sera possible de répondre à de nouveaux appels d’offres et de trouver des débouchés pour le maïs mais aussi pour d’autres cultures. «Nous souhaitons réaliser plus ensemble que seul. Nous voulons vivre ce principe de coopération avec ECU», s'enthousiasme Richard Volz.

ECU n’est pas dans une logique fermée, au contraire, elle a vocation à rassembler plus largement. « À nous de démontrer l’excellence opérationnelle de notre bureau, et nous pourrons convaincre d’autres collecteurs de part et d’autre du Rhin de nous rejoindre dans cette aventure », estime Michèle Waegele.

Millésime 2019

Les vendanges démarrent mercredi 4 septembre en Alsace

Vigne

Publié le 02/09/2019

Lundi 2 septembre, lors de son assemblée générale, l’Association des Viticulteurs d’Alsace a défini la date d’ouverture des vendanges pour ce mercredi 4 septembre pour le Crémant d’Alsace. Les vignerons pourront démarrer la récolte des raisons pour les vins tranquilles à compter du jeudi 12 septembre. Sur la question des rendements, les vignerons ont décidé de maintenir les rendements à 80 hl/ha à la quasi-unanimité. Ces propositions doivent être validées par le Comité Régional de l’INAO.

Coopération

Coop de France Grand Est officiellement créée

Vie professionnelle

Publié le 23/04/2019

Coop de France Grand Est est née officiellement le 12 avril à Épernay. La Fédération des coopératives vinicoles de la Champagne (Fcvc) a en effet ratifié à son tour sa fusion avec Coop de France Lorraine, l’Union régionale des groupements de producteurs d’Alsace Lorraine (Urgepal), Coop de France Alsace et Coop de France Champagne-Ardenne.

Fusion-absorption

L’opération consiste en une absorption par la Fcvc des quatre autres fédérations, après dissolution sans liquidation, l’ensemble se fondant dans une seule structure : Coop de France Grand Est, avec effet rétroactif au 1er janvier 2019. La gouvernance s’instaure autour d’un conseil d’administration de douze membres dont la présidence a été confiée à Sylvain Hinschberger, agriculteur meusien, vice-président de Vivescia, et préfigurateur de la nouvelle structure.

 

 

Sylvain Hinschberger, agriculteur et membre du Bureau de @Vivescia a été élu Président de @CoopdeFrance Nord-Est. pic.twitter.com/q92H3pDqqx

— Coopération Agricole (@lacoopagricole) 15 juin 2016

 

 

Les objectifs qui ont présidé à ce rapprochement, en préparation depuis plus de deux ans, se situent dans la complémentarité des missions exercées sur des filières ou des secteurs géographiques différents. Toutes se reliaient à Coop de France nationale. La nécessité de disposer d’une organisation représentative pour peser sur la région Grand Est, mais aussi sur le niveau national, s’est imposée. Le rapprochement des filières agricoles et viticoles est aussi ressorti de cette volonté commune.

Trois pôles seront créés : animal, viticole et végétal, avec la mise en place de sections dans les deux premiers et la désignation de délégués au conseil d’administration. Le siège social de Coop de France Grand Est est confirmé à Laxou, sur le pôle agricole régional. Deux antennes sont situées sur la route du vin à Beblenheim dans le Haut-Rhin et avenue de Champagne à Épernay. Alexandrine Legras-Populus, la directrice de la Fcvc devient directrice de Coop de France Grand Est.

Treize collaborateurs

La nouvelle fédération régionale de la coopération disposera de treize collaborateurs, dont quatre juristes, trois spécialistes des affaires sociales et trois animateurs du service production et agroalimentaire. « L’intérêt de coordonner les services rendus aux adhérents, en mutualisant les ressources, en pérennisant l’existant et en créant de nouveaux services », justifie Alexandrine Legras-Populus.

Sylvain Hinschberger incite ses mandants à être les acteurs de cette évolution, argumentant sur le fait que beaucoup de sujets dépassent désormais les stricts contours géographiques ou ceux des métiers de base. Il indique vouloir travailler sur le rôle et le statut des administrateurs par la formation. Un objectif qu’il s’est fixé, considérant que les États généraux de l’alimentation ont traduit une forme de suspicion envers la transparence à l’intérieur des coopératives. La nouvelle entité Coop de France Grand Est revendique son rôle de porte-parole de 260 entreprises regroupant plus de 56 000 adhérents sur dix départements. Ces coopératives disposent de plus de 11 250 salariés et pèsent économiquement l’équivalent d’un chiffre d’affaires consolidé d’environ 14,4 milliards d’euros.

 

Texte : Jean-Luc Masson

Oui à la directive sur le droit d’auteur dans le marché numérique

Vie professionnelle

Publié le 25/03/2019

À l’heure de la globalisation induite par le marché numérique, l’existence et la défense d’un paysage culturel et médiatique libre, indépendant et pluraliste, sont indispensables à l’exercice et au renforcement de la démocratie européenne.

Cet objectif ne peut être atteint qu’à condition que ceux qui créent et financent les contenus ne soient pas dépossédés de la valeur qu’ils génèrent par les acteurs technologiques.

C’est ce que garantit, à l’image de l’ensemble des actions ambitieuses en faveur de la culture constamment portées par l’Europe, la directive sur le droit d’auteur dans le marché numérique que nous vous appelons à adopter.

Ce texte prévoit notamment la création d’un droit voisin pour les éditeurs et les agences de presse, une avancée fondamentale pour l’avenir de la presse européenne, dans toute sa diversité, et la qualité de l’information qu’elle produit.

Face à la prolifération des fausses informations, autant attentatoires aux droits des personnes qu’aux fondements de nos sociétés, nos médias constituent un repère fiable en permettant à chacun d’accéder à une information de métier.

C’est une chance pour nos démocraties que la numérisation de la presse ait conduit à doubler son lectorat en se retrouvant sur tous les canaux de diffusion. Mais la valeur que les plateformes numériques captent de la circulation des contenus de presse doit être redistribuée équitablement entre tous les acteurs.

C’est l’objet même du droit voisin de protéger l’investissement, de permettre un rééquilibrage du partage de la valeur entre la presse et des plateformes souvent monopolistiques et de consolider le droit d’auteur des journalistes.

La création d’un droit voisin constitue un moment décisif pour la presse de métier et indépendante. La juste rémunération de ce droit permettra aux éditeurs et aux journalistes de poursuivre leur mission d’information de tous les publics avec fiabilité et rigueur.

L’avenir d’une Europe culturelle et médiatique pluraliste, pérenne et indépendante est entre vos mains. Adoptez la directive sur le droit d’auteur dans le marché numérique ! #YES2COPYRIGHT

Élections Chambre d'agriculture Alsace

Doublé gagnant pour les listes FDSEA-AVA-JA

Vie professionnelle

Publié le 06/02/2019

resultats interdepartementaux

• Les listes d'union en tête dans le collège des exploitants

Les résultats sont tombés dans la soirée de mercredi. Sans grande surprise, les listes FDSEA-AVA-JA conservent leur majorité auprès du collège des exploitants. Cet électorat est le plus scruté car il représente 18 des 33 sièges alloués à chaque département à la Chambre d'agriculture d'Alsace.

 Dans le Bas-Rhin, la liste d’union enregistre 63,54 % des voix et place quinze colistiers. La Coordination Rurale compte 23,92 % des voix et conserve deux sièges. La Confédération paysanne, avec 12,55 %, conserve un siège. Dans le Haut-Rhin, la liste d’union s’impose avec 67,39 % des voix et obtient quinze sièges. La Confédération paysanne, avec 17,44 % des voix, maintient ses deux sièges et la Coordination Rurale conserve un siège avec 15,17 %.

Avec 63,54% des votes (61,25% de participation), la liste @FDSEA67 /JA/AVA remporte 15 sièges sur 18 dans le collège 1 des #ECA2019. Merci pour votre confiance et votre participation, ensemble nous serons à la hauteur des défis! #FNSEA

— FDSEA du Bas Rhin (@FDSEA67) February 7, 2019

Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, a assisté à toute la journée de dépouillement. Il se dit satisfait du taux de participation alsacien « qui garantit la représentativité du monde agricole. Faire 60 % à une élection professionnelle, c’est une belle performance aujourd’hui. » Un point de vue partagé par Denis Ramspacher, tête de liste de la FDSEA-AVA-JA : « ce résultat traduit le travail réalisé sur le terrain avec des gens connus et reconnus. Cela permet d’envisager un travail serein pour l’agriculture alsacienne. » Denis Nass, tête de liste dans le Haut-Rhin remercie lui aussi tous les agriculteurs « qui ont considéré que le vote était important. Je souhaite que l’agriculture puisse désormais se mettre en mode projet et non plus en mode contraintes. »

 

resultats par college

• Un paysage syndical stable

Comme on pouvait s'y attendre, le rapport de force entre les syndicats reste inchangé par rapport à la précédente mandature. Chaque organisation remporte le même nombre de sièges que lors des élections de 2013. Mais la liste d'union accuse une légère baisse dans les pourcentages de vote. 

Dans le Bas-Rhin, la liste FDSEA-AVA-JA (63,54 %) perd 5 points comparé à 2013 (68,31%). La Coordination rurale gagne trois points dans la même intervalle. Le syndicat passe ainsi de 20,45 % en 2013 à 23,92 % cette année. La Confédération paysanne remporte un point supplémentaire, de 11,23 % à 12,55 %. 

Dans le Haut-Rhin, l'alliance FDSEA-AVA-JA recule de quatre points. Elle pointe à 67,39 % contre 71,66 % en 2013. La Confédération paysanne conserve sa deuxième place et gagne un peu moins d'un point. La Coordination rurale progresse de 3,5 %. 

 

• La participation tient le coup

Au niveau national, les chiffres de la participation s’annoncent partout en baisse. En Alsace, l’érosion est perceptible dans une moindre mesure.

Le collège des exploitants mobilise 56,8 % des électeurs alsaciens, soit un recul de participation de 3,9 points. Les agriculteurs bas-rhinois ont voté à 61,1 %. Les Haut-rhinois à 50,7 %. Juste au-dessus de la barre symbolique des 50 %. Mais au niveau national, c'est la dégringolade. Le chiffre de 45 % de participation des exploitants est avancé. Soit 10 points de moins que lors du scrutin de 2013 !

Le collège des salariés enregistre les plus fortes baisses. Dans le Bas-Rhin le collège 3A (salariés de la production) chute ainsi de 29,3 % en 2013 à 21,4 % cette année. Dans le Haut-Rhin, il passe de 23,3 % à 18,8 %. Pire. Les salariés des groupements professionnels du Bas-Rhin (collège 3B) décrochent de 9 points. Ils étaient 24,4 % à voter cette année contre 33,1 % en 2013. Leurs voisins haut-rhinois se sont mobilisés à 26,7 % contre 32,3 % lors du scrutin précédent. 

Les anciens exploitants se situent au-dessus de la moyenne nationale avec un taux de participation de 39,4 % dans le Bas-Rhin et de 35,1 % dans le Haut-Rhin. En légère baisse par rapport à 2013 (respectivement 1 et 3 points).

 

resultats participation

 

• Le vote électronique fait un flop

Le vote en ligne a été mis en place pour la première fois. On pouvait imaginer que ce nouvel outil boosterait la participation générale. Perdu. Seulement 9,44 % des électeurs ont été séduits par le vote internet. Les autres restent attachés aux bon vieux bulletins papier.

Le collège des exploitants (collège 1) s’est davantage emparé de cet outil avec 21,46 % de vote électronique. En Alsace, le vote par internet est légèrement au-dessus de la moyenne : le Bas-Rhin se place à 11,5 % tous collèges confondus, et à 25,1 % pour le collège 1. Un électeur sur quatre a choisi cette voie pour s’exprimer. Le Haut-Rhin enregistre un taux de vote électronique de 10,4 % tous collèges confondus, et de 20,8 % pour le collège 1, soit un électeur sur cinq.

L’ensemble des départements métropolitains se situent dans une moyenne de participation électronique de 5,5 % à 15 %. Les seuls départements qui se distinguent sont ceux de l’île de beauté : la Corse du Sud performe avec 34,4 % de vote électronique et 77,5 % dans le collège 1. La Haute-Corse se place en 2e position avec 32,6 % et 60,2 %.

Les collèges des propriétaires et des anciens exploitants ont été peu convaincus par la proposition internet. Par contre, elle a été plébiscitée par les électeurs des collèges 5 (mutuelle agricole, organisations syndicales, sociétés coopératives...).

Élections Chambre d’agriculture Alsace

Les salariés agricoles appelés aux urnes

Pratique

Publié le 18/01/2019

Sur la région Alsace, le collège des salariés est le deuxième collège en nombre d’électeurs avec 9 186 électeurs pour la production agricole et 5 183 électeurs pour les groupements professionnels agricoles, loin derrière celui des anciens exploitants qui représentent 17 113 électeurs mais devant celui des exploitants qui représentent 7 923 votants.

En nombre de sièges, le collège des salariés bénéficie de 6 sièges dans chaque département sur un total de 33, avec 3 membres représentant des salariés de la production agricole (collège 3a) et 3 des salariés des groupements professionnels agricoles (collège 3b). Il représente ainsi 18,2 % des élus de la Chambre. À noter, un mode de scrutin mixte, tout comme pour le collège des chefs d’exploitation : la liste majoritaire obtient la moitié des sièges et les sièges restants sont répartis à la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste. Les autres collèges appliquent quant à eux le scrutin majoritaire à un tour.

Qui vote alors dans les deux collèges des salariés ? Le premier collège (3a) concerne les salariés de la production agricole, affiliés aux assurances sociales susceptibles de relever d’une convention collective de la production agricole ; le second (3b) rassemble les autres salariés appartenant à des groupements professionnels agricoles.

Lors des précédentes élections de la Chambre d’agriculture en 2013, ce sont les élections de ces deux collèges qui étaient les plus concurrentielles avec cinq listes dans les deux départements. Huit sièges étaient alors à pourvoir dans chaque département. N’ayant mobilisé qu’un tiers des inscrits, les taux de participations des collèges 3a et 3b étaient bien inférieurs à celui des chefs d’exploitation qui était de 55 %, ou encore des 93,95 % de coopératives agricoles, observés dans toute la France. Cette année, tout l’enjeu des syndicats est donc de mobiliser les salariés autour de cette élection.

En 2019, la concurrence est plus forte encore puisque quatre syndicats ont monté sept listes dans le Bas-Rhin, et cinq syndicats se sont placés avec huit listes dans le Haut-Rhin. Les listes CFDT : FGA, CFE-CGC, CFTC-AGRI et CGT sont présentes dans toute l’Alsace, tandis qu’une liste Force Ouvrière 68 se propose également aux électeurs du Haut-Rhin. On note toutefois l’absence de l’UNSA Agriculture, présente en 2013.

Liste CFDT : FGA vos avancées sociales : c’est nous !

« La CFDT est la première organisation syndicale de France. Et depuis 12 ans, notre organisation siège à la Chambre d'agriculture pour représenter les salariés, que ce soit dans le Haut-Rhin ou le Bas-Rhin », rappelle Mario Troestler, tête de liste de la CFDT : FGA pour le collège 3b du Bas-Rhin. « Nous défendons le pouvoir d’achat des salariés par la hausse des salaires, leur protection sociale, l’amélioration des conditions de travail, l’égalité entre les hommes et les femmes », décrit Mario Troestler. Mais la CFDT : FGA - et c’est plus original - a aussi la volonté de porter la vision des salariés sur des dossiers « trop souvent agricolo-agricoles », comme l’élevage, la viticulture, l’environnement, le maraîchage. « C’est ainsi que nous avons porté en session Chambre une motion contre la banalisation des AOC en viticulture, car nous estimons qu’autoriser la production de gewurztraminer dans d’autres régions viticoles met en péril l’emploi des salariés de la viticulture en Alsace. » Autre volonté de la CFDT : FGA : faire changer le regard des employeurs sur les salariés agricoles, « pour qu’ils ne soient plus considérés comme une charge mais comme une valeur ajoutée, ce qui doit contribuer à donner de l’attractivité aux métiers de l’agriculture ». Pour cela, la CFDT : FGA s’attache à présenter des candidats issus d’horizons très différents, et à les former. Il conclut : « La Chambre d'agriculture est la seule chambre consulaire où siègent des salariés. Il s’agit d’une chance à ne pas galvauder. »

Liste CFE - CGC

La CFE-CGC souhaite pérenniser l’emploi salarié, développer la qualification par la formation et valoriser les métiers de l’agriculture. « Nous comptons le faire avec nos valeurs. À savoir : placer tous les salariés au cœur de l’entreprise et de ses stratégies, faciliter et reconnaître les compétences professionnelles et favoriser un dialogue social responsable, gage d’avenir pour les salariés et les entreprises. Nos cinq engagements principaux sont clairs. Nous voulons affirmer le rôle de la coopération et du mutualisme dans la filière agricole et agroalimentaire. Nous voulons agir afin que nos entreprises du secteur agricole restent les moteurs de la ruralité dans nos territoires. Nous voulons amplifier la reconnaissance et la place des salariés dans le monde agricole. Nous voulons permettre le développement économique et la compétitivité des entreprises agricoles. Et nous voulons favoriser la synergie entre les acteurs du secteur agricole », explique Chantal Stentz de Wettolsheim. Marc Schneider, élu sortant de Wuenheim, rappelle l’attachement de la CFE-CGC à la Chambre d'agriculture. « Nous sommes solidaires des travaux menés jusqu’à présent à la Chambre. Ils sont partagés avec les salariés. Globalement, nous avons été assez actifs les mandats précédents. Aujourd’hui, la place des salariés dans le monde agricole est en augmentation. Ils doivent jouer leur rôle de façon complémentaire et solidaire pour défendre une agriculture pourvoyeuse d’emplois et de richesses pour tous ».

Liste CFTC AGRI

La CFTC AGRI, présentant des listes dans le Bas-Rhin (3a) et le Haut-Rhin (3a et 3b), « milite pour une agriculture multi-performante et vertueuse d’un point de vue économique, social, sanitaire et environnemental. L’une ne peut se faire au détriment de l’autre ». Cela passe par la création d’un label pour l’agriculture responsable. Elle s’engage par ailleurs à négocier la convention collective, les salaires, les avantages sociaux et des accords majeurs pour la vie professionnelle et familiale. « Être à la table des négociations, c’est poursuivre un travail engagé depuis plusieurs années pour améliorer les salaires, la couverture santé, la prévoyance, les conditions de travail… » Ainsi, la CFTC-AGRI prête par exemple attention à l’encadrement du télétravail, « pour le respect de la vie privée et le droit à la déconnexion ». Elle revendique aussi une égalité au niveau des droits et des avantages entre les salariés des entreprises et exploitations agricoles et ceux d’autres secteurs. De plus, elle avance que « comme les exploitants agricoles, les salariés, à travers par exemple les associations de salariés, doivent bénéficier des financements du développement agricole ». Enfin, la CFTC AGRI se présente comme « un syndicat différent des autres » qui privilégie « le dialogue entre les employeurs et les salariés » : « Sans entreprises en bonne santé, il n’y aurait pas d’emploi stable et de qualité. »

Liste CGT

Salaire, retraite et santé. Voici les trois piliers du programme de la CGT pour les élections aux Chambres d’agriculture. La centrale syndicale demande une « revalorisation urgente du pouvoir d’achat des salariés agricoles. » Cela passe par de meilleurs salaires. La CGT appelle donc à un SMIC à 1 800 €, une augmentation immédiate de 400 € et l’instauration automatique du treizième mois. Le syndicat plaide aussi pour une retraite à taux plein dès 55 ans ainsi qu’une revalorisation des pensions de 400 €. Une manière de compenser « l’espérance de vie des salariés agricoles, inférieure de 6 ans à la moyenne nationale », selon l’organisation. Dernier cheval de bataille : la santé. La CGT exige une meilleure prise en charge des frais de santé sans donner plus de détails sur son projet. Elle demande aussi l’embauche de 3 500 conseillers et gestionnaires MSA afin d’améliorer l’accueil des usagers et le traitement des dossiers. Enfin, les syndicalistes réclament de meilleures conditions de travail, le renforcement de la médecine du travail et plus de moyens pour les commissions d’hygiène et de sécurité.

Avec ce programme, la centrale espère au moins égaler son score de 2013. Elle a fini en deuxième position du collège 3a dans les deux départements alsaciens. Les électeurs du collège 3b l’ont cependant recalée à la 4place dans le Bas-Rhin et à la 3dans le Haut-Rhin.

Liste Force Ouvrière 68

Uniquement présent dans le collège 3a du Haut-Rhin, Force Ouvrière 68 est « particulièrement attentif en conditions de travail », avance en tout premier point Jacques Rimeize, secrétaire général de FO 68. Le syndicat revendique ainsi la prise en charge du temps de déplacement, la reconnaissance de l’ancienneté́ et les savoir-faire acquis, la prévention de la pénibilité ou encore une « Pac sociale » qui éviterait le travail détaché. La liste FO 68 s’est constituée avec des candidats représentatifs de la diversité de territoire dans le département et de structures, tenant compte tant des exploitations agricoles que des jardineries, précise le secrétaire général. FO 68 s’engage à défendre les salariés agricoles « à la fois dans les commerces et sur le terrain, dont ceux isolés sur des petites exploitations et qui ont parfois du mal à se faire entendre et à trouver les bons interlocuteurs syndicaux ». Le syndicat est aussi actif par le biais d’un représentant régional au sein du Comité Hygiène Sécurité Conditions de Travail (CHSCT). Par ailleurs, les salariés peuvent compter sur « un appui local, notamment juridique ». « Il faut que les salariés soient représentés pour être défendus », conclut Jacques Rimeize.

Élections Chambre d’agriculture

Ça fourmille dans les chambres !!!

Vie professionnelle

Publié le 17/01/2019

Lundi et mardi, les Chambres d’agriculture se sont transformées en fourmilière pour la mise sous pli de la propagande électorale, afin que tous les électeurs reçoivent leur courrier pour voter dans les temps.

Consciencieusement et minutieusement, une trentaine de salariés de la Chambre d’agriculture, à Sainte-Croix en Plaine, ont mis sous pli 17 827 enveloppes électives en un jour et demi. Même combat à Schiltigheim où 24 500 enveloppes ont été préparées. La mise sous pli a mobilisé 30 personnes sur deux jours. Un travail à la chaîne parfaitement réglé, jusqu’à l’affranchissement et l’envoi par courrier postal, sous la supervision d’un responsable de la préfecture sur chaque site.

Denis Nass

Ouvrir les chambres d’agriculture !

Vie professionnelle

Publié le 17/01/2019

Vous avez démissionné de vos fonctions de président de la FDSEA, avant même les élections. Pourquoi cet empressement ?

Denis Nass : « Je ne veux pas confondre les deux fonctions et je veux me donner la possibilité de me consacrer pleinement au travail que demande la chambre d’agriculture. Avec quelques anciens, nous avons voulu anticiper et préparer le changement de génération. Nous devons accompagner les jeunes qui arrivent dans ces responsabilités et c’est un vrai challenge ! Plus de la moitié des candidats de notre liste briguent leur premier mandat !

Et sur le périmètre Alsace et Grand Est, nous sommes moins d’élus, il y a plus de dossiers et plus de déplacement. Ça demande de l’organisation et de l’ouverture aussi, car il faut débattre avec les autres. Depuis la création de la Chambre d’agriculture d’Alsace, le débat est positif et l’on arrive à avancer ensemble plus rapidement sur des sujets pointus. Au niveau de la grande région, les Lorrains et les Champenois ont une agriculture différente. L’Alsace avec ses deux départements périurbains a des problématiques à faire valoir et est force de proposition.

Notre objectif est de constituer des équipes solides à la FDSEA d’un côté et à la chambre de l’autre. À partir de ces équipes, nous voulons accentuer le travail en transversalité sur les dossiers entre la chambre, le syndicalisme et les structures économiques et les organisations partenaires. Pour la viticulture, c’est pareil, nous nous appuyons sur l’AVA, car sur de nombreux sujets (environnement, emploi, urbanisme…), nous avons les mêmes problématiques mais nous ne pouvons pas avoir des spécialistes de tous les sujets dans toutes les structures. Mutualiser les compétences est une évidence voire une obligation. »

Les listes concurrentes critiquent le bilan de la FNSEA, que leur répondez-vous ?

D.N. : « Je n’ai pas envie de me bagarrer avec les autres et je préfère toujours quand il y a plusieurs agriculteurs autour d’une table pour défendre l’agriculture même si on n’a pas toujours les mêmes idées. Toutefois je veux dire que depuis 6 ans, on s’est battu sur beaucoup de sujets. On n’a pas toujours gagné, mais on a été présents tous les jours. Il est facile de critiquer ce qui a été fait mais il ne faut pas se tromper de cible. Les vrais problèmes ne viennent pas de la FDSEA ou de tel ou tel responsable professionnel qui s’engage mais des ministères ou de nos administrations qui sont complètement déconnectées de la réalité du terrain.

On mélange souvent les choses. La FNSEA défend une agriculture familiale mais cette vision n’est pas toujours audible au niveau européen dans certains pays notamment qui ont une vision tout autre. La FNSEA travaille sur les dossiers, propose des solutions, des amendements mais n’est pas toujours entendue dans ses positions malheureusement et n’est pas responsable des politiques européennes. Trop souvent, on subit l’hypocrisie de nos politiques qui par exemple d’un côté demandent à l’agriculture plus de bio mais qui veulent surtout défendre le pouvoir d’achat du consommateur. Résultat : les états généraux de l’alimentation ont accouché d’une souris… »

Dans les thèmes de campagne de ces élections, la question de la gratuité de prestations des Chambre d'agriculture est régulièrement avancée par vos concurrents. Qu’en pensez-vous ?

D.N. : « Je demande juste avec qui on travaille demain ? On ferme quel service ? Les gens qui font ces propositions ne sont pas dans les dossiers car sinon ils comprendraient qu’on a besoin de compétences pour accompagner les agriculteurs. Un service qui amène de la plus-value aux agriculteurs n’est pas cher. C’est un faux débat et un mauvais service à rendre aux chambres d’agriculture ! »

Quels seront les enjeux de ce prochain mandat ?

D.N. : « Nous devons ouvrir les chambres d’agriculture ! C’est un lieu où l’on doit pouvoir accueillir plus largement les agriculteurs mais aussi nos contradicteurs, la société civile et discuter, échanger pour mieux se comprendre et retrouver une forme de sérénité dans les débats. Nous devrions par exemple organiser régulièrement des soirées-débats sur l’alimentation. Nous avons besoin de lieux pour se parler. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui des défouloirs où personne ne s’écoute.

Nous devons sortir de la posture de pompier. Les sujets doivent être plus anticipés, travaillés en amont ! Et nous devons reprendre la main sur notre destin en étant force de proposition. Dans tous les cas où nous l’avons fait, les résultats ont été concluants.

Nous ne devons pas avoir peur de l’avenir. Nous vivons une période de mutation. Si on regarde dans le rétroviseur, l’agriculture a beaucoup souffert physiquement. aujourd’hui la souffrance physique a laissé la place à une forme de souffrance psychologique. Et la chambre d’agriculture peut aider les agriculteurs à supporter toutes ces contraintes en poussant la capacité d’innovation, en aidant à l’évolution des pratiques. L’agronomie revient au centre de nos métiers et c’est une vraie bonne nouvelle !

Pour cela nous devons veiller à garder des outils sur notre territoire pour préserver notre agriculture diversifiée (abattoir de proximité, sucrerie, filière maïs sur le Rhin…) tout en développant de nouvelles filières. L’agriculture a une vraie carte à jouer sur les énergies renouvelables mais pas en se cantonnant dans un rôle de surface de recyclage. Les énergies renouvelables peuvent apporter des solutions en termes de revenus pour les agriculteurs mais aussi sur le plan environnemental. Cela passe par une réflexion concertée de l’aménagement du territoire de nos communes. Comme mettre en place des cultures non alimentaires tampons qui pourraient trouver des finalités énergétiques et économiques dans des méthaniseurs… Bref, le modèle agricole de demain est à inventer et l’après Fessenheim est une opportunité que nous devons saisir localement !

Et puis au-delà des chambres d’agriculture, bientôt les élections municipales se profilent à l’horizon. Là aussi, nous devons prendre les destins de nos villages en main, être réactifs, pédagogiques et prendre nos responsabilités. »

Et pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus, qu’avez vous envie de leur dire pour qu’ils votent aux élections ?

D.N. : « Sans mobilisation de la profession, le risque serait à terme que nos chambres d’agriculture disparaissent au profit d’une section dans une chambre consulaire, ce qui affaiblirait un peu plus la voix de l’agriculture dans le débat sociétal. Les agriculteurs font de belles choses avec le soutien de la chambre d’agriculture : cela mérite d’être mieux expliqué !

Votez, c’est défendre sa Chambre d’agriculture, c’est la possibilité d’avoir un conseiller direct. Les DDT s’appauvrissent en compétences et en moyens, les DRAAF sont loin : plus que jamais, la Chambre d’agriculture est l’interlocuteur de proximité des agriculteurs. Alors on peut se couper de tout mais travailler seul, c’est compliqué. C’est en échangeant nos difficultés au quotidien, sur nos pratiques que l’on peut avancer. La Chambre d’agriculture est le lieu pour le faire ; c’est un pilier de compétences pour chaque agriculteur. Nous nous sommes associés avec l’AVA et les JA pour relever ce défi.

C’est pour cela, ENSEMBLE, que nous vous demandons de VOTER pour une agriculture dynamique, durable solidaire et innovante. »

FDSEA du Haut-Rhin

Le modèle agricole français est le plus durable au monde

Vie professionnelle

Publié le 21/12/2018

La tendance actuelle est à la défiance, 2018 ne fait pas exception à la règle, au contraire.

Tandis que l’agriculture subit les soubresauts de la météo, nous constatons le manque d’ambition de l’État pour notre secteur comme s’il était impossible de faire rimer l’un des plus anciens métiers de notre planète avec un peu d’économie.

Offrir des paysages variés et manger une alimentation saine, n’intéressent pas nos dirigeants qui préfèrent surfer sur l’écologie de la décroissance, pour alimenter les palabres de certains soi-disant intellectuels, histoire de monopoliser les canaux d’informations. Cette course à la fracture de notre société qui repose sur l’invective nous a secoués toute l’année 2018 : les feuilletons L214, les campagnes de dénigrement des ONG, le glyphosate en sont les nombreuses illustrations.

Et pourtant, dans un sondage de novembre (La Croix), 92 % des Français interrogés considèrent que l’agriculture est le secteur stratégique le plus important derrière l’énergie. Les Français aiment nos métiers mais affirment néanmoins (3 sur 5) que les aliments d’aujourd’hui sont moins sains et de moins bonne qualité qu’il y a 40 ans. Un sacré paradoxe pour ceux qui suivent la réalité scientifique et qui démontrent que le populisme est une arme redoutable.

Nous aimons tous notre métier et nous acceptons ses aléas climatiques voire économiques. Mais le jeu politique qui vise à empiler des règles absurdes par méconnaissance de notre travail, qui nous prend pour des vaches à lait pour servir de gage écologique à gens en mal d’exister et surtout incapables d’honorer leurs engagements financiers, est ignoble.

La révolution agraire française a offert ses lettres de noblesse à notre pays ; elle laisse la place aujourd’hui à une fonctionnarisation de l’agriculture basée sur des théorèmes absurdes mettant à vif les nerfs des plus sages. Cependant, nous pouvons être fiers de toutes nos filières, de notre savoir-faire et de notre écoute face aux attentes particulières de nos concitoyens, et ce travail mérite une juste rémunération.

2018 fut rude, rude par la sécheresse qui a déstabilisé nombre d’entre nous… Notre syndicalisme de terrain a été présent pour que chacun soit accompagné au mieux. C’est cela notre ADN, bien loin des clichés mais proche de toutes les entreprises agricoles. Notre agriculture se bâtit par notre expertise, nos apprentissages, notre proximité. Ces ingrédients sont essentiels pour affronter les négociations de la Pac, mais aussi pour faire reconnaître nos métiers sur chaque territoire de chaque commune.

Les challenges sont nombreux et nous voulons partager avec chaque habitant, ici, la réalité, rapportée par le journal « The Economist » : « le modèle agricole français est le plus durable du monde »… Partageons ensemble cette ambition pour nous, nos familles et surtout soyons fiers du métier que nous faisons avec passion.

En cette période de fête, mettons nos familles, notre famille agricole à l’honneur. goûtons, partageons et mangeons nos merveilleux produits de chez nous.

À vous toutes et tous, je vous souhaite de merveilleuses fêtes de fin d’année et une très belle année 2019.

Chambre d’agriculture d’Alsace

Retrouver la confiance

Vie professionnelle

Publié le 21/12/2018

2018 restera douloureusement dans nos mémoires après les attentats qui ont endeuillé Strasbourg et l’ensemble de notre pays. En cette période de fêtes, l’Alsace a été touchée au cœur avec le symbole de son marché de noël. Face à ce drame, l’actualité agitée des dernières semaines peut sembler parfois bien décalée.

Mais force est de reconnaître que le malaise incarné par les « gilets jaunes » reste bien présent dans notre société. Les réseaux sociaux et les chaînes d’information alimentent en continu les inquiétudes et les colères qui se répandent sur les ronds-points, et bien au-delà.

Les agriculteurs ne sont pas épargnés, loin s’en faut, par ce sentiment d’abandon, voire parfois de déclassement. Aux difficultés économiques et climatiques s’additionnent des critiques souvent injustifiées de leurs pratiques, de leur façon de produire, de leur mode d’élevage. Les agriculteurs vivent difficilement cette remise en cause systématique de leur métier alors qu’ils soignent et nourrissent leurs animaux avec passion, et qu’ils cultivent leurs champs avec raison.

Il est malheureusement plus facile de faire la « une » de l’actualité en déversant de la peinture rouge devant une boucherie plutôt que de montrer le travail quotidien des éleveurs. Tout comme il est plus facile de passer au « 20 heures » en saccageant les Champs-Élysées que de manifester pacifiquement devant une préfecture. Il faut bien reconnaître que cette société de l’image instantanée et du direct peut poser un vrai problème pour le bon fonctionnement de notre démocratie et de nos institutions ! Nous l’avons tous constaté ces dernières semaines.

Nos gouvernants doivent redonner du sens au dialogue social, ils doivent davantage considérer les corps intermédiaires, écouter et entendre leurs propositions.

Et des propositions, la profession agricole alsacienne en a de nombreuses, pour trouver les bonnes solutions aux vrais problèmes des agriculteurs.

Nos filières d’élevage doivent être soutenues et accompagnées en priorité pour éviter la décapitalisation et le découragement. La Région Grand Est s’est positionnée pour accompagner les éleveurs qui ont dû recourir à des achats de fourrage suite à la sécheresse. Les Départements aussi, ont affirmé leur volonté d’accompagner ces difficultés climatiques. La Chambre d’agriculture s’est engagée à assurer le rôle de « guichet unique » pour aider les éleveurs à monter leur dossier de demande. Les éleveurs concernés peuvent s’adresser dès aujourd’hui à leur ADAR ou au service Économie.

Nous attendons toujours du Ministère de l’agriculture le classement de nos prairies en calamités agricoles… Il est nécessaire à l’avenir de se prémunir davantage contre ces aléas climatiques. L’assurance récolte doit évoluer pour devenir une vraie garantie de revenu en cas de coup dur. L’épargne de précaution doit être développée, avec une vraie politique fiscale adaptée.

L’irrigation constitue aussi une réponse pertinente, pour sécuriser les rendements et la qualité de nos productions. Nous devons avoir une politique ambitieuse d’accès à l’eau, y compris avec du stockage en l’absence de ressource disponible. Il faudra aussi stocker davantage de fourrages les bonnes années pour puiser dans les réserves quand c’est nécessaire. De nouveaux dispositifs ont été finalisés dans le « plan bâtiment » pour vous aider à investir dans ce sens. Mais il est évident que ces investissements ne sont possibles que si les revenus le permettent.

Après plusieurs années compliquées, il faut que l’agriculture puisse retrouver des perspectives économiques plus favorables sur le moyen et le long terme.

Nous faisons collectivement des efforts depuis de nombreuses années pour améliorer nos pratiques, réduire les fuites de nitrates et l’utilisation de produits phyto. La Chambre d’agriculture s’emploie au quotidien pour vous accompagner, avec le concours de toutes les organisations professionnelles et économiques de ce territoire qui sont bien conscientes que nous devons travailler de concert, pour préserver nos sols, préserver la qualité de l’eau et notre environnement en général.

Nous travaillons pour mettre au point des techniques alternatives, pour développer l’agriculture biologique, mais toutes ces évolutions demandent du temps, des efforts d’adaptation et des moyens d’accompagnement. Nous fondons beaucoup d’espoirs dans la recherche, l’innovation, le numérique pour trouver des solutions, pour éviter les impasses techniques ou économiques.

Il faudra aussi nous mobiliser au niveau de l’Europe pour prendre les bonnes décisions sur la nouvelle PAC 2020. Le projet qui est aujourd’hui sur la table n’est pas satisfaisant ! Il faut maintenir un budget ambitieux et renforcer les outils de gestion du marché en cas de crise. Il n’est pas normal que tous les grands pays développés, USA en tête, protègent leurs agriculteurs contre les aléas du marché et qu’en Europe, on laisse libre cours à l’ultra libéralisme économique. Les agriculteurs français et européens ne peuvent pas lutter à armes égales avec des pays moins disant au niveau social, réglementaire et environnemental !

Nous avons besoin de plus d’Europe, de plus de protection, de plus de considération et surtout de moins de technocratie !

Nous devons redonner du sens et des perspectives pour l’agriculture de notre pays. L’agriculture reste un moteur de l’économie française et la garante du dynamisme de nos territoires.

Nous devons surtout retrouver de la confiance.

L’agriculture alsacienne dispose de solides atouts avec des filières diversifiées et un vaste bassin de consommateurs. De vraies opportunités de développement existent dans les filières longues ou courtes, dans le bio ou le conventionnel.

Avec Jean-Paul Bastian, dont nous saluons la mémoire, nous pouvons légitimement être fiers d’avoir construit une Chambre d’agriculture qui a su s’organiser au niveau de l’Alsace dès 2013, qui a su se remettre en cause et s’adapter aux évolutions institutionnelles. Nous sommes fiers d’avoir pu, avec tous les élus, avec l’ensemble de nos cadres et collaborateurs, insuffler cette dynamique qui a permis à la Chambre d’agriculture de se restructurer, de rester performante au service des agriculteurs et des viticulteurs de notre territoire.

Nous vous souhaitons une excellente année 2019 avec beaucoup de satisfactions professionnelles et personnelles. Que cette nouvelle année soit pour vous et vos proches, source de joie, de bonheur, de santé et de réussite.

 

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