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Bérengère de Butler

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Assemblée générale

Alsace Qualité change de tête

Vie professionnelle

Publié le 18/06/2019

Ce n’est plus un vent de renouveau. C’est un ouragan de changements qui a été acté au cours de l’assemblée générale d’Alsace Qualité, vendredi 14 juin. À la présidence d’abord. Jean-François Vierling, qui a assuré cette mission pendant 18 ans, a été remplacé par Jean-Michel Schaeffer. À la direction, ensuite. Après le départ de l’ancienne directrice, Bénédicte Dubois, il a été décidé de mettre à disposition un salarié de la Chambre d'agriculture pour assurer cette fonction. Une manière de conforter le lien déjà très étroit qui uni les deux structures. Et c’est à Régis Huss que cette mission a été confiée. Toujours dans les ressources humaines, Marie Denizot a été embauchée en tant que chargée de mission dédiée à la marque Savourez l’Alsace - Produit du terroir.

Côté résultats, Alsace Qualité n’a pas à rougir. 2018 a été marquée par l’obtention de l’IGP choucroute Alsace. Un dossier de longue haleine, qui a occupé les équipes d’Alsace Qualité durant deux décennies. Deux nouveaux cahiers des charges label rouge ont été homologués. Un pour le poulet jaune fermier élevé en plein air et l’autre pour le poulet noir fermier élevé en plein air. Enfin, Alsace Qualité a accompagné 17 viticulteurs de l’association Terra Vitis Alsace dans leur dossier de certification collective HVE de niveau 3. Il s’agit d’une des premières certifications collectives, qui plus est avec un niveau d’exigence très élevé. Un motif de grande fierté pour les salariés d’Alsace Qualité.

Année record pour les formations

Autre source de satisfaction, le nombre d’adhérents à Alsace Qualité s’est stabilisé. À 164 entreprises. Mais surtout, Elles adhèrent plus aux services proposés par l’association. Illustration : le taux de participation aux journées de formations a bondi de 135 % ! Une « preuve de la confiance que les entreprises membres accordent à Alsace Qualité », se félicite Jean-Michel Schaeffer. Et qui « reflète la qualité du service proposé », appui Régis Huss.

Par ailleurs, de vastes chantiers se profilent. « Nous allons devoir accompagner les entreprises dans la mise en œuvre des dispositifs issus de la loi Egalim », indique Jean-Michel Schaeffer. En effet, au 1er janvier 2022, les repas servis en restauration collective dans les établissements chargés d’une mission de service public devront compter 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits biologiques. Il va donc falloir travailler l’achat des produits sous signes de qualité en restauration collective. Un sujet complexe puisque ces marchés sont aussi soumis au droit de la concurrence européen.

Ademe Grand Est

Moins de métha, plus de chaleur fatale

Pratique

Publié le 06/06/2019

L’Ademe participe, en tant qu’opérateur de l’État, à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. En 2018, l’Ademe Grand Est a engagé plus de 300 contrats pour un montant de 54 millions d’euros (M€) d’aides à la réalisation de projets de transition énergétique. Soit 10 % du budget national d’intervention de l’Ademe.

Pour 2019, l’Ademe Grand Est a décidé d’accompagner les acteurs locaux dans une transformation de leurs activités afin de répondre aux enjeux de la transition écologique et énergétique. Elle oriente ainsi ses subventions vers des investissements vertueux, grâce aux différents fonds d’intervention qui lui sont confiés par l’État (fonds chaleur, fonds déchets, fonds air mobilité et fonds pour les projets investissement d’avenir).

Porter la transition écologique

Dans le cadre du contrat d’objectif 2016-2019 fixé avec l’État, l’Ademe renforce son action en faveur de la transition écologique. Cela se traduit notamment par l’augmentation du fonds chaleur de 215 M€ à 307 M€, et le déploiement du label Cit’ergie, une labellisation européenne qui récompense les villes pour leurs politiques climat-air-énergie ambitieuse. À ce jour, 30 collectivités de la région Grand Est sont engagées dans la démarche. Et l’Ademe continue d’initier des partenariats. Après l’accord signé avec la CCI Grand Est en 2018, un autre devrait être signé en 2019 avec la chambre régionale de métiers.

 

 

Pour atteindre les objectifs nationaux, la direction régionale Grand Est de l’Ademe a défini quatre axes prioritaires pour 2019.  Territoires durables (mobilité, qualité de l’air, reconversion des friches industrielles) ; transition énergétique (développement des énergies renouvelables, création des réseaux de chaleur, production d’hydrogène renouvelable) ; économie circulaire (éco-conception, économie de la fonctionnalité/coopération, écologie industrielle) ; bâtiment (rénovation énergétique et développement du réseau conseil énergie partagé). Pas de trace de la méthanisation.

La méthanisation vole de ses propres ailes

L’Ademe soutient le développement de la méthanisation depuis 2004. Avec des aides financières à la réalisation des projets. Soutien qui, pour l’ensemble du Grand Est, a concerné 219 réalisations ou projets en cours pour un montant de subventions cumulé de 77 M€ et 218 emplois créés. Désormais, la filière arrive à maturité. Les projets « standards » trouvent leur rentabilité avec les mécanismes d’obligation d’achat de l’énergie. « Avec le prix de rachat du gaz, on atteint un équilibre économique », précise Jérôme Betton, directeur régional de l’Ademe Grand Est.

Le développement de projets nouveaux est essentiellement soumis à un besoin d’apport financier, notamment en fonds propres dans la phase de démarrage. « Cela ne relève plus de la responsabilité de l’Ademe », constate Jérôme Betton. La filière est structurée, les bureaux d’études et les fournisseurs de matériels se sont professionnalisés et organisés… Dès lors l'agence étudie les modalités pour faire évoluer progressivement les soutiens financiers vers l’accompagnement de l’innovation et le soutien aux projets plus risqués.

« L’Ademe privilégie le soutien aux projets où il existe un risque »

« Il s’agit d’équilibrer les subventions allouées aux différentes formes d’énergie renouvelables. Certains projets sont plus risqués que d’autres, comme la récupération de la chaleur fatale produite par une usine pour chauffer une collectivité. Or l’Ademe privilégie le soutien aux projets où il existe un risque technique susceptible de compromettre sa durabilité », explique encore Jérôme Betton. En matière de récupération de chaleur fatale, le Grand Est a un gros potentiel. « Ces projets sont risqués, mais ils ont du sens », appuie Jérôme Betton. Il s’agit de valoriser une chaleur qui serait perdue sinon. Tout en soutenant l’activité économique locale. Pour autant le sujet de la méthanisation n’est pas définitivement clos pour l’Ademe : « Il s’agit notamment de déterminer jusqu’où on peut aller en préservant l’alimentation humaine et animale ».

Cristal Union

Le monde magique n’existe pas

Vie professionnelle

Publié le 02/06/2019

Âcre. C’est la saveur qui s’est dégagée de cette assemblée générale. En avril, le groupe Cristal Union annonçait la possible fermeture des sucreries de Bourdon, dans le Puy-de-Dôme, et de Toury, dans l’Eure-et-Loir, ainsi que la réduction de l’activité de conditionnement d’Erstein, laissant des salariés et des planteurs sur le carreau. Un coup dur pour les betteraviers. Ceux des deux usines concernées par des projets de fermeture bien sûr, mais aussi pour ceux d’Erstein. Car Bourdon, Toury et Erstein sont les trois plus petites unités du groupe. Les planteurs d’Erstein ont des raisons légitimes d’avoir froid dans le dos. « La confiance s’est perdue. Le doute s’est installé. C’est un coup qui reste en travers de la gorge », témoigne l’un d’eux.

Produire pour saturer les outils industriels

Les dirigeants de Cristal Union, l’ont donc affirmé en long, en large et en travers : il n’est pas question de fermer Erstein. À condition que les producteurs continuent de produire des betteraves pour que l’usine tourne à plein régime. Alain Commissaire, directeur général, n’est pas là pour raconter des histoires : « Nous n’avons pas envie de fermer le site d’Erstein. Mais nous ne pouvons pas non plus admettre qu’un site perde systématiquement de l’argent. Le monde a changé, la compétition a changé. Il faut s’y adapter. Et vite. Le projet d’Erstein était basé sur une surface de 8 000 ha, je le rappelle, or cette année la surface a baissé de 15 %… Il n’y a pas de monde magique, il y a des chiffres et des objectifs. Et la solidarité ne fonctionne que si elle est jouée par tout le monde. Nous, nous avons besoin de betteraves. » Ça, c’est dit.

Bruno Labilloy, directeur agricole, abonde : « Il est important de saturer les outils industriels, donc de maintenir les surfaces ». Et Gérard Lorber insiste : « L’objectif est de produire un maximum de betteraves pour faire tourner l’usine. » Il sait que c’est compliqué, avec la cercosporiose, mais il est « confiant dans le progrès génétique ». Il sait aussi que 22 €/t de betterave ne constitue pas une rémunération suffisante. Mais il rappelle : « Ce n’est pas figé dans le marbre. » Les producteurs en ont conscience. Mais ça n’enlève pas grand-chose à leurs inquiétudes : « La délocalisation n’est-elle pas une erreur stratégique alors qu’il y a des marchés de niche à satisfaire ? », s’interroge Julien Koegler, président des Jeunes Agriculteurs. Un autre enchaîne : « On ne peut plus continuer à produire à ces tarifs. Cela fait trois ans que je prends le bouillon. Mais je continue à faire l’effort de produire de la betterave, car je sais que si l’usine devait fermer, elle ne reviendra plus. Je joue le jeu de la solidarité. Mais j’espère qu’il y aura un retour. »

Des décisions douloureuses dans l’intérêt général

Olivier de Bohan, président du groupe, prend plus de pincettes que son directeur général. « J’ai la conviction que nous allons y arriver. Mais nous n’y arriverons pas seul. Les deux camps doivent être rassurés. La coopérative est le prolongement de l’exploitation. » Tous dans la même galère, en somme. Il affirme aussi : « Ce n’est pas parce que nous sommes une coopérative que nous ne devons pas prendre de décisions. Nous avons été capables d’en prendre. Elles sont douloureuses pour tout le monde. Mais elles relèvent de l’intérêt général. Car si nous ne nous mettons pas en ordre de marche nous nous affaiblissons collectivement. ». Il rappelle : « Tous les groupes sucriers sont dans le rouge. Il s’agit de prendre les décisions qui nous permettront de rebondir lorsque la situation s’améliorera. » À ceux qui verraient derrière ces restructurations le reflet de l’âpreté au gain des industriels, il rétorque qu’elles sont « les conséquences de politiques nuisibles à l’agriculture » et qu’il s’agit dès lors de se demander « quelles sont les décisions qui ont été prises qui ont conduit à ça. Et lesquelles prendre pour que ça ne se reproduise plus ».
Avec les fermetures annoncées de Bourdon et Toury, Erstein devient la plus petite unité de production de sucre de France, mais « elle est et restera la plus grande alsacienne », conclut Gérard Lorber.

Niess Agriculture

Portes ouvertes sur l’élevage du futur

Élevage

Publié le 29/05/2019

Situé à Hoffe, le troupeau du Gaec du Seltzbach, dirigé par Didier Braun, est constitué de 110 vaches laitières.

Une taille critique pour une salle de deux rangées de six postes. C’est ce qui a décidé les éleveurs à investir dans un nouveau système de traite : « Nous avons hésité entre une nouvelle salle de traite, ou des robots », rapporte Didier Braun. Finalement, ils optent pour la deuxième option, surtout parce que « la configuration du bâtiment, et le système de circulation des animaux s’y prêtaient mieux, pour un investissement identique », indique Didier Braun. Il a choisi le nouveau robot de traite DairyRobot R9500 de GEA : « Je l’ai trouvé bien pensé, avec derrière l’assurance d’un grand groupe ainsi que la réactivité et la compétence d’un concessionnaire local ». Le robot fonctionne depuis janvier dernier. Sans qu’aucun pépin majeur ne soit à déplorer. En outre, les éleveurs en ont profité pour réaménager le bâtiment. Les vaches n’ont accès à l’aire d’attente au robot que si elles ont besoin d’être traites. Après la traite, elles sont redirigées soit vers le troupeau soit vers un box de séparation. Les éleveurs ont donc gagné du temps : « Nous ne sommes plus obligés d’aller les chercher dans le troupeau ». Enfin, les travaux ont permis d’aménager une aire paillée réservée aux vaches fraîchement vêlées.

Qualité de lait sécurisée

Principale nouveauté de ce nouveau modèle de robot mis sur le marché en 2017 : toutes les étapes de la traite s’enchaînent dans le même manchon, de la traite proprement dite au lavage et au trempage, sans jamais débrancher le manchon. Le risque de contaminations croisées entre les quartiers est donc considérablement réduit. Le branchement des manchons s’effectue rapidement depuis un bras mobile électrique grâce à un système de caméra 3D. Comme il n’y a qu’un branchement par vache et que le bras est libre et suit les mouvements de l’animal, la consommation d’électricité est réduite. La structure du robot a été repensée pour gagner en compacité et en sécurité. « L’ensemble des interventions peuvent se faire depuis l’arrière pour éviter les coups de pattes », décrit Florent Hérion, de la société GEA. Avec 110 vaches les deux robots sont à 70 % de leur capacité, ce qui permet de préserver le confort de travail de l’éleveur. Florent Hérion préconise de ne pas dépasser 70 à 75 vaches par stalle. Chaque robot est équipé d’un écran tactile donnant en temps réel une foule d’informations : nom et numéro de la vache, quantité de lait attendu, pourcentage de réalisation, durée de la traite, quantité d’aliment à laquelle elle a droit, mesures de conductivité, de température, de colorimétrie, quartier par quartier, ce qui permet de n’écarter que le lait issu de quartiers présentant un défaut. À noter que le robot DairyRobot R9500 peut être équipé du compteur cellulaire Dairy Milk M6850, capable de compter les cellules quartier par quartier, sans consommables. Retrouvez notre reportage vidéo sur ce robot de traite :

De la vache au cloud

Le robot de traite GEA s’accompagne d’un système de détection de chaleur, fonctionnant grâce au même collier. Pour gérer tout ça, les éleveurs sont équipés d’un portail internet dédié à la gestion du robot, Farmview, et d’un autre, CowScout, pour la gestion des chaleurs. Il est aussi possible de télécharger des applications. Pour faciliter la vie des éleveurs, GEA a aussi développé un logiciel de Herd Management, qui compile les données issues des colliers et du robot, dont la quantité de concentré ingérée par vache. « C’est un logiciel pertinent, mais qui gagnerait à être modernisé, pour être plus visuel », constate Paul Revet, de GEA.

C’est en ce sens que GEA a intégré le projet 365FarmNet, un logiciel agricole qui permet de gérer toute l’exploitation depuis une seule interface. Initié en 2013, le projet se déploie depuis deux ans en France, où un millier d’agriculteurs ont créé un compte. Il s’agit d’un outil full web, fonctionnant par modules : gestion du troupeau, du parcellaire… Une fois son compte créé, l’agriculteur doit paramétrer son exploitation, éventuellement en récupérant les données de Télépac. Il a alors accès gratuitement à un système d’enregistrement des pratiques. À cela s’ajoutent des modules payants, qui recouvrent une multitude d’outils d’aide à la décision, développés par les 35 partenaires du projet (constructeurs, semenciers…). Ces modules payants peuvent n’être activés et facturés que pour quelques mois. Inutile de payer une application de pilotage de la fertilisation azotée toute l’année, alors qu’elle ne sert que quelques mois. Au fil du temps, le logiciel 365FarmNet s’enrichit de nouveaux partenaires, avec pour objectifs de faciliter les échanges de données, tout en les sécurisant, et d’éviter des saisies multiples. Retouvez plus d'informations sur la chaîne YouTube de 365FarmNet :

 

Balades Élevages et Paysages

Éleveurs et bâtisseurs

Vie professionnelle

Publié le 09/05/2019

Les éleveurs sont des bâtisseurs de paysage. Même s’ils n’en ont pas toujours conscience, puisque ces prairies sont leur lieu de travail. C’est ce que les participants aux balades commentées par Arnaud Hachon, conférencier-paysagiste, ont pu découvrir, dimanche 28 avril. Paysagiste de profession, il est aussi formateur à l’École d’horticulture et de paysage de Roville-aux-Chênes, dans les Vosges. La balade, qui fait un arc de cercle autour de la ferme du Jodie, dure une heure pour à peine un kilomètre. C'est que de nombreuses pauses sont prévues sur le parcours.

 

 

Première étape, sous un ciel légèrement menaçant. « C’est quoi, pour vous, un paysage ? », interroge Arnaud Hachon. Quelques timides réponses de la part de l'auditoire. Le guide affine : un paysage est constitué d’éléments concrets, physiques, comme le relief, mais aussi d’éléments qui le sont moins : les odeurs, les bruits… Une moto pétarade dans la vallée. Le groupe s’esclaffe. Arnaud décrit le panorama qui s’étale sous les yeux des promeneurs : « Il s’agit d’un paysage vallonné, agroforestier. Partout où la mécanisation est possible il y a des cultures, sinon des boisements. »

Ouverture des paysages

Un paysage, c’est aussi le reflet d’une époque. En 1886, le ban de Steige comprenait 200 ha de forêt, contre 800 ha actuellement. Une tendance qui reflète l’exode rural d’après-guerre. « Il fallait reconstruire le pays, les hommes ont préféré planter des arbres sur ces terres difficiles à cultiver, pour aller travailler en ville. Les vallées se sont enrésinées, sont devenues plus sombres, plus humides, moins attractives. » Actuellement la tendance s’inverse, sous l’effet d’une volonté politique de réouverture des paysages. Une mue paysagère qui s’opère grâce au bétail, qui entretient les nouvelles pâtures.

Puis, le conférencier invite à observer la végétation environnante. Il désigne une espèce d’orchidée sauvage, dont le biotope est intimement lié à l’élevage. Il fait observer un alignement de ces orchidées sous une clôture. « Elles fonctionnent comme des couloirs écologiques », souligne-t-il. Et ce n’est pas tout. Pour abreuver leurs animaux, les éleveurs disposent des points d’eau dans les pâtures, qui sont autant de niches écologiques. Tout comme les bouses, « qui nourrissent des insectes ».

Deuxième étape, un peu plus haut, et sous un léger crachin, Arnaud Hachon donne l’étymologie de Steige : « C’est un nom qui vient de l’Allemand, qui veut dire sentier étroit et escarpé. ». Le nom correspond bien à la commune. Ses maisons s’étirent le long de la route qui relie l’Alsace et la Lorraine. Une particularité qui se retrouve dans l’habitat, mêlant des éléments architecturaux typiquement alsaciens et lorrains. Sous une pluie devenue battante, il informe : « A Steige, il y a beaucoup d’eau, on compte pas moins de 11 fontaines. »

Des paysages façonnés par l’histoire

Avant d’aller se mettre à l’abri - relatif - des frondaisons forestières, petite halte devant une haie, « c’est une clôture naturelle, avec du sureau, du noisetier, des ronces, qui fournissent de quoi nourrir oiseaux et rongeur, et qui fonctionne comme un corridor pour leur permettre de se déplacer à l’abri des prédateurs ». Juste en face affleure la roche-mère, du schiste, une roche métamorphique. Ici elle donne naissance à une formation très particulière : « les schistes de Steige ».

Puis le groupe débouche sur une clairière. Heureusement l’averse est terminée. Autrefois un hagis, la plaine a été déboisée. « Avec le changement climatique, l’épicéa est de moins en moins adapté au contexte local. On voit plein de sujets qui souffrent de la sécheresse, qui sont attaqués par les scolytes… » Devant une pousse d’Alchémille commune, Arnaud Hachon évoque la « mémoire du sol », qui n’est autre que son stock semencier. Lorsqu’une parcelle d’épicéas est déboisée, le sol est remué et les graines qui étaient en dormance germent, et la végétation reprend ses droits.

Il ne reste plus qu’à dévaler la pente qui débouche derrière l’étable de la ferme du Jodie, à suivre les effluves du stand de grillades, et à se revigorer au contact de quelques timides rayons de soleil.

Houblon

Irriguer pour sécuriser

Technique

Publié le 23/04/2019

À l’EARL Pfister, l’irrigation n’est pas une nouveauté : maïs et luzerne sont arrosés depuis plusieurs années par aspersion. Avec des enrouleurs ou de la couverture intégrale. Mais la crise houblonnière a rebattu les cartes chez les frères Pfister de Wingersheim. La variété strisselspalt - sensible au stress hydrique - a dû être implantée sur 9 ha de sols sableux, « des parcelles qui posaient déjà des problèmes de rendement par le passé, avec des petits cônes et des bas de lianes dégarnis », note Yves Pfister. La décision d’irriguer est donc prise. Mais il a d’abord fallu investir dans un groupe d’irrigation. 5 000 € environ. Ce qui a repoussé la mise en service d’un an. La première année d’irrigation, 2017, a été très sèche, ce qui a confirmé la pertinence du projet. « Nous avons gagné 5 q/ha par rapport à ce qu’on obtenait habituellement, rapporte l'agriculteur. Ça représente un gain de 1 500€/ ha pour un houblon à 300 €/q. » Cerise sur le gateau, la teneur en acide alpha était aussi meilleure.

Ces 9 ha se répartissent entre deux parcelles de 4,5 ha chacune. L’une est équipée d’un hydrant à proximité, ce qui permet d’accéder à l’eau du réseau. Pour l’autre, les agriculteurs ont une autorisation de prélever jusque 6 m3 d’eau par heure dans un fossé. Une solution qui présente deux inconvénients : « Il a fallu investir dans un filtre à sable, et il peut y avoir un arrêté préfectoral d’interdiction de prélèvement. » Ça n’est encore jamais arrivé, mais Yves Pfister voit les années sèches s’enchaîner avec une pointe d’inquiétude. Le reste du système d’irrigation est similaire dans les deux parcelles : une veine principale amène l’eau de la pompe aux gaines de goutte-à-goutte jetables posées sur chaque rangée de houblon. Pour la parcelle de 4,5 ha équipée d’un filtre à sable, Yves Pfister estime l’investissement de 3 000 à 4 000 €/ha, dont 100 à 110 €/ha de gaines jetables, à renouveler chaque année.

Un pilotage empirique, mais pragmatique

Bien que les Pfister ne soient pas des néoirrigants, ils ont tout à découvrir en matière d’irrigation du houblon. « C’est très difficile de savoir quand commencer à irriguer, car il n’y a pas d’outil fiable à disposition. Il faudrait équiper les parcelles de tensiomètres, mais lesquels ? » Le houblon a en effet un système racinaire bien plus développé que la plupart des cultures annuelles, ce qui lui permet d’accéder à une ressource en eau plus importante. Du coup, Yves Pfister a mis au point son propre critère de décision, empirique certes, mais qui a le mérite d’être pragmatique. « Quand le maïs commence à faire le poireau, j’attends encore quatre à cinq jours et, s’il ne pleut pas durant ce laps de temps, je commence à irriguer le houblon. » À raison d’un passage de 20 mm, tous les 8 à 10 jours sans pluie.

Avec le système actuel de goutte-à-goutte, Yves Pfister arrive à irriguer 1 ha en 24 h. Et il ne compte pas en changer. Car comme il y a moins d’évaporation qu’avec l’aspersion, la consommation d’eau est modérée. En outre, le feuillage n’est pas mouillé, donc le risque cryptogamique n’est pas exacerbé. Et comme les gaines sont positionnées sur la butte, elles ne gênent pas les interventions. « Enfin, comme je suis limité à 6 m3/h de prélèvement, ça restreint les choix », constate-t-il. C’est aussi cette restriction qui l’oblige à irriguer de jour comme de nuit, pour tenir la cadence, mais « comme la houblonnière crée de l’ombre, ça modère l’évaporation », estime-t-il. Même la manutention liée au système goutte-à-goutte ne lui semble pas si chronophage. « Il faut compter 1 à 2 h/ha pour la pose et le raccordement, et autant pour enlever le tout. Après, il y a de la surveillance au quotidien : je passe tous les matins dans les parcelles pour vérifier qu’il n’y a pas eu de fuite, d’acte de vandalisme… »

Confortés dans le bien-fondé de l’irrigation, les houblonniers vont passer en 2019 de 9 à 15 ha de houblon irrigués, surtout des variétés tardives (strisselspalt, aramis, mistral, barbe rouge…), qui valorisent le mieux l’irrigation. Même si, constate Yves Pfister, « quelle que soit la variété, l’irrigation représente une sécurité, car cela permet de sauver une récolte, donc de couvrir les charges ».

 

 

 

 

Médecines vétérinaires alternatives

Encourager et encadrer

Élevage

Publié le 23/04/2019

Homéopathie, acupuncture, ostéopathie, aromathérapie, phytothérapie… La liste des médecines non conventionnelles (aussi appelées médecines alternatives, naturelles, douces…) est longue. Et elles ne sont pas réservées aux humains. Les animaux aussi ont droit à des pratiques thérapeutiques non conventionnelles. Et les éleveurs y ont même de plus en plus recours. Effet de mode ? Pas vraiment. « Il y a des effets », affirme Catherine Lutz, vétérinaire qui met parfois en œuvre des traitements alternatifs, notamment à base de plantes. Après tout, c’est ce que les éleveurs utilisaient avant l’essor des médicaments de synthèse, dont certaines matières actives copient ou s’inspirent d’ailleurs largement de molécules naturelles.

Contrer l’antibiorésistance

Si la vétérinaire met en place ces traitements alternatifs, c’est qu’il y a « une demande des éleveurs », constate-t-elle. Plusieurs raisons peuvent être invoquées pour expliquer cette tendance. La première, c’est la volonté d’économiser des frais vétérinaires. Et c’est une bonne raison, estime Catherine Lutz, bien placée pour savoir que les vétérinaires ruraux se font rares, et qu’il est dès lors profitable aux éleveurs de pouvoir soigner les petits bobos eux-mêmes. En outre, les « médicaments alternatifs » sont en général moins chers et utilisés à faibles doses.
 
La deuxième raison : agir en préventif et « c’est très bien, estime Catherine Lutz, c’est même l’objectif de ces techniques ». Prendre le mal à la racine, avant qu’il ne s’installe. La troisième, c’est que les antibiotiques ne sont plus aussi efficaces qu’il y a quelques années. Les éleveurs et les vétérinaires le constatent : il y a des cas de résistance. Pourquoi ? « Les antibiotiques ont été mal utilisés, en systématique, en préventif, avec des posologies inadaptées… Or sous-doser un antibiotique, c’est un peu comme vacciner la bactérie contre la substance active. Il est aussi important de bien respecter la durée des traitements, pour bien éradiquer les bactéries pathogènes », détaille Catherine Lutz. Car l’usage inapproprié des antibiotiques favorise le phénomène d’antibiorésistance, un phénomène naturel par lequel des bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques par des phénomènes de mutation, d’acquisition de gènes de résistance… « C’est une préoccupation majeure en termes de santé publique », informe Catherine Lutz.

Naturel mais pas inoffensif

Pour contrer ce phénomène, l’État a mis en place un plan Écoantibio. Il a d'abord abouti à la réduction de la consommation d’antibiotiques. Désormais le plan est entré dans une deuxième phase. Elle consiste entre autres à développer les mesures de prévention des maladies infectieuses et faciliter le recours aux traitements alternatifs. Il y a encore du pain sur la planche. À commencer par la formation des vétérinaires : « Les médecines alternatives ne sont pas enseignées dans le cursus de formation », indique Catherine Lutz. Conséquence : les professionnels manquent de références, de méthodologie. Pourtant, il en faut. Car qui dit « naturel » ne dit pas « inoffensif ». Les huiles essentielles, en particulier, contiennent des molécules aux effets puissants, potentiellement toxiques. Il faut donc savoir les utiliser.

Des freins

Mais les choses bougent. Il existe des protocoles de traitements validés par des vétérinaires et « un groupe de travail a été créé pour harmoniser les pratiques », informe Catherine Lutz. Cependant des freins subsistent. L’État, qui d’un côté incite à « faciliter le recours aux traitements alternatifs », veut aussi protéger les citoyens du charlatanisme qui n’est jamais bien loin. La réglementation est donc stricte et les praticiens marchent sur des œufs.
 
En outre les « médicaments alternatifs » sont aussi moins standardisés. Les produits à base de plantes n’ont pas strictement la même composition en fonction du millésime, du lieu de production… Théoriquement, il faudrait donc analyser ces produits pour vérifier leur composition. Car, si elle est défaillante, l’efficacité du traitement peut être altérée. Il s’agit aussi de reconnaître les limites de ces médecines et des compétences des vétérinaires et des éleveurs. « Les vétérinaires ne peuvent pas maîtriser toutes ces médecines, observe Catherine Lutz. Et il faut savoir distinguer ce qui marche vraiment de ce qui relève du charlatanisme. »

Portes ouvertes chez Alsaterr

Technique, bonnes affaires et convivialité

Vie professionnelle

Publié le 29/03/2019

Le concessionnaire Alsaterr, spécialisé dans le commerce de matériels agricoles et forestiers, organise chaque année un week-end portes ouvertes, en alternance sur son site de Dannemarie et d’Ittenheim. Cette année, c’était le tour d’Ittenheim. Au programme, de la convivialité, avec une tombola, une buvette et des tartes flambées fabriquées par les Jeunes Agriculteurs du canton, ainsi qu’un parcours en quad. De bonnes affaires aussi, avec des promotions, conditions spéciales et prêts à taux 0 % sur les tracteurs.

Et plein de belles machines à découvrir, comme le matériel viticole de la marque Rinieri, la nouvelle scie circulaire semi-automatique Sciomat, de marque AMR, une scie semi-professionnelle au tarif très attractif de 3 950 € HT. Une présentation de la gamme complète des équipements Kubota : tracteurs, fenaison, presse, pulvérisation, travail du sol. Mais aussi Maschio Gaspardo, CAT, Yamaha, Suy, Quivogne…

Une benne robuste et étanche

Depuis peu, Alsaterr commercialise la marque de remorques Chevance. Ce jour-là, une benne de modèle 1530 (pour 15 tonnes de capacité et 30 m3 de volume) était présentée par Zakaria Elfane, inspecteur commercial. Il décrit une benne fabriquée en acier suédois, avec un seul panneau par côté pour réduire les soudures, un châssis en profilé pour plus d’élasticité sur route, des montants qui assurent résistance, solidité et compacité. Le vérin est positionné sur l’essieu arrière pour assurer la stabilité lors du bennage. La porte, également monobloc, est équipée d’un joint qui en fait tout le tour afin d’assurer une étanchéité optimale, pour ne pas perdre de grains, y compris les plus petits comme le colza. La flèche avant, le porte-verin, le pare-chocs et les bras de porte sont en acier domex extra HLE. Les verins de porte à double clapets pilotés sont toujours protégés par les bras de porte. Selon les modèles, cette benne accepte de 11 à 24 t de charge utile.

Épandeur Sniper : l’épandage en plein dans le mille

Autre outil présenté, l’épandeur Sniper, « qui fonctionne comme un épandeur d’engrais », annonce Zakaria Elfane. Il est équipé d’une centrale hydraulique, d’un système de pesée, du débit proportionnel à l’avancement (DPA), d’un tablier accompagnateur, de volets de bordure. Entièrement fabriqué en Domex, il pèse 6 t à vide. « Il suffit de renseigner la quantité d’effluent à épandre par hectare et la largeur d’épandage dans le boîtier, et les réglages se font automatiquement pour respecter les consignes », explique Zakaria Elfane.

Grâce à plusieurs caractéristiques, le Sniper est un épandeur très polyvalent capable de distribuer aussi bien de la fiente que du fumier sans modification. Il y a d’abord le tablier accompagnateur, qui permet d’alimenter les hérissons avec une grande régularité. Puis les hérissons eux-mêmes, qui sont à la fois larges (1 020 mm de diamètre), équipés de 56 couteaux et 24 marteaux libres qui éclatent la matière et permettent de la projeter plus loin.

Asperges d’Alsace

Une précocité exceptionnelle

Cultures

Publié le 28/03/2019

Depuis une dizaine de jours, les premières asperges d’Alsace pointent le bout de leur nez dans le secteur de Hœrdt, qui bénéficie de terres sableuses, aérées et se réchauffant vite. Par rapport aux années précédentes, les asperges sont donc en avance. De presque dix jours. Une précocité qui s’explique par la météo, avec un hiver peu pluvieux, voire ensoleillé en févier, qui a permis aux producteurs de préparer la saison (buttage, paillage) dans des conditions de travail optimales. « Les buttages ont été effectués tôt et les paillages sont en place depuis un mois », rapporte Emmanuel Dollinger, producteur à Hœrdt. Les paillages que les agriculteurs utilisent pour booster la pousse des asperges ne fonctionnent vraiment bien que quand il fait beau et chaud. « Et ce sont justement les conditions dont on bénéficie actuellement », se félicite Emmanuel Dollinger.

Actuellement, les buttes d’asperges de Thierry Riedinger, producteur à Hœrdt, sont recouvertes d’un paillage thermique de 25 µm, lui-même recouvert d’une deuxième couche de bâche, qui réchauffe la terre entre les buttes, afin de gagner encore quelques degrés. Objectif : « Emmagasiner de la chaleur dans le sol en journée. Et l’y garder la nuit », décrit-il. Car pour que les asperges émergent, le sol doit atteindre une température de 11 à 13 °C à 40 cm de profondeur. Le forçage consiste à accélérer l’augmentation de température dans le sol, pour hâter l’émergence des turions. Pourquoi ne pas attendre que les asperges arrivent à leur rythme : « Nous devons répondre à la demande du consommateur, qui veut manger des asperges de plus en plus tôt, et étaler la campagne de production, pour valoriser au mieux la production », argumente Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace (APAA).

Faire durer le plaisir

Cette phase de forçage ne concerne que les variétés précoces. Pour les autres, demi-tardives et tardives, les objectifs sont différents, donc la conduite aussi. Cette fois, il s’agit de réguler leur croissance, voire de la retarder pour faire durer la saison des asperges. Les variétés demi-tardives sont couvertes de plastiques noirs qui attirent la chaleur, mais moins que le paillage thermique. Ils sont imperméables aux rayonnements lumineux, ce qui, en bloquant la photosynthèse des turions garantit la blancheur des asperges, chère au consommateur. Les variétés tardives sont au contraire couvertes de bâches blanches, qui rejettent la chaleur, pour retarder leur pousse.

Mais les nuits sont fraîches et les asperges poussent encore au ralenti. Actuellement, au prix d’une marche de 5 km dans les aspergeraies, il est possible de récolter quelque 30 kg d’asperge par hectare en une journée. Un chiffre qui sera multiplié par cinq dans quelques jours, lorsque les aspergeraies seront entrées en pleine production. Et qui explique aussi le tarif de ces toutes premières asperges : quelque 14 €/kg. Pour récolter un hectare et conditionner sa production, il faut compter une personne et demie. La production d’asperges est donc gourmande en main-d’œuvre et, d’année en année, les producteurs peinent à recruter. Plusieurs raisons à cela. Il s’agit de travaux physiques et de plein air, notamment la récolte. Les conditions de vie et de salaire dans les pays de l’Est se sont significativement améliorées, et il devient donc de plus en plus difficile d’attirer cette main-d’œuvre en Alsace. Pour trouver des salariés, les producteurs doivent donc les payer plus cher - « Ils gagnent plus que le Smic », précise Emmanuel Dollinger - et le répercuter sur le tarif des asperges.

De terre à table

Les premières asperges récoltées laissent augurer d’une bonne qualité. Pour ce qui est du rendement, il est encore trop tôt pour se prononcer. Une chose est sûre, les producteurs vont bénéficier d’un calendrier favorable, avec des fêtes de Pâques tardives, en concordance avec la période de production, tout comme plusieurs jours fériés en semaine. Par contre, la précocité alsacienne se vérifie aussi pour les autres bassins de production (Landes, Pays de Loire) et toutes ces asperges risquent d’entrer en concurrence sur les marchés de la distribution et de la restauration, ce qui se traduira inéluctablement par une baisse des prix. Aussi est-il important de rappeler qu’en choisissant des asperges estampillées « L’asperge d’Alsace », le consommateur achète un produit dont les règles de production sont soumises à un cahier des charges et régulièrement contrôlées par un organisme indépendant. « L’asperge est une culture qui ne reçoit aucun traitement avant récolte. Nous effectuons régulièrement des analyses de résidus de pesticides, et nous n’en avons jamais détecté », rapporte Philippe Sigrist.

Retrouvez la récolte et le conditionnement des asperges en images :

 

Cave de Cleebourg

Clero, une nouvelle cuvée saisonnière

Vigne

Publié le 24/03/2019

Vous ne le saviez peut-être pas, mais les Cleebourgeois sont des sangliers. Un sobriquet qu’ils doivent au fait qu’autrefois ils allaient à l’église en sabot. Un symbole qui leur est resté. Et que la cave de Cleebourg a décidé d’utiliser pour illustrer sa nouvelle gamme. Et tant qu’à faire honneur au village dont est issu leur vin, elle a décidé de baptiser cette nouvelle cuvée Clero, du surnom du village.

Frédéric Orth, directeur de la cave, raconte la genèse de Clero : « Nous étions en train de renouveler toute notre gamme d’étiquettes, mais nous n’étions pas emballés par ce que nous proposait l’agence de communication, alors nous nous sommes mis autour de la table en interne, et nous en avons discuté. » C’est ainsi qu’est née la gamme Clero : les pieds ancrés dans son terroir. Il est vrai qu’une agence de communication parisienne n’avait peut-être pas toutes les références nécessaires. Quoi qu’il en soit, ce renouvellement du packaging de la cave a été saisi comme une occasion de présenter de nouveaux produits.

Quatre vins pour quatre saisons

Avant Clero, la cave de Cleebourg proposait deux produits saisonniers : la cuvée Fleur de printemps, pour ouvrir le millésime. Et L’Aurore, un rosé pour l’été. À ces deux produits s’ajoute donc la cuvée Clero, ou plutôt les cuvées Clero, puisqu’après la version Randonneur - « un auxerrois mis en bouteille précocement, qui présente un côté floral, printanier », décrit Olivier Kreutzberger, le maître de chai -, il y aura Clero Baigneur, un frais rosé d’été qui sera lancé début mai, puis Clero Chasseur, un pinot gris à même d’accompagner les gibiers, et enfin Clero Skieur. « A priori, ce sera un assemblage, idéal pour accompagner les fêtes, les soirées aux sports d’hiver en famille ou entre amis », précise Olivier Kreutzberger, même s’il ne sait pas encore de quoi sera fait cet assemblage.

Désacraliser le vin

Le premier né de la gamme, le Randonneur donc, a clairement été motivé par le boom des marches gourmandes. « C’est un vin parfaitement adapté pour y prendre part », estime Frédéric Orth. Mais, avec Clero, la cave de Cleebourg s’adresse aussi clairement aux jeunes consommateurs. « Ils parlent comme ça, avec des diminutifs. Nous avons voulu faire une gamme de vins faciles à boire, simples et gourmands à la fois, avec pour objectif de désacraliser le vin. » C’est sûr qu’une étiquette avec un sanglier équipé de chaussures de marche, d’une chemise à fleurs et d’un rouk-sac, ça fait bien moins guindé qu’un château.

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