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Bérengère de Butler

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Alélor

150 ans et toujours jaune

Pratique

Publié le 23/06/2023


Pour fêter ses 150 ans, Alélor a organisé Alélor Fescht, un moment de convivialité autour des savoir-faire de la fabrique de moutardes, raiforts et autres condiments. Depuis la reprise de l’entreprise Alélor par Raifalsa en 2006, le nombre de recettes est en effet passé de 6 à 60, a rappelé Alain Trautmann, dirigeant de l’entreprise, tout comme le fait que les raiforts Raifalsa sont constitués à 100 % avec des racines produites en Alsace par quinze producteurs qui produisent quelque 150 t de raifort par an sur une quinzaine d’hectares. La moutarde utilisée pour élaborer les moutardes Alélor est elle aussi produite en partie localement. En 2008, l’entreprise et la Chambre d'agriculture Alsace ont noué un partenariat pour monter une filière de moutarde alsacienne. En 2009, ils étaient cinq producteurs. En 2023, 29 agriculteurs produisent de la moutarde, dont six en bio. Actuellement, ils produisent surtout des graines blanches, mais la production de graines brunes est engagée. L’entreprise a également œuvré à la relance d’une filière cornichon en partenariat avec la ferme Maurer de Dorlisheim, qui livre aujourd’hui 10 % de la production annuelle d’Alélor. Au programme de cette journée : visite guidée des ateliers de production avec expositions de matériels et documents anciens, dédicace du livre « La singulière histoire du raifort d’Alsace » par Joseph Lutz, président d’honneur de la coopérative Alsaraifort, concours de râpage de raifort, dégustation des produits, buvette et restauration sur place en continu, jeux pour les enfants, concerts en soirée.

Tournée des terroirs - Molsheim

Dans les vignes : du raisin et cætera

Vigne

Publié le 20/06/2023


Saviez-vous que les chénopodes se dégustent comme des épinards ? Que les orties sont particulièrement adaptées au régime végétarien car riches en vitamine C, en fer, et en protéines ? Que la laitue sauvage a des vertus antalgiques et sédatives, à condition de surmonter son amertume prononcée ? Et surtout que toutes ces plantes, parfois qualifiées de « mauvaises herbes », sont disponibles gratuitement et à profusion dans notre environnement ? C’est ce que les participants à l’atelier « Découverte des plantes sauvages comestibles », ont pu découvrir dimanche 4 juin, au gré d’une balade de seulement quelques mètres le long d’un sentier viticole surplombant les hauteurs de Molsheim.

Carole Behr-Kohser, guide du jour, est animatrice nature à son compte. Elle intervient dans les écoles, les périscolaires, sur demande, et ce jour-là donc, auprès d’un public très varié : familles, couples d’amoureux, retraités, groupes d’amis… Après quelques rappels de fondamentaux sur l’écologie (chaîne alimentaire, écosystème, biodiversité…), elle entre rapidement dans le vif du sujet : « Plutôt que de mauvaises herbes, je préfère parler de plantes spontanées. Car dans la nature, il n’y a rien de mauvais ni de bon. Par contre, tout a une utilité. » Même si parfois, elle échappe à une vision anthropocentrique du monde.

Trois pas plus loin, elle s’arrête devant une touffe de trèfle rouge. Qu’ils soient blancs ou rouges, les trèfles sont comestibles, et pas que par le bétail : « Les feuilles et les fleurs, très nectarifères, sont consommables en sirop, en gelée, séchées en tisane, ou en déco dans une salade. » Juste à côté, Carole Behr-Kohser désigne une plante que tout le monde a déjà vue. Avec ses petites capsules en forme de cœur, c’est la Bourse à Pasteur. « Sa rosette de feuilles se consomme, par exemple en salade, et les graines ont un goût de moutarde. » Un petit saut de puce plus loin, et on trouve du plantain. « Ils sont tous comestibles. En salades, quiches, pestos… Très riches en calcium et potassium, ils ont aussi des vertus apaisantes et calmantes. » Petite astuce pour les reconnaître : leurs feuilles ont des nervures parallèles.

« Dans le coquelicot, c’est comme dans le cochon, tout est bon »

« Ils sont tous comestibles ! » Entre deux rangs de vigne, Carole Behr-Kohser désigne un tapis de chénopodes. Souvent qualifiée de « mauvaise », cette herbe, riche en acide oxalique, fera merveille dans une quiche après avoir été blanchie à l’eau. On n’arrête plus Carole Behr-Kohser, qui montre un gaillet, puis de la luzerne, dont les fleurs et les feuilles sont consommables lorsqu’elles sont jeunes, mais qui gagne à être consommée au stade de jeunes pousses. D’ailleurs, les graines germées d’alfalfa ne sont pas autre chose que des graines de luzerne germées. Devant une espèce de pissenlit géant, elle corrige : « C’est du salsifis des prés, ou Barbe de bouc. Ce sont surtout les boutons floraux qui se consomment, sautés à la poêle par exemple. » Juste à côté, sur le même talus, du coquelicot étale ses pétales rouge vifs. « Dans le coquelicot, c’est comme dans le cochon, tout est bon », lance Carole Behr-Kohser : les jeunes feuilles, les tiges, mais surtout les fleurs, qu’il n’est pas rare de trouver en sirop, mais qu’on peut aussi jeter dans une salade, sur un dessert… Arrivés à l’orée de la petite forêt, un bouquet d’églantier constitue le clou de la balade. Ses jolies fleurs deviendront des petits fruits rouges (les cynorrhodons) très riches en vitamine C. On peut en faire tout un tas de choses : de la purée, de la confiture, mais Carole Behr-Kohser propose de déguster les fruits crus, pendant les balades d’automne : « Il suffit de les ouvrir et de gratter l’intérieur pour enlever les graines et les poils à gratter, et de profiter de leur goût acidulé tout en prenant des shoots de vitamine C avant l’hiver ».

Pour conclure, Carole Behr-Kohser, propose à son public de s’installer dans un verger pour goûter quelques-unes de ses préparations : un cake aux orties, une gelée de sureau, et un fromage au lierre terrestre. Absent de cette balade, cette plante est néanmoins très commune et diffuse un agréable parfum, subtil mélange de basilic, menthe et citron. En distribuant les mets, Carole Behr-Kohser délivre ses ultimes conseils : ne ramasser et déguster que si on est sûr à 150 % d’avoir bien identifié la plante, éviter de cueillir en bordures de chemin, bien trier la cueillette pour ne garder que les végétaux sains, les laver à l’eau ou au vinaigre blanc si nécessaire.

La tête ainsi farcie de nouvelles connaissances, le petit groupe rebrousse chemin pour se retrouver nez à nez avec le bar tenu par les membres du syndicat viticole. Le soleil brille, bientôt à son zénith, c’est le moment de se laisser tenter par un verre de vin, parmi les 13 issus du ban de Molsheim qui figuraient à la carte du jour.

Comptoir agricole

Par ici la bonne herbe

Technique

Publié le 19/06/2023


Après une mise en bouche sur les compléments alimentaires pour bovins, et un petit point machinisme et fournitures pour la récolte de l’herbe (lire en encadrés), Thierry Kolb et Lionel Freund, technico-commerciaux au Comptoir agricole, ont présenté les quelque 60 modalités différentes qui composent la plateforme fourragère. Elles ont été implantées derrière un triticale les 29 et 30 août, au semoir à gazon, en non-labour. « L’objectif principal est de montrer les différentes espèces et variétés, leurs caractéristiques et les progrès génétiques », pose Thierry Kolb. Il n’y aura pas d’analyse, ni quantitative ni qualitative, des différentes modalités. Par contre, la plateforme va rester en place trois ans, afin de voir comment évoluent les modalités qui, pour l’heure, ne sont en place que depuis moins d’un an. Donc seules les espèces à implantation précoce sont réellement appréciables à leur juste valeur.

La visite commence par les ray-grass. Avec des diploïdes et des tétraploïdes. Les premiers affichent un port plus gazonnant, qui leur confère une meilleure résistance au piétinement. Les seconds sont plus volumineux, plus appétants mais aussi plus riches en eau, ce qui implique une demi-journée de ressuyage en plus, au moins. De nombreux mélanges associent les deux types de ray-grass pour profiter de leurs atouts respectifs. Il existe aussi des ray-grass alternatifs et non alternatifs, les seconds ayant besoin d’une période de froid (vernalisation) pour faire des épis. Dans le secteur, confronté à une pression en vulpin importante, la rapidité d’implantation constitue un critère de choix important, tout comme pour un sursemis.

Viennent des mélanges de ray-grass et de légumineuses, notamment de trèfles. Thierry Kolb rappelle que les ray-grass sont nitrophiles, donc ont tendance à prendre le dessus en cas de fertilisation azotée. Or, les légumineuses ont besoin de lumière et de chaleur pour pousser. Aussi existe-t-il des mélanges avec 60 % de légumineuses et 40 % de graminées, conçus pour assurer la présence de légumineuse. Thierry Kolb pointe notamment le mélange ProHerb Renovation, composé de variétés « haut de gamme » de ray-grass anglais et italien, agressives, donc adaptées au sursemis. Ou encore le mélange Mojito, de ray-grass italien et trèfle violet, qui se « vend très bien », et « reste productif plusieurs années ». Le mélange Mix Protéine avec deux ray-grass hybride, un trèfle violet et un trèfle blanc, est aussi très prometteur.

Jouer sur les complémentarités entre espèces

Retour aux ray-grass en pur, avec une série de différentes variétés qui met en évidence la large gamme de précocité puisqu’il y a pas moins de cinq semaines d’écart en matière de date d’épiaison, ce qui conduit à des dates de fauche allant de début mai à début juin. Suit une série de fétuques. La fétuque des prés a une bonne valeur alimentaire, une bonne appétence, elle tolère bien l’hydromorphie et le piétinement, beaucoup moins le manque d’eau et la chaleur, ce qui en fait une espèce peu adaptée au changement climatique. La fétuque élevée résiste davantage au manque d’eau si ses racines peuvent descendre. « Elle résiste aussi bien au froid, à l’hydromorphie, mais sa valeur alimentaire est moyenne et elle est longue à s’implanter ».

Le dactyle a assez mauvaise presse, de par sa lenteur à l’implantation, son port cespiteux, en touffe, qu’il faut faucher ou pâturer régulièrement pour éviter qu’il monte. Par contre, « il valorise la moindre pluie, même la rosée, ce qui fait qu’il reste vert en été », pointe Thierry Kolb. La série des graminées se termine avec les bromes et la fléole des prés, pour laisser la place aux mélanges complexes, comme Proherb Perform, ou encore le mélange polymorphisme, élaboré sur la base d’un concept développé par l’Inrae, qui consiste à mélanger cinq variétés de chaque espèce afin de maximiser le polymorphisme du mélange. Ou encore le mélange Ferme des Bordes, lui aussi élaboré par l’Inrae, qui comprend de la luzerne, du trèfle violet, du dactyle, de la fétuque, et du ray-grass, « un super mélange, très passe-partout ».

Suivent les espèces un peu particulières, comme la chicorée, qui a tendance à monter vite, donc qui exige une conduite intensive, généralement associée avec de la fétuque ou du dactyle. Le lotier corniculé, qui résiste bien au manque d’eau, est très appétant. La visite se poursuit, et s’achève, sur les légumineuses. Tout d’abord les trèfles, dont certains sont stolonifères, ce qui leur confère une bonne capacité de résistance au piétinement, et d’autres pas. Puis des luzernes, en concurrence avec les graminées en cette première année de pousse. « Il faut les désherber », pointe Thierry Kolb, surtout dans un contexte à forte pression en vulpin comme celui-ci. Il existe différents types de luzernes, certaines plus méridionales, d’autres plus septentrionales, rappelle Thierry Kolb en désignant un mélange qui en comporte quatre différentes. Ultime conseil, avant de repartir la tête en vert : « Ne fauchez pas les luzernes trop tard ! »

Irricrop by Sencrop

Un outil de pilotage de l’irrigation simple et pas cher

Technique

Publié le 17/06/2023


Grâce à deux plans de subvention successifs, les adhérents du groupe Comptoir agricole peuvent désormais être équipés de stations météo connectées Sencrop. « En partenariat avec Gustave Muller, nous avons créé les réseaux atmosphR et atmosphR by VitiVina, qui comptent respectivement 637 et une soixantaine de stations », indique Grégory Ledien, chargé d’innovation au Comptoir agricole, qui précise que, dans le cadre de ces réseaux sponsorisés, les adhérents ont accès aux données issues d’une multitude de stations connectées ainsi qu’à un service après-vente de proximité.

En tant que distributeur local, le groupe Comptoir agricole a en effet un accès facilité aux pièces de rechange, et du personnel a été formé pour être en capacité d’intervenir sur les stations météo. La souscription aux réseaux atmosphR ou atmosphR by VitiVina permet donc d’avoir accès à de précieuses informations en temps réel, et d’en conserver un historique. Le niveau de base (Raincrop) donne accès à la pluviométrie et aux températures. Avec la version Windcrop, les adhérents disposent aussi d’informations sur la force et la direction du vent. Enfin, disponibles depuis l’an dernier, les sondes Solarcrop permettent de disposer de données sur l’ensoleillement. « Nous avons désormais une visibilité sur tous les aléas agricoles possibles », pointe Grégory Ledien.

Un meilleur suivi pour une meilleure planification des tours d’eau

Toutes ces données peuvent aussi servir à alimenter Irricrop, un module de pilotage de l’irrigation développé par Sencrop et disponible dans l’application liée aux stations météo connectées. Téléphone à l’appui, Grégory Ledien démontre en quelques clics la facilité de prise en main de l’outil : « Il suffit de créer une parcelle, de la géolocaliser sur la carte, de renseigner la culture, la date de semis, le type de sol, soit sur la base d’une analyse de terre, soit en choisissant parmi les propositions d’un menu déroulant, et on obtient un graphique schématisant l’évolution de la réserve utile ».

Jean-Baptiste Algeyer, technico-commercial Innovation à Gustave Muller précise : « Il est également possible de renseigner les dates des principaux stades culturaux, l’indice de précocité de la variété, la profondeur du sol, sa pierrosité, et même la réserve utile, si on la connaît, pour être plus précis. Et bien sûr, les tours d’eau effectués qui influencent la réserve utile ». Pour l’évaluer, Irricrop utilise les données des stations météo Sencrop les plus proches des parcelles créées. Pour étoffer le réseau existant, le Comptoir agricole et Gustave Muller ont développé, en propriété, un réseau de 50 capteurs équipés de sonde d’ensoleillement, espacés d’une dizaine de kilomètres maximum. Les agriculteurs qui souscrivent à l’option Irricrop ont accès aux informations issues de la station la plus proche, donc même aux précipitations liées aux épisodes orageux, qui peuvent passer sous les radars des outils de pilotage de l’irrigation traditionnels.

Pour l’instant, Irricrop n’émet pas d’alerte quand la réserve utile atteint un seuil critique, mais cette fonctionnalité est en cours de développement. L’outil ne donne pas non plus d’indication sur la quantité d’eau à apporter, qui est de toute manière dictée et limitée par des contraintes techniques. Par contre, il est possible d’estimer dans quelle proportion un tour d’eau améliore la réserve utile. Irricrop permet aussi de mieux planifier l’arrêt de l’irrigation, le moment où le stade 32 % d’humidité du grain est atteint pouvant être estimé grâce aux données météorologiques et à l’avancée des stades, ou être renseigné par l’agriculteur lui-même.

« L’objet de cet outil, c’est surtout de mieux suivre l’évolution de la réserve hydrique dans les différentes parcelles de l’exploitation, et, ainsi, de pouvoir donner la priorité à celles qui ont le plus besoin d’eau », résume Grégory Ledien. Distributeurs des outils et solutions Sencrop, le Comptoir agricole et Gustave Muller proposent l’accès à Irricrop à 150 € pour 2023 afin d’inciter un maximum d’agriculteurs à adhérer à ce service qui doit permettre de réaliser des économies tout en garantissant le rendement et la qualité de la récolte À noter qu’après cette offre de lancement, le tarif pourrait doubler dès 2024.

Récolte du maïs semences

Ne pas en perdre un grain

Technique

Publié le 16/06/2023


Alors que les maïs semences poursuivent leur cycle, le Comptoir agricole prépare déjà la campagne de récolte 2023. Ce sera celle de l’utilisation de l’outil de traçabilité GeoCrops qui a été testé en 2021 en parallèle du système papier, et en 2022 seul, avec « très peu de soucis, et une bonne fluidité », rapporte Arnaud Waldy, technicien de production de semences au Comptoir agricole. « Ce logiciel, développé par la société QuestInnov, spécialisée dans l’élaboration d’outils destinés aux industries semencières, permet de se passer des fiches papier qui accompagnaient la cinquantaine de bennes dédiées à la récolte du maïs semences, du champ jusqu’à l’usine, et qui pouvaient se perdre ou s’abîmer en cours de route. »

Désormais, les bennes sont suivies uniquement grâce à un système de code-barres qui permet de les identifier. En outre, les deux corn-pickers qui effectuent la récolte sont suivis grâce à des balises GPS. « Dans 95 % des cas, les deux corn-pickers travaillent en même temps sur la même parcelle. Grâce à leur géolocalisation, il est possible de savoir, à distance, où ils sont, la vitesse à laquelle ils avancent, s’ils sont en mode travail ou à l’arrêt », détaille Arnaud Waldy. Au-delà d’avoir un suivi du chantier de récolte en temps réel, cela permet aux équipes du Comptoir agricole de prévoir de manière plus précise le nombre de bennes nécessaires au transport de la récolte d’une parcelle. « Une fois qu’une benne est remplie, ce qui correspond à environ 10 t de maïs semences, on connaît la surface qui correspond à une benne. Et on sait donc combien il faut de bennes pour réceptionner la récolte de la parcelle entière. »

Une information importante qui permet d’optimiser le chantier de récolte : « Avant, on estimait la quantité de bennes au jugé. Il arrivait donc qu’il reste des bennes vides, qu’il fallait transporter à nouveau jusqu’à la parcelle suivante, ce qui faisait perdre du temps et demandait plus de manutention », rappelle Arnaud Waldy. Désormais, la récolte est optimisée. « Par sécurité, il y a souvent une ou deux bennes de trop quand même, mais ça n’est pas gênant car il y a de toute manière une remorque porte caisson qui va de parcelle en parcelle », précise le technicien.

Des sécurités entre grains des champs et grains d’usine

Ce système permet aussi de faire correspondre chaque benne à un numéro de contrat, qui correspond lui-même à un agriculteur et une variété. Ainsi identifiée au champ, la remorque est prise en charge par un transport partenaire qui la dépose sur le site de Marlenheim, où elle suit la procédure d’entrée. C’est-à-dire qu’elle est pesée et scannée avant d’être placée en ventilation. Une étape qui permet de dessiquer les épis, soit avec de l’air froid, soit avec de l’air chaud, pour les variétés plus difficiles à effeuiller, ou pour les épis récoltés plus humides. À ce stade, la traçabilité passe du logiciel GeoCrops à l’outil GUS (Gestion usine de semences) : « Les deux outils communiquent de manière automatique depuis deux ans », précise Arnaud Waldy. En outre, la communication entre les deux systèmes inclut des mesures de sécurité : « Quand une benne pleine passe de GeoCrops à GUS, elle disparaît de GeoCrops. Et quand une benne est vidée dans GUS, elle réintègre GeoCrops. On sait donc qu’elle est disponible et peut servir à aller collecter une nouvelle variété, chez un autre agriculteur, donc sous un autre numéro de contrat ».

Une fois la benne vidée dans la chaîne d’effeuillage, elle est déclarée vide et peut réintégrer le processus de récolte. Son contenu, lui, poursuit le processus de transformation : tri, séchage en cellules (là aussi le code-barres permet de savoir ce que contiennent les différentes cellules de séchage), égrainage, stockage, calibrage, ensachage, expédition… À noter que, comme les bennes, les cartons qui servent au stockage des grains sont identifiés, tracés, et qu’une fois vidés de leur contenu, ils retournent dans le circuit pour accueillir le fruit d’un nouveau contrat. Rien ne se perd donc : ni les grains, ni les bennes, ni les cartons.

Festival de l'élevage de Brumath. Concours prim’holstein

Un podium haut-rhinois et un podium bas-rhinois

Élevage

Publié le 17/05/2023


Le cortège d’officiels n’a pas encore fini de quitter le ring de présentation que les premières jeunes génisses s’avancent. Lavées, lustrées, coiffées, elles font plaisir à voir. Gilles Jonette décrit une première section « assez hétérogène », mais après avoir scruté les génisses sous toutes les coutures, sa championne est « évidente » : il s’agit de Thelma du Gaec Losser à Mussig, pour son « caractère laitier et la qualité de ses membres ». Dans la « très belle classe » de génisses de la section 2, « quatre animaux se démarquent », estime Gilles Jonette, qui finira par porter son choix sur Tess Red de la SCL Goos à Blaesheim, une jolie rousse qui se démarque par « son très bon format, son ouverture de côtes, et ses très bons membres ». La section 3 est assez hétérogène aussi. C’est Tep Lays du Gaec Urban à Berstett qui remporte les faveurs du juge. « Elle a plus de caractère laitier », justifie-t-il. Mais Taie, du Gaec de la Cigogne à Wolfisheim, la talonne avec « sa puissance et le parallélisme exceptionnel de ses pattes arrière ». Avec la section 4, la dernière du championnat junior, la tension monte d’un cran. Gilles Jonette finit par préférer Truffe TH, du Gaec Tilleul Holstein à Traubach-le-Bas, pour « son ossature fine et ses très bons membres », confirmant ainsi que ce critère est primordial pour lui dans le classement des animaux. Puis, les deux premières de chaque section reviennent dans le ring, sous les encouragements du public, pour que le juge désigne sa championne et sa réserve. Il les scrute à nouveau sous tous les angles, en fait sortir quatre, en garde quatre autres : le suspense est à son comble ! Enfin, il lance le jingle et s’élance vers Tess Red pour la désigner championne puis vers Thelma, qui sera sa réserve. Son choix a été dicté par « la solidité et les membres exceptionnels » de ces jeunes génisses.

Des choix parfois compliqués

Après une petite pause consacrée au concours de la race jersiaise (sur lequel nous reviendrons dans une prochaine édition), les prim holstein reviennent, pour le championnat des seniors, consacré aux génisses plus âgées. Les génisses de la section 5 entrent dans le ring, et le juge poursuit son travail d’évaluation des membres, de la morphologie, du dessus, il observe la puissance, la largeur de poitrine… Finalement, son choix se porte sur Tulipe de l’EARL Oser Bernard à Biederthal, « une génisse très laitière, qui se démarque des suivantes par la solidité de son paturon ». La section 6 est composée de génisses de 13 à 15 mois. La préférée du juge est Midali Tina du Gaec Butsch à Ranspach-le-Haut, pour « ses excellents membres, son bon rapport entre sa taille et sa largeur de poitrine, et son bon espace intercostal », mais les deux suivantes ne sont pas très loin et « même la quatrième aurait pu faire partie du lot », apprécie Gilles Jonette. Dans la section 7, les génisses ont entre 15 et 18 mois. Pour le juge, deux animaux se distinguent : Beverly de l’EARL des Trois Chênes à Donnenheim et O’Lacs Aria de l’EARL Des Lacs à Puttelange-aux-Lacs. La première est « très puissante », ce sont « sa soudure du dessus et l’inclinaison de ses cotes qui font la différence ». Dans la huitième et dernière section, Gilles Jonette distingue Riedill Souci de l’EARL Wollenburger à Bindernheim. Avec « sa largeur, sa solidité, l’ouverture de ses cotes », c’est « une gagnante évidente ».

Comme précédemment, les deux premières de chaque section reviennent dans le ring sous l’œil concentré des présentateurs, qui font tout pour présenter les génisses sous leur meilleur jour : un placement de queue par ci, une rectification de la ligne de dos ou de position de patte par là… Gilles Jonette fait durer le suspense : il retient quatre animaux, pour « leurs bons membres et leur dessus solide », et en fait sortir quatre. Enfin, il s’élance et tape la croupe Tulipe, puis de Midali Tina. Les deux présentateurs laissent éclater leur joie et se congratulent. Il ne reste plus au juge qu’à départager Tess Red, la championne junior, de Tulipe, la championne senior. Ce sera finalement Tulipe, car c’est un animal « puissant, qui se déplace aisément, qui n’est pas extrême et qui a donc tout pour bien vieillir ». Clic clac on immortalise les vainqueurs avec les photos d’usage, et le concours est fini, il faut laisser la place aux enfants et aux veaux !

Inauguration du Festival de l'élevage de Brumath

Des richesses à cultiver

Vie professionnelle

Publié le 17/05/2023


Grêle, sécheresse, charges qui flambent, l’année 2022 a été riche en rebondissements pour les éleveurs alsaciens, a rappelé Marc Schneider, président du Festival de l’élevage, lors de son inauguration officielle. Au final, grâce à des prix de vente qui ont suivi cette hausse, les résultats ont été « corrects dans l’ensemble ». Mais l’effet ciseau, annoncé pour 2023, se confirme : les charges restent élevées et les prix de vente amorcent leur baisse. Elle est déjà effective pour les céréales, et le lait suit la même tendance baissière. Dans ce contexte, Marc Schneider a profité de la présence de nombreux influenceurs politiques pour désigner les points d’attention pour soutenir l’agriculture alsacienne, à savoir : l’aménagement foncier, le projet de taxe poids lourds, et le renouvellement des générations.

Des propos sur lesquels a rebondi Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin : « L’élevage est un secteur d’activité qui doit être soutenu. Car quoi de plus rassurant que de pouvoir compter sur une production alimentaire locale dans un contexte où les souverainetés alimentaire, énergétique et sanitaire doivent être renforcées. » Pour le syndicaliste, ce soutien passe par deux choses essentielles. Le revenu des éleveurs d’abord, menacé par l’effet ciseau décrit plus haut. Mais aussi « du soutien de la part des élus et de la société ». Aussi a-t-il dit « sa gêne » de voir « tant de politiques publiques soutenir des démarches en inadéquation avec le marché ». Exemple avec l’agriculture biologique : « 30 à 40 % du lait bio est vendu en conventionnel faute de débouchés. » Pour lui, l’agriculture française doit aussi être capable de produire « moins cher » et d’être compétitive face aux importations. Comme Marc Schneider, il a donc plaidé pour un soutien aux aménagements fonciers, « bien faits », c’est-à-dire qui « laissent de la place à l’environnement », mais qui permettent aussi aux agriculteurs de travailler mieux, avec moins de produits phytosanitaires. Il a aussi dit son inquiétude vis-à-vis de la taxe poids lourds, « qui risque de favoriser l’importation de produits étrangers, ou en provenance des départements limitrophes ».

« Que serait la montagne vosgienne sans l’élevage ? »

Président de la Chambre d'agriculture Alsace, et éleveur lui-même, Denis Nass s’est dit « heureux » de participer à ce « moment de fête », organisé dans une période où les éleveurs ont « beaucoup de travail ». Pour lui, il est important que les éleveurs puissent valoriser leurs savoir-faire, insuffisamment reconnus au regard des services rendus : « Que serait la montagne vosgienne où tant de gens se promènent, sans l’élevage », a-t-il lancé. Aussi s’est-il réjoui du soutien accordé par la Collectivité européenne d’Alsace (CEA) à l’abattoir de Cernay et, plus récemment, de la place accordée à l’élevage dans les propositions de la Région Grand Est pour le Pacte et la loi d’orientation et d’avenir agricole (PLOAA). Car derrière l’élevage, il y a « des filières, des emplois et des atouts » qui gagneraient à être mieux exploités, comme la production d’électricité photovoltaïque sur les bâtiments d’élevage.

En réaction à ces interpellations, Vincent Thiébaut, député du Bas-Rhin, a déclaré qu’il convient de « contrer les fausses idées qui circulent dans la population », et de rappeler que « l’agriculture française est une des plus saines au monde ». Ceci sans occulter les défis qu’elle a à relever, ce qui, pour lui, passera par « une prise de conscience de la multifonctionnalité de l’agriculture » : alimentaire, énergétique, gestion de la ressource en eau et des territoires. Anne Sander, députée européenne, a souligné que c’est par ce genre de manifestations que les éleveurs peuvent « montrer qu’ils prennent soin des animaux, que leur activité génère de l’activité et de la vie dans les territoires ruraux », et de « dépasser l’image de l’agriculture qui pollue, alors qu’elle peut aussi jouer un rôle majeur dans la séquestration du carbone ». Mais attention, si l’élevage est une activité économique, elle n’est en rien comparable avec l’industrie, a indiqué Anne Sander, qui a déclaré qu’elle serait particulièrement vigilante sur ce point. Patrick Bastian, conseiller régional de la Région Grand Est, a insisté sur le défi du renouvellement des générations, pointant les difficultés liées à l’installation, en particulier en élevage, où « les capitaux sont énormes ». Il a aussi évoqué la question de l’eau, considérant nécessaire de « stocker l’eau en hiver », de ne pas perdre de vue que « l’irrigation agricole a une portée alimentaire, tout comme l’arrosage des potagers ». Il va donc falloir « mieux distinguer ce qui est essentiel et autorisé de ce qui ne l’est pas, sinon, on va vers des affrontements ».

« Tout l’honneur est pour moi », a lancé Frédéric Bierry, président de la CEA, et invité d’honneur de cette 41e édition, avant de remercier les agriculteurs de faire de l’Alsace « une terre nourricière » : « C’est fondamental, et nos concitoyens y sont sensibles. » Il en veut pour preuve la part des produits locaux dans les paniers alsaciens : 8 % contre 3 % en moyenne en France. Et l’explique par un brin de chauvinisme, mais aussi par la qualité des produits alsaciens. Il a rappelé que la CEA a été présente pour soutenir l’abattoir de Cernay, « avec de bons résultats », et sera aussi aux côtés de l’abattoir de Haguenau. Concernant la taxe poids lourd, il a déclaré « se donner la possibilité de la faire », tout en précisant que « le cadre de sa mise en œuvre n’est pas acté » et que, pénaliser l’économie alsacienne n’étant pas l’objectif, le monde agricole sera associé aux études d’impacts.

Pacte et loi d’orientation et d’avenir agricole (PLOAA)

60 fermes pilotes, et le renouvellement des générations avant tout

Vie professionnelle

Publié le 16/05/2023


Suite à l’impulsion du ministère de l’Agriculture, a eu lieu le 17 décembre 2022, une réunion plénière de lancement du PLOAA pour la Région Grand Est. Y étaient conviés l’ensemble des membres de la Commission régionale de l’économie agricole et du monde rural, ainsi que les acteurs de la formation et de l’agroécologie. Pour faire remonter des propositions de mesures opérationnelles, trois groupes de travail ont été créés : orientation et formation ; installation et transmission ; adaptation et transition face au changement climatique. Ces groupes de travail se sont ensuite réunis à deux reprises, et une consultation écrite d’une durée de trois semaines a été lancée. Un travail qui a engendré 210 propositions, qui ont ensuite été analysées par les services de l’État, de la Région et de la Chambre d'agriculture Grand Est (Crage), pour n’en retenir que cinq par thématique, donc quinze au total.

Ces quinze propositions ont été présentées le 2 mai, lors d’une session de « clôture », qui avait plutôt des airs de lancement d’un grand projet. Béatrice Moreau, vice-présidente de la Région Grand Est, a qualifié ces propositions de « feuille de route » pour « emmener le monde agricole vers une vision » et « consolider l’agriculture du Grand Est ». Plusieurs défis surplombent ces propositions, qui en découlent. Le premier est le renouvellement des générations. C’est pourquoi « les jeunes ont été très présents dans les groupes de travail », souligne Franck Leroy, président de la Région Grand Est. Le second est le maintien du modèle de polyculture élevage, parce qu’il est dominant dans la Région (une exploitation sur deux), caractéristique du territoire et force motrice de l’économie. « Si ce modèle est prépondérant, c’est qu’il est équilibré pour notre territoire. Notamment parce qu’il permet de valoriser des territoires plus fragiles. Nous devons donc nous donner les moyens pour qu’il perdure », pointe Béatrice Moreau.

 

Maximin Charpentier, président de la Crage, a affirmé sa volonté de « faire vivre » le groupe né du portage du PLOAA, qu’il a proposé de rebaptiser « groupe Agriculture 2030 ». Il s’agira de « suivre l’actualité de la loi », mais « sans attendre sa promulgation pour agir », et de poursuivre les échanges pour se fixer des objectifs, un calendrier, des moyens. Pour cela, Maximin Charpentier souhaite que les trois groupes de travail se réunissent trois fois par an, et que les filières soient davantage associées aux travaux. Une volonté saluée par Josiane Chevalier, préfète de la Région Grand Est, qui a souhaité qu’au-delà des quinze propositions retenues, « la richesse de la méthode de travail » le soit également et que « ce travail se poursuive en parallèle du parcours législatif », notamment en faisant en sorte que l’agriculture trouve « toute sa place dans le dispositif France 2030 ».

Fermes pilotes

La concrétisation opérationnelle de ces travaux va se traduire par l’identification de 60 fermes pilotes. Un appel à manifestation d’intérêt va être lancé par la Crage à cette fin. « Début septembre, cinq à six fermes par département devraient ainsi être identifiées », précise Maximin Charpentier. Elles seront accompagnées durant trois ans, en lien avec les filières et les entreprises qui œuvrent dans les nouvelles technologies, pour être diagnostiquées sur leurs performances en matière de carbone, d’eau, d’énergie, et pour identifier les leviers à actionner afin d’améliorer ces performances. Elles devront ensuite servir de modèles à toutes les exploitations du Grand Est. « S’adapter à tous ces défis en même temps, cela revient presque à s’installer une deuxième fois. On va vers l’inconnu, et ça peut faire peur », souligne le président de la Crage. L’idée est donc d’accompagner quelques premiers agriculteurs dans cette prise de risque, pour qu’elle soit plus facile à prendre pour les suivants. Le renouvellement des générations en dépend car, pour qu’une ferme soit transmissible, il faut qu’elle soit compétitive et attractive. Il est également important que ces fermes pilotes soient représentatives de leurs territoires, car les bonnes gestions de l’eau, de l’énergie, des déchets et des bioressources passent par des projets de territoire, pointe Maximim Charpentier. Pour lui, l’adaptation des exploitations agricoles passera par celle du système d’attribution des aides de l’État, de la Région. À l’heure actuelle, elles sont généralement liées à un projet, à une acquisition. Demain, elles devraient être davantage fléchées vers des démarches globales d’adaptation.

Formation

La formation, notamment au numérique et aux nouvelles technologies, se situe au cœur de ces enjeux. Il est en effet crucial que les agriculteurs prennent en main ces outils, au risque d’en devenir des victimes consentantes, ou pire, des victimes de la cybercriminalité. Cela passera par l’adaptation de la formation initiale et continue. On pense bien sûr aux GPS, aux applications et autres outils d’aides à la décision. Mais comme le souligne Franck Leroy, il y a aussi des démarches émergentes, comme les crédits carbone, qui requièrent des connaissances nouvelles pour être utilisées à bon escient.

Enfin, si l’agriculture peut beaucoup, elle ne fera pas tout. Franck Leroy a évoqué des dossiers transversaux, comme la nécessaire préservation des sols, qui passe par une réduction drastique de leur « artificialisation anarchique ». Or, l’objectif « zéro artificialisation nette », qui vise à préserver les sols est encore perçu comme un obstacle et un frein au développement économique.

Loriane Erb et Margot Huss

Deux passionnées pour trois génisses

Élevage

Publié le 11/05/2023


Aujourd’hui conseillère technique élevage à la Chambre d'agriculture Alsace (CAA), Loriane Erb est passionnée par l’élevage et gravite dans ce milieu depuis 2017. Tant et si bien qu’elle a décidé d’en faire son métier. Elle effectue donc sa scolarité au lycée agricole d’Obernai, d’abord avec un bac S, puis un BTS Analyse et conduite des systèmes d’exploitation (Acse). Une formation qu’elle achève avec une licence professionnelle Productions animales en apprentissage, à Besançon pour la théorie, et au Gaec de la Cigogne à Wolfisheim pour la pratique. Ses diplômes en poche, Loriane Erb est embauchée au sein du service élevage de la CAA en septembre 2021, où elle est spécialisée en élevage laitier. Elle travaille aussi sur l’exploitation de Maurice Auer, à Salenthal. Et, comme si cela ne suffisait pas, elle a aussi une botte dans l’exploitation de ses beaux-parents, l’EARL Gallactis à Jeterswiller. « Je suis tous les jours dans les vaches, c’est ma passion », commente la jeune femme de 23 ans.

Emportée par sa passion, Loriane Erb a participé pour la première fois au Festival de l’élevage de Brumath l’année dernière. C’est là qu’elle a fait la connaissance de Margot Huss. Cette jeune fille, originaire de Wolfisheim, a passé son enfance à aller avec son frère au Gaec de la Cigogne. Non issus du milieu agricole, ils ont tous les deux développé une passion pour le monde de l’élevage. Son frère est devenu inséminateur en Suisse, et Margot Huss lui emboîte le pas. À 19 ans, elle est actuellement étudiante en terminal en bac pro Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant (STAV) Productions animales au lycée agricole d’Obernai. Durant sa scolarité, Margot Huss a effectué plusieurs stages, dont un d’une semaine dans un élevage équin en Suisse, et un autre de quatre semaines au Gaec Wilt à Dachstein. Des expériences qui ont conforté sa vocation d’inséminatrice pour bovins et équins. Pour l’année prochaine, elle est déjà acceptée à la Maison familiale et rurale (MFR) de le Cateau-Cambrésis, près de Lille, où elle va effectuer un BTS Productions animales en alternance, de préférence dans une entreprise spécialisée dans l’insémination et la génétique. « Je suis vraiment heureuse d’avoir réussi à me faire ma place dans ce milieu. J’adore déjà ce métier », lance-t-elle.

Une amitié née de l’élevage

Margot Huss a participé pour la première fois à un concours d’animaux d’élevage, il y a sept, huit ans. L'année dernière, après une longue pause et un passage par l’école des jeunes présentateurs, elle retente l’expérience, d’abord à Brumath, puis à Agrimax, où elle participe notamment au concours de présentateurs, baptisé ShowmanShip. C’est durant ces concours, auxquels Loriane Erb participait également, que les deux jeunes femmes se sont liées d’amitié. Cette année, c’est donc ensemble qu’elles vont participer au concours des jeunes présentateurs le samedi, et au concours holstein le dimanche, avec les trois mêmes génisses : Taie, Tantine et Tidina, une fille de Dynastie, « une vache qui a déjà été distinguée à Brumath », précise Loriane Erb. Les trois génisses viennent du Gaec de la Cigogne à Wolfisheim, où Loriane Erb a travaillé durant un an, et où Margot Huss a contracté le virus de l’élevage.

Pour les deux jeunes femmes, plus qu’une hypothétique victoire, c’est le fait de participer qui compte. « Ce que j’aime dans les concours c’est le contact avec les animaux, l’ambiance, l’expérience, et de pouvoir se retrouver avec des amis, des gens avec qui on partage la même passion », indique Loriae Erb. Les deux jeunes femmes ont nénanmoins mis toutes leurs chances de leur côté : elles travaillent quasiment tous les jours avec leurs génisses depuis le 1er avril. « Nous leur mettons un licol, nous les faisons marcher, nous les lavons… », décrit Loriane Erb. Objectif : être les plus belles pour aller à Brumath !

 

 

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