Auteur
Image

Florence Péry

Journaliste pigiste

Retrouvez ses derniers articles ci-dessous :

Fruits et légumes d’Alsace

Concours d’étalage : le goût du challenge

Cultures

Publié le 18/10/2020

Des montagnes de courges, des tablées de choux, de betteraves rouges et de céleris, des massifs de poireaux, des alignements de pommes de tous les calibres et de toutes les couleurs… Les chefs de rayon fruits et légumes d’une soixantaine de points de vente d’Alsace s’en sont donnés à cœur joie du 6 au 9 octobre à l’occasion du concours d’étalage organisé par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla). L’objectif de ce concours est de mettre en avant les productions régionales auprès des consommateurs. Et le mois d’octobre s’y prête particulièrement bien, puisqu’entre les derniers produits d’été et la panoplie des fruits et légumes d’automne, le choix est large, a souligné Pierre Lammert, président de l’interprofession lors du lancement du concours, le 6 octobre à Obernai.

Pour cette édition 2020 du concours, 58 magasins étaient sur les rangs, répartis du nord au sud de l’Alsace. Et parmi eux : 27 supermarchés, 19 hypermarchés, 4 magasins de producteurs, 5 restaurants hors domicile et 3 « cash and carry ». Plusieurs jurys composés de producteurs, de grossistes, de directeurs de magasins, de responsables de centrales d’achat ont passé en revue les différents points de vente, accompagnés de l’équipe de l’Ifla. Huit critères de notation étaient proposés, permettant d’établir un classement par catégorie. Étaient notamment jugés l’attractivité du rayon, le soin accordé à la présentation, la variété et la fraîcheur des produits, leur adéquation avec la saison, la mise en avant de l’origine Alsace avec la présence de la PLV aux couleurs de l’Ifla. Cette année, un bonus était accordé pour les rayons mettant en avant les produits transformés provenant de la région (jus de fruits, navets salés…). Une fiche de notation spécifique était prévue pour la restauration hors domicile.

 

Ça va chauffer dans les étals ! ?. Du 06 Oct au 09 Oct les magasins de la région mettent le paquet et s'affrontent dans...

Publiée par Fruits et légumes d'Alsace sur Samedi 3 octobre 2020

 

Un quart de la consommation régionale

L’engagement des magasins dans ce concours, qui existe depuis 2013, montre à quel point les relations entre la grande distribution et les producteurs de fruits et légumes se sont améliorées en l’espace de quelques années. De nombreux directeurs d’enseignes en ont témoigné lors de cette présentation. Il est vrai que la demande pour les produits locaux est forte, particulièrement dans le domaine des fruits et légumes. Et que les producteurs alsaciens n’arrivent à couvrir qu’un quart de la consommation régionale, alors même qu’ils sont les seuls en France à augmenter leurs surfaces.

Le concours d’étalage est la concrétisation d’un travail commun mené tout au long de l’année entre l’Ifla et la grande distribution, souligne Olivier Porcu, directeur du Super U de Fessenheim, appuyé par ses confrères Laurent Leclerq (Leclerc), Frédéric Agaud (Auchan), Alain Meyer (Intermarché) et François Oster (Cora). Il constitue une grosse opération de communication en faveur de la production régionale. Et il donne « un coup de boost » aux équipes pour mettre en valeur le rayon fruits et légumes, témoigne Daniel Grandemange, directeur du magasin de producteurs Hopla à Oberhausbergen, dont c’est la quatrième participation. Un rayon qui constitue « la carte d’identité du magasin » et dont l’attractivité est essentielle.

Pour les grossistes aussi, le concours d’étalage représente une opportunité de montrer son savoir-faire, relève Valentin Moisson (Metro), dont l’enseigne a signé en début d’année une charte en faveur de la production agricole française. Quant à l’Alsacienne de restauration, premier acteur de la restauration hors domicile en Alsace avec 140 points de restauration, elle participe cette année au concours « pour la forme », son activité étant encore largement impactée par la pandémie.

 

[ ? CONCOURS FRUITS ET LÉGUMES ?] Un grand bravo à Christelle, Gaëtan, Marine et Laura pour leur magnifique...

Publiée par Super U Fessenheim sur Vendredi 9 octobre 2020

 

Association des communes forestières d’Alsace

Cette tempête silencieuse qui frappe les forêts

Cultures

Publié le 12/10/2020

« La forêt n’est pas en bonne santé quelles que soient les essences en place, les sols, les expositions, les altitudes. » Le constat a été dressé par Pierre Grandadam, président de l’association des communes forestières d’Alsace (ACF), lors de l’assemblée générale annuelle de l’association, qui a eu lieu le 19 septembre à Wangenbourg-Engenthal, dans le Bas-Rhin. « Nos arbres peinent à s’adapter aux changements climatiques. Nous devons récolter trop de bois en urgence pour mal les vendre sur un marché saturé, quels que soient les produits. Nous voulons reconstituer les forêts rasées après sécheresse et tempêtes mais comment financer les travaux quand les ressources forestières sont réduites à néant et que parfois la forêt coûte plus qu’elle ne rapporte ? »

Faire face ensemble

Le diagnostic de Jean-Pierre Renaud, directeur territorial de l’ONF Grand Est, rejoint celui de Pierre Grandadam. « La situation actuelle est beaucoup plus grave qu’après la tempête Lothar de 1999, qui avait mis à terre de nombreux hectares de forêt, reconnaît-il. Cette crise est une tempête silencieuse qui s’inscrit dans la durée et la gravité. Elle a commencé par la crise des scolytes, mais aujourd’hui l’ensemble des essences de la région est impacté : le frêne avec la chalarose, le chêne avec les chenilles processionnaires, le sapin et le hêtre qui subissent les conséquences de la sécheresse. Il est important de faire face ensemble à cette crise. » Et si les aides de la Région ont bien permis d’envoyer un maximum de bois dans le Sud-Ouest pour désengorger le marché, elles ne concernaient malheureusement que l’épicéa, regrette Jean-Pierre Renaud.

Face à cette situation, le directeur territorial de l’ONF Grand Est préconise de récolter au plus vite les bois encore verts pour pouvoir les valoriser et de réfléchir sur la gestion des forêts en prévision de l’évolution du climat. Aux maires de Weitbruch et de Marckolsheim qui se demandent quelles essences planter, Jean-Pierre Renaud répond qu’il est important de construire les forêts de demain sur la diversité des essences et des peuplements afin d’éviter des forêts trop homogènes, plus sensibles aux ravageurs. Cette diversité, qui s’obtient par régénération naturelle, favorise la résistance et la résilience des peuplements.

Récolter les bois d’abord

« Nous ne connaissons pas l’arbre magique qui sera bien à sa place pour les cent ans à venir », reconnaît pour sa part Pierre Grandadam, rappelant que « la forêt est une école d’humilité ». Alain Lesturgez, directeur général de la Fédération nationale des communes forestières (FNCofor) ne se risque pas non plus à donner des conseils de plantation. Il y aura des échecs, mais il faudra, selon lui, en passer par là pour trouver des solutions.

Concernant les dégâts de gibier, la situation est tout aussi préoccupante car ils empêchent la régénération naturelle des peuplements. Les forestiers ont besoin des chasseurs pour préserver le patrimoine forestier, insiste Jean-Pierre Renaud.

Les élus sont conscients de la gravité de la situation, comme en témoigne le député Philippe Meyer. La priorité est de récolter les bois, estime Patrick Bastian, conseiller régional, qui assure les communes forestières du soutien de la Région Grand Est. Celle-ci a voté des aides pour reconstituer les peuplements et moderniser les outils de transformation. Elle soutient également les essais de plantation de nouvelles essences plus adaptées au climat de demain. « Tous les acteurs doivent prendre conscience qu’il faut travailler ensemble pour trouver des solutions », souligne Patrick Bastian. Thierry Carbiener et Christine Moritz, conseillers départementaux du Bas-Rhin, vont dans le même sens.

Il faut travailler au niveau de la région Grand Est, estime pour sa part Jean-Pierre Michel, vice-président de la FNCofor, qui fait part de la création en cours d’un comité des communes forestières du Grand Est. Véronique Klein signale quant à elle que la Chambre d’agriculture Alsace, dont elle est vice-présidente, s’est dotée d’une commission Forêt depuis le début de cette mandature. Elle travaille en bonne intelligence avec les communes forestières sur la restructuration du foncier forestier et se tient aux côtés de la filière bois-forêt pour envisager l’avenir.

 

Revoir la vidéo sur la visite-conseil de la Chambre d'agriculture Alsace pour redécouvrir sa forêt :

 

 

Revoir aussi la vidéo sur la séchresse subie par la forêt alsacienne, depuis cinq ans :

 

 

SARL Roeckel à Avenheim

Un poulailler en avance sur son temps

Élevage

Publié le 10/10/2020

Le 25 septembre, Hervé Roeckel, gérant de la SARL Roeckel, a accueilli 39 900 poules pondeuses dans un nouveau bâtiment inauguré une semaine plus tôt. Un poulailler entièrement neuf et conçu pour un élevage des poules en liberté. Jusqu’ici, la famille Roeckel élevait des poules en cage. Cet investissement lui permet de prendre pied sur un nouveau marché, porteur, celui des œufs en plein air.

La construction de ce nouveau poulailler a nécessité une révision du plan local d’urbanisme et l’acquisition de foncier supplémentaire auprès d’autres exploitants agricoles et de la fondation Saint-Thomas. Hervé Roeckel s’est entouré de nombreux professionnels pour mener à bien son projet : le cabinet Performa et la Chambre d’agriculture Alsace sont intervenus pour le montage du dossier ICPE (installations classées) et pour celui du Plan bâtiments, la Région Grand Est a accordé des subventions, le Crédit Agricole a financé le projet, l’architecte Joël Felten a instruit le permis de construire tandis que les entreprises Herrmann TP (terrassement), Léon (maçonnerie) et Serupa, partenaire historique de la famille Roeckel depuis 1992, réalisaient les travaux.

En avance sur les objectifs

Cette inauguration illustre le dynamisme d’une filière en pleine mutation, a souligné Hervé Roeckel, qui est aussi président de la Sica (société d’intérêts collectifs agricoles) Les producteurs alsaciens et lorrains - il a succédé à Alfred Zacher en décembre dernier. Une filière qui, depuis la mise en service d’un nouveau centre de conditionnement d’œufs situé à Bernolsheim*, ouvre un bâtiment d’œufs plein air et un bâtiment d’œufs bio par an. La transformation des bâtiments de poules en cage en élevage au sol y progresse au même rythme. La filière alsacienne est donc en avance de deux ans sur les objectifs nationaux du CNPO (Comité national pour la promotion de l’œuf), qui est d’atteindre 50 % de la production en mode alternatif (élevage plein air, bio ou en volière) en 2022.

Le but est de répondre à la demande et de prendre en compte les attentes des consommateurs, qui réclament davantage de bien-être animal. Les intrusions dans les élevages industriels, qu’Hervé Roeckel juge « condamnables », sont le signe de ces nouvelles attentes, auxquelles les producteurs doivent s’adapter.

Le standard de demain

Le nouveau poulailler est « un bâtiment toutes options », dont certains équipements ne sont pas encore exigés par la réglementation française, comme le jardin d’hiver, sorte de sas couvert entre le poulailler et l’extérieur, qui permet aux poules de profiter de la lumière du jour sans s’exposer à la pluie ou au vent. Des fenêtres latérales, à raison de 3 % de la surface au sol, sont également aménagées dans le bardage séparant la partie élevage du jardin d’hiver, pour amener une clarté naturelle à l’intérieur du bâtiment. « Je suis persuadé que ce sera le standard de demain, confie le gérant de la SARL Roeckel. Dans quatre ou cinq ans, tous les bâtiments seront comme cela. » L’éleveur a également fait le choix de segmenter l’intérieur du poulailler en compartiments, pour répartir les volatiles en lots de 6 000 poules et limiter ainsi les risques d’étouffement.

Le bâtiment est équipé de quatre lignes de volières sur deux étages. Les poules peuvent circuler d’une volière à l’autre et à partir de la 28e semaine, elles ont accès à un parc extérieur de 10 h du matin à la tombée de la nuit : le parc aménagé autour du bâtiment fait 16 ha, soit 4 m2/poule, conformément à la réglementation sur les œufs plein air. La ventilation est 100 % dynamique, ce qui représente un coût par rapport à une ventilation naturelle, mais un coût maîtrisé puisque la ferme Roeckel dispose d’une centrale photovoltaïque en autoconsommation.

Cette centrale alimente également le séchoir à fientes, de marque Dorset. « Cela fait plus de dix ans que nous sommes passés des fientes traditionnelles aux fientes sèches dans tous nos poulaillers », explique Hervé Roeckel. Celles-ci renferment 85 % de matière sèche ce qui « atténue toutes les nuisances sauf les poussières ». Les fientes étant sèches, l’élevage est dispensé d’un plan d’épandage et les fientes sont commercialisées sous forme d’engrais organique répondant à la norme NFU 42001.

Des automatismes pour simplifier le travail

Une attention particulière a été portée à la sécurité, la famille Roeckel ayant perdu un poulailler en 2008 dans un incendie dû à un problème électrique. Le nouveau bâtiment fait donc une large place aux matériaux coupe-feu et toutes les armoires électriques sont centralisées dans deux locaux coupe-feu en maçonnerie. De par sa conception, il est particulièrement fonctionnel et facile à nettoyer. « Tout ce qui est électrique, toutes les amenées d’eau sont enterrées », indique Pierre Cossard, chargé d’affaires élevage chez Serupa, qui y voit aussi un gage de longévité. La ventilation et l’éclairage sont programmables et en cas de problème, l’éleveur est averti sur son téléphone portable. Il peut même changer les réglages depuis son smartphone grâce à une application dédiée.

De nombreux automatismes simplifient le travail : le ramassage des fientes est automatique, de même que l’abreuvement et l’alimentation. Celle-ci est distribuée par une chaîne plate. Les œufs sont convoyés par des tapis depuis les nids jusqu’à la salle de conditionnement située à une extrémité du poulailler, où une machine les conditionne en alvéoles. Celles-ci sont empilées par plateaux de six, qu’un robot place sur des palettes sans risque de casse. La présence d’une seule personne est nécessaire sur la chaîne de conditionnement, l’essentiel du processus étant automatique.

Le système de ramassage des œufs est conçu de sorte à minimiser les pertes. « En pic de ponte, on arrive à 96, à 97 % d’œufs vendus pour 100 poules, c’est extraordinaire », relève Pierre Cossard.

 

*Revoir la vidéo sur le nouveau centre de conditionnement d’œufs situé à Bernolsheim :

 

Grand Est

Préparer le tourisme de demain

Pratique

Publié le 05/10/2020

Une saison contrastée : c’est ainsi que Marie-Reine Fischer, présidente de l’Agence régionale du tourisme Grand Est, qualifie la saison touristique estivale. Lors d’un point presse, organisé le 22 septembre à Strasbourg, elle a donné les grandes tendances de l’activité touristique durant les mois écoulés. Des tendances finalement « plus favorables » que celles auxquelles s’attendaient les instances du tourisme régional au sortir du confinement ce printemps. « L’absence significative du tourisme de groupe a été compensée par le tourisme individuel et familial », constate notamment l’ART qui y voit notamment le résultat des efforts d’adaptation faits par les professionnels.

Cet été, le Grand Est a accueilli majoritairement une clientèle française, les touristes étrangers ne représentant que 30 % de la clientèle. De nombreux habitants du Grand Est ont passé leurs vacances dans leur propre région, redécouvrant ainsi leur territoire à la faveur des restrictions de déplacements liés à la crise sanitaire. Le reste de la clientèle hexagonale (25 %) était constitué de vacanciers d’Ile-de-France, des Hauts-de-France et de Bourgogne-Franche-Comté. Les Belges et les Hollandais n’ont pas boudé le Grand Est, contrairement à la clientèle allemande, beaucoup moins présente qu’à l’ordinaire. Quant aux Suisses et aux Italiens, ils étaient tout de même là cet été, souligne Marie-Reine Fischer.

La nature, un franc succès

Autre tendance observée : « la nature a remporté un franc succès » cette année. Parcs animaliers, parcs naturels, lacs et stations de montagne ont vu leur fréquentation augmenter de 30 %. Les hôteliers de campagne ont bien rempli leurs établissements, particulièrement les 4 et 5 étoiles qui affichaient cet été des taux d’occupation compris entre 70 et 90 %. Le tourisme urbain est bien plus à la peine, constate la présidente de l’Agence régionale du tourisme Grand Est. Certains hôtels de ville ont fait le choix de rester fermés. Ceux qui sont restés ouverts ont connu une baisse de la fréquentation de l’ordre de 40 %. Musées et sites touristiques ont continué d’attirer des visiteurs, mais leur capacité d’accueil a été réduite pour cause de distanciation sociale.

L’enquête de conjoncture menée par l’ART Grand Est fait aussi ressortir des différences entre anciennes régions. Champagne-Ardenne et la Meuse, qui étaient plutôt des destinations de passage, sont devenues cet été des destinations à part entière, où les vacanciers ont effectué des séjours plus prolongés qu’à l’ordinaire. La clientèle de proximité a permis de sauver la saison, constate l’ART. Le massif vosgien, lui, a carrément fait carton plein avec un taux de fréquentation en hausse de 12 %, des gîtes occupés à 97 % en août et des réservations record sur la plate-forme AirBnB. Le besoin de dépaysement et de pleine nature a donné un coup de fouet aux activités d’extérieur.

Le bilan est plus mitigé pour les grandes agglomérations lorraines et pour l’Alsace, avec 50 % de la clientèle habituelle. « Le taux d’occupation des hôtels ouverts de l’Eurométropole est estimé à moins de 50 % pour l’été 2020 contre 80 % en 2019 », constate l’ART. La restauration ne réussit que partiellement à compenser l’absence des touristes étrangers, même en étendant les terrasses à l’extérieur. Et les principaux sites touristiques alsaciens sont bien loin d’avoir fait le plein cet été. « La Cathédrale de Strasbourg a vu son nombre de visiteurs divisé par 2, Batorama accuse - 61 % de passagers et les musées enregistrent une baisse de fréquentation de 56 % », note l’ART Grand Est. D’une manière générale, les professionnels du tourisme s’inquiètent pour l’arrière-saison, notamment en raison de la recrudescence de la Covid-19 et de l’absence des groupes qui perdure. Les craintes semblent fondées puisque 43 % des réservations de septembre dans les hôtels et 62 % des réservations de groupe dans la restauration ont été annulées.

Des soutiens et du « smart tourisme »

Dans ce contexte, la Région Grand Est et l’ART ont mis en place un programme de soutien aux entreprises du secteur. L’objectif est de leur offrir un point d’entrée unique pour les conseiller et les accompagner. 60 entreprises ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé via ce dispositif. Ce soutien aux entreprises s’accompagne du déploiement d’un plan de communication pour renforcer l’attractivité touristique de la Région Grand Est. Mais dans ce contexte où le tourisme individuel a pris le pas sur le tourisme de masse, l’ART s’attache également à revoir ses orientations stratégiques en misant sur le « smart tourisme ».

Il s’agit d’assurer la montée en gamme de l’offre touristique, de proposer un tourisme responsable, durable, en tirant profit des outils digitaux. Enrichir l’offre touristique, la personnaliser davantage pour toucher « un public qui bouge beaucoup », le fidéliser pour qu’il revienne sont quelques-uns des axes qui seront développés grâce à un pilotage basé sur les données, précise Olivier Midière, nouvellement nommé directeur général de l’ART Grand Est. Il faudra pour cela déployer des infrastructures intelligentes et connectées dans le domaine des transports, de l’hébergement et des loisirs.

Puisque le tourisme international est « à plat », résume Jean Rottner, président de la Région Grand Est, il s’agit de « partir à la conquête d’une nouvelle clientèle qui s’inscrira dans la durée ». Une clientèle française, dont il regrette qu’elle ait les yeux plutôt tournés vers l’Ouest ou le Sud-Ouest que vers le Grand Est.

 

TOUS EN ALSACE // Parce que l'Alsace, ce sont les Alsaciens qui en parlent le mieux, Alsace Destination Tourisme met à...

Publiée par Alsace Destination Tourisme - Pro sur Vendredi 11 septembre 2020

Grandes cultures

Pulvérisation : des pistes pour traiter moins et mieux

Cultures

Publié le 01/10/2020

Le 15 septembre à Rumersheim-le-Haut (Haut-Rhin) et le lendemain à Geudertheim (Bas-Rhin), la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) et Arvalis ont organisé deux après-midis consacrées à l’amélioration de la pulvérisation en grandes cultures. Au menu de ces deux demi-journées : les bonnes pratiques de pulvérisation. Un sujet d’autant plus important que dans certaines zones, comme les zones de captage Ermes, des objectifs ambitieux ont été fixés pour réduire les quantités d’herbicides utilisés dans les champs afin de limiter l’impact sur la nappe phréatique. La CAA accompagne les agriculteurs techniquement dans cette démarche, en veillant à ce que les solutions proposées soient adaptées au territoire concerné et préservent le revenu, a expliqué Fabien Metz, président de la commission Transition énergétique et protection des ressources de la CAA.

François Lannuzel a évoqué les stratégies de réduction des doses pour le désherbage du maïs. La réflexion est partie des groupes Dephy. En mettant en place un réseau d’expérimentation sur le sujet, la CAA a souhaité pouvoir donner des préconisations aux agriculteurs. Plusieurs leviers sont à activer en même temps si l’on veut espérer désherber efficacement avec des doses réduites : jouer sur la synergie entre les produits (plusieurs matières actives et plusieurs modes d’action) ; sur le positionnement des traitements par rapport au stade des mauvaises herbes (plus on intervient à un stade jeune, meilleure est l’efficacité) ; sur les conditions de traitement (hygrométrie de l’air, du sol et temps poussant).

 

 

Désherbage du maïs : l’intérêt des adjuvants

Quatre types d’associations de produits ont été testés, selon trois stratégies différentes, énumère François Lannuzel : avec des doses couramment utilisées, avec des doses beaucoup plus réduites et avec les mêmes doses réduites auxquels ont été ajoutés des adjuvants. Trois adjuvants ont été utilisés : une huile végétale pour augmenter la pénétration du produit, un mouillant pour augmenter la rétention en surface et l’étalement du produit sur la feuille, et un engrais foliaire pour maintenir à l’état liquide la gouttelette le plus longtemps possible.

Il apparaît qu’en cas de forte infestation de graminées, notamment par des sétaires, il est difficile de réduire les doses sans toucher à l’efficacité. « Si on compare pleine dose et demi-dose, on est en dessous du seuil d’acceptabilité, indique le conseiller. Avec les adjuvants, on gagne en moyenne un point d’efficacité mais on n’arrive pas à rester aussi efficace qu’à pleine dose. » Dans le cas d’une infestation avec peu de graminées, le désherbage à demi-dose est plus performant (au-dessus du seuil d’acceptabilité) mais le désherbage avec adjuvants reste un point au-dessus en termes d’efficacité.

La CAA a également observé les effets sur le rendement de ces différentes stratégies. Dans l’essai à forte pression de graminées, l’écart est de 3 q entre le traitement à pleine dose et le traitement à demi-dose sans adjuvants. Il se réduit à 1,8 q avec les adjuvants. Ces résultats restent à consolider dans le temps, précise François Lannuzel.

Réduire l’usage des produits phytosanitaires est plus simple quand on fait partie d’un groupe et qu’on peut échanger avec des collègues sur ses expériences. C’est la logique des groupes Dephy, a expliqué Grégory Lemercier, animateur d’un groupe comptant 13 exploitations dans le Bas-Rhin dont celle de Christian Schott. Agriculteur à Schirrhein dans le ried nord, ce dernier est spécialisé dans les productions végétales qu’il cultive pour partie sur des terres sableuses, pour partie sur des terres plus argileuses. Colza, blé et maïs constituaient son assolement jusqu’à ce qu’il perçoive les limites de ce système : revenant très souvent sur les mêmes parcelles avec les mêmes cultures, il commençait à rencontrer des problèmes de désherbage et de maladies.

Un levier de baisse des charges

C’est ce qui l’a poussé à introduire le soja dans son assolement, une culture présente il y a très longtemps sur l’exploitation mais abandonnée par la suite. Il a également introduit le pois, l’avoine et l’orge, et a ajouté la féverole dans ses rotations avec d’« énormes bénéfices agronomiques ». Cette culture ramène en effet 20 à 30 unités d’azote pour la culture suivante et se révèle intéressante à la fois pour la vie du sol et la biodiversité, constate l’agriculteur.

Christian Schott a commencé à réduire l’usage des phytosanitaires en 1991, à l’occasion de la réforme de la Pac. À l’époque, sa motivation était purement économique, le moindre recours aux produits phytosanitaires étant envisagé comme un possible levier de baisse des charges. « Je me suis formé à de nouvelles techniques de pulvérisation avec une baisse des volumes en eau, une baisse des phyto, un autre choix des plages de traitement et de dimension du pulvérisateur pour pouvoir travailler très vite dans les meilleures conditions. Quand je sors le pulvé, je suis pleinement efficace », dit-il. Cela a nécessité un investissement conséquent puisqu’il a fait l’acquisition d’un pulvérisateur de 4 000 l mais « quand on veut réduire les volumes et les doses, il faut être très bien équipé », juge l’agriculteur de Schirrhein, qui n’hésite pas à sortir son pulvé très tôt le matin ou très tard le soir pour traiter au bon moment. Il est équipé pour cela d’un éclairage de rampe. Son pulvérisateur dispose aussi d’un GPS avec coupure automatique de tronçon ce qui, compte tenu de son parcellaire, lui permet de « gagner 5 % de phyto voire plus ».

Sur blé, il estime ne pas encore être « au top » car il sort d’un système de rotation sur trois ans et traite encore « pas loin des doses conseillées », toujours avec des produits de post-levée. Il parvient à maîtriser les sétaires et les panics. « La rotation apporte un plus par rapport à la pression des graminées », juge-t-il. En matière d’adjuvant, il utilise du sulfate de magnésium « seulement si les conditions se dégradent ». Pour le maïs, il travaille la qualité de la pulvérisation et prend en compte les conditions météo. Il n’utilise plus d’insecticide contre le taupin depuis une dizaine d’années, n’a plus de problèmes de limaces dans ses champs - les carabes l’en débarrassent - et a changé son fusil d’épaule dans la lutte contre la pyrale. Il procède à des comptages et ne traite que si le seuil de nuisibilité est atteint. « La rotation aide beaucoup », souligne-t-il, s’agissant de la pyrale comme de la chrysomèle qui ne le dérange « pas du tout ».

« Je ne décroche pas »

La diversité des cultures, malgré tout, n’a pas que des avantages. Elle engendre plus de contraintes et une charge de travail accrue, souligne Christian Schott. Sur le plan économique, la baisse des volumes et des intrants ne s’est pas faite au détriment de la productivité ni du revenu. L’agriculteur a réussi à maintenir les deux jusqu’à présent. Il affiche une réduction de son IFT (indice de fréquence de traitement) de 33 % et assure « ne pas décrocher ».

Par ailleurs, Christian Schott utilise des mélanges de variétés : en colza, pour piéger les méligèthes, en blé pour éviter la verse. « Je ne fais plus de régulateur depuis 15 ans. » Il réalise trois apports d’azote systématiquement et s’apprête à passer sur des variétés de blé améliorant qui nécessiteront quatre apports. Il ne sèmera plus de blé derrière du maïs pour éviter les problèmes de fusariose et les mycotoxines. Prochaine évolution prévue : le désherbage mécanique, qu’il envisage de mettre en œuvre pour venir à bout des digitaires. L’objectif est de combiner l’usage des phytosanitaires avec les méthodes mécaniques pour arriver à équilibrer les deux « de manière contrôlée et sécurisée ».

Où vont les produits phytosanitaires quand ils ne se déposent pas sur les plantes ? Certains se retrouvent dans l’air. Et cela ne va pas sans provoquer quelques polémiques. Il n’existe pourtant aucune norme sur les concentrations en pesticides dans l’air, remarque Alfred Klinghammer, conseiller à la Chambre d’agriculture Grand Est (Crage). Sur les 15 m3 d’air qu’un être humain respire quotidiennement, 80 % proviennent de l’air intérieur, qui est plus pollué que l’air extérieur, souligne encore Alfred Klinghammer.

Quand les phytos dérivent

En Alsace, les premières analyses de phytosanitaires dans l’air remontent à 2013. Dans le reste du territoire, elles existent de manière harmonisée depuis 2018. Le transfert des phytosanitaires dans l’air est quasi-instantané, contrairement à l’eau où il est beaucoup plus lent. Ils apparaissent par dérive lors des traitements, par volatilisation après application, voire par érosion aérienne, ce dernier cas étant peu fréquent sous nos latitudes. Mais les phytosanitaires disparaissent aussi très vite.

En 2016, un projet, baptisé Repp’Air, a été lancé dans le but de « comprendre le lien entre ce qu’on retrouve dans l’air et les pratiques agricoles ». Sept sites de mesure ont été retenus en France, dont un situé à Ohnenheim, près de Marckolsheim, dans le Bas-Rhin. Des capteurs ont été installés en sortie de village et les agriculteurs ont été interrogés sur leurs pratiques. Sur chaque site, entre 60 et 100 molécules ont été analysées, alors que le nombre des molécules utilisées était compris entre 40 et 80 pour une dizaine de matières actives différentes. Premier constat : « Tout ce qui est utilisé n’a pas été retrouvé », indique Alfred Klinghammer.

Grâce aux analyses réalisées, quatre cas de figure ont pu être mis en évidence : certains des produits utilisés n’ont jamais été retrouvés ; d’autres ont été retrouvés une seule fois, ce qui pourrait s’expliquer par de mauvaises conditions d’application (trop de vent). Le troisième cas de figure est celui des produits utilisés et retrouvés jusqu’à 10 semaines après traitement. Il correspond aux pertes par volatilisation, qui concernent une douzaine de molécules, dont deux ont été retirées du marché très récemment. Enfin, des molécules n’ayant pas été utilisées dans les zones d’analyse y ont malgré tout été retrouvées. Elles proviennent de produits volatils venant parfois de loin.

La problématique de la dispersion des produits phytosanitaires dans l’air est donc complexe. S’agissant des grandes cultures, la dérive peut être limitée par l’utilisation de matériel de pulvérisation adéquat et de certains adjuvants. La volatilisation, en revanche, semble plus difficile à contrôler. Interdire le produit pour supprimer ce phénomène n’est pas la bonne solution, aux yeux du conseiller de la Crage.

ZNT : distances à respecter

Pour éviter d’exposer les riverains aux produits phytosanitaires, des zones de non-traitement (ZNT) ont été instituées par l’arrêté du 27 décembre 2019. Une distance de 20 m incompressible a été instaurée pour les produits les plus dangereux, essentiellement les insecticides utilisés en colza et en arboriculture, a rappelé Blandine Fritsch. La distance est de 10 m par rapport aux habitations pour les autres produits utilisés en arboriculture et en viticulture et de 5 m pour les cultures basses. Les produits de biocontrôle ne sont pas concernés par cet arrêté. La distance peut être réduite à 3 m pour les cultures basses s’il existe une charte départementale encadrant les pratiques et si l’agriculteur utilise des dispositifs anti-dérive. La conseillère de la CAA rappelle que FranceAgriMer subventionne l’acquisition d’équipements de ce type. Les dossiers sont à déposer avant le 31 décembre. Les chartes départementales, quant à elles, ont été soumises à consultation publique jusqu’à début septembre puis transmises à la préfecture. La charte finale devrait être applicable d’ici la fin de l’année.

Ressources fourragères

Sursemis de prairies : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Technique

Publié le 30/09/2020

De nombreuses prairies ont souffert de trois étés secs successifs. D’où l’inquiétude d’une partie des éleveurs alsaciens, contraints d’attaquer de plus en plus tôt des stocks de fourrage de plus en plus réduits. Face à cette problématique, la Chambre d’agriculture Alsace (CAA) a organisé deux demi-journées consacrées au sursemis. Prévues courant mars, elles ont finalement eu lieu les 14 et 15 septembre, au Gaec des Hussards à Singrist pour le Bas-Rhin et au Gaec du Hohneck à Stosswihr pour le Haut-Rhin. À Singrist comme à Stosswihr, de nombreux agriculteurs se sont déplacés, confirmant l’intérêt pour cette technique de rénovation sans destruction de la végétation en place.

Avant de se lancer dans le sursemis, il faut dresser un diagnostic de sa prairie, a d’abord expliqué Laurent Fritzinger, conseiller spécialisé en fourrage à la CAA : voir si elle comporte des trous, des espèces indésirables, de la mousse. Si la situation n’est pas trop grave, une première réponse consiste à jouer sur la fertilisation. « En apportant de l’engrais sur une prairie peu fertilisée au départ, on donne du pep’s aux bonnes graminées présentes, explique le conseiller. Mais cela ne suffit pas toujours. » Si la parcelle comporte des espèces indésirables, l’utilisation de désherbant peut être envisagée. Mais elle a des contraintes, notamment en termes de délai avant récolte, avant remise en pâture ou ressemis. Pas question, par exemple, de ressemer du trèfle avant plusieurs mois si l’on a traité avec des hormones.

Dans les cas extrêmes - lorsque la prairie est complètement dégarnie et comporte beaucoup d’espèces indésirables - le sursemis constitue un bon moyen de remettre sa parcelle en état. « Si on n’a pas des trous de la taille d’une assiette par m2, on a peu de chance de succès », prévient tout de même Laurent Fritzinger. Il faut alors soit désherber soit passer à la herse étrille pour faire de la place aux graines et leur permettre de lever dans un environnement qui ne soit pas trop concurrentiel.

 

?‍???‍? [JOURNÉE TECHNIQUE] Suite aux trois étés caniculaires, les prairies ont fortement souffert. Face à ce constat,...

Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Mardi 1 septembre 2020

 

En sortie d’hiver ou à la fin de l’été

Deux périodes sont recommandées pour pratiquer un sursemis. La première est la sortie d’hiver-début du printemps lorsque la végétation en place commence à pousser et qu’il y a un peu d’humidité dans le sol. À ce moment-là, le seul risque est la sécheresse : c’est ce qui s’est produit cette année. La deuxième période possible est la fin de l’été et jusqu’au 15-20 septembre. Si l’on privilégie cette deuxième période, « plus tôt c’est levé, mieux ça repart au printemps », indique Laurent Fritzinger. Dans cette optique, pour que les espèces semées supportent un gel hivernal, il faudrait qu’elles atteignent le stade 3 feuilles pour les graminées et le stade 3 feuilles trifoliées pour les légumineuses.

Une fois la période déterminée se pose la question du choix des espèces à semer (cf. tableaux). Le conseiller de la CAA recommande de choisir un mélange de quelques graminées et d’une ou plusieurs légumineuses, adaptées au sol et à la destination (fauche ou pâture). « Il faut des choses qui s’implantent vite pour éviter la concurrence : des espèces agressives comme du ray-grass, que ce soit du ray-grass italien, du ray-grass hybride ou du ray-grass anglais. » Attention aux espèces qui n’aiment pas les terrains séchants et à celles qui présentent une pérennité insuffisante. « Semer quelque chose qui tient trois quatre ans maximum, ce n’est pas ce qu’on recherche pour une prairie naturelle. » Le dactyle aime les sols séchants et tient entre cinq et huit ans, mais il met du temps à lever. La fétuque élevée est la graminée la plus pérenne, elle est plus adaptée à la fauche qu’au pâturage mais les semenciers ont fait des efforts pour proposer des fétuques à feuilles plus souples, qui conviennent pour le pâturage. La fétuque des prés a une très bonne valeur alimentaire, mais elle est plutôt adaptée aux fonds de vallée qu’aux sols séchants. La fléole, quant à elle, convient bien aux terrains frais et en altitude.

Dans la famille des légumineuses, même si les trèfles n’ont pas une durée de vie très longue - deux trois ans pour les trèfles incarnat ou violet, un peu plus pour le trèfle blanc - « ils ramèneront toujours quelque chose dans un mélange », assure le conseiller de la CAA, citant à la fois les bénéfices pour la qualité du fourrage et la fourniture d’azote. La luzerne, quant à elle, est plus délicate que le trèfle car elle met du temps à s’installer et risque donc d’être étouffée par les espèces en place.

Semis à pleine dose

Le semis se fait à pleine dose, exactement comme sur un sol nu, soit entre 25 et 30 kg/ha, « car on a beaucoup plus de pertes à la levée ». Il se fait sur une végétation rase. « On peut travailler la prairie avec une herse étrille pour gratter d’abord, puis on sème avec un semoir à disque ou à la volée et on rappuie une ou deux fois au rouleau pour mettre la graine en contact avec la terre », indique Laurent Frintzinger. On peut aussi remettre les vaches sur la parcelle pendant deux à trois semaines après le sursemis pour favoriser le piétinement et les ressortir quand les graines commencent à germer. « Dans tous les cas, on ne fertilise pas, insiste le conseiller. Car on boosterait la végétation en place et on augmenterait la concurrence. » Autre conseil : récolter tôt, pour remettre de la lumière dans le couvert le plus tôt possible.

 

 

Économie

Les chambres consulaires continuent d’accompagner les entreprises

Vie professionnelle

Publié le 28/09/2020

Rester optimiste malgré tout : lors d’une conférence de presse de rentrée, organisée le 14 septembre à Strasbourg, les représentants des trois Chambres consulaires - Chambre de commerce et d'industrie Alsace Eurométropole (CCI), Chambre d’agriculture (CAA) et Chambre de métiers d’Alsace (CMA) - ont choisi de ne pas ajouter au catastrophisme ambiant. La crise sanitaire a certes touché l’ensemble des entreprises, mais à des degrés divers, ont exposé Jean-Luc Heimburger, président de la CCI Alsace Eurométropole, Denis Ramspacher, président de la CAA, et Jean-Louis Freyd, vice-président de la CMA.

Le confinement a conduit certaines d’entre elles à arrêter provisoirement leur activité. Il a fallu les aider à se remettre en marche : à trouver du matériel de protection, s’y retrouver dans les mesures de protection des salariés et dans les dispositifs d’aide, à se réorganiser, a énuméré Jean-Luc Heimburger. « La situation était inédite, il était nécessaire qu’on se parle beaucoup ». Les conseillers de la CCI ont appelé 5 500 entreprises sur les 80 000 ressortissants de la CCI. La Chambre d’agriculture a organisé des visioconférences avec les différentes filières agricoles pour prendre la mesure des difficultés rencontrées et les faire remonter auprès des organismes concernés. Elle a instauré une « foire aux questions » sur son site internet pour répondre aux questions les plus courantes des agriculteurs. La CMA, de son côté, a mis en place un numéro spécial avant même le confinement, puis lancé des « webinaires », autrement dit des séminaires à distance, permettant d’accompagner les chefs d’entreprises artisanales dans la reprise de leur activité.

 

??‍????‍? Conférence de presse des trois chambres consulaires, CCI, Chambre des métiers et Chambre d’agriculture,...

Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Lundi 14 septembre 2020

 

Le commerce et les services souffrent

Où en est-on aujourd’hui ? Dans le commerce et l’industrie, où le chiffre d’affaires et les carnets de commandes sont en recul sur le premier semestre, les chefs d’entreprise sont confiants quant aux perspectives à venir. Ce sont surtout le commerce et les services qui souffrent, note Jean-Luc Heimburger, qui s’appuie sur une enquête réalisée par la CCI Alsace-Eurométropole début juillet. L’industrie et le BTP semblent moins touchés, surtout quand il s’agit d’entreprises de plus de 50 salariés. Pour autant, il ne faudrait pas qu’un nouveau confinement vienne s’ajouter au premier. Ce serait catastrophique, juge le président de la CCI, qui mentionne des problèmes de trésorerie chez plus de la moitié des entreprises interrogées mais un niveau d’emploi « stable pour le moment ».

En agriculture, l’activité s’est maintenue pendant le confinement, hormis chez les horticulteurs. Mais la crise sanitaire est venue aggraver la situation dans certaines filières déjà touchées par une conjoncture difficile ou par la sécheresse, fait valoir Denis Ramspacher. La viticulture est fortement touchée, la consommation de viande est en baisse mais les fruits et légumes s’en sortent correctement et la volaille permet toujours d’installer des jeunes grâce aux possibilités de transformation locale. Les circuits courts ont été plébiscités par les consommateurs mais « si on veut des produits locaux, il faut accepter d’en payer le prix », souligne le président de la Chambre d’agriculture Alsace. Il espère bien que la demande pour ces produits va se maintenir mais constate aussi que la grande distribution est en train de rediscuter les prix vers le bas. Le naturel, décidément, revient au galop.

Une relance de l’économie de proximité

L’hôtellerie et la restauration sont toujours « en grande souffrance ». De même que l’imprimerie, les taxis, les fleuristes, le secteur de l’esthétique et celui l’événementiel, note pour sa part Jean-Louis Freyd. Les entreprises malmenées « sont plombées par le manque de trésorerie », dit-il en se prononçant pour « une relance durable de l’économie de proximité ». S’agissant de l’apprentissage, qui constituait un motif d’inquiétude pour la CMA avant l’été, les choses sont rentrées dans l’ordre puisque le nombre des contrats d’apprentissage est en hausse dans les centres de formation des apprentis d’Eschau, de Colmar et Mulhouse. De plus, les investissements prévus par les artisans dans le cadre des appels à manifestations d’intérêt sont bien partis, indique Jean-Louis Freyd.

Dès le départ, une réaction assez forte s’est manifestée pour soutenir l’économie tant au niveau de l’État que des collectivités, se réjouit Jean-Luc Heimburger. Cela ne suffira sans doute pas à éviter la casse mais les dispositifs mis en place, tel que le plan de relance pourtant « très complexe » prévu par le gouvernement - sont les bienvenus. Le président de la CCI insiste sur l’importance de la commande publique pour soutenir les entreprises et réclame l’étalement de certaines charges, les charges sociales et fiscales en particulier mais aussi la TVA (taxe sur la valeur ajoutée).

La CCI a mis en place une cellule de soutien pour les entreprises rencontrant des difficultés : 375 entreprises ont été prises en charge dans le cadre de ce dispositif entre mars et août. Il est important que les chefs d’entreprises concernés se déclarent pour qu’ils puissent être accompagnés au plus vite, y compris sur le plan psychologique. Les agriculteurs, eux, peuvent faire appel à la cellule Réagir, en place depuis quelques années. Une centaine d’entre eux est suivie et bénéficie d’un accompagnement social et économique leur permettant de surmonter leurs difficultés, voire de se réorienter, indique Denis Ramspacher.

De nouveaux enjeux

Au-delà de la crise sanitaire, les entreprises, quelle que soit leur affiliation, sont confrontées à de nouveaux enjeux : produire selon « un modèle plus durable, plus écoresponsable, plus citoyen », résume Jean-Louis Freyd. Ce qui, en agriculture, se traduit par la recherche d’une meilleure utilisation et préservation des ressources et d’un « mieux vivre ensemble ». Preuve que des réponses communes peuvent être trouvées sur certains de ces enjeux, le lancement, en pleine crise du Covid-19 d’un site de « business sourcing » recensant 547 entreprises de la région dans le but de faciliter le recours à des sources d’approvisionnement locales.

Tourisme rural

Un été au vert, envers et contre tout

Vie professionnelle

Publié le 13/09/2020

« Nous avons été agréablement surpris par la reprise de l’activité cet été, indique Maurice Waltsburger, président du Relais départemental du tourisme rural du Bas-Rhin. Avec un taux d’occupation de l’ordre de 70 % par rapport à 2019 pour juillet et près de 90 % pour août, les 950 gîtes, chambres d’hôtes et campings bas-rhinois affiliés au réseau Gîtes de France s’en sortent finalement assez bien. « Nous avons eu beaucoup de réservations de dernière minute et peut-être plus de clientèle de proximité », relève le président du Relais, qui note également un raccourcissement de la durée des séjours.

« Il y a eu un redémarrage timide en juin lorsque les gens ont été autorisés à circuler au-delà de la limite des 100 kilomètres, indique pour sa part Serge Mézin, directeur des Gîtes de France du Haut-Rhin. Ensuite, les réservations pour juillet-août ont relativement bien compensé les annulations des mois précédents. » Là aussi, la clientèle locale a été au rendez-vous et ce dès le mois de juin. Les gîtes assez grands, propices aux retrouvailles familiales, ont été plébiscités, mais c’est déjà le cas hors période Covid, précise Serge Mézin.

La montagne, ça vous gagne

Sur le plan géographique, pas de tendance trop marquée si ce n’est un engouement pour les équipements situés à l’écart des spots touristiques habituels. Les vacanciers ont préféré se mettre au vert à la campagne et respirer l’air pur des montagnes. « Le massif vosgien a bien marché, ainsi que le vignoble », remarque le directeur des Gîtes de France du Haut-Rhin. La plaine d’Alsace un peu moins. » Christiane Oberlin, propriétaire d’un gîte de 7 personnes à Jebsheim, à quelques kilomètres de Colmar, confirme : juillet-août ont été « mitigés » avec une fréquentation de 50 % par rapport à une année ordinaire. Elle s’attend à descendre à 25 % en septembre-octobre. Elle avait l’habitude de recevoir des groupes d’amis retraités en automne : cette clientèle-là va manquer, pense-t-elle. En revanche, elle espère que les marchés de Noël vont être maintenus pour ne pas compromettre la fin de la saison. « C’est en septembre qu’on fait le mois de décembre », rappelle-t-elle.

À Bourg-Bruche, dans la haute vallée de la Bruche, Nicolas Kreis est plutôt satisfait de la fréquentation estivale dans ses cinq chambres d’hôtes situées dans la ferme du Nouveau chemin. Réouvertes fin mai, peu après la levée du confinement, elles n’ont été que partiellement remplies en juin mais juillet-août ont été bons et « on a encore du monde en septembre. » Il a retrouvé « pas mal d’habitués », des vacanciers venus pour de courts séjours les années passées et revenus en famille ou en groupe. Des Belges - plus que d’ordinaire - et des Allemands aussi. Le cadre se prête tout particulièrement à la distanciation sociale : la ferme, située à 550 mètres d’altitude, est isolée du village et comme il a fait beau pendant tout l’été, ceux qui ont choisi la formule table d’hôtes ont pu prendre leurs repas dehors. Le respect des consignes sanitaires n’a pas engendré de tension parmi les clients, comme Nicolas Kreis avait pu le craindre avant la réouverture.

Des loisirs à la journée

Le rebond d’activité dans les gîtes ruraux et chambres d’hôtes est à mettre en regard de la situation difficile que traverse l’hôtellerie dans la région. Christophe Bergamini, directeur de l’office de tourisme de la vallée de Kaysersberg, fait état d’une baisse de fréquentation de 40 % sur tous les hébergements en juillet et presqu’autant en août sur son territoire. Dans une vallée qui compte 6 000 lits touristiques, les conséquences sont énormes. « Ceux qui ont le plus souffert, ce sont les hôteliers du bas de la vallée », explique-t-il.

Les activités de loisirs à la journée proposées dans la vallée de Kaysersberg, en revanche, ont cartonné : randonnées, sentier pieds nus, VTT de loisirs ou de descente, toutes les activités outdoor ont été plébiscitées. L’œnotourisme a plus ou moins bien résisté, selon Christophe Bergamini. Les activités proposées dans le cadre de Parenthèse vigneronne - dégustations ou séjours à thème autour du vin et de la gastronomie - « ont bien marché mais elles n’ont pas explosé ». Quant aux visites de caves organisées les mercredis et jeudis chez les vignerons de la vallée de Kaysersberg, elles ont été renforcées, mais leur succès n’a pas duré au-delà du 15 août.

Œnotourisme : la carte du collectif

Au Synvira (syndicat des vignerons indépendants d’Alsace), Alain Renou, le directeur, se dit quant à lui satisfait du succès rencontré par les événements collectifs œnotouristiques organisés cet été. Tout ce qui aurait dû avoir lieu ce printemps a été décalé à l’été : les apéros gourmands, organisés habituellement une fois par mois de mai à août, ont été redéployés sur les vendredis de juillet et d’août. Une trentaine de domaines viticoles du nord au sud de l’Alsace y ont participé, faisant régulièrement le plein de participants. Et le pique-nique vigneron a été repoussé à la fin juillet : les vignerons ont dû limiter le nombre des invités pour tenir compte des contraintes sanitaires, mais ils ont réussi à attirer une nouvelle clientèle d’estivants, souvent composée de locaux. Un public qui ne s’est pas contenté de consommer sur place, à en croire les chiffres des ventes réalisées par les petits domaines viticoles (moins de 50 000 bouteilles) en juillet : + 30 % par rapport à 2019. Un chiffre qui réjouit Alain Renou. Les vignerons indépendants misent aussi sur les vendanges touristiques et l’opération vin nouveau des 25, 26 et 27 septembre pour maintenir la dynamique. « L’été se termine fin décembre chez les vignerons indépendants ! », plaisante le directeur du Synvira.

Pomme d’Alsace

La récolte ne fait que commencer

Technique

Publié le 11/09/2020

La récolte des pommes a commencé, avec une quinzaine de jours d’avance par rapport à la normale. Elle devrait se poursuivre jusqu‘à fin octobre. Pour annoncer l’arrivée des fruits aux consommateurs, l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) et l’association Production fruitière intégrée (PFI) organisaient le lancement de la saison, le 2 septembre au verger expérimental d’Alsace (Verexal). C’est là que sont conduits les essais permettant aux arboriculteurs professionnels de progresser techniquement dans la culture des fruits à pépins (pommes, poires) ou à noyaux (cerises, mirabelles, quetsches, abricots, pêches).

 

 

Ces essais concernent aussi bien les variétés que le désherbage et la protection des vergers contre les ravageurs et les maladies. Avec la pression sociétale en faveur de la réduction des pesticides, cette dernière thématique devient essentielle, souligne Pierre Barth, président de Verexal. Testé depuis deux ou trois ans sur les fruits à noyaux, le biocontrôle a été ainsi étendu à la pomme cette année mais il semble plus difficile à maîtriser sur ce fruit, rapporte Marie-Laure Schnell, conseillère en arboriculture à la Chambre d’agriculture Alsace. Face au changement climatique, dont les effets se font déjà sentir en arboriculture, Verexal devra aussi trouver des solutions. « C’est un outil essentiel pour la recherche de références », confirme Daniel Dettling, président de PFI, qui regroupe 28 producteurs de pommes pour une surface de 190 ha.

Les fruits tombent 

Climatiquement parlant, les producteurs de pommes alsaciens sont passés par tous les états en 2020 : si les gelées de mars n’ont pas eu trop d’impact sur la production, la sécheresse estivale et le vent ont fait tomber beaucoup de fruits. Ce phénomène est observé sur de nombreuses variétés, indique Daniel Dettling. Résultat : une production hétérogène, avec des secteurs « bien fournis » autour de Strasbourg et d’autres moins bien lotis, comme le secteur Westhoffen-Balbronn-Traenheim. Globalement, le rendement devrait être un peu en retrait par rapport à 2019, mais la qualité des fruits semble correcte.

La récolte, toutefois, ne fait que commencer : elle va monter en puissance, dès lors que celle des derniers fruits d’été va s’achever. Une petite vingtaine de variétés de précocité et de goûts différents sont issues des vergers alsaciens. La pomme a l’avantage de pouvoir être stockée et vendue tout au long de l’hiver : elle est de plus en plus demandée par les consommateurs alsaciens qui peuvent l’identifier grâce à l’étiquetage rouge de l’Ifla, se réjouit le président de PFI.

Le mois des fruits et légumes d’Alsace

Cette demande soutenue explique sans doute la « dynamique de plantation » observée en Alsace. Celle-ci est également favorisée par le regroupement des producteurs en Cuma (coopérative agricole), note Daniel Dettling. Les grossistes aussi sont demandeurs de pommes alsaciennes pour approvisionner les restaurants collectifs. Rodolphe Garcia, vice-président de l’Ifla et directeur de Terre Azur, en témoigne : la rentrée scolaire est synonyme de reprise d’activité pour les grossistes en fruits et légumes, durement touchés par la crise sanitaire. Le mois des fruits et légumes d’Alsace, organisé par l’interprofession du 15 septembre au 15 octobre, devrait permettre de soutenir cette reprise. Avec un temps fort : le concours d’étalage, prévu la première semaine d’octobre en grande distribution. Une soixantaine de magasins y avaient participé l’an passé et l’Ifla espère bien compter autant de participants cette année. 

Compte tenu du contexte sanitaire, l’Ifla a en revanche préféré annuler sa manifestation Saveurs et soleils d’automne, prévue fin septembre à Illkirch-Graffenstaden. Elle s’associera en revanche à l’opération Exploration gourmande organisée par l’Aria (Association régionale des industries alimentaires) et Alsace Qualité en octobre pour mettre en avant les restaurateurs utilisant des produits locaux.

 

 

Inauguration de la Foire européenne de Strasbourg

L’écologie qui rassemble

Vie professionnelle

Publié le 10/09/2020

Elle aurait pu ne pas avoir lieu : la Foire européenne de Strasbourg a pourtant ouvert ses portes le 4 septembre comme prévu et devrait les refermer lundi prochain, au soir du 14 septembre. Son maintien s’est fait au prix d’une organisation minutieuse permettant d’assurer la sécurité sanitaire de tous les protagonistes, exposants ou visiteurs. Jeanne Barseghian, la nouvelle maire de Strasbourg, l’a répété en inaugurant la 88e édition, le 4 septembre, en présence d’élus et de représentants du monde économique. « C’est parce que nous faisons face aux incertitudes, parce que le Covid nous bouscule que nous devons continuer à vivre et nous projeter », dit-elle. Se projeter jusqu’aux festivités de fin d’année - le marché de Noël de Strasbourg sera lancé le 28 novembre, annonce-t-elle - mais plus encore pour préparer l’avenir. La nouvelle équipe municipale travaille ainsi sur « un ambitieux projet » qui permettra, assure Jeanne Barseghian, de transformer et d’améliorer le quotidien de tous les habitants.

Préparer l’avenir implique de trouver des réponses à l’urgence climatique. « C’est l’avenir de notre économie », affirme la maire écologiste, précisant que cette orientation doit être « facilitée, accélérée, accompagnée par les politiques publiques » dans tous les domaines : l’agriculture, le commerce, l’artisanat, l’économie sociale et solidaire. Jeanne Barseghian s’engage à actionner tous les leviers dans ce sens, en particulier la commande publique. Autre priorité : apporter des réponses à l’urgence sociale « dans une des métropoles les plus inégalitaires de France ». Elle souhaite notamment, dans un souci d’équité territoriale, remettre « des services publics, des commerces et donc de l’emploi là où les besoins sont les plus criants ».

 

 

À tous les gourmets et amateurs de cuisine d'exception : venez assister au grand concours du Poisson en croûte à la...

Publiée par Foire Européenne de Strasbourg sur Mercredi 9 septembre 2020

 

Tous ensemble

La nouvelle maire de Strasbourg compte bien embarquer toutes les forces vives dans cette transformation vers « une économie plus locale, plus durable, plus solidaire ». L’ambition est partagée par l’exécutif de l’Eurométropole de Strasbourg. Pia Imbs, sa présidente, le confirme. Mais pas question de passer en force, ni de faire la leçon aux chefs d’entreprise. Persuadée qu’« opposer écologie et économie n’a plus de sens », la présidente de l’Eurométropole en appelle à l’engagement collectif : « C’est tous ensemble que nous réussirons cette grande transformation. »

Tous ensemble ? « Nous aurons besoin des acteurs du BTP et des artisans pour la rénovation thermique des bâtiments, des agriculteurs pour une offre alimentaire de qualité, des paysagistes et des horticulteurs pour la végétalisation des espaces publics, des acteurs de la mobilité pour inventer des solutions de transport alternatives à la voiture, des personnes qui savent réparer pour ne plus jeter et favoriser l’économie circulaire, des acteurs de la finance pour accompagner les entreprises vers la transition écologique… »

Cette transformation va créer de l’emploi, assure la présidente de l’Eurométropole, qui annonce le lancement en septembre d’un pacte pour l’économie locale, sociale et durable s’appuyant notamment sur les idées émises par les entreprises et les Chambres consulaires. Il s’agira d’agir en complémentarité avec l’État, la Région et le Département, qui ont élaboré chacun leur propre plan de relance dans la foulée de la crise sanitaire. Un travail de fond attend donc la collectivité. Un travail qui permettra de « concilier économie et écologie et de garantir les emplois et les entreprises pérennes sur notre territoire », assure Pia Imbs.

« On peut encore agir »

« C’est au niveau local que l’essentiel de la nouvelle économie va se jouer demain », considère pour sa part Claude Gruffat, député européen. Pour l’invité d’honneur de cette 88e édition, il y a « une urgence absolue d’un changement de modèle économique ». Il en veut pour preuve les dégâts provoqués par le productivisme à tous crins. La disparition des animaux sauvages, des populations d’insectes et d’oiseaux, la baisse de la fertilité des sols sont des bombes à retardement, n’hésite pas à dire le député européen. « La pandémie doit nous faire réfléchir, ce n’est pas d’une transition mais d’une mutation dont nous avons besoin. »

 

 

Nouveau ! L'Espace Knack Eat : un espace dédié à la fameuse knack locale à découvrir sous toutes ses formes ! Et comme...

Publiée par Foire Européenne de Strasbourg sur Mercredi 9 septembre 2020

 

Face à ce constat d’une nature dégradée, Claude Gruffat ne se résigne pas. « On peut encore agir. On a à peu près 10 ans pour opérer ce changement radical vers une économie décarbonée, plus sobre, avec une meilleure prise en compte du social ». Fils de paysan, ancien conseiller agricole, le député européen membre du groupe Les Verts-ALE entend incarner le combat d’une économie réconciliée avec l’écologie. Il a assisté à l’émergence de l’agriculture biologique dans les années 1980, modèle qui l’a convaincu en raison de son discours sur les produits et sur la qualité des sols. Il a choisi de s’y engager, non pas en s’installant comme agriculteur mais en ouvrant un magasin de produits biologiques à Blois. La rencontre avec l’association Biocoop l’a amené à s’investir dans ce réseau qu’il a présidé de 2004 à 2019. En 15 ans, le nombre de magasins affiliés à Biocoop a plus que doublé : ils sont aujourd’hui 530 magasins employant plus de 6 000 salariés. Le chiffre d’affaires atteint 12 milliards d’euros (Md€) dans le même temps.

60 000 paysans de proximité à installer

Biocoop a également permis l’émergence de filières de production agricoles contribuant à « faire vivre les paysans, mettre en marché les produits et satisfaire les consommateurs ». Fier de cette réussite, Claude Gruffat estime que « dans les sept ans qui viennent, on aura besoin d’installer au moins 60 000 paysans de proximité » pour répondre à la demande grandissante de produits biologiques locaux. L’agriculture biologique, qui était « un signal faible » il y a 35 ans s’est donc muée en véritable modèle de société. Un modèle dans lequel la coopération occupe une place centrale. C’est à cette particularité et à des valeurs solidement et fermement défendues que Biocoop doit sa réussite, affirme le député européen.

Fort de son expérience, il appelle l’auditoire à s’engager pour une économie « au service de l’humain, une économie durable respectant les liens sociétaux et la biodiversité. Une économie dans laquelle l’espèce humaine ne domine pas la nature parce qu’elle en a peur mais qui vit avec parce qu’elle la connaît. »

Les vidéos