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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Chambre d'agriculture Alsace

Pour une montagne vivante

Vie professionnelle

Publié le 13/03/2020

Le vice-président de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) Denis Nass a été le premier à en convenir. « Nous devons saluer la belle réussite de l’agriculture de la montagne. Sauf que les difficultés sont là. Il y a les problèmes liés aux dégâts de sangliers, le manque de fourrage et d’eau, sans oublier cette biodiversité. Ce beau jardin est de plus en plus visité grâce au travail des professionnels. Ce travail doit être reconnu et aidé. » La CAA, avec ses différents partenaires, s’est engagée dans une politique volontariste de soutien : dès 1995, avec les premières opérations locales de mesures agro-environnementales (MAE) suivies des contrats territoriaux d’exploitations (CET), des contrats d’agriculture durable (CAD), des mesures agro-environnementales territorialisées (MAET) et enfin, depuis 2015, des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC).

Ces mesures sont accompagnées au niveau national par un projet agro-environnemental et climatique (PAEC) appelé « pour une montagne vivante », couvrant la période 2015-2020 et renouvelable. « Il repose sur des secteurs et des enjeux prioritaires pour l’État français et l’Europe. Les financeurs mobilisés dans le cadre de ce PAEC sont l’État, l’Europe, les Conseils départementaux et la Région Grand Est. La Chambre d'agriculture Grand Est, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, la Région, les Communautés de communes de la vallée de la Bruche et du canton de Villé assurent en partenariat les rôles d’animateurs et d’opérateurs de ce PAEC. Ses objectifs sont multiples. Il s’agit de préserver la biodiversité. Mais également de gérer et de valoriser les espaces naturels, d’ouvrir les paysages et d’améliorer le cadre de vie. Sans oublier de promouvoir une utilisation durable des espaces, d’assurer l’autonomie fourragère, de lutter contre l’enfrichement et l’abandon d’espace afin de recréer des espaces agricoles », indique Ange Loing, élu à la CAA et en charge de la montagne. Sur ces cinq années, ce sont 14 958 hectares qui ont été concernés pour une mobilisation financière de 9,3 millions d’euros. 317 exploitations ont suivi en Alsace au moins un de ces programmes.

Valoriser l’herbe

La volonté est de reconduire sur cinq années ce PAEC afin d’assurer la continuité des politiques de gestion du territoire et de favoriser le maintien d’une agriculture viable et respectueuse de l’environnement. Il s’agit également d’apporter un soutien fort et durable à une agriculture vivante, dans un contexte de tensions importantes. L’objectif est également de promouvoir une utilisation durable des paysages, de préserver la biodiversité, de gérer et valoriser les espaces naturels, d’assurer l’autonomie fourragère en luttant contre l’enfrichement et l’abandon d’espaces afin de recréer des espaces agricoles. Il y a également la volonté de développer des pratiques agricoles confortant la résilience des milieux herbagers dans un contexte de changement climatique. Une politique soutenue par la Région Grand Est qui, depuis 2018, a vu sa commission permanente recevoir de nombreux dépôts de dossiers des professionnels sollicitant son aide. La Région accompagne de tels projets, quand ces derniers trouvent leurs pertinences autour de trois axes :

  • Le maintien de la compétitivité et la modernisation des exploitations de montagne ;
  • Le développement des nouveaux marchés et l’instauration de nouvelles dynamiques de développement agricole ;
  • La contribution à l’aménagement durable du territoire de montagne : 1,7 million d’euros ont ainsi été engagés sur la période 2018-2019 et 900 000 € supplémentaires d’aides ont été programmées pour avril 2020, soit 68 dossiers pour cette première partie de l’année.

Pour illustrer ces politiques, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges a été donné en exemple. La volonté y est de poursuivre la reconquête pastorale et paysagère dans les territoires de montagne. Pour y parvenir, il a été rappelé que l’herbe était un « trésor » à préserver aux usages agricoles. Pour y parvenir, il faut innover sur la base d’un « cluster herbe » et dans les systèmes de production. Il faut parvenir à retenir l’eau dans les fermes auberges du futur. Il faut assurer une sorte de « veille foncière » afin de favoriser la reprise et les installations. Il faut également diversifier les activités et les productions, en valorisant les filières. Concernant les forêts et leurs bois, il faut favoriser les nouvelles essences et de nouveaux débouchés.

Claude Schoeffel, éleveur à Fellering, a salué ces actions et a rappelé la politique volontariste du syndicat interprofessionnel du fromage de Munster (SIFM). « Nous avons là une filière qui travaille avec un cahier des charges restrictif. Il demande une part importante d’herbe dans les rations, des journées de pâturage, une autonomie fourragère. Mais c’est difficile. Le tonnage global est légèrement en baisse sauf pour les fermiers en vente directe. Alors, oui, la montagne a tout pour plaire et réussir. C’est un colosse aux pieds d’argile. Et ce travail est mis à mal par les excès de certains chasseurs. Il va falloir réagir et prendre des mesures urgentes car, actuellement, ce n’est plus possible. » Ce à quoi, René Zimpfer, responsable Chasse à la FDSEA du Haut-Rhin, répond qu’un gros travail a été effectué. « Nous avons formé des estimateurs pour les dégâts de gibiers. Pour ma part, je me bats depuis 32 ans contre l’agrainage. Le troisième plan cynégétique est actuellement mis à mal par certains représentants de lots de chasse. Or, il est positif. Et nous le constaterons dans quelques mois quand l’agrainage sera effectivement interdit. » Enfin, Franck Sander estime que sur ce sujet, « il faut autoriser la vision nocturne avec un tir de nuit ».

Attention au foncier

Le président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, Julien Koegler a demandé une réflexion sur le loup. « Elle est nécessaire pour accompagner les éleveurs en cas d’attaque et en matière préventive. Il est nécessaire de définir un protocole pour répondre à la nécessaire indemnisation des professionnels qui seraient touchés, mais aussi pour répondre à la détresse que cela engendre. Par ailleurs, il faut rendre publiques toutes ces attaques. » Un peu plus tard, sur un autre sujet, celui du foncier, il s’est agacé des dérives constatées et qui vont au-delà du monde agricole. « Les jeunes agriculteurs sont inquiets car sur de nombreux dossiers, c’est devenu très complexe. L’exemple des deux hectares de terres libérées l’an passé à Marckolsheim est flagrant. Il serait inconcevable que ces terres ne soient plus agricoles à l’avenir ». Le président de la FDSEA du Bas-Rhin, Franck Sander dénonce pour sa part la manière dont tous les dossiers évoluent. « C’est de l’ultralibéralisme, de l’ultra-échange à chaque fois. Dans toutes nos discussions avec nos interlocuteurs, nous devons dénoncer l’agribashing que nous observons, mais également éviter que le monde agricole se ferme sur lui-même. C’est par exemple le cas dans le débat sur les ZNT. On ne peut pas accepter de ne plus pouvoir cultiver. Mais, si le débat est de trois ou cinq mètres, on peut l’entendre à la condition que les professionnels soient indemnisés. Pour la politique agricole commune, il faut être constructif pour ne pas se faire imposer des contraintes supplémentaires », a-t-il conclu.

 

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Chambre d'agriculture Alsace

« Développer nos services et répondre aux défis de l’avenir »

Vie professionnelle

Publié le 12/03/2020

Cette nouvelle édition du salon international de l’agriculture (SIA), même réduite d’une journée, a été un véritable succès. Enfin, le monde agricole a eu la possibilité de communiquer positivement. « Cela doit interpeller nos décideurs sur la représentativité de certaines minorités agissantes et de groupuscules activistes qui font le buzz sur les réseaux sociaux », observe le président de la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) Denis Ramspacher. L’Alsace a par ailleurs retrouvé de la visibilité et de la lisibilité à Paris. « Nos exposants et nos filières ont pu en profiter. Merci à nos deux Conseils départementaux pour cette initiative de créer ce nouvel espace, Terr’Alsace, dans le hall dédié aux institutions. Cela a constitué une belle vitrine des savoir-faire alsaciens pour donner corps à la future Collectivité européenne d’Alsace. Pour concrétiser ces nouveaux partenariats, la CAA a travaillé main dans la main avec nos collectivités régionales et départementales, souligne Denis Ramspacher. Les professionnels, eux, ont pu se mettre en valeurs lors du Concours général agricole et aux concours des races pour les éleveurs. »

Le SIA est aussi l’occasion de rencontrer et d’échanger avec les différents élus nationaux et régionaux. Cela tombe bien. Les dossiers d’actualités ne manquent pas. La revalorisation des retraites agricoles n’est toujours pas actée. « Nous devons obtenir du gouvernement les 85 % du SMIC, tout de suite, pour toutes les petites retraites agricoles », répète le président. Les questions sans réponses sont également toujours nombreuses concernant les zones de non-traitement (ZNT). « L’arrêté fixant à cinq ou dix mètres les ZNT à proximité des habitations a été signé le 31 décembre pour être appliqué le 1er janvier. Il s’agit d’un record de vitesse qui n’est pas courant de la part de l’administration ! Ce texte prévoit la possibilité de réduire les distances à trois ou à cinq mètres. À condition de mettre en œuvre des dispositifs techniques particuliers sur les pulvérisateurs et de signer une charte de « bon voisinage » au niveau départemental », précise Denis Ramspacher. Il rappelle qu’un travail est effectué en Alsace sur une charte pour la viticulture. Mais, pour le reste, et notamment l’aspect réglementaire, rien n’est clair alors que la date des premiers traitements approche. « C’est la raison pour laquelle la profession demande toujours un moratoire sur l’application de ces ZNT. Le temps de travailler correctement sur ces chartes. Le temps d’organiser les concertations nécessaires, notamment avec les maires qui seront élus ces prochaines semaines », ajoute le président.

Maintenir visibilité et cohérence

La profession agricole s’inquiète également des intrusions nocturnes perpétrées par des activistes de la cause animale. Des actions médiatisées de surcroît. « Ceci est inacceptable sur la forme comme sur le fond. Une plainte a été déposée par l’éleveur. Nous avons alerté la nouvelle préfète. Elle a réuni d’urgence la cellule Demeter. De tels agissements doivent être fermement combattus et condamnés par la justice », prévient Denis Ramspacher. Les mêmes inquiétudes concernent les discussions de la nouvelle politique agricole commune (Pac). Des discussions qui s’éternisent. Les professionnels craignent de nouvelles contraintes, mais avec des moyens en baisse. Or, la Pac, à travers son premier pilier, doit rester le levier essentiel pour garantir un socle de rémunération pour la plupart des agriculteurs. « Dans cette période d’incertitudes, il est essentiel de maintenir de la visibilité et de la cohérence autour des futures mesures essentielles pour la vitalité de nos territoires. Les enjeux de l’agriculture sont considérables. Et les attentes envers la Chambre d'agriculture sont grandes. L’État demande de s’engager dans un contrat d’objectifs pour être encore plus efficaces. Avec de nouvelles missions pour accompagner les professionnels vers les transitions économiques, énergétiques et environnementales. C’est l’enjeu de notre projet stratégique », indique le président de la CAA.

Ce projet a été adopté lors d’une précédente session. Il s’inscrit en complémentarité des travaux en cours sur le projet stratégique au niveau régional à la Chambre régionale d’agriculture Grand Est et au niveau national à l’assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), avec la mise en place de seize domaines d’activités stratégiques. Le tout dans un contexte contraint où l’État met la pression pour améliorer l’efficacité du réseau des Chambres d’agriculture. « En Alsace, nous n’avons pas à rougir de nos actions en faveur des agriculteurs et de nos résultats. Sur tous les sujets concernés par le contrat d’objectifs, nous sommes bien positionnés et souvent en avance sur d’autres départements. La fusion « Chambre d’Alsace » nous a fait gagner en efficacité et en compétences. Nous sommes des acteurs essentiels de toutes les politiques publiques sur notre territoire et nous sommes présents sur le terrain sur tous les sujets (lire l'encadré). Je suis donc confiant dans notre capacité à répondre aux défis de l’avenir, de celui de nos agriculteurs et de notre territoire. Pour y parvenir, nous aurons besoin de la confiance de l’État et des différentes collectivités régionales, départementales et locales », a conclu Denis Ramspacher.

 

A lire aussi : « Une session chambre axée sur le bien vivre ensemble », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin ;

« « Nous avons du pain sur la planche » », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Club Holstein 68

Une équipe à la recherche de l’excellence

Élevage

Publié le 05/03/2020

Avec ses 47 adhérents et ses 3 599 vaches, le club Holstein 68 poursuit sa croissance tant en nombre d’adhérents (+2) que de vaches (+155). Excusé en raison d’obligations familiales, le président sortant David Butsch a fait lire par son vice-président Thomas Prinz un discours dans lequel il se félicite des nombreuses actions engagées. « La qualité de notre cheptel, les nombreux prix de nos vaches et des éleveurs au concours, sans oublier le logo de l’association qui semble apporter une nouvelle lisibilité sont de nombreux points positifs. Nous sommes une grande famille et nous le constatons lorsque nous nous retrouvons pour ces événements ou lors de manifestations plus ludiques comme celle du 2 août 2019 à l’étang de Largitzen », se félicite David Butsch.

Par ailleurs, il a décidé de se retirer de la présidence du club Holstein 68. Un nouveau conseil d’administration a été élu à l’unanimité des membres présents. Et c’est un jeune éleveur de 24 ans, Yves Ritzenthaler, qui a été porté à la présidence. Il est associé avec son père sur l’exploitation familiale située à Jebsheim, au Gaec Malaitis. « J’ai accepté cette responsabilité car je sais que je peux compter sur une équipe motivée et, comme moi, des éleveurs passionnés. À nous, toutes et tous ensemble, de poursuivre la dynamique engagée et de continuer à promouvoir l’élevage dans le Haut-Rhin. C’est d’autant plus nécessaire avec tout ce qu’on entend de nos détracteurs. Nous ne devons pas nous cacher. Bien au contraire. Continuons à être fiers de notre métier et positivons », insiste Yves Ritzenthaler.

À Swiss Expo

Cet optimisme est d’autant plus justifié que le cheptel se porte bien. À l’exemple de ces trois nouvelles vaches qui ont dépassé les 100 000 kg de lait. C’est le cas de Bledina (104 872 kg) du Gaec Gnaedig à Largitzen en huit lactations. De 52 Este (103 921 kg) du Gaec Butsch à Ranspach-le-Haut en sept lactations. Et de Sissia (113 341 kg) de l’Earl Prinz à Hausgauen en sept lactations. À Swiss Expo 2020, au concours Red Holstein, quatre animaux du département étaient présents. Il faut noter la belle deuxième place de section de Pick Red du Neuhof qui est la co-propriété de l’Earl de l’élevage du Neuhof et Maxime Pierre. Pour le concours des génisses, huit du Haut-Rhin ont défilé sur le superbe ring de Swiss Expo. L’une d’entre elle, Midali Denver Providence du Gaec Butsch s’est très bien illustrée en remportant la deuxième section. Huit vaches noires du Haut-Rhin ont également défilé avec à la clé dans ce concours au niveau très relevé, un podium et une troisième place pour Menthe du Neuhof de l’Earl Élevage du Neuhof. Enfin, neuf jeunes de l’équipe du Club Holstein 68 ont participé à la troisième édition du « showmanship » organisé par Swiss expo. Alicia Gutzwiller s’est classée deuxième de sa section, Andréa Resch et Damien Thiebaut ont terminé troisième de leur section.

 

 

L’assemblée générale a également permis de mettre en valeur les élevages du département pour la qualité de leur cheptel et les résultats obtenus. Elle s’est terminée par l’intervention de Ken Poincelet de la société Sobac sur le thème de l’autonomie fourragère et protéique, la relation entre les sols, les plantes, les animaux et la santé. L’intervenant a insisté sur le rôle des micro-organismes sur la macrofaune du sol. « Une multitude d’animaux, parfois minuscules, le sillonne. Certains y déroulent la totalité de leur cycle biologique alors que d’autres ne l’habitent qu’à l’état larvaire », a-t-il rappelé au cours de son intervention où il a attiré l’attention des éleveurs sur leurs pratiques. Et la nécessité de respecter et de bien comprendre le sol où l’on se trouve.

Concours des vosgiennes

Girly, cette grande championne

Élevage

Publié le 28/02/2020

Le couple a repris l’exploitation familiale en 2003, la SNC de l’Envers des Graviers. Aujourd’hui, il élève trente laitières, toutes des vosgiennes, et leur renouvellement. « Cela fait quarante années que la race est présente sur ma ferme. À l’époque, un stagiaire de mon père s’était rendu chez Armand Burger pour acheter des veaux. Il avait été séduit », explique Lionel Vaxelaire. Lui-même vient à Paris depuis l’an 2000, année de son premier concours. « C’est la passion. L’envie de se retrouver tous ensemble et de chercher à valoriser la race », précise l’éleveur. Forcément, avec l’expérience et les différentes manifestations auxquelles il participe, il évite certaines erreurs. « Je viens chaque fois avec mes meilleures vaches. J’avais déjà eu une grande championne en 2011, prénommée Schild. De son côté, Girly avait débuté sa carrière en 2012 avec des titres à Wesserling puis a été grande championne en 2016 à Plaine. C’est donc une vosgienne de grande qualité. En 2017, déjà au salon de l’agriculture, elle avait été première de sa section et championne meilleure mamelle », précise Lionel Vaxelaire.

Venir au « spécial » à Colmar

Lundi passé, il a présenté sa vosgienne dans la dernière section, celle des vaches confirmées. « On s’est confronté avec des éleveurs qui ont présenté des vosgiennes de très grande qualité également. Je pense que la longévité de Girly a fait la différence. 696 kg de muscles qui expliquent une solidité à toutes épreuves et une très bonne attache arrière comme avant, un système mammaire élégant et porteur à en faire rougir un taureau, sans oublier des courbes avantageuses qui favorisent son aplomb », poursuit le professionnel. Il constate que, depuis vingt ans, le concours est toujours plus difficile et agréable. « La qualité des animaux a évolué positivement. Les lots sont plus homogènes. Les éleveurs progressent dans la préparation des animaux, dans leur tonte, dans leur façon de leur apprendre à marcher en concours. Il faut dire que la vosgienne est une race au top pour les concours. La mixité de la race est bien mise en avant », conclut Lionel Vaxelaire. Il espère venir avec Girly et sa sœur Girl, pour le « spécial » à Colmar, comme à Paris.

 

 

Inauguration de l’espace « TerrAlsace »

L’Alsace brille porte de Versailles

Vie professionnelle

Publié le 25/02/2020

La musique et les danses alsaciennes ont accompagné ce moment inaugural. L’occasion de rappeler les traditions spécifiques à notre région. « Ici, c’est l’Alsace. On vous reconnaît immédiatement. Nous avions visité votre région il y a quatre ans. Et de tels groupes folkloriques (en l’occurrence, dans le cas présent, celui de Berstett), nous en avions vu dans des fêtes de villages. C’est magnifique », s'exclament Régine et Yves, un couple originaire de Bretagne, de passage, par hasard, à cette inauguration. Un retour de l’Alsace apprécié par les visiteurs du salon de l’agriculture, mais surtout (très) attendu par les élus et les responsables professionnels de la région.

« Nous avons un beau jardin en Alsace. Avec de magnifiques paysages, des champs, des clochers, des villages, des traditions. Ce beau jardin est à (re)découvrir ici à Paris, au SIA, qui célèbre la diversité et la richesse de l’agriculture française », explique Max Delmond, président d’Alsace Destination Tourisme (ADT). Il a été le premier à s’exprimer sur cet espace bien imaginé et fidèle à l’Alsace. Un espace où les couleurs et les symboles (par exemple, la cigogne) permettent d’allier tradition, modernité, design, originalité, jeunesse et art de vivre. « À la veille de la naissance de la collectivité européenne d’Alsace (le 1er janvier 2021), il était évident pour notre région d’être là. Cet espace est une belle opportunité qui nous offre de la lisibilité et de la visibilité. Nous sommes également présents dans le hall 3, avec les autres régions. La présence de l’Alsace constitue un acte de foi. Il s’agit d’affirmer que, plus que jamais, nous sommes dans un territoire fidèle à ses valeurs. Parmi elles, il y a cette agriculture et cette viticulture qui façonnent nos paysages, qui sont acteurs de la biodiversité et qui animent nos villages et notre vie économique », ajoute Max Delmond.

« L’Alsace est une terre nourricière »

Les deux conseils départementaux (Bas-Rhin et Haut-Rhin) et l’ADT ont rivalisé d’imagination pour valoriser cet espace, en lien avec la Chambre d'agriculture d’Alsace. Son président, Denis Ramspacher, n’a pas caché sa joie et sa fierté. « C’est un grand jour pour l’agriculture française et pour le salon de l’agriculture. Après trois années d’attente, l’Alsace est à nouveau visible. Loin de l’agribashing, le SIA permet d’expliquer aux visiteurs ce que l’agriculture fait et, surtout, que nous faisons les meilleurs produits du monde. Je dois saluer l’initiative de cet espace « TerrAlsace » des deux départements et de l’ADT. Le tourisme et l’agriculture ont un lien évident dans le développement de notre région et, demain, dans celui de la collectivité européenne d’Alsace. La Chambre d'agriculture d’Alsace sera à vos côtés comme nous l’avons été aux côtés de la région Grand Est. Et c’est normal car nous organisons ici les médaillés des différents concours. Et, surtout, nous restons fidèles à notre stratégie de développement. Nous accompagnons les agriculteurs au quotidien et nous préparons l’avenir pour répondre aux attentes et enjeux sociétaux. Toutes nos filières sont au SIA, à l’image des arboriculteurs. 15 000 pommes, notamment la nouvelle variété Natti, vont être distribuées. Il y a également les fruits, les légumes, l’élevage, le houblon, les céréales, la viticulture, le pain. Bref, toute la diversité agricole de notre région », assure Denis Ramspacher.

Le président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, s’est montré tout aussi enthousiaste. Il a salué la richesse de cet espace qui fait une belle promotion de l’Alsace. « C’est une belle vitrine, comme celle de la Maison de l’Alsace à Paris. Cette deuxième vitrine, que l’on va désormais revoir chaque année au SIA, fait la promotion notre région à travers sa première richesse culturelle : l’agriculture. Il est important d’être aux côtés des professionnels et nous le serons demain avec la collectivité européenne d’Alsace. Nous allons, à nouveau, pouvoir agir à vos côtés en développant, par exemple, les circuits courts, en luttant contre le gaspillage alimentaire, en jouant la carte de la proximité avec nos agriculteurs et viticulteurs. Nous sommes fiers de vous, de votre travail. Vous accompagnez la transition alimentaire. C’est d’autant plus important que l’Alsace reste une terre nourricière », rappelle Frédéric Bierry.

« Vous êtes les garants de la qualité et du développement durable »

La présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, était tout aussi fière et heureuse de ce grand moment de partage alsacien. D’autant plus que depuis l’ouverture du salon de l’agriculture, les visiteurs se précipitent pour (re)découvrir les arts, les traditions, la gastronomie et la culture de la région. « Il y avait depuis trois années une forte attente. Et, ce succès populaire en est une illustration. Le SIA manquait à l’Alsace comme l’Alsace manquait au SIA car on ne trouvait plus clairement notre région. Ce succès populaire marque le goût pour l’excellence de nos productions et de nos produits agricoles et viticoles. Vous, professionnels, êtes les garants de la qualité et du développement durable. J’entends également, parfois, cet agribashing. Mais je l’oppose à ces femmes et à ces hommes dont nous pouvons toutes et tous être fiers. Nous pouvons avoir confiance en vous et je vous assure de mon respect et de mon soutien. L’agriculture est pour nous un secteur économique fondamental dans le développement de notre région », conclut Brigitte Klinkert.

Il ne restait plus qu’à la Reine des vins d’Alsace, Virginie André, de rappeler qu’elle était là pour promouvoir les vins d’Alsace mais également pour mettre en avant la culture, la gastronomie, les traditions et le tourisme de notre région. Un moment d’émotion pour celle qui a vécu son premier salon de l’agriculture. « C’est un rêve que je réalise. Je suis impressionnée et heureuse de découvrir cet espace qui valorise magnifiquement notre région. Nous avons les meilleurs vins blancs du monde, une gastronomie d’une grande richesse, des terroirs exceptionnels. Et, surtout, les professionnels sont très soucieux, au quotidien, de l’environnement. Nous avons, par exemple, le vignoble le plus vert de France ». Des propos qui ont été suivis par ceux de Delphine Wespiser, Miss France 2012 et, depuis, six ans, ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace.

 

 

A lire aussi : « L’Alsace et son agriculture font leur grand retour au salon », sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

 

Vie des journaux

Une page se tourne

Vie professionnelle

Publié le 10/02/2020

Vous avez pris vos fonctions au sein des journaux en 2011. Quelles étaient alors vos motivations pour candidater à la direction de l’Est Agricole et Viticole et du Paysan du Haut-Rhin ?

Sophie Schwendenmann : « Je ne partais pas en terre inconnue. Je connaissais le Paysan du Haut-Rhin. J’avais eu l’occasion d’y collaborer en 2003 quand je suis arrivée en Alsace. Après quelques années à d’autres fonctions, j’avais envie de renouer le contact avec la viticulture et l’agriculture. Et puis, je souhaitais un poste à responsabilités avec des projets à mener à moyen et à long terme. C’est quelque chose qui me manquait. Le challenge de ce poste était intéressant : deux journaux et deux équipes à faire avancer dans la même direction. Mon objectif était d’améliorer le fonctionnement des deux entreprises en allant jusqu’au bout de la mutualisation de moyens qui avait été initiée et de s’adapter aux nouveaux usages de la presse. »

 

Parmi les projets que vous avez menés au sein des deux journaux, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?

« Sans aucun doute, la mise en place d’un outil éditorial commun aux deux journaux. Il a permis aux différents services de travailler ensemble, de la même manière, ce qui a réellement amélioré la synergie. Cette interface a eu un impact important sur l’ambiance interne notamment lors des bouclages - chaque mercredi, avant 18 h - qui sont une source de stress importante. Le niveau de tension a fortement baissé, et ça fait du bien ! Je retiens aussi la mise en place de la plateforme de gestion des annonces légales. C’était compliqué pour de petites structures comme les nôtres mais nécessaire et utile car internet a bouleversé la façon de penser ce service, dont les règles ont été établies en 1945…

Enfin, il y a un chantier permanent, un ouvrage qu’il faut sans cesse remettre sur le métier : c’est l’adaptation aux nouveaux usages en matière d’information. Cela passe par l’évolution du métier de journaliste, des outils numériques, des réseaux sociaux, le lancement d’un service vidéo… Tout en gardant à l’esprit notre raison d’être : répondre aux attentes de nos abonnés. »

 

Selon vous, quels sont les chantiers qu’il reste à mener ?

« La relation avec les abonnés, justement. Ils ne sont pas simplement des adresses postales, mais des professionnels avec qui les journaux sont en interaction. Il faut mieux cerner les besoins spécifiques, que ce soit en termes de contenus rédactionnels, sur le web ou le papier, ou encore de contenus publicitaires.

Il est également primordial de revoir le modèle économique de la Presse agricole départementale (PAD), né lui aussi après-guerre. L’érosion du nombre d’agriculteurs, donc d’abonnés potentiels à l’échelle d’un département, oblige les petits éditeurs à réfléchir. Il faut se détacher de ce qui a été, pour construire ce qui demain sera pérenne. Des outils transversaux permettant une mutualisation de moyens à l’échelle supra-départementale font partie des solutions. Il y va de la survie de la PAD construite sur des circonscriptions départementales devenues trop étroite. À titre de comparaison, en Allemagne, en Suisse, la presse agricole fonctionne à l’échelle de grande région. »

 

Vous avez constamment fait bouger les lignes du journal, innové dans le travail des équipes, stimulé la créativité des uns et des autres. À chaque semaine, une nouvelle idée. Que se cache-t-il derrière cette grande activité ?

« Avoir pour seul objectif de « boucler » un journal chaque semaine ne me suffit pas. Je n’arrive pas à concevoir le travail comme quelque chose de routinier. J’ai besoin de challenges. Cet état d’esprit, je me suis efforcée de le transmettre aux équipes des deux journaux en responsabilisant chacun et chacune, pour tirer l’ensemble vers le haut. De la rédaction à la création en passant par le service commercial, abonnement ou administratif, nous sommes une seule et même équipe. Le monde bouge autour de nous. Nous devons bouger avec lui et pour cela, il faut remettre en question ses certitudes chaque jour. »

 

Vous vous êtes investie au sein du Syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPAR), où vous êtes secrétaire générale. Pour quelles raisons ?

« Au-delà de la défense syndicale des intérêts de notre famille de presse, échanger entre collègues permet de s’enrichir. Personne n’a le monopole des bonnes idées. Il faut garder un œil sur ce que font les autres, comprendre pourquoi ils ont tenté telle expérience, se demander, en cas de réussite, si c’est transposable… C’est une sorte de bourse aux idées, dans laquelle j’ai fait mon marché. Ces rencontres et ces réunions ont été une source d’épanouissement personnel.

J’ai également pris conscience que l’agriculture a une grande chance d’avoir une presse agricole aussi diversifiée avec, d’une part, des titres de proximités et, de l’autre, des revues nationales généralistes ou spécialisées. Mais au regard des moyens des éditeurs de presse en général, nos sociétés départementales font figure de petit Poucet. En Alsace, grâce à la mutualisation des moyens entrepris depuis douze ans, nous avons pu innover et proposer de nouvelles sources de diversifications. Il ne faut pas attendre qu’on fasse les choses à notre place. »

 

Au 31 décembre, vous laissez votre place. Quelle conclusion faites-vous ?

« Cela a été une superbe expérience professionnelle. Elle m’a permis de rencontrer des gens extraordinaires. Je remercie les élus qui m’ont fait confiance, même si parfois ils étaient dubitatifs sur certaines propositions… Et je veux avoir une pensée particulière pour les salariés des deux journaux. J’avais pour habitude de surnommer « mon équipe » : la « Dream Team », parce que la complémentarité de chacun d’entre eux nous a permis de réunir une multitude de compétences et ainsi de réaliser de grandes choses. Rigueur, exigence, professionnalisme, investissement personnel, créativité sont autant de qualités qui les caractérisent. Et je ne veux pas qu’ils l’oublient.

Je suis fière du travail réalisé ensemble. Nous avons pu mener à bien des projets que, chaque journal dans son coin, n’aurait pas pu envisager. Nous avons démontré que l’intérêt général des deux journaux est supérieur à l’addition de leurs intérêts particuliers. »

Syndicat des éleveurs de la race Montbéliarde du Haut-Rhin

Un cheptel de qualité à valoriser

Élevage

Publié le 10/02/2020

Le syndicat de la race Montbéliarde du Haut-Rhin que préside depuis six ans Jean-Philippe Meyer se porte bien. En 2019 encore, les éleveurs ont promu leur race préférée lors de différents concours réputés. À l’image de celui d’Habsheim lors de la foire Simon et Jude, du salon de l’agriculture à Paris ou encore de l’Axone à Montbéliard. « Ces manifestations ont permis de pérenniser notre dynamisme. Nous comptons poursuivre sur le même chemin en misant sur la solidarité et la convivialité entre les éleveurs. En 2020, le concours d’Habsheim se fera avec nos collègues du Territoire de Belfort. Ce partenariat va apporter un plus à la manifestation. Merci à la Chambre d'agriculture Alsace pour son soutien », se félicite Jean-Philippe Meyer. Ce dernier a été réélu à la présidence du syndicat qui compte 34 adhérents (+6 par rapport à l’année précédente) qui représentent un cheptel de 2 152 vaches (+ 208). Techniquement, la race Montbéliarde affiche des résultats intéressants. 37 élevages du Haut-Rhin, ayant au moins de 80 % de leurs animaux en race Montbéliarde, étaient suivis en 2019 avec un effectif moyen qui dépassait les 62 vaches.

La réunion a été l’occasion de remettre la statuette de l’organisme de sélection (OS) à Jean-Pierre Goldschmidt pour sa vache Tabea (Pastago/Electro) qui a produit 108 011 kg de lait dans sa carrière. Cette dernière a débuté à 24 mois en août 2004 lors de son premier vêlage. Elle a fait douze lactations avec une exceptionnelle cyclicité car son dernier vêlage a eu lieu en septembre 2015 ! « Cette vache, comme de nombreuses autres, montre une nouvelle fois les qualités de la race Montbéliarde qui affiche de bons taux en règle générale. C’est un atout dans un environnement économique qui reste compliqué. L’année 2019 l’a démontré avec une météo atypique et un prix du lait qui ne correspond toujours pas à nos attentes. Quoi qu’il en soit, participez aux réunions hivernales du contrôle laitier qui arrivent et engagez-vous dans vos communes pour défendre notre métier et nos vaches », ajoute Jean-Philippe Meyer. Une réunion à laquelle a participé le vice-président de la Chambre d'agriculture Alsace Denis Nass. Comme lors de l’assemblée générale des cantons d’Altkirch et de Dannemarie de la FDSEA du Haut-Rhin, il a rappelé les missions de la Chambre. « Nous nous investissons pour construire avec vous de meilleures solutions techniques. Le programme Elena en est le meilleur exemple. Il s’agit de donner aux agriculteurs les meilleures solutions techniques et les meilleurs conseils », précise Denis Nass.

L’intention du projet Elena est en effet de renforcer les exploitations d’élevage du Rhin supérieur. Les expériences et connaissances sont échangées et des solutions communes sont élaborées pour être mises en place des deux côtés du Rhin. Le premier objectif concret est d’apporter une meilleure coopération pour l’approvisionnement d’un marché intégré transfrontalier pour les produits animaux du Rhin supérieur. Le second, d’améliorer les conseils techniques et méthodiques tout comme un accompagnement intensifié vers une plus grande compétitivité. Le troisième est d’établir un réseau sur le développement et la stabilisation de la coopération transfrontalière. « Par rapport à ces objectifs, vous avez toute votre place. La race Montbéliarde fait un très bon compromis entre la production de lait et celle de la viande », rappelle Denis Nass. Il a également insisté sur l’importance de la communication par rapport à l’agribashing actuel, sur la nécessité de mutualiser le matériel et sur les évolutions actuelles et à venir de la Chambre.

Prévenir les maladies

Le groupement de défense sanitaire (GDS) a fait le point sur les différentes maladies. La bonne nouvelle concerne la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR). Il n’y a pas de nouvelles contaminations en Alsace même si 21 cheptels sont encore concernés. Dans le Haut-Rhin, la maladie est assainie. Pour la diarrhée virale des bovins (BVD), on est en phase de bouclage et d’élimination des « infecté permanent immunotolérant » (IPI). La proportion des veaux positifs baisse. Actuellement, elle se positionne à 0,13 %. Cette diminution doit se poursuivre car l’objectif est d’obtenir l’éradication. Cependant, six nouveaux cheptels ont été infectés en Alsace. Une seconde phase de traitement de la maladie permettra de tester une nouvelle technique et d’effectuer des dépistages. Quatre cantons tests ont été sélectionnés : Drulingen, La Petite Pierre, Bischwiller et Guebwiller. Ce travail de prévention complétera ce qui a déjà été mis en place : la vaccination des animaux mis à la reproduction, l’élimination des animaux positifs sous les quinze jours, l’obtention d’un statut pour tous les animaux, la restriction de la circulation ou encore une enquête épidémiologique dans les cheptels afin de vérifier leur statut. Enfin, pour éviter d’introduire une ou des maladies, il sera demandé des garanties avant l’achat, d’isoler à l’introduction, de vérifier les conditions de transport et encore de compléter les analyses classiques.

Concernant la coopérative Elitest, les éleveurs ont été informés que de nouvelles offres sont proposées pour les Montbéliardes avec un renouvellement important de la gamme. Il y a cinq nouveaux taureaux disponibles en semences sexées : Odyno, Ovalromey, Ozone, Ogive et Olifly. Six nouveaux attribués avec des doses à 11 € : Noelcerneu, Ouper, Opticom, Oreo, Ovallees et Oss117. Le dernier point à l’ordre du jour a concerné l’intervention de Benjamin Laville, technicien à l’union des fédérations agricoles (UFA) et spécialiste en nutrition. Il a abordé le thème de l’élevage des veaux et leur alimentation de zéro à six mois.

Dans l’après-midi, les éleveurs ont visité le Gaec de la Verdure à Riespach.

Vie des journaux

Michel Busch : « Faciliter la transmission des informations, accompagner nos lecteurs »

Vie professionnelle

Publié le 08/02/2020

Vous avez pris vos fonctions au sein des journaux début janvier. Quelles étaient vos motivations pour candidater à la direction de l’Est Agricole et Viticole (EAV) et du Paysan du Haut-Rhin (PHR) ?

Michel Busch : « Ma première motivation a été de maintenir la dynamique engagée dans les deux journaux. En 2003, j’ai eu la chance d’avoir été directeur de la publication du PHR, c’était une période alors plus tumultueuse. Depuis, je siégeais au conseil d’administration de la SANEP (la société éditrice du PHR, ndlr). Je me suis toujours battu, avec Denis Nass, pour le journal. À l’époque, lorsque la FDSEA du Haut-Rhin a racheté les parts détenues par les Dernières Nouvelles d’Alsace, nous avons maintenu l’autonomie du Paysan du Haut-Rhin. J’ai toujours apprécié les équipes des deux journaux, leur professionnalisme et l’ambiance générale de ces entreprises. Le chemin engagé par Sophie Schwendenmann me paraissait juste. Il me tient donc à cœur de maintenir cette dynamique. »

 

Vous prenez la direction de deux journaux, de deux entreprises. Chacune d’elles a son histoire, son personnel, sa manière de fonctionner. Comment vivez-vous ces premières semaines ?

« J’ai décidé d’endosser cette responsabilité car c’est également pour moi un challenge intéressant. Pour le moment, je regarde comment tout fonctionne. J’observe les spécificités des différents services. Avec cette nouvelle position, je veux mieux appréhender les journaux dans chaque département. Ainsi, j’espère aussi pérenniser le partage du travail entre les salariés sur différents sujets. Pourquoi ne pas travailler davantage encore dans la complémentarité des équipes ? Directeur de publication de journaux agricoles est un métier à part. Je découvre toute la complexité de la réglementation de la presse. Il faut, en outre, prévoir le contenu des journaux, construire ces journaux, répondre aux impératifs des uns et des autres… C’est une gymnastique d’esprit un peu différente de ce que j’ai connu dans mes précédentes fonctions.

Un autre aspect méconnu concerne les publications légales. Une dynamique est en marche, nous devons la poursuivre pour être demain, grâce aux équipes des deux journaux, référents en la matière. Je m’attache par ailleurs à poursuivre le travail engagé concernant le maintien du particularisme de la presse agricole départementale. L’enquête de lectorat effectuée fin 2019 permet de constater que nous avons un rôle important à jouer auprès de nos lecteurs et de nos différents partenaires. »

 

La société évolue et avec elle l’ensemble de la presse. Avez-vous des projets ? Des idées pour fidéliser le lectorat et attirer de nouvelles personnes vers l’EAV et le PHR ?

« Nous devons effectivement réfléchir au développement de nouveaux projets. Nos supports informatiques doivent nous y aider. Pourquoi ne pas imaginer demain une lecture de nos journaux sous forme de « podcasts » de quelques sujets particuliers ? Proposer des résumés de nos articles à nos lecteurs ? Ce sont d’autres moyens de donner de l’information pour des gens toujours plus pressés par leurs activités quotidiennes et qui ne peuvent pas profiter d’un temps de lecture et de pause trop long. Ce service pourrait les attirer vers nous. Ou alors, pourquoi ne pas imaginer de développer des « tutos » pour accompagner nos abonnés ? Nous avons un vrai savoir-faire en interne. À nous de réfléchir toutes et tous ensemble pour apporter des solutions supplémentaires à nos lecteurs. Nous devons également réfléchir à la problématique des choix de gestion en interne qui sont à simplifier. Nous devons faciliter l’utilisation de nos outils informatiques. Et, si possible, mettre en place davantage de partage entre nos deux sites, Sainte-Croix-en-Plaine et Schiltigheim. »

 

Vous êtes connu dans le Haut-Rhin, un peu moins dans le Bas-Rhin. Est-ce un handicap ?

« On me connaît dans le Haut-Rhin, c’est vrai. Dans le Bas-Rhin, c’est différent. Je suis connu des responsables professionnels et moins des exploitants agricoles. Ma chance est de connaître les différents référents professionnels. Je vais donc essayer de créer du lien. C’est une autre facette de ma personnalité. Je sais m’adapter. Jusqu’à présent, mes fonctions professionnelles exigeaient de moi d’être un négociateur, un défenseur. Demain, mon rôle sera d’être un facilitateur, un accompagnateur. Je suis également présent sur les réseaux sociaux. C’est un moyen de communication que je tente d’utiliser au mieux. Je m’efforce de ne jamais oublier de creuser l’information. Ce sera la même chose au PHR et à l’EAV. C’est la culture de la maison : approfondir les informations, accompagner le monde rural, que les gens ne soient pas sans réponse claire. Il faut montrer ce que nous faisons. Ce que nous disons. Nous ne devons pas avoir peur de montrer à nos lecteurs et aux gens qui les entourent le contenu de nos deux journaux.

Le PHR et l’EAV délivrent une information qui accompagne l’activité agricole. C’est important. On ne peut pas dire et écrire n’importe quoi. Nos journaux sont un outil idéal contre la morosité. Dans nos pages, nous pouvons montrer qu’on peut être fier de nos métiers. Trop souvent, on n'a pas osé suffisamment parler de ce que nous faisons, alors que nous le faisons bien ! Nous pouvons et nous devons être fiers en Alsace de ce que nous sommes. »

 

Vous quittez le monde syndical. Avez-vous un (dernier) message à lui adresser ?

« Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont entouré et accompagné toutes ces années. Merci pour leur patience à mon égard. Ils sont un puits de savoir. Ils ont réussi à me transmettre cette passion qu’est le syndicalisme. Ce dernier arrive toujours à mobiliser. Il permet de se regrouper autour du plus grand nombre pour défendre une cause commune. Avec le syndicalisme, je me suis épanoui dans mon métier. Même si ce dernier n’est pas toujours facile. Je profite de l’occasion pour remercier Sophie Schwendenmann pour son investissement, sa vision de la presse agricole, les outils qu’elle laisse à notre disposition. Nous n’avons rien à envier à la presse généraliste. Merci enfin à l’équipe administrative de la FDSEA du Haut-Rhin avec qui il a toujours été agréable de travailler. »

Louis Bodin, ingénieur météorologiste

« Il faut accepter la variabilité naturelle du climat »

Vie professionnelle

Publié le 31/01/2020

D’abord scientifique, Louis Bodin fait le constat qu’aujourd’hui, on ne s’appuie pas ou plus assez sur la science. Elle est pourtant indispensable pour construire une société. La météo est précisément une science. Et elle est très jeune. « Il y a encore beaucoup de questions sans réponses. Mais, on avance et on progresse, indique Louis Bodin. Il faut simplement savoir que les premiers relevés météorologiques scientifiques datent de 1870. Et les premières images satellites de 1961. Avant cette date, on ne savait pas ce qu’il se passait sur les océans. »

Dans ces conditions, il estime qu’il est faux de dire qu’il n’y a jamais eu autant de dégâts sur Terre qu’aujourd’hui. Au début, il n’y avait qu’un seul grand continent. Dans quelques millions d’années, la mer Méditerranée n’existera plus. La Terre change. « Certains bouleversements sont provoqués par des faits météorologiques. Par le passé, on ne pouvait pas se prémunir des événements les plus dramatiques comme aujourd’hui », poursuit Louis Bodin. Il donne quelques exemples : les pluies torrentielles dans le Sud Ouest de la France en juin 1875 avec plus de 3 000 victimes, les trois millions de sinistrés sous le règne de Louis XIV ou encore les 160 jours de canicule à plus de 38 degrés en Australie entre 1923 et 1924.

« On ne peut pas nier qu’actuellement, il y a un réchauffement. Mais, comme par le passé, ces événements s’expliquent également par la variabilité naturelle du climat. Or, la société d’aujourd’hui ne veut plus en entendre parler. Nous voulons les mêmes résultats, la même utilisation de la nature. Et pour vous agriculteurs, les mêmes rendements. On a inversé les choses. On a la prétention de vouloir mettre la nature à notre service. En montagne, c’est la même chose. Nous voudrions faire des activités à des moments précis. Dicter nos pratiques à la nature. Nous devons retrouver raison. Il faut retrouver une société qui accepte de faire avec les contraintes naturelles. Rien ni personne ne sait si ce réchauffement actuel est durable ou si, au contraire, il va s’inverser d’ici dix, vingt ou cinquante ans. Nous devrons en tout cas nous adapter », plaide Louis Bodin.

Chaque année est différente

L’ingénieur invite à la prudence concernant les différentes études menées sur le climat, souvent contradictoires. Là également, les moyens scientifiques progressent. Un réseau de satellites météo permet d’avoir une image toutes les cinq minutes. Bientôt, on pourra faire un film. Il insiste encore : la variabilité du climat est naturelle. « Construire un modèle est faux et n’a jamais été vrai », explique Louis Bodin en projetant les « Noël blanc » dans certaines grandes villes françaises. Depuis 1950, il y en a eu quinze à Nancy et douze à Strasbourg. Et chaque année est différente. Il présente ensuite la variabilité des températures un 24 janvier (jour de son intervention) à Mulhouse. « Ces différences sont telles qu’elles doivent nous inciter à la prudence. Chaque année est différente, partout », note Louis Bodin.

Pourtant, ces faits sont de moins en moins audibles dans la société. « Nous voulons bien manger. Et nous voulons de la qualité. Nous voulons soutenir pour cela les agriculteurs. Et, après avoir affirmé cela, les gens vont dans les supermarchés. Dans le même temps, la société veut donner l’illusion aux citoyens qu’on va les mettre à l’abri de tout. Quand il y a un problème, il faut tout de suite trouver un coupable. Une nouvelle fois, nous voulons tout maîtriser. Or, à un moment, quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, la nature prend le dessus », poursuit Louis Bodin.

Alors que la surmédiatisation et la course à l’audience sont de mises, il aborde un sujet peu médiatique : l’évolution de la démographie. « Il y a une accélération hallucinante ! Nous étions 7,3 milliards d’êtres humains en 2015 sur Terre et nous serons 9,5 milliards en 2050. 2,2 milliards de plus en 35 ans ! D’où l’importance de garder des territoires pour cultiver. C’est un challenge important. Les catastrophes naturelles se concentrent là où la population augmente le plus. Nous allons vers des catastrophes bien plus importantes encore. En France, c’est la même chose. Regardez le bassin méditerranéen. On a urbanisé partout. Résultat : le moindre orage a des conséquences dramatiques », conclut Louis Bodin. Il invite donc à la raison.

 

FDSEA du Haut-Rhin

« Engageons-nous, engagez-vous ! »

Vie professionnelle

Publié le 31/01/2020

Alors que le monde agricole n’est pas épargné par les critiques des uns, les certitudes des autres et la méfiance des derniers, l’assemblée générale de la FDSEA du Haut-Rhin s’annonçait dense. En tête d’affiche : l’agribashing et son « affligeante banalité ». « Nous devons désormais tous combattre cette pandémie. Et en premier lieu, responsabiliser nos élus de proximité », reconnaît le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Pascal Wittmann. Devant une assistance très fournie, il a multiplié les exemples de cet agribashing quotidien, tout en faisant le constat d’une population qui a confiance en ses agriculteurs comme en ses infirmiers et ses pompiers.

« L’agriculture et nos modèles sont sur le podium. Et faire de l’environnement est aussi notre métier. Pour autant, expérimenter de nouvelles pratiques suppose de disposer des avancées d’aujourd’hui. Et en premier la science qu’il s’agisse d’agriculture de conservation, d’agriculture biologique, de filières sans traces de phytosanitaires, et surtout de produits alimentaires sanitairement exemplaires », ajoute Pascal Wittmann. Cette science, cette agronomie, cette recherche apparaissent comme bien plus sérieuses et pertinentes que la somme de déclarations publiques, d’arrêtés ou de décrets pris ici et là. Et qui vont à l’encontre de la réalité agricole. « Affirmer que nous voulons être les plus vertueux est bien. Mais, pendant ce temps, notre agriculture va mourir en bonne santé. La science est aujourd’hui agrégée par des prises de position dogmatique et toutes les évaluations faites par des « comités de pairs » sont mises aux oubliettes. On s’autoproclame expert », s’agace Pascal Wittmann.

Augmenter la surface de 1 000 hectares

Les débats nationaux influencent les politiques régionales et locales. Que devient dans ce contexte le modèle des fermes haut-rhinoises ? « Que cela déplaise ou non, la colonne vertébrale qui maintient à flot notre économie locale dépend quasi exclusivement du maïs. Cette plante si décriée et pourtant si vertueuse qui s’adapte aux conditions climatiques extrêmes, apporte une sécurité fourragère à nos troupeaux. Elle valorise également l'eau avec une efficience remarquable et abaisse significativement les températures estivales lors des canicules. Elle est enfin le gage d’une agriculture diversifiée et de qualité », constate Pascal Wittmann. Il observe cependant que les agriculteurs perdent chaque année en compétitivité et/ou en qualité sanitaire des grains. Il est donc temps de s’interroger sur les outils de travail à disposition.

Les politiques propres aux productions doivent également être cohérentes. On pense notamment à la filière de la betterave alsacienne et sa marque Erstein. « Va-t-on laisser filer ce potentiel économique au simple motif des contraintes culturales comme les traitements ? Il y a un vrai problème cercosporiose. Mais, la génétique y répond dorénavant ! L’utilisation de biocides nous oblige à plus de fréquence. Ce qui peut freiner l’engouement face au ronronnement médiatique qui prône l’« anti-tout ». Si la betterave freine l’obtention du HVE3, elle est une vraie solution pour notre agriculture face aux remous futurs de la politique agricole commune. Aux prescripteurs, quel est votre plan B ? Il faut se bouger. Car une usine qui ferme n’ouvrira plus jamais. Il est temps pour nous tous, comme pour les élus de notre territoire, de soutenir ouvertement cette filière. Plusieurs centaines d’emplois sont dépendantes d’Erstein. Plaçons ensemble le débat sur la lucidité. Montrons notre attachement à une agriculture responsable et solidaire. Et, tous ensemble, allons au charbon pour augmenter de 1 000 hectares la surface dédiée à la betterave dans le Haut-Rhin. C’est l’objectif pour l’avenir de cette marque, pour de vrais emplois de proximité, pour l’image de notre département et l’avenir de nos entreprises », plaide Pascal Wittmann.

Assurer la pérennité du statut du fermage

Le président de la FDSEA du Haut-Rhin a incité les professionnels à réfléchir au futur. La pyramide des âges des chefs d’exploitants se transforme. Les structures des fermes sont petites. Le resteront-elles à l’avenir ? Et comment seront-elles gérées ? « Il nous faut une vraie politique foncière. Une politique de cohérence, au prix juste, et un accès des plus transparents. Nous avons la chance d’avoir un merveilleux statut de fermage. Nous devons en assurer sa pérennité. Il ne saurait y avoir en la matière des choix à la carte. Je me fais le garant de ces équilibres. Le prix de la terre ne s’envolera pas. Ceux qui tenteront de faire je ne sais quel montage juridique découvriront la définition d’une action syndicale. Quant aux collectivités territoriales, nous pouvons ensemble en discuter. Mais, ne passez plus en force en targuant d’un prix. Le foncier agricole est notre support de travail. Il ne peut être une source d’ajustement monétaire », prévient Pascal Wittmann.

Un dernier message a été lancé à l’adresse des services départementaux de l’administration et de l’État. « Changez de méthodes. Osez le discernement. Soyez capables de relayer avec force et justesse les spécificités de nos territoires. L’agriculture mérite expertise et respect. Et, surtout, cette belle construction ne pourra pas demain se résumer à une gestion des organisations salariales, fussent-elles agricoles. L’agriculture gagne et gagnera car elle est accompagnée et défendue par ses pairs. La FDSEA est bien présente. Elle s’engage et concilie les besoins de l’ensemble des filières. Continuons. Accélérons nos dynamiques pour assurer l’avenir des femmes et des hommes qui croient en l’agriculture », conclut Pascal Wittmann.

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