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David Lefebvre

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Maladies du bois

Cernées par la recherche alsacienne, vont-elles capituler ?

Vigne

Publié le 09/08/2018

Excepté l’arséniate de soude, interdit, il n’existe pas encore de solutions tangibles contre les maladies du bois. Mais on s’en approche très sérieusement. Réunies dans un comité technique, toutes les forces R&D agronomique du vignoble - du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, de l’Association des viticulteurs d’Alsace, de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) et de la Chambre d’agriculture - travaillent activement de concert pour comprendre ce dépérissement des ceps et trouver des solutions. Ainsi se met en place une recherche d’un nouveau genre, dans une approche plus sociologique, co-constructive, transversale, et moins compartimentée. Les structures formant ce comité technique sont désormais rassemblées au Biopôle Adrien Zeller.

« En 1980, les maladies du bois n’existaient pas, aujourd’hui, on replante par milliers », explique Yvan Engel, vigneron et président de cette commission. Il rappelle que les pertes d’exploitation liées aux dépérissements seraient évaluées au plan national à 1 milliard d’euros, « soit deux fois le chiffre d’affaires du vignoble alsacien, voire plus », précise-t-il. Et 30 millions d’euros de perte pour le vignoble d’Alsace, précise Christophe Bertsch, directeur du Laboratoire vigne biotechnologies et environnement du Biopôle. C’est ce chercheur qui dirigera le comité qui concentre les forces vives de la recherche alsacienne.

Le tronc, « un bioréacteur à champignons »

Les vignobles ont déjà connu bien des crises sanitaires : l’oïdium, le mildiou, le phylloxera… Pour chacune, des solutions « phytopharmaceutiques » ou biologiques ont été trouvées, rappelle Christophe Bertsch. Face au phylloxera notamment, le greffage sur porte-greffe ne constitue-t-il pas une parade biologique ? Christophe Bertsch appelle les vignerons à « enlever [leurs] œillères » pour aborder les maladies du bois. Car elles n’ont pas le comportement classique des autres maladies cryptogamiques. Les agents pathogènes étant situés dans le tronc du cep, « véritable bioréacteur à champignons lignicoles », toutes les approches de traitement classiques sont inefficaces.

Déjà au début du XXe siècle, Pierre Viala (1859-1936) décrit l’esca avec des dessins tout à fait caractéristiques d’Henri Boisgontier. Vers 1921, René Lafon, un ingénieur agricole, dresse une monographie sur les maladies du bois, particulièrement avant-gardiste. C’est François Dal qui exhume au début des années 2000 toutes les préconisations de tailles non mutilantes et de respect des flux de sève, déjà décrites par René Lafon à propos d’une taille charentaise proposée par le vigneron charentais Eugène Poussard. Mais la taille n’est pas le seul moyen de lutte. Frédéric Schwaerzler, conseiller technique de la Chambre d’agriculture d’Alsace, dresse un inventaire des pratiques visant à limiter l’expression de l’apoplexie (lire en encadré).

Le plan national dépérissement

Avec une gouvernance inédite État-FranceAgriMer-interprofessions, le plan national dépérissement se penche beaucoup sur les maladies du bois. Il regroupe les acteurs concernés : Chambres d’agriculture, IFV, filière pépinière, Inra, universités, État. Ce plan s’appuie sur quatre fondamentaux : « Il remet le viticulteur au cœur de la lutte, il vise à relancer la production d’un matériel végétal de qualité et en quantité, il centralise au plan national l’observatoire des maladies du bois, et il promeut une R&D co-construite. » Quatre facteurs de dépérissement sont observés : biologique, stress environnementaux, stress culturaux et l’environnement sociotechnique, afin d’étudier s’il n’existe pas de fracture technique en viticulture, coresponsable des dépérissements, énumère Héloïse Mahé, chargée de mission pour le plan national dépérissement. Elle rappelle que chaque vigneron peut consulter le site www.plan-deperissement-vigne.fr. Particulièrement interactif, c’est une mine d’informations pour le viticulteur.

Œnologie, conférence d’AEB Group

Malolactique : la cofermentation pour une meilleure protection bactérienne

Vigne

Publié le 09/08/2018

Pour la fermentation malo-lactique, on connaissait la co-inoculation, voici désormais la co-fermentation. En co-inoculation, les souches sélectionnées de bactéries lactiques sont introduites en début de fermentation alcoolique, elles se mettent en « stand-by » le temps que les levures accomplissent leur œuvre, puis prennent le relais pour métaboliser l’acide malique en acide lactique. Mais voici donc la cofermentation, un phénomène souvent observé naturellement chez les vignerons où la fermentation lactique se déroule en même temps que la fermentation.

Ce que propose désormais le groupe AEB avec son levain Armonia, c’est de maîtriser ce phénomène. La conférence était assurée par Arnaud Immélé, l’œnologue qui avait mis au point Primaflora, une technique de protection des jus avec un complexe de levures non-saccharomycès et de saccharomyces en remplacement du sulfitage, directement sur la vendange. Là, on va plus loin avec aussi une protection de bactéries sélectionnées de souche oenococcus oeni, toujours donc dans un schéma de vinification sans adjonction de sulfites à la vendange et sous le pressoir et avec « bioprotection des jus ».

Parce que le sulfitage des jus est aujourd’hui bien identifié par une frange toujours plus importante de consommateurs, et affecte la buvabilité des vins par les amertumes extraites et solubilisées, de plus en plus de vinificateurs cherchent à trouver des alternatives aux sulfites ajoutés à la vendange ou au moût.

Or, avec les températures élevées des vendanges de plus en plus précoces - en cela, 2018 sera un cas d’école -, « l’on s’achemine vers de plus en plus de problèmes bactériens », fait remarquer Arnaud Immélé. Mais en général, là où prolifèrent les bactéries, les levures ont du mal à s’implanter, que ce soit d’ailleurs des souches sélectionnées ou pas. La conséquence, c’est des fermentations levuriennes difficiles, des piqûres… Il fallait donc trouver aussi une solution à cette question bactérienne. D’autant que si les souches naturelles de levures, exceptées les brettanomycès, causent globalement « peu de dégâts aromatiques » souligne Arnaud Immélé, les bactéries peuvent en revanche conférer des goûts marqués, la piqûre acétique, la tourne, la graisse, avec des substances à forte empreinte gustative : diacétyles, acides butyriques, les acides de la série acétique. Et aussi des amines biogènes, substances allergisantes. Notons cependant qu’une étude financée par l’Europe a davantage incriminé dans ce dossier l’azote assimilable que les souches de bactéries.

La souche cofermentaire sélectionnée présente la particularité de produire peu de diacétyle, peu d’amines biogènes même en présence d’azote assimilable ajouté ou endogène, et peu de cétones qui combinent le soufre. Dans ce schéma, il faut donc prévoir de diminuer le sulfitage à la mise en bouteille. L’Armonia s’intègre donc dans un process bien défini où le vin peut séjourner sur des lies, sans risques de déviation.

Baehrel Agri

Gamme 3700, des nouveaux « Massey » pour la viticulture

Technique

Publié le 01/08/2018

Dans la foulée du succès de la série MF 3600, Massey Ferguson a voulu étendre sa gamme de tracteurs viti-arbo avec les 3700, quatre puissances de 3707 à 3710, de 75 à 105 ch, une série propulsée par un 4 cylindres common rail. C’est la version spécialisée MF 3709 V qui est exposée à la foire aux vins. Les composants du bloc-moteur ont été redessinés pour plus de compacité. Ce qui permet à Massey Ferguson de proposer un tracteur relooké et rabaissé, conférant plus de visibilité à son chauffeur.

Quatre possibilités de transmissions sont disponibles : avec inverseur mécanique 12/12, ou 24/24 HI/low ou speedshift électro hydraulique, ou une boîte 24/12 électro hydraulique powershuttle ou speedshift. Sur ces deux dernières options, le conducteur bénéficie de 8 rapports sans pédale d’embrayage avec une commande centralisée au joystic (en version Efficient).

En version vigneron, le 3700 mesure 1 m de large. Ses capacités hydrauliques pour les engins animés sont plus qu’honorables. En option, deux pompes ou trois pompes pour un débit max de 93 l/min pour le relevage arrière et les distributeurs.

Le poste de pilotage a été revisité pour plus de confort. La cabine peut être proposée en version semi-plateforme. L’ensemble des commandes est rassemblé sur une console. Pour tourner plus court en fourrière, le 3700 peut disposer d’un système de désaccouplement automatique des roues motrices en fonction de l’angle de braquage. L’éclairage a été également revu pour plus de lumière la nuit.

Enfin, le 3700 est également proposé en version F comme fruitier, GE pour surbaissé, WF pour fruitier large des zones de polyculture en pente. Il admet donc aussi un chargeur frontal, un relevage avant avec prise de force.

Soirée des Jeunes CAC Ampélys

« Pour être plus forts demain, ensemble ! »

Technique

Publié le 01/08/2018

Ils sont viticulteurs, récoltants-manipulants ou coopérateurs, agriculteurs céréaliers de la plaine d’Alsace, agriculteurs polyculteurs-éleveurs du Sundgau, arboriculteurs, maraîchers, en filière biologique ou conventionnelle, installés à temps complet ou en pluriactivité… Mais vendredi soir, ils étaient surtout coopérateurs dans l’âme, adhérents de CAC Ampélys. Et c’est toute cette diversité et richesse humaine que la grande coopérative haut-rhinoise veut mettre à profit pour écrire son avenir.

Anticiper

Car « c’est par votre esprit de jeunes que nous arrivons à imaginer de nouvelles choses, votre esprit critique et d’ouverture, votre dynamisme que nous pourrons anticiper », leur a lancé Jean-Michel Habig, président de la coopérative, et agriculteur céréalier à Ensisheim. « J’espère beaucoup de vous, a poursuivi le président, car c’est par vous que demain nous existerons. » Le jeune président invite ses adhérents à prendre part aux débats internes sans crainte : « Soyez moteur, dites ce que vous pensez. Même si tout n’est pas juste, il y a toujours une part de vérité. Même si ça prend du temps pour que vos propos se réalisent, dites-vous que vous aurez apporté une pierre à l’édifice. C’est sur vous que nous comptons. »

Enrichissement mutuel

Car le monde agricole doit relever bien des défis : le plus imminent est « la séparation entre la vente et le conseil en produits phytosanitaires. Ça va changer les pratiques », prévient Jean-Marc Schacherer, directeur de la CAC. La valeur coopérative, rappelle-t-il, par la mise en commun, les échanges, l’enrichissement mutuel, permet d’amener des solutions. Et d’abord de réfléchir ensemble à ce que sera « l’agriculture de demain dans le Haut-Rhin », pour l’accompagner « au mieux dans les services et les conseils ».

Prévenir et mutualiser les risques

La qualité de services : c’est d’ailleurs l’un des principaux souhaits des jeunes adhérents, invités à s'exprimer chacun leur tour sur leurs attentes. Pour les uns, le groupe permet de mutualiser les risques en rapport aux essais mis en place pour envisager de nouvelles solutions agronomiques. Bon nombre des jeunes adhérents disent leurs inquiétudes face aux pressions sociétales. L’action de groupe permet soit de mieux y résister quand ces pressions sont déraisonnables, soit d’entrevoir des solutions, sur la base d’expérimentations mises en commun. Si la qualité des conseils techniques, des analyses, des essais arrivent en tête, au-delà, ce sont surtout les valeurs humaines que les jeunes adhérents de CAC Ampélys souhaitent cultiver : « Échanger, s’enrichir mutuellement, transmettre, développer le relationnel humain, avancer ensemble, être acteur en technique et se démarquer, prévenir et mutualiser les risques et savoir en tirer les enseignements », a-t-on souvent entendu.

Bientôt en Ukraine

Les jeunes adhérents devraient incessamment se retrouver en Ukraine pour un voyage d’étude, histoire d’ouvrir leurs horizons. Mais dans l’immédiat, les jeunes viticulteurs du groupe avaient apporté chacun un de leur vin, qu’ils ont présenté : une cuvée Black papillon de Wolfberger, un crémant prestige de Wolfberger, un riesling Brand 2013 de la cave de Turckheim, un rouge de Saint Hippolyte 2013 du domaine Koeberlé et un autre pinot noir du domaine Freudenreich à Eguisheim.

Pour Élodie Richard, responsable marketing à la CAC et également en charge de l’animation des Jeunes Agriculteurs Coopérateurs, et Jean-Michel North, responsable d’Ampelys, artisans de l’alchimie de cette soirée, il s’agit aussi de préparer la coopérative à l’agriculture de demain. Car « vous en serez les administrateurs », leur ont rappelé le président et Christian Dietschy, administrateur, et président de la commission jeunes de la CAC.

Événements DiVines & Vous 2018

La magie des DiVines enchante

Vigne

Publié le 31/07/2018

Elles sont vigneronnes, chercheuses, sommelières, œnologues… Ce sont les DiVines d’Alsace, cette association qui œuvre avec sa touche féminine dans l’événementiel autour du vin d’Alsace. Et qui réussit tout ce qu’elle entreprend grâce à cette fraîcheur féminine permettant d’aborder les vins d’Alsace avec délicatesse et sous un regard nouveau.

Parmi les événements proposés par l’association, le désormais traditionnel et attendu rendez-vous estival DiVines & Vous, intitulé cette année « La magie du Vin ». Les DiVines ont proposé sept rendez-vous semi-nocturnes dans sept domaines viticoles du vignoble : des soirées animées par le magicien mentaliste Tibo Fino et décorées par Caroline Fischer. De table en table, le magicien proposait des tours, entrecoupés de dégustations mets et vins imaginées par les DiVines, et une présentation de chaque vin.

Parmi ces rendez-vous, le 18 juillet, c’était au tour du domaine de Céline et Yvan Zeyssolff à Gertwiller d’accueillir les convives, une soixantaine au total, qui se sont prêtés avec délectation, et souvent stupeur, aux tours de passe-passe extraordinaires du magicien. Dans le cadre exceptionnel de ce domaine, croqué par le dessinateur Laurent Bessot, Céline Zeyssolff présentait ses vins, accompagnée de Marion Borès, vigneronne à Reichsfeld, et de Mathilde Beck-Hartweg, vigneronne à Dambach-la-Ville. Les trois DiVines avaient cuisiné elles-mêmes la plupart des mets accompagnant les vins. Une réalité bien agréable après des illusions tout aussi agréables.

Institut d’État de la viticulture à Fribourg

Drones, conduite assistée et robots en démonstration

Vigne

Publié le 28/07/2018

Toujours prisées des viticulteurs alsaciens, les démonstrations du Deutsch Weinbauinstitut (WBI Freiburg) avaient pour thème cette année les hautes technologies : drones, engins télécommandés, capteurs, GPS…

L’institut de Freiburg s’est procuré un drone de traitement DJI Agras MG-1S. (Voir notre article « une drone de révolution se prépare », publié le 12 décembre dernier). Objectif : en évaluer son efficacité et acquérir des références en vue de faire évoluer la législation allemande sur les aéronefs en agriculture.

Chez Clémens était présenté le C-Control, premier dispositif qui centralise simultanément dans un joystick toutes les commandes de transmissions depuis le tracteur à des engins animés - prises de force, sorties hydrauliques, relevages avant et arrière - avec mémorisation des commandes pour faciliter les manœuvres en bout de rang.

La firme suisse Aebi, surtout spécialisée dans l’outillage d’entretien des espaces verts en forte pente et des terrains de sport, proposait un porte-outil radiocommandé, à centre de gravité particulièrement surbaissé pour les pentes les plus raides. Ce porte-outil fonctionne avec des batteries lithium-ion. L’originalité de la présentation résidait dans le capteur couplé à ce porte-outil. Le Row Crop Pilot est développé par la société allemande RobotMakers. Il permet d’autoguider l’engin grâce à un balayage laser et à un système de traitement des données de reconnaissance de formes lui permettant de circuler sans assistance humaine dans les rangées de vigne. Il était couplé à un chien-porteur Niko sur chenillettes.

Chez Fendt, le Vario 210 VA était équipé du système d’autoguidage PSR de Reichhardt électronics, qui présente l’originalité de coupler le GPS et des senseurs (palpeurs mécaniques ou capteurs ultrasons) pour plus de précision de guidage.

Deux autres outils d’aide à la décision étaient présentés dans les locaux du WBI : Vitimeteo Plasmopara, un modèle d’estimation du risque maladie développé par l’Agroscope et le WBI, et Weinmannpro, un logiciel de gestion et de traçabilité en cave.

Retrouvez cet événement en vidéo :

 

Déphy Tour 2018. Étape à Rouffach

Objectif : mieux traiter

Vigne

Publié le 28/07/2018

Organisé conjointement ou même simultanément dans tout le Grand Est dans différentes filières, le Déphy Tour se tenait le 19 juillet à Rouffach, où de nombreux vignerons sont venus écouter les intervenants. C’est dans le cadre du plan national Écophyto, publié en 2015, qu’a été mis en place le réseau de fermes Déphy, devant servir de référence technique pour engager la révolution technique qui vise à réduire de 25 % d'ici 2020 et de 50 % d'ici 2025 les épandages de produits phytosanitaires. Une équation délicate pour la filière viticole alsacienne, qui cherche parallèlement par tous les moyens à réduire ses coûts de production, dans un contexte économique tendu…

Réduire l’IFT et donc la dose épandue

Constitué en 2012, ce réseau comprend, s’agissant de la viticulture alsacienne, deux exploitations : celle du lycée viticole et celle de Florian et Mathilde Beck-Hartweg. Concrètement, elles sont le lieu de démonstrations, d’expérimentations, et servent de référence à l’élaboration de systèmes économes en intrants. Dans l’ensemble des filières, à l’échelle du Grand Est, et entre 2010 et 2015, l’indice de fréquence des traitements (IFT) a baissé de 12 % pour les grandes cultures, de 30 % pour les cultures légumières en plein champ, de 6 % en arboriculture et de 17 % en viticulture. Rappelons que l’IFT se calcule à partir du rapport entre la dose réellement appliquée et la dose de référence, elle-même définie à partir de la dose homologuée. Pour diminuer l’IFT, et donc pour être plus économe en produits phytosanitaires, il faut donc diminuer la dose épandue dans l’environnement. Comment ?

Des panneaux efficaces mais encombrants

L’Écospray de Lipco, un pulvérisateur à panneaux récupérateurs, était présenté par les établissements Niess. L’Écospray revendique 40 % d’économie de produit phytosanitaire grâce à son système de récupération et de recyclage des bouillies. De 20 à 70 % en réalité sur l’ensemble de la campagne en fonction de la densité de feuillage. Relativement encombrant, ce pulvérisateur dispose en outre de réglages hydrauliques sur la flèche. Le double essieu et les rampes/panneaux de pulvérisation lui permettant de rester parfaitement centré sur le rang de vigne. La démonstration a fait état d’un confinement parfait de l’application, sans aucune dérive.

Quali’Drop

Une autre solution, plus accessible pour réduire l’IFT, consiste à bien régler les pulvérisateurs, de manière à ce qu’un maximum de produit atteigne sa cible. C’était l’objet de l’atelier consacré à Quali’Drop de Syngenta, un banc d’essai d’évaluation de la bonne répartition de la pulvérisation. Le panneau cible permet de visualiser la bonne qualité du « mouchetage » révélant les impacts de gouttelettes et leur bonne répartition sur l’ensemble du plan de palissage de haut en bas. Et donc de régler en conséquence les buses et leur orientation pour éviter la dérive au-dessus du palissage et les pertes au sol.

Drones : des avancées techniques à attendre

Une autre voie d’avenir pour réduire le recours aux intrants réside dans la viticulture de précision afin de ne traiter que les zones touchées par les maladies ou les ravageurs. Au stand consacré aux drones, Arnaud Sohler, fondateur de la société AéroVision, présentait plusieurs engins équipés de caméras. L’état de la technologie des caméras dites multispectrales permet d’apprécier la vigueur, les stress hydriques, les pieds manquants et l’état de maturation pour les cépages rouges. Dans un avenir proche, on peut espérer qu’elles renseignent également sur les attaques fongiques. De manière à pouvoir ensuite cibler les traitements par drone sur la zone géoréférencée : c’était l’objet de l’autre démonstration proposée par Frédéric Billard, de la société Europulvé, spécialisée dans le contrôle des pulvérisateurs, et qui s’intéresse désormais aux drones de traitement. L’originalité de l’aéronef DroneVolt, présenté ce jour-là, réside dans le mode de traitement, avec une cuve à produits sous pression, donc sans pompe embarquée. Les premières applications concernent le maïs, avec la dispersion de capsules de trichogrammes pour lutter biologiquement contre la pyrale.

Nous reviendrons ultérieurement sur le bilan de l’observation des flux de cuivre dans l’environnement à partir d’un dispositif mis en place sur une parcelle de l’exploitation du lycée, sur un exposé de Sylvain Payraudeau, de l’Engees, et sur le point proposé par Alfred Klinghammer sur les pollutions diffuses de produits phytosanitaires dans l’air, les mesures de surveillance et les prescriptions à venir sur ce dossier.

6e édition du prix de l’innovation

Des étoiles pour Costral

Technique

Publié le 26/07/2018

S’il met en évidence les tendances économiques, techniques et même sociologiques de la viticulture et de l’agriculture alsacienne, ce prix démontre un dynamisme très innovant des acteurs économiques des filières des vins et de l’agriculture alsacienne : fournisseurs, constructeurs, tant d’ailleurs dans les domaines classiques de la mécanique, que des services et du marketing.

Que dire de ces tendances ? Un effort significatif est proposé dans l’innovation du marketing, de l’habillage et du conditionnement des vins, traduisant une nécessité impérieuse de rajeunir l’habillage des vins d’Alsace et de libérer la créativité. Étiquettes, bouchons, impression d’étiquettes, capsules de surbouchage : cinq des 11 innovations présentées proposent de quoi revoir de fond en comble son habillage de bouteille pour une meilleure valorisation sur le marché. Véritable signe des temps : les techniques innovantes d’habillage frappent à la porte des vins d’Alsace…

Une autre tendance est véritablement agronomique avec une prise en compte des nouvelles exigences environnementales visant à améliorer la fertilité naturelle des sols ou la protection des cultures : bineuse intercep rotative, épandage de compost en prestation rendu à la parcelle et épandu, nouveau tracteur surbaissé et léger, station météo connectée, et outils d’entretien des espaces verts et vigne électroportatifs.

Enfin en œnologie, une innovation était proposée pour améliorer la qualité de l’égrappage des raisins.

Comme pour les éditions précédentes, le jury s’est montré sensible aux innovations alsaco-alsaciennes. En 2016, c’était la greffe F2 de Christophe Hebinger, qui avait été couronnée. Et en 2017, le tracteur Carraro Tony 9800SR avait beaucoup de « sang alsacien » grâce au génie inventif d’Étienne Berger. En 2018, ce sont les établissements Costral à Riquewihr qui obtiennent un prix qui vient récompenser la success-story de cette PME alsacienne produisant des groupes d’embouteillage. Les groupes d’embouteillage peuvent désormais, y compris sur des modèles de petite cadence, admettre différents formats de bouteille sans avoir à changer les étoiles dans lesquelles les bouteilles s’insèrent sur la ligne. C'est un dispositif inédit sur ces machines de petite cadence qui sont très compactes, ce qui complexifie la possibilité d'intégrer cet équipement en réduisant suffisamment la mécanique tout en garantissant longévité et robustesse. Les étoiles s’ajustent sans outil. Leurs pinces s’adaptent à des diamètres de 62 à 110 mm et assurent le maintien et le centrage de la bouteille lors de chaque transfert vers la boucheuse et la tireuse. Au final, le vigneron ou l’opérateur embouteilleur y trouveront plus de souplesse dans l’offre de conditionnement à proposer sur le marché des vins d’Alsace.

Un prix reflétant là encore une tendance de diversification des conditionnements, répondant à des consommateurs, tournés vers des produits de moins en moins standardisés. Bravo à l’équipe Costral qui démocratise l’accès technique des vignerons en matière d’embouteillage.

Jeunes vignerons indépendants d’Alsace

« Pour que nos vins fassent rêver, il faut qu’on rêve »

Vigne

Publié le 21/07/2018

Ils ont une conscience environnementale plutôt aiguë, ils préfèrent des vins plutôt décarbonés, c’est-à-dire exprimant peu les typicités de cépages et plutôt sans sucrosité résiduelle, et ils misent sur du vin exprimant fortement la personnalité de son auteur : « Le but n’est pas de standardiser et que tout le monde se ressemble, au contraire, nos différences sont des richesses », expliquent les Jeunes vignerons du Synvira. Mais leur propos sur le « respect de la diversité » vise aussi à « éviter les logiques frontales intergénérationnelles », car au final, « le but est que l’Alsace réussisse et que chacun y trouve sa place ».

Le groupe présentait ses vins chez Victor Roth, à Soultz, à des journalistes guidés dans le vignoble alsacien par l’interprofession et l’agence de communication Rouge Granit, les 10 et 11 juillet derniers. Des vins de forte personnalité avec si possible l’empreinte géologique du terroir. Au départ, le Civa avait approché trois jeunes vignerons, dont Victor Roth, pour rencontrer ces journalistes. Mais à son initiative, Victor Roth a préféré que cette visite de presse en Alsace profite à l’ensemble du groupe des jeunes. C’est un autre trait de caractère de cette génération. Solidaire quand il s’agit d’argent collectif.

Désireuse de « passer à autre chose »

Ils se sont donc mobilisés pour présenter un panel de vins représentatifs de cette nouvelle génération de vignerons qui fonctionne différemment, désireuse de « passer à autre chose », souligne Denis Hébinger, tant au plan sociologique qu’environnemental.

Extrêmement dynamique, attachée à son indépendance pour mieux exprimer ses personnalités, cette génération de jeunes vignerons revendique l’élaboration de vins éloignés du classicisme alsacien : des vins sans sucrosité apparente, plutôt vineux et minéralisés, plutôt que typés cépage.

« Ce qui nous importe c’est de communiquer sur le terroir », explique Denis Hébinger. « On rentre chez un caviste, on y voit une bouteille dans le rayonnage, et on est incapable de dire d’où vient cette bouteille », développe Mathieu Deiss. « Donc on va faire une carte des crus. Peut-être cette carte est-elle un « acte politique » au regard du projet de hiérarchisation en cours, mais elle est surtout « un outil pour le grand public, partant du constat que chez le caviste, globalement, le consommateur est incapable de situer d’où vient une bouteille, alors que pour n’importe quelle bouteille de bourgogne, on sait d’où elle vient », poursuit le jeune vigneron.

« Comment donner envie à des producteurs de s’inscrire dans un cadre s’il n’existe pas, s’il n’a pas de réalité ? », interroge-t-il. Et le fondement du cadre, ce sont les 119 communes du vignoble habilitées à élaborer du vin d’Alsace : « Un lieu-dit, s’il n’a pas de commune, c’est compliqué. Nous avons donc nommé un référent par village. Le but est aussi de discuter des terroirs, que nos villages puissent partager ces informations ».

Un groupe foisonnant

Le groupe se dit « foisonnant, avec plein de projets dans ses cartons ». Mais il fonctionne comme un collectif plutôt qu’en association : « Celui qui a une idée la porte. » Ce fonctionnement a déjà accouché de quelques événements retentissants qui ont apporté un souffle de fraîcheur dans le vignoble. « L’idée du partenariat avec les Étoiles d’Alsace, dans le cadre de la formule jeune, était portée par Arnaud Baur », explique Denis Hébinger. Ce qui a donné lieu à l’événement aux Haras de Strasbourg, et permis de capter un public jeune jamais rencontré jusque-là… Les jeunes vignerons ont d’autres projets : Ils se réunissent régulièrement chez l’un ou l’autre avec un intervenant-formateur. « L’idée est que les jeunes qui s’installent aient des relais, partagent des informations, sur des sujets comme la succession, le droit rural, le packaging, la communication non violente en entreprise familiale… »

Attaché à son indépendance, chaque vigneron du groupe a démarché deux entreprises susceptibles de le sponsoriser. Résultat, il disposera d’un budget de fonctionnement et donc d’une autonomie décisionnelle et d’action. On devrait retrouver certains de ces jeunes vignerons et leurs vins, le 28 juillet prochain à la Villa Tschaen, une galerie d’art de Colmar.

Alsace destination tourisme (ADT)

Plus d’ingénierie pour un tourisme alsacien attractif

Pratique

Publié le 16/07/2018

L’assemblée générale d’Alsace destination tourisme (ADT) se tenait à Andlau le 26 juin dernier. Deux ans après la fusion des deux entités départementales en 2016, ADT est aujourd’hui sur les rails pour mettre en place son plan stratégique 2017-2021. Il s’appuie sur cinq défis : mieux répondre aux attentes, améliorer le ressenti émotionnel (l’expérience client en marketing), mieux répartir les visiteurs sur le territoire, et garantir la qualité des prestations dans ce secteur du tourisme alsacien qui fait bonne figure.

Avec 4,9 millions d’euros (M€) de produits d’exploitation, pour 4,65 M€ de charges d’exploitation, le compte de résultat de l’exercice 2017 fait apparaître un excédent de 258 000 euros. Institution en « bonne santé financière », s’est félicité son président, Max Delmond, l’ADT déménagera de la zone de la Meinau pour intégrer l’Hôtel du Département.

Marc Levy, son directeur général, a présenté le bilan d’activité, secteur par secteur. Dans le domaine du vélo, l’Alsace comprend 50 boucles locales en ligne, dont 28 disposent également de carnets. Les circuits balisés sont équipés de relais infos services, des panneaux d’information qui invitent à se balader dans le territoire. Avec sa « belle densité de pistes cyclables », l’Alsace est désormais bien positionnée en Europe.

Côté œnotourisme, c’est le slowUp avec ses 44 000 participants en 2018, aujourd’hui autonome avec sa propre association, qui fait la fierté d’ADT. L’autre important projet consiste à labelliser « Vignoble et découverte » l’ensemble de la route des vins d’Alsace. Pour l’heure, seules quelques portions le sont. Toujours dans le vignoble, l’assemblée générale avait invité Alfred Hilger, maire de Mittelbergheim, pour commenter sa deuxième place au concours du village préféré des Français : « Nous étions à cent lieues de savoir ce que ça représente, on a bien joué. Nous travaillons à résoudre nos soucis de parking et de stationnement », a indiqué l’édile. La bière constitue également un point d’attraction, ADT a lancé le portail Au gré des bières pour le tourisme brassicole. Tout comme d’ailleurs la gastronomie alsacienne pour laquelle ADT accompagne une quarantaine de manifestations réunies au sein de la fête éponyme. Mais le tourisme en Alsace, ce sont également les châteaux forts, les hauts lieux de mémoire comme Hartmannswillerkopf, qui a accueilli en 2017 les deux présidents français et allemand. Un projet de route européenne des fortifications à l’échelle du Grand Est est ainsi à l’étude.

Expertise, accompagnement, conseils

Pour appliquer son plan 2017-2021 visant à améliorer la qualité de l’offre touristique alsacienne, ADT avec ses 42 salariés permanents compte renforcer l’ingénierie qu’elle propose aux acteurs touristiques. ADT exerce des missions d’accompagnement, d’expertise, de conseils, de rédaction de cahier des charges pour le compte des communautés de communes, des expérimentations, recherche des partenaires pour la reconversion de friches militaires, médicales, elle analyse par exemple les forces et faiblesses des stations de ski… Citons le VVF d’Albé, le Markstein, Issenheim, ou encore le projet de l’Oisium à Vœgtlinshoffen ou encore des études pour les fermes auberges sur leurs ressources en eau, leur autonomie en énergies renouvelables et les attentes des touristes en matière de services futurs.

Mise en réseau ou labellisation, ADT est intervenue pour animer par exemple l’amicale des Logis d’Alsace ou pour travailler à la création du label Clévacance d’hébergement chez l’habitant, ou encore le label des villes fleuries. Autre réseau accompagné par ADT, le club des sites : « Les grands sites de visites payants travaillent en réseau sur différents sujets comme la sécurité, la consultation concertée, les échanges d’astuces et de bonnes pratiques », a précisé le directeur d’ADT.

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