Auteur

Anny Haeffelé

Journaliste au PHR

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La saison des fraises commence

« Allez-y ! Elles sont toutes rouges… »

Cultures

Publié le 31/05/2017

La campagne avait bien commencé, les fruits s’annonçaient abondants, mais les gelées noires des 17, 18 et 19 avril ont refroidi l’enthousiasme des fraisiculteurs qui ont vu leur récolte amputée de 40 %. Heureusement, la période ensoleillée que nous venons de vivre a permis de redresser la situation et aujourd’hui, les fraises sont présentes en abondance. « Ne tardez pas ! » insiste Olivier Grinner, président de l’Association des producteurs de fraises d’Alsace. La saison est très courte, elle ne dure que trois ou quatre semaines… Que vous les achetiez en barquettes dans les magasins et sur les marchés, ou que vous vous rendiez en famille dans une des nombreuses libres cueillettes de la région, c’est maintenant !

Michel Hegé se réjouit de voir les producteurs de toute l’Alsace rassemblés à la ferme Densch de Haguenau pour le lancement de la campagne, au côté des membres de l’interprofession, des représentants des organisations professionnelles agricoles et de la Région Grand Est. À l’orée de la forêt de Haguenau, le magasin Le Fruitier est entouré d’un « grand jardin » de 8 hectares où sont implantés une petite fraiseraie, un carré de myrtilles, un verger de pommes et de poires - qui a entièrement gelé - et un champ d’asperges. « Nous envisageons de convertir le verger en bio. » Le magasin, quant à lui, propose une large gamme de produits du terroir et de l’artisanat local, l’agencement soigné mettant particulièrement en valeur les fruits et légumes.

« Nous allons tous dans le même sens »

« La saison a du mal à démarrer en raison des fortes gelées qui ont considérablement réduit la production, poursuit Michel Hegé. Les clients attendent avec impatience l’ouverture de la libre cueillette, ils nous inondent de coups de fil. » Il est vrai que le magasin est idéalement placé à la sortie nord de Haguenau, une ville de 35 000 habitants. « Mais je voulais attendre cet après-midi pour que vous puissiez voir de belles fraises bien rouges… »

« Après les asperges, le lancement de la saison des fraises est toujours un moment très attendu », explique Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla). Il marque en général le retour des beaux jours… et c’est le cas cette année. Il a remercié la Région Grand Est qui soutient la promotion, tout au long de l’année, des fruits et légumes d’Alsace. D’année en année, la liste s’allonge : récemment, les légumes primeurs ont fait une entrée en scène remarquée, et dès la semaine prochaine, ce sera au tour de l’ail, de l’oignon et de l’échalote d’être mis en valeur. La preuve que les producteurs locaux ont la pêche !

D’autres événements sont prévus dans les prochains temps. Le salon interprofessionnel du commerce des fruits et légumes d’Alsace réunira les acteurs de la filière le 13 juin, et le salon Saveurs et Soleil d’automne accueillera des milliers de visiteurs, du 22 au 24 septembre aux Tanzmatten à Sélestat. « C’est le plus grand salon des fruits et légumes de France, précise Pierre Lammert. Nous continuerons à communiquer pour promouvoir les produits de notre région, avec notre ambassadrice de charme, Delphine Wespiser, ancienne Miss France. Elle ne pouvait être parmi nous aujourd’hui car elle est en tournage pour l’émission Fort Boyard. »

Boris Wendling, responsable régional de la Scofel, centre d’achat régional du groupe Auchan, rappelle que dix enseignes de la distribution sont réunies au sein de l’Ifla. « Vous retrouverez un peu partout la même communication autour de la fraise d’Alsace, quelle que soit l’enseigne. C’est une demande du client, il attend ce produit. » La grande distribution est le canal de distribution le plus important en France, ajoute-t-il. Il commercialise 70 et 80 % de la production. Pour Boris Wendling, il n’y a pas d’opposition entre grande distribution et circuits courts. « Nous allons tous dans le même sens : nous cultivons le bon, le sain, la proximité. »

Usine Cristal Union d’Erstein

Un chantier spectaculaire !

Cultures

Publié le 20/05/2017

Une effervescence inhabituelle règne ce mardi matin à la sucrerie d’Erstein. Le grand jour est enfin arrivé : un nouveau bandage, livré par Syral Industries est mis en place dans la diffusion. L’ancien bandage, usé par le temps, a été retiré préalablement par oxydécoupage, une opération qui a nécessité une quinzaine de jours.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, le bandage n’est pas un simple pansement… mais une énorme pièce métallique de 60 tonnes, forgée et laminée en France. Une grue de 700 t, soigneusement arrimée au sol, la soulève avec précaution, sous l’œil attentif de René Schotter, président de la section Erstein du groupe Cristal Union, Stéphane Clément, directeur de l’établissement d’Erstein, Guillaume Bovis, responsable d’exploitation, et Jacky Weibel, responsable de la maintenance, ces deux techniciens étant chargés de piloter l’opération.

Une précision millimétrique

Après l’avoir hissé à une trentaine de mètres du sol, la grue redescend lentement le bandage par le toit, centimètre par centimètre, avant de le positionner au milieu de la diffusion, un grand tube métallique de 400 t. « La diffusion est une tour horizontale de 40 mètres de long et de 6 m de diamètre qui repose sur deux bandages », explique Guillaume Bovis. À l’intérieur, se trouvent des paniers d’égouttage qui font passer les cossettes de betteraves à sucre à contre-courant dans de l’eau chaude, pour faire migrer le sucre. « Les paniers d’égouttage ont la forme d’une vis d’Archimède qui fait avancer les cossettes. L’eau chaude injectée à contre-courant les imbibe et se charge en sucre. » C’est ce qu’on appelle l’extraction par diffusion.

Quelques jours auparavant, l’ancien bandage a été enlevé et le tube a été soulevé par un système d’étais, afin de pratiquer une ouverture en V, permettant à la nouvelle pièce de se glisser plus facilement sur ses galets. « Nous avons effectué des forages pour vérifier la nature du sol sous les étais, mais aussi sous les patins de la grue. »

Dans les jours qui viennent, les chaudronniers procéderont à des réglages mécaniques pour ajuster la pièce. Puis deux robots de soudure seront placés de chaque côté, pour pratiquer une soudure en rotation. « Après une série de contrôles mécaniques, nous remonterons l’ensemble des repères qui ont été démontés à l’intérieur, et un nouveau contrôle sera effectué », explique Loïc Vilchez, PDG de Sitral Industries. Un chantier qui devrait se prolonger jusqu’au 31 juillet. Trois mois de fabrication ont été nécessaires pour réaliser la nouvelle virole, poursuit-il. « Le bandage en acier a été forgé dans une usine de Maubeuge puis nous avons façonné la pièce dans nos ateliers à Faulquemont, en Moselle. Nous sommes également chargés du transport, du levage et du montage. »

Forgé et laminé en France

« C’est le premier bandage forgé et laminé en France dans une sucrerie », ajoute, non sans fierté, René Schotter. Un investissement de 1,25 million d’euros. « C’est le bandage de tête que nous avons mis en place aujourd’hui. Le deuxième sera changé dans deux ans », indique Stéphane Clément.

Chaque année, en moyenne, la sucrerie d’Erstein réalise 3,70 M€ d’investissements. « Cette année, nous allons installer une table à rouleaux au niveau du lavage des betteraves, pour un montant de 700 000 €. Un processus de lavage à plat qui remplacera l’ancien laveur à tambour. » Une nouvelle ligne de bûchettes sera également installée d’ici la fin de l’année, pour un montant presque équivalent. « Les dirigeants de Cristal Union ont une vraie volonté de maintenir l’usine d’Erstein au top de ses capacités, comme le prouvent les investissements successifs, poursuit le directeur d’établissement. Ils veulent également capitaliser sur la marque Erstein, qui a été dotée d’un nouveau packaging. »

Les atouts de la sucrerie alsacienne sont nombreux : un bassin de consommation important, des industries agroalimentaires fortement consommatrices de sucre et, avec la fin des quotas, la perspective d’exporter vers les pays tiers, en particulier la Suisse, insiste René Schotter. Pour en savoir plus, rendez-vous ce vendredi à Oberhausbergen pour l’assemblée générale de la section Erstein de Cristal Union.

Groupama Grand Est

Des résultats stables malgré une année chahutée

Vie professionnelle

Publié le 14/05/2017

2016 était une année compliquée pour Groupama Grand Est, souligne François Schmitt. « Nous avons su être au côté de nos sociétaires, qu’il s’agisse des agriculteurs, des particuliers ou des entreprises. Nous avons fait notre métier : nous avons aidé nos assurés et nous avons payé les sinistres le plus rapidement possible. Nous avons prouvé notre solidité et dégagé un résultat de 17,7 millions d’euros (M€), à la hauteur de celui de 2015. »

L’année écoulée a vu la mise en œuvre du projet d’entreprise qui a pour fer de lance la qualité de service, poursuit Olivier Larcher. C’est un succès : le taux des clients très satisfaits a progressé en trois ans de 17 à 23 %, l’objectif étant d’atteindre 25 %. « La qualité du service est le mot d’ordre de nos 1 500 salariés dans les années à venir », insiste le directeur.

Stabilité du chiffre d’affaires

Avec 576 M€, le chiffre d’affaires de l’assurance IARD reste stable - l’assurance de biens y contribue pour 72 %, l’assurance de personnes pour 28 %. De son côté, la collecte de l’épargne assurance-vie atteint 91,30 M€. Groupama Grand Est a reversé 428 M€ à ses sociétaires. Un montant élevé, dû à une sinistralité importante. « Nous avons été pénalisés par six sinistres « excédentaires » : trois suite à un accident automobile, deux suite à un incendie et un suite à un accident de ski. » Dans le jargon des assureurs, cela signifie que le coût du sinistre dépasse 2 M€. Ces sinistres excédentaires sont pris en charge en grande partie par la réassurance qui a rétrocédé 20 M€ à Groupama Grand Est. Autre secteur fortement touché, les sinistres climatiques sur récolte. « Notre portefeuille d’assurance récolte s’élève à 26 M€, or nous avons payé plus de 50 M€ d’indemnités, en hausse de 18 M€ par rapport à 2015. »

Le rapport sinistres/cotisations se dégrade légèrement, à 75 % contre 69,9 % l’année précédente, poursuit le directeur. Grâce à la réassurance et à un travail d’assainissement des risques de son portefeuille, Groupama Grand Est a ainsi pu réaliser un résultat économique équivalent à celui de 2015. « La protection de la réassurance a garanti l’équilibre de nos comptes. » Le ratio combiné se dégrade légèrement, à 98,3 %. La marge de solvabilité atteint 342 % en y intégrant les mesures transitoires en lien avec la transition Solvabilité I à Solvabilité II. « Elle est cinq fois supérieure au minimum exigé par Solvabilité II », précise Olivier Larcher.

Amélioration de la solvabilité

Comment cette solvabilité s’est-elle améliorée ? Le directeur y voit l’effet de l’engagement de ses équipes, de leur dynamisme commercial, de la qualité du service, mais aussi du lancement des certificats mutualistes : « Jugés comme des quasi-fonds propres, ils améliorent notre solvabilité. Fin 2016, nous avions émis 27 M€ de certificats mutualistes, auxquels nous allons servir une rémunération de 3,15 %, sous réserve de l’approbation de l’assemblée générale du 16 mai à Strasbourg. » Début mai 2017, le volume des certificats mutualistes atteignait déjà 36 M€. « L’objectif de 45 M€ que nous nous étions fixé sera atteint dans quelques mois. Pour nous, c’est la traduction de la confiance de nos sociétaires. »

Groupama Grand Est est un assureur solide efficace, qualitatif et engagé, résume le directeur. « Nous venons de terminer les assemblées générales de nos 278 Caisses locales. Plus de 18 000 sociétaires ont participé depuis la mi-février à cet exercice de proximité, avec une participation active à la validation des comptes, du fonctionnement institutionnel et des actions de prévention. Cela prouve leur attachement à notre mutuelle. Nous faisons vivre cet esprit de partage de communauté depuis 110 ans. »

Première « Soirée Expert » Kuhn consacrée à la pulvérisation

« La qualité de la précision est notre fer de lance »

Technique

Publié le 12/05/2017

C’est une mise en scène digne des plus grandes stars que le groupe Kuhn a concoctée pour cette première soirée expert. Jingle, lumières stroboscopiques… les pulvérisateurs vedettes ont fait une entrée tonitruante dans l’immense hall du Kuhn Center for Progress.

Connu dans le monde entier pour ses charrues et son matériel de fenaison, le groupe Kuhn n’a cessé, au cours des dernières décennies, de se diversifier et de s’internationaliser, explique Christian Fischer. Aujourd’hui, il est présent dans une dizaine de secteurs d’activité, labour, travail du sol, semis, fertilisation, pulvérisation, entretien du paysage, broyage, récolte des fourrages, pressage, conduite d’élevage. Il propose en outre une offre très large de services (extension de garantie, offre de financement, etc.). « Nous nous sommes toujours appuyés sur l’innovation pour poursuivre notre développement. L’agriculture n’a rien à envier aux autres secteurs d’activité en matière de technologies. »

Le groupe Kuhn a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 853 millions d’euros, en baisse certes par rapport à 2015 compte tenu de la situation économique de notre secteur. « Le marché américain s’est effondré », indique Christian Fischer. Or c’est un marché important, avec 32 % des ventes entre l’Amérique du Nord et du Sud, 61 % des ventes étant réalisées en Europe et 7 % sur d'autres continents.

Une question de précision

Après ce préambule permettant de mieux cerner la carrure internationale du constructeur savernois, Luc Monville, responsable marketing et communication pour les produits pulverisation, est entré dans le vif du sujet. « De nouvelles technologies sont apparues récemment pour améliorer la qualité de la pulvérisation et simplifier le fonctionnement du pulvérisateur. » Préparation, remplissage, application, rinçage, toutes les étapes de la pulvérisation sont importantes, a-t-il indiqué. « Chacune d’elles est actrice de la précision de l’appareil. » Petit rappel de la marche à suivre.

  1. Cibler les parcelles à traiter. Une bonne connaissance du parcellaire permet de mieux connaître les surfaces à pulvériser et d’éviter les recouvrements.
  2. Bien connaître le produit à appliquer et son mode d’action pour choisir le type de buses le plus adapté.
  3. Étudier les conditions météorologiques, car elles ont un impact sur la qualité de la pulvérisation.
  4. Anticiper le rinçage : une cuve vide est plus facile à rincer.

« Chaque buse a son rôle »

La première question à se poser est le type de traitement envisagé. S’agit-il d’un produit de contact, d’un produit systémique ou d’un produit racinaire ? « Un produit systémique doit toucher la plante. Il faut donc que le produit soit diffusé sur tout le système vasculaire ; la force du vent, notamment, a un grand impact sur ce type de produit. Un produit racinaire doit toucher le sol et s’y diffuser. Le produit de contact, quant à lui, doit « peindre la plante ». « C’est le plus délicat, en termes de taille de gouttelettes et de conditions météo », insiste Luc Monville. Les grosses gouttelettes sont moins sensibles au vent. La dérive est donc limitée, de même que l’impact sur la plante. « Mais il y a un risque de lessivage. » Les fines gouttelettes augmentent le potentiel d’impact du produit sur la plante à protéger ; elles sont moins sensibles à la dérive et à l’évaporation du produit. Elles seront toujours les plus efficaces.

« Plus les gouttelettes sont fines, plus on augmente les chances d’impact. » C’est le cas avec la buse à injection d’air, explique Luc Monville. Le fait de charger les gouttelettes d’air améliore l’effet de couverture. Cela permet de limiter le risque de dérive et de lessivage, et d’assurer une meilleure couverture grâce à l’étalement du produit.

La pression est un autre facteur qui influence la taille de la gouttelette. « Plus la pression augmente, plus la taille de la gouttelette diminue… et plus le risque de dérive s’accroît. C’est pourquoi nous avons développé le système Multispray : il sélectionne automatiquement la buse la mieux adaptée, en fonction de la vitesse d’avancement et de la taille de la gouttelette. Par ailleurs, l’application KuhnBuse vous aide dans le choix de la buse : en fonction de différents critères - volume/ha à pulvériser, vitesse de travail, force du vent -, elle propose différentes couleurs de buse. »

« Pour limiter le recouvrement, nous avons équipé nos rampes de tronçons ». Le nombre de tronçons a été multiplié par deux en dix ans, indique Luc Monville. Encore faut-il couper le tronçon au bon moment ! « Le système de coupure automatisée GPS Section Control diminue le risque de recouvrement et facilite le confort de travail. La tendance actuelle est à une coupure buse à buse, qui est forcément gérée par GPS. Elle diminue par trois le risque de recouvrement. »

La hauteur et la stabilité de la rampe contribuent elles aussi à améliorer la précision. « Une rampe à la bonne hauteur réduit la sensibilité à la dérive. Le système d’assistance à la hauteur Boom Assist est essentiel pour les rampes à forte hauteur et les parcellaires compliqués. » Une bonne stabilité de la rampe évite les secousses et garantit la qualité de la pulvérisation. Reste un point de vigilance, l’irrégularité des parcelles - trous d’eau, verse, etc. « Nos sondes ont sensiblement évolué et mesurent en permanence la hauteur par rapport au sol et à la cible à pulvériser. »

Les nouvelles technologies qui sont nées ces dernières années (GPS, capteurs, drones) ont permis d’améliorer la qualité de la pulvérisation ou de la distribution d’engrais. Elles ont aussi contribué au développement d’aides à la conduite (système de guidage, suivi de la pulvérisation, suivi de la rampe, coupure automatisée, rinçage automatisé) et d’aides agronomiques (modulation de doses). D’autres innovations sont en cours de développement, indique Luc Monville. « La technologie s’invite partout dans le cycle de pulvérisation pour augmenter la précision de l’application et garder un pulvérisateur simple d’utilisation. »

Vidéos à l’appui, Geoffroy Houette, responsable commercial pour les produits pulvérisation, a présenté l’usine de Chéméré, où sont construits une grande partie des pulvérisateurs destinés au marché français, comme le pulvérisateur porté Deltis 2 équipé d’une rampe de 15 à 24 m, ou le dernier en date, l’Oceanis 2, d’une capacité de 7 700 l équipé d’une rampe de 48 m, « le fleuron de la gamme en matière de technologie. »

Le soir du grand show

Puis Luc Monville a repris les manettes pour présenter, en live, deux nouveaux produits, le Deltis 2 et le Lexis 3000. « Le Deltis 2 a été doté d’un châssis en L, qui reporte un maximum de poids à l’avant de la cuve. » Avec le système OptiLift, la suspension est souple et efficace au champ, mais également sur la route.

Les ingénieurs se sont préoccupés de la sécurité de l’opérateur lors de la manipulation des produits phytosanitaires. « Souvent, les incorporateurs sont peu pratiques, trop petits ou trop encombrants, souligne Luc Monville. Le nouvel incorporateur Optifiller est souple et son grand volume permet d’incorporer confortablement les produits. Au transport, il se replie et devient très compact. » Le panneau de mise en œuvre est équipé de deux vannes principales, l’une pour l’aspiration (cuve principale, cuve de rinçage), l’autre pour le refoulement, lorsqu’il faut envoyer de l’eau claire dans les différentes parties. « Cela permet d’éliminer jusqu’à 50 % des manipulations, et donc des risques d’erreur. »

Le pulvérisateur est doté d’une rampe diagonale de 21 m. Stockée sur la machine de manière compacte, elle est composée de trois bras. Ce nouveau concept évite le fouettement, réduit l’entretien et permet un dépliage plus rapide.

Le pulvérisateur Lexis 3000 était la deuxième machine présentée. Compact et court pour limiter les dégâts dans les cultures, il est lui aussi doté de deux vannes principales. Différentes options sont possibles : le système Diluset + pour automatiser le remplissage et piloter le rinçage depuis la cabine du tracteur, les terminaux électroniques Visioreb ou Isobus, ou encore la circulation continue électrique. « Sa première fonction est de permettre la coupure buse à buse pour diminuer le recouvrement, ave un pilotage par GPS. Sa deuxième fonction est de faire circuler le produit dans la rampe sans pulvériser, ce qui supprime l’amorçage et facilite le rinçage. Équipée d’une rampe de 18 à 28 m, c’est une machine compacte et simple qui peut accueillir beaucoup de technologies. »

À l’issue de cette présentation, les agriculteurs se sont déployés autour des différents pulvérisateurs exposés dans le hall où un spécialiste leur a fourni toutes les explications nécessaires. Ils ont également pu manipuler les différents boîtiers sur le pool électronique.

Lancement officiel de la saison des asperges

Produire des asperges au cœur de Strasbourg : défi relevé !

Cultures

Publié le 01/05/2017

Lancer la saison des asperges au cœur de la capitale européenne, cette idée inédite a séduit ! C’est à l’Îlot de la Meinau que l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace a fait son show, jeudi 20 avril. Cette exploitation maraîchère, créée récemment par Daniel et Jean-Nicolas Hoerlé et Geoffrey Andna, a accueilli dans ses serres les producteurs d’asperges, les élus municipaux et régionaux, les représentants des organisations agricoles et, bien sûr, « notre » Miss France, Delphine Wespiser, pétulante ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace.

Cette fois-ci, les asperges n’ont pas attendu le lancement officiel pour pointer leur nez : profitant des beaux jours d’avril, elles ont régalé les consommateurs alsaciens, ravis de pouvoir les inscrire à leur menu pascal. Et si la vague de froid a quelque peu ralenti le rythme de la cueillette, le retour de températures plus élevées devrait relancer la production.

L’asperge se modernise

Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace, salue l’ensemble des acteurs de la filière asperge. L’association compte 44 producteurs à titre individuel, auxquels s’ajoutent une trentaine de producteurs regroupés au sein de la coopérative de Hœrdt. Soit environ 250 ha sur toute l’Alsace, dont 70 % dans le Bas-Rhin. Depuis sa création en 1991, la famille des asparagiculteurs a beaucoup grandi - elle a presque doublé, en fait. Elle s’est aussi diversifiée : au côté des producteurs conventionnels, on trouve désormais des producteurs bios. Tous répondent à un cahier des charges privé, contrôlé par Certipaq.

L’asperge se modernise : avec la collaboration de Dominique Krafft, de l’agence Musiconair, elle a refait son site internet, changé de visuel et multiplié les supports de communication. « La Région Grand Est nous soutient, à travers l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace. »

Les conditions météorologiques ont été favorables à la pousse des asperges, précise le président. « Le froid hivernal leur a permis d’entrer en dormance. Les conditions de buttage étaient bonnes et le soleil a très tôt réchauffé les buttes, ce qui nous a permis de gâter les consommateurs alsaciens avec des asperges à Pâques. » La qualité des turions était exceptionnelle, jusqu’ici, grâce à une pousse rapide en début de saison. Malheureusement, toute l’avance a été stoppée net par la récente vague de froid. « Rien n’est gagné : les jours à venir seront décisifs. » Autre ombre au tableau, le télescopage avec les productions des autres régions. « Les asperges landaises ont du retard et entrent en concurrence avec les asperges alsaciennes. Espérons que la campagne de communication permettra de mettre en avant l’asperge alsacienne et que le consommateur saura faire le bon choix ! Il faut cela pour faire oublier les dernières campagnes, catastrophiques… » Encore faut-il que les prix soient à la hauteur, souligne le président : « Les producteurs alsaciens ne peuvent pas commencer la saison avec des prix de fin de campagne ou de surproduction. Dans ces conditions, l’asperge d’Alsace n’a pas d’avenir ! »

Les asperges alsaciennes ont deux atouts, explique Jean-Charles Jost, « un terroir idéal qui confère aux asperges une haute qualité gustative, et un bassin de consommation important et fidèle ». Il faut capitaliser sur ces atouts, estime-t-il.

Top départ de la saison des fruits et légumes

Comme le souligne Patrick Bastian, vice-président de la commission agricole de la Région Grand Est, le lancement de la saison des asperges marque le top départ de la saison des fruits et légumes d’Alsace. « C’est le début de l’année culturale. On dit que quand la saison des asperges est bonne, toute la campagne est bonne. » Mais l’épisode de gel qui a sévi récemment a fortement douché l’enthousiasme de certains producteurs, en particulier des arboriculteurs et des vignerons.

Les assises des fruits et légumes qui se sont tenues récemment ont été l’occasion de réfléchir à l’avenir de cette filière. « Il faut se positionner sur les créneaux porteurs. La Région veut vous accompagner financièrement pour investir et communiquer. »

La situation agricole n’est pas mirobolante, admet Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui s’exprime au nom des organisations professionnelles agricoles. « Mais il faut faire preuve d’ingéniosité et encourager la diversification. Toutes les productions, tous les modes de production doivent pouvoir coexister. » La ferme de la Colonie, gérée par les frères Hoerlé, en est la preuve : « Cette exploitation, qui était plutôt tournée vers l’exportation, a réussi à se diversifier en se tournant vers le maraîchage, répondant ainsi aux attentes des consommateurs désireux de s’approvisionner en circuits courts. Nous devons mettre en avant l’atout « manger local », une nouvelle tendance qui devrait nous garantir de nouveaux débouchés. Nous avons un métier formidable, nous avons tous les atouts pour continuer à investir sur nos exploitations. »

Du bio dans les cantines

« Nous avons beaucoup travaillé pour rapprocher la ville et la campagne », souligne le maire de Strasbourg, Roland Ries. Un rapprochement dû à la bonne volonté des uns et des autres et à l’opiniâtreté de Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, en charge du développement de la politique agricole communautaire et des circuits courts. « Elle a beaucoup travaillé avec les paysans de l’Eurométropole, indique le maire. C’est elle qui m’a convaincu d’inscrire le développement des circuits courts dans mon programme. » Depuis 2010, les surfaces consacrées à l’agriculture biologique ont plus que triplé sur le territoire métropolitain, « et il faut encore augmenter l’offre ».

850 ha ont été classés en zones agricoles et naturelles réservées dans l’Eurométropole. Le maraîchage et les produits bios seront donc amenés à se développer. Mais pas seulement : « Nous avons mis en place un troupeau de highland cattle à la Robertsau et des moutons à l’île du Rohrschollen », souligne Roland Ries. Parallèlement, l’Eurométropole a augmenté la part des produits bios dans la restauration scolaire, sous l’impulsion de Françoise Buffet. Ce sont désormais 248 t de produits bios qui sont transformés par les cantines scolaires, dont 137 t d’origine locale. Par ailleurs, 176 points de vente de produits locaux ont été recensés sur l’Eurométropole, dont la Nouvelle Douane qui a suscité de nombreux débats au conseil municipal… Le dialogue et la collaboration entre la municipalité et les organisations agricoles ont permis de surmonter tous les obstacles !

Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, salue le dynamisme de l’association pour la promotion de l’asperge, le premier légume de printemps. Pour lui, la promotion est la clé de voûte du succès : « Nous sommes la seule région française où la production de fruits et légumes s’est développée grâce à la communication grand public. Nous allons continuer à communiquer, avec le soutien de la Région : les légumes primeurs vont eux aussi faire leur pub. » Pierre Lammert annonce l’organisation du salon Saveurs et Soleil d’automne, du 22 au 24 septembre à Sélestat.

Crédit Agricole Alsace Vosges

Une stratégie ambitieuse de développement rentable

Vie professionnelle

Publié le 30/04/2017

Pierre Fort a pris ses fonctions de directeur général du Crédit Agricole Alsace Vosges en mai 2016, peu après l’élection d’Henri Buecher à la présidence. « La transition s’est passée sereinement, confie Henri Buecher. Nous avons trouvé rapidement un régime permettant une gouvernance en pleine harmonie. »

Le groupe Crédit Agricole a publié récemment ses résultats 2016, jugés très positivement sur les marchés. « Le recentrage des activités au plan géographique et sur ses cœurs de métier a porté ses fruits », souligne le président. Le groupe a dégagé un résultat de 6 milliards d’euros (Md€), en progression de 3 %. Crédit Agricole SA, de son côté, affiche un résultat de 3 Md€, en hausse de 23 % « Ces belles performances, le groupe les doit à un fort dynamisme commercial, une bonne maîtrise des charges de production, un coût du risque bas. Le ratio de solvabilité sort renforcé. »

Une stratégie ambitieuse de développement rentable

Cette stratégie ambitieuse de développement rentable repose sur deux priorités, le déploiement d’un nouveau modèle de banque répondant aux évolutions des attentes des clients et la simplification capitalistique du groupe. « L’étape franchie en 2016 a permis d’améliorer notre lisibilité sur les marchés. Le Crédit Agricole est en ordre de marche pour affronter les prochaines années. » Les Caisses régionales ont contribué de manière significative à ce développement, indique le président.

Leader dans de nombreux métiers, le Crédit Agricole est l’un des établissements bancaires les plus solides d’Europe. Les marchés sont convaincus de la pertinence de cette stratégie et les agences ont revu leur appréciation à la hausse, explique le président. « Le groupe va verser un dividende de 0,60 € cette année, annonce le directeur général. Ce taux de rémunération devrait se maintenir à ce niveau dans les prochaines années. »

Interrogé par Lionel Augier, l’animateur de cette soirée, sur les faits marquants de 2016, Henri Buecher a évoqué le climat des affaires : « La confiance s’est renforcée sur la fin de l’année, mais nous ne sommes pas à l’abri des incertitudes économiques et électorales ». Autre phénomène, les taux d’intérêt très bas. « La tendance des taux longs est haussière depuis la rentrée, du fait de la hausse de l’inflation et de la remontée des taux aux USA », explique Pierre Fort. Ces mouvements de hausse n’ont pas été répercutés immédiatement à cause de la concurrence mondiale. Dernier élément, la crise agricole : « Notre région n’y échappe pas, souligne le président. Le Crédit Agricole y a apporté toute son attention. Nous avons mis en œuvre des solutions adaptées aux problèmes des agriculteurs en difficulté. » Pour autant, l’agriculture de nos régions investit et innove pour renforcer sa compétitivité et répondre aux attentes des consommateurs.

De très belles performances en crédits à l’habitat

Conséquence du niveau de taux historiquement bas, le résultat brut d’exploitation de la Caisse régionale est en baisse. Mais une très bonne maîtrise des risques et une baisse de l’imposition permettent de maintenir le résultat au niveau de 2015, à un peu plus de 70 M€. « Nous avons réalisé de très belles performances en crédits à l’habitat : plus de 8 000 emprunteurs ont ainsi pu réaliser leur projet. Le dynamisme de nos équipes et des prix compétitifs y ont contribué. » La Caisse régionale a également connu une belle activité dans le financement des ménages : les crédits à la consommation progressent de 17 %. « C’est devenu un outil de gestion du budget des ménages », explique le directeur. Les crédits d’investissement sont en légère progression, malgré l’attentisme économique. Les crédits aux agriculteurs sont en hausse de 13 %. « Nous nous développons également dans le secteur de l’artisanat, notamment dans l’agroalimentaire. » L’assurance représente une part importante du chiffre d’affaires de la Caisse régionale, poursuit Pierre Fort. « Nous connaissons de belles progressions, notamment en prévoyance. »

Si le résultat net est comparable à 2015, le chiffre d’affaires est en baisse, malgré les volumes en hausse, sous le coup de la forte réduction des marges. « Pour autant, nous avons continué à investir dans nos agences et nos ressources humaines. Et nous continuerons à investir en 2016. Nous allons lancer une étude pour la construction d’un nouveau site à Épinal », annonce Pierre Fort. « La Caisse régionale a fait preuve de résilience et dégagé un bon résultat », souligne-t-il.

Succès de la carte bancaire Sociétaire

Comment continuer à faire exister des valeurs mutualistes fortes ? Le président se réjouit du succès du bonus de la carte bancaire Sociétaire : pour chaque opération effectuée (retrait ou paiement), la Caisse régionale verse 1 centime d’euro sur un fonds destiné à accompagner des initiatives locales, et ce sans coût supplémentaire pour le sociétaire. « Cela nous a permis de soutenir 18 projets en 2016 (culture, insertion, animation des territoires). »

En 2017, la croissance française devrait rester timide, estime Pierre Fort. Les taux d’intérêt ne devraient monter que très graduellement. « Nous n’anticipons pas de hausse très marquée, mais les échéances électorales aggravent l’incertitude : la sortie de l’euro, en particulier, aurait des conséquences graves pour l’économie, le budget de l’État et celui des ménages. »

Des lois sont votées pour renforcer la concurrence, de nouveaux acteurs viennent bouleverser le paysage bancaire. Dans un contexte de banalisation de l’offre, le Crédit Agricole entend continuer à se différencier par le conseil, insiste le directeur général. « Les attentes du client évoluent en profondeur à l’heure du digital, nous obligeant à nous réinventer. Cette transformation nous conduira à faire de la banque autrement. Avec une exigence, satisfaire le client et proposer un rapport qualité-prix adapté. Nous pouvons nous appuyer sur la puissance du groupe Crédit Agricole. »

« Nous avons commencé notre transformation, souligne Pierre Fort. Notre ambition est de devenir une banque 100 % digitale et 100 % humaine : l’agence devient une plateforme multicanal, au cœur de la relation entre le conseiller et son client. » De quelle banque parle-t-on ? « Une banque animée par des hommes et des femmes formés tout au long de leur carrière, avec des agences rénovées pour offrir de bonnes conditions d’accueil à nos clients et de travail à nos collaborateurs, une banque qui simplifie la vie, avec la possibilité de traiter ses affaires depuis sa tablette, depuis chez soi. C’est le client qui fait le choix du mode de la relation avec son conseiller. »

« Pas de repli frileux »

Présent auprès des entreprises, quelle que soit leur taille, le Crédit Agricole Alsace Vosges a pris l’option d’encourager les stars up. « Nous avons inauguré l’an dernier notre première plateforme d’entreprises à Colmar et nous sommes associés au projet KM0 », explique Pierre Fort. « Nous avons signé un partenariat avec l’Adie pour accorder des microcrédits afin de favoriser l’insertion économique » ajoute Henri Buecher. Les « start-up » agricoles ne sont pas oubliées : « Nous allons lancer l’Installation by CA » ; une convention sera signée prochainement avec les Jeunes Agriculteurs.

« Notre Caisse régionale est tournée vers le développement. Sa solidité financière nous autorise cette stratégie. Les hommes et femmes qui la composent sont déterminés à mener à bien la transformation dans laquelle nous nous sommes engagés », conclut Pierre Fort.

Crédit Agricole Alsace Vosges

« Un changement d’hommes, des ambitions réaffirmées »

Vie professionnelle

Publié le 07/04/2017

Au Crédit Agricole Alsace Vosges, le fait marquant de l’année 2016 était le changement de gouvernance : le président et le directeur général ont été renouvelés au même moment. Henri Buecher a été élu à la présidence le 24 mars ; Pierre Fort a été nommé directeur général la veille. « Après cette première année, je ne peux que m’en féliciter, affirme Henri Buecher. Notre tandem a fait la preuve de son efficacité. »

« Près de 26 000 nouveaux clients nous ont rejoints », annonce le nouveau directeur général, Pierre Fort. Malgré ces efforts, le solde net est légèrement négatif, précise-t-il. Pour l’instant, la loi Macron n’a pas engendré d’explosion des mobilités. « Cette loi va contribuer à accroître la multibancarisation plutôt qu’à inciter au transfert d’établissement bancaire. C’est un élément qui doit nous pousser à viser la satisfaction client, pour continuer à être la banque principale. »

En matière d’épargne et de placements, 2016 est une année très satisfaisante. L’encours d’épargne atteint 12,2 milliards d’euros (Md€), en progression de 3,2 %. La Caisse régionale enregistre une progression forte des dépôts à vue. « L’épargne logement, comme l’année précédente, connaît une croissance élevée car les taux sont attractifs. »

Belle année aussi pour les crédits : l’encours progresse de 2,6 % pour atteindre 7,80 Md€. La Caisse régionale a accordé 1,50 Md€ de nouveaux financements, une activité fortement tirée par les crédits à l’habitat, dont les déblocages dépassent 1 Md€. « Nos offres sont compétitives. Entre 2014 et 2016, nous avons fortement révisé nos taux à la baisse : sur 100 000 € empruntés, le client réalise une économie de 12 000 €. Nous avons redonné du pouvoir d’achat à nos clients. L’agriculture souffre mais ne baisse pas les bras. »

Les crédits à la consommation sont en croissance de 17 %, les crédits d’investissement de 2,5 %. « Malgré les difficultés que traversent les agriculteurs et auxquelles le Crédit Agricole a porté toute son attention, nous réalisons de belles progressions sur le marché agricole (+ 13 %). Cette crise ne doit pas occulter la réalité : l’agriculture investit pour renforcer sa productivité, sa compétitivité, et pour mieux répondre aux attentes des consommateurs. Cette agriculture qui continue à investir et à se développer, nous tenons à l’accompagner », insiste le président Henri Buecher.

Le Crédit Agricole Alsace Vosges se développe sur le marché des artisans. « Nous sommes très présents dans le domaine agroalimentaire, en particulier. Cela nous permet d’affirmer que nous sommes un acteur majeur au service du développement régional, de la création d’emplois. »

En matière de services, le Crédit Agricole Alsace Vosges a fortement développé la prévoyance et l’assurance dommages, avec une croissance de l’activité de respectivement + 14 % et + 9 %. Le portefeuille dépasse 200 000 contrats. « Notre métier est touché sur les marges de crédits. La vente de services est vitale pour nous. »

2016 est donc une belle année sur le plan commercial. Elle marque aussi la poursuite de la transformation engagée sur le plan technologique : « Notre ambition est d’être une banque 100 % humaine et 100 % digitale », déclare Pierre Fort.

« Nous avons fait preuve de résilience »

Le produit net bancaire s’élève à 265 M€. Il recule de 4,1 %, du fait des renégociations de crédits. « Dans un contexte pénalisant pour la banque de détail, nous avons fait preuve de résilience. Les volumes sont au rendez-vous mais, les prix ayant fortement baissé, la marge d’intermédiation globale est pénalisée. D’où l’intérêt de préserver la vente de services qui représente près de 50 % du produit net bancaire. »

Le Crédit Agricole Alsace Vosges continue à investir dans les ressources humaines : « Nous avons procédé à 150 recrutements et fait des efforts de formation. La compétence fait la différence. » Il continue également à moderniser son patrimoine immobilier (180 agences) : « Nous avons rénové quinze agences et renforcé les moyens technologiques, notamment pour déployer la signature électronique. » Il n’y a aucun plan de fermeture d’agences, même s’il risque d’y avoir quelques ajustements ponctuels, insiste Pierre Fort. « Grâce au digital, les points de vente perdurent, avec des collaborateurs pour accueillir les clients qui viennent en agence et pour répondre aux questions de ceux qui nous contactent par téléphone ou par internet », explique le directeur général.

Les charges de fonctionnement sont en augmentation de 2,6 % par rapport à 2015, essentiellement du fait des charges informatiques pour préparer l’évolution technologique, de la contribution aux fonds de garantie et de résolution, et de la progression des amortissements. Le résultat brut d’exploitation est en recul, à 102 M€. Le coût du risque reste à un niveau bas. « Ce n’est pas de la frilosité mais de la saine gestion. » Le résultat net, qui dépasse 70 M€, est comparable à celui de 2015. « Plus de 90 % de ce résultat vont consolider nos fonds propres qui s’élèvent à 1,40 Md€, ce qui nous permettra de continuer à investir pour avoir des offres compétitives. » Le ratio de solvabilité Bâle 2 s’établit à 22,16 %, très au-delà de l’exigence réglementaire.

Conclusion de Pierre Fort : « Dans un contexte adverse pour les banques de détail, notre Caisse régionale a su faire preuve d’une belle dynamique, continuer à se développer, consolider sa situation financière et se donner les moyens de continuer à investir. » La preuve, c’est que la Caisse régionale va s’engager dans la construction d’un nouveau site à Épinal, un chantier de 20 M€. Elle lance également une nouvelle solution de paiement, PayLib, dès le 7 avril.

Betteraves à sucre

Les premiers semis ont levé

Cultures

Publié le 03/04/2017

« Le fait marquant de l’année, c’est l’augmentation des surfaces », souligne Laurent Rudloff, responsable du service agrobetteravier de l’usine Cristal Union d’Erstein. La betterave à sucre couvrira cette année 7 470 ha, contre 6 740 ha l’an dernier, soit une hausse de 11 %. « C’est un chiffre que nous n’avions jamais connu : nous dépassons nettement les surfaces de 2007. »

La progression des emblavements est le fait des planteurs historiques de la sucrerie d’Erstein, mais aussi de l’arrivée de 53 nouveaux planteurs, dont certains sont situés dans le secteur de Phalsbourg-Sarrebourg. « L’équipe terrain, qui se compose de Michel Butscha et Aline Barbière, aura à cœur de suivre de près ces nouveaux planteurs pour les conseiller, mais aussi d’épauler ceux qui ont rejoint les rangs ces dernières années. »

Autre fait marquant de cette nouvelle campagne, les reliquats azotés en sortie d’hiver sont en moyenne plus élevés, surtout après un précédent blé. On observe cependant de grandes disparités. « D’où l’importance de faire des analyses de reliquats d’azote à la parcelle », insiste Laurent Rudloff.

Les semis ont démarré le 15 mars. Ils ont été interrompus par les pluies du 21 mars qui ont permis de bien recouvrir les premiers semis. Ils ont repris avec entrain le week-end dernier et, en fin de semaine, plus de 75 % des surfaces devraient être semées.

Bonne structure des sols

« On sort d’un hiver parfait, mis à part les craintes sur les réserves en eau, précise Michel Butscha, technicien du service agrobetteravier. Les structures sont bien affinées, la reprise est facile. Et la bonne capillarité des sols permet à l’humidité de remonter. » Mais cela peut présenter un inconvénient : « Dès qu’il pleut, le sol se comporte comme une éponge : la terre est tellement fine qu’elle retient l’eau longtemps. C’est pourquoi les planteurs ont dû attendre jusqu’à samedi midi pour pouvoir rentrer dans les parcelles. »

La bonne préparation des sols a permis de positionner la graine dans de bonnes conditions. « Le but de la manœuvre est d’avoir un champ relativement plat et d’appuyer la graine avec la roulette plombeuse dans la raie humide pour permettre la remontée capillaire, avant de la recouvrir de terre fine. Cette année, tout va bien, car les structures de sols ont bien évolué. Les germinations que nous avons observées sur les premiers semis sont bonnes. » Cependant, certains planteurs ont constaté la formation de petites croûtes sur les semis effectués au début de la semaine dernière, juste avant la pluie. « Ils ont dû intervenir avec une écroûteuse, mais nous restons confiants. »

Ce qu’il faut, c’est surveiller la météo et espérer une bonne pluie dans les prochains jours. « Il faut que le travail du sol reste superficiel et que la préparation du sol et le semis soient coordonnés, pour éviter que la terre ne dessèche. » Un dernier conseil : « Après la pluie, les limaces ont fait leur apparition sur les premiers semis. Une surveillance attentive est nécessaire, car le danger est réel, surtout après un précédent blé. »

« Vu les conditions actuelles, nous donnerons rapidement rendez-vous aux planteurs pour faire le point sur le désherbage », conclut Michel Butscha.

Une filière sous la loupe

« Le Grand Est est fier de son élevage »

Élevage

Publié le 05/03/2017

Demain, les exploitations d’élevage devront faire preuve de résilience, explique Daniel Roguet, président de la commission élevage de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). Elles devront mener une stratégie, ne pas vivre au jour le jour. « Nous avons un rôle d’accompagnement. »

Le nouveau règlement zootechnique fait souffler un vent de libéralisme sur la génétique. Daniel Roguet s’interroge : « Comment les Chambres d’agriculture vont-elles se positionner ? Il y a un réel savoir-faire français en matière de génétique, il ne faut pas le brader. Essayons d’avoir une position unique. Nous avons jusqu’à novembre 2018 pour décider. »

La dématérialisation des passeports et des Asda est en route, poursuit-il. Elle passe par le bouclage électronique des animaux. « Il est incontournable, mais il coûte plus cher : de 80 à 300 € par élevage selon la taille. » Dès le 1er janvier 2018, il sera obligatoire pour les veaux. « D’ici là, il faudra trouver des financements. C’est une échéance qu’il ne faut pas rater et c’est une avancée au niveau sanitaire. »

« La dynamisation de notre élevage est en marche »

Laurent Wendlinger, président de la commission élevage (Comel) de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, ajoute : « Oui à l’identification bovine électronique et à la dématérialisation, à condition qu’elles soient accompagnées financièrement. » Il en est persuadé, « des choix stratégiques devront être pris dans les mois à venir dans le cadre du règlement zootechnique ».

Pour lui, le défi est de créer de la valeur ajoutée dans les exploitations et les filières, de renouveler les générations, de consolider les systèmes de production sur l’ensemble du territoire, de mettre en œuvre des pratiques agricoles innovantes et de répondre aux attentes des marchés. Un tiers des exploitations agricoles du Grand Est sont à dominante élevage, soit 17 500 éleveurs et 27 000 actifs. Elles entretiennent un quart de la surface agricole utile de la région et génèrent 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires. « C’est une filière incontournable, une véritable richesse. Le Grand Est est fier de son élevage, de ses filières viande, de ses filières laitières, de ses sept fromages AOP et IGP », poursuit Laurent Wendlinger.

« Rétablir les vérités »

« La dynamisation de notre élevage est en marche, malgré les contraintes. » Pour le président de la Comel, l’avenir repose sur la compétitivité des élevages et une dynamique forte de transformation. « Nous souhaitons accompagner nos entreprises sur la voie de la modernisation. » Il estime que le plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE) est un outil essentiel de maintien de l’élevage dans nos territoires, à condition de l’associer à une bonne politique d’installation.

Laurent Wendlinger explore quelques pistes : accentuer l’innovation, en s’appuyant sur les unités de recherche présentes sur le territoire, répondre aux attentes des filières, accentuer la communication : « Nous voulons impulser un plan de communication sur le thème : « Le Grand Est est fier de son élevage », un plan qui sera décliné auprès des éleveurs, des décideurs, du grand public et des scolaires, pour rétablir les vérités ».

Laurent Wendlinger veut « développer une vision stratégique au sein du Grand Est. « Une véritable réflexion s’impose : toutes les familles de l’élevage de notre région doivent se réunir rapidement afin de répondre aux attentes de nos élevages et créer une véritable dynamique Grand Est. »

« Écrire une nouvelle page »

Éleveur laitier dans les Ardennes, Bruno Faucheron est le président du comité élevage (Corel) de la Crage, qui se compose de membres de la Comel, de représentants du syndicalisme production et des filières. Son objectif est de favoriser l’émergence d’une politique élevage régionale partagée entre partenaires, d’établir une prospective à moyen et long terme. Au sein du Corel, sept comités de filière se sont constitués : lait, bovins viande, ovins, porcs, équins, aviculture, apiculture. « Nous avons déjà réuni cinq comités de filières, une centaine d’éleveurs au total. »

La mission du Corel est de bâtir un projet stratégique basé sur six axes : reconquête de la compétitivité, création et partage de la valeur ajoutée, renouvellement générationnel, organisation du travail en élevage, communication, recherche et développement. « Nous avons rencontré la Région pour lui faire part de notre stratégie. Les conseillers régionaux ont été réceptifs à nos propositions et nous ont proposé de bâtir ensemble un contrat de filière 2017-2020, en y associant l’État pour écrire une vraie stratégie d’accompagnement financier basée sur des objectifs partagés. »

Aux yeux du préfet de région, Stéphane Fratacci, « l’élevage est un secteur important dans l’espace régional, sur le plan des volumes produits et de l’environnement. Il faut le conforter. L’expérience montre qu’il n’y a jamais de retour en arrière. » La réforme de la Pac a permis de réorienter une partie des aides vers l’élevage : les programmes de développement rural ont renforcé les capacités d’accompagnement des éleveurs (revalorisation de l’ICHN, extension du Plan bâtiment). « Le contexte régional offre des opportunités de développement, poursuit le préfet. Il faut rechercher la valeur ajoutée pour offrir une visibilité dans la durée aux exploitations agricoles. »

Pour répondre à la demande mondiale de protéines

Tereos lance le « Sauté végétal »

Technique

Publié le 05/03/2017

Présenté sous le nom de « GenVie » durant sa phase de conception, le projet d’élaborer des aliments à base de protéines végétales a démarré en 2013 dans le laboratoire R & D de l’usine Tereos de Marckolsheim. Ce projet a été récompensé lors du Concours mondial de l’innovation en avril 2015. Le développement en laboratoire s’est poursuivi tout au long de l’année dernière pour aboutir à la construction du pilote R & D permettant de fabriquer ce « Sauté végétal » à une cadence de 24 000 portions de 100 g par jour. « Notre objectif est de produire 8 millions de portions par an », indique Alexis Duval, président du directoire de Tereos.

« Jusqu’ici, ce sauté végétal était vendu à la restauration hors domicile pour le tester. Dans les prochaines semaines, nous allons le commercialiser à des volumes plus importants, précise Michel Flambeau, directeur du centre R & D de Marckolsheim. Son développement futur dépendra de l’accueil du produit par les cuisiniers et les consommateurs. » Sa commercialisation dans les cantines scolaires, les restaurants d’entreprise, les hôpitaux et les maisons de retraite, en France et en Allemagne, permettra de valider son développement à l’échelle industrielle.

Des bouchées faciles à accommoder

Confectionné sous forme d’émincés, « le Sauté végétal » se distingue par sa composition 100 % végétale à base de protéines de blé et de farine de pois chiche, issues de matières premières agricoles françaises. « Le blé est produit dans l’est de la France et en Allemagne, le pois chiche dans le Languedoc Roussillon. » Après trois ans de développement et le dépôt de plusieurs brevets industriels, les chercheurs de Tereos ont réussi à mettre au point un produit sain, savoureux et facile à cuisiner.

Qu’est-ce qui est différent ? Son goût, sa texture et sa conservation. « C’est un produit assez neutre en termes de goût, ce qui permet aux cuisiniers de l’accommoder facilement à tous types de recettes, explique Michel Flambeau, directeur du centre R & D de Marckolsheim. Grâce aux propriétés spécifiques des protéines de blé et à notre procédé unique, nous avons obtenu une texture relativement ferme, au-delà de la moyenne des produits sur le marché. Le produit subit une opération de stérilisation qui lui donne une durée d’utilisation très longue, de l’ordre de quatre mois. Par ailleurs, les sachets sous vide sont faciles à transporter et ne nécessitent pas une chaîne du froid. »

Une fabrication en six étapes

Six étapes sont nécessaires pour l’élaboration de ce « Sauté végétal ». Le pétrissage consiste à mélanger les protéines de blé et la farine de pois chiche pour obtenir une pâte homogène. « À ce stade, il est possible d’ajouter des épices pour adapter la formule aux différents goûts », explique Alexis Duval. Ce mélange pâteux est ensuite extrudé à travers une filière, comme pour les pâtes alimentaires classiques, pour former de longs écheveaux qui sont ensuite découpés en bouchées. « Le procédé est extrêmement flexible : il est possible de couper des morceaux de différentes tailles, voire des pièces plus grandes à découper dans l’assiette. Nous avons choisi de commercialiser des petites bouchées à griller à la poêle ou à ajouter à une sauce. »

Les bouchées sont ensuite saisies à l’huile de tournesol pour stabiliser le réseau de protéines et leur conférer une texture agréable. « Le produit final contient 8 % de matières grasses. » Une deuxième cuisson lente dans un bain d’eau chaude permet de rendre les bouchées moelleuses et juteuses. Vient ensuite la phase d’emballage dans des sachets sous vide de 500 g ou 2 kg, avant l’étiquetage et l’expédition.

Même s’il se positionne comme un produit prémium, le « Sauté végétal » reste intéressant en termes de prix par rapport à une viande, explique Alexis Duval. Des chefs cuisiniers de la région ont été associés au développement du produit. « Notre cible, ce sont clairement les flexitariens », ces consommateurs qui mangent de la viande mais privilégient les menus végétariens ou végétaliens.

Insistant sur la nécessité d’organiser la production de protéines végétales pour répondre aux enjeux nutritionnels de demain et créer des filières végétales à haute valeur ajoutée, Alexis Duval a salué le soutien que l’État a apporté à ce projet, à travers Bpifrance (Banque publique d’investissement) et le Commissariat général à l’investissement.

Les protéines végétales constituent l’une des « Sept ambitions technologiques et industrielles pour la France à l’horizon 2030 », a rappelé le secrétaire d’État, Christophe Sirugue. Tereos a choisi de répondre à l’appel d’offres lancé par l’État avec le projet GenVie, faisant le choix stratégique d’aller jusqu’à un produit livrable aux cuisiniers de la restauration hors domicile. C’est un projet d’innovation de rupture à portée internationale, a-t-il ajouté.

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