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Corinne Bach

Rédactrice en chef du PHR

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Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin

Une nouvelle équipe constructive et audacieuse

Vie professionnelle

Publié le 22/02/2018

Des liens renforcés

Pas moins de 13 nouveaux administrateurs ont intégré les rangs de cette nouvelle équipe. Pas facile de tous se connaître, alors que c’est primordial pour optimiser les relations de travail. Aussi, pour créer une réelle cohésion d’équipe, les JA avaient prévu un petit jeu brise-glace pour apprendre à se connaître : se présenter en racontant trois anecdotes, deux exactes et une erronée. Une belle partie de rigolade s’en est suivie… Une conseillère réseau de JA National a ensuite évoqué le fonctionnement du syndicat à l’échelle nationale, de quoi rappeler à chacun l’utilité et les fondamentaux du syndicat, mais aussi les valeurs communes qui lient tous les adhérents. Enfin, pour sceller l’équipe, chacun a pu redéfinir son rôle au sein du Conseil d’Administration, exposer ouvertement ses attentes vis-à-vis de son engagement et réfléchir aux moyens d’optimiser la circulation de l’information au sein du réseau.

Un projet de mandature ambitieux

Après cette phase de construction d’équipe, le nouveau Conseil d’Administration s’est attelé au principal objectif qu’il s’était fixé : bâtir son projet de mandature pour les deux années à venir. Aussi, l’ensemble des administrateurs s’est mis d’accord sur quatre priorités à travailler : l’installation, la communication, l’environnement et la création d’un label local.

Au niveau de l’installation, les JA souhaitent favoriser le renouvellement des générations en agriculture, notamment en travaillant sur l’aspect transmission. Concernant la communication, ils ambitionnent de se former à la communication positive pour être plus efficaces lors de leurs événements et pour développer un module « agriculture » dans les programmes scolaires des collégiens et des lycéens. L’objectif est bien d’éduquer à l’alimentation et à l’environnement les plus jeunes et le grand public. Côté environnement, le travail se fera d’une part en interne pour vulgariser le programme HVE 4 (Haute Valeur Environnementale) et réfléchir aux cultures énergétiques, et d’autre part avec les élus et les collectivités territoriales pour les dégâts de gibier, les cours d’eau et la qualité de l’air. Enfin, le dernier axe de réflexion est celui de la création d’un « label Alsace » pour les producteurs. Les JA 68 souhaitent créer une image de marque pour assurer une meilleure qualité et traçabilité aux consommateurs mais aussi ramener de la valeur ajoutée dans les exploitations alsaciennes.

Une formation sur le leadership

Au cours de ce séminaire, les JA 68 avaient invité Michaël Bernard, coach en entreprise, qui a pu les former au leadership afin d’apprendre à fédérer des équipes et mener des projets communs territoriaux. Ils ont ainsi pu découvrir les points clé de la motivation, tant sur le point psychologique, physique qu’émotionnel et décrypter les différentes sources de motivation pour être capable d’exalter chaque membre du réseau JA. Par ailleurs, pour être un bon meneur, il faut savoir communiquer efficacement. Les JA ont ainsi pu découvrir comment optimiser leur relation avec les autres et développer leur intelligence émotionnelle. En effet, un leader doit savoir se montrer attentif et à l’écoute, en faisant abstraction de son propre univers de référence. Cela permet de décrypter le discours verbal mais aussi non-verbal de son interlocuteur, pour être moteur dans un groupe. Enfin, les nouveaux administrateurs de JA 68 sont entrés dans le vif du sujet : le leadership, cette capacité d’une personne à fédérer un groupe, pour atteindre un but commun, dans une relation de confiance mutuelle. Par différentes mises en situation, Michaël Bernard a donné l’occasion à chacun de découvrir et construire son propre style de leadership, tout en apprenant à manager les autres styles.

Tous les administrateurs sont repartis ravis de ce séminaire, avec le sentiment de faire partie d’une équipe soudée, capable de relever tous les défis qui se présentent à eux pour redorer l’image de l’agriculture et tenter d’améliorer le quotidien des agriculteurs haut-rhinois.

Ensemble, relevons les nouveaux défis !

Vie professionnelle

Publié le 28/12/2017

2017 a été une année correcte pour l’agriculture alsacienne, après plusieurs années difficiles. Grâce à de bons rendements, le revenu des agriculteurs va s’améliorer quelque peu, même si les prix restent bas et que les trésoreries auront du mal à se reconstituer. La viticulture a connu une petite année en volume, mais la qualité est au rendez-vous. Dans le domaine de l’élevage, la situation s’est un peu améliorée, mais la conjoncture reste fragile.

Mais force est de constater que le moral des agriculteurs n’est pas toujours en phase avec le revenu. Les agriculteurs ont besoin de confiance, de reconnaissance et de perspectives. Et la période actuelle, de ce point de vue, pose beaucoup de questions.

Un nouveau président de la République a été élu au printemps dernier, une nouvelle majorité gouverne la France. De nouveaux équilibres se dessinent, à l’image de notre société. Une société où tout va plus vite, une société plus urbaine, des citoyens qui s’impliquent davantage dans les débats publics, via les réseaux sociaux, les ONG…

Les états généraux de l’alimentation souhaités par le président de la République s’inscrivent dans cette logique. Nous y avons mis beaucoup d’énergie pour un meilleur partage de la valeur ajoutée entre les différents maillons de la filière. Nous serons très attentifs pour que les annonces qui ont été faites se concrétisent.

Il faut aussi que le nouveau président de la République s’engage résolument pour donner une véritable ambition pour l’agriculture et la Pac en Europe et en France.

Les agriculteurs s’interrogent aussi face à certains débats qui tendent parfois à les stigmatiser. Le débat sur les pesticides, les clichés sur certains modes de production ou d’élevage en sont l’illustration.

L’agriculture vaut mieux que des caricatures. Elle a toujours su s’adapter aux évolutions de la société et des attentes des consommateurs. Encore faut-il fixer clairement le cap, laisser le temps suffisant et les moyens pour y parvenir.

Il y a une part d’irrationnel dans le débat actuel. Le modèle agricole français, et alsacien en particulier, garde toute sa pertinence : des exploitations moyennes, diversifiées, productives, des productions adaptées au marché, des filières souvent performantes et des consommateurs attachés à nos productions locales de qualité, qu’elles soient bio ou conventionnelles.

Nous restons persuadés que l’agriculture est un secteur d’avenir, avec de vraies perspectives de croissance. La meilleure stratégie est de garder le cap, de rester confiants, de s’adapter, d’investir pour améliorer nos performances et développer nos entreprises et nos filières de production.

La Chambre d’agriculture constitue à ce titre, et plus que jamais, le partenaire privilégié des agriculteurs pour les accompagner au quotidien, améliorer leurs performances mais aussi pour réfléchir et travailler à leurs projets, qu’ils soient individuels ou collectifs. Nos conseillers sont à l’écoute de vos besoins, n’hésitez pas à faire appel à eux.

La Chambre d’agriculture d’Alsace a réussi à relever le défi de la fusion en 2013.

Même si le périmètre de la région a changé en 2016, cette décision reste totalement pertinente.

La Chambre d’agriculture d’Alsace reste l’interlocuteur privilégié des agriculteurs, des collectivités territoriales et des services de l’état au niveau de notre territoire alsacien.

Nous avons aussi su mettre notre réseau en ordre de marche pour créer, organiser et donner corps à la Chambre régionale Grand Est à l’échelle de cette grande région agricole. Notre ambition, c’est de rester acteur des changements en cours.

Nous sommes en tout cas fiers d’avoir fait le choix d’une Chambre d’agriculture en mouvement, capable de peser sur les grandes orientations et prête à relever les défis de l’avenir.

Et c’est ensemble que nous souhaitons écrire cette nouvelle page pour notre agriculture au cours de l’année 2018.

Chers collègues viticulteurs, céréaliers, éleveurs, maraîchers, horticulteurs, producteurs spécialisés, fermiers aubergistes ou forestiers, que vous soyez jeunes agriculteurs, actifs ou retraités, permettez-moi de vous adresser mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Que 2018 vous permette de vous épanouir dans votre vie personnelle et professionnelle.

Que cette nouvelle année soit pour vous et vos proches, source de joie, de bonheur, de santé et de réussite.

Quelle année !

Vie professionnelle

Publié le 28/12/2017

Quelle année ! Vous me direz qu’on dit ça tous les ans. Soit...

Néanmoins, 2017 fut meilleure que 2016, c'est indéniable. Les rendements sont revenus à la normale pour la plupart des cultures. Mais n'oublions pas l'épisode de gel du printemps, qui a très tôt ruiné l'année de beaucoup de viticulteurs, d'arboriculteurs et de producteurs de petits fruits.

Alors rendements normaux, mais prix encore en berne, que ce soit en productions végétales ou animales. Difficile de rebondir avec ça !

Heureusement, le nouveau monde politique est passé par là ! Celui qui veut, comme nous, mieux d'Europe, qui s'oppose aux distorsions de concurrence, qui ne veut plus de sur-transposition de normes. Vous y avez cru ? Ce n'était que de la poudre de perlimpinpin comme aime dire notre bonimenteur de président.

Interdiction du glyphosate, signature de traités internationaux instaurant une distorsion plus importante que jamais… En termes de reniements entre promesses et actes, on tient un champion !

Malgré tout, restons mobilisés ! Et pour l'être dès janvier, pensez à vous ressourcer et profiter en famille de cette fête de Noël. Sans oublier de nous inspirer de la naissance du sauveur de l'humanité pour se dire que tout est possible…

Alors Joyeux Noël et une très belle année 2018 mes amis !

DDT

Aides de trésorerie : Fond d’allégement des charges

Pratique

Publié le 23/11/2017

Pour les exploitations ayant les plus fortes pertes de volumes, des problèmes de trésorerie peuvent apparaître fin 2017 et surtout en 2018. Le volet C du fond d’allégement des charges (FAC) permettant la mise en place d’une « année blanche bancaire » est ouvert aux viticulteurs. Ce dispositif permet un report total ou partiel des annuités bancaires en fin de tableau (nouveau prêt en remplacement ou réaménagement), avec une prise en charge des intérêts supplémentaires. Les prêts modulables ne sont pas éligibles au dispositif État (mais sont pris en charge par le conseil régional).

Critère d’éligibilité : baisse d’EBE au moins 20 %. La baisse d’EBE peut être calculée sur un EBE prévisionnel intégrant la récolte 2017.

Montant de l’aide : les coûts de restructuration sont répartis entre l’État (1/3), l’organisme bancaire (1/3) et le conseil régional Grand Est (1/3). La part État de l’aide doit représenter au minimum 500 € (idem pour la part du Conseil Régional). Le plafond est fixé à 20 % de l’échéance annuelle (intérêt et capital) avant restructuration. La transparence GAEC s’applique pour le plafond et le plancher.

Les aides relèvent du régime « de minimis » (15 000 € maximum d’aides cumulées sur 3 ans).

Date de dépôt : La demande doit être déposée en DDT avant le 31 décembre 2017.

Les exploitants souhaitant bénéficier de ce dispositif doivent contacter leur banque et leur organisme comptable. Pour toute information spécifique, vous pouvez vous adresser à votre DDT :

Pour le Haut-Rhin : Pascale Goulby (pascale.goulby@haut-rhin.gouv.fr ; 03 89 24 85 38) ou Élodie Pinheiro (elodie.pinheiro@haut-rhin.gouv.fr ; 03 89 24 82 70).

Machinisme

Le tracteur Valtra T254 Versu Smart Touch élu tracteur de l’année 2018

Technique

Publié le 16/11/2017

Après le Case IH Optum 300 CVX élu pour l’année 2017, c’est le Valtra T254 Versu Smart Touch qui a décroché la palme de « Tractor of the year 2018® ».

Dans la catégorie « Best of utility » c’est le Mc Cormick X6 VT-Drive qui a été couronné succédant ainsi au New Holland T5.120.

La catégorie « Best of specialized » a vu la victoire du Fendt 211 Vario V qui prend la suite Tony 9800 RT d’Antonio Carraro.

Enfin, le titre de « Best of design » a été attribué Valtra T254 Smart Touch qui prend la relève Deutz-Fahr 6215 RCshift.

Crise du beurre

La guerre des prix fait toujours rage

Élevage

Publié le 08/11/2017

Si l’envolée du prix mondial en est l’origine, la « pénurie » dans les rayons relève de causes bien plus complexes, en lien direct avec le mode de contractualisation entre transformateurs et distributeurs. Faute d’avoir pu renégocier les prix du beurre, les industriels ont dénoncé les contrats sur le beurre MDD, d’où une rupture d’approvisionnement des supermarchés, et ils ont commercialisé la crème et le beurre sur le marché libre, bien plus rémunérateur. Pour régler ce conflit, il ne sera sans doute pas suffisant d’invoquer « l’esprit des États généraux de l’alimentation » comme le fait Stéphane Travert. Cet épisode montre en tout cas que la guerre des prix est loin d’avoir pris fin et que les États généraux de l’alimentation s’attaquent à un vaste chantier.

Des rayons vides dans les supermarchés… Dans notre société de consommation et d’abondance, un tel spectacle interpelle. Il nous renvoie à un passé lointain, mais toujours enfoui dans nos mémoires collectives. Ces rayons vides, ou moitié vides, de beurre ont provoqué une flambée médiatique qui, sans aucun doute, a attisé les achats des consommateurs. « La crainte de la pénurie crée la pénurie », a résumé Stéphane Travert, dans une intervention sur RTL le 31 octobre.

Les raisons de cette situation sont multifactorielles. On peut vite écarter l’argument de la baisse de la collecte laitière. Celle-ci reste modérée à -1,2 % pour la France depuis le début de 2017 selon FranceAgriMer, et dans les mêmes proportions pour d’autres pays de l’UE comme l’Allemagne (- 1,1 %) ou les Pays-Bas (- 1 %). Au niveau mondial, on assiste plutôt à une légère hausse aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande et une stabilité en Australie. Certains mettent en avant une moindre incitation de la part des producteurs à produire de la matière grasse dans le lait. « Il faut aujourd’hui 23 litres de lait pour produire un kilogramme de beurre, alors qu’il en fallait 20 litres il y a trois ans », souligne Matthieu Labbé, délégué général de la fédération des entreprises de boulangeries (Feb) qui ont été les premiers à alerter sur la crise à venir, dès le printemps, car ils s’approvisionnent en beurre sur le marché libre et n’ont pas réussi à répercuter la hausse de leur prix de revient auprès de la grande distribution.

Des modes de contractualisation inadaptés à la volatilité des prix

Cette crise du beurre a pris ses racines sur des « fondamentaux » du marché tout ce qu’il y a de plus classiques. Le prix européen du beurre vrac connaît un pic actuel à 7 000 euros la tonne, contre 4 000 euros il y a un an et 2 500 euros en 2015. En effet, alors que la production mondiale de beurre devrait augmenter en 2017 de 7 000 tonnes, la consommation, elle, « est attendue en hausse de 50 000 tonnes », d’où un « déséquilibre entre l’offre et la demande mondiale en matière grasse », explique Pierre Begoc, directeur des affaires internationales chez Agritel, dans un communiqué le 26 octobre. Au niveau mondial, on redécouvre les vertus de la matière grasse, notamment du beurre. « Nous constatons cette mutation dans les pays asiatiques, avec le succès du croissant au beurre, illustre Matthieu Labbé. L’industrie de boulangerie-pâtisserie française en bénéficie avec 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’export ».

Dans le même temps, au niveau mondial, il est vrai que la production de beurre est en légère baisse (- 4 %), notamment en Nouvelle-Zélande. Par ailleurs, la hausse de la consommation américaine de beurre fait que les États-Unis sont moins présents sur le marché mondial. Mais ce n’est pas cela qui explique la pénurie de beurre dans les supermarchés français. « La raréfaction de beurre dans les linéaires des GMS est aussi la conséquence de modes de contractualisation qui ne sont pas adaptés à la volatilité touchant les matières premières », explique Agritel. Les industriels sont incités à « aller chercher une meilleure valorisation à l’export plutôt que via des engagements à prix fixes avec la grande distribution française qui ne permettent pas d’ajustement de prix en fonction des cours mondiaux ». « Certains us et coutumes de filières sont donc à dépoussiérer, poursuit Agritel, car la volatilité est là, bien installée et il faudra faire avec en utilisant de nouveaux outils de couverture ».

Fin de non-recevoir de la grande distribution

Depuis la loi de modernisation de l’Économie (LME) adoptée en août 2008, les fournisseurs doivent envoyer leurs conditions générales de vente (CGV) aux centrales d’achat des distributeurs avant le 30 novembre de chaque année. L’ensemble des déterminants du prix final facturé aux centrales d’achat doit être discuté avant une période limite fixée au 1er mars. « En cas de forte variation du prix en cours d’année, il est prévu des clauses de revoyure du contrat. Il y a obligation de renégociation, mais les parties ne tombent pas forcément d’accord », explique Hugues Beyler, directeur agriculture de la fédération du commerce et de la distribution (FCD).

Courant 2016, le prix du beurre avait déjà commencé à augmenter, mais pas suffisamment pour que les industriels changent leur stratégie commerciale. En revanche, en 2017, la flambée des prix s’est amplifiée chaque mois. Et les industriels ont reçu une fin de non-recevoir quant à une éventuelle renégociation des prix. Un petit nombre d’enseignes ont accepté de passer une hausse dans le courant de l’été, mais autour de 10 % seulement.

Les fabricants de beurre ont dénoncé les contrats sur le beurre MDD

Les fabricants de beurre s’approvisionnent en crème auprès des fabricants de yaourts qui utilisent du lait ½ écrémé (dont 60 % de la crème est extraite). « Au printemps, cette crème s’est retrouvée à un prix de marché de 7 €/kg d’équivalent beurre alors que la grande distribution n’acceptait pas d’acheter le beurre davantage que 4,50 €/kg au printemps puis 5 €/kg en été », explique Gérard Calbrix, directeur des affaires économiques de l’association de la transformation laitière française (Atla). Les fabricants de beurre ont alors assuré leurs contrats sur les marques nationales. En revanche, à partir du printemps, ils ont dénoncé leurs contrats sur les marques de distributeurs (MDD), « or, en France, quand on dénonce un contrat, on a une obligation de continuer à livrer pendant trois mois, ce qui nous a conduits jusqu’à l’été », poursuit-il. C’est pourquoi la crise n’est intervenue qu’à l’automne. Et les laiteries se sont tournées vers le marché spot et vers l’export, marché nettement plus rémunérateur. Ainsi, selon les dernières données des Douanes disponibles, en août 2017, les exportations françaises de crème conditionnée ont augmenté de 19 %, celles de beurre de 5 % et celles de poudre grasse de 6 % par rapport à août 2016.

« Nous avons renégocié cet été, mais nous n’avons pas voulu concéder une hausse importante considérant que ce n’est pas à la grande distribution, donc aux consommateurs, de donner une prime à la spéculation, explique un responsable d’une enseigne. C’est trop facile : quand les prix mondiaux des produits montent, on nous demande de nous aligner à la hausse, et quand ils baissent, on nous demande de faire tampon pour soutenir les producteurs, ce n’est pas logique ».

« Les producteurs encore les dindons de la farce »

Cette crise du beurre fait dire à André Bonnard, secrétaire général de la FNPL, que « rien ne change, rien ne bouge, nous sommes toujours dans la guerre des prix ». Selon André Bonnard, la LME oblige les fournisseurs à fournir le marché alors que les distributeurs ont le droit de ne pas réévaluer les prix. Les industriels leur font payer sur les marques distributeurs parce qu’aujourd’hui ils sont dans un rapport de force favorable sur la matière grasse. « Ils se comportent de la même façon que la grande distribution, analyse-t-il. Et quand le rapport de force va changer, ces derniers vont leur faire payer à leur tour. Et au final, les dindons de la farce sont toujours les producteurs, alors qu’ils sont totalement hors du jeu. » Fin octobre, les éleveurs laitiers ont distribué aux clients des supermarchés des tracts où l’on pouvait lire : « Si ce rayon est vide, c’est que ce magasin ne veut pas payer le beurre à son juste prix ! ».

Pour sortir de ce conflit commercial entre la distribution et les industries laitières, Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, a proposé, dans son intervention sur RTL le 31 octobre, que « l’esprit des États généraux de l’alimentation souffle sur ces négociations », ce bras de fer étant selon lui « un test grandeur nature » pour les États généraux. Il a demandé aux distributeurs de « passer des hausses de prix auprès des transformateurs ». « Je sais que certains ont déjà accepté », a précisé le ministre citant Système U et Auchan (qui ont une centrale d’achat commune). « J’appelle chacun à prendre ses responsabilités pour que les consommateurs puissent trouver du beurre en quantité suffisante, et dans les négociations commerciales qui vont démarrer bientôt, je veux qu’il y ait de l’écoute et de la concertation ».

« La phrase de trop » de Stéphane Travert

Stéphane Travert a expliqué dans cet entretien qu’il avait fait parvenir un courrier le 30 octobre à l’interprofession laitière (Cniel). « Nous souhaitons que l’interprofession puisse entamer une discussion avec les producteurs, les distributeurs et les transformateurs pour permettre de sortir de cette situation. » Une déclaration qui est « la phrase de trop » pour la FNPL. « Le ministre est en dehors des réalités, s’insurge André Bonnard, de la FNPL. L’interprofession n’a pas le droit de discuter des prix, du fait du droit de la concurrence. Il ne s’agit en rien d’un problème interprofessionnel mais de relations commerciales entre deux types d’opérateurs », dont l’un – la grande distribution – ne fait d’ailleurs pas partie du Cniel. « Nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours, a réagi Gérard Calbreix, d’Atla. Système U et Auchan sont les deux enseignes les plus intelligentes et les plus réalistes par rapport au marché, mais c’est le plus extrême (Leclerc, N.D.L.R.) qui remporte chaque année 0,5 à 1 % de part de marché, ce qui tétanise tous les autres ».

Le 31 octobre au soir, le ministère de l’Agriculture assurait que les choses étaient en train de se débloquer, qu’outre Système U et Auchan, Carrefour avait aussi accepté des hausses sur les marques nationales et la MDD, et même que Leclerc « avait fait savoir qu’il allait faire un effort ».

« Que chacun prenne ses responsabilités »

Pour André Bonnard, le ministre de l'Agriculture regrette que ce dernier ait « sous la main un cas d’école » montrant les dysfonctionnements commerciaux et « qu’il n’en fasse rien ». Au contraire, au ministère, on assure avoir volontairement évité de convoquer tous les acteurs pour trouver une solution venant d’en haut et « reprendre le même schéma : crise, réunion, règlement temporaire du problème et re-crise trois mois plus tard », l’idée étant « que chacun prenne ses responsabilités » comme le répète inlassablement Stéphane Travert. « Nous sommes favorables à la prise en compte du coût de production. Ceci doit s’accompagner d’une réelle transparence de la part des industriels, notamment sur le mix produit », insiste Hugues Beyler de la FCD qui demande aussi d’intégrer l’interprofession laitière. C’est dans cet esprit qu’une charte devrait voir le jour, engageant les producteurs, les transformateurs et les distributeurs à respecter « l’esprit des États généraux » dans les prochaines négociations commerciales, faute de texte législatif. La signature serait imminente. Esprit des États généraux, où es-tu ?

Agrapresse

Confrérie Saint-Étienne d’Alsace

Les délégations à l’honneur

Vigne

Publié le 30/10/2017

Avec ses 70 ans d’existence, la confrérie Saint-Étienne d’Alsace affiche une jeunesse insolente. Pour célébrer l’élan d’ouverture des vins d’Alsace sur le monde, le grand maître, Pascal Schultz, avait tenu à mettre toutes les délégations internationales à l’honneur : la Suède, la Californie, le Texas, l’Irlande, les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne se sont retrouvés à « la maison mère ».

Une confrérie qui rayonne à travers le monde

« Grâce à vous, leur dit le grand maître dans son allocution d’ouverture du chapitre, la plus vieille confrérie de France est aussi la plus rayonnante à travers le monde, vecteur essentiel d’une politique tournée vers l’Europe, l’Amérique et l’Asie ». Comme tous les chapitres, celui-ci a respecté les rites de la maison, avec la prière du receveur, Jean-Paul Goulby, l’art de la dégustation par Jean Adam, témoin de la refondation de la confrérie en 1947 à Ammerschwihr, puis les dégustations commentées et les intermèdes musicaux avec le Weber Band pour la touche alsacienne, et les intronisations.

Les quelque 21 consœurs et confrères apprentis, suivis des 19 compagnons et des 7 maîtres ont tous promis longue fidélité aux vins d’Alsace. La plupart des promus sont membres des délégations étrangères ; les vignerons d’Alsace savent que nombre d’entre eux - surtout les Suédois - sont des dégustateurs redoutables d’une extrême justesse. Paul Bance, du domaine Zusslin à Orschwihr, a ensuite été reçu confrère vigneron. Après un merveilleux riesling 1975, sa majesté Justine Schmitt, reine des vins d’Alsace, et ses dauphines Clémence Bléger et Marie Grund, ont rejoint les rangs des consœurs et confrères œnophiles, tout comme Yoshio Umeda, médecin (ancien ORL aux Hospices de Strasbourg) œnologue sommelier et à présent directeur de l’École du vin de Tokyo, et Michel Rossi, gouverneur de la noble confrérie des Olifants du Bas-Lac en Pays de Neuchâtel (Suisse). Enfin, le Général Nicolas Casanova, gouverneur militaire de Strasbourg depuis le 1er août, est entré dans le cercle restreint des confrères d’honneur ; le saint-cyrien, épicurien, écrivain à ses heures et marin puisque né à Brest, qui s’est forgé une brillante carrière militaire dans les présences françaises au Moyen-Orient et en Afrique, a montré une grande aisance à l’épreuve du loyala !

En clôture, le héraut Jean-Louis Vézien a lancé une harangue (en anglais et en français) sur l’image des vins d’Alsace à travers le monde : bien que ne représentant que 0,3 % de la production mondiale, le plus grand vignoble de blancs en France sait faire parler de lui depuis le plus haut Moyen-Âge, aujourd’hui grâce à ses nombreux ambassadeurs passionnés. Lors du dîner du chapitre qu’il avait composé, le jeune chef étoilé Jérôme Jaeglé, dont c’était la première au château, a été élevé au rang de confrère sénéchal sous les applaudissements des 190 convives ravis.

Foire Simon et Jude de Habsheim

En route pour la 23e fête de l’élevage

Élevage

Publié le 25/10/2017

Un concours de l’envergure de Habsheim suppose une organisation sans faille et des partenaires tous azimuts. Les éleveurs du Syndicat Montbéliard du Haut-Rhin et du Club Holstein 68 sont les piliers du concours interdépartemental. Les éleveurs du Syndicat des Salers d’Alsace les ont rejoints depuis 2015. Avec l’appui de la Chambre d’agriculture d’Alsace et d’Elitest, les éleveurs s’investissent dans la mise en place de la manifestation. Vous retrouverez dans le catalogue des animaux, sur les banderoles du ring et à travers les différents stands, les nombreux partenaires organisationnels et financiers qui contribuent à mettre en œuvre cet événement annuel.

Une mise en valeur du travail de l’éleveur

Les éleveurs s’activent aux derniers préparatifs et participent avec énergie aux tâches annexes : ils assurent le montage et le démontage des structures sous chapiteau, l’acheminement de matériel, fignolent la préparation de leurs animaux, tout en assurant la conduite de leur exploitation.

La mise en valeur du travail au quotidien de l’éleveur constitue l’essence du concours départemental. À l’aide des conseils prodigués par ses techniciens, l’éleveur réalise une importante tâche de sélection des animaux et de conduite du troupeau. Les performances zootechniques et la morphologie des sujets viennent récompenser cet investissement. C’est sur les critères morphologiques : aplombs, gabarit, mamelle, que le juge est appelé à réaliser son classement.

Pour les éleveurs, le concours départemental est également l’occasion d’échanger, de comparer, d’en tirer des objectifs pour sa future conduite de troupeau.

Les éleveurs présenteront également des vaches en 6e, 7e, 8e et même 9e lactation, pour mettre en avant avec fierté la longévité des animaux dans leurs exploitations.

Trois juges pour trois concours

Chaque race est jugée par un juge unique qui classe les animaux par section selon leur conformation. La constitution des sections s’effectue selon le rang de lactations des animaux, puis leur âge. Les sections sont elles-mêmes subdivisées en sous-sections. Dans chaque sous-section, le juge désigne la première et la meilleure mamelle (pour les vaches laitières). Les premières et deuxièmes de section, et les meilleures mamelles, se retrouvent en fin des opérations du jury pour les championnats.

Les Juges officiant en 2017 à Habsheim sont : Jacques Rouiller, pour la race Holstein, Jean Baptiste Cassard, pour la race Montbéliarde et Pierre Laceppe, pour la race Salers.

Les juges auront également pour mission de départager les meilleurs présentateurs, chacun pour la race le concernant.

Le syndicat des éleveurs Alsacien de la race bovine Salers, investira le ring dimanche matin à 10 h 30 pour le concours de la race, qui sera jugé par Pierre Laceppe du Herd-Book Salers. Les éleveurs ont retenu et préparé dans leurs fermes, leurs plus belles génisses et vaches allaitantes afin de vous montrer le travail de sélection qu’ils effectuent et de partager leur passion pour cette race. N’hésitez pas à venir poser vos questions à ces éleveurs qui vous répondront avec enthousiasme.

D’autres races en présentation

En plus des races Prim’Holstein, Montbéliarde et Salers, vous aurez également la possibilité de découvrir d’autres races bovines élevées par des passionnés. Certes en effectif limité dans nos paysages, Margaux et Guillaume Hoffstetter de Largitzen vous présenteront Hmp Laika et Nynylya Ly, toutes deux de race Jersiaise ; ainsi que des vaches de race Vosgienne appartenant à l’EARL Iiltis de Sierentz compléteront la présentation qui aura lieu le dimanche 29 octobre à 12 h et le lundi 30 octobre à 10 h 30.

Des vaches jugées et présentées par les jeunes

Présenter un animal sur un ring est tout un art, auquel de jeunes passionnés se sont formés au cours de l’année, sous la conduite de Sylvie Wiest, Maxime Springinfsfeld, Alexandre Wintzenried et Élodie Pinheiro. Toutes les techniques apprises seront mises à profit lors de ce concours du meilleur présentateur. Elles sont nécessaires pour persévérer dans la professionnalisation du concours de Habsheim. Elles sont indispensables pour prétendre à des concours de plus grande envergure, Paris ou Swiss Expo, et c’est bien là une des vocations du concours départemental de Habsheim : être un tremplin vers d’autres concours. Un bel animal augmente ses chances de se classer s’il est bien présenté.

La finale de jugement de bétail est habituellement organisée par le Lycée agricole de Rouffach, sous la conduite de Mme Christine Lagel, responsable formations agricoles au CFA de Rouffach, en partenariat avec la Chambre d’agriculture et Elitest, et rassemble des candidats issus des divers établissements d’enseignement agricole ou agronomique : Lycée de Rouffach, CFA de Rouffach, IUT d’agronomie de Colmar.

La finale de jugement de bétail trouvera sa place à la fête de l’élevage, lors d’opérations de pointage qui auront lieu dimanche matin. Une présélection a retenu 20 candidats, 10 par race. Ils auront à pointer 2 animaux de la race pour laquelle ils ont été retenus. Les vainqueurs auront l’honneur de représenter l’élevage départemental lors de la Finale nationale, au prochain Salon de l’Agriculture à Paris. Les prix des trois premiers par race seront remis lors de l’inauguration, dimanche après-midi à 16 h 30.

Le métier d’éleveur, ça commence tout petit : les enfants défileront avec leur veau dimanche et lundi, et se prêteront au jeu des questions d’Armand Mathieu, notre Jacques Martin régional. Les plus grands concourront pour le prix du meilleur présentateur dans chaque race, sous l’œil avisé des juges respectifs.

Promotion des races de bovins viande

L’APAL, Association de Production Animale de l’Est, sera présente cette année avec 10 bovins de race Charolaise et Limousine afin de promouvoir les races bovins viande, présenter la marque de viande locale « Goûtez l’Alsace – S’esch güat » et proposer de la dégustation de cette viande locale. Cette action sera soutenue par Interbev. L’APAL agit auprès de ses adhérents pour valoriser leur production et leur proposer différents services techniques et commerciaux. Ainsi elle est créatrice de filières, que ce soit dans le cadre de démarches qualité ou de proximité. La connaissance de l’offre de ses adhérents, lui permet de répondre à des demandes d’animaux spécifiques sur un secteur géographique donné. Trois éleveurs feront le déplacement avec leurs animaux afin de vous les présenter, En race Charolaise, l’Earl du Fronacker de Brinckheim et le Gaec de la Source à Wickersheim et en race Limousine, le Gaec des Limousines à Wolfersdorf.

Se restaurer

Le bar des éleveurs, point de rencontre fort convivial et idéalement placé sous le chapiteau, juste à côté du ring, sera tenu comme de coutume par Valérie Nass, Jean-Pierre Meyer et leur équipe, qui vous proposera des boissons chaudes, des boissons froides et de la petite restauration. Vous aurez également la possibilité de vous restaurer au stand « Bienvenu à la ferme » et pourrez déguster des produits locaux sur les stands de promotion présents.

Le Club de Foot de Habsheim assurera la restauration dans la salle de l’OMSAL. Des tickets seront disponibles à la vente au bar des éleveurs.

N’hésitez pas à venir visiter ce haut lieu de rencontre de l’élevage qu’est le concours de Habsheim !

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