Pulvés et ZNT
L’obligation de technicité pour réduire la dérive
Pulvés et ZNT
Technique
Publié le 22/02/2021
En dehors des questions sociétales, la réglementation sur les ZNT oblige les constructeurs de pulvérisateurs à singulièrement faire évoluer leur matériel, de manière à diminuer la dérive des produits. Les textes réglementaires demandent des moyens « permettant de diviser la dérive de pulvérisation d’un facteur au moins égal à trois par rapport aux conditions normales d’application des produits ». Ce qui permet alors de réduire à 5 mètres la largeur de la zone non traitée à proximité des points d’eau, et « d’adapter les distances minimales de sécurité à proximité des lieux d’habitation », ceci dans le cadre d’une charte cosignée avec les municipalités.
Pour arriver à ce niveau de qualité d’application de produit sur la plante à traiter, il s’agit de conjuguer plusieurs aspects techniques : la buse, le type de pulvé homologué ZNT bien sûr, l’homogénéité des bouillies, la météo et tous les paramètres de pulvérisation que sont la pression et le débit de bouillie/ha pour une taille des gouttes adaptée…
Car, pour nombre de techniciens, la base de la réflexion sur la dérive doit se fonder en premier lieu sur la taille des gouttes. Pour ne pas dériver, elles doivent être de taille assez grosse et/ou lourdes, soit mesurer 500-600 μm, au lieu de 100-200 μm. Attention en pratique à ne pas obtenir l’effet inverse : les grosses gouttes atténuent la dérive mais augmentent le risque de ruissellement ou de couverture insuffisante, surtout pour les produits de contacts. Rappelons à ce point que les produits bios et de biocontrôle ne sont pas concernés par les ZNT.
Pour arriver à de bons niveaux d’efficacité, la qualité des bouillies ne doit pas présenter de flocs ou résidus solides qui obstrueraient l’orifice des pastilles des buses et des filtres. En cas de colmatage, l’opérateur est amené à augmenter la pression ce qui diminue la taille des gouttes et augmente les risques de dérive. Pour éviter la formation de dépôts, la qualité des eaux de bouillie joue un rôle prépondérant. De plus en plus de viticulteurs utilisent une eau déminéralisée, pour ôter particulièrement les cations susceptibles de former des agrégats.
Le ministère de l’Agriculture a publié au bulletin officiel la liste (en date du 6 novembre 2020) des pulvérisateurs « homologués » ZNT. Plus de 70 appareils figurent sur la liste. Ce sont des appareils à panneaux récupérateurs, à flux dirigés, à flux tangentiel, équipés de descentes, de descentes confinées et de descentes avec panneaux récupérateurs. Pratiquement tous les pulvés homologués sont en traitement face par face et avec des buses à induction d’air. Ou exceptionnellement équipés de la buse Lechler AD90 à « dérive limitée » ou encore la buse Albuz TVI 80° à turbulence.
D’ailleurs sur le sujet des buses, la presse technique fait état de plusieurs recommandations. Il faut, en général, adapter l’angle d’ouverture du jet à la morphologie du flux d’air. Par exemple, opter pour une buse dont le pinceau fait un angle de 80° au lieu de 110°, ceci afin d’éviter que les bords du pinceau ne se retrouvent dans les turbulences des flux d’air. La forme du jet, plat ou conique, doit également être réfléchie en fonction de l’écartement, du volume foliaire, de la distance buse – plan de palissage. Idéalement, il faut éviter les recouvrements. Ces buses nécessitent un entretien régulier, elles doivent être régulièrement mises à tremper pour dissoudre les dépôts. Enfin, pour prévenir les bouchages, on optera pour plusieurs étages de filtration avec une maille fine progressive.












