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Florence Péry

Journaliste pigiste

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Foire européenne de Strasbourg du 4 au 14 septembre

Une nouvelle façon de faire la foire

Vie professionnelle

Publié le 04/09/2020

C’est l’événement qui donnera le ton de la reprise. C’est ainsi qu’Albane Pillaire, directrice générale de Strasbourg Événements, envisage la 88e édition de la foire européenne de Strasbourg. Celle-ci débute aujourd’hui pour s’achever le 14 septembre sur la plate-forme Kieffer, en face du Palais de la musique et des congrès de Strasbourg. Au-delà de sa dimension économique, elle jouera le rôle de « vitrine pédagogique » des nouvelles habitudes à adopter dans les espaces publics en cette période sanitaire de Covid-19. « On ne peut pas continuer à se terrer chez soi, il va falloir apprendre à vivre ensemble autrement », proclame Albane Pillaire.

Plutôt que d’annuler la manifestation, ce qu’ont fait d’autres organisateurs de foires ailleurs en France, Strasbourg Événements a donc préféré maintenir l’édition 2020. Quitte à travailler « très en amont » sur un protocole sanitaire adéquat en lien étroit avec la préfecture du Bas-Rhin, la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg et l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand Est. Il s’agira d’un « vrai test », selon les termes d’Alexandre Feltz, adjoint au maire de la Ville de Strasbourg chargé de la santé, présent aux côtés d’Albane Pillaire pour présenter la manifestation. Le protocole ainsi appliqué, qui sera évalué à l’issue de la foire, a vocation à être dupliqué, voire amélioré pour d’autres manifestations.

Éviter les périodes de pointe

Le port du masque est obligatoire pour toutes les personnes présentes dans l’enceinte de la foire, exposants, prestataires et visiteurs, comme ailleurs dans la ville depuis quelques jours. Aux entrées, des portiques de désinfection à l’ozone sont en place, ainsi qu’une vingtaine de points de distribution de gel hydroalcoolique répartis sur le site. L’hygiène et le nettoyage sont renforcés par rapport à une édition habituelle. Et tout est fait pour que les contacts soient limités. Ainsi, la dématérialisation, qui avait déjà été entamée en 2019, est-elle plus que jamais d’actualité : la vente des billets d’entrée se fait en ligne (tout en restant possible aux caisses) et sur les stands, le paiement sans contact est privilégié.

 

 

La Foire Européenne, ça démarre demain ! Préparez votre venue pour vivre cette édition dans les meilleures conditions...

Publiée par Foire Européenne de Strasbourg sur Jeudi 3 septembre 2020

 

Les organisateurs n’ont pas cherché à obtenir une dérogation pour aller au-delà des 5 000 personnes présentes sur le site au même moment : la « jauge » prévue pour ce type d’événements sera contrôlée grâce à un système de comptage instantané des entrées et des sorties du périmètre de la foire. Un système identique sera utilisé dans chaque hall pour veiller à ne pas dépasser le ratio de 1 personne pour 4 m2 et le sens de circulation sera imposé. Une application a été spécialement développée pour préparer sa visite à la foire et éviter les périodes de pointe : les plages les moins fréquentées seront ainsi mises en évidence, la volonté étant d’étaler autant que possible la fréquentation.

Dans cet esprit, les visites en matinée sont favorisées, elles sont même gratuites pour les seniors tous les jours de 10 h à 12 h. La journée des femmes et la journée de la famille sont maintenues (respectivement mardi 8 et mercredi 9 septembre) mais la grille des animations a été réduite et les after-works organisés en soirée disparaissent du programme.

Le local comme fil conducteur

Une semaine avant l’ouverture, un peu plus de 300 exposants étaient annoncés, représentant trois univers différents : l’habitat, le shopping et la gastronomie. Et si cette année, aucun pays étranger n’est invité, la thématique du local se déploie dans ces différents univers. Les artisans alsaciens, en particulier ceux de la gastronomie réunis dans le hall 2, et les créateurs locaux exposeront leurs réalisations. Et l’espace agricole sera à l’unisson, avec de nombreuses animations autour des productions et des filières locales (lire ci-dessous).

 

Pour vos petits, nous avons vu les choses en grand ! Kangourou Kids, le spécialiste de la garde d’enfants à domicile,...

Publiée par Foire Européenne de Strasbourg sur Jeudi 3 septembre 2020

 

Parmi les temps forts annoncés, la création d’une fresque sur les héros du quotidien, en l’occurrence ceux qui se sont illustrés dans la lutte contre la pandémie, qui seront réunis le long de l’allée Herrenschmidt (infirmiers, pompiers…). Les démonstrations culinaires, ateliers et conférences autour de l’univers de la décoration, dédicaces de sportifs et autres déambulations complètent le programme de cette 88e édition.

Sur l’espace agricole

Vous avez dit local ?

Vie professionnelle

Publié le 04/09/2020

Consommer local dans un rayon de 100 kilomètres, c’est possible. Et c’est même… sacrément tendance ! Pour en convaincre les visiteurs de la Foire européenne de Strasbourg, la Chambre d’agriculture Alsace et ses partenaires ont sorti le grand jeu. Sur les 2 000 m2 qui leur sont alloués, entre le hall 3 et l’avenue Herrenschmidt, ils feront la promotion de l’agriculture, des circuits courts et des principales filières de la région : fruits et légumes, apiculture, viticulture, élevage, tourisme, paysagisme, sans oublier le sucre, le lait, la viande, les filières ovine, avicole et équine.

Des temps forts émailleront ces onze jours de foire : la journée des bergers le samedi 5 septembre (lire aussi en page 16), celles du lait les samedi 5 et dimanche 6 septembre. La pomme de terre aura son heure de gloire le mardi 8, la filière viande les vendredi 11 et samedi 12. Les enfants ont leur journée dédiée (mercredi 9). Ils pourront découvrir tous les animaux de la ferme, participer à un concours de dessins, regarder comment on tond… les lapins, faire une balade à poney ou s’initier à la fabrication des knacks. Des dégustations de fruits et légumes leur seront également proposées.

??? [FOIRE EUROPÉENNE] Rendez-vous le 10 septembre sur l’espace agricole pour une soirée 100 % locale !!! De très bons produits alsaciens à déguster ! ???

Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Mardi 1 septembre 2020

Que la montagne vosgienne est belle !

La restauration, entièrement à partir de produits locaux servis en portions dégustation sur des planchettes, sera assurée en continu de 11 h à 14 h à la table des terroirs. Et les dimanches, les visiteurs pourront déguster les tartes flambées de la ferme Adam. Ils retrouveront une sélection de produits estampillés Savourez l’Alsace-produits du terroir ou issus du réseau Bienvenue à la ferme dans l’épicerie installée au sein de l’espace agricole. Des animations en présence des producteurs y sont prévues tous les jours. Les vignerons de la Couronne d’or se relaieront pendant toute la foire pour faire découvrir leurs vins tandis que les producteurs médaillés au Concours général agricole feront déguster les produits récompensés.

Autre temps fort : les trois jours consacrés à la montagne vosgienne (les 11,12 et 13 septembre), organisés en partenariat avec le Syndicat interprofessionnel du fromage de munster (SIFM) et l’organisme de sélection de la race vosgienne. Au programme, vente et dégustation de munster et de fromage Cœur de massif, spectacle de sonneurs de cloches et dégustation du « burger de la montagne » (samedi 12).

Enfin, dans un autre registre, la FDSEA du Bas-Rhin proposera un atelier de découverte des formations et des métiers de l’agriculture et fera la promotion du site internet « l’agriculture recrute ». Un mur de l’emploi recensant offres et demandes d’emplois agricoles en Alsace sera accessible aux visiteurs.

Christine Fischbach, conteuse professionnelle

En mots et en contes

Pratique

Publié le 02/08/2020

Jusqu’à ses 40 ans, Christine Fischbach a voulu faire plaisir à ses parents en renonçant à son rêve d’adolescente - travailler dans le tourisme - pour un emploi administratif. D’abord secrétaire chez Kuhn, le constructeur de machines agricoles, elle a ensuite exercé dans différents services de la ville de Saverne. C’est pour répondre à une sollicitation de la maîtresse de son fils, alors scolarisé en maternelle, qu’elle s’est mise à lire des histoires devant un public pour la première fois. À force de feuilleter les albums et les livres pour enfants, elle en connaissait les histoires par cœur. « J’avais les images dans la tête. C’est ainsi que je me suis créé un répertoire. »

Un répertoire qu’elle a enrichi en travaillant au service jeunesse de la bibliothèque municipale de Saverne : avec ses collègues, elle a participé à la constitution du fonds et à l’accueil de scolaires pour l’heure du conte du mercredi. « Au bout de huit ans, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de mon métier, je n’avais plus de défi à relever », se remémore Christine Fischbach. La quarantaine aidant, la tête bouillonnante d’histoires et de légendes, elle décide de prendre une année sabbatique pour devenir conteuse professionnelle. Coup de chance, le maire de Monswiller lui propose de monter un spectacle pour l’inauguration de la bibliothèque locale, le 13 juin 2000.

Au croisement de l’imaginaire et du réel

Sa première représentation, consacrée aux contes de Provence, attire plus de 100 personnes et lui vaut une demi-page dans les DNA. Dans la foulée, la journaliste Simone Morgenthaler l’invite dans son émission « Sür und siess » sur France 3. « D’un coup, le regard des gens sur moi changeait : c’était surprenant et agréable », raconte Christine Fischbach. Grâce à ce spectacle et à ceux qui suivent, la conteuse obtient en moins d’un an le statut d’intermittente du spectacle, qu’elle a gardé depuis.

De fil en aiguille, les sollicitations se multiplient : séances de contes dans les écoles, dans les bibliothèques, spectacles de Noël… Et les commandes arrivent : à la demande du Musée du pétrole de Merkwiller-Pechelbronn, Christine Fischbach collecte les souvenirs des mineurs qui ont extrait le pétrole du sous-sol de Merkwiller jusque dans les années 1970. Elle les enregistre, rédige un livret dont elle fait un spectacle. « C’était super intéressant car ce n’était pas basé uniquement sur l’imaginaire mais aussi sur le réel, l’histoire et la technique. » Une aubaine pour celle qui s’est toujours passionnée pour l’histoire et les récits de vie. Pendant six mois, elle creuse le filon avec les enfants de l’école de Merkwiller-Pechelbronn. Ensemble, ils inventent l’histoire du pétrosaure, un drôle d’animal dont le sang a la couleur de l’or noir, sorte de récit des origines du pétrole en Alsace.

Le train qui mène au paradis

Deux à trois ans après, c’est l’association du chemin de fer forestier d’Abreschviller, en Moselle, qui fait appel à elle. Cette fois, il s’agit de créer un spectacle autour de ce pittoresque train à vapeur et des légendes qui s’y rattachent. Ce sera « Le voyage de Bébert », spectacle suivi d’une balade dans le fameux train où les enfants, encore imprégnés de l’histoire racontée par la conteuse, retrouvent avec émerveillement les lieux évoqués dans son récit. À bord du train, Christine Fischbach est « au paradis » : des années après, son visage s’illumine encore au souvenir du plaisir ressenti par ses jeunes auditeurs.

Qu’elle soit à l’initiative d’un thème ou qu’elle réponde à une commande, Christine Fischbach s’attache à créer une ambiance propice à l’enchantement. Pour cela, elle recourt volontiers à des accessoires pour suggérer un lieu et s'entoure parfois de musiciens, comme lorsqu’elle se produit au château du Haut-Barr, près de Saverne. Lors de ses balades contées, elle utilise toutes les ressources de la nature environnante : un sapin et voilà son public transporté dans une sombre forêt en plein hiver. Le ton de la voix, sa musicalité, et la gestuelle font le reste. « C’est comme du théâtre. » C’est d’ailleurs dans des stages de théâtre qu’elle a appris à se tenir sur une scène et à maîtriser sa respiration tout en perfectionnant sa technique de conteuse auprès de conteurs professionnels.

La native du pays de Hanau répète volontiers ses textes en pleine nature : en particulier sur la colline calcaire du Bastberg, proche de chez elle, où elle profite de la tranquillité du matin pour raconter ses histoires à haute voix. Dans « ce lieu chargé d’énergie » et fourmillant de légendes lui viennent les images qui l’aident à mémoriser ses textes. Elle compare ceux-ci à une pâte qu’il faut sans cesse malaxer, dérouler et remettre en boule pour arriver aux mots justes. Un travail qui lui procure « des moments forts » qu’elle n’aurait pas vécus si elle avait conservé sa vie de bureau.

La gourmandise sans le péché

Christine Fischbach anime aussi des repas-spectacles sur le thème de la bonne chère et des vins, en lien avec des tour-opérateurs. « Des mets et des mots », c’est ainsi qu’elle intitule ses performances, alternent sur un mode humoristique sketches et chansons autour de la gourmandise. Depuis deux ans, la conteuse a encore ajouté à ses activités des séances d’initiation à l’alsacien à travers les contes et les comptines. Elle intervient dans les écoles de quatre villages de la communauté de communes de la basse Zorn. Les séances débouchent sur un spectacle où les enfants interprètent les comptines et les petites phrases mémorisées lors de ses interventions. Un bonheur pour celle qui se dit fière d’être alsacienne et qui, ayant baigné dans le dialecte depuis sa naissance, continue à ponctuer ses phrases de nombreux petits mots en alsacien.

« Les contes me font voyager », confie Christine Fischbach. Pour quelqu’un qui voulait faire du tourisme, ça tombe bien ! De fait, elle qui contait au départ en français, puis en alsacien, s’est lancé un nouveau défi, celui de conter en allemand. Ce qui l’a amené à se produire outre-Rhin, à la demande de la Märchengesellschaft. L’an dernier, elle a ainsi raconté en allemand des contes et légendes alsaciens dans plusieurs écoles berlinoises. « J’avais le trac mais c’était une super expérience ! » Elle s’attend à retrouver la même sensation lorsqu’elle va remonter sur les planches, après quatre mois d’interruption liée à la crise sanitaire : cette fois, ce sera pour des contes de pirates. À l’abordage !

 

 

Visite préfectorale

La forêt, de l’aval à l’amont

Cultures

Publié le 20/07/2020

C’était une visite en deux temps : l’ONF et ses partenaires - la forêt privée, les communes forestières et l’interprofession Fibois Grand Est - ont d’abord fait découvrir à Josiane Chevalier, préfète de la région Grand Est et du Bas-Rhin, l’aval de la filière bois, avant de la conduire dans la forêt domaniale de Haslach le 3 juillet dernier. Première étape du périple, la scierie Feidt, à Molsheim. Une entreprise familiale autrefois spécialisée dans la fabrication de caisses à bière, qui s’est reconvertie en 1967 dans les palettes. De nombreux investissements ont été consentis, permettant d’accroître la production jusqu’à ce qu’un incendie détruise totalement l’outil de production en octobre 2006.

Un coup dur que Bernard Feidt, PDG de l’entreprise, son épouse Marie-Laure et ses deux fils, Christian et Matthieu ont réussi à surmonter avec beaucoup de volonté. Grâce à un investissement de 23 M€, ils ont réussi à tout reconstruire en deux ans. L’entreprise s’est dotée d’une unité de sciage capable de traiter 100 000 m3 de bois ronds, équipée des technologies les plus innovantes, de deux lignes de production de palettes et de quatre unités de séchage. Un nouveau parc à grumes est en cours d’aménagement et une nouvelle ligne de clouage numérisée unique en Europe sera installée en 2020.

Une entreprise « très précieuse »

La scierie Feidt, qui emploie 38 salariés, transforme annuellement 68 000 m3 de bois ronds, dont 70 % de résineux, 25 % de peuplier et 5 % de hêtre. Elle signe des contrats avec l’ONF, ce qui lui permet de s’assurer une sécurité dans ses approvisionnements, « avec des prix qui tiennent la route ». « C’est une entreprise très précieuse pour la filière car elle valorise des bois déclassés », précise Jean-Pierre Renaud, directeur territorial Grand Est de l’ONF. Elle utilise par exemple des bois scolytés qui ne peuvent être valorisés autrement. Par ses activités, elle génère aussi des produits connexes (écorces, sciure, plaquettes) dont l’écoulement est rendu difficile depuis la crise sanitaire. La scierie perd 3 000 € chaque jour en raison de ce problème, mentionnent ses dirigeants.

Avec 1,3 million de palettes fabriquées en 2019 pour un chiffre d’affaires de 13 M€, l’entreprise de Molsheim se classe parmi les dix premiers producteurs de palettes français. Elle propose 250 références différentes et est capable de s’adapter à des demandes très pointues. La nouvelle ligne de clouage, conçue avec le fabricant, lui permettra de sortir jusqu’à 600 palettes par heure, contre 200 à 250 aujourd’hui. De qui répondre encore plus rapidement à la demande de ses clients, situés majoritairement dans un rayon de 120 km.

Avant de rejoindre la forêt de Haslach pour évoquer les enjeux forestiers, Thierry France-Lanord, président de Fibois Grand Est, et Sacha Jung, délégué général, ont présenté l’interprofession et son rôle essentiel dans le fonctionnement de la filière.

« C’est parce qu’on arrive à valoriser le bois qu’on fait de la sylviculture. » À la préfète de Région, Jean-Pierre Renaud a rappelé que le Grand Est possède l’un des plus grands massifs forestiers de France, composé aux trois-quarts de feuillus et un quart de résineux. Le premier enjeu est celui de la production. Celle-ci est menacée par plusieurs phénomènes : le dépérissement de différentes essences - les épicéas sont attaqués par les scolytes, les frênes et les chênes par les chenilles - et le changement climatique. Les arbres sont capables de résister un certain temps à l’augmentation des températures, reconnaît le directeur territorial Grand Est de l’ONF, mais au bout du compte, ils finissent par dépérir. Le processus de dégradation est bien visible et « pose question pour l’avenir. »

Le dépérissement entraîne des pertes économiques pour la filière. Des opérations de « dégagement » de bois ont déjà eu lieu en direction de l’ouest et du sud-ouest, grâce à des subventions accordées pour le transport. Mais l’épidémie de Covid-19 a stoppé l’activité des entreprises forestières. Celle-ci n’a repris qu’au ralenti et les volumes de produits connexes accumulés durant ce temps, bloquent encore la reprise, souligne Jean-Pierre Renaud. « À l’agence ONF de Schirmeck, le volume de bois scolytés ou dépérissants s’ajoute à celui des chablis de cet hiver », témoigne Béatrice Longechal, sa directrice. « Beaucoup de bois vont rester sur pied », prévoit Vincent Ott, les propriétaires privés étant peu enclins à engager des frais pour récolter du bois qu’ils ne pourront pas vendre ou seulement en bois énergie.

La pression sur les chasseurs

Pour reconstituer la forêt, la régénération naturelle est souvent la solution la plus pertinente. Mais elle est compromise par la présence excessive de gibier : les animaux se nourrissent des jeunes plants. La préfète de Région a pu le constater, comme ses prédécesseurs avant elle : les traces de pousses abrouties sont nombreuses dans cette portion de la forêt de Haslach. « Pour résoudre le problème du déséquilibre forêt-gibier, les forestiers ont repris les fusils », indique Jean-Pierre Renaud, suivant l’exemple de leurs homologues bavarois.

Vincent Ott, président des forestiers privés, et Pierre Grandadam, président de l’association des communes forestières, insistent pour que la préfète mette la pression sur les chasseurs, afin qu’ils tirent davantage de gibier. Les maires aussi doivent être sensibilisés à cette question : en 2023, les baux de chasse vont être reloués dans les forêts communales et si l’on veut réguler les effectifs de gibier, il est important de faire cesser la surenchère sur le prix des locations. « Il vaudrait mieux louer moins cher à des chasseurs qui sont nos partenaires », insiste Vincent Ott qui réclame « plus de chasseurs et plus de tirs ».

 

Bassin Rhin-Meuse

Coup d’envoi pour les paiements pour services environnementaux

Pratique

Publié le 06/07/2020

Les paiements pour services environnementaux (PSE) visent à rémunérer les agriculteurs pour les services qu’ils rendent à la nature à travers des actions de préservation de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques, de préservation de la biodiversité, de lutte contre les phénomènes d’érosion. Cette expérimentation introduite par le Plan national de biodiversité repose sur la mobilisation des collectivités et des établissements publics compétents au regard des enjeux ciblés. Ils pourront bénéficier d’un soutien financier lors du déploiement d’actions sur des territoires à enjeux. Ces actions reposent sur une contractualisation de cinq ans. Elles pourront concerner le maintien ou la création de prairies, l’allongement des rotations culturales, l’implantation de cultures à bas niveau d’impact pour la qualité de l’eau, la couverture des sols, l’implantation et la préservation des haies, des bois et des zones humides…

Appréciées selon les surfaces en jeu, les aides se basent sur des montants plafonds de 66 à 676 €/ha. En fonction des critères de sélection, l’agence de l’eau Rhin-Meuse pourra apporter une aide jusqu’à 80 %. Elle consacrera une enveloppe de 2 millions d’euros en 2020. Un second appel à manifestation est d’ores et déjà prévu pour début 2021.

Les candidatures seront examinées par un comité composé des services de l’agence de l’eau Rhin-Meuse au plus tard le 11 septembre. Quatre critères seront pris en compte : le lien avec un territoire à enjeu ; le niveau d’ambition du projet, notamment au travers des services environnementaux visés, des indicateurs choisis et des objectifs à atteindre ; la présence d’une animation active de terrain ; la justification d’une organisation administrative solide. Le dépôt du dossier de candidature se fait sur une plateforme dédiée aux demandes d’aide : http://rivage.eau-rhin-meuse.fr

Les paiements pour services environnementaux complètent un dispositif qui, depuis quelques années, s’illustre par un renforcement d’actions garantissant des résultats pérennes sur les ressources en eau (filière, foncier) et par la mise en cohérence des actions agricoles avec les autres enjeux « eau » dont l’adaptation au changement climatique, la préservation de la biodiversité ou la gestion de phénomènes de type inondation, coulées de boues…

 

 

Dans le Grand Est

Semaine de l’apprentissage : en ligne jusqu’au 3 juillet

Pratique

Publié le 29/06/2020

C’est une initiative de la Région Grand Est, de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) et de Pôle emploi Grand Est : la Semaine de l’apprentissage se déroule du 29 juin au 3 juillet. Pas de rencontre en direct, ni de portes ouvertes des établissements de formation, cet événement prend la forme d’une suite d’événements en ligne en direction des jeunes de 16 à 29 ans, de leurs familles et des entreprises.

 

 

Mis en place dans un délai record, ce salon virtuel a pour vocation de mettre en relation les jeunes à la recherche d’un apprentissage, les CFA et les entreprises susceptibles de les accueillir, précise Valérie Debord, vice-présidente de la Région en charge de l’emploi. La Région, qui envisage de « l’inscrire dans un dispositif au long cours », l’a imaginé dans le prolongement du Business Act initié avec l’État. La volonté de la collectivité est d’éviter que la crise économique post-Covid-19 ne soit aggravée par des difficultés de recrutement dans les entreprises.

L’apprentissage pourrait, en effet, faire les frais de la crise sanitaire. « On s’attend à une baisse de 20 à 40 % du nombre d’apprentis, selon les branches, alors que les demandes d’entrée dans cette voie n’ont jamais été aussi fortes », témoigne Philippe Siebert, directeur régional de Pôle Emploi Grand Est. Du 1er janvier au 19 juin, le nombre des offres d’apprentissage a baissé d’un tiers par rapport à la même période de 2019. Durant le confinement, elles se sont tout bonnement effondrées, constate Philippe Siebert. Au point que certains directeurs de ressources humaines craignent des effets à long terme sur la compétitivité des entreprises. Et si un frémissement se fait sentir depuis le début du mois de juin (+7,8 %), rien n’est encore gagné. Dans les PME (petites et moyennes entreprises) et les TPE (très petites entreprises) notamment, où la reprise de l’activité est encore timide et les perspectives incertaines, nul ne sait si les chefs d’entreprise vont recruter des apprentis et dans quelle proportion.

Des salons de recrutement en ligne

Jusqu’au 3 juillet, la Région Grand Est et l’ensemble des acteurs de l’apprentissage se mobilisent donc pour informer de manière innovante et interactive sur les opportunités que présente ce mode de formation. De nombreux événements en ligne sont au programme, dont le salon virtuel Live Orient’Est, les mardi 30 juin et mercredi 1er juillet. Les jeunes et leurs familles pourront y rencontrer une cinquantaine de CFA du Grand Est, tous secteurs confondus (hors agriculture), échanger en ligne avec des conseillers d’orientation, consulter ou télécharger de la documentation, visionner des vidéos sur les métiers et assister à des conférences thématiques. Des offres d’apprentissage pourront également être proposées. Des stands virtuels seront accessibles par thématique (artisanat/métiers d’art, bâtiment/travaux publics, bois/ameublement, commerce/vente, gestion/administration/management, hôtellerie/restauration, logiciels/services numériques, métiers de la nature et du vivant, santé/social, services, sport/animation, transport/logistique, etc.). S’il est conseillé de se pré-inscrire, une connexion le jour J est également possible.

Une journée de conférences et d’échanges entre les professionnels de l’emploi et de la formation est organisée, le jeudi 2 juillet. Sept conférences sont programmées sur des thèmes tels que les aides aux entreprises pour favoriser l’apprentissage ou le contrat d’apprentissage en intérim.

Pôle Emploi se mobilise également en organisant des salons de recrutement en ligne dans tous les départements du Grand Est. Les demandeurs d’emploi seront invités à s’y inscrire.

 

Conseil départemental du Bas-Rhin

Faciliter le rebond de l’économie alsacienne

Pratique

Publié le 26/06/2020

Impulser « un choc de confiance » : tel est l’objectif du plan de relance adopté à l’unanimité par les élus du conseil départemental du Bas-Rhin réunis lundi 22 juin, en séance plénière. En présentant les grandes lignes à la presse quelques jours auparavant, Frédéric Bierry, son président, a insisté sur la volonté de la collectivité d’apporter son soutien aux acteurs de l’économie afin de sauvegarder l’emploi et d’agir contre la précarité. Il s’agit, en somme, de faire en sorte que la crise sanitaire ne débouche pas sur une crise économique et sociale majeure, ce que beaucoup craignent aujourd’hui. Signe de la confiance placée dans l’économie locale, la présence autour de lui ce jour-là des présidents des trois Chambres consulaires - Denis Ramspacher (Chambre d’agriculture Alsace), Jean-Luc Hoffmann (Chambre de métiers d’Alsace) et Jean-Luc Heimburger (Chambre de commerce et d'industrie Alsace Eurométropole).

Les 200 M€ prévus, essentiellement financés par l’emprunt, devraient permettre de créer un effet de levier dont profitera l’ensemble du territoire, espère le président du Département. Le conseil départemental a voulu un dispositif « simple et qui ait du sens ». Les entreprises, associations et particuliers souhaitant émarger aux différentes mesures auront donc un simple formulaire en ligne à remplir. Les demandes seront examinées « territoire par territoire pour tenir compte des réalités locales », ajoute le président du conseil départemental du Bas-Rhin.

 

 

Renforcer la commande publique

Pour pallier la baisse de la commande privée, le Département du Bas-Rhin va ainsi renforcer la commande publique. Il compte doubler son budget d’investissement dans les travaux publics avec 31 M€. Cette enveloppe servira par exemple à accélérer la construction du transport en site propre ouest (TSPO) dans le Kronthal. Un peu plus de 10 M€ seront consacrés au secteur du bâtiment (collèges et bâtiments départementaux), avec un accent mis sur les travaux liés au développement durable et à la transition énergétique. 5,40 M€ sont quant à eux prévus pour les installations photovoltaïques sur le patrimoine immobilier de la collectivité. 21 sites, dont 19 collèges, ont déjà fait l’objet d’une étude de faisabilité qui leur permettra de bénéficier d’une énergie renouvelable produite localement avant 2021.

Une aide directe sera par ailleurs accordée aux entreprises pour les aider à faire face aux surcoûts d’équipement sanitaire qu’elles engagent pour protéger leurs salariés ou leurs clients contre la Covid-19. Les entreprises qui ont dû payer un loyer sans encaisser de recettes lors de l’épidémie, en bénéficieront également, précise Frédéric Bierry.

 

 

Une légumerie à l’étude

Le conseil départemental souhaite favoriser les circuits courts partout où c’est possible : dans le domaine de la santé, de l’énergie, mais aussi dans l’alimentation. Dans cet esprit, il accordera une bonification aux bénéficiaires de bons alimentaires qui achètent des produits auprès des agriculteurs locaux à partir de la rentrée 2020. Pour lever les freins à l’utilisation de produits locaux dans la restauration collective, il étudie aussi la possibilité de créer une légumerie départementale. Cette structure serait alimentée par les agriculteurs alsaciens qui fourniraient les fruits et légumes nécessaires. L’épluchage, le lavage et le conditionnement seraient assurés par des personnes en situation de précarité.

Dans le cadre de ce plan de relance, plus de 29 M€ sont prévus pour soutenir les actions de proximité. Le conseil départemental distribuera par exemple des chèques vacances aux familles modestes. Ces chèques, d’un montant total de 100 €, seront utilisables dans les restaurants, les campings ou pour toute une série d’activités de loisirs. S’ils sont consommés localement, un deuxième chèque s’ajoutera au premier. 65 000 familles en bénéficieront, prévoit le conseil départemental du Bas-Rhin. Un fonds d’urgence de 7 M€ sera débloqué au bénéfice des acteurs du tourisme et des filières locales, parmi lesquelles les exploitations agricoles. Le conseil départemental du Bas-Rhin envisage également d’engager une communication forte avec la marque Alsace.

Via les contrats départementaux de développement territorial et humain, 40 M€ seront accordés aux acteurs locaux (EPCI, communes, associations, entreprises). Ils viendront compléter l’enveloppe de 60 M€ qui leur est déjà acquise, le but étant, là encore, que les projets soutenus bénéficient aux entreprises du territoire. Il s’agit bien de favoriser la souveraineté économique, de soutenir « l’économie de la vie courante, de l’essentiel ». Cette économie dont l’épidémie de Covid-19 a fait apparaître les fragilités. Une enveloppe spécifique de 5 M€ est prévue pour les associations, dont les activités ont à la fois un impact sur l’économie locale et sur la cohésion du territoire.

Un dernier volet de ce plan de relance concerne les personnes : la fourniture de près de 4 millions de masques réutilisables aux Bas-Rhinois représente un budget de 7,80 M€, auxquels s’ajoute 1,60 M€ consacré à l’équipement en masques FFP1 des agents du Département, personnels des Ehpad et assistants familiaux. Le conseil départemental a également souhaité apporter une gratification aux personnels des établissements et services sociaux et médico-sociaux mobilisés durant la crise sanitaire. 9,50 M€ y seront consacrés.

 

 

« Compter sur tout le monde »

Si elle a révélé les faiblesses et l’impréparation de l’économie française au risque sanitaire, cette crise a aussi mis en lumière l’importance des entreprises, qui sont « un élément essentiel du fonctionnement du pays. Il ne faudrait plus qu’on l’oublie », souligne Jean-Luc Heimburger. Dans ces circonstances exceptionnelles, « il est important qu’on puisse compter sur tout le monde », ajoute-t-il, évoquant aussi bien le Département que la Région. Un travail collaboratif interconsulaire a déjà été entrepris sur les circuits courts, avec la mise en ligne de sources d’approvisionnement locales, signale le président de la CCI Alsace Eurométropole. Les circuits courts, c’est aussi un cheval de bataille pour la Chambre d’agriculture Alsace, rappelle Denis Ramspacher. « Si on veut une production locale, il faut des outils pour mettre en relation producteurs et consommateurs, il faut arriver à produire des volumes importants pour pouvoir intégrer la restauration hors domicile. » Il faut aussi des prix suffisamment rémunérateurs et que le réflexe de la consommation locale soit durable.

À l’unisson de ses collègues, Jean-Luc Hoffmann se réjouit du soutien apporté par la collectivité pour passer ce cap éprouvant. La CMA travaille sur un label « artisan d’Alsace », destiné aux entreprises qui font l’effort de s’approvisionner localement et de travailler en circuit court. Ce qui permettra au consommateur d’identifier les tenants de ce modèle « beaucoup plus local » dans lequel « nos achats sont nos emplois ».

 

Groupama

Solidarité à tous les échelons

Vie professionnelle

Publié le 21/06/2020

La fédération Alsace de Groupama s’est fortement mobilisée face à la gravité de l’épidémie de Covid-19 dans la région. « Personne ne pouvait rester insensible à ce qui s’est passé dans les hôpitaux de Mulhouse, Colmar, Sélestat, Strasbourg… », résume Rémy Losser, son président. Voyant les différentes initiatives prises par les présidents de Caisses locales au bénéfice des Ehpad, des cabinets infirmiers et des hôpitaux (lire en encadré), la fédération Alsace de Groupama Grand Est a décidé de coordonner les efforts et de dégager une enveloppe globale de 130 000 €.

Un tiers de cette enveloppe a été utilisé pour l’achat de gel hydroalcoolique, de masques FFP2 et de matériel de protection (gants, lunettes…) qui ont été mis à la disposition des Conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin durant la crise sanitaire. Des interlocuteurs à même de centraliser et de redistribuer ce type de matériel, souligne Rémy Losser. Un montant équivalent a été mis à disposition des mêmes collectivités sous forme de don en numéraire.

Des masques pour les agriculteurs

Le dernier tiers a servi à l’acquisition de matériel de protection pour les agriculteurs, viticulteurs et les employeurs de main-d’œuvre agricole d’Alsace. « Il nous paraissait important qu’on n’oublie pas le monde agricole », souligne Rémy Losser. Une action collective a été entreprise avec les Caisses d’assurance accident agricoles du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et la MSA d’Alsace. Elles ont réuni autour d’elles plus d’une dizaine d’organisations économiques et professionnelles agricoles, de manière à organiser les achats de façon concertée et cohérente, alors que la pénurie de masques n’était pas encore résolue. 40 000 masques ont ainsi été commandés en Alsace. Reconditionnés en sachets de cinq masques grâce au concours des organismes stockeurs, ils ont été envoyés par voie postale à quelque 8 000 personnes qui commencent à les recevoir dans leurs boîtes aux lettres. Une opération d’ampleur à laquelle les différentes organisations agricoles ont apporté leur contribution financière ou logistique dans un vaste élan de solidarité, souligne Pascal Wittmann, vice-président de la fédération Alsace de Groupama.

 

 

 

Ennoblissement technique de Cernay

Un masque issu d’un savoir-faire préservé

Pratique

Publié le 05/06/2020

La pénurie de masques, tout au long de l’épidémie de Covid-19 en France, a poussé plusieurs entreprises alsaciennes à se lancer dans la fabrication de cet accessoire, dont le port est désormais hautement recommandé, voire obligatoire dans certains lieux. Parmi celles-ci, une société haut-rhinoise spécialisée dans le traitement des tissus, Ennoblissement technique de Cernay (ETC). Elle a pris la tête d’un cluster* rassemblant quatre industriels français du textile, pour mettre au point et fabriquer un masque destiné aussi bien aux professionnels en contact avec le public - hors soignants - qu’au grand public.

Le masque conçu par ETC, qui a été breveté, se distingue des autres masques mis sur le marché par sa conception : il est fabriqué en une seule pièce dans un tissu mono-couche, une maille « indémaillable » tissée sur les métiers d’une des entreprises du cluster, et ne comporte ni couture, ni accessoire, ni élastique. D’où un grand confort d’utilisation et une simplicité de façonnage qui rend possible sa fabrication à grande échelle. La maille utilisée se distingue par sa grande solidité et son élasticité, souligne Francis Hobeika, président d’ETC. En raison de ses caractéristiques, elle confère au masque une bordure solide qui ne s’effiloche pas au lavage, même en l’absence de coutures. Des lanières souples fabriquées dans ce même tissu permettent d’ajuster le masque sur le visage : il suffit de les passer dans les encoches prévues à cet effet pour former un « bec de canard » qui protège efficacement le nez et la bouche sans gêner la respiration.

Rebondir par l’innovation

Classé dans les masques réservés à des usages non-sanitaires de catégorie 1, le masque d’ETC est lavable et réutilisable jusqu’à dix fois. Il est possible de le faire bouillir puisqu’il ne comporte ni accessoire ni élastique, et même de le stériliser. Mais un lavage à 60 °C en machine et un repassage à 120 °C suffisent pour pouvoir le réutiliser. Son efficacité dans la filtration des micro-particules (3 µm) est supérieure à 90 %, ajoute Francis Hobeika, qui se base sur les tests réalisés par le laboratoire de la Direction générale de l’armement (DGA), auquel les fabricants français de masques soumettent leurs produits. Comme tous les masques de ce type, son port est limité à quatre heures d’affilée et pour qu’il soit pleinement efficace, son enfilage comme son retrait doit se faire avec des mains propres (lavées au savon ou passées au gel hydroalcoolique).

L’entreprise de Cernay envisage de produire 150 000 masques par jour, correspondant à l’utilisation de près de 7 km de tissu. Au-delà du marché régional, elle vise le marché national et européen. Cette diversification, dictée par l’actualité sanitaire, permet à ETC de rebondir et d’innover grâce au savoir-faire que l’entreprise essaye de préserver depuis 1802, date de sa création. Conçue comme une démarche d’économie circulaire, l’initiative répond à la volonté interministérielle d’encourager la production de masques sur le territoire national. Un appel auquel ETC ne pouvait rester insensible compte tenu de l’importance prise par l’épidémie de Covid-19 dans la région.

* un cluster est un réseau d’entreprises de différentes tailles spécialisées dans un même domaine.

Établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) du Bas-Rhin

Des portes ouvertes… à bonne distance

Pratique

Publié le 04/06/2020

Chaque année, plusieurs centaines de jeunes et leurs parents, voire d’adultes à la recherche d’une formation, participent aux portes ouvertes de l’EPLEFPA du Bas-Rhin. Le lycée agricole, le Centre de formation des apprentis et le Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles (CFPPA) d’Obernai présentent leurs filières de formation, tout comme le lycée agricole d’Erstein. Ce jour-là, des salles de classe au réfectoire en passant par les bâtiments d’exploitation, tout est accessible aux visiteurs. Les futures recrues peuvent échanger avec des lycéens, des enseignants, voir les travaux exposés dans les classes, se renseigner sur les débouchés de tel ou tel diplôme et sur les possibilités de poursuite d’étude après le cursus envisagé.

Avec la crise sanitaire et l’interdiction des rassemblements, il a fallu trouver une autre formule pour faire connaître l’établissement et son offre de formation. Les portes ouvertes habituelles, prévues le 14 mars, ont donc été remplacées par des portes ouvertes à distance. Rendez-vous était donné du 25 au 30 mai par écrans interposés. Chaque soir de 18 h à 20 h et le samedi de 9 h à 21 h, le public intéressé était invité à se connecter sur internet pour suivre en direct, via YouTube, la présentation des deux sites de l’EPLEFPA et des formations diplômantes proposées par chacun d’entre eux. Au cours des lives, les questions des internautes étaient instantanément relayées afin de permettre un échange direct avec les formateurs ou responsables de formation. Ils avaient également la possibilité de prendre un rendez-vous pour un entretien personnalisé. Grâce au planning en ligne mis à leur disposition, il leur suffisait de retenir un créneau pour pouvoir être recontacté et échanger par téléphone sur la filière de leur choix durant une heure.

 

 

1 800 visionnages en différé

Bien qu’inédites, ces premières portes ouvertes à distance ont très bien fonctionné. « Nous avons proposé 10 heures de lives, toutes filières confondues. 200 personnes les ont suivies en direct, mais ce qui est encore plus intéressant, c’est que les lives ont été visionnés en différé 1 800 fois, commente Christine Muller, responsable des systèmes d’information et du e-learning, qui a coordonné l’opération et en dressait un premier bilan, le 3 juin. Nous avons reçu des centaines de questions, beaucoup par SMS, un peu par le chat, auxquelles il a été répondu en direct. Et 65 entretiens personnalisés ont été fixés que nous sommes en train d’honorer actuellement. »

Derrière la simplicité apparente de ces portes ouvertes « online » se cachent pourtant une préparation de plusieurs semaines et, une solide organisation technique et humaine. Les séquences live ont été précédées du tournage d’une vidéo de présentation des établissements et de la réalisation de PowerPoint consacrés aux différentes formations. Pour chaque live, en plus des intervenants en plateau, une équipe technique était assistée de l’informaticien du lycée et d’un modérateur, chargé de réceptionner les messages des internautes et de les faire suivre à l’animatrice en plateau.

 

 

Une expérience à reconduire

Pour la vingtaine de personnes mobilisées durant la semaine - professeurs, formateurs, responsables d’établissement ou de filière de formation -, le passage en direct devant les caméras a évidemment généré un certain stress. Au départ tout au moins. « C’était une situation complètement inédite. Nous avons essayé de privilégier une discussion entre l’animatrice et les intervenants et, au final, ils s’en sont très bien sortis », juge Christine Muller. À part une rupture de la connexion internet pendant une trentaine de secondes, aucun bug technique n’a entravé le bon déroulement des séquences live.

L’expérience s’est révélée à ce point positive que l’équipe de l’EPLEFPA du Bas-Rhin envisage d’en reconduire les principaux éléments l’année prochaine, en amont ou en parallèle des portes ouvertes classiques. En effet, les lives permettent de toucher un public qui ne se déplacerait peut-être pas jusqu’à Obernai ou Erstein, comme des familles des départements voisins.

En attendant, les séquences réalisées cette année restent consultables jusqu’à la fin de la période du recrutement. Les prises de rendez-vous en ligne sont également possibles jusqu’à ce vendredi 5 juin, puis auprès du standard de l’EPLEFPA qui a rouvert le 3 juin.

 

Les vidéos