Auteur

Anny Haeffelé

Journaliste au PHR

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Chambre régionale d’agriculture Grand Est

Transfert de personnel et débouchés régionaux

Vie professionnelle

Publié le 04/03/2017

« Les circonstances nous privent d’un homme exceptionnel, souligne Gérard Renouard, président de d’Agriculteurs français et développement international (Afdi). Xavier Beulin avait une profonde connaissance de tous les dossiers et de tous les satellites de la FNSEA, une immense compétence sur les dossiers nationaux, européens et internationaux. Il était capable d’emmagasiner une multitude d’informations, avait de très nombreux contacts. Ceux qui ont lu son livre ont mieux découvert l’homme qui a souvent fait l’objet de critiques à cause de ses responsabilités à la tête de la filière oléagineuse, des critiques dont il a souffert. Il a lutté contre de nombreux problèmes de santé sans jamais en faire part à personne, tant il avait le souci de faire fonctionner la FNSEA. Cette bagarre personnelle qu’il a menée contre la maladie force l’admiration. » Le conseil d’administration de la FNSEA a confié la présidence à Christiane Lambert jusqu’à l’élection du nouveau bureau, le 13 avril. Elle est secondée par Jérôme Despey, Daniel Prieur et Henri Brichart.

« Le scénario du pire »

Pour le président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage), Jean-Luc Pelletier, la publication des Comptes de l’agriculture nationale par l’Insee confirme la gravité de la crise de l’agriculture française en 2016, avec une baisse de 26 % du revenu net agricole par actif non salarié. Une crise sans précédent pour les systèmes de polyculture élevage du Grand Est, avec à la clé une perte de chiffre d’affaires estimée à 760 millions d’euros (M€), soit une baisse de 23 % par rapport à 2015. Elle serait de 660 M€ pour les grandes cultures et de 100 M€ pour l’élevage. Cette crise fragilise de nombreuses exploitations : plus de la moitié d’entre elles ont une trésorerie négative, et ces difficultés sont encore avivées par les retards de paiement des aides du premier et du second pilier, souligne Jean-Luc Pelletier.

15 % des exploitations doivent faire face à des difficultés structurelles qui remettent en cause leur pérennité. « 3 à 5 % sont aujourd’hui contraintes au dépôt de bilan et à la liquidation et 10 à 12 % devront changer leur système pour poursuivre leur activité. » Les dix départements du Grand Est ont déployé le dispositif Réagir pour accompagner au mieux les exploitations les plus fragilisées, rappelle Jean-Luc Pelletier.

Les dossiers internationaux, en particulier le Brexit, les négociations commerciales avec les États-Unis et le Canada, accentuent le malaise des agriculteurs. « Le Brexit devrait avoir un impact sur la Pac et les fonds structurels de cohésion. » Il pose aussi la question du financement du budget de l’Union européenne, sans oublier la perte des débouchés pour les exportations françaises. « La ratification du Ceta par le Parlement européen, le 15 février dernier est un autre sujet de préoccupation. Les 38 parlements nationaux et régionaux doivent maintenant s’exprimer. Une occasion pour les élus de faire part des inquiétudes que soulève ce traité dans le secteur agricole, notamment pour la filière bovine. »

Assurer le transfert des personnels vers la Chambre régionale

C’est le décret du 13 mai relatif au réseau des Chambres d’agriculture qui définit l’organisation et les missions de la Crage. Et notamment le transfert des personnels des Chambres départementales aux Chambres régionales. « Ces dispositions doivent entrer en vigueur dans un délai d’un an après la parution du décret, soit le 16 mai 2017. Ce qui entraîne le transfert du contrat de travail de plus de 60 collaborateurs vers la Chambre régionale. » Les fonctions support sont les premières concernées : ressources humaines, systèmes d’information, administration et finances seront désormais pilotés au niveau régional.

Le président de la Crage a attiré l’attention du préfet sur le contexte particulier du Grand Est, résultat de la fusion de trois régions historiques. Il a fallu prendre en compte le cas particulier de l’Alsace : la transformation de la Chambre d’agriculture de région Alsace en Chambre interdépartementale a nécessité un délai supplémentaire. C’est pourquoi une motion demande le report de l’échéance de l’application du décret du 16 mai au 30 juin 2017. « Ce délai supplémentaire nous permettra d’assurer dans les meilleures conditions possible le transfert du personnel concerné par cette régionalisation. » Une motion approuvée à l’unanimité.

Augmenter les parts de marché des produits régionaux

L’une des priorités du Plan régional pour l’agriculture présenté en novembre dernier par Philippe Richert, président de la Région Grand Est, est d’accroître les parts de marché des productions régionales dans l’ensemble des circuits de distribution du territoire. La Crage a été missionnée pour renforcer et développer ces débouchés dans ce bassin de 5,5 millions de consommateurs. Elle a ainsi été chargée d’identifier les besoins de tous les acteurs de la chaîne de valeur régionale pour lever les éventuels blocages, structurer les débouchés régionaux pour les productions agricoles locales, développer l’économie circulaire, favoriser l’adaptation des produits régionaux aux différents marchés.

Cette mission s’articule autour de deux axes : dresser un état des lieux des filières alimentaires du Grand Est, organiser six assises de filières et trois assises pour les circuits de commercialisation (GMS, RHD et vente directe) afin d’identifier les leviers potentiels et les actions à mettre en œuvre par la région pour atteindre les buts fixés. Deux assises ont déjà eu lieu : les assises des fruits et légumes du 2 février à Strasbourg, avec 120 participants, et les assises viande bovine du 9 février à Pont-à-Mousson. Les assises de la GMS auront lieu le 7 mars à Metz.

Retards de paiement des aides Pac

Les dysfonctionnements que connaît le logiciel de traitement des dossiers Pac mis en place par l’Agence de services et de paiement (ASP) en 2015 ont entraîné « une incapacité à instruire les demandes du deuxième pilier », indique Jean-Luc Pelletier. De ce fait, les aides MAE et bios ont pris un énorme retard : celles de 2015 et 2016 ne sont toujours pas payées… Pour les aides bios 2015, une avance de trésorerie a certes été versée. Pour celles de 2016, une avance de trésorerie est prévue en avril 2017. Mais dans tous les cas, ces avances ne couvrent que 30 à 70 % du montant éligible. « On ne sait toujours pas quand le solde sera payé ! » Et les exploitations sous contrat MAE n’ont même pas touché d’avance, ce qui entraîne des difficultés financières non négligeables pour toutes les exploitations concernées.

Comme l’instruction des dossiers 2015 est en cours, il est impossible de connaître la masse financière nécessaire pour répondre aux demandes. « Notre crainte est que l’enveloppe bio soit consommée par les nombreuses conversions de 2015 et 2016. » Cette question se pose aussi pour les MAE : « Il est possible que certaines ne puissent être financées faute de crédits suffisants. »

Pour Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace, ces difficultés de paiement risquent de freiner, voire d’arrêter les conversions bios dans les années à venir dans le Grand Est. « Les Chambres doivent se positionner pour soutenir les agriculteurs qui s’engagent dans le bio et les former. La dynamique va retomber si on ne fait rien. » Hervé Lapie poursuit : « Nous sommes confrontés à des retards de paiement, mais aussi à des erreurs de déclarations Pac, du fait du retard dans le traitement des dossiers Pac 2015. » Il y a des problèmes dans tous les départements, avec parfois des montants importants. « Les agriculteurs sont en attente d’une solution. »

Le préfet ne le nie pas, la mise en œuvre de la nouvelle Pac a entraîné d’importants retards dans la gestion des campagnes Pac 2015 et 2016. « La situation est en train d’être régularisée. » Si les avances de trésorerie ont permis le versement de la majorité des financements attendus au titre des aides Pac du premier pilier, la situation pour les aides du deuxième pilier est plus compliquée. « L’instruction des dossiers des campagnes 2015 et 2016 est en cours. Les paiements s’opéreront de manière échelonnée au fil des instructions pour mieux alimenter les trésoreries. Tout sera mis en œuvre pour permettre ce traitement dans les meilleurs délais possible. »

Liseron

Un souci majeur

Cultures

Publié le 14/02/2017

« Les entrepreneurs n’en peuvent plus », préviennent Aline Barbière et Michel Butscha, du service agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Récolter une parcelle de betteraves propre de 5 ha nécessite en moyenne 6,25 heures, à raison de 80 ares par heure. Mais dans les parcelles infestées de liseron, la cadence descend à 50 ares/heure, et il faut donc 10 heures, sans compter le temps de nettoyage, 1 heure environ. Cela fait un surplus de 4,75 h pour l’entreprise d’arrachage, soit des frais de machine, de chauffeur et gazole supplémentaires. À cela s’ajoutent les pièces d’usure, le temps d’entretien à l’atelier, le surcoût au déterrage et les problèmes à l’usine… ainsi que la perte de rendement pour le planteur. Quelles solutions pour le liseron ? En cas de précédent blé, il est possible de traiter sur les chaumes avec du Roundup ou du 2,4D. Néanmoins, ce traitement n’est pas la panacée : « Les conditions climatiques des étés 2015 et 2016 ont été peu favorables à l’efficacité du glyphosate ».

La solution la plus efficace, c’est le traitement dirigé en maïs, insistent les techniciens. « Cela règle le problème du liseron pour plusieurs années et cela ne coûte pas cher : le produit coûte entre 10 et 15 €/ha, auquel s’ajoute le coût de la prestation de l’entrepreneur. » Il préconise de prévoir un premier contrôle pas trop agressif dans le programme de désherbage, puis de laisser repousser le liseron et d’effectuer un traitement dirigé au Banvel. Cette stratégie présente une meilleure efficacité que le traitement des chaumes de blé, permettant ainsi une gestion plus durable du liseron.

Michel Butscha met en garde contre les bordures non entretenues : « Il ne faut pas laisser la place aux mauvaises herbes en broyant régulièrement les bordures. Les premiers rangs du champ et les chemins d’irrigation doivent également faire l’objet d’un suivi strict des graminées estivales, qui profitent de la lumière pour faire la semence et envahir progressivement toute la parcelle. »

Betteraves à sucre

Cercosporiose : un développement fulgurant

Cultures

Publié le 10/02/2017

Après un hiver marqué par l’absence de gel, un début de printemps correct malgré quelques sueurs froides pour gérer les repousses de couverts, la préparation des sols s’effectue dans de bonnes conditions à partir du 15 mars. Les semis débutent le 18 mars, dans la plus pure tradition betteravière. Entrecoupés par des périodes de pluies, ils s’achèvent finalement le 15 avril. Malgré une structure des sols grossière, les pluies d’avril favorisent un peuplement régulier, mais dans certains cas, l’abondance des précipitations entraîne l’apparition de croûtes. Si elle est propice à la prolifération des insectes du sol, dont les limaces et les scutigerelles - on constate aussi des dégâts de lièvres -, l’humidité favorise l’efficacité du désherbage.

À partir de la fin avril, les choses se gâtent. Les violents orages de mai provoquent des inondations et des coulées de boue et l’on déplore un épisode de grêle dans le Kochersberg. L’humidité des sols persiste durant le mois de juin, et dans de nombreuses parcelles, on constate des stagnations d’eau. Conséquence : fin juin, les betteraves accusent un fort retard végétatif. « Il a plu », rappelle Aline Barbière, technicienne du service agrobetteravier de l’usine Cristal Union d’Erstein. Durant les six premiers mois de l’année, plus de 540 mm de pluie sont tombés. Il faut remonter en 1983 pour retrouver pareille situation, avec 519 mm. « La répartition de cette pluviométrie est rédhibitoire », ajoute-t-elle.

« En raison de l’asphyxie des sols, du lessivage et du manque de disponibilité en azote et en soufre, les betteraves sont en état de faiblesse début juillet. » C’est un terrain extrêmement propice au développement des maladies, en particulier celui du rhizoctone brun. On constate une présence importante d’aphanomyces dans les limons blancs et les terres qui drainent mal. C’est ce qui explique le pourcentage important de betteraves malades à l’usine (environ 3 000 t). La bactériose fait son apparition en juin, suivi par la cercosporiose le 20 juin. « Le feu prend très vite malgré les traitements successifs et la réactivité des planteurs. » La situation est encore plus critique dans les terres légères. L’irrigation n’a pas permis de rattraper le retard végétatif des betteraves dans les situations de stress où la cercosporiose est apparue précocement.

Pourquoi autant de cercosporiose ? La modélisation de la maladie a été mise à mal par ces conditions climatiques exceptionnelles, explique Aline Barbière : le déclenchement du premier traitement est calculé sur la base d’une somme de températures, la pluviométrie et l’humidité du feuillage n’étant prises en compte qu’à partir de la deuxième intervention (lire l’encadré). « Quand les traitements ont été déclenchés, il était déjà trop tard dans les zones sensibles. » La résistance récente de ce champignon aux strobilurines n’a rien arrangé…

À la sortie du printemps, le sol est froid et trempé. Le retour de l’air chaud en juillet favorise l’évaporation et la formation d’humidité sur les feuilles, ce qui fragilise les plantes. Les températures élevées, la sécheresse et la cercosporiose de début septembre bloquent toute possibilité de croissance compensatrice des betteraves en automne. Alors que les parcelles saines enregistrent une baisse de 8 à 9 %, les parcelles touchées par la cercosporiose voient leur rendement chuter 15 à 18 %. « Les planteurs qui ont 20 à 35 % de rendement en moins cumulent toujours plusieurs facteurs, la cercosporiose ne faisant qu’aggraver les dégâts. »

La cercosporiose complique également la récolte, car elle provoque le dessèchement des feuilles au sol. « Les feuilles mortes bourrent à l’arrachage et se retrouvent dans les tas de betteraves. » Ce qui explique le taux de tare plus élevé.

Trouver des stratégies efficaces

« Vous avez connu de grosses déceptions, voire des échecs, poursuit son collègue, Michel Butscha. Aussi devons-nous vous proposer des solutions. » Des solutions testées dans le réseau des plates-formes d’expérimentation du groupe Cristal Union. « Il y a quatre à cinq planteurs expérimentateurs réguliers en Alsace, que nous tenons à remercier. »

Le premier critère de choix variétal est la tolérance à la cercosporiose. « En Alsace, cette maladie nous donne du fil à retordre, indique Michel Butscha. Il y a vraiment une répartition géographique de cette maladie, il faut en tenir compte au niveau variétal. » Ce fléau fait aussi des ravages dans d’autres pays européens, en particulier l’Autriche et l’Allemagne du côté de la Bavière, dont les méthodes de lutte sont très proches de celles préconisées dans la région. Le deuxième critère de choix est le barème de paiement qui récompense les fortes teneurs en sucre. « Nous allons dans ce sens en privilégiant le choix de variétés riches en sucre. Nous prenons également en compte la tolérance au rhizoctone brun, aux nématodes, à la rhizomanie. »

Certaines variétés voient augmenter progressivement leur tolérance à la cercosporiose. Les semenciers utilisent plusieurs leviers pour faire progresser leurs variétés, indique Michel Butscha. « On le voit sur des variétés comme okapi, libellule ou papillon, dont la note de tolérance s’est améliorée. » Une nouvelle variété, auckland, s’est fait remarquer dans les essais par son bon comportement : « Elle est restée beaucoup plus verte et saine ». Le service agrobetteravier testera cette année d’autres variétés, très prometteuses. « Linotte et auckland se détachent nettement du lot. Linotte a un avantage, elle est très tolérante à la rhizomanie, même si elle est un peu juste en richesse. Les essais effectués en Limagne confirment ces affirmations. »

Très logiquement, les variétés mises en avant cette année dans la brochure « Orientations agronomiques 2017 » sont samuela, auckland et linotte ans les zones à forte pression de cercosporiose (zones rouges), papillon et vulkania dans les zones orange avec une protection fongicide normale. Ces deux variétés peuvent également être plantées en zone rouge avec une protection fongicide renforcée. Dans les zones où la pression est moindre, des variétés comme tisserin et origan peuvent parfaitement convenir, précise encore Michel Butscha.

« Selon la zone où vous vous trouvez, vous aurez deux choix de programme, en fonction de la pression des maladies. En clair, la protection dont vous avez besoin dépend de votre zone géographique et des variétés choisies (protection renforcée ou protection normale). »

Interprofession des fruits et légumes d'Alsace

Endives d’Alsace : belles à croquer !

Cultures

Publié le 05/02/2017

Crue, elle est croquante, cuite elle est fondante. Pas besoin d’être ch’ti pour aimer l’endive ! C’est le sixième légume le plus consommé en France, avec un peu plus de 5 kg par ménage et par an.

Le climat de notre province, avec ses pics de température en été, ne se prête guère à sa culture. En revanche, trois maraîchers alsaciens se sont spécialisés dans la production de chicons par forçage hydroponique, à partir de racines cultivées dans le nord de la France : la SARL Burgaentzlen à Colmar, l’EARL Endival à Bourgheim et l’EARL Friess à Rohr. Les trois producteurs, Robert Burgaentzlen, Angèle Gloeckler et Rémy Friess, étaient présents autour de Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, le jeudi 26 janvier à Bourgheim, pour mieux faire connaître ce légume peu banal, ses vertus diététiques et les mille et une façons de le préparer.

 

Le saviez-vous ? L’endive ne se trouve pas à l’état naturel. Issue de racines de chicorée sauvage améliorée, elle pousse sur des racines au chevelu impressionnant. Une fois récoltées, celles-ci sont stockées en chambre froide à + 2 °C. Puis elles sont repiquées dans l’obscurité et dans une atmosphère chaude et humide. C’est la technique du « forçage » qui permet d’obtenir des bourgeons bien blancs, très compacts et dépourvus d’amertume (communément appelés « chicons » dans le Nord). La France est le premier producteur et exportateur d’endives, devant les Pays-Bas et l’Italie.

21 jours en salle de forçage

À Bourgheim, Angèle Gloeckler a repris les rênes de l’EARL Endival, créée en 1979 par son père, Michel Gloeckler. Elle a expliqué les différentes étapes de la production des endives et présenté son entreprise, qui s’apprête à faire un gros investissement pour automatiser partiellement le triage des racines avant leur placement en chambre de forçage, dans l’obscurité totale. L’EARL Endival en commercialise 500 tonnes par an. La production s’étale sur toute l’année, avec une période de forte production entre mars et septembre.

Il faut 21 jours pour obtenir des chicons bien ventrus, aux belles feuilles blanches ourlées de jaune. Les racines sont alignées dans des bacs galvanisés et placées dans une salle climatisée à 18 °C et 80 % d’hygrométrie, dans un bain d’eau à 19 °C. L’eau coule sur les bacs empilés sur sept rangées et est récupérée dans une gouttière avant d’être réinjectée en haut de la pile. Cette eau est enrichie en oligoéléments et en potasse pour favoriser la pousse. Après trois semaines, les bacs sont dirigés vers une chaîne où les chicons sont séparés des racines avant d’être empaquetés et directement envoyés dans les magasins, le plus souvent dans la même journée.

Cérémonie des vœux de la Mutualité sociale agricole d’Alsace

L’ère des mutualisations

Vie professionnelle

Publié le 01/02/2017

Quoi de mieux que l’humour pour détendre l’atmosphère ? Afin d'animer la cérémonie de vœux du personnel, la Mutualité sociale agricole d’Alsace a fait appel à la Compagnie Inédit Théâtre, qui a fait de l’improvisation son fer de lance. Une série d’interviews très « punchy » ont permis d’évoquer les dossiers d’actualité - la crise agricole et ses répercussions sociales, la mise en place de la cellule Réagir. Puis les deux comédiens, Marko Mayerl et Camille Comparon, ont exploré à leur manière différentes facettes de la mutualisation. Une façon originale d’éclairer les salariés sur l’avenir de leur entreprise !

Le nouveau chapitre que s’apprête à écrire la MSA d’Alsace a pour titre « Mutualisations », mais il a bien failli s’appeler « Fusions ». Les pouvoirs publics ont en effet sommé la MSA, comme d'ailleurs tous les régimes de protection sociale, de regrouper ses forces dans le but de réduire ses coûts de gestion qui sont pourtant très compétitifs : 4 € pour 100 € de cotisations versées. Ses dirigeants, le président Pascal Cormery et le directeur général Michel Brault, n’ont pas voulu de ce scénario tout tracé. Sous l’impulsion d’une poignée de directeurs, dont l’Alsacienne Christelle Jamot, ils ont proposé une alternative, la mutualisation des moyens.

Garder la proximité du terrain

Face à la baisse du nombre d’adhérents, une réorganisation des caisses de MSA était devenue nécessaire, explique Christelle Jamot, les plus petites caisses risquant de passer en dessous du seuil de viabilité. « Nous avons préféré la mutualisation à la fusion, afin de garder la proximité du terrain. » Concrètement, la vie de l’adhérent ne s’en trouvera pas modifiée. Car les activités de « front-office », c’est-à-dire les services qui sont en contact direct avec le public, ne subiront pas de changement : les antennes décentralisées, la médecine du travail, les conseillers sociaux. Ce sont les tâches de « back-office », calcul des prestations, liquidation des dossiers de retraite, etc., qui seront réparties entre les trois caisses travaillant désormais de concert, la MSA Alsace, la MSA Lorraine et la MSA Sud Champagne (Haute-Marne et Aube).

« 40 % de nos activités vont être mutualisées », indique Christelle Jamot. L’Alsace va développer son service santé (prestations en nature), tandis que les prestations en espèces iront chez les voisins lorrains. Elle gardera également la gestion pour compte de tiers des mutuelles et des compagnies d’assurances, ainsi que les activités supports - c’est elle qui établira l’ensemble des fiches de paie pour les trois Caisses. La Lorraine reprend une partie des dossiers retraite, avec Sud Champagne qui reprend aussi les prestations familiales. « Nous avons décidé de ne pas mutualiser les cotisations, même si Sud Champagne a finalement décidé de nous confier une partie de la gestion de ses cotisations. »

Les sites de production maintenus

Ces mutualisations présentent un avantage non négligeable pour les salariés : « Les trois équipes de direction ont décidé de maintenir les sept sites de production, ajoute David Herrscher. Ce n’était pas acquis d’avance. Quoi qu’il en soit, la mutualisation nous permet de démontrer que nous sommes capables de nous organiser en étant plus performants. »

Et la MSA Alsace, dans tout cela ? « Nous pourrons étoffer nos équipes dans certains services, annonce Christelle Jamot. Avoir des équipes de taille suffisante permet de garantir la qualité du service. Nous mettrons aussi nos savoir-faire en commun : nous adopterons les meilleurs processus pour le back-office. Mais, répète-t-elle, la relation avec les assurés ne changera pas. Nous assurerons la même relation de proximité. »

Par contre, les modalités de travail risquent de changer. « Nous serons sans doute tous impactés. Mais nous voulons que ce changement soit transparent pour l’adhérent. Nous voulons aussi garder notre tissu d’élus - administrateurs et délégués cantonaux. Ces élus sont des valeurs sûres, ce sont nos messagers sur le terrain et nos lanceurs d’alerte. C’est un rôle capital », estime la directrice générale.

Cette réorganisation s’est faite en étroite collaboration avec les présidents et les directeurs des deux autres caisses, Éric Petit et Stéphane Antigny pour Sud Champagne, Bernard Helluy et Gilles Chandumont pour la Lorraine. « Nous travaillons en toute confiance et avec sérénité pour pérenniser la structure MSA, assure Christelle Jamot. C’est un mode de fonctionnement et une organisation que nous envient les autres régimes de sécurité sociale. »

« Nous devrons réussir d’ici fin 2018 ! »

Pour mener à bien cette réforme, une réflexion approfondie a été menée, d’abord au sein des groupes de travail, puis des conseils exécutifs pour voir comment se projeter dans l’avenir, choisir les solutions les plus pertinentes sans supprimer de sites, explique David Herrscher. « Nous avons été attentifs, tout au long du processus, à ce que tout le monde y trouve son compte. Nous devons réussir d’ici fin 2018 ! »

Sur le plan administratif, poursuit Christelle Jamot, « nous avons travaillé de janvier à juin 2016 pour poser les axes de notre plan de mutualisation, proposer les scénarios les plus pertinents ». En septembre, les équipes de direction des trois Caisses se sont réunies pour finaliser le projet. « Ce n’est qu’après la quatrième réunion que nous sommes tombés d’accord. » Le plan final a été arrêté fin septembre. S’est engagée ensuite une phase de concertation avec les instances représentatives du personnel qui ont émis « des avis favorables avec des recommandations que nous nous sommes engagés à respecter ».

Communiquer en direction des adhérents

Reste à présent à faire passer le message auprès des adhérents. « Nous n’avons pas encore eu ce débat en conseil d’administration, précise David Herrscher. À nous de réfléchir à la meilleure communication possible pour éviter les rumeurs. Car j’insiste sur le fait que ces mutualisations seront indolores pour les adhérents. » Ainsi, chaque caisse aura son propre numéro de téléphone, avec un système d’orientation des appels plus efficace. « L’idée, c’est que l’impact soit minime, explique Léa Raimbault, responsable de l'accueil téléphonique. Nous allons tout faire pour que l’adhérent puisse joindre le bon correspondant dans les meilleurs délais. Nous allons conserver la polyvalence de nos salariés en accueil physique pour le meilleur service à nos adhérents. Nous allons créer un groupe de réflexion spécifique pour organiser au mieux ce service qui n’entre pas dans le champ de la mutualisation.»

Au niveau interne, les salariés de la MSA d’Alsace seront informés tous les trois mois de l’état d’avancement du chantier à travers une Newsletter, Cap Mutualisation. « Notre objectif est d’être le plus transparent possible sur l’avancée du projet », indique Annabelle Francisi Ebener, directrice financière de la MSA, qui a été chargée de la communication interne.

« Certains salariés vont changer de métier »

Certains salariés devront changer de métier, ce qui va nécessiter un effort de formation, prévient Christelle Jamot. « Nous ferons tout pour les accompagner dans leur évolution professionnelle, afin qu’ils soient à l’aise dans leur nouveau poste de travail. » Une première formation, intitulée « Accompagnement au changement », a déjà été lancée. Quinze salariés se sont inscrits pour cette formation qui aura lieu en février. « Il y aura bien sûr des formations techniques pour apprendre les nouveaux métiers. Nous allons solliciter des collègues expérimentés pour assurer le tutorat des salariés qui auront un nouveau métier, afin qu’ils ne soient pas seuls lorsqu’ils monteront en charge. »

Ces mutualisations augmenteront la masse des dossiers à gérer dans certains services. Comment absorber ce flux tout en assurant la formation des nouveaux collègues ? « Nous embaucherons des CDD et nous ferons appel aux volontaires pour des heures supplémentaires le samedi. Et pour certains services, comme la retraite, des heures supplémentaires imposées seront instaurées, si nécessaire. Après la clôture des comptes de 2016, la Caisse centrale négociera un report des crédits non utilisés sur 2017 pour financer les CDD et les heures supplémentaires. »

Le plan de mutualisation ressemble beaucoup à l’opération de spécialisation des sites menée il y a quelques années. « Un défi que nous avons relevé avec succès », rappelle la directrice générale. « Nous avons réussi le tour de force d’imposer notre vision aux pouvoirs publics », se félicite le président.

Syndicat betteravier d’Alsace : des perspectives intéressantes s’ouvrent à la filière

Vie professionnelle

Publié le 20/01/2017

« Notre filière est celle qui est restée le plus longtemps dans le système des quotas de production. Et même si elle ne bénéficie plus du prix garanti de la betterave, elle est régie par un cadre spécifique au sucre dans le droit communautaire européen (OCM) », indique Franck Sander, lors de la première réunion d’information betteravière qui s’est tenue le vendredi 6 janvier à Dossenheim-Kochersberg.

Dans la perspective de ces profonds changements, « notre priorité était de préserver la négociation collective ». Un nouvel accord interprofessionnel a été signé cet été entre la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), le Syndicat national des fabricants de sucre* et Tereos pour trois campagnes, ce qui donne une meilleure visibilité aux planteurs. Cet accord fixe un cadre clair et précis qui permet aux représentants des producteurs de négocier avec leurs partenaires industriels respectifs. L’accord inclut un contrat type, reprenant l’ensemble des points devant être précisés dans le contrat de chaque producteur. « L’article 125 de l’OCM fixe les conditions d’achat des betteraves, y compris les achats sous le régime des ACP », précise Franck Sander.

La négociation interprofessionnelle reste d’actualité

La principale difficulté était de ne pas enfreindre les règles du droit de la concurrence : « Les ententes sur les prix sont fortement contrôlées ». Il fallait donc respecter la liberté contractuelle des industriels avec leurs fournisseurs, et séparer clairement les fonctions syndicales et professionnelles. « Nous avons cependant réussi à négocier un accord de partage de valeur qui fera date : cet acte délégué profitera à toutes les cultures. »

L’interprofession sera elle aussi amenée à évoluer : au 1er avril 2018, le CIPS (Comité interprofessionnel des professions saccharifères) sera supprimé et remplacé par l’AIBS, dont les membres sont Cristal Union, Saint-Louis Sucre, Lesaffre Frères, Ouvré Fils, Tereos et la CGB. « Une nouvelle interprofession est en route et prépare l’avenir. »

Le même scénario que dans le secteur laitier ?

La fin des quotas signifie la libéralisation des volumes de production, souligne Franck Sander. Une augmentation de la production de 15 % est attendue au niveau européen, de 20 % en France. Cela aura des incidences directes sur les volumes de sucre commercialisés : ils devraient passer de 4,8 à 5,8 millions de tonnes. Et que se passera-t-il du côté des prix ? Le secteur sucrier vivra-t-il le même scénario que le secteur laitier ? Franck Sander ne le pense pas. Le marché mondial du sucre vient de vivre deux campagnes déficitaires successives, ce qui a entraîné une baisse des stocks, avec à la clé une tendance haussière des prix. « Ce qui va nous sauver, c’est la compétitivité, notamment à l’export. Avant le panel sucre à l’OMC, nous exportions des tonnages significatifs en Suisse. Ce sont des marchés que nous pouvons reconquérir. »

D’autres perspectives intéressantes s’ouvrent pour la filière : « La possibilité de récupérer la TVA sur l’essence permettra de trouver de nouveaux débouchés pour l’éthanol, dont nous pourrons profiter. »

Le président du SBA en est persuadé, la betterave à sucre reste une culture intéressante pour les exploitations alsaciennes, malgré sa moindre performance en 2016. « Plus un agriculteur se diversifie, plus il limite les risques. C’est vrai aussi pour les marchés : le prix de l’éthanol était à un niveau élevé en 2015 ; il a connu des fluctuations en 2016, mais il est en train de remonter. Et le marché mondial ayant des prix assez élevés, il est plus intéressant que le marché européen. »

Jusqu’ici, le prix de la betterave du quota était calculé sur la base du prix de référence du sucre, qui était de 404 €/t. Ce qui faisait un prix de 26,29 €/t de betteraves à sucre. Le prix de la betterave éthanol était, quant à lui, de 22 €/t. « C’était compliqué pour les producteurs de produire de la betterave avec ce niveau de rémunération. La CGB a insisté sur le fait que les planteurs ont besoin au minimum de 25 €/t, pour couvrir les coûts de production et les charges de structure. Cela a poussé les industriels à vendre leur sucre à un prix qui permet de payer ce prix. »

« Nous ne pouvons que rebondir »

Franck Sander poursuit : « Quand l’Est Agricole et Viticole et le Paysan du Haut-Rhin titrent que nous sommes au creux de la vague (lire notre article dans le numéro du 6 janvier en page 20), cela veut dire que nous ne pouvons que rebondir. Nous avons une capacité de résistance qui nous permettra d’aller de l’avant. »

Pour autant, les producteurs devront prendre en compte la volatilité des prix du sucre, qui peut fluctuer de 3,5 %. Nous devrons voir comment absorber ces hauts et ces bas sur nos fermes. Nous avons toute une série de propositions à faire. Au niveau fiscal, il faudrait créer des réserves non fiscalisées dans les bonnes années, c’est-à-dire non soumises aux charges sociales et à l’impôt, pour pouvoir les réintégrer dans la comptabilité durant les mauvaises années. Nous envisageons également la création d’un fonds de stabilisation : les bonnes années, la filière prélèverait 1 €/t de betterave, un montant qui serait cofinancé par l’Union européenne, dans le cadre du second pilier. Les mauvaises années, on pourrait réinjecter cet argent dans les trésoreries des planteurs. La CGB veut également améliorer le système d’assurance récolte, en abaissant la franchise à 20 % et en portant le montant de la subvention à 20 %.

Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, la cotisation de la CGB devrait baisser prochainement à 25 cts/t de betterave. Avec la fin des quotas, les missions de la CGB vont évoluer, ce qui permettra de réduire les frais de personnel.

Groupe Kuhn à Saverne

Sept engagements pour une route plus sûre

Technique

Publié le 20/01/2017

Stéphane Fratacci, préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin, a effectué un périple dans l’arrondissement de Saverne, récemment. Cette visite l’a mené notamment au tribunal de grande instance de Saverne, à la sous-préfecture de Saverne où il a rencontré les agents et les chefs de service de l’État, et au château des Rohan à Saverne. Là, il a participé, au titre de l’action de soutien de l’État à la ruralité, à une réunion d’information sur les écoquartiers et le contrat de ruralité.

Cette réunion s’est déroulée en présence du référent national ÉcoQuartier, du directeur régional de la Caisse des dépôts et consignations et du sous-préfet d’arrondissement de Saverne. Elle avait pour but de fournir aux conseillers régionaux et départementaux, aux maires et présidents des communautés de communes, aux associations de maires et aux services de l’État des explications détaillées sur les écoquartiers et le contrat de ruralité, sur l’offre de service de l’Ademe et de la Caisse des dépôts et consignations en faveur des collectivités et des entreprises.

Ne pas prendre de risque au volant

Le préfet Stéphane Fratacci a également fait escale au Kuhn Center for Progress à Monswiller, où le président directeur général du groupe, Thierry Krier, l’a accueilli pour la signature de la première charte de sécurité routière dans le Bas-Rhin. Cette charte est la déclinaison départementale de l’Appel national des entreprises en faveur de la sécurité routière au travail, lancé officiellement le 11 octobre dernier à Paris par 21 chefs d’entreprise. Il encourage les entreprises à tout mettre en œuvre pour que la quête légitime de performance ne pousse pas leurs collaborateurs à prendre des risques au volant. Les signataires se mobilisent pour respecter sept engagements forts pour la sécurité des déplacements professionnels de leurs collaborateurs :

  • limiter aux cas d’urgence les conversations téléphoniques au volant
  • prescrire la sobriété sur la route
  • exiger le port de la ceinture de sécurité
  • ne pas accepter le dépassement des vitesses autorisées
  • intégrer des moments de repos dans le calcul des temps de trajet
  • favoriser la formation à la sécurité routière des salariés
  • encourager les conducteurs de deux-roues à mieux s’équiper.

Les accidents de la route sont la première cause de mortalité au travail. En 2015, 483 personnes ont perdu la vie dans un déplacement lié à l’activité professionnelle et 4 520 ont dû être hospitalisées à la suite d’un accident sur le trajet domicile-travail ou au cours d’une mission. La population masculine est surreprésentée dans les accidents liés au travail : 77 % dans un trajet domicile-travail et 87 % lors d’un trajet professionnel.

En signant cette charte le 15 décembre dernier, le groupe Kuhn rejoint des entreprises prestigieuses comme Airbus, Axa, la Caisse des dépôts, Danone, Disneyland Paris, Engie, Johnson & Johnson, Keolis, La Poste, MAIF, Michelin, NRJ Group, Orange, PSA, Renault, Sanef, SGS, SNCF, Total et Vinci. Qu’elles soient grandes, moyennes ou petites, toutes les entreprises, de tous les secteurs d’activité, sont invitées à les rejoindre en signant à leur tour l’Appel national en faveur de la sécurité routière. Il est proposé à leurs dirigeants de se rendre sur le site entreprises.routeplussure.fr.

Un espace dédié est mis à leur disposition avec un kit d’adhésion qui décline les sept engagements pour une mise en chantier rapide à l’intérieur de leurs structures. Les chefs d’entreprise peuvent ainsi signer électroniquement la charte d’engagement et ainsi voir leur nom et leur logo apparaître en ligne dans la liste des signataires. La première signature électronique déposée sur ce site est celle de Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel.

Sucrerie Cristal Union d’Erstein

Verdict final : 77,6 t/ha à 16 %

Cultures

Publié le 17/01/2017

Surfaces en hausse, tonnages en baisse : la campagne betteravière 2016 se solde par un bilan mitigé. 6 745 hectares de betteraves à sucre ont été plantés en Alsace l’an dernier, indique René Schotter, vice-président de Cristal Union. Le rendement utile s’est élevé à 69,8 t/ha, pour une richesse de 17,44 %. Ramené à 16 %, le rendement s’établit donc à 77,6 t/ha. « Nous avons constaté de gros écarts de rendement et des décrochages », explique-t-il.

« Vous avez produit 523 000 tonnes de betteraves, dont 411 000 t de betteraves du quota », précise Laurent Rudloff, responsable du service agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Une partie des betteraves industrielles sera transformée en betteraves du quota, ce qui permet d’améliorer la rémunération des planteurs. « Au final, suite à la compensation, 78 % des betteraves seront payées au prix des betteraves du quota. »

Le bâchage a encore montré son efficacité, cette année, indique René Schotter : « Nous avons bâché 1 100 ha, soit 18 % des betteraves, pour un coût de 0,10 € pour toutes les tonnes chargées. » Par contre, la tare déchet/NL (10,2 %) est plus élevée que d’habitude, en raison de la présence de feuilles et de liseron. « Si nous ne contrôlons pas suffisamment le liseron, nous aurons des problèmes avec les entrepreneurs, à l’avenir. Essayons de suivre les conseils des techniciens qui préconisent de traiter les parcelles de maïs de manière à se débarrasser du liseron pendant deux ou trois ans. »

Une campagne sucrière courte

Conséquence de la baisse des rendements, la durée de la campagne sucrière a été relativement courte : « Le 20 décembre, nous avions terminé et nettoyé l’usine », explique René Schotter. L’an prochain, la campagne devrait durer plus longtemps, du fait de l’augmentation substantielle des surfaces : « Nous dépasserons allégrement les 100 jours. »

La cadence de l’usine était moins régulière qu’en 2016, suite à quelques pannes de la chaudière et l’épierreur. « Par contre la cristallisation a été moins performante. Ce point particulier sera étudié de près durant l’intercampagne afin d’améliorer les performances de cet atelier. » Le prix des pulpes de betterave surpresssées a été revu à la baisse (près de 10 %) pour être en phase avec les prix des céréales, souligne René Schotter.

Maison Feyel Artzner à Schiltigheim

Pas de pénurie de foie gras !

Pratique

Publié le 25/12/2016

Indétrônable des tables de réveillon des Français, le foie gras a pourtant failli manquer à l’appel, cette année. La crise sanitaire provoquée par l’influenza aviaire fin 2015 a poussé les pouvoirs publics à mettre en place un plan d’assainissement qui a conduit, à compter du 18 janvier 2016, à l’arrêt de mise en élevage de volailles dans la zone de restriction jusqu’au 18 mai. Environ 4 000 élevages de 18 départements du Sud Ouest étaient concernés par cette mesure qui s’accompagnait de l’arrêt total des abattages pendant quatre mois. Avec pour conséquence la perte de 25 % de la production de palmipèdes gras.

Du fait de cette crise sanitaire, la production mondiale de foie gras a connu en 2015 une baisse de 700 tonnes, pour atteindre 25 600 t. « La France a enregistré une baisse beaucoup plus importante, de l’ordre de 4 750 t », explique Nicolas Schwebel, PDG de la maison Feyel Artzner à Strasbourg. Mais d’autres pays européens, comme la Bulgarie et la Hongrie, ont augmenté leur production, ce qui a partiellement comblé le déficit.

Une production française en net recul

La filière avicole n’est pas sortie de l’auberge pour autant, puisqu’une nouvelle épidémie s’est déclarée récemment : 27 foyers de H5N8, un virus hautement pathogène, ont été confirmés dans les élevages et quatre cas dans la faune sauvage. Par ailleurs, la mise en œuvre de mesures de biosécurité suite à la crise sanitaire de l’an dernier a conduit la filière française à investir et à ralentir sa production, du fait notamment du passage en bandes uniques. « La productivité de la filière française de palmipèdes gras a diminué de 25 % en 2016 », indique Nicolas Schwebel, se basant sur les chiffres de l’interprofession (Cifog). Cette situation a bien entendu provoqué un renchérissement du foie gras frais, que les transformateurs ont dû répercuter sur le prix final de leur produit. Pour autant, le foie gras restera un produit accessible : « La tranche de foie gras (40 g) n’augmentera que de 20 à 40 cts », indique Nicolas Schwebel. Soit une augmentation de 10 à 15 %.

Par contre, les exportations françaises ont été fortement pénalisées par cette baisse de la production. Car si les ventes sont restées stables dans la grande distribution, le marché export est en net recul, du fait notamment de la fermeture du marché japonais : - 27 % pour le foie gras cru, - 15 % pour le foie gras transformé. Pour la première fois depuis très longtemps, la balance commerciale du foie gras est dans le rouge : elle passe de 15,9 millions d’euros en 2015 à - 2,80 M€ au premier semestre 2016.

Surfer sur la vague des apéritifs dînatoires

Malgré cette pénurie, Nicolas Schwebel se veut rassurant : il y aura du foie gras dans les rayons. « La priorité de la maison Feyel Artzner est d’approvisionner les tables de réveillon. Mais nous avons dû faire des choix, en privilégiant les produits à fort savoir-faire et à marque. » Une certaine incertitude règne toutefois à l’approche des fêtes de fin d’année : « Les achats sont de plus en plus tardifs, d’autant que la configuration calendaire n’incite pas les consommateurs à anticiper leurs emplettes », explique Patricia Houdebert, directrice marketing et communication.

De belles surprises ont été préparées à leur attention. Feyel propose un foie gras de canard en torchon à l’orange et au Grand Marnier, dans lequel le caractère prononcé du foie gras de canard se mélange aux notes fruitées de la liqueur pour une belle aventure des papilles. Et pour multiplier les occasions de déguster du foie gras, Artzner lance la gamme « Les Apérissimes », des tranches de mousse de foie de canard préparée avec 50 % de foie gras et agrémentée de poivre de Sichuan ou d’orange fraîche pour des apéritifs exotiques et raffinés.

De son côté, Artzner remet au goût du jour une recette ancienne, la terrine en porcelaine de foie gras d’oie. Un écrin digne d’un produit d’exception ! Par ailleurs, le chef de la maison Artzner revisite un grand classique, le foie gras en croûte, inspiré de la célèbre recette du pâté de foie gras à la Contades. Bref, de belles idées à savourer !

La bière de Noël est arrivée

Pratique

Publié le 12/12/2016

À Strasbourg, l’arrivée de la bière de Noël marque, avec celle du sapin de Noël sur la Place Kléber, le lancement officiel des festivités de fin d’année. Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg, l’a rappelé lundi 7 novembre, lors de la cérémonie organisée conjointement par le syndicat des brasseurs d’Alsace et le groupement des hôteliers, restaurateurs et débitants de boissons du Bas-Rhin. Une cérémonie toujours très prisée qui réunit bon nombre de personnalités du monde politique, économique et touristique à l’hôtel de ville de Strasbourg.

Tradition, patrimoine, savoir faire, mode de vie, état d’esprit, art culinaire… la bière, c’est tout cela à la fois. C’est aussi, dans notre région, un secteur économique important pourvoyeur d’emplois : près de 10 millions d’hectolitres, soit la moitié de la bière française, sont brassés en Alsace. Les brasseurs d’Alsace, a souligné Alain Fontanel, participent à de nombreuses animations organisées à Strasbourg tout au long de l’année : Au gré de la bière, Fête de la gastronomie, etc. L’an dernier, à l’occasion des festivités du millénaire des fondations de la cathédrale, les brasseurs alsaciens avaient imaginé un brassin spécial, le Brassin du millénaire, une recette élaborée avec des céréales anciennes et des herbes aromatiques employées au Moyen Âge. Le premier adjoint a conclu son intervention en rendant hommage à Marie-Lorraine Muller, présidente de la Brasserie Schutzenberger, décédée quelques jours plus tôt à l’âge de 49 ans.

Un hommage auquel s’est associé Roger Sengel, président du groupement des hôteliers, restaurateurs et débitants de Boissons du Bas-Rhin. Il a rappelé que Schutzenberger a été la première brasserie à renouer avec la tradition de la bière de Noël, il y a plus de trois décennies. Un brassin festif qui se vend très tôt avant Noël et est apprécié sur tout le territoire national. Roger Sengel a salué le dynamisme des brasseurs alsaciens : ils ont été nombreux à participer au Train de la bière qui, cette année, a amené les convives dans le Jura.

Le tourisme brassicole est sur les rails

La bière est un secteur en plein essor, a affirmé Éric Trossat, président des Brasseurs d’Alsace. Un dénombre une quarantaine de brasseries dans la région. Il y a un vrai dynamisme, une créativité foisonnante et un réel engouement du public. « Depuis quelques mois, le syndicat des brasseurs d’Alsace a doublé ses effectifs. » Nombre d’entre eux étaient présents à Strasbourg pour présenter leur brassin de Noël, une boisson chaleureuse, remise au goût du jour il y a quelques années par les brasseurs désireux de présenter une bière spéciale à leurs clients et salariés à l’approche de Noël.

L’année 2016 a été riche en événements pour Brasseurs d’Alsace. Après l’organisation du trophée Billing lors du salon Egast, le 14 mars dernier, le syndicat s’est associé à l’Écomusée d’Alsace pour une exposition sur le thème « Bières d’Alsace, du comptoir à l’assiette » qui s’est tenue du 19 mars au 2 novembre. Des houblonnières à la chope, l’occasion de faire découvrir au grand public le patrimoine et la culture brassicoles alsaciens. Brasseurs d’Alsace compte bien aller plus loin pour promouvoir la culture de la bière : un projet de tourisme brassicole devrait voir le jour prochainement en Alsace. Éric Trossat a annoncé qu’un site internet permettra à tous les acteurs de la bière de présenter leur entreprise et les animations qu’ils organisent. Avec des initiatives comme celle de la brasserie Meteor à Hochfelden, le tourisme brassicole a de beaux jours devant lui dans notre région…

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