Auteur

Anny Haeffelé

Journaliste au PHR

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Folle choucroute d’Alsace

Deux semaines de créativité gastronomique

Pratique

Publié le 20/01/2018

Qui a eu cette idée folle, un jour de lancer la quinzaine de la folle choucroute d’Alsace ? Casser les codes de la choucroute traditionnelle, c’est un projet que la profession choucroutière caresse depuis longtemps, avec le succès que l’on connaît. La célèbre choucroute au poisson lancée par Guy-Pierre Baumann dans les années 1960 a nettement contribué à « alléger » la perception de ce plat, fort succulent au demeurant ! Les professionnels de la filière ne cessent de le répéter, la choucroute est avant tout un légume, peu calorique, riche en nutriments et facile à utiliser pour un cuisinier. « Pas besoin de l’éplucher, ni de la ciseler. Il suffit d’ouvrir le seau, elle est prête à l’emploi », souligne Jacques Eber, président des Chefs d’Alsace.

Ensuite, il suffit de lâcher la bride à son imagination, ce que les 28 chefs partenaires de l’opération Folle choucroute d’Alsace savent si bien faire… Mardi dernier, lors de la conférence de presse de lancement de l’opération, c’était l’heure de la mise en bouche. Jugez-en plutôt : purée de patate douce avec choucroute et cèpes, salade de choucroute aux noix, minitourte à la choucroute et au munster, foie gras poêlé d’Alsace avec choucroute cuite et crème de topinambour, entre autres délices. Du 19 janvier au 4 février, ces chefs renommés, répartis dans toute l’Alsace, vous attendent dans leur établissement pour vous faire découvrir leurs dernières créations. Pour connaître la liste des participants, il suffit de se rendre sur le site www.folle-choucroute-alsace.fr. Pour allécher les consommateurs, des spots publicitaires seront diffusés sur France Bleu. Par ailleurs, un partenariat a été noué avec Top Music, pour séduire le public jeune : du 22 janvier au 2 février, la radio proposera des interviews de chefs participant à l’opération et fera gagner des bons repas dans leur établissement.

« Un légume détox »

Après les agapes de fin d’année, quoi de mieux qu’un légume aussi peu calorique que la choucroute, de surcroît riche en vitamines, minéraux et autres nutriments bénéfiques, pour se remettre en selle ? C’est en tout cas ce que prône Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, partenaire de l’opération Folle choucroute d’Alsace.

En s’associant aux restaurateurs pour promouvoir la choucroute d’Alsace, base de nouvelles créations culinaires, l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace, présidée par Sébastien Muller, veut mettre en lumière les valeurs nutritives et la « modernité » de ce légume. Les actions de communication qu’elle mène tout au long de l’année, lors de la Foire européenne de Strasbourg, du Salon de l’agriculture à Paris ou dans la grande distribution vont dans ce sens. « L’AVCA est engagée depuis plusieurs années dans une démarche de reconnaissance de la choucroute d’Alsace en IGP, ce qui permettra de protéger la dénomination dans l’Union européenne et ainsi de maintenir la production en Alsace », souligne quant à elle Bénédicte Dubois, directrice d’Alsace Qualité. En Alsace, douze choucroutiers transforment ce légume emblématique, pour un volume de 25 000 à 27 000 tonnes, ce qui représente 70 % de la production française.

Fédération bancaire française 

Les banques françaises, championnes de la transition écologique

Vie professionnelle

Publié le 05/01/2018

La directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF), Marie Anne Barbat-Layani, a fait escale au siège du Crédit Agricole Alsace Vosges à Strasbourg, le mercredi 13 décembre. Elle est allée à la rencontre des adhérents de la FBF, mais aussi des représentants des entreprises et des pouvoirs publics de la région.

« Nous avons un modèle de banque unique au monde, se plaît-elle à dire. Celui d’une banque universelle de proximité, avec une très forte présence sur l’ensemble du territoire. » Ce modèle est souvent mal compris par les régulateurs, que ce soit au niveau européen ou international. « Ce que nous leur reprochons, c’est une approche standard de la réglementation, basée sur un modèle anglo-saxon de banque », explique Marie Anne Barbat-Layani en prenant l’exemple des crédits immobiliers. « Dans la plupart des pays, et surtout aux États-Unis, le montant du crédit accordé est fonction de la valeur du bien. En France, nous tenons compte de la capacité de remboursement de l’emprunteur. C’est ce qui explique notre taux de risque  très faible et l'absence de subprimes. Pour autant, nous sommes obligés de provisionner nos crédits immobiliers comme les banques étrangères. »

« Le système bancaire français fonctionne bien »

Même l’OCDE le reconnaît : le système bancaire est, selon elle, l’un des six atouts de la France, notamment sa capacité à financer l’économie. En un an, notre pays a insufflé 2 249 milliards d’euros dans son économie - elle a notamment accordé 942 Md€ de crédits aux entreprises (chiffres Banque de France septembre 2017). « La France a réalisé son meilleur taux de croissance des crédits aux entreprises depuis la crise financière », souligne Marie Anne Barbat-Layani. Elle est en tête de l’Union européenne et de la zone euro pour la croissance des encours, les taux bas et le taux d’accès aux crédits. « 95 % des PME ont le crédit d’investissement demandé ». Pierre Fort, directeur général du Crédit Agricole Alsace Vosges et responsable du comité Alsace de la FBF, confirme cette tendance : « Les chiffres sont très bons. Fin septembre, nous enregistrons une croissance annuelle de 7,7 % de nos crédits aux entreprises (crédits de trésorerie et crédit d’investissement) ».

« Notre crainte, poursuit Marie Anne Barbat-Layani, c’est que le Haut Conseil de stabilité financière (l’autorité prudentielle française chargée de surveiller le système financier) nous dise que nous prêtons trop et nous impose de nouvelles contraintes, parce qu’il redoute la création d’une bulle financière. » Ces contraintes pourraient se traduire par un renforcement des exigences de fonds propres. « Mais nous n’avons pas changé nos méthodes d’attribution des crédits. Les financements accordés sont cohérents avec les besoins des entreprises, leur capacité de remboursement et la validité de leur projet. » Pour Marie Anne Barbat-Layani, la croissance des encours est due à l’embellie que connaît l’économie française, qui a provoqué une reprise de la demande des crédits d’investissement.

Accélérer la transition énergétique

D’autres sujets mobilisent l’attention des adhérents de la FBF. Parmi eux, la réorganisation de la présence des banques dans l’Union européenne suite au Brexit. Ou encore le financement de la transition énergétique, un sujet d’actualité au lendemain du One Planet Summit 2017. « Les banques hexagonales, explique la directrice générale de la FBF, réalisent 25 % des émissions mondiales d’obligations vertes (green bonds). Elles ont un réel engagement et un vrai savoir-faire dans ce domaine. La place de Paris ambitionne clairement de devenir leader dans le domaine de la finance verte. »

Pour Marie Anne Barbat-Layani, c’est une évidence : le secteur privé doit jouer un rôle dans la transition énergétique. « C’est à nous, acteurs privés, de nous engager et d’accélérer le mouvement. C’est vrai dans le secteur bancaire : tous les établissements ont développé des produits de financement, mais aussi d’épargne, écoresponsables. Il y a une vraie attente des clients. » Pierre Fort enchaîne : « Nous accompagnons les projets des collectivités, des entreprises et des ménages pour réaliser cette transition énergétique ».

Une autre question se pose : comment intégrer le risque climatique dans la gestion des bilans bancaires ? « La réflexion est en cours avec nos superviseurs. Ce que nous proposons, c’est le « Green Supporting Factor ». C’est-à-dire un traitement prudentiel adapté des financements et investissements de la transition énergétique. » Cela devrait se traduire par une exigence moindre de fonds propres pour le financement des actifs éligibles. Tous les acteurs économiques sont concernés : les particuliers voulant acquérir un véhicule électrique, les PME construisant un bâtiment vert, les agriculteurs se lançant dans un projet de méthanisation ou d’énergie solaire, la construction d’un parc éolien, etc. « La commission de la stabilité financière de l’Union européenne a décidé d’étudier notre proposition », annonce la directrice générale de la FBF.

Une offre clé en main proposée par APIS

Faciliter l’accès des personnes handicapées aux caveaux

Pratique

Publié le 06/11/2017

 Le dossier Ad’ap devait être déposé en mairie ou en préfecture au plus tard le 27 septembre 2015, les travaux de mise aux normes devant être terminés, sauf dérogation, avant fin 2018 », explique Séverine Haller, chargée de communication - marketing chez APIS (Association pour l’Innovation Sociale), une association du groupe MSA d’Alsace. Mais dans les faits, nombre de vignerons n’ont pas engagé le processus. Et ils sont victimes de démarchage frauduleux, par téléphone, par mail ou sur internet. « Nous avons été contactés par le Synvira (Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace), avec l'appui de l’Ava (Association des viticulteurs d'Alsace), afin de monter une offre sur mesure pour aider les entreprises concernées à constituer leur dossier Ad’ap et à se mettre en règle. »

Séverine Haller précise : « Nous avons commencé par les vignerons, car la demande était forte. » Mais cette offre vient d’être étendue aux professionnels de santé et aux petits commerçants.

APIS a décidé d’aller au-delà de la prestation réglementaire en proposant une offre à trois niveaux :

  • offre 1 : constitution du dossier Ad’ap
  • offre 2 : accompagnement dans la réalisation des travaux
  • offre 3 : conception de supports adaptés aux différents handicaps.

Le coût de la prestation dépend de l’importance des démarches à effectuer. « À l’issue de la prestation, nous offrons aux vignerons une matinée de formation avec un médecin spécialisé pour les sensibiliser aux différentes formes de handicap, le but étant de faciliter la relation avec les personnes handicapées, qu’elles soient mal voyantes, atteintes de surdité ou en fauteuil roulant. »

Une carte des vins en braille

Lorsque l’association reçoit une demande de mise aux normes, Séverine Haller prend un premier rendez-vous avec le vigneron pour lui expliquer la démarche. Un deuxième rendez-vous est pris avec le technicien pour élaborer le dossier et dresser la liste des travaux à effectuer. « Je l’accompagne sur place », indique Séverine Haller. Au troisième rendez-vous, le dossier Ad’ap est remis au vigneron pour le déposer en mairie ou en préfecture. Une fois que le dossier est validé par la commission d’accessibilité, il peut commencer à faire les travaux.

Si le vigneron opte pour l’offre 2, le technicien APIS recherche les entreprises compétentes pour la réalisation des travaux, avec l’aide du prestataire, fait établir les devis et assure le suivi du chantier.

« Quant à ceux qui ont vraiment envie de jouer le jeu, nos prestations complémentaires leur permettent d’aller plus loin. » APIS peut par exemple se charger de mettre en place une signalétique « visible » par tous les handicapés (effets sonores, bandes pododactiles, pictogrammes, etc.), de concevoir la carte des vins en braille ou de réaliser une vidéo en langue des signes. Elle peut également accompagner le client dans l’obtention du label Tourisme et Handicap.

Fruits et légumes bios d’Alsace

« Mettre la production en adéquation avec les débouchés »

Vie professionnelle

Publié le 17/10/2017

Sous la conduite d’Emmanuel Zerr, l’un des deux associés du Gaec du Heidenstein, la matinée a commencé par une visite de cette exploitation où, sur une superficie de 110 hectares, se côtoient viticulture, arboriculture et élevage. Un tour de ferme fort instructif qui a permis de mieux cerner la philosophie des producteurs bios, leurs préoccupations.

« Vous avez pu découvrir ce qu’est l’agriculture biologique », a souligné Julien Scharch, président de l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), à l’issue de cette visite. Un mode de production en plein essor, du fait de l’engouement croissant des consommateurs. Mais comment les producteurs bios alsaciens imaginent-ils leur métier ? Julien Scharch a exploré trois pistes. « C’est une agriculture qui respecte l’environnement et protège les ressources naturelles. Elle cherche à instaurer des pratiques commerciales aussi équitables que possible, afin que les producteurs puissent vivre de leur métier. D’où l’idée de se réunir régulièrement pour se connaître et mettre en place un système économique qui satisfasse tous les maillons de la filière. » Enfin, elle prône l’approvisionnement local, fière de son slogan, « Bio et local, c’est l’idéal ! » « En créant un écosystème de proximité, nous entretiendrons une dynamique des territoires et créerons de l’emploi local. » L’Opaba participe actuellement à la création d’une fédération régionale de l’agriculture biologique, qui s’appellera « Bio dans le Grand Est », a annoncé Julien Scharch.

Les producteurs bios travaillent en partenariat avec la Chambre d'agriculture d’Alsace, avec le soutien financier de la Région et de l’État. L’État, justement, a annoncé son intention de ne plus financer le maintien de l’agriculture biologique. « Nous sommes dans l’attente de la position du gouvernement vis-à-vis de la bio, mais aussi d’une ambition régionale forte. Car nous comptons bien continuer à développer les surfaces bios. »

Travailler ensemble

L’agriculture bio est présente au sein du conseil d’administration de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) depuis sa création, a rappelé Pierre Lammert, son président. Il y a quelques années, l’Ifla a même lancé une version bio de sa marque « Fruits et légumes d’Alsace » pour que le consommateur puisse facilement l’identifier dans les différents circuits de commercialisation. « Il ne s’agit pas d’opposer agriculture biologique et conventionnelle, mais de donner le choix au consommateur. » L’interprofession se compose de trois collèges, producteurs, grossistes et grande distribution.

Nombre de ces enseignes étaient représentées à cette journée d’information et d’échange, a constaté avec satisfaction Pierre Lammert. « L’objectif de l’interprofession est de défendre la filière fruits et légumes d’Alsace, de travailler ensemble pour faire la promotion des produits alsaciens. » Le mois de septembre a été très dense, à ce niveau. Le concours d’étalage du plus beau rayon de fruits et légumes d’Alsace a vu la participation de plus de 60 magasins. Côté salons, il y a eu BiObernai, puis Saveurs et soleil d’automne à Sélestat qui a réuni 35 000 visiteurs. « Un très grand succès ! »

Son inauguration a été précédée par la signature du contrat de filière avec la Région Grand Est, une première ! Compétitivité, communication, innovation, installation… Vu la taille des enjeux, « il était important de réussir à fédérer les acteurs de la filière fruits et légumes du Grand Est », estime le président de l’Ifla. Cerise sur le gâteau, « la Région a compris que la communication devait se faire à l’échelon des territoires, et pas de la grande région ».

Des joyaux cachés

« Topaz, opal… Il y a des joyaux cachés dans nos chambres froides », a déclaré Thomas Burger. Ce producteur bio de pommes et de poires, installé à Steinseltz, représente les producteurs de fruits à l’Opaba. « Nous regroupons des exploitations très différentes, petites ou grandes, spécialisées dans la production de fruits ou diversifiées. » 24 % des surfaces de fruits sont conduites en agriculture biologique, explique-t-il. Cela représente 300 ha, un chiffre qui devrait continuer à grimper, vu le nombre de conversions en cours. « C’est un créneau porteur en Alsace. Nous avons la chance d’avoir une recherche dynamique pour trouver des variétés résistantes aux maladies et des relations commerciales intéressantes. » Mais tout n’est pas rose : 75 % du potentiel alsacien de production de fruits a été détruit par le gel de ce printemps. « C’est une année difficile. Espérons que les volumes seront au rendez-vous l’an prochain ! »

Pour les producteurs de légumes bios, 2017 est une bonne année, a enchaîné Dany Schmidt. Maraîcher bio à Volgelsheim, il défend les intérêts des producteurs de légumes au sein de l’Opaba. La quantité et la qualité sont satisfaisantes. Du coup, les prix sont à la traîne. Et pour certains produits, la mise en marché a été très compliquée.

« Nous n’attendons pas de miracle ! »

La filière légumes bios sort de sa niche et devient une filière à part entière, a souligné Dany Schmidt. « Mais sa structuration reste chaotique. En vente directe et dans les magasins spécialisés, cela se passe plutôt bien. Dans la grande distribution, nous apprenons à travailler ensemble. En période de forte production, nous avons du mal à le faire correctement, comme ce fut le cas pour la tomate cet été. Le problème, c’est que nous n’organisons pas les mises en marché suffisamment en amont. » Or les surfaces sont en augmentation constante - plusieurs hectares de serres ont été installés cette année, ce qui risque de provoquer une saturation du marché. « Il n’y a pas d’échappatoire : nous devons aller vers une structuration de la filière, et pour cela nous avons besoin d’un coup de main de la grande distribution. » Dany Schmidt propose d’organiser chaque printemps une rencontre avec les metteurs en marché pour étudier leurs attentes et mettre la production en adéquation avec les débouchés. Avec à la clé des engagements de volume. « Ça fonctionne, et ça permet de privilégier les fruits et légumes alsaciens. » Pour autant, Dany Schmidt reste lucide : « Nous n’attendons pas de miracle ! » D’autant qu’en bio, tous les produits ne sont pas disponibles tout le temps. C’est un message qu’il faudra faire passer auprès des consommateurs…

Directeur de la plateforme d’achat Scofel Auchan, Boris Wendling préside l’association de la distribution des fruits et légumes d’Alsace au sein de l’interprofession. Le marché des fruits et légumes bios est en pleine expansion, a-t-il confirmé. La croissance est à deux chiffres, ce qui crée des perturbations. La grande distribution est le premier vecteur de produits bios, devant les magasins spécialisés. « Nous ne sommes pas forcément préparés à une évolution aussi rapide. Les fruits et légumes bios sont passés d’une niche à un rayon à part entière, ce qui n’est pas simple à gérer dans les magasins. » Pour lui, la grande distribution a un rôle à jouer dans l’accompagnement des producteurs, à travers l’engagement sur le planning de production et les volumes. Objectif : assurer la pérennisation de l’offre.

Saveurs et soleil d’automne à Sélestat

Plein les mirettes !

Vie professionnelle

Publié le 29/09/2017

Dès l’entrée sur le parking, une agréable surprise attend les visiteurs. Le chemin piétonnier qui mène aux Tanzmatten serpente entre des jardins ouvriers regorgeant de trésors : piments, tomates, poireaux, choux, courges, potirons, etc. Une sympathique mise en jambes !

Une fois passés la caisse et le service de sécurité, tous les sens sont en éveil. Les parterres de légumes invitent à la gourmandise, les décorations spectaculaires en mettent plein les yeux… On se promène dans les allées du salon comme dans un jardin extraordinaire. Extraordinaire, il l’est, avec sa pyramide de légumes d’automne, ses immenses dinosaures… Le public ne boude pas son plaisir ! Il découvre avec délice les animations organisées durant les trois jours, stands de dégustation et de découverte, cours de cuisine, démonstrations de sculptures de légumes. Les enfants aussi sont gâtés, avec des spectacles et des ateliers spécialement conçus pour eux.

Les organisateurs ont profité de cet événement culturel pour sensibiliser le public à la biodiversité, au développement de la production locale, à l’équilibre alimentaire à travers des conférences et des démonstrations culinaires orchestrées par des chefs cuisiniers hors pair. Et pour la première fois de son histoire, le salon a accueilli les épreuves qualificatives du concours du Meilleur ouvrier de France, dans la catégorie primeur.

L’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, association unique en son genre en France, a montré une fois de plus qu’elle savait rassembler tous les acteurs de la filière pour nous concocter un show éblouissant !

Savourez l’Alsace Produit du terroir

La marque fait sa pub

Vie professionnelle

Publié le 04/09/2017

La marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » part à la conquête de l’industrie agroalimentaire. Dimanche 27 août à Mietesheim, jour de finale de labour, les responsables de la marque et leurs partenaires ont organisé une table ronde à l’usine Alélor Raifalsa. L’objectif, inciter les industriels à utiliser des matières premières locales dans leurs productions. Autour de la table, des représentants de la Chambre d'agriculture d’Alsace, des responsables professionnels agricoles, des responsables d’entreprises agroalimentaires et des élus, en particulier des conseillers régionaux qui soutiennent cette initiative.

Le but poursuivi ? À l’instar de ce qui a été fait dans la restauration collective, l’agriculture alsacienne veut travailler plus étroitement avec l’industrie agroalimentaire régionale. « Cela ne se fait pas du jour au lendemain, explique Philippe Boehmler, président du comité d’accréditation de la marque « Savourez l’Alsace Produits du terroir ». Il faut identifier les attentes des industriels et mettre en place un système de contractualisation pour que les agriculteurs puissent se lancer dans ces productions et fournir aux industriels les quantités demandées, tout au long de l’année. C’est un travail minutieux de mise en relation. »

Des bâches le long des routes alsaciennes

En ces temps chahutés par les scandales alimentaires, l’agroalimentaire est à la recherche de valeurs sûres. « La marque garantit au consommateur la provenance locale des matières premières », souligne Philippe Boehmler. « Pour la majorité des produits concernés, 80 % au moins des ingrédients doivent être d’origine régionale », précise Bénédicte Dubois, directrice d’Alsace Qualité. À ce titre, la filière raifort, mise en avant lors de la finale départementale de labour, est exemplaire. Alélor Raifalsa s’approvisionne en totalité auprès des producteurs locaux, dans une relation contractuelle de longue date.

Cet événement est le premier volet d’un plan de communication ambitieux. « Notre campagne a pour but de faire connaître la marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » auprès du grand public, explique Julien Koegler, secrétaire général des JA 67. Nous avons installé 80 bâches au bord des routes du Bas-Rhin et du Haut-Rhin pour faire connaître ce logo que les consommateurs pourront ensuite retrouver sur certains produits dans les supermarchés. L’objectif est que le consommateur exige cette marque lorsqu’il fait ses courses, qu’il devienne acteur de sa consommation. » C’est aussi le moyen de lancer le site internet www.terroir.alsace.

Événement à la foire européenne

La prochaine étape aura lieu lors de la foire européenne de Strasbourg. La marque « Savourez l’Alsace Produit du terroir » tiendra un stand sur l’espace agricole. « Par ailleurs, nous allons organiser un événement avec les restaurateurs, le mardi 5 septembre, afin de valoriser le partenariat entre le monde agricole et les restaurateurs alsaciens. Nous avons invité les membres de l’Union des métiers de l’industrie hôtelière, des Étoiles d’Alsace, des maîtres restaurateurs, de la Fédération des chefs de cuisine restaurateurs d’Alsace », explique Julien Koegler. Pourquoi les Jeunes agriculteurs sont-ils impliqués dans cette démarche ? « Nous avons besoin de cette marque pour construire des filières sur le long terme. Grâce à sa création, nous espérons installer des jeunes et renouveler les générations. »

Les consommateurs retrouveront également la marque lors du salon Saveurs et Soleil d’automne qui se tiendra du 22 au 24 septembre aux Tanzmatten de Sélestat. La filière fruits et légumes d’Alsace a été une des premières à adopter cette marque à 100 % !

Concours de la race charolaise

La fine fleur de l'élevage bovin alsacien

Élevage

Publié le 25/08/2017

Dimanche prochain à Mietesheim, le concours régional de la race charolaise constituera l’un des temps forts de la finale départementale de labour. Après avoir organisé cette compétition au Parc des expositions de Strasbourg durant des années, le syndicat des éleveurs de la race charolaise d’Alsace a décidé, l’an dernier, de se joindre aux Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin lors de leur grande fête agricole du mois d’août.

« C’est essentiellement pour des raisons de logistique que nous avions pris cette décision, explique Thierry Kolb, président du syndicat. C’est beaucoup plus simple en termes d’organisation et de disponibilité des éleveurs. Il est plus aisé de mobiliser les éleveurs sur une seule journée. » Les animaux arriveront le dimanche matin, avant de subir une séance de lifting et une pesée. Les opérations de jury débuteront à 14 h, sous la houlette de Thierry Lechenault, éleveur en Gaec à Saint-Thibault en Côte-d’Or, le juge stagiaire étant Thomas Samyn, venu des Ardennes. La présentation des animaux primés aura lieu à 17 h, juste avant l’annonce des résultats de la finale de labour. Les animaux quitteront le site vers 19 h.

Création d’une section « Veaux d’automne »

Lors de la réunion de préparation, les éleveurs ont décidé d’apporter quelques modifications au règlement du concours. La première concerne les grands prix d’honneur. « Un animal qui a décroché un grand prix d’honneur l’année précédente ne pourra pas le remporter l’année suivante. » La question était de savoir si, dans ce cas-là, il fallait annuler l’épreuve ou prendre l’animal classé deuxième. « Nous avons finalement choisi de prendre le deuxième de la catégorie. »

L’autre modification concerne les veaux. « Nous avons décidé de créer une section Veaux d’automne », explique Thierry Kolb. Jusqu’ici, pour être considéré comme un veau, il fallait que l’animal soit né après le 1er décembre de l’année N-1. Ce qui excluait d’office les veaux nés quelques jours avant la date butoir. Des veaux qui se retrouvaient dans la section Juniors, en compétition avec des animaux beaucoup plus âgés qu’eux. « La majorité des membres du syndicat n’a pas souhaité modifier la date à partir de laquelle les animaux sont admis dans la section Veaux. Ils ont préféré mettre en place une section Veaux d’automne pour que ces animaux concourent entre eux. » Par contre, ils participeront au championnat Juniors, qui regroupe les animaux âgés de 1 à 3 ans.

Ce concours est pour les éleveurs participants l’occasion de présenter leur savoir-faire, de montrer le haut niveau génétique de leur troupeau et d’être, en quelque sorte, les ambassadeurs de l’élevage alsacien. Un rôle d’autant plus important que, cette année, la finale départementale de labour aura pour vedette une production végétale, le raifort.

L’Arev en congrès à Strasbourg

Faire entendre la voix des territoires viticoles

Vigne

Publié le 20/07/2017

À l’invitation de Phillipe Richert, président de la Région Grand Est, l’Arev s’est réunie en congrès à la Maison de la Région de Strasbourg. Cette organisation politico-professionnelle est le porte-parole des vignobles européens au niveau international. 65 régions de 18 pays européens en sont membres actuellement.

Renouvellement des instances, transfert du siège à Bruxelles et réforme de la Pac, avec le vote d’une motion, ont été les principaux temps forts de ces deux journées de congrès. Les régions européennes viticoles ont rappelé le rôle essentiel qu’elles jouent pour l’avenir du secteur et des collectivités territoriales.

Souhaitant être plus proches et davantage entendus des institutions européennes, les délégués de l’Arev ont pris plusieurs décisions importantes. Ils ont élu à l’unanimité un nouveau président, Emiliano García-Page Sánchez, président de la Région espagnole de Castilla-La Mancha. Ce dernier a affiché son ambition de faire entendre la voix des territoires viticoles et réaffirmé l’exigence d’être associé à toutes les réflexions et décisions concernant le secteur qui sont prises à Bruxelles, comme l’ont fait ses prédécesseurs, notamment dans le combat contre la dérégulation des plantations. Pour une meilleure efficacité, le siège administratif de l’association sera prochainement transféré à Bruxelles. Le nouveau secrétaire général, Pascal Bobillier-Monnot, sera en charge de la gestion et de la représentation de l’association auprès des institutions de Bruxelles. La veille, les délégués professionnels du secteur vitivinicole avaient reconduit à l’unanimité le Luxembourgeois Aly Leonardy dans ses fonctions de président du Conseil européen des professionnels du vin (CEPV) et de premier vice-président de l’Arev.

À l’issue d’échanges avec des représentants du Parlement européen, de la Commission et de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), les délégués de l’Arev a adopté à l’unanimité une motion sur la réforme de la Pac. Elle insiste sur l’importance socio-économique du secteur et la place unique qu’occupe la viticulture dans le monde agricole grâce à une réglementation européenne spécifique (régulation, politique de qualité, soutiens orientés vers les investissements) que les Régions souhaitent voir maintenue. L’Arev a aussi plaidé en faveur du maintien du budget de la Pac et des programmes nationaux d’aide. Les représentants des territoires ont appelé la Commission européenne et les ministres de l’Agriculture à améliorer dès maintenant la prochaine réforme de la Pac dont l’application pourrait être retardée, les outils de gestion des risques, notamment l’assurance récolte comme le propose le Parlement européen, et de mettre en place l’Observatoire de la viticulture européenne que l’Arev réclame depuis deux décennies.

« En live » dans le verger

Cultures

Publié le 12/07/2017

Photo 1. Utilisé depuis longtemps dans le houblon pour supprimer les jets indésirables, le désherbage thermique est-il transposable dans les vergers ? Oui sans hésitation pour Jean-Marie Felden, de la société Felden Industrie à Wingersheim, qui a conçu et fabriqué ce désherbeur thermique à gaz en étroite collaboration avec les techniciens houblonniers. « Cela nécessitera un travail d’ingénierie assez important, mais cela ne posera pas de problèmes techniques », estime-t-il. Au contraire : « Un tronc d’arbre est plus résistant qu’une liane de houblon… » Et cela pourrait avoir des incidences positives, comme l’élimination des rejets et la destruction des ravageurs, notamment des pucerons lanigères. « Comme il est possible de régler la pression du gaz, on peut aussi intervenir dans les jeunes vergers », précise Jean-Marie Felden.

Photo 2. Développé par la société Comac, l’outil de désherbage mécanique NaturaGriff offre la possibilité de travailler un demi-rang, avec un outil positionné à droite ou à gauche, en montage à l’avant, entre les roues ou bien à l’arrière du tracteur. Il offre également la possibilité de travailler simultanément sur deux côtés en un seul passage avec deux outils fixés sur un châssis pendulaire, attelés à l’avant ou à l’arrière, sur le relevage du tracteur. L’outil présenté à Obernai était équipé de chaque côté de deux brosses montées à l’arrière. « La brosse est efficace quelle que soit la hauteur de l’herbe », indique Hubert Preiss. L’idéal, pour lui, est de passer avec les disques en novembre, après la récolte, puis avec les brosses en mars pour niveler. « L’avantage, c’est que la mauvaise herbe repousse dans une terre meuble et qu’elle est plus facile à arracher. Le liseron, le lierre, ça les tire et les broie. » Le passage de la brosse n’a aucun impact sur le système racinaire, précise-t-il. NaturaGriff peut être équipé de brosses, de brosses avec des dents, de lames et d’un rotofil. C’est une machine conçue pour ne pas faire de dégâts dans les plantations, souligne-t-il. « Nous intervenons dans des champs de lavande et des plantations de groseilles. »

Photo 3. Léon Durrmann, concessionnaire à Andlau, présentait le pulvérisateur Nicolas dernière génération Air One ADSD, équipé d’une cuve de 2 000 l et d’une ventilation à air double superposé décalé. Cela lui procure une grande souplesse d’utilisation, tout en limitant la dérive verticale. Les Nicojets sont placés dans le flux d’air afin d’obtenir une bonne pénétration et une meilleure diffusion de la pulvérisation dans l’arbre.

Photo 4. Techprodis propose une large gamme de produits, allant des équipements de protection individuels à la station de lavage et de remplissage des pulvérisateurs, en passant par le stockage et la rétention des produits phytosanitaires.

Arboriculture fruitière d’Alsace

Une journée entre pros

Cultures

Publié le 12/07/2017

« Le constat a été dressé il y a trois ans : une certaine distance s’était instaurée entre le verger expérimental et les arboriculteurs, explique Pierre Barth, président de Verexal. Nous organisons des portes ouvertes une fois par an, mais c’est plutôt une journée tournée vers le grand public, même si les producteurs sont cordialement invités à y participer. Nous avons donc décidé d’organiser une journée technique à intervalle régulier. » Cette année, elle est consacrée à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires.

De nombreux thèmes ont été abordés tout au long de la matinée. Denis Litt, préventeur de la Caisse d’assurance accidents agricole du Bas-Rhin, a rappelé que des subventions sont accordées par la Caisse pour l’achat des équipements de protection individuelle. Il a également effectué une démonstration pour mettre en avant l’utilité des gants lors du changement de buses de pulvérisation. « Le Comptoir agricole est intervenu sur l’impact du plan Ecophyto 2 sur la coopérative et les producteurs, en insistant sur les contraintes de résultat », explique Pierre Barth. Enfin, l’assemblée a évoqué la démarche d’homologation des pulvérisateurs à turbine. Désormais, certains pulvérisateurs arboricoles sont officiellement reconnus comme permettant de réduire la dérive des produits phytosanitaires.

Optimiser l’eau de traitement

Dans la foulée, les différentes méthodes permettant de réduire le nombre d’applications et les doses de produits phytosanitaires ont été passées en revue. Benoît Pintat, gérant de la société Atiben, a par exemple présenté Aquatiben 3 P, un système de préparation et d’optimisation de l’eau de traitement qui permet une réduction significative des doses de produits phytosanitaires. « Il a proposé de mettre en place un essai dans le verger cet automne pour démontrer l’efficacité de ce procédé », indique Pierre Barth.

« Nous avons aussi approfondi les alternatives au tout-chimique, comme le désherbage mécanique et le désherbage thermique. Ce dernier est déjà pratiqué dans la houblonnière, et le matériel pourrait aisément être adapté aux vergers. Mais nous nous heurtons à certaines limites : le désherbage mécanique est difficile à mettre en œuvre dans les vergers existants, car le système racinaire est superficiel et les arbres risqueraient d’être endommagés. De plus, il est exigeant en main-d’œuvre, ce qui le rend difficilement rentable. »

Lors de l’assemblée générale de Verexal, le président avait insisté sur le fait que l’arboriculture est dépendante des produits phytosanitaires. « Même si les produits sont plus respectueux de l’environnement, plus sélectifs, c’est très compliqué de réduire les doses de 20 à 40 %, à l’instar des grandes cultures. Car on ne peut pas se permettre de perdre une récolte. Cette année, nous avons déjà subi d’importants dégâts de gel. Les fruits à pépins ont été particulièrement touchés : à Verexal, le potentiel de récolte a été entamé de 80 %. » Pour les fruits à noyau, le bilan est plus mitigé. En cerises, la saison s’achève sur une demi-récolte, pour Verexal.

Une variété alsacienne de pomme résistante à la tavelure

« Les arboriculteurs sont constamment tiraillés entre la contrainte de rentabilité et la pression du prix d’un côté, et la pression environnementale de l’autre. En pommes, cela fait trois ans que la situation est tendue, ça ne motive pas les arboriculteurs à investir dans de nouveaux matériels ou à tester de nouvelles techniques. »

En partenariat avec la station expérimentale lorraine, l’Arefe, Verexal veut lancer un nouveau projet visant à réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. « Nous avons soumis le dossier à la Région Grand Est, explique Pierre Barth. Nos deux stations se complètent bien : nous sommes plutôt orientés vers les fruits à pépins, les Lorrains vers les fruits à noyau (prunes et mirabelles, notamment). »

Pierre Barth fonde beaucoup d’espoir dans la nouvelle variété de pommes résistante à la tavelure, développée en Alsace. « Cela permettrait de supprimer un tiers, voire la moitié des traitements. Nous en avons planté deux rangs l’an dernier à Verexal, à titre d’essai. Cette année, nous effectuerons de nouvelles plantations. C’est la Cuma Alsa Pomme de Brumath qui porte le projet. »

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