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David Lefebvre

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Aménagements des chemins du vignoble

Plaidoyer pour les dalles béton à gazon

Vigne

Publié le 26/10/2017

« J’essaie de convaincre les communes viticoles, mais cela ne prend pas partout, et pourtant c’est mieux que le béton coulé », explique Frédéric Schwaerzler, technicien conseil à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Depuis plusieurs années, il tente de convaincre le vignoble que les dalles béton à gazon présentent de multiples intérêts écologiques, économiques, environnementaux et paysagers. Elles seraient même plus simples à mettre en place que les dalles classiques. Mais les pratiques ont la vie dure, observe le technicien qui voudrait convertir tous les chemins du vignoble qui vont être refaits avec ce matériau. « Ça se pose en plaques de 40 sur 60 cm. Quand c’est bien préparé, un chargeur est nécessaire et il suffit de déposer les plaques. Il faut songer à la durabilité, et les dalles peuvent s’enlever facilement, comparées au macadam ou au béton coulé. » Mais au-delà, les dalles à gazon présentent notamment l’avantage de casser la vitesse d’écoulement de l’eau, lors de précipitations intenses, et d’éviter ainsi la formation de ravines. À Beblenheim, Serge Birckel, premier adjoint et vice-président de la cave vinicole confirme : « C’est très stable, l’herbe repousse. Nous avons posé 400 mètres linéaires en une demi-journée. La vitesse de l’eau est brisée, nous n’avons plus de coulées. » Et quelques années après, le gazon s’installe, laissant un parterre vert bien plus agréable à la vue que des chemins en béton.

À Beblenheim

Les abeilles vendangent tardivement

Vigne

Publié le 26/10/2017

« C’est la première fois qu’on voit ça », s’exclame M. Wolfensperger, viticulteur de la cave de Beblenheim. Lui et son équipe ont vendangé mardi 17 octobre les pinots gris vendanges tardives du lieu-dit Héring, en tenue d’apiculteur. « Et tous les viticulteurs ce matin sont dans le même cas. Il y a environ quatre à cinq abeilles par grappe ». Les raisins titrent 18,5° d’alcool potentiel, et c’est le sucre qui attire probablement les butineuses.

Si la présence des abeilles semble rassurer le vigneron sur la santé environnementale de sa parcelle de vigne, en revanche ce comportement apparaît comme plus inquiétant aux yeux des apiculteurs. Tim Tucker, apiculteur, président de la Fédération américaine d’apiculture, avait expliqué que les abeilles peuvent récolter n’importe quel sucre disponible si les fleurs viennent à manquer, ou en cas de sécheresse. Or, avec les chaleurs inhabituelles de ce mois d’octobre en Alsace, les abeilles redoublent d’activité, sauf que la réserve en fleurs est à cette époque bien maigre. Elles se reportent donc sur toutes les ressources sucrées à leur disposition, dont les raisins de vendanges tardives.

Fait œnologique remarquable, contrairement aux baies altérées par des piqûres de guêpe ou de drosophile suzukii, les abeilles semblent avoir un rôle thérapeutique sur les raisins : les parcelles ne sentent pas la piqûre acétique, tel que cela se produit avec des attaques de guêpes. C’est peut-être que les abeilles assurent le service de nettoyage après l’attaque de guêpe. Ou bien, pense M. Wolfensperger, il faut attribuer l’absence de pourriture acétique à la présence du botrytis noble qui exerce un effet antagoniste contre les bactéries acétiques. En tout état de cause, l’observation des abeilles montre qu’elles ne butinent que les baies déjà percées par les guêpes.

Les feux en Californie

Californian tragedy

Vigne

Publié le 19/10/2017

Nous avons contacté Sébastian Erggelet pour nous livrer son témoignage de la situation de la Californie actuellement en proie aux flammes d’un gigantesque incendie qui affecte plus particulièrement la zone viticole du nord de San Francisco. Il travaille actuellement dans une winerie de Napa.

 

« Le feu a commencé dimanche 9 octobre. Il y avait des vents violents. Nous n’avions reçu aucune pluie depuis cinq mois », témoigne Sébastian. Lundi et mardi, la situation a d’autant plus empiré que « nous étions sans électricité et donc sans aucune communication, ni par téléphone, ni par internet ». Coupée du monde, la population a été durant deux jours plongée dans l’inquiétude voyant de surcroît les feux sur les collines cerner la ville de Napa. « Nous avons vécu une situation chaotique. » Mercredi 11 octobre, « l’électricité a été rétablie, et on a retrouvé les communications. On a commencé à voir des canadairs, des hélicoptères. Et les feux ont commencé à être maîtrisés. L’air était devenu irrespirable », ajoute Sébastian.

En date du 16 octobre, la Nasa a fait le point sur une situation encore critique sur le front des incendies avec toujours des problèmes majeurs de feux de forêt autour des régions de Napa et de Sonoma Valley. Sans compter les feux plus au Nord autour du Mont Sainte Hélène et d’Oakmont, qui ont fait 22 morts, et détruits 3 947 habitations. Des pluies étaient enfin annoncées pour cette fin de semaine, levant l’état d’urgence. Mais avec plus de 50 morts, une centaine de portés disparus, 100 000 ha brûlés et 5 700 structures d’habitations détruites, la Californie fait face à l’une de ses plus grandes tragédies de son histoire. À Santa Rosa, dans le comté de Sonoma, 40 000 des 175 000 habitants ont été évacuées. La ville totalise 2 834 habitations, commerces et autres bâtiments détruits.

« Les vignobles ont joué le rôle de pare-feu », explique Sébastian Erggelet. L’impact global sur la production aura une portée psychologique. Sur les quelque 1 200 établissements vinicoles des comtés de Mendocino, Napa et Sonoma, qui représentent environ 12 % de la production globale de raisins de Californie (85 % de la production de vin des États-Unis), 90 % des raisins dans la vallée de Napa et dans le comté de Sonoma, et 75 % dans le comté de Mendocino, ont été vendangés avant le début des feux, indique Karissa Kruse, présidente de la Sonoma Grape Growers. Parmi la trentaine de wineries détruites, on compte cependant quelques noms emblématiques comme Signarello, William Hill estate, Château Saint Jean…

Les Grandes Maisons d’Alsace

Replacer le vin d’Alsace au centre de la restauration alsacienne

Vigne

Publié le 19/10/2017

C’est heureux pour le vignoble, un groupe de 32 producteurs-négociants en vins d’Alsace s’est fédéré autour d’un même projet de communication ambitieux et « porteur d’image valorisante » : des dîners gastronomiques d’exception en présence des producteurs-négociants et du sommelier Pascal Leonetti. « Il fallait rebooster la maison, déjà se faire connaître en Alsace », introduit Pierre Heydt-Trimbach, président des Grandes Maisons d’Alsace, c’est la nouvelle dénomination des producteurs-négociants en vins d’Alsace.

Il s’inscrit dans un mouvement général de constitution de groupes professionnels dans le vignoble alsacien (ACT, DiVINes, Jeunes vignerons du Synvira) qui unissent leurs forces pour porter haut les couleurs du vin d’Alsace. Avec une certitude : « Globalement la qualité des grands vins d’Alsace est actuellement sous-valorisée », constate Pierre Heydt-Trimbach. Le groupe a confié au sommelier Pascal Leonetti le soin de « redonner aux vins d’Alsace des lettres de noblesse » à la hauteur des accords gastronomiques qui seront proposés dans ces « dîners d’exception avec Les Grandes Maisons d’Alsace ».

Une formule gastronomique à prix attractif

La formule de chaque soirée a de quoi séduire : un grand restaurant choisi pour les efforts qu’il consacre à sa carte des vins, un repas gastronomique, et à chaque fois quatre Grandes Maisons d’Alsace représentées pour commenter leurs vins et les commentaires didactiques du sommelier pour les accords. Le tout pour 50 euros. À ce tarif-là, cet événement gastronomique va jouer à guichets fermés… « Nous visons aussi les jeunes générations, et c’est un plaisir de rendre accessibles certaines cuvées à ces occasions », ajoute Laure Adam, membre du groupe. Un premier dîner de lancement s'est déroulé à la Taverne Alsacienne du chef Jean-Philippe Guggenbuhl, à Ingersheim.

Les producteurs-négociants ne cachent pas non plus leur ambition de « faire du lobbying auprès des restaurateurs », locaux dans un premier temps, car « combien de fois je vais dans des restaurants où les sommeliers nous proposent autre chose que du vin d’Alsace », déplore Pierre Heydt-Trimbach. « Même les Alsaciens de Strasbourg et de Mulhouse ne connaissent pas les vins d’Alsace », confirme Pascal Leonetti pour qui, Strasbourg notamment « devrait être une évidence pour le vignoble ». Et globalement, « les Alsaciens n’ont pas conscience des trésors qu’il y a dans leur région. Collectivement, il y a quelque chose à faire régionalement », observe Jacques Cattin Jr.

S’inscrire dans la durée

Puis la formule de ces dîners d’exception avec Les Grandes Maisons d’Alsace devrait s’exporter dans d’autres villes, Paris, New-York… : « On souhaite prendre le temps avant de monter en puissance, mais notre action s’inscrit dans la durée, il s’agit de faire parler de nous, de créer de l’émulation », explique la secrétaire générale du groupe des Grandes Maisons d’Alsace, Marie-Paule Sturm-Gilardoni. Qui ne fait pas mystère de formuler le vœu que d’autres groupes professionnels constitués du vignoble fassent de même.

Quant au groupe des Grandes Maisons d’Alsace, il dispose d’un nouveau logo, d’une nouvelle plaquette, il projette également d’autres manifestations d’envergure. « Il y a un sentiment d’appartenance à une famille professionnelle. Cette initiative du groupe communication marque la volonté forte de promouvoir les vins d’Alsace dans une démarche humble et généreuse », explique Jacques Cattin Jr.

Kirsch d’Alsace, framboise d’Alsace, quetsch d’Alsace, mirabelle d’Alsace et whisky d’Alsace

Cinq eaux-de-vie sous indication géographique pour protéger les distillateurs

Vigne

Publié le 04/10/2017

À peine s’est-il constitué en 2013, que le Syndicat des distillateurs d’Alsace s’est engagé dans un processus de demande de reconnaissance de ses eaux-de-vie en indication géographique. Une manière pour les distillateurs alsaciens d’affirmer leur identité régionale, mais surtout de permettre aux consommateurs de bien discerner les spiritueux élaborés par les distillateurs alsaciens des autres eaux-de-vie vendues en Alsace dans divers circuits de vente, mais qui n’ont pas été élaborées en Alsace.

« Nous avons souhaité mettre en place le label IGP pour protéger notre savoir-faire », a précisé Yves Lehmann, distillateur à Obernai. Avec la réputation de savoir-faire dont jouissent les distillateurs alsaciens, certains seraient tentés d’apposer l’estampille régionale, quand bien même l’eau-de-vie proviendrait de contrées lointaines… Car en matière d’étiquetage et de commercialisation des eaux-de-vie, une certaine confusion pourrait régner. Désormais, pour revendiquer les cinq IG citées, il faudra adhérer au Syndicat des distillateurs et surtout respecter le cahier des charges que les distillateurs ont défini et qui est désormais reconnu par l’Inao et de fait, par le ministère de l’Agriculture qui a publié en 2015 au bulletin officiel ces cahiers des charges.

Reste l’ultime étape de la reconnaissance européenne de ces cinq indications géographiques, qui est semble-t-il en bonne voie, explique Olivier Russeil, responsable du centre Inao Nord Est. Plus précisément, si les fruits à distiller de variétés bien précises peuvent venir d’autres régions, uniquement sous forme fraîche, les cinq eaux-de-vie dont il est question doivent avoir rigoureusement été distillées en Alsace par l’une des neuf distilleries adhérentes au syndicat*.

Le whisky d’Alsace IG : une évidence

Les quatre premières eaux-de-vie, à base de quetsches, cerises à kirsch, mirabelles et framboises s’appuient sur une histoire relativement bien ancrée dans la tradition agricole et gastronomique alsacienne, explique notamment Willy Hagmeyer. Curnonsky avait par exemple vanté en 1933 la mirabelle d’Alsace. Le whisky d’Alsace, dernière née des IG, pourrait en revanche prêter à questionnement quant à son rapport aux traditions gastronomiques locales. Pourtant, explique Yannick Hepp, l’élaboration du whisky en Alsace est apparue comme une évidence, depuis qu’un certain Gilbert Holl, brasseur à Riquewihr s’est essayé en 2000 à la distillation du moût de malt d’orge. Pourquoi ?

« La distillation et la brasserie, les deux activités sur lesquelles s’appuient les élaborateurs de whisky, occupent une place prépondérante dans l’économie régionale. » Et ce avec une ressource locale spécifique : les eaux pures du massif vosgien participent à la signature minérale des eaux-de-vie. Avec de l’eau locale, du moût de malt d’orge brassé localement, une distillation et un élevage locaux, le syndicat des distillateurs a finalement obtenu le sésame de l’IG. Et ce, d’autant plus facilement que les distillateurs se sont imposé un cahier des charges assez drastique, qualitativement ambitieux, interdisant des assemblages de diverses provenances, et des pratiques telles que la coloration ou l’édulcoration du whisky. Pas de blend, pas de pur malt, le consommateur ne trouvera que du whisky d’Alsace sous forme single malt, après que l’eau-de-vie de malt d’orge a maturé au minimum trois années dans des fûts de chêne.

Dans ce cadre hautement prescrit, chaque distillateur y trouve son compte pour affirmer sa patte. Et au final, le consommateur semble séduit. Il n’y a pour l’heure pas de chiffres officiels sur les quantités produites. Mais, à titre d’exemple, Yannick Hepp a démarré son activité de distillation des eaux-de-vie de malt, issues de la brasserie Uberach, en 2007, au terme d’une année catastrophique en fruit se remémore-t-il. Il avait alors distillé trois fûts. Ce sont désormais 620 fûts qui vieillissent dans ses caves.

Domaine Fritz-Schmitt à Ottrott

Vendangeurs de la cuvée de la reine des vins d’Alsace

Vigne

Publié le 27/09/2017

Les vendanges amicales sur le domaine Fritz-Schmitt vendredi 22 octobre revêtaient un double intérêt : celui de célébrer la cuvée de la reine des vins d’Alsace qui se prépare avec le millésime 2017, et de rappeler que l’opération Vendangeur d’un jour continue en ces vendanges 2017. Une vingtaine de convives étaient accueillis par Justine Schmitt, son frère, Antoine, et ses parents, Bernard et Catherine Schmitt.

30 vignerons indépendants ont accueilli cette année en Alsace des œnotouristes, désireux de vivre durant une demi-journée l’ambiance amicale et festive des vendanges manuelles. Pour mettre en rapport les vignerons organisateurs et les œnotouristes, l’opération s’appuie sur les offices de tourisme du vignoble alsacien. L’un d’entre eux, celui de la Communauté de communes des Portes de Rosheim, est présidé par Claude Deybach, également maire d’Ottrott, qui s’est félicité d’avoir parmi ses administrés ottrottois la reine des vins d’Alsace.

La vendange de rouges terminée, Bernard Schmitt a fait visiter le chai du domaine aux convives et livré quelques explications sur la vinification du rouge d’Ottrott, l’une des 13 appellations communales du vignoble alsacien. Pratique vraiment singulière et fastidieuse dans l’univers des vins d’Alsace, ici à Ottrott, les pinots noirs sont encuvés et macérés dans de grands foudres. Après ouverture de la porte du foudre « au cric », le décuvage s’effectue manuellement.

Place ensuite à la dégustation, sans que les invités aient chacun à leur tour, félicité la nouvelle reine des vins d’Alsace. Didier Pettermann, président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace, a pour sa part rappelé le rôle important d’ambassadrices des vins d’Alsace que jouent la reine des vins et ses deux dauphines. Philippe Meyer, vice-président du Conseil départemental, et maire de la commune voisine de Bœrsch, se disait impressionné par le parcours de la reine des vins élue parmi 27 candidates sur des critères qui exigent une bonne connaissance du vignoble. Quant à Pierre Bernhard, président du Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace, il a surtout félicité la famille Schmitt pour les efforts qu’elle consent en matière de qualité d’accueil œnotouristique.

Civa - 4e contrôle de maturité

La ligne 2015

Vigne

Publié le 14/09/2017

Démarrées avec un potentiel d’acidité supérieur à 2015, et assez remarquable au regard de la précocité, les courbes d’accumulation des sucres et de baisse d’acidité ressemblent désormais au millésime 2015, tant pour les pinots gris que pour les rieslings. Ou même pour les pinots noirs et blancs. Cependant, comparé à 2015, les pH s’affichent à des niveaux bien bas, à l’exception de quelques gewurztraminers dans certaines communes. Ce qui laisse désormais un peu de temps pour vendanger les raisins à vins tranquilles, sauf risques sanitaires de fin de cycle.
Les rieslings atteignent à ce stade autour de 11° d’alcool potentiel acquis avec toujours des acidités de pH autour de 3. Excepté quelques prélèvements où la maturité s’attarde. Tandis que nombre de pinots gris affichent 13° ou plus avec des pH à 3,2-3,3 : la garantie de vins de grande fraîcheur se confirme.
Les mesures d’anthocyanes et de polyphénols des pinots noirs font apparaître également des teneurs sensiblement équivalentes au millésime 2015, légèrement plus de couleur qu’en 2014, mais nettement moins qu’en 2013.

Groupe jeunes du Synvira

Soirée ciné-débat sur la transmission

Vie professionnelle

Publié le 10/09/2017

L’idée émane d’une rencontre entre Yann Durrmann, vigneron à Andlau, et l’équipe associative de La toile du Ried, présidée par Jacky de Montigny, qui gère le ciné Rex de Benfeld. Le groupe jeunes du Synvira a organisé une soirée ciné-débat-dégustation avec la projection du dernier film du réalisateur Cédric Klapisch, Ce qui nous lie. Le scénario se déroule dans un domaine viticole bourguignon et retrace toutes les difficultés qu’éprouvent deux frères et une sœur à réussir la transmission du domaine et la transition de génération, suite au décès inopiné du père. Le trio doit faire face à une taxation de succession causant beaucoup d’incertitudes sur le devenir du domaine familial.

Les jeunes représentants de six domaines viticoles ont répondu présent à cette soirée qui a fait salle comble (170 places) : Jean Huttard à Zellenberg, Roth à Soultz, Hubert Metz à Blienschwiller, Marcel Deiss à Bergheim, André Durrmann à Andlau et Beck-Hartweg à Dambach-la-Ville.

Question évidente posée par les spectateurs aux jeunes vignerons : le film reflète-t-il bien la réalité sous différents aspects, l’entente entre les frères et sœurs et intergénérationnelle, les difficultés d’assumer le coût de la succession d’un domaine viticole, les relations de voisinage entre viticulteurs ?

Pour Florian Beck-Hartweg, « l’intrigue principale autour de la succession, les relations dans l’entreprise, avec les employés, les parents, le voisinage » permet de montrer que « derrière un domaine, il n’y a pas que des choix techniques et financiers, mais il y a un aspect humain et relationnel très fort. Une facette du métier que l’on vit souvent dans notre intimité mais qui a une influence énorme sur le domaine et ses vins ». Même propos pour Céline Metz, jeune viticultrice à Blienschwiller, qui s’est identifiée au cas de Jean, le personnage principal, joué par Pio Marmaï, et de Juliette, joué par Ana Girardot. « Ayant fait des études en Australie et étant revenue sur le tard au domaine, je me suis retrouvée dans les personnages sous différents aspects, confrontée à des gros challenges. C’est une fiction très réaliste sur les difficultés de poursuivre face aux accidents de la vie. »

Le coût de la succession a en particulier interpellé Mathieu Deiss et Victor Roth : « Au-delà de notre attachement à la terre, il faut être à la hauteur de ce que l’on nous transmet. Ça s’organise. Et ce sont des questions de budget. » Et un problème crucial se pose à la viticulture, ont expliqué Victor Roth et Yann Durrmann : celui de la taxation des successions. « Nos terres sont taxées comme une richesse, or c’est un bien de production. »

Moulin de Dusenbach

La gestion confiée aux Grands Chais de France

Vigne

Publié le 07/09/2017

Les Grands Chais de France obtiennent l’exploitation et la gestion du domaine du Moulin de Dusenbach à Ribeauvillé (26 ha). Mais la famille Schwebel reste partie prenante dans la propriété du domaine par l’intermédiaire d’un groupement foncier viticole, dont le tour de table n’a pas été communiqué.

Après le domaine Klipfel à Barr (25 ha), c’est le deuxième domaine en moins de deux ans dont l’exploitation est confiée à LGCF, par l’intermédiaire de sa filiale alsacienne Arthur Metz. À Barr, la reprise foncière de la maison Klipfel, a été effectuée par l’intermédiaire de deux GFV (groupements fonciers viticoles) constitués par le groupe financier La Française, filiale du Crédit Mutuel Nord Europe : le GFV Clos Zisser et le GFV André Lorentz. Dans le cas du Moulin de Dusenbach, la famille Schwebel reste partie prenante dans l’affaire avec le GFV Schiefferberg, dont on ne sait si des établissements financiers sont partie prenante.

Avec ses centres de collecte et de pressurage bien répartis sur l’ensemble (Scharrachbergheim – Epfig – Colmar), la maison Arthur Metz peut rationaliser la logistique des vendanges et de l’exploitation viticole, là où le Moulin de Dusenbach éprouvait quelques difficultés, le foncier étant réparti sur 15 communes.

La reprise du Moulin de Dusenbach, n’a finalement été officialisée qu’à la veille des vendanges, au prix de longues tractations. Jean Schwebel avait acheté ce domaine en 2008 à Bernard Schwach, qui avait cependant conservé 4 ha de vigne. La famille Schwebel escomptait dégager des synergies avec son activité de production de foie gras Feyel-Artzner, mais l’exploitation de ce domaine avait finalement plongé toute la maison de foie gras dans la difficulté, jusqu’au redressement judiciaire. Une solution de reprise a finalement été trouvée cet été avec la SAS Franciade qui conserve 69 des 98 salariés du site de Schiltigheim.

Troisième contrôle de maturité

Les guêpes aux aguets

Vigne

Publié le 06/09/2017

Les vendanges battent leur plein dans le vignoble alsacien. Et pour l’heure, les données de maturité, collectées par le Civa et mises en ligne, témoignent d’une très bonne acidité (qui a cependant fort baissé), tout en résistant remarquablement à l’évolution de la maturité.

Les toutes dernières données datent de prélèvements effectués le vendredi 1er septembre. Entre Orschwihr et Ribeauvillé, les pinots blancs et les auxerrois affichent entre 10,5 et 11,5° d’alcool potentiel pour des pH oscillant entre 2,9 et 3,2, à la faveur de belles concentrations en acide tartrique. Au 30 août, les données de gewurztraminer indiquent quasiment toutes une maturité très avancée pour ce cépage, souvent supérieure à 13° et même proche de 14°. Après la quantité très faible, c’est l’état sanitaire des gewurztraminers qui préoccupe avec beaucoup de piqûres de guêpes et des baies tuilées et contenant des larves de drosophiles.

Il en va de même pour nombre de parcelles de pinot noir et de pinot gris, qui ont eu à subir des attaques d’hyménoptères et de drosophiles, conduisant les viticulteurs à réviser leur organisation habituelle des vendanges, et devant récolter des pinots noirs de cuvaison avant les crémants. Les grappes extrêmement agglomérées et la finesse des pellicules accentuent ces nouveaux risques sanitaires de fin de cycle, conférés par les insectes. S’ajoutent à cela, des populations de pince-oreilles extrêmement élevées dans certaines parcelles.

L’évolution des rieslings reste en revanche très modérée, comparée à celle des pinots, avec des titres alcoométriques potentiels se situant autour de 9,5°/10,5° du nord au sud du vignoble au 28 août, des pH à 2,8/2,9 et une acidité totale se situant le plus souvent entre 7 et 8 g/l en équivalent sulfurique, ce qui rappelle le millésime 2013 ou 2008.

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