Auteur

Anny Haeffelé

Journaliste au PHR

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Marc Schneider, président du comité d'organisation

« On sent un renouveau ! »

Élevage

Publié le 09/05/2018

Marc Schneider, éleveur à Wangen, succède à Jean Bernhard à la tête du comité d’organisation du festival de l’élevage de Brumath. C’est la première année qu’il est aux manettes. D’emblée, il précise : « Il n’y aura pas de gros changements… » La grande nouveauté a été introduite il y a trois ans, avec le concours de génisses prim’holstein, rappelle-t-il. Cette innovation avait pour but de motiver davantage de jeunes éleveurs à participer, car les génisses sont plus faciles à manipuler. Et cela a marché ! « Il y a constamment de nouveaux éleveurs qui viennent à Brumath. » L’école des jeunes présentateurs, organisée tous les deux ans dans le département, n’est pas étrangère à ce regain d’intérêt pour le concours. « Nous formons les jeunes à partir de 13-14 ans à la préparation et à la présentation des animaux. » Souvent, les fils d’éleveur entraînent leurs camarades de lycée à se joindre à eux, souligne le président qui se réjouit de cet engouement.

Le nombre d’animaux inscrits au catalogue est lui aussi en augmentation : il se monte à 170, toutes races confondues. Il y aura bien sûr des génisses et des vaches prim’holstein, mais aussi des montbéliardes et des simmental, et même une jersiaise. On trouvera également des charolaises et des limousines, des chevaux et des moutons. Pour abriter tout ce beau monde, « il faudra sans doute installer un chapiteau supplémentaire ».

Un formule qui marche

Le festival de l’élevage, c’est « une formule qui marche ». Les rouages sont bien huilés, et tout le monde met la main à la pâte. « Depuis jeudi, une cinquantaine d’éleveurs sont présents en permanence sur le site. » Les éleveurs des différents syndicats de race ont répondu présent, souligne le président. Cette année, par contre, les étudiants en BTS du lycée agricole d’Obernai n’ont pas pu leur prêter main-forte, et ce sont les Jeunes Agriculteurs du canton de Soultz-sous-Forêts qui ont pris le relais. Ce sont eux qui ont monté les chapiteaux d’élevage, tandis que leurs collègues du canton de Truchtersheim se sont chargés du montage du grand chapiteau qui abrite le ring et le restaurant, en compagnie des éleveurs. « Vendredi, nous montons les tables, les bancs et la cuisine », indique Marc Schneider. Les Jeunes Agriculteurs du canton de Saverne sont eux aussi de la partie : samedi et dimanche soir, ils assureront la préparation des tartes flambées. 

Plusieurs milliers de visiteurs viennent chaque année au festival de l’élevage. C’est une journée conviviale qui permet aux éleveurs, et plus largement aux agriculteurs, de se retrouver dans une ambiance festive. « Par la suite, nous organisons une journée de détente pour remercier tous les bénévoles qui s’investissent et pour créer des liens entre les éleveurs des différents syndicats. » L’inauguration officielle de la manifestation aura lieu vers midi, en présence d’Anne Sander, députée européenne, et de nombreuses personnalités politiques.

Axel Kahn, directeur de recherche à l’Inserm

Intelligence artificielle contre fulgurance créative

Vie professionnelle

Publié le 21/04/2018

« Être intimidé par le pouvoir de la machine qui remplace la main ne pose aucun problème. Mais être intimidé par le pouvoir de la machine qui remplace l’esprit est une autre paire de manches. » Axel Kahn a le sens de la formule… Selon lui, la société s’apprête à être plus transformée que jamais depuis l’invention de l’écriture. « Nous allons vivre une très fondamentale modification de la place des humains dans la société. »

L’intelligence artificielle est, selon le scientifique, un empilement de quatre niveaux d’avancées techniques. Le premier est le big data, c’est-à-dire la possibilité de stocker en langage informatique une quantité de données dont on ne voit pas les limites. Cette capacité de stockage croît à une vitesse phénoménale, explique le scientifique. « Mais, dans cette jungle incroyable, comment retrouver ses petits ? » C’est tout l’intérêt des algorithmes, explique-t-il. « La puissance de notre esprit s’est trouvée prise en défaut par la bêtise crasse de la machine. Mais cette sotte approche des informations est plus puissante que l’esprit le plus intelligent. » Bref, le massivement quantitatif l’emporte sur le brillamment intelligent. La subtilité, celle qui est à l’origine d’étonnantes découvertes scientifiques, ne sert plus à rien, assène-t-il. Il cite un autre exemple : les encyclopédies fleurissaient jadis dans les demeures ; l’encyclopédie des temps modernes se nomme Wikipedia. « Les plateformes participatives réunissent la connaissance minuscule de milliers de personnes. La connaissance globale sera nettement supérieure au plus brillant spécialiste. »

Dans l’empilement des avancées techniques, les deux étages supérieurs sont la robotique et l’intelligence artificielle. « Une discipline fondamentale où des chercheurs en sciences cognitives ont conçu des circuits électriques mimant les circuits neuronaux. À partir du big data, l’intelligence artificielle traite les données à plusieurs niveaux, comme la pensée. La subtilité est inférieure, mais les performances sont troublantes. »

Tout aussi étonnant est le fait que ces machines sont capables d’apprendre, d’enrichir les bases de données et d’améliorer les algorithmes qui permettent de les explorer. « Tout cela promet un développement absolument certain : le caractère inexpugnable de la vie privée disparaît. La machine donne parfois l’impression de mieux vous connaître que vous-même ! » Un champ d’investigation fabuleux s’ouvre ainsi pour l’analyse prospective. Un exemple : « On étudie au hasard 50 000 femmes enceintes dans le monde et on braque les projecteurs sur elles. On sait quand elles se lèvent, quand elles se connectent à leur smartphone, les achats qu’elles font, les fleurs qu’elles plantent dans leur jardin. Forte de ces informations, la machine est capable de détecter 95 % des femmes enceintes dans un groupe de femmes lambda. Chacun d’entre vous peut être suivi dans tout ce qu’il fait dans le monde réel. »

« Reste-t-il encore une place pour l’humain ? »

« La liberté existe-t-elle encore si la machine sait tout ce que nous allons faire, même avant nous ? Y a-t-il des domaines dans lesquels une humanité affirmée aura sa place, dans ce monde où l’intelligence artificielle sera prédominante ? » Oui, répond Axel Kahn. 95 % des actes que nous accomplissons sont prévisibles. Il faut donc se focaliser sur ce qui fait notre originalité, c’est-à-dire 2 à 5 % de notre action. « C’est l’irréductibilité de la part humaine, la singularité de l’esprit humain, celle de la fulgurance de la créativité. » Car ce robot magnifiquement intelligent n’a pas de corps. Il ne peut donc être humain. À l’inverse, « nous sommes le résultat du fonctionnement de notre corps et de notre esprit. Le dialogue entre le corps et l’esprit est l’un des éléments de la fulgurance créatrice. »

Le métier de médecin sera particulièrement impacté par l’intelligence artificielle, prédit Axel Kahn. La machine ne fera pas d’erreur de diagnostic, ou alors elle se corrigera. Elle établira un pronostic et prescrira le traitement adapté. Et en chirurgie, la part du robot sera de plus en plus prégnante. « La part de l’humain sera-t-elle exclue de ce métier qui m’est cher ? Sans doute pas ! Il reste la calinothérapie - ou la bisouthérapie - qui constitue 50 % de l’acte médical. » L’efficacité du contact humain…

« Ce monde est perturbant, bouleversant, mais ce n’est pas la peine de se désoler, insiste Axel Kahn. Cela ne peut être autrement. » Alors, que faire ? « Cultiver les éléments positifs, investir les domaines où l’humain pourra se révéler dans toute sa puissance. »

Crédit Agricole Alsace Vosges

15 minutes chrono

Vie professionnelle

Publié le 19/04/2018

2017, une année riche en événements pour la Caisse régionale. Un petit zapping a permis de se remémorer certains d’entre eux : le partenariat avec le Racing Club de Strasbourg, le projet d’entreprise Unis vers, l’achèvement de la tour Elithis et l’inauguration de la boutique IGP Gest’Home à Strasbourg, la rénovation de plusieurs agences, le projet de nouveau site à Épinal, le financement du parc éolien Ostwind, la participation à l’Ecoparc rhénan de Reichstett. Sans oublier le lancement de Fläks, la nouvelle marque dédiée aux millénials.

Le financement de l’économie régionale est un objectif majeur de la Caisse régionale, a insisté le président, Henri Buecher. « Nous avons battu un record de nouveaux prêts. » Le directeur général, Pierre Fort, confirme ce dynamisme commercial. 1,9 milliard d’euros (Md€) de nouveaux prêts, « de quoi financer les projets de 8 000 ménages ». Un encours de crédits 8,30 Md€, un encours d’épargne de 12,60 Md€, en progression de 2,9 % : « C’est le signe d’une confiance retrouvée dans notre économie ». Et une progression de 5 % de l’activité assurances : « Nous sommes le premier groupe d’assurance en France », annonce fièrement le directeur général.

Même constat du côté des performances financières, avec un produit net bancaire de 260 millions d’euros (M€) et un résultat net de 70 M€. « La Caisse régionale a maintenu sa rentabilité et renforcé sa solidité financière », affirme Pierre Fort. Les fonds propres, qui s’élèvent à 1,50 Md€, en sont un bon indicateur. Pas étonnant que 26 000 nouveaux clients lui aient fait confiance en 2016, portant le portefeuille à près de 470 000 clients.

Des expertises de haut niveau

Solide, mais innovante, la Caisse régionale s’appuie sur la force du groupe Crédit Agricole SA, leader du financement de l’économie française. « Cela nous permet de mobiliser des expertises de haut niveau au profit de nos clients », affirme Pierre Fort. Alors qu’un fort courant de dématérialisation traverse le secteur bancaire, « nous nous sommes engagés avec détermination sur le chemin de l’innovation, poursuit Henri Buecher. C’est un élément déterminant de notre nouveau projet d’entreprise. » Pierre Fort cite quelques exemples, comme la possibilité d’ouvrir un compte dans une agence en quinze minutes, montre en main. Ou le nouveau compte bancaire EKO, « une carte, une appli, une agence pour 2 € par mois ». « Ma Banque est l’appli la plus utilisée aujourd’hui en France », ajoute-t-il.

Et il n’y en a pas que pour les jeunes : « Nous avons réorganisé le processus de gestion des successions. Nous sommes capables de traiter un dossier en 60 jours et ainsi de mieux accompagner les clients dans ce moment difficile. » Pour compléter ce tour d’horizon, mentionnons l’engagement du Crédit Agricole Alsace Vosges dans la transition énergétique : photovoltaïque, éolien, géothermie profonde, méthanisation, et même énergie hydroélectrique. « Nous avons l’expertise et les ressources financières pour le faire », indique Pierre Fort.

Des séances d’éducation budgétaire

Le président a insisté sur la dimension mutualiste du Crédit Agricole Alsace Vosges. « Nous avons conquis 1 200 nouveaux sociétaires. Cette évolution renforce notre modèle. » Grâce au bonus lié à la carte sociétaire, la Caisse régionale a accompagné 25 projets, le plus emblématique étant le spectacle organisé cet été par l’association « Voix et lumière de Jehanne » sur le parvis de la basilique de Domrémy-la-Pucelle.

De son côté, le directeur a mentionné l’association Passerelle qui a permis d’accompagner, en partenariat avec Crésus, 175 familles en grande difficulté. « Nous avons organisé une vingtaine de sessions d’éducation budgétaire dans les Vosges », une opération test qui pourrait être étendue à toute la Caisse régionale. Signalons enfin l’initiative des managers de la Caisse régionale, l’arrondi solidaire : les salariés abandonnent chaque mois les centimes d’euro de leur salaire, une manne qui a déjà permis de soutenir six associations. 100 % digital, mais aussi 100 % humain !

Crédit Agricole Alsace Vosges

Du punch pour l’avenir !

Vie professionnelle

Publié le 08/04/2018

« Nous observons une progression du chiffre d’affaires des entreprises clientes et de leurs investissements, dans le cadre de la reprise qui s’installe dans notre région », souligne d’emblée le président, Henri Buecher. La confiance des acteurs économiques se confirme, malgré certaines incertitudes. Les taux d’intérêt restent à un niveau très bas, ce qui pèse sur la rentabilité des banques. La rémunération de l’épargne réglementée renchérit ces ressources. Conséquence, la marge d’intermédiation baisse inexorablement.

La pression concurrentielle reste intense, poursuit le président. Les banques traditionnelles se mobilisent pour augmenter leurs parts de marché, en particulier sur le crédit aux entreprises. Et de nouveaux acteurs, les néobanques, proposent des offres bancaires sur smartphone, avec des contenus partiels et « une facturation des services opaque ». La réglementation ouvre de plus en plus le champ à la concurrence, la loi Macron favorisant la mobilité bancaire. Le numérique est d’un usage courant : 73 % des Français de plus de 12 ans possèdent un smartphone. Les activités bancaires sont concernées par cette nouvelle donne : 37 % d’entre eux affirment utiliser la banque sur internet. « C’est une mutation profonde, mais nous sommes conscients de l’enjeu. Régulièrement, le Crédit Agricole est cité comme la banque qui a le plus évolué sur ce plan. »

Pour Henri Buecher, la Caisse régionale a un atout de taille, « son appartenance au groupe Crédit Agricole qui affiche d’excellentes performances et poursuit son développement dans tous les secteurs ». Le groupe est leader en France du financement de l’économie et de l’ouverture de comptes à des majeurs, son application Ma Banque est la plus utilisée en Europe. « Nous sommes aussi le premier banquier assureur en Europe. » Cette appartenance à un groupe puissant ouvre la possibilité de mobiliser les expertises nationales au bénéfice des acteurs économiques régionaux, ajoute Henri Buecher.

26 000 nouveaux clients en 2017

« La situation financière et commerciale du Crédit Agricole Alsace Vosges est à l’image du temps - ensoleillée », enchaîne le directeur général, Pierre Fort. Sa grande satisfaction est l’acquisition de 26 000 nouveaux clients, ce qui porte le portefeuille à 469 000 clients. C’est que le Crédit Agricole fait tout pour séduire ses clients : « Nous sommes capables d’ouvrir un compte en quinze minutes, sur tablette, dans l’une de nos agences. Et pour 2 € par mois, nous proposons un compte courant, une carte bancaire et l’accès à une agence. Nous cumulons le meilleur des deux mondes, l’humain et le digital. »

L’encours de collecte progresse de 2,9 %, à 12,6 millions d’euros (M€), avec beaucoup d’argent sur les dépôts à vue, du fait des taux bas, et sur les plans d’épargne logement dont les taux sont restés intéressants. L’épargne réglementée représente un tiers de l’épargne totale. « Une belle performance ! »

La Caisse régionale a accordé 1,9 milliard d’euros (Md€) de crédits en 2017. « Au-delà des chiffres, cela traduit notre rôle majeur dans l’accompagnement du développement de notre territoire », explique Pierre Fort. Plus de la moitié de ces décaissements sont consacrés au financement de l’habitat et plus de 600 M€ à l’investissement (agriculteurs, professionnels, entreprises). L’encours total des crédits frôle les 8,3 Md€, en progression sensible de 5,7 %. « Nous avons connu une activité importante de réaménagement de crédits, mais aussi de financement de projets, ce qui explique la progression de l’encours. »

Partenaire des entreprises sur le territoire

L’agriculture a bénéficié de 169 M€ de crédits d’investissement. Pour le directeur général, c’est la preuve que les agriculteurs continuent à aller de l’avant. « Nous avons lancé une nouvelle offre JA qui répond bien au besoin d’accompagnement de l’installation. » La Caisse régionale a également décaissé 115 M€ de crédits professionnels, contre 89 M€ en 2016. Plusieurs innovations sont à signaler du côté des professionnels et agriculteurs. Le crédit Pro Express ou Agri Express peut être souscrit directement sur internet, avec une souplesse et une réactivité très fortes. Par ailleurs, la solution de factoring Cash in Time permet aux professionnels de mobiliser leurs factures en 24 heures.

« Nous avons octroyé 248 M€ de prêts aux PME et ETI de notre territoire, contre 135 M€ en 2016, poursuit Pierre Fort. Nous allons étoffer notre dispositif en capital, avec la création d’un fonds dédié pour accompagner nos entreprises clientes. »

Dans le domaine des assurances aussi, l’activité a été intense, avec 91 000 contrats supplémentaires en assurance de personnes (+ 4,7 %) et 142 000 en assurance dommages (+ 5,2 %). Une belle dynamique qui traduit la qualité de l’offre et l’expertise des collaborateurs dans l’accompagnement des besoins des clients. Le taux de clients satisfaits de la gestion des sinistres atteint 95 %.

« En tant que banque mutualiste, il nous paraît important de développer notre activité en étant fidèles à nos valeurs, ajoute le président, Henri Buecher. 12 000 nouveaux sociétaires nous ont rejoints en 2017. Cette évolution est soutenue par des offres spécifiques réservées à nos sociétaires. Nous tenons à faire rayonner ces valeurs, en finançant 25 projets d’initiative locale. Nous soutenons aussi l’animation de notre territoire en distribuant plus d’1 million d’euros dans le cadre du mécénat et des partenariats sportifs. » L’an dernier, l’association Passerelle a permis, en collaboration avec Crésus, d’aider 175 familles à retrouver l’équilibre financier après un accident de la vie.

Un résultat financier stable

Présentant les résultats financiers de la Caisse régionale, Pierre Fort annonce un léger recul du produit net bancaire, du fait de la conjoncture des taux bas. À 260 M€, la baisse est de 1,8 %. « Même si nous avons consenti des volumes importants de crédits, cela n’a pas compensé l’érosion des taux, que ce soit sur les nouveaux crédits ou sur les réaménagements de crédits dont nous avons fait bénéficier nos clients. »

Le Crédit Agricole Alsace Vosges a investi dans les ressources humaines, avec 7 600 jours de formation, et rénové sept agences. « Nous poursuivrons ces investissements immobiliers en 2018 », indique Pierre Fort. Il fait un zoom sur Épinal, où la Caisse régionale a décidé la construction d’un nouveau site à côté du site actuel. Ce chantier, qui s’achèvera à l’automne, représente un investissement de 6 M€. Une réflexion sur la rénovation du site strasbourgeois est en cours.

Les charges de fonctionnement sont en baisse de 0,2 %. Le résultat brut d’exploitation ressort à 97,2 M€, en recul de 4,2 %. Fort heureusement, le coût du risque est très bas, ce qui permet d’afficher un résultat net de 70 M€, stable par rapport à l’an dernier. « Ce n’est pas une fin en soi, mais un moyen de consolider nos fonds propres, essentiel dans un contexte où la solvabilité des banques est surveillée de près. » Le ratio de solvabilité dépasse 20 %. « Cela nous permet de continuer à investir et à prêter. »

« Nous avons des ambitions fortes pour les prochaines années, avec le plan Unis vers 2020, annonce le directeur général. Nous voulons être une banque régionale utile à notre territoire, à nos sociétaires et clients et à nos collaborateurs. » Rappelons que le Crédit Agricole Alsace Vosges emploie 1 472 salariés sur les trois départements, dont 70 % sont en contact avec la clientèle et 30 % dans les fonctions supports sur deux sites.

Salon Egast à Strasbourg

La côte de bœuf sublimée

Élevage

Publié le 05/04/2018

Les huit participants sélectionnés ont chacun mis en valeur une race de bœuf française venant d’élevages vertueux et nourris à l’herbe. Toutes les étapes, de la découpe à la dégustation en passant par le détalonnage et la cuisson, se sont déroulées sous l’œil d’un public enthousiaste et dans une ambiance conviviale. Le concours a été remporté par Raphaël Vetter, artisan boucher à Vieux-Thann. Joël Koenig, boucher charcutier à Sélestat travaillant avec la marque « S'esch guet - Goûtez l'Alsace », monte sur la 2e marche du podium et Florian Heit termine sur la 3e marche. Les candidats ayant terminé sur le podium sont repartis avec un trophée, pièce unique. Les autres participants ont tous reçu un diplôme.

À noter que la côte de bœuf de Joël Koenig provenait d’une génisse de 20 mois de race salers de l’élevage Knecht à Spechbach-le-Bas, sélectionnée et commercialisée par Socobeval et Sabreco, coopérative des bouchers de Colmar. Le jury a notamment apprécié sa qualité gustative et sa cuisson - elle a obtenu la meilleure note dans ces deux critères.

Présidé par Samuel Balzer, vainqueur de la première édition du concours en 2016, le jury a noté les candidats sur l’aspect à cru, l’état d’engraissement, la cuisson, la tendreté et la qualité gustative. Mais quels critères faut-il respecter pour avoir une bonne côte de bœuf ? « Le détalonnage, l’état d’engraissement, l’aspect visuel et le respect et la nourriture apportés à l’animal », explique Nicolas Stamm.

Jacqueline Riedinger-Balzer, présidente de la Fédération des bouchers-charcutiers-traiteurs d’Alsace, a assuré les commentaires sur les aspects techniques du travail et les viandes. L’idée de ce concours est venue de la rencontre d’un boucher en Toscane, Dario Cecchini, dit « le boucher fou », qui participait d’ailleurs au jury. « Là-bas, raconte Jacqueline Riedinger-Balzer, on célèbre la côte de bœuf avec une vraie fête. Et il y a une telle diversité de races de bœuf en France que nous avons eu l’idée de ce concours pour les mettre en avant. »

Delphine Franck, diététicienne nutritionniste d’Interbev, a expliqué l’importance de la viande dans l’alimentation à une époque où sa consommation est parfois décriée. « La viande est utile à notre santé, elle participe aussi à notre équilibre alimentaire de par son apport en protéines et en fer, bien assimilé par notre organisme. »

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Mutualisation des services : bientôt la deuxième étape

Vie professionnelle

Publié le 29/03/2018

La première étape de la mutualisation entre les Caisses de MSA d’Alsace, de Lorraine et de Sud Champagne a démarré en octobre dernier, explique Christelle Jamot, directrice de la MSA d’Alsace. Elle se traduit par la prise en charge par l’Alsace de l’activité santé-prestations en nature, à l’exception des indemnités journalières qui sont gérées par la Caisse lorraine. « Nous avons cédé l’activité retraite à la Lorraine (gestion des carrières) et à Sud Champagne (liquidation des retraites). » La réponse téléphonique suit les activités : les appels sont pris par les pôles téléphoniques compétents, mais les bureaux décentralisés sont toujours là pour accueillir les adhérents, c’est une exigence forte des administrateurs.

La deuxième étape interviendra le 3 avril, avec la prise en charge par l’Alsace de l’activité cotisation des exploitants (hors employeurs) pour le compte de la MSA Sud Champagne.

Dans le cadre de cette restructuration, l’activité prestations familiales est désormais gérée par la MSA Sud Champagne. « Les trois petits pôles devenaient trop fragiles, surtout en cas d’arrêts de maladie. Nous n’aurions pas pu tenir beaucoup plus longtemps. » La MSA Sud Champagne a étoffé son pôle prestations familiales et reprend une activité nationale, la garantie contre les impayés de pension alimentaire.

Un gros effort de formation

Cette nouvelle organisation entraîne un gros effort de formation : « 40 % de nos salariés sont en train de changer de métier ». Christelle Jamot a lancé un appel à l’indulgence : « Il faudra encore six mois pour atteindre la vitesse de croisière ».

Deux numéros de téléphone à retenir : pour les adhérents (hors cotisations) : 03 89 20 78 68, de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h du lundi au jeudi et jusqu’à 16 h 30 le vendredi ; pour les cotisants, 03 89 20 79 37 dès 8 h 30 et jusqu’à 17 h tous les jours.

Une enquête récente montre que 83 % des adhérents sont satisfaits de la qualité de l’accueil téléphonique de la MSA d’Alsace, indique Christelle Jamot. Mais il est difficile de maintenir un personnel suffisant sur la plateforme téléphonique, dans une perspective de diminution des effectifs. « Nous sommes en train de mettre en place une organisation complètement différente de la plateforme de Strasbourg, avec plus de personnel, plus de rotations et une réponse à fournir sur un seul aspect, les prestations santé en nature. Nous sommes une des Caisses qui ont le moins poussé à la dématérialisation, pour permettre à nos adhérents de s’adapter progressivement et d’être formés aux outils numériques par nos formateurs. »

Philippe Wolff, secrétaire de la Section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin (SDAE67), plaide pour le maintien des bureaux décentralisés afin de permettre une prise en charge locale des difficultés des adhérents, notamment des plus âgés qui ne sont pas à l’aise avec les outils informatiques. Nhan Ton TA, président de l’échelon local de Strasbourg, précise : « À la MSA d’Alsace, nous faisons tout pour garder la proximité avec nos adhérents ».

2 807 entreprises ont souscrit à la DSN en Alsace

La déclaration sociale nominative (DSN) remplace désormais la majorité des déclarations sociales. « À la demande des pouvoirs publics, ce n’est plus nous qui calculons les cotisations sociales à la place de l’employeur. » Seules trois entreprises doivent encore rejoindre le dispositif.

« Le démarrage a été compliqué : les logiciels des entreprises étaient obsolètes ou mal paramétrés et les contrôles effectués par le logiciel de la MSA trop lourds. Désormais, les contrôles se feront a posteriori sur les déclarations des employeurs. Quand tout fonctionnera, ce sera une simplification pour les employeurs, car la DSN leur permettra de faire plusieurs déclarations dématérialisées en un seul clic. »

L’augmentation de la CSG, dont le taux passe de 7,5 % à 9,2 %, a fait couler beaucoup d’encre. Pour les non-salariés agricoles, la cotisation prestations familiales a baissé, son taux variant en fonction des revenus professionnels. En ce qui concerne la cotisation maladie, l’ancien gouvernement avait acté une baisse du taux de sept points. « Le nouveau gouvernement a décidé de manière unilatérale d’aligner le taux sur celui des autres régimes, variable en fonction du revenu professionnel. »

De nombreux changements sont intervenus pour les salariés : en contrepartie de l’augmentation de la CSG, ils ne paient plus de cotisation salariale maladie. Par ailleurs, la cotisation chômage diminue, cette baisse se faisant en deux temps. À noter aussi une légère augmentation de la cotisation patronale maladie. « On observe une fiscalisation accrue de la sécurité sociale, puisque les recettes proviennent de plus en plus de l’impôt (CSG et CRDS) portant sur tous les revenus, et de moins en moins des cotisations. Cela permet de réduire les prélèvements sociaux sur les entreprises et les salariés : c’est plus équitable, puisque la sécurité sociale profite à tous les Français, et pas seulement aux actifs », précise Christelle Jamot.

RCO : trop-perçu à rembourser

Une erreur d’interprétation a conduit les MSA à verser trop de RCO (retraite complémentaire obligatoire) à de nombreux retraités, dont près de 4 000 en Alsace. Le montant moyen du trop-perçu est de 300 €. « Il s’agissait d’une mauvaise interprétation du Smic servant de base à la revalorisation des petites retraites agricoles. »

Les remboursements sont en cours et s’étalent sur quatre mois, ou davantage si les retraités le demandent. « Nous avons réagi très tôt et prévenu les adhérents concernés avant qu’ils aient reçu leur extrait bancaire. La FNSEA et la SDAE nous ont aidés à expliquer le problème et ont négocié la neutralisation de l’impact fiscal de ce trop-versé. » La MSA va envoyer un courrier pour expliquer aux adhérents la procédure à suivre pour neutraliser l’impact fiscal de ce trop-versé. Attention : cela ne se fera pas automatiquement, il faudra faire la rectification à la main sur la déclaration d’impôt.

« Nous avons demandé une revalorisation des retraites agricoles pour arriver à 85 % du Smic, indique Philippe Wolff, secrétaire de la SDAE67. Mais le gouvernement a botté en touche, nous renvoyant à la réforme des retraites en 2019. »

Simmental

Une année particulièrement chargée

Élevage

Publié le 22/03/2018

« La simmental est à un tournant. Pour mieux appréhender ces changements, il faut aller voir ce qui se passe chez nous et ailleurs », a indiqué le président Jean Bernard, pour expliquer les raisons de cette incursion en terres wurtembergeoises. 2017 a été une année particulièrement chargée pour les éleveurs simmental, a-t-il poursuivi. « En avril, nous avons vécu la dernière édition d’Eurogénétique à Épinal. » La ville de Colmar reprend le flambeau avec la création de Cœur d’Élevage en juin prochain. « Avec Simmental France, nous avons décidé de ne pas y participer. »

Après le Festival de l’élevage de Brumath, les membres du syndicat ont organisé l’assemblée générale de Simmental France qui se déroulait cette année en Alsace. « Ce fut une réussite ! Grâce à votre engagement, nous avons pu recevoir nos hôtes dans d’excellentes conditions. » L’occasion de constater que, dans différentes régions françaises, l’intérêt des éleveurs pour cette race est grandissant. C’est le cas notamment en Bretagne : une petite délégation avait fait le déplacement en Alsace. Un constat qui s’est vérifié lors du salon Space à Rennes, où Simmental France avait organisé un concours spécial, avec une cinquantaine d’animaux. « C’était intéressant de voir comment la simmental s’est intégrée dans cette région. »

Autre temps fort de l’année écoulée, une trentaine de pointeurs de tous les pays européens se sont retrouvés au château du Liebfrauenberg pour l’harmonisation des critères de jugement des animaux. Les travaux pratiques ont eu lieu sur la ferme Bernhard à Wœrth. « Cela nous a permis de voir comment les pointeurs évaluent les animaux dans leur pays et de constater les écarts. »

Un prix du lait peu attractif

Concernant la conjoncture laitière, le président n’est guère optimiste. Les stocks pèsent lourdement sur le prix du lait. La flambée des cours de la matière grasse à l’automne dernier a provoqué une pénurie de beurre. Mais la poudre de lait a perdu toute valeur, ce qui a provoqué un effondrement des prix. Depuis, la production laitière a légèrement repris et les perspectives ne sont pas réjouissantes. « Les Allemands pensent que le prix du litre de lait risque de redescendre en dessous de 30 cts dans leur pays. »

Seule consolation, le marché du veau est tiré par la demande espagnole. Et il semble que certains abattoirs manquent de vaches, « ce qui pourrait faire remonter le prix de nos vaches de réforme ». La simmental française qui, contrairement à sa voisine allemande, la Fleckvieh, a toujours cherché à conserver une certaine mixité, est très appréciée en boucherie. « À côté des critères de fécondité et de taux, nous avons toujours veillé à sélectionner les animaux sur la musculature. » Autre motif de satisfaction : alors que l’élevage bovin est régulièrement mis en cause par rapport aux émissions de gaz à effet de serre, de récentes études montrent que les races mixtes sont les plus en adéquation avec l’environnement.

Pour finir, le président a fait un appel aux bénévoles pour participer à l’organisation du festival de l’élevage, qui se tiendra les 12 et 13 mai au plan d’eau de Brumath.

Syndicat de la simmental française d’Alsace

Au cœur de la Forêt-Noire

Élevage

Publié le 22/03/2018

Coupler une assemblée générale statutaire avec une visite d’élevage, cela n’a rien de nouveau. Mais lorsque le choix se porte sur une exploitation située à Dornstetten, près de Freudenstadt, cela change la donne ! Les 25 participants ont apprécié cette escapade, d’autant que le soleil était de la partie.

À 660 mètres d’altitude, la ferme du Benzinger Hof a accueilli les éleveurs alsaciens. Elle a fêté récemment ses 1 000 ans d’existence, explique Martin Schwenk, qui était accompagné de son épouse, Annette, et de son fils, Félix. Ici, la simmental - ou plutôt la Fleckvieh - règne en maître. Le troupeau se compose de 280 vaches laitières, dont 245 en production, et leur suite.

Le Benzinger Hof est une ferme en constante évolution. « Lorsque nous avons repris l’exploitation, nous avions 36 vaches », indique Martin Schwenk. Suite au rachat de quotas et à la reprise d’une ferme voisine, le couple décide de construire une nouvelle étable de 90 places. Sept ans plus tard, il réalise une première extension - « Nous avons rallongé le bâtiment de 30 m » - et construit un bâtiment pour les génisses. Une nouvelle extension, de 50 m cette fois, est décidée en 2012-2013, ainsi que la construction d’une laiterie, avec une salle de traite rotative Boumatic de 36 places. Dans sa forme actuelle, le bâtiment est conçu pour 280 places en logettes paillées. Un puits de 138 m de profondeur a été creusé récemment pour permettre un approvisionnement en eau à moindres frais. « Nous utilisons 12 000 m3 d’eau par an. »

Une partie du bâtiment est équipée d’une toiture photovoltaïque. L’électricité produite est utilisée en autoconsommation, le surplus étant injecté dans le réseau. Une unité de méthanisation de 75 kW/h complète l’ensemble. Alimentée uniquement avec les déjections de l’élevage, cette usine de biogaz est entrée en service il y a un an, explique Félix Schwenk.

L’exploitation s’étend sur 300 hectares, dont 180 ha de prairies et 120 ha de cultures (céréales à paille et maïs). La ferme produit 2 millions de kg de lait par an, qui sont vendus à Omira, une filiale de Lactalis située à Ravensburg. La moyenne d’exploitation est de 9 500 kg de lait par vache et par an. L’intervalle vêlage-vêlage est de 365 jours. « Depuis que nous avons équipé nos vaches de détecteurs de chaleurs, nous avons réussi à réduire cet intervalle de plusieurs jours », indique Martin Schwenk. C’est d’autant plus important que les génisses sont un peu à l’étroit. « Nous les faisons vêler tôt pour libérer de la place. »

La ration de base est calculée pour une production de lait de 32 litres. Elle est complémentée en fonction du niveau de production. « La vache doit vivre longtemps et produire beaucoup », indique Martin Schwenk. L’essentiel de l’alimentation est produit sur la ferme. « Nous n’achetons que du tourteau de colza, du corn gluten feed et de l’orge d’hiver. » La ration est modifiée chaque semaine, en fonction du prix des coproduits. « Pour nous, c’est le coût de la ration qui compte. »

« Nous élevons tous les veaux nés sur la ferme. » Les femelles sont destinées à l’agrandissement et au renouvellement du troupeau. Les mâles sont engraissés durant trois semaines et sont vendus à un poids de 70 à 90 kg, au prix de 6 €/kg. « Il y a deux ans, lorsque la crise laitière faisait rage, nous étions contents de vendre quelques veaux tous les mois ! »

Martin, Annette et Félix Schwenk travaillent tous trois sur l’exploitation, avec un ouvrier polonais, un apprenti, ainsi qu’une aide occasionnelle. « Nous réalisons tous les travaux nous-mêmes, à l’exception de l’ensilage qui est confié à une entreprise. » Mais même avec cette charge importante de travail, les éleveurs semblent sereins. « Nous ne nous levons pas la nuit pour surveiller les vêlages. »

Lycée agricole d’Obernai

Participer au dynamisme de la filière

Vie professionnelle

Publié le 16/03/2018

Le monde agricole bouge, l’enseignement agricole aussi. « Nous essayons de nous ouvrir à toutes les productions », expliquent les deux enseignantes. « Nous nous imprégnons des caractéristiques de l’agriculture alsacienne, mais nous voulons aussi cultiver l’ouverture d’esprit chez nos élèves, notamment à l’occasion des voyages d’étude. »

L’élevage ovin a, depuis plusieurs années, une place de choix dans le programme pédagogique des classes de bac pro Conduite et gestion de l’exploitation agricole (CGEA) et de BTS Analyse, conduite et stratégies d’exploitation (Acse). « La filière ovine nous a proposé des supports pédagogiques très intéressants. » À commencer par les Ovinpiades des jeunes bergers, une compétition ouverte aux jeunes de 16 à 24 ans. Au lycée agricole d’Obernai, ce sont les étudiants en BTS Acse et les élèves en Capa (CFA) qui sont invités à y participer. Cette année, les candidats bas-rhinois - tous deux fils d’éleveurs ovins - se sont très bien classés lors de la finale nationale à Paris : ils ont obtenu les 13e et 15e places.

« C’est une façon de valoriser les élèves »

Pour préparer ces Ovinpiades, Jean-Pierre Saulet-Moes, technicien spécialisé ovin de la Chambre d'agriculture d’Alsace, est intervenu à cinq reprises dans les classes de première et de terminale de bac pro. « Il pose le contexte de la filière et forme les élèves aux différentes épreuves. Ces derniers apprennent ensuite la pratique au contact des éleveurs qui les encadrent. » Marie-Laure Couvet se félicite de l’implication des professionnels.

Durant les cours de zootechnie, toutes les productions animales sont abordées : bovin, porcin, ovin. Mais la formation pour les Ovinpiades est un temps fort de l’année. « Cela contribue à motiver les élèves, ils peuvent évaluer leurs compétences. » L’enseignement ne se limite pas à cette compétition. Il y a aussi les études de cas : « Les élèves ont visité récemment l’exploitation de Théo Heim à Mietesheim. Nous leur avons demandé de faire une étude des besoins de l’éleveur et de trouver des pistes d’amélioration. »

Durant ses cours d’économie, Simone Hentz aborde bien sûr les aspects théoriques, comme la pénurie d’agneaux en Europe et en Alsace, mais aussi les données techniques, comme la comparaison des systèmes d’élevage (agneaux d’herbe, agneaux de bergerie), le calcul de la marge brute, et même de l’excédent brut d’exploitation (EBE). Et lors des visites d’exploitations, les élèves étudient des cas concrets. « Nous nous sommes intéressés à la manière dont Théo Heim assure son autonomie fourragère : il produit du fourrage sur les cultures intermédiaires de parcelles voisines. Nous avons notamment comparé le coût de la ration produite sur les Cipan par rapport à l’achat de fourrage et étudié l’augmentation de la valeur agronomique des sols induite par ces pratiques. » Pourquoi un tel intérêt pour la production ovine ? « C’est un atelier facile à mettre en place et complémentaire de l’élevage bovin », indiquent les deux professeurs.

Plan Bâtiment 

59 dossiers aidés en 2017 : une filière toujours aussi dynamique

Pratique

Publié le 30/01/2018

Suite au départ à la retraite de Pierre Paul Ritleng, c’est Daniel Brua, conseiller au bureau décentralisé de Drulingen, qui a repris la gestion du Plan Bâtiment. « Comme je suis dans un secteur d’élevage, je connais la musique », indique-t-il.

Sur le plan administratif, les deux dernières années ont été assez compliquées, du fait de la régionalisation Grand Est et du nouveau PCAE (Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations). « Il fallait tout mettre en place. » Mais en 2017, le Plan Bâtiment a atteint sa vitesse de croisière, indique le conseiller. « Les outils informatiques sont prêts depuis quelques semaines. »

La première période de dépôt des dossiers de candidature a eu lieu du 1er au 31 mars. La validation des dossiers complets avec permis de construire est intervenue le 12 juin. Une deuxième période de dépôt a été ouverte du 15 juin au 8 septembre, la validation des dossiers ayant eu lieu le 25 octobre. « On retrouve deux périodes de dépôt des dossiers, comme nous l’avions connu historiquement. Les différents partenaires ont affirmé leur volonté de garder ces périodes de dépôt. »

Ce qui a dynamisé le Plan Bâtiment, c’est la filière volaille, aussi bien dans le Haut-Rhin que dans le Bas-Rhin : poules pondeuses, volailles de chair et poulets bios, explique Daniel Brua. « Nous avons enregistré 59 dossiers au total, contre 84 en 2016. Vu la conjoncture, cela reste dynamique. » 20 dossiers sont portés par des jeunes agriculteurs. « Ils restent prioritaires. »

Avec l’accord de la Région, tous les dossiers complets qui ont été déposés ont été retenus. « Ce n’est pas neutre, économiquement : pour 18,2 millions d’euros d’investissements prévisionnels, cela représente 3,8 millions d’aides, dont 53 % sont financés par l’Union européenne et 47 % par la France (État, Région, Agence de l’eau). La moyenne d’investissement par dossier est de 309 000 €. »

« L’harmonisation au niveau du Grand Est n’est pas d’actualité »

Daniel Brua se réjouit de la volonté affichée de la Région de poursuivre cette dynamique jusqu’à l’issue du Plan Bâtiment. « La crainte était que, dès 2018, il y ait un seul Plan Bâtiment à l’échelle du Grand Est. Mais jusqu’à présent, rien ne vient remettre en cause le Plan Bâtiment alsacien qui prend fin en 2020. Ensuite, son avenir dépendra d’une décision politique. »

Le conseiller attire l’attention sur le fait que le dossier comprend, outre une partie administrative, une étude globale de l’évolution de l’exploitation (EGEE). « C’était une demande de la Région Alsace, à l’époque. » L’exploitation doit en effet répondre à une triple performance, économique, sociale et environnementale. « C’est une pièce maîtresse du dossier, elle est réalisée par la Chambre d'agriculture d’Alsace. » Plusieurs conseillers participent à son élaboration, sur l’aspect bâtiment et mise aux normes (taille des fosses et des fumières), sur l’aspect agronomique (valorisation des déjections animales, plan de fumure, rotation des cultures, etc.), sur l’aspect élevage (alimentation des animaux, autonomie protéique) et sur l’aspect économique et social (installation d’un jeune, départ à la retraite des parents, embauche d’un salarié). Cette étude doit permettre de juger si l’investissement est pertinent, si l’agriculteur est en mesure de faire face aux annuités. Bref, de vérifier la viabilité du projet, en partenariat avec les centres de gestion. « C’est une demande des financeurs qui voulaient avoir une synthèse de l’évolution de l’exploitation, suite aux investissements programmés. »

La prochaine période de dépôt des dossiers s'ouvre le 1er février

Pour 2018, le souhait de la profession agricole est de continuer sur cette lancée afin de soutenir les projets d’élevage. « À la veille de Noël, nous avons appris qu’il y aurait deux périodes de dépôt des dossiers en 2018, la première du 1er au 28 février, la deuxième du 15 juin au 31 juillet. » Le préalable, pour déposer un dossier, est d’avoir obtenu le permis de construire pour les travaux concernés. « Quand on projette de construire une étable, un poulailler, on ne se décide pas en cinq minutes. C’est un dossier complexe qui nécessite une réflexion approfondie et des formalités administratives complexes. Il ne faut pas s’y prendre au dernier moment. » Les éleveurs qui souhaitent s’inscrire dans une telle démarche doivent prendre contact avec les conseillers des bureaux décentralisés.

« Une fois le dossier déposé, il faut patienter quelques semaines avant de recevoir une lettre de l’administration confirmant que le dossier est réputé complet, que l’agriculteur peut commencer les travaux. Mais attention, cette lettre ne vaut pas accord de subvention ! » C’est le comité chargé de la gestion du Plan Bâtiment qui décide si la subvention est accordée. La lettre de notification des aides sera envoyée au porteur de projet après la réunion du comité.

Toutes les filières animales - bovins, ovins, caprins, porcins, volailles, lapins - et tous les systèmes - conventionnel, bio - sont éligibles aux aides du Plan Bâtiment, à l’exception des élevages équins. « Pour les systèmes bovins, l’investissement minimum est de 50 000 €. Pour les autres systèmes, ce plancher est ramené à 15 000 €. »

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