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Bérengère de Butler

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Crise agricole

La MSA aux côtés des agriculteurs et des salariés

Vie professionnelle

Publié le 05/10/2016

EAV/PHR : Depuis l’été 2015 et le début de la crise agricole, quelles ont été les mesures mises en œuvre par la Mutualité sociale agricole ? :

David Herrscher : En tout, 500 000 € ont été fléchés vers les agriculteurs en difficulté, dont 180 000 € prélevés dans le budget dédié aux actions sociales et sanitaires. Ces fonds ont bénéficié à 143 agriculteurs qui ont été identifiés en commission, de manière parfaitement anonyme et sur la base de critères économiques tels que le bilan, le compte de résultat, mais aussi la déclaration fiscale. En effet, cette aide reste une prestation sociale et familiale, et comme nos enveloppes sont plutôt en baisse, il était primordial de flécher ces aides vers les familles les plus en difficulté, donc considérer l’ensemble des revenus des foyers. Nous avons mené des actions de communication pour informer les exploitants agricoles de la possibilité qui leur était donnée d’échelonner le paiement des cotisations sociales. Une incitation qui a porté ses fruits puisque de 2014 à 2015 nous avons enregistré une hausse de 30 % des échéanciers de paiement. Nous avons également mis en œuvre les mesures prises au niveau national, c’est-à-dire appliqué le calcul des cotisations sur l’année n-1 pour les agriculteurs dégageant un revenu inférieur à 4 184 € et qui en ont fait la demande, ce qui a représenté quelque 650 dossiers en Alsace. Mises bout à bout, ces mesures ont représenté 15 M€ de baisse de cotisation en Alsace, soit 15 M€ qui sont restés dans la trésorerie des exploitations agricoles alsaciennes. Au-delà des mesures économiques, nous avons aussi rapidement créé une Commission filières. Paritaire, elle comprend des salariés, des employeurs et des exploitants agricoles. Sa mission est d’intervenir en amont des situations problématiques. Nous avons rencontré des acteurs du monde agricole (Copvial, Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Comptoir agricole, Coopérative agricole de céréales) pour discuter avec eux, mettre du liant, présenter ce que nous pouvons faire dans le cadre de cette commission. Nous avons par exemple proposé d’organiser des réunions d’information pour apprendre aux salariés de ces structures à réagir à bon escient face à des personnes en difficulté. Ce sera d’ailleurs aussi le thème d’un colloque que nous organisons le 15 novembre avec Vivea et qui s’adresse aux salariés de la CAA, des Centres de gestion, du Contrôle laitier…

EAV/PHR : Malheureusement la situation s’est encore aggravée en 2016…

DH : Oui, et personne ne pouvait le prévoir. Alors qu’en 2015, nous avions déjà instauré une baisse de trois points des cotisations sociales sur la branche famille pour les employeurs et les chefs d’exploitation sous certaines conditions, nous avons mis en œuvre dès le second appel à cotisation de 2016, soit vers le 15 mai, la mesure nationale de baisse de sept points des cotisations sociales ainsi que de baisse de l’assiette minimale de cotisation pour tous les exploitants agricoles. La mesure de calcul des cotisations sur l’année n-1 a été reconduite, avec cette fois un revenu maximal d’éligibilité de 4 248 € pour un nombre de bénéficiaires à peu près identique. Il est aussi possible d’étaler le paiement des cotisations sociales. Nous ne refusons aucun dossier. Néanmoins, bien que la situation économique s’aggrave et que s’y ajoute le dossier Copvial, notre enveloppe dédiée à la prise en charge des cotisations des agriculteurs en difficulté est en baisse. Nous avons procédé à des demandes de rallonge auprès du ministère de l’Agriculture qui ont pour l’instant été refusées. Mais nous allons réitérer notre demande en insistant sur les traces que laisse le dossier Copvial chez certains éleveurs, puisqu’il y a 3 M€ de créances auprès des éleveurs, certains étant plus touchés que d’autres. Avec 120 dossiers de prise en charge des cotisations des agriculteurs les plus en difficulté, notre enveloppe actuelle est quasiment entièrement consommée. Néanmoins, les agriculteurs qui rencontrent des difficultés doivent continuer à se faire connaître auprès de nos services parce que nous aurons sans doute de nouveaux crédits l’an prochain. Pour cela, ils doivent en discuter avec leur comptable, qui connaît les critères d’éligibilité à la prise en charge des cotisations sociales. Enfin, nous incitons les agriculteurs à faire des simulations ou à nous appeler afin de déterminer s’ils peuvent prétendre à la prime d’activité, qui s’élève en moyenne à 200 €/mois.

EAV/PHR : Vous avez aussi mis en place des mesures d’accompagnement social. Quelles sont-elles ?

DH : Oui, nous sommes passés de cinq à six conseillères sociales pour répondre à la demande qui est croissante. Elles ont beaucoup de travail sur le terrain, auprès des exploitants agricoles, mais aussi des salariés, en lien avec le plan de licenciement lié au dossier Copvial qui concerne quelque 70 personnes. Nous sommes habilités à accompagner l’ensemble de ces salariés, notamment afin de vérifier qu’ils jouissent de l’intégralité de leurs droits sociaux. Pour faciliter la prise de contact avec nos conseillères sociales, nous avons créé une cellule filières en crise que les agriculteurs alsaciens peuvent contacter au 03 89 20 79 27 ou à filieresencrise2015@alsace.msa.fr. Les personnes en recherche d’emploi peuvent aussi s’inscrire auprès de notre entreprise d’insertion par le travail, Germa. Et puis nous sommes en train de mettre sur pied un réseau de psychologues. Les premières séances de consultation pourraient être prises en charge grâce au fonds d’action sanitaire et sociale pour les agriculteurs en difficulté qui en font la demande au 03 89 20 79 27 ou à filieresencrise2015@alsace.msa.fr. En outre, notre objectif est de co-construire, avec la CAA, une cellule Réagir, à l’instar des autres départements de notre grande région. La MSA milite pour la création de cette structure depuis six ans, car elle permettra de détecter les situations les plus fragiles et d’apporter un accompagnement plus personnalisé aux agriculteurs. Si le Conseil régional débloque des crédits, il est impératif qu’ils soient investis dans de nouvelles mesures. La MSA a déjà indiqué depuis longtemps qu’elle mettrait à la disposition de cette structure les collaborateurs les plus utiles à titre gracieux, car elle considère qu’une telle action relève de sa mission de service public.

EAV/PHR : Vous avez été directement concernés par le dossier Copvial. Comment l’avez-vous géré ?

DH : Nous avons soutenu ce dossier pendant plus d’un an, et nous en regrettons la conclusion sur le plan social. Comme nous étions un des plus gros créanciers de Copvial, nous avions demandé et obtenu le statut de créancier contrôleur, ce qui nous a permis de nous exprimer à l’audience. Jusqu’au bout nous avons défendu les éleveurs, demandé une prise en charge et un dédommagement…

EAV/PHR : Selon vous, que faudrait-il faire pour sortir durablement de la crise ?

DH : La MSA se bat au niveau national pour que soient mis en place des dispositifs permettant de placer l’argent gagné les bonnes années sans pour autant payer forcément plus d’impôts et de cotisations sociales. Cela permettrait aux agriculteurs d’affronter des années plus difficiles, sans que l’État ait forcément à mettre en œuvre des aides. Dans le même ordre d’idées, il serait intéressant de pouvoir déplafonner les points de cotisation retraite, car cotiser un maximum les bonnes années pourrait permettre de rattraper les cotisations moindres des mauvaises années. Mais ce sont des mesures difficiles à obtenir. En attendant, plusieurs curseurs sont au vert : le rendement du maïs s’annonce la plupart du temps satisfaisant, le prix du lait est orienté à la hausse tout comme celui du porc, le millésime s’annonce bon. Par contre, le prix de la viande reste une source d’inquiétude.

Gustave Muller

Du maïs et des couverts

Cultures

Publié le 28/09/2016

Cette année, les maïs ont été pénalisés par de mauvaises conditions d’implantation - « d’autant plus après deux années sans véritable hiver », note Jean-Michel Weiss, responsable technique et qualité chez Gustave Muller - un mauvais développement du système racinaire lié aux excès d’eau, et une fin de saison sèche et chaude… À noter aussi une augmentation de la pression exercée par la pyrale : « Après un début de vol timide les 7-8 juin, la population de l’insecte a progressé par pics, de manière assez anarchique, jusqu’à fin juillet, avec un pic de vol atteint les 11-14 juillet. Malgré des traitements insecticides bien positionnés, on observe des tiges trouées », indique Jean-Michel Weiss.

Cette campagne est aussi marquée par la prévalence des coups de feu fusarien. Cette maladie est liée à l’envahissement des vaisseaux par le mycélium du Fusarium, auparavant présent dans la plante de manière asymptomatique, mais qui remonte la tige à la suite d’un stress, ce qui asphyxie la plante. Résultat : les feuilles dessèchent aussi par le haut et peuvent prendre une teinte rosée, des épis pendent… Sur le site internet d’Arvalis-Institut du végétal, on peut lire : « Cette maladie se rencontre le plus souvent en situation de monoculture de maïs irrigué, plutôt en sols filtrants… Des conditions chaudes en fin de cycle, couplées à des restrictions d’irrigation, exacerbent le phénomène. » Et plus loin : « Il semble que l’excès d’eau, notamment d’irrigation, favorise l’émergence de ces problèmes. » Pas étonnant donc que la campagne 2016 soit marquée par une recrudescence du phénomène. La meilleure méthode de lutte ? L’introduction d’une culture d’automne dans la rotation.

Couvrir le sol entre deux maïs

Transition toute trouvée donc avec la présentation d’un essai qui vise lui aussi à briser la monoculture de maïs, non pas avec une culture d’automne mais avec un couvert durant l’interculture. L’objectif visé n’est pas tant agronomique que réglementaire. En effet, dans le cadre de la nouvelle mouture de la Pac, il est possible de déroger à la règle de diversité des cultures (dite aussi des trois cultures) et de pratiquer la monoculture de maïs, à plusieurs conditions : il faut implanter un couvert dans les deux semaines qui suivent la récolte du maïs, ce couvert - qui doit être composé d’une ou plusieurs espèces contenues dans une liste - doit effectivement lever, et ne doit pas être détruit avant le 1er février. En outre, le maïs doit alors représenter plus de 75 % des terres arables, et la couverture hivernale des sols doit se faire sur l’ensemble des terres arables, pas uniquement le maïs.

Cette mesure de dérogation aux règles du verdissement, appelée « Certification maïs », a surtout été pensée pour les exploitations maïsicoles spécialisées du sud de la France. En Alsace, le climat rend plus périlleuse la réussite d’un couvert après la récolte du maïs. Périlleuse mais pas impossible. C’est tout l’objet de l’essai élaboré par les établissements Gustave Muller. Celui-ci comprend cinq couverts différents, qui ont tous été semés le 20 octobre, puis détruits de quatre manières différentes. Puis, trois variétés de vigueurs différentes, de très bonne à faible en passant par moyenne, ont ensuite été semées le 21 avril derrière chaque modalité afin d’appréhender l’effet de chaque couple couvert - mode de destruction sur le maïs qui suit.

Des couverts face à l’hiver

Premier objectif de l’essai : déterminer les espèces, ou leurs mélanges, qui sont les plus à même de procurer un couvert développé en hiver après un semis d’automne. Pour ce faire, le peuplement de chaque couvert a été dénombré en entrée et en sortie d’hiver, et la répartition des espèces établie. Le couvert Late Couv (50 % de seigle, 30 % de navette et 20 % de trèfle) affichait 95 plantes/m2 en entrée d’hiver et 69 plantes/m2 en sortie d’hiver, la navette étant la seule espèce à avoir réellement levé et résisté à l’hiver : « Le seigle, très sensible aux limaces, a été ravagé, et la date de semis est trop tardive pour les légumineuses », explique Jérémy Ditner, technicien chez Gustave Muller. Le deuxième couvert, Chlorofiltre ST (52 % de seigle, 48 % d’avoine), a perdu 50 % de son peuplement durant l’hiver. Si bien qu’en sortie d’hiver il ne restait que 50 pieds/m2. Le seigle a connu le même sort que dans le premier couvert, et l’avoine rude a été détruite par le gel. Le troisième couvert, Chlorofiltre 30 (60 % de seigle, 30 % de vesce, 10 % de trèfle), confirme les observations précédentes. En sortie d’hiver six malheureuses plantes se battaient en duel sur un mètre carré. Le seigle a encore nourri les limaces, quant à la vesce et au trèfle, la date de semis était trop tardive pour obtenir une bonne levée, donc un couvert significatif, ce qui placerait les agriculteurs souscrivant à cette mesure dans l’illégalité. Heureusement, le quatrième couvert, un mélange de ferme composé de 60 % de pois et de féverole et de 40 % d’avoine d’hiver donne de meilleurs résultats, avec 372 plantes/m2 en entrée d’hiver et 255 plantes/m2 en sortie d’hiver, la proportion de légumineuses ayant néanmoins chuté entre-temps. Le cinquième couvert n’était autre qu’un blé, semé à 170 kg/ha, et qui a procuré un honorable 425 plantes/m2 en entrée d’hiver et 284 plantes/m2 en sortie d’hiver. Première conclusion : la navette et les céréales d’hiver sont les grands gagnants de cet essai en termes de peuplement. Mais attention, les céréales peuvent constituer un nid à pucerons. Aussi, pour Jérémy Ditner, les crucifères (navette, radis) constituent-elles le meilleur compromis. Il préconise de les semer à 5 - 10 kg/ha.

Second objectif de l’essai : déterminer la meilleure manière de détruire les couverts afin de pénaliser le moins possible le maïs qui suit. Quatre modalités de destruction ont été testées :

  • mécanique précoce : le plus tôt possible après le 1er février, soit un déchaumage le 18 mars cette année
  • mécanique tardive : juste avant le semis du suivant
  • chimique précoce : dès que les conditions le permettent après le 1er février
  • chimique tardive : deux jours avant le semis du suivant

Sans grande surprise, la meilleure vigueur de départ a été obtenue après le couvert Chlorofiltre 30, dont le maigre peuplement n’était guère en mesure de pénaliser le maïs. La moins bonne vigueur a été obtenue après le mélange de ferme, qui a produit davantage de biomasse que le blé. La comparaison des modes de destruction met en évidence qu’une destruction précoce est toujours plus favorable à l’implantation du maïs qui suit qu’une destruction tardive. Et un mode de destruction s’avère particulièrement pénalisant pour le maïs qui suit : la destruction chimique tardive, puisque la présence de la biomasse issue du couvert complique l’implantation du maïs.

Les techniciens de Gustave Muller se sont aussi plus particulièrement penchés sur les dégâts de limaces. Le maïs implanté après le couvert Chlorofiltre 30 a été le plus épargné par les limaces : « Après avoir consommé la quasi-totalité du couvert, elles ont dû partir plus loin chercher de la nourriture », explique Jérémy Ditner. La destruction mécanique précoce des couverts s’avère un bon moyen de limiter les attaques de limaces. Par contre, la destruction chimique tardive s’est soldée par d’importantes attaques de limaces : « Elles se sont attaquées au maïs après la disparition d’un couvert qui leur avait été favorable jusque-là ».

Climat

Le changement, c’est maintenant

Cultures

Publié le 08/08/2016

À en croire les prévisionnistes météorologiques, les hivers enneigés alsaciens ne seront bientôt plus qu’un vague souvenir dans l’imaginaire collectif, véhiculé par quelques illustrations de Hansi et quelques réminiscences de parties de luge endiablées. Et ce n’est que la conséquence la plus palpable et la plus symbolique du changement climatique. Les agriculteurs peuvent en citer une pelletée d’autres : survie des pucerons aux hivers, cultures grillées par les coups de chaud estivaux, décalage des périodes de floraison, de maturité, dysfonctionnement de certains microclimats propices à l’épanouissement de quelques fleurons de la viticulture française…

« Il n’y a pas que les banquises qui fondent sous l’effet du changement climatique, nous enregistrons aussi des chiffres très nets ici en Alsace où il y a de moins en moins de neige en plaine, voire quasiment plus du tout », indique Yves Hauss, responsable études et climatologie Nord-Est à Météo France, qui dégaine une palanquée de chiffres pour étayer son propos. Depuis 1880, les années les plus chaudes se concentrent dans les plus récentes : 2015, 2014, 2010, 2005, 1998, 2013, 2003, 2002, 2006 et 2009. En France, de 1959 à 2009, les températures moyennes de chaque décennie se sont réchauffées de 0,2 à 0,3 °C.

Lyon à Strasbourg

Pour caractériser le climat alsacien, il se fonde sur les enregistrements issus de la station d’Entzheim, qui ont débuté en 1921. Le nombre de jours correspondants à un pic de forte chaleur affiche une tendance à la hausse, avec une progression de 150 % depuis 1950. Conséquence pour les agriculteurs : « Les plantes souffrent davantage de la chaleur. » Parallèlement, le nombre de jours sans dégel a diminué de 50 % depuis 1950. Et la période à risque de gelée a diminué de 40 jours de 1921 à 2014.

Résultat logique, la tendance des températures moyennes annuelles est à la hausse. Avant de passer à l’analyse des « normales de saison », Yves Hauss en rappelle la définition : « Les normales, c’est la moyenne des températures à une période donnée sur les trente dernières années. » L’analyse de l’évolution de ces normales montre qu’elles ont augmenté de 0,4 °C par décennie depuis 1990 : « La température annuelle normale de Strasbourg aujourd’hui atteint la température annuelle normale de Lyon dans les années 1950 ».

Tunis à Moscou

Lorsqu’on s’intéresse aux températures extrêmes, en pointant les mois les plus froids et les plus chauds, on constate que depuis 35 ans, aucun record mensuel de froid n’a été enregistré. Et certains de ces records peuvent être qualifiés de dérèglements. Par exemple : août 2003 et juillet 2006, où les températures enregistrées à Strasbourg correspondaient plutôt à celles de Marseille à la même saison, ou avril 2007, où cette fois on approchait plus des normales d’Alger, avec à la fois des températures élevées et des précipitations rares, ou encore juin 2003, où on s’approchait des normales de Tunis.

L’Alsace n’est bien sûr pas la seule région concernée, Yves Hauss rappelle les incendies qui ont ravagé la Russie en juillet 2010 : « 20 % des cultures ont été détruites à 100 %. La température moyenne était de 26,2 °C, soit la normale de Tunis, les végétaux n’y ont pas survécu. »

Des cultures désorientées

Le mois d’avril est traditionnellement un mois de bascule, au niveau climatique. Mais Yves Hauss note que depuis 2007, ses températures sont souvent plus élevées. Résultat : « Le printemps est décalé, les plantes fleurissent plus tôt, les fruits mûrissent plus tôt ». Avec des conséquences particulièrement préoccupantes en viticulture : « La date de mi-véraison a tendance à avancer, le degré alcoolique des vins a tendance à augmenter, car les baies sont plus riches en sucre, certains microclimats, comme celui du vignoble du Sauternes où l’alternance entre l’humidité matinale liée aux eaux froides du Ciron et des après-midi chaudes et ensoleillées sont favorables au développement de Botrytis cinerea, sont menacés… »

Et les températures ne constituent pas le seul paramètre impacté par le changement climatique : le niveau des précipitations évolue aussi. « Elles ont tendance à être plus importantes dans le nord-est de la France, et plus particulièrement en automne et en hiver d’après les relevés d’Entzheim », constate Yves Hauss.

Du picon au pastis…

Voici pour le court terme et ce qui est déjà constaté. Que prévoient les spécialistes à plus long terme. Plusieurs scénarios ont été élaborés, selon l’efficacité avec laquelle les éléments perturbateurs du climat seront atténués. Dans les scénarios les plus optimistes, d'ici 2100, les températures moyennes n’auront augmenté « que » de 2 °C. « Au mieux, on aura donc les températures actuelles de Montélimar », illustre Yves Hauss. La tendance, déjà perceptible, à des hivers plus doux et plus humides et des étés plus chauds et plus secs (NDLR : Toute ressemblance avec une exception récente n’est que fortuite) devrait se confirmer. Le scénario qui a été retenu par les autorités, moins optimiste, prévoit une hausse des températures moyennes de 3,7 °C d'ici 2100, soit + 0,45 °C par décennie, ce qui correspond effectivement au rythme actuel. S’il devait ne pas faiblir, on enregistrera à Strasbourg en 2100 les mêmes températures qu’à Marseille actuellement.

… mais sans glaçons

Ces changements climatiques vont inexorablement s’accompagner de bouleversements en tous genres et l’agriculture sera particulièrement impactée. Il faudra adapter les cultures, les variétés, les itinéraires culturaux, sans parler des cépages et des essences forestières… Et puis il ne faut pas négliger les effets de la fonte des glaciers, des neiges permanentes, qui jouent un rôle majeur dans la régulation du débit des cours d’eau : des neiges permanentes qui fondent dans les Alpes, ce sont d’importants à-coups dans le débit du Rhin à prévoir, donc de potentielles inondations, si les digues actuelles devaient ne pas suffire à les juguler, mais aussi des phénomènes de basses eaux plus marqués en été. Le Rhin pourrait alors devenir impropre au transport fluvial, la nappe phréatique serait moins rechargée. Et si sa réputation d’inépuisable devait être remise en question, l’irrigation des cultures pourrait-elle être remise en cause ? Ce ne sont que des hypothèses, mais Yves Hauss prévient : « Dans les Vosges du Nord, de petites sources commencent à se tarir ».

Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf)

Ne pas remettre en cause ce qui réussit !

Vie professionnelle

Publié le 08/08/2016

Le Synalaf regroupe 17 ODG détenteurs de label rouge en volaille de chair, huit ODG en œufs label rouge, huit groupements en volailles bio et 12 en œufs bios, soit la grande majorité de ces productions en France. La vocation du Synalaf est de défendre et de promouvoir les labels avicoles, mais aussi de coordonner des actions et des programmes de recherche pour améliorer la qualité des volailles fermières label rouge et leur mode d’élevage. Son assemblée générale a été l’occasion de dresser le bilan économique de l’année 2015. La filière volailles de chair label rouge est encore en progression, tirée par les labellisations de poulets (97 millions de poulets labellisés en 2015, + 3 % par rapport à 2014). Les labellisations de découpes de poulet poursuivent leur développement, portées par la demande des consommateurs.

Les pintades label rouge continuent de perdre du terrain depuis les années 2000, notamment parce que les abattoirs ont du mal à les positionner en dehors des fêtes de Noël et de Pâques. Par contre, les volailles festives label rouge sont toujours aussi prisées : les ventes progressent de + 6 %, une progression encore plus marquée pour les petites pièces (+ 20 %). La production des volailles de chair biologiques poursuit sa forte progression, si bien que sur dix poulets prêts à cuire (PAC), sept sont labellisés label rouge ou bio. Les exportations de volailles label rouge et bios sont toujours en progression. Les destinations Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse se développent significativement. Un bilan plutôt positif donc, terni par les trop nombreuses promotions pratiquées sur les volailles label rouge dans les GMS, ce qui entraîne des écarts de prix importants.

Les filières œufs label rouge et biologiques suivent la même tendance, avec une progression des effectifs de pondeuses alternatives en France en 2015 : 2,5 millions en label rouge et 3,9 millions en bio en hausse de respectivement 6 % et 5 % par rapport à 2014. Ces œufs se vendent bien, surtout les bios, mais leurs prix sont toujours en baisse, surtout les bios aussi, ce qui est inquiétant dans la mesure où les coûts de production sont plus élevés en bio. La filière label rouge pourrait bénéficier d’une campagne de communication dans sept pays européens dans le cadre du soutien à la qualité. Avec un budget de 3 M€ pendant trois ans. « Ces chiffres sont encourageants quant à notre capacité à satisfaire les attentes des consommateurs. Le marché français représente 95 % de nos débouchés. Toute tentative qui viserait à progresser sur d’autres marchés, par exemple en développant des productions spécifiques à l’export, ne doit pas nous faire perdre les fondamentaux qui génèrent cette réussite », a commenté Éric Cachan, président du Synalaf.

Défendre une certaine idée du bio

Côté défense des labels et réglementation, les membres du Synalaf ne chôment pas. Le projet de nouvelle réglementation européenne sur l’agriculture biologique les mobilise tout particulièrement. Ce projet propose d’imposer l’utilisation de reproducteurs biologiques, ce que le Synalaf considère comme une entrave à la préservation de la diversité génétique actuelle. Le projet prévoit aussi de supprimer la limitation de taille des élevages, ce qui va à l’encontre de l’image que le Synalaf se fait du bio - des élevages de type fermiers et non industriels, ce qui passe par la limitation de la taille des élevages. Plusieurs amendements émanant du Synalaf ont été repris lors des négociations et le syndicat espère qu’ils figureront dans la future loi européenne. « A minima, nous défendons les principes suivants : non-obligation de reproducteurs biologiques ; limitation de taille des troupeaux, des bâtiments et des exploitations, définition d’un âge d’abattage des poulets et définition de la notion de croissance lente ; définition de la région d’origine de l’alimentation ; pourcentage important de lien au sol », a résumé Éric Cachan. Et de prévenir : « En cas d’attaque médiatique, notre syndicat ne défendra pas les élevages dont la taille des bâtiments dépasse nos préconisations. »

Non au marketage du « fermier »

Le Synalaf mène aussi des actions au niveau national, notamment pour limiter la taille des élevages de poules pondeuses bios, toujours dans l’optique de conserver une production fermière. Autre inquiétude, le développement en cours d’un poulet « sortant à l’extérieur » certifié. Le Synalaf met en garde contre les risques de confusion alors que les critères de production sont très différents. Seuls les poulets label rouge, IGP et bios sont des poulets « fermiers », martèle le syndicat. « Âge élevé, faible densité, taille d’élevage limitée, accès à un véritable parcours… Tous les Français connaissent nos productions fermières avec leurs qualités gustatives ! C’est pourquoi nous ne voulons pas d’un poulet « sortant à l’extérieur », marketé avec des visuels de paysages bucoliques et de poules rustiques : nous le faisons savoir aux opérateurs concernés et nous le dénoncerons auprès des consommateurs si besoin », a déclaré Éric Cachan. Le Synalaf cherche à coller aux évolutions du marché. C’est pourquoi il a proposé à l’Inao des critères de production d’ovoproduits en label rouge.

La sélection en danger

Au terme de plusieurs présentations sur la production de volailles alternatives dans le monde (dont nous ferons écho dans nos colonnes dans de prochaines éditions), Éric Cachan déclare : « Il n’y a pas de vérité universelle pour définir les productions alternatives, seule la notion de positionnement pertinent sur un marché doit être retenue. » Pour lui, les productions avicoles françaises sous signe de qualité ont de l’avance. Et il souhaite que leurs qualités continuent à être valorisées, ce qui peut passer par l’export de « notre génétique, notre savoir-faire et nos produits finis ». Mais pour ce faire, il faudra tirer les leçons du fait marquant de l’année écoulée : l’épisode d’influenza aviaire.Celle-ci a fragilisé la génétique avicole française. « Le maillon sélection-accouvage fait partie des victimes collatérales de l’épidémie puisque les pays tiers ont fermé leurs portes à leurs productions dès décembre 2015. S’il n’est pas aidé, c’est toutes nos filières qui seront en danger. » Julien Turenne, qui représentait le ministère de l’Agriculture, a annoncé qu’une enveloppe de 20 M€ est prévue pour les accouveurs et les éleveurs du secteur palmipèdes et que d’autres dispositifs de soutien aux volailles non-palmipèdes sont en cours d’élaboration.

Les IG : ligne rouge pour le TTIP

« La France est très attentive à la préservation de son modèle alimentaire ». C’est pourquoi, dans le cadre du Traité transatlantique (TTIP), la volaille est reconnue comme « un produit sensible » : « Les produits importés devront respecter la réglementation européenne et les indications géographiques constituent une ligne rouge : sans accord sur ce point, il n’y aura pas d’accord transatlantique », a assuré Julien Turenne. Qui voit aussi dans le TTIP une occasion de « promouvoir les normes européennes, les produits labellisés, de haute qualité, qui pourraient trouver des débouchés aux États-Unis. » Il a annoncé la publication d’un décret sur l’utilisation du terme « fermier » au mois d’août, ce qui devrait clarifier les conditions d’emploi de ce terme. Les services de l’État sont en outre en train de travailler sur un décret concernant l’étiquetage : « Les conditions d’application sont en cours de finalisation ».

Récoltes

Mornes granges

Cultures

Publié le 21/07/2016

La fenaison s’achève, enfin, après des semaines à attendre une période anticyclonique suffisamment longue pour pouvoir faucher l’herbe, la faner, l’andainer, la presser… Mais la patience forcée dont les éleveurs ont fait preuve ne sera pas forcément récompensée… Laurent Fritzinger, conseiller à la Chambre d'agriculture d’Alsace, dépeint en effet une situation contrastée, entre ceux qui ont démarré la fenaison il y a une quinzaine de jours, sur des sols encore mouillés, avec de l’herbe couchée dessus, donc avec une couche inférieure d’herbe très humide. Et la seconde vague de fenaison, qui a bénéficié de meilleures conditions de récolte, avec des températures élevées et peu, voire pas, de précipitations, donc une herbe qui a pu bien sécher. Le spécialiste des fourrages note aussi des différences entre les parcelles : « L’herbe a mieux séché dans les parcelles en pente que dans les fonds de vallée ». Mais une caractéristique commune à tous les foins de 2016 se dégage : « C’est du vieux foin, les stades de récolte optimaux sont largement dépassés et la valeur alimentaire s’en trouve inévitablement dégradée. » C’est encore plus vrai pour les foins issus de la première vague de récolte : « Certains agriculteurs ont dû ressortir des balles de foin des granges parce qu’elles commençaient à chauffer. La qualité de ce fourrage-là sera encore plus mauvaise, avec une diminution de l’appétence, des protéines et des sucres brûlés selon la température atteinte… » Les foins issus de la seconde vague sont moins concernés par ce phénomène : « En ce moment, l’herbe sèche très bien », indiquait Laurent Fritzinger mardi 19 juillet, alors que le thermostat frisait les 40 °C et que, aussi paradoxal que cela puisse paraître après tant d’eau, quelques parcelles de maïs commençaient à exprimer des symptômes de stress hydrique. Laurent Fritzinger estime donc que « si les foins ont été bien séchés, ce ne sera pas si catastrophique que cela, le fourrage obtenu suffira à remplir la panse. » D’autant que si la qualité pêche, la quantité est là : le double de l’année précédente, marquée par la sécheresse, et quelque 20 % de plus qu’une année moyenne. Une hausse de la production qui s’explique par la fenaison tardive, « tous les foins ont été faits en juillet, avec près de quatre semaines de retard », soit autant de semaines de pousse supplémentaires. Mais aussi par des prairies très denses, conséquence des conditions poussantes du mois de mai, de la bonne valorisation des apports d’engrais grâce aux précipitations… Une densité qui a probablement contribué à la verse de certaines prairies sous l’effet des précipitations.

Des fourrages à manipuler avec précaution

Maintenant que le foin est engrangé, que faut-il attendre de la suite des événements ? Du côté des prairies, Laurent Fritzinger ne s’aventure pas à un pronostic. Il constate : « Les prairies reverdissent vite après cette coupe, car il y a encore du potentiel dans le sol. Mais il suffit de quinze jours de canicule pour stopper la pousse » Et tout dépend des pratiques des agriculteurs : « Ceux qui ont ensilé début mai et qui ont pu faire une deuxième coupe mi-juin peuvent déjà envisager une troisième coupe. D’autres ont déjà du regain, avec de belles deuxièmes coupes, équivalentes à la première… »

Du côté des auges, Laurent Fritzinger conseille vivement de faire analyser le fourrage, afin de déterminer sa valeur alimentaire, et notamment son taux de contamination par les spores butyriques. En effet, les fourrages les plus contaminés ne seront pas adaptés aux vaches laitières : « Si on ne cherche que la fibre, il vaudra mieux leur donner de la bonne paille, propre, qui fait autant ruminer. » Pour les vaches allaitantes, les génisses, si la qualité de séchage est bonne, ce fourrage fera l’affaire. « Il faudra peut-être ajouter un peu d’énergie, de céréales, car les animaux risquent de manquer d’énergie et de protéines. » Enfin, plus que le foin, c’est l’ensilage d’herbe qui préoccupe Laurent Fritzinger : « La récolte s’est effectuée dans des conditions exécrables. Il risque d’y avoir beaucoup de contaminations par la terre, des problèmes de conservation. Or c’est un fourrage jeune, riche, traditionnellement réservé aux animaux à besoins élevés, comme les laitières, mais s’il y a trop de butyriques, il vaut mieux ne pas leur en donner. »

Blé : les craintes se confirment

« Catastrophique », « pire que ce que l’on pensait »… Tous les commentaires sur la moisson de blé 2016 vont dans le même sens. Visuellement pourtant, la plupart des parcelles font bonne figure. Mais entre les doigts, les épis s’effritent et il ne reste quasiment rien. « Dans un épi, il y a deux ou trois grains à l’aspect normal, les autres sont rabougris, fusariés, ne contiennent quasiment pas d’amidon, ne pèsent rien », rapporte Laurent Fritzinger. Les premiers échos des moissonneuses-batteuses confirment les impressions : les 40-50 q/ha et les PS à 60-70 ne sont pas rares. L’essentiel des dégâts serait lié à la fusariose, qui a provoqué des avortements. Mais la septoriose a aussi pu impacter la taille des grains. Ceux-ci sont parfois si légers que les conducteurs de moissonneuses-batteuses ont du mal à régler correctement les souffleries : trop fort et les grains s'envolent avec les impuretés. Du coup, il y a pas mal de débris qui passent dans les bennes. Les blés versés ne facilitent pas non plus la récolte, puisqu'il faut réduire la vitesse d'avancement pour bien les relever et les ramasser. Mais d'un autre côté, en l'absence de verse, la rareté des grains permet d'accélérer les débits de chantier.

Orge et colza : des grains, mais petits et légers

En orge, on a « du grain, mais du petit grain », constate Laurent Fritzinger : leur nombre est équivalent à celui de l’année dernière, mais le PMG est réduit de 25 %, et le rendement d’autant. Le PMG du colza semble aussi avoir été affecté par les conditions particulièrement pluvieuses du printemps : « Le PMG est plus proche de 4 g que de 5 g, ce qui joue beaucoup sur le rendement », indique Laurent Fritzinger. Les échos sont très variés : « On entend de tout, du bon comme du moins bon, mais le colza est sans doute une des cultures qui s’en sort le mieux cette année », rapporte Laurent Fritzinger.

Couverture hivernale entre deux maïs

Différentes techniques qui restent à éprouver

Cultures

Publié le 07/07/2016

Les exploitations spécialisées en maïs peuvent bénéficier d’un dispositif d’équivalence à la mesure de diversité des cultures imposée par la Pac. Mais cela requiert de respecter un cahier des charges qui impose une couverture hivernale des sols sur 100 % des terres arables, réalisé au moyen d’un couvert semé pur ou en mélange dans une liste d’espèces préétablie. L’implantation de ce couvert doit être réalisée au plus tard dans les 15 jours qui suivent la récolte du maïs, et la destruction du couvert n’est autorisée qu’à partir du 1er février de l’année suivante. Le cahier des charges recommande aussi de pas fertiliser le couvert hivernal et de privilégier la destruction mécanique du couvert par broyage et/ou roulage.

Outre de déroger à la mesure de diversité des cultures de la Pac, la couverture hivernale des sols entre deux maïs permet de limiter le lessivage hivernal et dans certaines situations de bénéficier d’une ressource de fourrage supplémentaire. Mais, techniquement, il n’est pas toujours évident de semer un couvert à cette période, et surtout d’assurer sa levée. Or la dérogation à la mesure de diversité des cultures est assujettie à une obligation de résultat : « Le couvert doit lever », traduit François Alves, conseiller en agronomie et grandes cultures à la Chambre d'agriculture d’Alsace.

Pour aider les agriculteurs à gérer la couverture hivernale entre deux maïs, la CAA a mis en place un essai sur les terres du lycée agricole de Rouffach. « Nous sommes partis sur des couverts constitués de graminées, dont les semences peuvent être obtenues à la ferme pour limiter les coûts à l’image du blé. » Une fois le maïs précédent récolté, ses résidus ont été broyés. Une partie de la parcelle a ensuite été labourée (modalité labour), l’autre a été travaillée au chisel (modalité non-labour) avant un semis du couvert à l’aide d’une herse rotative combinée à un semoir. Le couvert a été détruit au glyphosate (1,5 l/ha) le 31 mars sur une partie de l’essai, sauf dans le témoin où le labour automnal a été repris par deux passages de vibroculteur avant le semis du maïs suivant le 7 mai. Lors du salon Agriculture de demain, les 1er et 2 juin, plusieurs modalités étaient confrontées à des problèmes de repousse, « qu’il faudra gérer avec le désherbage du maïs », indiquait alors François Alves. Les résultats définitifs de l’essai seront connus cet hiver, après la récolte du maïs.

À côté de cet essai, une modalité a été travaillée au strip-tiller, qui présente l’avantage de laisser beaucoup de résidus en surface, donc de limiter l’érosion. En outre le fait de ne travailler que le futur rang de semis permet de créer un environnement favorable à la levée du maïs sans bouleverser l’interrang. « Mais c’est une technique délicate à mettre en œuvre, notamment du point de vue de la gestion des ravageurs et des adventices », note François Alves.

Caisses d'assurance-accidents agricoles d'Alsace

Être vigilant et organisé pour limiter les accidents

Pratique

Publié le 25/06/2016

C'est une bien triste liste qu'égrène Sébastien Rohmer, conseiller spécialisé en prévention à la Caisse d'assurance-accidents agricole (CAAA) : un bras arraché par une presse à balle ronde, deux doigts sectionnés par un taille-haie suite à une mauvaise réception lors d'une chute, une main écrasée par un convoyeur nettoyé sans avoir été éteint, des doigts sectionnés par une scie circulaire, d'autres par un sécateur électrique, d'autres par une vis sans fin nettoyée alors qu'elle était encore en mouvement, des nerfs et des tendons sectionnés au flex parce que la victime prenait une mesure en même temps qu'elle découpait, encore une phalange sectionnée par une vis sans fin, la perte de la vision d'un œil suite au retour d'un crochet fixé sur une sangle qui a lâché, et enfin un accident de tracteur - mortel -, ce dernier s'étant retourné sur sa victime. Des accidents graves donc, et qui, s'ils ne sont pas mortels, vont handicaper les victimes dans leur quotidien et leurs relations aux autres.

Cette augmentation du nombre d'accidents graves concerne essentiellement des non-salariés. Pour Sébastien Rohmer, cela reflète la propension des chefs d'exploitation à s'exposer aux risques plutôt que leur(s) salarié(s), notamment pour les interventions dangereuses : « Ils estiment que cela relève de leur responsabilité, donc ils s'en chargent ». Pour la CAAA, ces accidents représentent des montants de prise en charge importants, au gré des indemnités journalières, des frais d'hospitalisation…

Ne pas s'exposer inutilement

Un certain nombre de ces accidents est lié à la mauvaise utilisation de machines en mouvement. Les agriculteurs sont particulièrement exposés à ce risque, puisqu'ils en utilisent presque tous les jours. Certes la plupart d'entre elles sont aujourd'hui bien sécurisées, « mais il n'est pas rare de voir des agriculteurs se défaire des éléments de sécurité pour mieux accéder au cœur des machines, ou les détourner de l'usage pour lequel elles ont été conçues, ce qui augmente le risque d'accidents », constate Sébastien Rohmer. En effet, les accidents surviennent le plus souvent lorsque la machine présente un dysfonctionnement : « On s'en approche, on l'ausculte pour trouver la panne, on essaie de réparer… » Ou lorsqu'il faut l'entretenir : « Le cas le plus parlant, c'est celui du graissage des presses à balles rondes : c'est bien plus pratique et rapide de graisser les chaînes quand elles tournent que de le faire par étapes successives. »

Or si Sébastien Rohmer a une recommandation à formuler, c'est bien celle-là : « Il faut absolument éteindre les machines avant d'intervenir dessus ! » Ça a l'air facile à respecter comme ça, mais c'est sans compter le poids des habitudes, la transmission des gestes - bons ou mauvais - de génération en génération : « Même les jeunes prennent des risques de ce genre, parce qu'ils ont vu leurs parents procéder ainsi, et parce qu'ils se disent que ça fait partie du métier. » Mais Sébastien Rohmer met en garde : « Les mauvaises habitudes s'installent parce qu'elles ne sont pas systématiquement suivies d'un accident. Vous pouvez décrocher votre téléphone au volant un certain nombre de fois sans qu'il ne se passe rien. Et puis un jour il y aura de la tôle froissée. Ou un mort. Mais pour que cela arrive, il faut statistiquement un certain nombre de situations de prise de risque. » Pour résumer, les accidents n'arrivent que parce qu'on s'expose à un risque. Et souvent aussi parce qu'on multiplie les facteurs de risque : on conduit vite, fatigué, avec des pneus usés… « Le contexte, le moral peuvent jouer aussi », indique Sébastien Rohmer.

Prévoir l'imprévu

Concrètement, comment faire pour éviter de tels accidents ? « On ne peut pas tout éviter. Donc la solution miracle n'existe pas », reconnaît Sébastien Rohmer. Mais il est possible de ne pas tirer le diable par la queue ! Pour les travaux les plus dangereux, faire appel à des entreprises spécialisées, même si cela représente un surcoût, peut s'avérer judicieux. Lorsque l'agriculteur décide d'effectuer les travaux lui-même, il doit utiliser du matériel spécifique, et toujours mettre en œuvre des moyens de protection collectifs plutôt qu'individuels : « Pour travailler en hauteur, on utilisera en priorité un échafaudage plutôt qu'une échelle - qui constitue d'ailleurs un moyen d'accès et pas un poste de travail - ou une nacelle et on disposera un filet anti-chute. Les moyens de protection individuels (harnais, corde) sont à mettre en œuvre de manière secondaire. » Il est également important de fixer des consignes de sécurité, et de les respecter !

Organiser pour gagner du temps

Sébastien Rohmer souligne aussi l'efficacité d'une bonne organisation : « Être organisé permet d'être plus productif, cela entraîne un gain de temps et de confort de travail ». Il illustre : « Étant donné la météo, de nombreux agriculteurs n'ont pas encore pu rentrer leur foin. Dès qu'il va y avoir trois ou quatre jours de beau temps, ils vont se ruer dehors et enchaîner les heures de travail. Pourquoi ne pas profiter de ne pas pouvoir mettre un tracteur dehors pour préparer le matériel de fenaison en changeant les pièces d'usure, en graissant les mécanismes… On peut même anticiper les pannes en prévoyant quelques pièces de rechange - et les outils pour les poser - dans le tracteur. » Une bonne organisation représente donc une décharge en termes de stress et de temps « parce qu'on en perdra moins à faire des allers-retours du champ à l'atelier, à chercher les bonnes pièces et les bons outils… » Sébastien Rohmer cite en exemple un agriculteur suisse qui s'est constitué des kits : « Dès qu'il a eu besoin de quelque chose, il l'a noté puis l'a rajouté dans son kit. Du coup dans son tracteur il a du papier, des stylos, une corde, un couteau… Il a un autre kit qui va avec sa tronçonneuse (lubrifiant, lime, équipement de sécurité). Et comme ça pour chaque activité. » Dans le même ordre d'idée, équiper ses différents véhicules d'une trousse de secours constitue une précaution qui peut s'avérer salvatrice, tout comme de disposer de matériel de signalisation.

Lire les notices des outils, aussi rébarbatif que ce soit, peut néanmoins s'avérer utile. Et puis les agriculteurs doivent savoir s'accorder des pauses : « Cela permet de se reposer l'esprit, de reprendre le travail plus sereinement. » Pour effectuer certaines tâches, il est plus pertinent d'être à deux, voire plus, pour d'autres moins, car on risque la coactivité. Mais si on travaille seul, il faut penser à avoir un téléphone en état de marche sur soi. Il estime aussi que tout le monde devrait être formé aux premiers gestes de secourisme : « Il est important de savoir réagir. La première règle, c'est de se protéger soi, en arrêtant une machine en mouvement, en s'éloignant et en alertant les secours en composant le 18, le 112 ou encore le 15. Ensuite seulement, et si on n'est pas la victime, on peut lui porter secours en effectuant une compression pour arrêter un saignement, en la mettant en position latérale de sécurité… »

Enfin, Sébastien Rohmer insiste sur le devoir d'exemplarité qui incombe aux exploitants agricoles : « Ils doivent montrer le bon exemple à leurs enfants, qui sont souvent leurs futurs repreneurs, ainsi qu'aux salariés, aux apprentis, qui ont tendance à reproduire leurs gestes. »

Coulées d'eau boueuse

Le pire a - presque - été évité

Cultures

Publié le 18/05/2016

Plusieurs communes ont été touchées par des pluies abondantes ayant entraîné débordements des cours d'eau et coulées d'eau boueuse mercredi et jeudi dernier. Du nord au sud, citons, dans la région de Saverne, les communes de Landersheim, Saessolsheim, Dettwiller et Lixhausen. Un peu plus au sud, le secteur de Geudertheim, Brumath, Kriegsheim, Weitbruch ainsi que celui de Gougenheim, Rohr, Gimbrett. Les communes plus centrales d'Erstein, Colmar et Sélestat ont également été impactées.

Dans le Haut-Rhin, Soultz, Jungholtz, Wuenheim et plusieurs communes situées dans la couronne mulhousienne ont également subi des dommages, notamment Pfastatt, Zillisheim, Steinbrunn-le-Haut, Steinbrunn-le-Bas, Brunstatt, Rantzwiller et Flaxlanden. C'est sans doute dans ces trois dernières que les dégâts ont été les plus importants (lire en encadré).

Des cultures encroûtées dans les sédiments

Dans la plupart des cas, les dégâts « civils » sont restés relativement mesurés : il s'agit surtout de caves et de locaux inondés, de rues et de routes immergées et qu'il a parfois fallu débarrasser de la couche de boue charriée par les coulées d'eau boueuse. Mais les dégâts sont aussi agricoles. En effet, ces pluies se sont abattues sur des sols tout juste semés ou travaillés, entraînement du ravinement, de la perte de terre, d'engrais, un tassement des sols, la formation d'une croûte de battance que les plantules auront du mal à percer… Et encore, « heureusement qu'il n'y a pas eu de grosses chaleurs mais plutôt de légères précipitations tout de suite après ces épisodes : ça a permis de retarder la formation de la croûte et donc aux plantules de passer au travers », constate Rémy Michaël, conseiller spécialisé en érosion à la Chambre d'agriculture d'Alsace.

Quant à François Alvès, son homologue dans le Haut-Rhin, il estime que certaines parcelles devront être ressemées au niveau des zones d'accumulation des sédiments, notamment en bas de pente, ce qui ne sera pas toujours techniquement réalisable en fonction des configurations des parcelles concernées. L'ampleur des dégâts est entre les mains de la climatologie : « S'il continue à faire froid, les sols tassés en surface resteront froids plus longtemps, auront du mal à respirer, ce qui se traduira par des maïs bleus, des levées hétérogènes. Mais les adventices, elles, vont continuer à pousser et il sera impossible d'intervenir tant que les sols n'auront pas suffisamment ressuyé », prévient Rémy Michaël.

Des mesures qui portent leurs fruits

Certes les dégâts occasionnés par ces épisodes de pluies printanières violentes sont toujours aussi impressionnants, mais Rémy Michaël relativise leur ampleur : « Dans le secteur de Brumath, comparé à l'intensité de l'épisode pluvieux, il y a eu relativement peu d'habitations touchées. Une telle quantité de pluie aurait pu faire bien plus de dégâts. » Le conseiller y voit le résultat des mesures qui ont été appliquées pour maîtriser des coulées d'eau boueuse, devenues récurrentes dans les années 2000, notamment « les assolements concertés et l'augmentation de la part des céréales d'hiver ». En effet, ces dernières étant suffisamment développées lorsque surviennent les orages printaniers, elles agissent comme un frein hydraulique, freinant le débit de l'eau et retenant les particules de terres arrachées dans les parcelles encore nues ou tout juste semées. Ainsi, alterner les parcelles de cultures d'hiver et de printemps, mettre en place des bandes enherbées, permet de réduire l'intensité des coulées d'eau boueuse.

Rémy Michaël a aussi pu constater l'efficacité du travail du sol simplifié qui, en laissant des résidus de culture en surface, procure aussi une couverture protectrice aux sols. La technique du strip-till, également envisagée, semble peut-être un peu moins efficace : « Un agriculteur m'a rapporté le cas d'une de ses parcelles où il y a eu du ravinement sur la partie travaillée ». « Nous sommes sur la bonne voie », estime donc Rémy Michaël, tout en constatant que « la proportion de terres labourées est encore largement dominante ». Pourquoi ? « C'est essentiellement une question d'habitude. Les agriculteurs aiment avoir un sol bien travaillé au printemps, qui réchauffe vite. Les techniques culturales simplifiées requièrent plus de patience, d'observation, de technicité. Mais ceux qui ont pris le pas ne reviennent pas en arrière. Et quand ils peuvent comparer, comme en ce moment, le comportement de leurs parcelles avec des parcelles labourées, ils doivent se dire qu'ils ont fait le bon choix ! »

Prairies multispécifiques

Valoriser les atouts de chaque espèce

Cultures

Publié le 17/05/2016

Didier Bauer, son fils Ludovic et son épouse Sylvie sont associés au sein du Gaec du Rebberg depuis le 1er avril 2015. Ludovic s'est installé en janvier 2012, après une formation agricole au lycée de Courcelles-Chaussy. Le Gaec emploie aussi un salarié et un apprenti. Le troupeau laitier se compose de 80 vaches prim'holstein et d'une quinzaine de brunes, qui produisent en moyenne 7 600 litres de lait bio, pour un volume total contractualisé avec Unicoolait de 710 000 l.

À force d'échecs

La conversion de l’exploitation agricole à l'agriculture biologique en 2009 a entraîné une baisse de la surface dédiée aux céréales, autoconsommées, au profit des prairies temporaires. Ces dernières sont gérées en fonction du type de sol et de leur durée d'exploitation, elle-même dictée par la rotation et la sécurisation de l'approvisionnement en fourrage du troupeau. « Parmi les prairies destinées à être exploitées pendant trois ans, je distingue les sols calcaires - sur lesquels j'implante un mélange de dactyle et de luzerne - des sols argileux, sur lesquels je privilégie un mélange de trèfle blanc, de trèfle violet et de ray-grass anglais, ou encore de trèfle blanc, de trèfle violet et de ray-grass hybride », indique Didier Bauer.

Dans les terres plus superficielles, « blanches », qui se travaillent bien, et après la moisson des céréales, en interculture, les éleveurs privilégient des mélanges plus hâtifs, comme un mélange de ray-grass italien et de trèfle d'Alexandrie, un mélange de ray-grass italien et de trèfle incarnat, ou encore un mélange de ray-grass italien, de trèfle incarnat et de trèfle d'Alexandrie. « Pour implanter les intercultures, nous effectuons un passage de herse lourde pour ameublir le sol en surface et obtenir un minimum de terre fine, puis nous semons dans les chaumes et nous roulons », précise Ludovic Bauer. Pour trouver les mélanges adaptés à leurs parcelles, les éleveurs n'ont pas utilisé de boule de cristal : « Nous les avons élaborés à force d'échecs », constate Didier Bauer.

Affouragement en vert

L'élevage a la particularité de récolter une partie de ses fourrages en vert grâce à une autochargeuse acquise en Italie suite à un voyage de Didier et Sylvie dans ce pays. D'une capacité équivalente à deux bottes d'ensilage, cet outil permet de faucher l'herbe, de la charger et de la décharger, sans descendre du tracteur. Une facilité d'utilisation qui a su séduire les éleveurs, si bien que l'alimentation s'effectue en vert sept mois sur douze, à hauteur de 60 % de la ration totale durant la période estivale. « Nous essayons de privilégier les parcelles les plus proches de l'exploitation pour ce type de récolte, pour limiter les déplacements, mais il nous arrive aussi d'aller récolter plus loin si c'est nécessaire », détaille Didier Bauer. Pour l'affouragement en vert, ce sont les mélanges de ray-grass hybride, de trèfle blanc et de trèfle violet ainsi que les intercultures qui sont privilégiés : « Ce sont des mélanges riches et les intercultures sont difficiles à sécher à l'automne. »

Une fois encore, c'est à force d'erreurs que Didier et Ludovic Bauer sont parvenus à élaborer la ration idéale : « Après six années de tâtonnements, nous sommes parvenus au compromis d'une ration sèche pour la nuit, avec du foin et de l'enrubanné, et d'une ration en vert pour la journée. Auparavant, nous avons essayé une alimentation 100 % en vert, mais il y a trop d'azote soluble, ce qui entraîne une hausse des cellules, et donc une baisse du prix du lait. » Une chose est sûre, les vaches, elles, adorent ça : « Elles sont comme nous, elles préfèrent mettre les pieds sous la table qu'aller faire les courses et tout préparer, sourit Ludovic Bauer. Quand elles sont nourries en vert, elles ont tendance à rester à l'étable et ne sortent quasiment que la nuit. » Autre avantage : l'absence de refus.

Tour de plaine

Avance perdue

Cultures

Publié le 13/04/2016

Début mars, un coup de froid est venu calmer l'ardeur des cultures, boostées par une sortie d'hiver printanière. Résultat : leur avance a été rattrapée et le stade épi 1 cm du blé a été atteint fin mars. Les précipitations se sont succédé à un rythme assez soutenu, heureusement interrompu par une accalmie qui a permis de semer les betteraves dans de bonnes conditions. En ce début de mois d'avril, les températures repartent à la hausse, mais les sols restent bien mouillés. Il faudra faire preuve de patience et de doigté lors des reprises de labour pour ne pas matraquer les sols.

Raccourcisseurs : impasse risquée

Après avoir rougi sous l'effet du froid, notamment dans les parcelles humides, les blés atteignent le stade épi 1 cm à 1er nœud avec une belle homogénéité. Les premiers apports d'azote ont en général été effectués, contrairement aux désherbages et aux applications de raccourcisseurs car les bonnes conditions ne sont pas réunies. Cependant, les adventices se développent et Patrick Rohrbacher, conseiller à l'Adar d'Alsace du Nord, invite les agriculteurs à intervenir dès que possible - c'est-à-dire surtout quand les amplitudes de températures se seront atténuées - d'abord avec les désherbants, ensuite avec les raccourcisseurs en conditions poussantes. Il sera d'ailleurs rare de pouvoir faire l'impasse sur les derniers cette année, car il y a eu peu de pertes de pied en hiver et les parcelles sont denses, ce qui augmente le risque de verse. La stratégie est à raisonner en fonction de la sensibilité variétale et de la densité de chaque parcelle.

Second apport d'azote sur blé

Le stade épi 1 cm étant en passe d'être dépassé dans la plupart des cas, le second apport doit être réalisé dès que possible, à une dose fonction de la teneur en reliquat. Si le reliquat est faible et que la dose totale d'azote à apporter est importante, Patrick Rohrbacher et Mickaël Haffner, conseiller à l'Adar de l'Alsace du Nord, conseillent de la fractionner en trois apports et de conditionner le troisième apport au résultat d'un test Jubil à effectuer au stade deux nœuds, soit vers fin avril - début mai.

Les maladies sur blé restent embryonnaires : un peu de septoriose, « mais la vague de froid a dégagé les feuilles contaminées », de la rouille brune et de la rouille jaune, un peu plus inquiétante parce que les conditions nécessaires à son développement - températures fraîches, humidité - sont réunies. À signaler aussi un peu de d'oïdium sur les feuilles les plus âgées. Mais tant que le champignon ne se propage pas à la gaine, inutile d'intervenir.

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