Lycée agricole d’Obernai-Erstein
Le Covid-19 n’entache pas le dynamisme et le succès des formations agricoles
Lycée agricole d’Obernai-Erstein
Vie professionnelle
Publié le 03/09/2020
« Ces centres qui croisent formation générale, spécialisée, apprentissage, formation continue, c’est l’idéal, c’est ce qu’il faut faire », estime Jean Rottner, président de la région Grand Est. « Avec le CFA (Centre de formation pour apprentis) et le centre de formation continue, des apprentis adultes, on a des classes mixtes. Le même brassage s’effectue au self, à l’internat entre les lycéens », en convient le proviseur de l’établissement Thierry Girodot. Ce melting-pot participe à l’abolition d'« un sentiment de hiérarchie entre les voies de formation générale, les CAP, l’apprentissage, les bac pro. L’alchimie n’est pas facile, mais cette communauté éducative fonctionne relativement bien, génère des idées, enrichit les pratiques pédagogiques », ajoute le proviseur Girodot. Bref, participe à lutter contre les segmentations sociales et sociétales.
Publiée par Lycée agricole d'Obernai sur Mardi 1 septembre 2020
La rentrée à l’EPL (établissement public local) d’Obernai s’est effectuée sous l’œil averti de la préfète de Région Josiane Chevalier, du président de la Région Grand Est Jean Rottner, de Patrick Bastian, élu régional délégué à l’agriculture, d’Élisabeth Laporte, rectrice de l’académie de Strasbourg, d’Anne Bossy, directrice régionale de l’alimentation, l’agriculture et la forêt, de Denis Ramspacher et Christian Schott, les représentants de l’agriculture qui siègent également au conseil d’administration du lycée agricole. Ils ont été accueillis par le proviseur Thierry Girodot et son équipe enseignante pour un tour d’horizon sur la formation agricole.
Outre la présentation d’usage de l’éventail des formations aux métiers de l’agriculture, ce sont les risques de fractures pédagogiques consécutifs à la période de confinement liée au Covid-19 qui ont occupé les dialogues entre les enseignants et les représentants politiques et de l’État. Les projets agroécologiques de la ferme du lycée en houblon bio, la méthanisation, l’optimisation du cycle carbone à des fins énergétiques et de fertilité ont complété les sujets abordés.
Mille apprenants
« On gère environ 1 000 apprenants, dont 560 lycéens, 400 apprentis, une centaine de stagiaires en formation continue diplômante, introduit le proviseur. Notre offre de formation est majoritairement professionnelle, mais avec la possibilité de suivre un bac général orienté sur les disciplines scientifiques, un bac technologique spécifique aux métiers des sciences et techniques de l’agronomie et du vivant, les bac pro de l’agriculture (machinisme, service aux personnes, cheval, commercialisation, eau, horticulture, aménagement paysager…). Ça paraît pléthorique, mais c’est à l’image de l’agriculture alsacienne particulièrement diversifiée, les qualifications vont jusqu’à la licence pro. »
L’une des raisons du succès du centre de formation agricole d’Obernai-Erstein, c’est son environnement qui fait que « après trois semaines, chacun se connaît, poursuit le proviseur. C’est un lycée relativement petit avec des classes comprenant 25 à 30 élèves, soit un environnement éducatif similaire à un collège. On a une approche assez familiale de la gestion de l’élève. »
[#Rentrée2020]
Visite du Lycée agricole d'#Obernai : échanges avec les équipes éducatives et les élèves en ce jour de #rentrée
➡️ Protocole sanitaire pour assurer la bonne continuité pédagogique dans le contexte de l'épidémie #Covid19
➡️ Soutien au monde agricole pic.twitter.com/6TPuYBt7cC— Région Grand Est (@regiongrandest) September 1, 2020
Conséquence, l’EPL affiche de bons taux de réussite : 90 à 95 % au bac, 80 à 90 % en BTS. « Quand on rentre en seconde, théoriquement on a donc toutes les chances d’obtenir ses diplômes. » L’EPL d’Obernai-Erstein recrute à 80 voire 90 % des étudiants alsaciens. Son internat comprend 330 places, dont 200 lycéens et 130 apprentis internes. « On manque de place », commente le proviseur, qui souligne également qu’il y a un « internat d’excellence à Erstein » où quelques chambres sont encore disponibles. 23 % des effectifs sont des fils et filles d’agriculteurs, c’est deux fois plus que la moyenne nationale dans les lycées agricoles, précise encore le proviseur. « Beaucoup viennent pour cet environnement, mais sont également attirés par les sciences du vivant, l’eau, l’environnement, et pour les métiers para-agricoles. »
Un « moteur de recherche » humain
Dans la mouvance pédagogique visant à tenir davantage compte des individualités, l’EPL d’Obernai a créé une Centre pour apprendre autrement (C2A). Présenté par Nicole Guyot, professeure de lettres modernes, Christine Muller responsable informatique, Laëtitia Jendry, formatrice en aménagement paysager, ce « centre de ressources » facilite l’individualisation des formations pour la formation continue et l’apprentissage. « Avec le télé-enseignement et l’enseignement de soutien aux lycéens, tout le monde l’utilise. « Exit la craie et le tableau noir », ici on trouve de l’aide avec en permanence un animateur qui, tel « un moteur de recherche » permet à chacun de disposer de méthodes, d’outils, de documents, de jeux pour l’acquisition de connaissances. Concrètement, l’animateur est en lien avec les documentalistes du CDI et les enseignants. « Mais il faut que les élèves ouvrent spontanément la porte. Notre idéal serait d’abattre les murs, de lever les verrous. Ce centre est accessible pendant et hors des cours. »
Les représentants ont également écouté les enseignants et des étudiants pour relater les conditions de continuité des enseignements pendant le confinement et jusqu’à juin. Du côté du CFPPA, étudiants-apprentis et enseignants étaient déjà rodés aux techniques de formation à distance grâce à leur plateforme développée depuis deux ans déjà. « Les stagiaires n’étaient pas déboussolés par le mailing, et les visioconférences. » C’est plutôt du côté du CFA que la « machinerie a été lourde pour créer des outils, les découvrir. » Finalement, « le lien a continué au prix de beaucoup de sueur ». Côté lycée et enseignement général, le dispositif 4.0 qui consiste à doter tous les lycéens du Grand Est d’un ordinateur, s’est avéré judicieux pour préserver la continuité pédagogique. Problème, la plateforme Monbureaunumérique a bugué, et parmi la pléthore d’autres canaux numériques, Skype, Zoom, email…, « il a fallu un mois pour trouver le rythme ». Et c’est finalement la plateforme de l’EPL qui a été le recours le plus utilisé. Mais les enseignants craignent des décrochages d’étudiant : « Il a fallu faire preuve d’autonomie », indique une étudiante. Tandis que certains élèves, dans des zones mal desservies subissent la fracture numérique. Au final, « rien ne remplace le lien direct en pédagogie en lycée, surtout là où certains élèves sont en difficulté, souligne la professeure Nicole Guyot. L’essentiel a été l’adaptation à la situation de crise, avec des expériences pédagogiques fantastiques. »












