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David Lefebvre

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Synvira Flash info Covid

Sauvegarder l’activité tout en garantissant les règles d’hygiène et de distanciation

Vigne

Publié le 10/11/2020

« Toutes les modalités concernant les vignerons ne sont pas complètement éclaircies, et nous sollicitons les services de l’État pour les préciser, et limiter au maximum l’impact de ces mesures pour votre activité, tout en vous protégeant, ainsi que vos salariés, et vos clients », indique Alain Renou du Synvira dans le Flash info Covid.

Du 30 octobre au 1er décembre minimum, le président de la République a décidé de prendre des mesures pour réduire à leur plus strict minimum les contacts et déplacements sur l’ensemble du territoire en établissant un confinement. Néanmoins, en tant que fournisseurs du monde agricole pour son activité de distribution de capsules, les bureaux du Synvira resteront ouverts, ainsi que l’accueil téléphonique aux horaires d’accueil habituels. Tout déplacement professionnel doit être attesté d’un « justificatif de déplacement professionnel ».

Déplacements professionnels autorisés

Concernant l’activité, les exploitations agricoles ne sont pas concernées par l’obligation de fermeture. De même, les déplacements pour effectuer des achats de fournitures nécessaires à l’activité professionnelle, des achats de première nécessité dans des établissements dont les activités demeurent autorisées et les livraisons à domicile. Les vignerons peuvent donc continuer leur activité de production, ainsi que leurs déplacements professionnels pour acheter des fournitures, et livrer leurs clients.

De même, les caveaux de vente peuvent rester ouverts, au moins pour la vente à emporter. À la date du 29, octobre, la possibilité d’organiser des dégustations était en suspens. Et les points de vente doivent se conformer à la jauge maximale de 4 m² par personne. Toutefois, il est demandé de privilégier les expéditions ou les livraisons à domicile ou dans des magasins servant de relais colis.

Livraisons sous règles d’hygiène strictes

À cette fin de livraison, les vignerons ont l’obligation de proposer un point d’eau ou du gel hydroalcoolique dans tous les points de chargement/déchargement. Et donc l’obligation d’équiper les véhicules d’une réserve d’eau et de savon, ainsi que des serviettes à usage unique ou de gel hydroalcoolique. Pour leurs livraisons, les vignerons peuvent toujours trouver logis en hôtellerie puisque les hôtels peuvent rester ouverts pour déplacement professionnel. Pour les déplacements à l’étranger, les frontières intra-européennes restent ouvertes. Il est cependant important de vous référer aux sites des douanes des différents pays pour vérifier les conditions d’entrée dans chaque pays. Un test Covid négatif de moins de 72 heures a été évoqué dans le cas de retours en France.

Veiller à la distanciation sur le lieu de travail

Sur le plan de l’entreprise, les salariés doivent également se munir de l’attestation de déplacement professionnel téléchargeable depuis ce site. Une amende forfaitaire de 135 € sera appliquée en cas de non-respect du confinement. Durant cette période de confinement, les formations de même que les réunions professionnelles peuvent avoir lieu, sauf si elles peuvent être dématérialisées. Le télétravail est généralisé pour les activités non susceptibles d’être effectuées sur les lieux de travail. Ceci ne s’applique pas aux activités de production, ou de livraison bien sûr. L’employeur organise la prévention des risques liés à l’isolement des salariés en télétravail. Il organise systématiquement un lissage des horaires de départ et d’arrivée du salarié afin de limiter l’affluence aux heures de pointe. Chaque collaborateur qui ne pourrait pas être placé en télétravail doit alors pouvoir disposer d’un espace lui permettant de respecter la règle de distanciation physique d’au moins un mètre par rapport à toute autre personne. Les moments de convivialité réunissant les salariés en présentiel dans le cadre professionnel sont interdits. L’employeur doit informer le salarié de l’existence de l’application « TousAntiCovid » et de l’intérêt de son activation pendant les horaires de travail.

Terroirs alsaciens

Les jeunes vignerons ont créé une carte des lieux-dits cadastrés

Vigne

Publié le 04/11/2020

Vignerons indépendants et autres metteurs en marché de vins d’Alsace revendiquent plus de 250 lieux-dits cadastrés sur leurs étiquettes. Sauf indication de la commune, qui est d’ailleurs sujette à contestation par la DGCCRF, il n’était cependant pas possible d’identifier où se situe le lieu-dit en question, sauf à se le faire expliquer par le vigneron au doigt sur une carte relativement muette. « Pour moi, un projet de terroir n’existe pas tant qu’il n’est pas matérialisé et visible sur une carte », introduit Mathieu Deiss, jeune vigneron à Bergheim. Désormais, grâce au travail des Jeunes vignerons indépendants d’Alsace (Synvira), tous les lieux-dits sont recensés et identifiés sur une même carte accessible en ligne. Permettant ainsi à n’importe quel dégustateur « du monde entier » de repérer d’où vient le vin d’un lieu-dit revendiqué.

 

[ les Jeunes Vignerons cartographient les terroirs alsaciens ] Lundi 12 octobre, nous vous dévoilerons notre vision des...

Publiée par Jeunes Vignerons d'Alsace sur Mercredi 7 octobre 2020

 

Quatre années de travail

Ce travail, on le doit aux quarante Jeunes vignerons indépendants d’Alsace, particulièrement Denis Hébinger et Mathieu Deiss, comme orchestrateurs du dossier, assistés de Sylvain Perrot-Minot et de Jean Eichholtzer. « Nous avons ressenti le besoin de montrer où se trouvent les lieux que nous revendiquons sur les étiquettes ». Une œuvre qu’il a « fallu créer de toutes pièces » puisque les crus en usage ont été délimités à la borne près, à partir de la « compilation des données ». Pour le recensement des données, « chacun des membres de ce groupe de jeunes vignerons est allé frapper à la porte de ses voisins et des anciens » pour identifier les lieux-dits. Ils ne prétendent pas avoir identifié tous les usages en vigueur et cette carte, en libre accès, est donc « appelée à évoluer », à être complétée. « Mais la carte reste précise, le trait est fin, de borne à borne », souligne Denis Hébinger.

Un travail à poursuivre

Charge aux acteurs du vignoble désormais de compléter la carte, « il n’y a aucune appropriation, nous avons juste listé les usages existants », souligne Mathieu Deiss. « Plus cette carte sera enrichie, plus elle mettra en valeur la richesse des terroirs de ce vignoble alsacien. »

Ce travail tient lieu de manifeste en faveur du développement de l’identité des vins par le terroir, la seule mention vin d’Alsace et du cépage ne permettant actuellement pas d’identifier l’origine du vin plus précisément qu’à l’échelle de la région viticole. À l’exception des grands crus et de onze crus autorisés à préciser davantage leur origine communale. Pour Denis Hébinger et Mathieu Deiss, cette carte « donne à voir d’en haut la multitude de ces petits gestes qui font d’un vin ordinaire un vin unique marqué par son terroir ». Jusqu’à présent, aucun travail de synthèse ne permettait de se rendre compte de toute la richesse des terroirs de lieux-dits en Alsace. « Les jeunes souhaitent ainsi que leurs pairs s’approprient ces notions et retrouvent une nouvelle fierté, que le travail sur le cépage ne permet pas, ou plus vraiment », ajoute Denis Hébinger.

Une hiérarchie des crus en six couleurs

Comme pour enfoncer une cale dans la porte de la hiérarchisation des terroirs alsaciens, les jeunes vignerons ont décliné la carte en six couleurs, du plus foncé pour les grands crus au plus clair pour l’AOC. Et le ban de chaque commune a sa couleur propre, une façon de mettre en avant chacun des villages de la côte, « socle de l’identité viticole à la française » selon eux. Enfin, ils ont réorienté la côte viticole alsacienne à l’horizontale, « ce qui place les coteaux en haut et la plaine en bas » de la carte. Une manière de remettre en cause la hiérarchie usuelle de valeurs du vignoble, qui rémunère les raisins en fonction de leur catégorie de cépage, plutôt qu’en fonction de leur origine géographique et des handicaps naturels inhérents à la culture de la vigne en coteaux. « Et de mettre les crus sur un pied d’égalité. Il n’y en a pas de meilleurs et de moins bons, ils sont juste différents. On espère que ce travail servira de base à la hiérarchisation des crus, en particulier de l’arrivée des premiers crus », fortement attendue au demeurant.

« Je voulais rendre hommage aux jeunes, à leur travail fait de passion et de compétences. Le résultat est magnifique. Cela augure de la direction que devra prendre le vignoble alsacien actuellement engagé dans une réflexion de fond Alsace 2030 », a indiqué Francis Backert, le président du Synvira.

Concours des Crémants d’Alsace

« Le concours conserve son aura »

Vigne

Publié le 27/10/2020

En attendant mai 2021 qui rassemblera en Bourgogne (peut-on l’espérer) à nouveau les producteurs de crémants de France et du Luxembourg, le syndicat des producteurs et élaborateurs de crémants d’Alsace organisait son concours mercredi 13 octobre à Kientzheim, dans les locaux de la Confrérie Saint-Étienne. À l’instar d’ailleurs de toutes les autres régions productrices de crémants. 160 crémants d’Alsace étaient en lice pour cette édition 2020. Des crémants soumis à l’appréciation de jurés, selon un dispositif sanitaire particulier, répartis en neuf tables de six dégustateurs bien distanciés.

Olivier Sohler, directeur du syndicat des producteurs de crémant d’Alsace et de la fédération nationale, a expliqué le déroulement du concours, où un tiers des échantillons peut prétendre à la médaille. Ils sont répartis selon cinq catégories : blancs bruts, blancs bruts millésimés, blancs de noir, soit du rosé, soit les cuvées spéciales vieillies 36 mois sur lattes minimum, extra bruts et élevés en fûts de chêne.

En espérant renouer rapidement avec le record fin 2019

« On devrait se situer aux alentours de 260 000 hl », avec un rendement de 70 hl/ha, indique Olivier Sohler, directeur de la fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant. « Finalement, le rendement agronomique se situe probablement à des niveaux très proches du rendement autorisé. Ce qui a permis de mieux l’accepter. » À la fin 2019, on était au niveau record de ventes de 35 MCols (millions de cols) en crémants d’Alsace et 100 Mcols, tout crémants confondus, à l’échelle nationale, et « on a produit 110 Mcols ». Les premiers mois de 2020 enregistraient encore des hausses de ventes. Avec le Covid-19, « nous étions à fin juin à -15 % de ventes ». Les mois de juillet et d’août « excellents » ont partiellement comblé le retard, pour ne plus accuser que 8 % de méventes. « Les mois festifs à venir seront déterminants. »

À l’export, la fédération nationale des crémants est en train de déployer un plan de communication (papier, presse, prescripteurs, formations, dégustations) au Royaume-Uni, sur un marché jugé très porteur, premier importateur mondial de champagne, et où le crémant n’est qu’en dixième position des effervescents importés. « Notre programme se monte à 800 000 € sur trois ans. Nous espérons que notre action rejaillira également sur les pays du Commonwealth. » Pour l’heure, quatre agences de communication sont en lice pour mener à bien la campagne publicitaire.

Marché de la viande bovine en grande distribution

Prim’Herbe : un prix garanti équitable moyennant un cahier des charges exigeant

Élevage

Publié le 15/10/2020

Rassurer le consommateur par rapport à ses attentes, tout en lui assurant un produit bon marché, et en même temps rémunérer équitablement le producteur : c’est la philosophie du contrat Prim’Herbe que met en place le groupe de distribution Carrefour à l’échelle nationale (5 400 magasins en France, dont 250 hypers et 4 000 magasins de proximité).

Le contrat Prim’Herbe vient d’être signé entre l’enseigne de distribution et l’union de coopératives Cloé*, réunissant les coopératives du Grand Est Lorca, Cal et Comptoir agricole. Un contrat quadripartite en réalité, où tout le monde s’engage : le distributeur, la coopérative, l’éleveur et l’abatteur, Elivia à Mirecourt et Sicarev dans le Centre. Parmi la quarantaine d’éleveurs affiliés à Cloé, Jérôme Melard, naisseur - engraisseur à Puttigny, en Moselle (près de Château-Salins), présentait son atelier d’engraissement le 6 octobre.

Gautier Lerond, directeur du pôle agriculture de Lorca, introduisait la présentation sur les enjeux de « la valorisation des prairies des éleveurs » et de cet itinéraire d’engraissement moins intensif. L’enjeu final, « c’est de préserver la consommation de viande bovine » qui diminue inexorablement de 0,6 % par an depuis 2009 (source Agreste), avec une viande de qualité, accessible en barquettes et présentant des garanties environnementales.

« On mise énormément sur ce contrat parce qu’il est original et unique en France », explique Pascal Kardacz, responsable technique de la filière élevage chez Lorca. « C’est un contrat hyper cadré et très abouti. » De son côté, Carrefour « compte bien le généraliser à toute la France ». Pour l’heure, 50 magasins proposent cette viande chartée et en barquettes. « Ce n’est qu’un début, nous souhaitons engager beaucoup plus d’éleveurs ». L’approvisionnement a commencé en septembre au rythme de dix bêtes par semaine et devrait monter en puissance en janvier prochain avec 25 bêtes par semaine. Et même « doubler ou tripler, tout dépendra de la demande des magasins. Mais le marché s’annonce important et durable », ajoute Pascal Kardacz. Cette gamme de viande Prim’Herbe sera proposée en rayon libre-service et non à la découpe, donc avec une connotation bon marché.

 

Les premier retours de la conférence de presse suite à la signature du contrat Prim'Herbe signé entre l'union de...

Publiée par Groupe CAL - Coopérative Agricole Lorraine sur Vendredi 9 octobre 2020

 

Engraissement peu intensif : une nouvelle filière rentable

L’originalité de ce contrat, c’est qu’il génère une production en cycle court de 200 jours, or le taux de rotation influe sur la rentabilité de l’exploitation. La productivité s’effectue donc sur un mode différent de l’engraissement classique. Pour y voir plus clair sur la rentabilité, l’idée c’est de ramener le calcul de rentabilité au jour de présence de l’animal. « Comme c’est une nouvelle production, on manque de recul. Mais les études de bilan des exploitations témoignent d’une rentabilité annuelle intéressante liée au taux de rotation plus court. Les éleveurs se montrent pour l’heure très satisfaits de ce contrat », précise Pascal Kardacz. Arvalis sur son site d’expérimentation à Saint-Hilaire-en-Woëvre, dans la Meuse, étudie actuellement ce nouveau modèle d’élevage. Plusieurs rations sont à l’étude, afin de mieux définir l’itinéraire technique. Il ne s’agit pas d’amener les animaux à une croissance forte : ils prennent en moyenne 1,2 kg/jour.

Un cahier des charges exigeant

« On fait la promotion mais l’accompagnement technique est important », prévient Pascal Kardacz. Ainsi que le respect strict du cahier des charges : la viande peut provenir de génisses ou de bœufs âgés de 14 à 18 mois, de race à viande pure ou race mixte laitière. À l’abattage, le poids de carcasse doit se situer entre 270 à 330 kg, au terme d’une durée d’engraissement de 4 mois minimum. La conformation moyenne doit se situer entre O + à R +, l’état d’engraissement doit être standard de niveau 3.

L’alimentation est sans OGM, 100 % d’origine France, dont 90 % sont produits sur l’exploitation. Et la ration comprend 35 % minimum d’herbe qui peut être issue de prairie temporaire (avec du méteil et du sorgho). Cette exigence est en lien avec la coloration de la viande qui doit être rouge, selon les attentes consuméristes. La ration peut être renforcée par une complémentation en vitamine E et en sélénium, connus pour leurs propriétés antioxydantes, favorables donc à la tenue de la viande en barquette. Durant les 4 derniers mois, aucun antibiotique n’est autorisé. Autre originalité mais assez contraignante, le contrat impose deux pesées obligatoires (ou trois pour les naisseurs-engraisseurs), ceci pour un suivi de la croissance et un ajustement de la ration. Une pesée est obligatoire un mois avant la sortie, de manière à programmer l’abattage des animaux et satisfaire les besoins des enseignes.

S’agissant du bien-être animal, l’exploitation est soumise à un diagnostic BoviWell. Il repose sur les cinq libertés : absence de faim, de soif, d’inconfort, de stress, de douleur, de maladie et possibilité d’exprimer son comportement naturel. Ce diagnostic fixe un plan d’amélioration si besoin. Quant au diagnostic Cap’2ER qui évalue la performance environnementale tous les deux ans, il s’adresse à la biodiversité, au stockage du carbone, et aux émissions de gaz à effet de serre.

 

 

Exportations vers les États-Unis en GRV

Le SpaceKraft permet de nouveaux débouchés pour les vignerons

Vigne

Publié le 07/10/2020

Ce matin du 23 septembre à Blienschwiller, Céline Metz (domaine Hubert Metz) expédie 200 hl de vin dans un contenant d’un tout nouveau type. Direction le Texas chez un importateur particulièrement exigeant sur la manière dont est produit le raisin et élaboré le vin…

Le semi-remorque avec son conteneur est garé le long de la route des vins. À l’intérieur, un film d’aluminium biface est appliqué sur toutes les parois. Hubert Metz et le chauffeur y entreposent 20 conteneurs SpaceKraft. Breveté et développé par la firme américaine International Paper Company, le SpaceKraft est un nouveau type de GRV (grand récipient pour vrac) pour le transport des liquides alimentaires par unité de 1 000 litres, sans consigne - c’est-à-dire « unitrip ou allez simple ». Chaque unité de 1 000 litres en carton rigidifié par une conception alvéolaire peut être empilée sur trois étages. Un contenant grand volume donc, à usage unique et hautement recyclable, puisqu’il n’est constitué que de carton et de polyéthylène souple. « J’ai réceptionné ces conteneurs, ils sont arrivés empilés et repliés sur une seule palette de 20, avec un raccord inox. Ça coûte 2 500 € », indique Céline Metz (NDLR : soit 125€ l’unité).

Un big BIB

Une fois dépliée, la poche souple du SpaceKraft se remplit telle une baudruche à l’abri de l’air. Cela fait penser à un gros Bag-in-Box (marque déposée) de 1 000 litres. Une fois rempli avec une pompe classique via un raccord inox spécifique, et une fois le bouchon mis, Céline met la couverture en carton et les cerclages. Il n’y a plus qu’à mettre ces « big BIB » dans le conteneur. Il se manipule de la même manière que les GRV rigides. Direction Strasbourg, puis Le Havre par transport ferroviaire et enfin le Texas par navire porte-conteneurs. Le vin devrait arriver à bon port dans 15 jours.

Un blanc et un rouge

« Je suis très heureuse de cette nouvelle destination pour mes 200 hl », lance Céline. Ça aurait été un crève-cœur d’envoyer ces vins à la chaudière. D’autant que les raisins, dont les vins n’ont pas trouvé preneur en Alsace, ont connu la plus belle des attentions. Céline est en dernière année de conversion bio. Ses parcelles étaient loin d’atteindre les 80 hl/ha autorisés et les vins étaient « de belle qualité ». Assemblés en deux couleurs, un blanc et un rouge, ils feront finalement la joie et le bonheur de consommateurs américains sous la bannière des vins de France. Quant au montant de la transaction, supérieur à 2 € le litre, Céline se dit là aussi très satisfaite puisque le prix au litre dépasse de loin celui des mercuriales actuelles en vins d’Alsace et les délais de paiements sont avantageux (NDLR : sur les huit premiers mois de l’année, la mercuriale du pinot blanc se situe autour de 1,40 € le litre).

Pas de taxes Trump

Et, à l’arrivée, les Américains sont d’autant plus satisfaits pour leur porte-monnaie que le mode d’expédition en « bulk wine » (traduisez en vrac) permet de s’affranchir des taxes Trump qui portent sur les contenants de moins de deux litres.

C’est Yann Durrmann, vigneron à Andlau, qui, par l’entremise de son agent américain, a permis ce débouché. « Cela fait deux ans que j’ai cette demande de la part de mon importateur mais il n’a pas assez de volume pour y répondre. Vu le contexte, cela aurait été dommage de gâcher cette opportunité. » Yann s’est donc lancé dans ce projet de « courtage vrac export » et a démarché Céline, entre autres. Les exigences techniques étaient contraignantes : moins de 100 mg/l de SO2 total, vin en conversion bio, avec analyse de résidus pesticides systématique sur une liste exhaustive de produits de synthèse, levurage toléré avec une liste très réduite de souches, aucun intrant œnologique autre que le soufre, pas de chaptalisation, pas d’acidification… C’est Duo Œnologie à Châtenois qui suit le domaine Hubert Metz. Le vin a été bloqué six semaines, le temps que l’acheteur américain fasse également de son côté les analyses contradictoires. « C’est important que les vinificateurs prennent conscience des exigences techniques de ces nouveaux marchés », commente Yann Durrmann. « De plus en plus d’importateurs demanderont des vinifications transparentes et peu interventionnistes », pronostique-t-il.

Bestheim, cuvée Qui chasse la lune, récolte le soleil

Expérience sensorielle avec des créateurs de parfum

Vigne

Publié le 04/10/2020

Le terroir du Strangenberg à Westhalten, contigu au Zinnkoepflé, produit de magnifiques pinots blancs que la coopérative Bestheim a pour habitude de vinifier séparément afin d’élaborer des vins de base crémant d’exception. Ainsi, il y a une quinzaine d’années, ce crémant dégusté à l’aveugle parmi des champagnes très haut de gamme était sorti en deuxième position. La publication dans une revue nationale spécialisée en sommellerie avait soulevé une réaction de l’interprofession champenoise qui avait habilement et diplomatiquement répondu qu’on ne compare pas deux tableaux de deux peintres différents. Mais, depuis, Bestheim continuait de surfer sur le succès de son Brut Grand Prestige.

Depuis 10 ans en cave

Sylvain Kamm, l’œnologue de la coopérative à Westhalten, a durant ces années néanmoins conservé sous le coude la sélection parcellaire. Et, en particulier, celle du millésime 2010 que son prédécesseur Jacques Hauller avait pris soin de mettre de côté dans un coin de cave. Sylvain Kamm a patiemment attendu que les bouteilles maturées 5 ans sur lattes bonifient. Et après cinq années, voici donc dévoilée une sélection de 1 141 flacons numérotés. La sélection a été baptisée « Qui chasse la lune, récolte le soleil », en hommage aux pères fondateurs de la cave coopérative surnommés les mondfangers, ce qui signifie en alsacien les « chasseurs de lune » ; car ces vignerons étaient taxés par leurs pairs de vouloir « décrocher la lune ».

Simple démarche marketing penseront certains. Et pourtant, c’est à un lancement officiel des plus originaux, instructifs et dans un lieu insolite et suggestif, que les responsables de la coopérative ont convié la presse, pour le lancement de cette cuvée « fleuron de Bestheim ». Rendez-vous était donné dans la boutique de la maison Serena Galini, où Isabelle Prin, exerce comme créatrice de parfum artisanal et naturel, dans le quartier de la Krutenau à Strasbourg.

« Un parfumeur c’est un conteur, il met des mots sur des odeurs »

Après avoir enseigné la phytothérapie et l’aromathérapie dans des laboratoires médicaux aux États-Unis, Isabelle Prin s’est consacrée à la création de parfums « de façon très confidentielle » et unique puisqu’elle compose des fragrances personnalisées pour des événements ou des personnes, sur la base d’essences naturelles. Elle travaille en famille, avec son fils et sa fille, et collabore avec le créateur de parfum Antoine Lie. Pour cette cuvée spéciale, l’idée était de plonger le dégustateur dans l’univers du Strangenberg par les parfums. Isabelle Prin, accompagnée des vignerons locaux, Jean-François Lallemand, vice-président de Bestheim et de Sylvain Kamm, l’œnologue, a donc arpenté le terroir. « J’ai tout senti et goûté, et j’ai ensuite assemblé les odeurs ». L’idée était de s’imprégner du lieu et de le restituer : « Un parfumeur c’est un conteur, il met des mots sur des odeurs, et à partir de là il compose ses parfums. Je suis parti de 32 notes différentes. » Problème, en neurosciences, le « câblage » neurosensoriel qui part du siège de l’olfaction, va directement à la conscience et convoque l’émotion, puis la mémoire. D’où la difficulté souvent de reconnaître et nommer une odeur précise. « C’est une boîte noire, confirme Isabelle Prin. C’est ma lecture du terroir sur la base de millions de souvenirs. On a croisé 130 flacons pour arriver à imaginer l’histoire que nous voulions retranscrire. »

Une bougie parfumée du terroir

Antoine Lie, qui est pour sa part un parfumeur créateur depuis 30 ans au service des grandes marques du luxe, avait déjà effectué un travail de ce type. « C’était pour une cuvée La Grande Dame de Veuve Clicquot Ponsardin. Après m’être imprégné des odeurs en caves, dans les crayères, et à partir des vins et des goûts caractéristiques des Veuve Clicquot, j’avais créé une bougie parfumée. Cette expérience m’a intéressé pour son côté artistique et créatif, alors que mon travail habituel pour les grands parfumeurs est relativement formaté. »

« Tout ceci est très subjectif », admettent cependant les deux créateurs de parfum. Rappelons que les cellules neurosensorielles se rattachent aux gènes de l’identité qui contrôlent par exemple l’empreinte des doigts. Autrement dit, en matière d’odorat nous sommes tous daltoniens et percevons différemment une même molécule odorante. C’est pourquoi les parfumeurs accrochent différentes représentations aux odeurs qu’ils perçoivent : « Quand je sens les choses, elles évoquent une texture, une couleur, un volume. Par exemple le citron évoque le jaune vif, ce qui est pointu, rectiligne, et de texture rugueuse. Quand on me demande de reproduire des atmosphères joyeuses, dynamiques, je sais que le citron entre dans une composition pour répondre à ces codes », explique Antoine Lie.

« Ce travail de restitution tel que nous l’avons fait pour cette cuvée de Bestheim est très confidentiel, souligne Isabelle Prin. Mais il apporte un plus à l’œnologie dans sa recherche de caractérisation des terroirs. « On n’a pas du tout les mêmes repères que les œnologues, constate Antoine Lie. Exemple, le boisé pour moi fait référence à la mousse. »

 

 

Instants Experts Armbruster

Les itinéraires céréaliers de demain à l’étude

Technique

Publié le 29/09/2020

Sur une dizaine d’hectares, le parcours entrecoupé d’étapes et de stands permettait de se restaurer - les Jeunes agriculteurs assuraient l’intendance et le service - tout en abordant avec les techniciens les questions des semences maïs, colza, les traitements dédiés, le matériel des semis, la fertilisation avec de nouvelles approches, le digital, l’agriculture de précision, les OAD (outils d’aide à la décision). Le tout, bien sûr, avec la patte qui caractérise le négoce Armbruster Frères : pragmatique, centrée sur les objectifs de performance agronomique et de rentabilité, soucieuse de l’environnement. Sans politisation de la technique, et avec néanmoins le souci de défendre tous les outils de l’agriculture. « Et faire progresser en douceur. » Passons donc en revue plusieurs stands où les techniciens ont été très questionnés par les agriculteurs.

Du côté de chez Pioneer, Julien Bernhard présentait de nouvelles variétés et les services de conseils associés au semis : Sem'Expert. En résumé, choisir la bonne densité et le bon hybride, le tout étant de trouver la meilleure combinaison avec également la date de semis idéale. « Typiquement en zone irriguée à beau potentiel, la variété P9978 arrive en premier, le P9985 répond également aux objectifs. En performance pure on s’orientera sur un P9757 ». En zone non irriguée, Pioneer a développé une sélection Aquamax qui vise l’optimisation des ressources en eau avec le nouveau P9300, « intéressant et sécurisant ». Et en bio, le P9234 ou le P9074… « Si le désherbage et l’implantation sont maîtrisés, le potentiel peut être quasi équivalent. »

 

La préparation se termine ! Dans 1h on vous accueille sur notre Ferme Agronomique à Heidolsheim ?? On vous attend nombreux !

Publiée par Groupe Armbruster sur Vendredi 11 septembre 2020

 

Maïs Pioneer en 2e culture

Pour les maïs en deuxième culture, « nous avons une bonne expertise avec l’Alterna, sujet que l’on creuse dans le Sud depuis sept à huit ans. La deuxième culture répond à différents objectifs : soit de rechercher une deuxième marge en grain ou fourrage, soit pour de la méthanisation. Nous préconisons alors des conduites spécifiques en fonction de l’objectif visé ». « En Alsace, avec nos étés plus chauds, précise Julien Bernard, la clef de voûte de la réussite de la deuxième culture repose sur l’irrigation ou sur l’humidité résiduelle à l’implantation. S’il y a un démarrage lent, on perd vite quinze à vingt jours de cycle. Et chaque jour perdu au démarrage, c’est trois à quatre jours de plus à la récolte. Les cycles sont tellement courts qu’on ne peut pas se permettre de perdre du temps au démarrage. En somme de température, les premiers maïs sont à 1 450°, alors que les demi-tardifs habituels sont à 1 900-1 950°. »

LG Semences : le colza

Chez LG Semences, Denis Masson parlait volontiers de colza, dont les emblavements régressent en France, en raison des conditions séchantes d’arrière-saison, et de la grosse pression en méligèthes, altises et charançons. En Alsace, en revanche, quoiqu’encore marginales, les surfaces augmentent à la faveur notamment du bénéfice de l’irrigation pour lancer la levée des semis. « En général, on peut espérer quarante quintaux dans le Kochersberg et le Sundgau. En Alsace Bossue, avec des conditions de type plateau lorrain, une baisse est observée. Ceci également en raison des rotations classiques qui intègrent le colza, pratiquées depuis longtemps. Les variétés LG sont TPS phoma et cylindrosporiose, notamment la variété Ambassadeur. »

LG propose également des variétés TULV, tolérantes à la virose transmise par les pucerons et avec une bonne vigueur au départ. Ce caractère apparaît comme essentiel pour résister à la pression des insectes, précise Denis Masson. Au final, l’agriculteur peut espérer de gros PMG qui limitent les pertes liées aux aléas climatiques.

Bayer Agri : du nouveau contre les renouées

Petit tour ensuite avec Marc Jaudel de Bayer Agri. Citons dans la gamme d’herbicide maïs : MerlinFlexx, un antidycot, et AdengoXtra, un produit complet, en pré-levée et post-précoce jusqu’à trois feuilles. « L’Adengo peut être appliqué en zone de captage. Ce n’est ni un chloroacétamide, ni un nicosulfuron. Il est composé d’isoxaflutole et de thienecarbazone-méthyl, une nouvelle molécule. Le spectre graminée et dycot permet en particulier la maîtrise des renouées grâce au thienecarbarzone-méthyl. » La nouvelle solution c’est Equip, composée notamment de foramsulfuron et qui est un anti-graminée. L’efficacité du produit est renforcée sur mercuriales. Appliqué à 1,8-2 litres/ha, il peut remplacer les nicosulfurons en zone de captage. « L’Equip s’applique entre les stades deux et huit feuilles. Veillez cependant à l’appliquer sur graminées jeunes, avant le tallage bien évidemment. Après il est de toute façon difficile d’en venir à bout. En complément si renouées, il peut être associé à du Mondine ».

Chez BASF, on misait sur le désherbage du soja, avec une gamme pré et postlevée. Un produit comme le Corum à spectre large sur les dicotylédones, s’applique en postlevée au stade une feuille trifoliée. Le produit est cependant déconseillé en situation de faible taux de matière organique (moins de 1,7 %) et sur les sols sensibles aux transferts.

Syngenta : Quali’Cible limite les risques environnementaux

Chez Syngenta, l’accent est mis Quali’Cible pour aider à l’utilisation des désherbants sur céréales par rapport aux prosulfocarbes et des produits tels que Defi, Spow, Minarix et Daiko. Et d’aider à l’application de pré-levées comme le S-métolachlore. Il s’agit de minimiser le risque de résidu dans les eaux. Quali’Cible identifie les situations à risque par géolocalisation. Principalement en maïs avec les chloroacétamide, et en céréales avec le prosulfocarbe, QualiCible permet de prévenir la présence de cultures voisines d’automne sensibles (pomme, maraîchage) qui ne sont donc pas récoltées au moment du désherbage céréale.

« Globalement, on appuie là où on peut aller sans risques avec certaines molécules. L’appli ludique supprime par exemple le S-métolachlore dans certaines situations et géolocalise les situations à risques pour l’environnement. Chez Syngenta, on ne fait pas mystère que certaines molécules sont dans le collimateur, l’idée c’est donc de les utiliser là où les risques environnementaux sont moindres. Au final, l’importance de la fréquentation de cette application ultraprofessionnelle démontre que la profession agricole agit avec responsabilité, consciente des enjeux environnementaux. »

Ferti Innovante avec Fertiberia

Chez Fertiberia : des solutions adaptées à la sécheresse. Les établissements Armbruster conduisent un programme d’essais « nutrition innovante » sur l’exploitation. En cas de fertilisation dans des conditions de disponibilité réduite en eau, le principe est d’enrober les engrais avec une matière organique gélifiante en présence d’humidité. C’est la technologie C-Pro. Les éléments fertilisants sont ainsi à la fois piégés dans la maille organique gélifiée, mais néanmoins disponibles progressivement. L’intérêt est d’éviter la salinisation engendrée par l’engrais minéral. Les Espagnols préfèrent d’ailleurs les engrais les moins salins possible en fertigation. L’engrais se présente sous forme de grains calibrés, permettant de la précision du dosage à l’hectare. « Nous conseillons cependant de le positionner précocement toujours au premier passage afin d’assurer une bonne « soudure » avec le deuxième passage. Sur ce printemps sec, le produit a fait la différence. En Alsace, on positionne également le produit au premier passage. Il est associé à du soufre. Et pour le deuxième passage, nous proposons le Fertisûr additivé d’un dérivé d’amidon de maïs en enrobage. Là, il s’agit de ralentir l’activité des uréases, nitrosomonas, et nitrobacter de façon à ralentir le processus de nitrification. Donc on n’agit pas que sur la volatilisation de l’urée en ammoniaque, mais également sur le lessivage lié à la transformation de la forme ammoniacale en forme nitrique », indique un technicien de Fertiberia.

L’objectif, avec un programme de fertilisation intégrant C-ProAzote (Azote soufré) et Fertisur en deuxième passage, est de « réduire les doses d’azote, d’optimiser la fertilisation, de déplafonner les rendements tout en diminuant les impacts environnementaux (lessivage, volatilisation) ». L’expérimentation conduite sur le site vise à comparer notamment deux stratégies innovantes à 185 et 139 unités/ha.

 

 

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Publiée par Groupe Armbruster sur Vendredi 11 septembre 2020

La filière des vins d’Alsace sanctionnée par l’Autorité de la concurrence (AC)

376 000 € d’amende et pourtant des dommages « très limités » causés à l’économie

Vigne

Publié le 24/09/2020

Sauf procédure d’appel devant la Cour d’Appel de Paris, l’Ava, le Civa et le GPNVA (Groupement des Producteurs Négociants du Vignoble Alsacien) sont sanctionnés par l’Autorité de la concurrence. Il leur est reproché d’avoir « augmenté les prix de la matière première (NDLR du raisin donc), afin de renchérir mécaniquement le prix de vente aux consommateurs des vins d’Alsace ». Et il est reproché au Civa d’avoir appliqué « des recommandations tarifaires sur le prix du vrac ».

L’Autorité s’est appuyée sur les recommandations de prix du raisin - prix qu’elle a d’ailleurs publiés officiellement depuis 2013 - et sur « les recommandations tarifaires de prix du vrac » entre 1980 et 2018.

Par ailleurs, elle considère que les prix élaborés par le Civa « uniques, par cépage, et applicables à tous les exploitants viticoles alsaciens » et ce « quels que soient leurs coûts d’exploitation individuels », faussent « le libre jeu de la concurrence ». Une argumentation « pervertie » selon le Civa, pour qui « ces prix du vrac par cépage étaient établis sur la base de prix constatés à qui l’on applique une moyenne ».

En résumé, deux principaux reproches sont faits aux organisations professionnelles : des recommandations tarifaires publiées pour le raisin, et des prix du vrac appliqués selon une grille de valeur fonction de la variété de cépage à l’échelle du vignoble et qui ne reflète pas les coûts d’exploitation individuels. Prix de référence qui étaient constatés en commission paritaire.

Durant toutes ces années, les organisations professionnelles alsaciennes ont pourtant agi en toute transparence, avec même des publications dans des revues professionnelles, ce que d’ailleurs ne conteste pas l’Autorité.

Peut-on reprocher à l’Ava et au Civa de vouloir tenir un prix digne ?

En épluchant les comptes rendus du Civa, de l’Ava et de la commission paritaire, l’Autorité fait observer les volontés de la profession de maintenir un prix du raisin digne de l’AOP. Mais peut-on reprocher aux organisations professionnelles de vouloir préserver l’image de l’appellation en évitant des prix bradés ?

L’Autorité mentionne cependant qu’il existe une procédure de « demande d’exemption individuelle à la prohibition des ententes ». Procédure d’exemption qui, de toute façon, n’aurait selon elle pas abouti « dans la mesure où la réalité du progrès économique engendré par les pratiques en cause n’était pas démontrée ». Vouloir défendre un prix du raisin digne n’est-il pas un progrès économique pour « garantir le revenu des viticulteurs et améliorer la qualité des vins offerts aux consommateurs » ? « Le maintien de la viabilité économique de l’activité des vignerons ne saurait, en tant que telle, suffire à la démonstration d’un progrès économique », répond l’AC !

En la présence de la DGCCRF lors des discussions paritaires

Dans son mémoire, l’AC ne remet pas en cause les travaux de la commission paritaire « en tant que lieu de discussion, à condition d’éviter que ses travaux puissent être perçus comme contrevenant aux règles de la concurrence », précise-t-elle.

Sur la présence de l’Administration (DGCCRF) lors des discussions paritaires, invoquée par les organisations professionnelles, l’AC rétorque que « la concertation sur le prix du raisin n’a pas été imposée par les pouvoirs publics aux organismes en cause ». Qu’au surplus, cette présence de l’Administration « a permis d’avertir explicitement les mis en cause du caractère anticoncurrentiel de leurs discussions ». Et qu’au final, « la présence de l’Administration aux réunions organisées par les organismes en cause ne peut exonérer ceux-ci de leur responsabilité dans la mise en œuvre des pratiques litigieuses graves ». L’Administration aurait peut-être pu se montrer plus insistante sur la gravité des faits qui se déroulaient sous ses yeux pendant toutes ces années…

Dans un paragraphe consacré au vrac, l’AC rappelle les principes applicables notamment concernant les interprofessions sur ce sujet des prix : « Les organisations interprofessionnelles peuvent diffuser des informations en matière de coûts ou de prix sous forme de mercuriales ou d’indices si les données statistiques en cause sont passées, anonymes et suffisamment agrégées. » Elle souligne l’importance de l’anonymat, et que « la diffusion d’indicateurs et d’indices par les OI (organismes interprofessionnels) ne doit pas aboutir à un accord collectif sur les niveaux de prix et ne doit en aucun cas être assimilable à une forme de recommandation syndicale de prix ».

Un calcul impossible

Pour sa défense, le Civa a indiqué qu’il effectuait des recommandations sur la base des coûts de production. Mais globalement, l’AC a estimé que les éléments de calcul de ces coûts sont insuffisants, elle reproche un échantillonnage d’exploitations (18) trop faible et « non représentatif », et reproche un principe d’application de moyenne dans une appellation où les écarts de coûts de production sont très importants, à commencer par le coût du foncier.

Sur cet argument d’insuffisance de données des coûts de production, on imagine mal le Civa prendre en compte tous les coûts individuels des 4 000 exploitations du vignoble.

Une sanction fonction des rentrées de cotisations

Sur le montant de l’amende de 376 000 euros au total, jugé exorbitant et équivalent à 1 000 € par déclarant de récolte, l’amende comprend notamment 209 000 € sur la question des recommandations du prix du vrac. L’AC précise que « les organisations ne disposent pas elles-mêmes d’un chiffre d’affaires relatif à la production et la commercialisation des vins d’Alsace ». Par conséquent, elle s’est appuyée sur le montant des cotisations perçues.

« Des dommages très limités » selon l’AC

Au final, l’AC considère que s’agissant du prix du raisin « les pratiques ont causé un dommage certain mais très limité à l’économie », dommage qu’elle ne chiffre pas d’ailleurs… Et s’agissant du prix du vrac, que le dommage causé est « certain mais sans doute d’envergure limitée ». Quant aux dommages causés à l’image de la filière des vins d’Alsace par cette sanction, là en revanche ils sont certains et difficilement évaluables…

 

? Des réunions pour fixer le prix du Riesling et du Gewurtz... et une amende bien salée à la clé ! ?

Publiée par Rue89 Strasbourg sur Jeudi 17 septembre 2020

 

Table de tri optique des vendanges

En test et démonstration chez Jean-Paul et Marie Zusslin

Vigne

Publié le 15/09/2020

« Chaque année, il faut réexpliquer la manière de trier les raisins. Ça prend du temps, et malgré les explications, par souci de bien faire, les vendangeurs continuent de s’interroger s’il faut prendre tel ou tel raisin », explique Jean-Paul Zusslin, vigneron à Orschwihr. Avec Marie, sa sœur, ils veulent donc savoir si les nouvelles tables de tri optique des raisins apportent un plus. « L’idée, c’est de récolter tout, bien sûr en vendange manuelle, puis de passer la vendange sur la table de tri et de voir s’il y a un gain de temps, par rapport à un tri manuel à la parcelle. » Jeudi 4 septembre, les pinots noirs avaient été triés et c’était au tour des muscats. Résultats selon Jean-Paul : « Ce que l’on récolte en trois jours, là nous mettons une journée. Les vendangeurs ne se posent plus de question, ils récoltent tout ou presque, ça va vite ». C’est Théo Schiélé à Bennwihr-gare, qui a mis à disposition la table. Elle se compose d’une unité d’égrappage, puis de la table vibrante et de tri.

Un paramétrage défini par l’opérateur

Cela fait déjà presque dix ans que Pellenc, le constructeur vauclusien a révolutionné les vendanges avec son unité d’égrappage et de tri. Un égrappage d’un nouveau type. Alors que l’ensemble des systèmes procède à l’égrappage avec un tambour rotatif perforé et un hérisson central également rotatif, là les grappes passent à travers des fléaux et sur un tapis perforé. Les raisins passent ensuite sur des rouleaux qui conservent les baies et séparent les feuilles et les pétioles, puis sur une table vibrante et un tapis rainuré. Les baies parfaitement disposées en file indienne sont prêtes à passer sous une camera. Place alors à l’intelligence artificielle pour traiter les images, conserver les bonnes baies, selon un paramétrage défini par l’opérateur. Quant aux mauvaises baies, elles sont écartées une à une par un jet pulsé d’air comprimé.

« Il y a deux niveaux de tri : l’un pour l’élimination des corps étrangers, l’autre pour la couleur et la forme des baies, éliminer par exemple les baies marron en cépage blanc, et on peut paramètrer la sévérité du tri, indique Stéphane Cottenceau. Pour les rouges on a 4 niveaux, avec en particulier la couleur, les raisins secs, et deux niveaux de sévérité ». Ce technicien Pellenc installe des tables dans le monde entier. Environ 1 500 tables de tri de ce type fonctionnent dans le monde. Elles sont une capacité de 10 - 12 tonnes/heure. « Le tri optique fonctionne également très bien en vendanges mécaniques pour éliminer les verts-jus et autres grains séchés, avec des débits qui correspondent à ceux de la vendangeuse ». Il faudra compter environ 140 000 € d’investissements pour l’installation complète.

 

Rentrée à l’Académie internationale des vins en Alsace (AIVA)

300 étudiants transiteront cette année scolaire par l’AIVA

Vigne

Publié le 14/09/2020

« Retenez que l'AIVA veut vous apprendre à créer, à réaliser, à foncer, à être heureux, à être positif, à exercer votre métier et envisager votre carrière avec passion. » Le ton de la rentrée était donné ce lundi 7 septembre à la toute nouvelle Académie internationale des vins en Alsace. C’est le négociant en vins Dominique Destouches, avec l’homme d’affaires colmarien Marc Rinaldi, qui sont à l’origine de cet institut de formation aux métiers aval de la filière des vins et spiritueux.

Pour cette deuxième session de rentrée, 105 élèves étaient accueillis par le staff de l’AIVA, Serge et Lucas Destouches, les maires de Landersheim et de Saverne, Damien Frintz et Stéphane Leyenberger, le conseiller régional Laurent Burckel, et Christophe Bertsch qui aura en charge la responsabilité des études pour la partie universitaire. 105 étudiants ont répondu à l’appel, mais 300 sont attendus cette année à l’AIVA à Landersheim. Une trentaine devrait arriver courant octobre du Canada, retardés pour cause de Covid-19.

Très belle rentrée à l'Académie ! Merci à tous les acteurs ayant rendu cela possible. De la vigne à la dégustation,...

Publiée par AIVA Académie Internationale des Vins sur Mardi 8 septembre 2020

Les locaux ont été rénovés à grands frais, près de 2 millions d’euros sur deux des cinq étages de l’imposant bâtiment de 12 000 m2. Les étudiants disposeront d’installations flambant neuves, de salles spacieuses, de deux salles de dégustation, une salle de sport, une cave-magasin-école… « Ici, on a des rétroprojecteurs qui marchent », a lancé Christophe Bertsch sur un ton narquois. C’est Lucas Destouches, le fils de Dominique Destouches, qui a la responsabilité de la gestion de l’institut.

Des formations professionnalisantes

Les formations portent principalement sur les métiers en aval de la filière. L’AIVA propose des formations diplômantes courtes et longues jusqu’à bac + 5 en marketing, sommellerie, trading et commerce du vin. Et également aux métiers de la brasserie grâce notamment à la présence de la brasserie savernoise Licorne.

Très belle cérémonie de parrainage avec Serge DUBS, meilleur sommelier du monde ? Un honneur pour notre Académie. Un grand merci !

Publiée par AIVA Académie Internationale des Vins sur Mercredi 9 septembre 2020

Les DU, masters 1 et 2, et la licence de l'AIVA sont des diplômes reconnus par l'Etat. La tonalité pédagogique se veut complètement tournée vers la vie professionnelle, notamment pour la grande distribution, mais pas que… À l’origine, Dominique Destouches et Marc Rinaldi avaient insisté sur le caractère professionnalisant des formations : « C’est une fabrique de métiers dans les différentes strates de la filière vins et spiritueux, ce n’est pas une fabrique de diplômes ». « Notre objectif est de former des étudiants par la transmission de la passion, et amener à exercer le futur métier avec passion et avec joie, donner l’envie et la volonté », a introduit Dominique Destouches en reprenant des propos de Voltaire. Un choix pas anodin : « C’était aussi un homme d’affaires, il savait compter… » Mais le négociant savernois a aussi insisté sur « l’imagination » : « Avoir de la mémoire c’est très bien mais le futur dans le domaine est plus important, et les choses changent à une vitesse incroyable dans le vin, il faut de l’imagination ».

Les dirigeants souhaitent le meilleur pour la filière des vins d’Alsace et espèrent à long terme des retombées de notoriété pour les vins d’Alsace, grâce aux futurs ambassadeurs que seront ces étudiants passés un jour dans la région avant d’être lancés dans une vie vitivinicole active. Ils l’ont fait savoir à Gilles Neusch, directeur du Civa, venu observer cette rentrée de l’AIVA.

Les vidéos