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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Navet salé d’Alsace

Un légume aux racines anciennes

Cultures

Publié le 26/01/2020

Les transformateurs de navet salé sont donc au nombre de trois. Deux sont installés dans le Bas-Rhin : la choucrouterie de la famille Ades à Krautergersheim et celle de la famille Speisser à Geispolsheim. Dans le Haut-Rhin, la choucrouterie Claude est le dernier établissement du département à travailler le chou et le navet salé. « L’entreprise familiale a été créé par mon père, René Claude, au début des années 1960, explique le gérant, Pascal Claude. En 1968, un bâtiment spécifique de production de 800 m2 a été construit. Il a été doublé en 1978. J’ai intégré l’entreprise en 1980. Au début des années 1990, nous avons modernisé notre outil de production et nous avons développé la cuisson de la choucroute et des navets salés vendus en pots allant de 500 grammes à 10 kg. Nous transformons en moyenne 1 500 tonnes de choux par an et 300 tonnes de navets que nous achetons chez des producteurs situés dans le secteur de Dannemarie. »

 

 

Un peu d’histoire

Les premières descriptions de fabrication des navets salés en Alsace datent de 1539. Ensuite, presque tous les livres de cuisine alsaciens, parus depuis le XVIe siècle, indiquent la manière de préparer les conserves de navet. On parle alors de « Sueri Ruewe », de « Kellernueddle » ou encore de « Keller Staffle ». Trois siècles plus tard, à la fin du XIXe, il est relevé que les « Sauerüben, » des navets confits, faisaient encore l’ordinaire des dimanches bourgeois de Colmar. On servait traditionnellement des navets tous les mardis entre Pâques et la Pentecôte.

Si le navet blanc sous sa forme confite était déjà consommé par les hommes de la préhistoire, les gastronomes de la Renaissance lui reconnaissent des vertus de santé. On apprendra bien plus tard que c’est la fermentation qui permet au navet de se charger en micro-organismes vivants, les probiotiques, particulièrement bénéfiques pour la digestion. Depuis, la consommation de navets salés a évolué. « Dans les années 1960, on vendait autant de navets salés que de choucroute. Ce n’est plus le cas aujourd’hui car le produit n’est plus considéré de la même façon. Du coup, on tente d’influer différemment la consommation en proposant le navet salé sous d’autres formes. Depuis deux ans, nous faisons du navet bio. Il nécessite cependant davantage de travail car il est souvent plus petit », précise Pascal Claude. La centaine de tonnes de navets salés ainsi obtenue est commercialisée pour 90 tonnes en navets salés crus et pour une dizaine de tonnes en navets salés cuisinés.

Une arrière-saison intéressante

Les navets sont semés après la récolte d’une céréale comme l’orge ou le blé d’hiver, sur une période allant de mi-juillet à mi-août. Après le semis, un démarrage manuel des plantes excédentaires peut être réalisé. La culture est régulièrement binée pour éliminer les mauvaises herbes et réduire les besoins en irrigation. Depuis la mi-septembre, le navet est récolté manuellement ou mécaniquement puis paré manuellement. Cette opération permet l’élimination des fanes et de la base du collet ainsi que du pivot, qui est la racine principale. Les navets arrivent à maturité en 40 à 80 jours, selon les variétés et la taille à laquelle on désire les récolter. Afin que ces opérations soient les plus rapides possible, les navets sont sélectionnés pour leur taille ainsi que pour leur forme allongée, qui facilite le parage et limite les pertes. « Cette année, les navets sont exceptionnellement gros. Cela vient certainement des caprices de la météo. Cependant, nous avons une arrière-saison intéressante et propice pour les navets », se félicite le professionnel. Lors de leurs récoltes, les navets sont composés de feuilles oblongues et de racines charnues de formes (sphérique, allongée, plate) et de couleurs variées (rose, blanche, noire…). À la livraison, les navets sont stockés dans un silo, puis, au fur et à mesure, sont versés dans une laveuse. Cette dernière est différente quand il s’agit de navet bio qui a alors moins de jus. Dans tous les cas, les navets sont ensuite épluchés avant qu’un peigne déroule de longues lanières bien blanches. Le tout est alors mis en saumure dans un silo à l’abri de l’air. Après fermentation anaérobie, les navets salés sont conditionnés puis commercialisés.

À Chavannes-sur-l’Etang, les déchets et jus sont dirigés vers un méthaniseur. Auparavant, ils allaient en station d’épuration. « Nous comptons travailler à l’avenir avec d’autres agriculteurs du secteur pour livrer nos déchets vers un méthaniseur collectif. Le projet est en cours de finalisation. Les travaux pourraient démarrer en 2020 pour un lancement en 2021. La boucle serait bouclée », se félicite Pascal Claude.

Le navet dans tous ses états

Les navets salés présentent de nombreuses vertus. Ils sont faibles en calories, bien pourvus en fibres, riches en oligo-éléments et sont une bonne source de vitamine, minéraux, potassium et calcinsum. L’association pour la promotion du navet salé d’Alsace est là pour valoriser et communiquer positivement sur le produit. L’idée étant d’attirer les jeunes générations, de proposer des idées de recettes pour faciliter l’utilisation ou encore de proposer un packaging prêt à l’emploi pour faciliter l’acte d’achat. Parmi ces plats, on retrouve la tarte au navet, mais aussi différents mets où le navet est mis en valeur en tant que navet salé ou navet cru. Ces recettes ont été dégustées au restaurant « Le Storkahus » à Guevenatten où officie le chef Guillaume Keller.

 

Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin

« Nous sommes les premiers partenaires de la proximité et de la ruralité »

Pratique

Publié le 16/01/2020

Lors de la dernière assemblée générale de l’abattoir du Haut-Rhin, Christophe Bitsch a succédé à Denis Nass à la présidence. Au nom du département, Rémy With et Michel Habig étaient présents pour rappeler que l’institution départementale tient à ce site.

Brigitte Klinkert : « Nous sommes le propriétaire des locaux, mais également le partenaire historique. Avec les agriculteurs, le Conseil départemental du Haut-Rhin est à l’origine de la création de cet abattoir. Cinq millions d’euros ont été investis pour la construction du bâtiment. Nous l’avons fait car nous voulons favoriser le développement des filières courtes. L’abattoir de Cernay facilite les choses sur ce point. Depuis, nous participons annuellement aux frais de maintenance des locaux et aux investissements nécessaires. À hauteur de 150 000 euros par an. Il faut ajouter un million d’euros pour les travaux à venir. Après des débuts difficiles, l’exploitation de cet abattoir est désormais à l’équilibre grâce au travail effectué par l’équipe du président Denis Nass. Je tiens à rendre hommage à ce dernier. Il vient de laisser cette responsabilité à Christophe Bitsch avec qui les relations sont également très pertinentes. Nous travaillons désormais ensemble sur le projet concernant l’extension de l’abattoir. Plus que jamais, ce dernier est un outil indispensable pour les professionnels, le développement des filières courtes, le maintien de l’herbe et la préservation des paysages dans nos territoires. »

Les travaux à venir sont nécessaires ?

« Oui. Ils vont permettre au personnel de travailler dans des conditions encore plus favorables avec, par exemple, davantage de vestiaires. Il va également y avoir la possibilité de développer la capacité de stockage du froid. Et, la profession agricole va pouvoir y développer un atelier de « préparations hachées assaisonnées ». Cela permettra de diversifier le travail. L’abattoir doit pouvoir proposer des produits de qualité qui répondent aux demandes des consommateurs. Concernant les travaux, le Conseil départemental du Haut-Rhin est prêt à assumer sa partie au niveau du financement. Nous attendons encore les réponses de nos autres partenaires que sont la Région Grand Est et l’Agence de l’eau. L’objectif est de finaliser le projet en 2020 pour démarrer les travaux qui prendront quelques mois. Nous espérons être opérationnels en 2021. Pour le reste, nous sommes satisfaits du fonctionnement général de l’abattoir. Nous veillons au respect de la réglementation. On se doit d’être exemplaire. Nos agents sont régulièrement sur place et veillent, en lien avec le personnel et la profession agricole, à ce que tout se passe bien. »

Le Conseil départemental du Haut-Rhin est également un partenaire important de la Chambre d'agriculture Alsace. Comment cette collaboration est-elle menée ?

« Ce partenariat se traduit par une convention annuelle qui privilégie les actions concourant à la sauvegarde d’une agriculture respectueuse de l’environnement. C’est véritablement un acte de foi ; 340 000 € sont prévus en 2020. Au-delà de ce partenariat, le Conseil départemental du Haut-Rhin conduit de nombreuses politiques volontaristes en soutien au monde agricole. Je pense tout d’abord aux Gerplan. Ils vont fêter leurs 20 ans en 2020. Ces actions mobilisent tous les acteurs locaux autour de projets qui visent une gestion durable des espaces et ainsi un maintien d’une activité agricole de qualité et de proximité. Hormis Colmar Agglomération, les quinze autres structures intercommunales du Haut-Rhin ont intégré la démarche. Elle concerne 345 communes auxquelles il faut ajouter quatre allemandes dans le cadre du Gerplan transfrontalier. Près de 1 200 actions ont été mises en place ces 19 dernières années. 140 000 euros y sont consacrés tous les ans. Pour fêter ce 20e anniversaire, nous réfléchissons à redynamiser ces Gerplan afin de leur apporter une nouvelle visibilité. »

Le Conseil départemental intervient pour aider les filières courtes, notamment par la mise en place d’un site internet grand public « Ma Ferme 68 ». Plus largement, comment se dessine votre soutien pour l’agriculture locale ?

« Ce soutien s’inscrit en effet dans une politique volontariste globale. Il y a l’abattoir, mais également l’approvisionnement de nos collèges à partir des productions locales via la plateforme ApproAlsace.fr. Cela nécessite une certaine organisation. Mais, cela marche bien. Nous menons également des opérations plus ciblées comme celle intitulée « Je mange local c’est génial ». Et nous développons des circuits de proximité avec l’aide au développement des marchés locaux ou des magasins de vente directe. La mise en place du site internet grand public « Ma Ferme 68 » va dans ce sens. Ce site doit permettre aux gens de trouver des magasins directement sur internet. C’est une manière de communiquer. Sur ce site, on peut ainsi facilement trouver des producteurs à proximité de chez soi en les géolocalisant. Nous cherchons à favoriser ces échanges et à encourager le manger local, la production locale, l’acheter local.

Pour être complet, le Conseil départemental du Haut-Rhin soutient également l’agriculture de montagne et l’élevage notamment pour préserver les paysages. Nous consacrons une ligne budgétaire de 195 000 euros par an aux mesures agro-environnementales. Nous sommes également présents dans le cadre de la modernisation des ateliers de transformation et de l’intégration paysagère des bâtiments agricoles. Sur un autre plan, le département soutient le développement touristique dans les espaces ruraux, en plaine comme en montagne. Ces activités nouvelles représentent souvent des compléments de revenus pour les exploitations agricoles. C’est aussi la question de la transition énergétique. Les agriculteurs jouent un rôle important dans ce secteur. Le département soutient à ce titre le développement de la production d’énergie par méthanisation. »

Revenons à l’actualité politique régionale. Un compte à rebours et une affiche géante ont été installés sur la façade du Conseil départemental du Haut-Rhin à Colmar pour évoquer la naissance, le 1er janvier 2021, de la Collectivité européenne d’Alsace. Quel enthousiasme !

« Nous sommes toutes et tous mobilisé (e) s pour aboutir à ce projet qui va rapidement, désormais, devenir une réalité. Nous serons bientôt la cinquième collectivité métropolitaine après Paris, Lyon, Marseille et la Corse. Il y a une loi « Alsace » et c’est une première ! L’Alsace va réapparaître sur les cartes de France et dans le quotidien des gens. L’Alsace va pouvoir jouer un rôle important avec des compétences nouvelles et spécifiques. Je pense tout d’abord aux routes où nous allons avoir le pouvoir de réguler le trafic. Je pense également à la coopération transfrontalière, au développement du bilinguisme ou encore à la possibilité pour les organisations professionnelles et associations sportives de se structurer à nouveau au niveau de l’Alsace. Nous entendons également mettre en place une veille de nos services publics en Alsace pour garantir aux gens la proximité, l’efficacité, la rigueur et la citoyenneté sur toutes nos actions. Les Alsaciens peuvent être fiers de la création de cette collectivité. Concernant nos relations avec nos amis bas-rhinois, nous travaillons sur une convergence de nos politiques. Nous aurons, à partir de 2021, cinq années pour mener à bien cette convergence même si toutes les politiques ne doivent pas forcément être toutes uniformes sur l’ensemble de l’Alsace. Il y a des axes prioritaires comme la solidarité avec les aides pour les personnes âgées ou les handicapés. Pour d’autres axes, il faudra prendre son temps et construire dans la durée. »

L’Alsace sera également présente au prochain Salon de l’agriculture à Paris, du 22 février au 1er mars.

« Oui. Sous l’impulsion de nos deux départements, d’Alsace destination tourisme (ADT) et en partenariat avec la Chambre d'agriculture, l’Alsace sera à nouveau présente lors du Salon de l’agriculture. Elle le sera dans deux halls différents. Dans celui consacré aux régions de France et à leurs produits, il sera possible de déguster et d’acheter des produits de la région. Et dans celui consacré aux services et métiers de l’agriculture, l’accent sera mis sur les savoir-faire des agriculteurs alsaciens. Il y a une forte volonté cette année d’avoir pour l’Alsace davantage de lisibilité et de visibilité. »

Un dernier mot pour les maires et élus locaux à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochains ?

« Ils ont toute ma reconnaissance. Ce sont les premiers acteurs de la proximité. Je comprends leurs inquiétudes. Le contexte budgétaire est compliqué. Il s’ajoute à un certain désengagement de l’État, à la suppression de la taxe d’habitation et à la disparition de certains services publics. Malgré ce contexte, je ne peux qu’inciter les élus à ne pas baisser les bras. Nous avons besoin d’eux pour concrétiser les projets des territoires. Le Conseil départemental du Haut-Rhin est leur partenaire fidèle. Nous développons une politique territoriale en termes de conseils, d’équilibre, de soutien financier aux projets. Demain, la Collectivité européenne d’Alsace sera également une collectivité de proximité et poursuivra son engagement auprès des maires et élus locaux. »

Arvalis - Institut du végétal

Une année marquante pour le maïs

Cultures

Publié le 15/01/2020

La journée est attendue par les professionnels. « Nous nous devons de vous accompagner pour comprendre les évolutions sociétales et avancer tous ensemble », explique en préambule Jean-Marc Schwartz, agriculteur à Ensisheim, administrateur à Arvalis et secrétaire général à l’association générale des producteurs de maïs (AGPM). Cette rencontre a permis d’évoquer les points marquants de la campagne maïs en 2019. « Nous terminons avec une moyenne de rendement de 90 quintaux au niveau national. Nous constatons depuis cinq-six ans une baisse constante. En Alsace, la tendance est la même avec une production de 1,26 million de tonnes de maïs, soit une baisse de 8 % pour une surface de travail de 120 000 hectares (-2,5 %). Nous sommes néanmoins au-dessus de la moyenne nationale avec 96 quintaux dans le Bas-Rhin et 115 quintaux dans le Haut-Rhin. Il y a de grandes disparités. Ces différences s’expliquent par l’irrigation, mais également la pluie », explique Didier Lasserre d’Arvalis.

Dans le Haut-Rhin, les rendements sont plus satisfaisants puisque 50 % de la surface maïs est irriguée. Dans le Bas-Rhin, des secteurs s’en sortent très bien. C’est le cas de Erstein où des précipitations sont venues au bon moment. En revanche, la situation est bien moins favorable dans le Kochersberg. « On a rarement vu des maïs aussi stressés. C’est la même chose en Lorraine qui, depuis quelques années, est très impactée par la sécheresse », ajoute Didier Lasserre. Cette région constate une moyenne de rendement de 60 q/ha. La moyenne est de 81 q/ha en Franche-Comté. Les températures froides au mois de mai ont eu pour conséquence de voir les maïs patiner. Les levées ont été lentes et hétérogènes, avec des pertes. La composition pigmentaire s’est retrouvée perturbée avec des rougissements et une dégradation de la chlorophylle. Pour autant, les variétés ont réagi différemment.

Du stress hydrique

Les maïs touchés par le stress hydrique avant la floraison ont eu un ralentissement du développement et de la croissance. Et donc un impact sur l’indice foliaire et l’appareil racinaire. Il a également été constaté une réduction des organes de réserve du carbone (tige, racines) ultérieurement remobilisés. Sans oublier, une régression des ovules et des problèmes d’émission des soies à l’extérieur des spathes. À la floraison, on observe un retard de la sortie des soies/pollen, moins d’épis et des défauts de fécondation. Le nombre de soies émises à l’extérieur des spathes a été fortement pénalisé et les ovules de la partie supérieure ont été les plus affectés. Des avortements des grains, une baisse des cellules de l’albumen, une diminution des puits et de la vitesse de croissance des grains ont eu lieu après la floraison avec des effets d’échaudage. Une accélération du cycle de la sénescence des feuilles a réduit la photosynthèse potentielle ultérieure. Enfin, il y a eu une remobilisation prématurée des réserves des tiges et des feuilles. Ces effets ont été atténués avec un suivi correct de l’irrigation. Le stade de la floraison-fécondation a été un enjeu face au stress thermique. La viabilité du pollen diminue quand l’humidité relative décroît et quand la température augmente. Par ailleurs, le stress thermique précoce compromet le développement de l’albumen. La période de quatre à dix jours après la pollinisation est la période durant laquelle le développement de l’albumen est le plus sensible aux stress thermiques. Outre ces rendements affectés par le stress hydrique et cette qualité très hétérogène, il faut également observer que les récoltes ont été très échelonnées partout en France, mais également en Alsace.

 

 

Un marché mondial concurrentiel

La production est compliquée, à l’image des marchés. Les stocks chinois et mondiaux se contractent dans un marché beaucoup moins lourd. La production mondiale continue pourtant d’augmenter même si elle n’égale pas encore celle de 2016. Avec 65 millions de tonnes, l’Europe reste dans sa moyenne. Le contexte est cependant difficile. Pour la troisième année consécutive, la consommation est supérieure à la production. « Les stocks sont donc moins importants. Cela a pour conséquence un marché plus tendu et des prix qui peuvent augmenter. Il faut donc faire attention. Sachant que les marchés argentins et brésiliens renforcent leurs positions et que l’Ukraine vient d’avoir pour la deuxième année consécutive une production record. Elle est un concurrent important de la France sur le marché de l’Union Européenne », constate Didier Lasserre.

Un focus a ensuite été effectué sur une fermothèque rassemblant, sur toute la France, treize fermes réparties sur les grandes zones de production de maïs. Trois se trouvent en Alsace (Kochersberg, Sundgau et Hardt). Cette fermothèque permet d’analyser l’évolution des charges complètes en maïs irrigué, en maïs non irrigué, les rendements, les coûts de production et leurs impacts, les prix de vente et prix d’intérêt ou encore les résultats économiques courants.

Spectroscopie proche infrarouge

Place aux analyses du sol. Trop peu seraient réalisées actuellement en France, de l’ordre de 300 000 par an soit un maillage d’une analyse/20 hectares tous les cinq ans. Le niveau réaliste serait de doubler ce chiffre. Cela peut désormais se faire avec une nouvelle méthodologie d’analyse de sol qui doit permettre de cartographier précisément les parcelles. Baptisée « Spirit Sol + », elle associe l’analyse de sol classique à une mesure rapide par spectrométrie proche infrarouge. Cette technologie était déjà employée pour mesurer par exemple la matière sèche de l’ensilage ou le taux de protéine des grains.

Sa rapidité de mise en œuvre permet de multiplier les points de mesure et donc d’affiner la connaissance de la variabilité intra-parcellaire. Le principe est de réaliser une analyse classique et quatre analyses rapides dans chaque maille de 1 ha. Ce service comprend la prise d’échantillons, l’analyse des données et la fourniture de cartes de fertilisation. La profondeur des prélèvements va de 0 à 20 cm. La méthode d’analyse indirecte ou dite alternative est basée sur une mesure physique, une interaction rayonnement - matière qui entraîne une vibration des molécules, et une calibration ou équation d’étalonnage.

L’intérêt de cette spectroscopie est qu’elle ne réclame pas ou peu de préparation de l’échantillon, pas de produit chimique, une rapidité de mesure, un accès à plusieurs paramètres simultanément. Il s’agit d’une méthode simple d’utilisation et non destructive, fiable et reproductible. Chaque point est géoréférencé. La journée s’est poursuivie avec un point sur les ravageurs du maïs.

 

Lire aussi : « Les ravageurs passés au crible » sur le site de L'Est agricole et viticole et sur le site du Paysan du Haut-Rhin

Pisciculture Kohler à Friesen

De l'alevinage à la transformation

Élevage

Publié le 24/12/2019

Co-gérant depuis treize ans de la pisciculture avec ses parents, Jean-Baptiste Stalder ne manque pas de travail. L'activité de l'entreprise se partage entre la production et le négoce de poissons d’eau douce. Elle répond notamment à l’importante demande de carpes transformées pour les restaurants de la région, en particulier le long de la «Route de la Carpe Frite » dans le Sundgau. « C'est vrai qu'elle « booste » l'activité. C'est devenu une tradition de manger de la carpe frite. Mes grands parents, Colette et Édouard Kohler sont partis de pas grand chose. Mon grand-père aidait à l'époque une professionnelle de la restauration. Il avait également des étangs en propriété. Il a commencé à livrer des carpes. Et, dans les années 1990, mon père a alors développé l'activité en faisant un atelier de découpe », raconte Jean-Baptiste Stalder. Aujourd'hui, la pisciculture Kohler gère une centaine d'hectares d'étangs dans le Haut-Rhin et le Territoire de Belfort, proche de Friesen.

La pisciculture produit carpes, tanches, gardons, sandres, brochets et bien d'autres poissons d'eau douce. Ses clients sont des sociétés et amicales de pêche, des comités d'entreprises ainsi que des particuliers pour leurs propres étangs. « Cette activité est en croissance pour suivre la demande en poissons vivants et de qualité. L’entreprise travaille souvent sept jours sur sept pour répondre à toute demande, grande ou petite, à partir de la carpe à l’unité ! Notre exploitation bénéficie de l'agrément zoosanitaire qui est indispensable pour le repeuplement », précise Jean-Baptiste Stalder qui tient à la qualité et à la disponibilité du service à la clientèle.

L'entreprise assure la livraison par camions-viviers. Ces véhicules et leurs chauffeurs bénéficient de l’agrément pour le transport de poissons vivants. Brochets, sandres, tanches, gardons, amours blancs, silures, esturgeons, perches et black-bass sont disponibles uniquement en saison (d’octobre à avril). Carpes et truites arc-en-ciel sont disponibles toute l’année. La pisciculture peut également fournir d’autres espèces telles que les carpes koï mais aussi les truites farios, les truites jaunes et les saumons de fontaine, notamment pour les journées truites des associations.

Il est frais mon poisson !

L'entreprise transforme les poissons dans son laboratoire. Les procédures de transformation sont strictement contrôlées ; elles font l’objet d’un agrément sanitaire européen, gage de qualité et de savoir-faire. Elle propose du filet de carpe, des darnes (avec arêtes) ou des carpes filetées (sans arêtes).  Une activité soutenue tout au long de l'année. « Nous livrons les restaurants, associations et particuliers sur tout le Sundgau, sur l'ensemble de l'Alsace, mais également dans le Territoire de Belfort, en Haute-Saône et dans le Doubs. Souvent deux fois par semaine. »

Les truites sont simplement vidées ou préparées en filets. Tous les produits de la pisciculture sont transformés et livrés quotidiennement par véhicule frigorifique selon les commandes quotidiennes.

Aujourd'hui, l'entreprise compte cinq salariés à plein temps et trois autres à temps partiel. Elle transforme environ 200 tonnes par an et produit une soixantaine de tonnes dans ses étangs. Les rendements vont de 600 à 800 kg/ha. « Nous sommes tributaires de la météo. Les orages ont fait du bien cette année. Les étangs ont pu se remplir correctement. C'était plus compliqué l'année passée même si nous avons réussi, au final, à faire une belle saison », assure Jean-Baptiste Stalder. Les étangs, propriétés de la pisciculture ou ceux en location vont d'une surface allant de un à quinze hectares. Le plus grand se trouve à Rechesy dans le Territoire de Belfort, il a été pêché le 10 novembre dernier. Généralement, les pêches se déroulent en octobre et en novembre. 

« Une fois que les poissons sont pêchés, ils viennent ici pour le dégorgement. Ils restent quinze jours dans l'eau de source pour enlever le goût de vase (le mauvais goût). Ensuite, on les prélève ou on les transforme en fonction des commandes. On insiste sur le côté fraîcheur de nos produits. Il n'y a pas ici de surgelé ou de congelé », poursuit Jean-Baptiste Stalder. La période de très forte activité se situe pendant les fêtes de Pâques. Le printemps, l'automne et les fêtes de fin d'année (Noël et Nouvel An) sont également de grosses périodes. « Mais, nous travaillons toute l'année. C'est la raison pour laquelle nous avons comme projet en 2020 de construire ici un nouveau bâtiment de 500 m2 pour l'atelier de transformation contre 100 m2 seulement actuellement. Ce nouvel atelier sera aux nouvelles normes européennes, plus spacieux et moderne. Il permettra de travailler dans les meilleures conditions et de poursuivre notre développement », conclut Jean-Baptiste Stalder.

Marc Keller et Stéphane Lecomte

L’engagement et l’esprit d’équipe

Pratique

Publié le 18/12/2019

La CAC cherche à innover et proposer de nouvelles solutions à ses adhérents, dans un monde qui change très vite. Ce constat vaut pour tous les secteurs d’activité. « À l’armée, l’adaptation est rapide en termes de technologie. En dix années, le matériel a considérablement évolué. Il a donc fallu former les gens afin qu’ils sachent utiliser ces outils. Les militaires sont jeunes. Ils doivent s’adapter à ces technologies très modernes. Ils ont moins de six mois pour apprivoiser le matériel », indique Stéphane Lecomte.

S’adapter, les dirigeants du Racing Club de Strasbourg Alsace le font depuis 2012, année du dépôt de bilan. Le club est reparti au plus bas niveau national, dans le monde amateur, avant de retrouver le niveau professionnel, et cette saison, la coupe d’Europe. « Quel que soit le niveau, la somme des difficultés reste la même. On porte une responsabilité. Il faut valoriser un projet et le mener dans les meilleures conditions », assure Marc Keller. Le Racing, qui était un club important dans le monde amateur, a un budget tout juste correct chez les professionnels. « On est au plafond de ce qu’on peut faire. On essaie de tirer le meilleur potentiel de notre stade et de s’adapter au quotidien. » En quinze ans, le budget sponsoring est passé de 6 millions d’euros à 12 M€ ; les ventes de billets ont également été optimisées au maximum. « En tant que fils d’agriculteur, j’ai appris à avoir de vision à long terme. J’ai une patience et un recul qui sont nécessaires par rapport aux résultats sportifs. Cela me permet d’amener de la sécurité et d’avoir une vision large », ajoute Marc Keller.

« Chacun doit rester à sa place »

Ce travail est effectué en équipe. Cet état d’esprit ne vient pas tout seul. « Parmi les jeunes qui s’engagent à l’armée - 15 000 par an - très peu le font pour la France. C’est à nous de leur donner le goût du métier. Nous cultivons l’esprit guerrier mais les jeunes ont du mal avec cela. Pour les intégrer le mieux possible, nous faisons en sorte qu’ils s’identifient au régiment. » Les diables rouges sont installés depuis 100 ans à Colmar : « Il faut avoir la fierté de cette appartenance. » Stéphane Lecomte insiste aussi sur l’exemplarité des chefs, « pour avoir la confiance et la cohésion. Quand nous partons ensemble sur des opérations à l’extérieur pendant plusieurs mois, les soldats doivent être soudés autour d’un chef. La cohésion se fait naturellement. C’est ce qu’on peut appeler un esprit d’équipe ».

Chacun doit avoir et trouver sa place. C’est vrai à l’armée comme dans une équipe de football. « Dans un vestiaire, il y a 25 professionnels et seulement onze qui peuvent jouer. Il faut donc gagner sa place. Il y a une compétition collective et individuelle. Mais cette compétition doit se faire sainement afin de garder une cohésion collective. C’est là que les rôles de l’entraîneur et des dirigeants sont importants. Il est essentiel d’anticiper les problèmes. C’est également vrai dans le recrutement. Pour avoir des résultats dans la durée, il faut être bien organisé afin de faire les bons choix ensemble. Nous devons mettre les gens dans les meilleures conditions afin de progresser tous ensemble. », poursuit Marc Keller, qui a su fédérer autour de lui. Son projet repose sur trois piliers : être un club sain financièrement, avoir une gouvernance stable et apaisée, être un club ancré dans son territoire. « Le club avait besoin de sentir un territoire à fond avec son équipe. »

Discipline, écoute, accompagnement, innovation : des valeurs intangibles dans tout projet collectif à l’armée, dans un club de football ou dans une coopérative agricole, comme la CAC.

Cegar

Accompagnement et conseils aux adhérents

Vie professionnelle

Publié le 12/12/2019

L’association de gestion et de comptabilité exerce depuis plus de 28 ans dans la comptabilité, la gestion et le conseil. Elle accompagne aujourd’hui des dossiers pour l’ensemble du monde rural, mais également des artisans, des commerçants, des associations ainsi que des professions libérales. Elle intervient en matière de suivi et d’expertise comptable, de conseil fiscal, juridique et économique, mais aussi dans les domaines du social, de la création d’entreprise, de l’audit, de l’informatique et de la formation. « Nous accompagnons nos adhérents tant dans le suivi de leur comptabilité, que pour les différentes analyses de leurs comptes annuels. Ils bénéficient du conseil fiscal, social et juridique pour la création et la gestion de leur entreprise agricole, viticole et/ou commerciale », explique Christian Rellé, conseiller et responsable de l’antenne du Cegar à Obernai. Comme pour l’antenne d’Hattstatt dans le Haut-Rhin ou au siège à Rouffach, de nombreux dossiers concernent la viticulture.

« En raison du développement de l’activité d’Obernai, nous allons déménager au début de l’année 2020 à Bernardswiller dans des locaux plus spacieux. L’antenne compte aujourd’hui neuf salariés et une apprentie. Les assistantes comptables s’occupent de la saisie ou de l’intégration des écritures comptables, du pointage des comptes et de la déclaration de TVA. L’expert-comptable et les conseillers interviennent sur les dossiers pour finaliser les déclarations fiscales de l’entreprise, et surtout pour conseiller et accompagner l’adhérent dans son quotidien et dans les projets d’avenir », ajoute Christian Rellé.

À Obernai, le Cegar s’occupe d’environ 260 dossiers. 50 % concernent le milieu viticole. L’association fournit à ses adhérents les logiciels adaptés (Istea, un logiciel de comptabilité agricole commerciale, libérale, associative ; Gescom, un logiciel de gestion commerciale et viticole). Elle assure leur maintenance technique ainsi que l’assistance des utilisateurs. « Nous informons nos adhérents des nouveautés et évolutions réglementaires à travers une newsletter. Pour les employeurs de main-d’œuvre, nous proposons la gestion de fiches de paie de leurs salariés. Nous accompagnons également les adhérents dans toutes les obligations liées à l’embauche (contrats de travail, déclarations sociales) », précise Christian Rellé.

Une réflexion est en cours

La priorité de l’association se concentre sur le conseil. « Nous menons une réflexion commune avec nos adhérents. Nous ne leur imposons rien. Mais, nous co-construisons leurs dossiers afin qu’ils soient les plus réactifs et efficaces possible. Nous accompagnons celles et ceux qui en font la demande sur des sujets variés tels que le calcul et l’analyse des marges. Nous conseillons nos adhérents pour une optimisation fiscale et sociale en réfléchissant au statut des personnes de la famille. Nous les aidons et les sensibilisons sur le fait de renforcer le statut du conjoint. La réflexion englobe l’ensemble de la famille. L’idée est toujours de valoriser et d’optimiser le budget dépensé, tant au niveau social que fiscal », indique Christian Rellé. Enfin, le Cegar propose à ses adhérents un accompagnement sur la transmission de leur patrimoine en utilisant les outils disponibles pour optimiser la succession.

Le Cegar a un appui « extérieur » avec le Ciceva (Centre interprofessionnel conseil à l’entreprise viticole) pour la partie juridique et notamment le conseil en matière de création de société et le suivi des évolutions de la société (changement d’associé, modification de la structure, etc.). Un autre outil important concerne la comptabilité analytique. Elle permet d’affiner le conseil. « Nous analysons les résultats obtenus en distinguant par exemple le prix de revient fiscal et le prix de revient économique », poursuit Christian Rellé.

Afin d’améliorer encore davantage ce travail et ce partenariat avec les adhérents, une réflexion est en cours pour créer un groupe de travail viticole dont l’objectif serait d’échanger sur le fonctionnement des uns et des autres. « Nous avons débuté avec un groupe de céréaliers avec une réunion au printemps 2019 sur les résultats de la dernière campagne. Nous avons comparé les résultats économiques, les rendements, les marges, les itinéraires de culture. Si on veut progresser, il faut discuter et échanger en commun. À nous d’impulser cette dynamique dans le milieu agricole et viticole », conclut l’équipe d’Obernai.

518e Sainte Catherine à Altkirch

Une foire ancrée dans son territoire

Pratique

Publié le 26/11/2019

Entourée du maire et conseiller départemental d’Altkirch Nicolas Jander et d’autres élus locaux, Brigitte Klinkert a parcouru pendant une heure les allées de la foire, juste après avoir visité la nouvelle caserne des sapeurs-pompiers. Brigitte Klinkert pense être venue pour la première fois à cette Sainte Catherine. « Je m’y suis peut-être rendue, enfant, emmenée par mon père. Mais, je n’en ai pas de souvenirs précis. Là, l’occasion s’est présentée. J’étais curieuse de découvrir cette manifestation. C’est une foire qui est ancrée dans son territoire. Elle témoigne de son attractivité et de la ruralité de ce dernier. Même si cette foire n’est plus agricole, les agriculteurs sont fort heureusement toujours présents. L’agriculture et la viticulture représentent une part importante dans la vie économique de notre Alsace. Et des événements comme cette Sainte Catherine font vibrer l’âme de notre Alsace. On y ressent toute une tradition », explique Brigitte Klinkert.

Une tradition qui a été respectée. Comme chaque année, la place Xavier-Jourdain, dite de la Halle au Blé, a été investie par les concessionnaires agricoles et l’avenue Clémenceau par les partenaires du monde agricole. En revanche, on a bien observé un nombre de stands moins importants. « Il ne faut pas rêver. On ne reviendra plus aux 600 exposants. Là, nous sommes autour de 360 stands. Il y a de nombreux fidèles et quelques nouveaux », témoigne Sébastien Murer, chef de la police municipale. Parmi ces nouveaux, Serge Obrier, venue d’Issoire en Auvergne. « On m’a parlé de cette foire alors je tente. Je propose du saucisson qui est un produit très spécifique dans ma région. Je tente de faire une dizaine de foires chaque année. Certaines sont très intéressantes », précise le marchand. Recroisé quelques heures plus tard alors que la nuit commence à arriver, il se félicite de la journée. « Cela valait le déplacement. Si le matin a été très calme, j’ai réussi à faire pas mal de vente ensuite. Sufisamment en tout cas pour me faire un chiffre d’affaires pertinent. Je compte revenir l’an prochain », ajoute-t-il.

Échanger et communiquer

Moins de stands donc, mais toujours autant de monde. Les gens aiment la Sainte Catherine d’Altkirch. Une nouvelle fois, les parkings étaient pleins aux abords de la manifestation. Paul Hoffer, agriculteur installé dans la capitale du Sundgau, a prêté la vaste cour de sa ferme aux visiteurs cherchant à se garer. « Je le fais tous les ans. Il y a ici de la place. Une soixantaine. Nous, les agriculteurs, nous sommes toujours là quand il le faut. Je ne demande rien. Je le fais toujours avec plaisir », précise le professionnel.

À noter cependant que l’on prend de moins en moins congés une journée entière pour venir à la manifestation. « C’est vrai que c’était très calme ce matin et que ça bouge bien davantage ce soir », constate cet éleveur de chevaux venu comme tous les ans de Poussay dans les Vosges. « Je n’ai pris que l’après-midi en effet. La foire, c’est l’occasion de venir en famille et de rencontrer des amis que l’on voit très rarement pendant l’année. Cette fois, il y a davantage d’animaux. C’est sympa pour les enfants », se félicite Yves, domicilié à Landser. Chevaux, poneys, poules, brebis et autres lapins et coqs étaient en effet bien présents au bas de la place Xavier-Jourdain.

Un peu plus loin, la mutualité sociale agricole était en pleine campagne de communication à l’approche des élections de janvier 2020. Tout comme les nombreux partenaires du monde agricole. À commencer par la Chambre d'agriculture d’Alsace. Un stand qui permet aux agriculteurs de se retrouver. C’est l’occasion de croiser deux « Catherinettes » : Virginie Jaegy, agricultrice de Largitzen et Marine Muller, pompier professionnel à Lyon native de Strueth. Un rapide retour sur la place Xavier-Jourdain. En ce milieu de journée, les concessionnaires agricoles rencontrent leurs fidèles clients entre les tracteurs et autres matériels agricoles exposés. « Nous faisons de la communication. La Sainte Catherine, c’est l’occasion d’échanger en toute convivialité », conclut Laurent Fuchs de chez Alsaterr à Dannemarie.

Groupe Haag - Agri Sud à Walheim

« Être présent à la foire Sainte Catherine est une évidence »

Technique

Publié le 20/11/2019

L’exposition de matériel va concerner la partie agricole mais également les espaces verts pour lesquels l’entreprise possède la carte depuis trois ans. « Nous allons présenter l’ensemble de la gamme. Des gros tracteurs jusqu’à la petite tondeuse. Nous allons également mettre en valeur les produits Lemken que l’on commercialise pour le travail du sol. Notre cœur du marché reste le vibro, la charrue, le déchaumeur ou encore le semoir. Altkirch est une foire ancestrale toujours importante. À cette époque de l’année, généralement, les travaux sont terminés. C’est donc l’occasion de se retrouver en toute convivialité. Comme à Habsheim, il faut être présent. Nous ne faisons pas de vente ce jour-là, mais nous échangeons beaucoup avec les clients que nous rencontrons », explique Nicolas Deville, commercial au sein du groupe Haag, en charge du Sundgau et d’une partie du Territoire de Belfort. Cette clientèle explique le choix du groupe d’avoir implanté Agri Sud dans le Sundgau. Tout d’abord à Altkirch. Puis, dans la zone artisanale de Walheim. « Nous sommes ici à une heure de route de la frontière suisse et du Territoire de Belfort. C’est l’épicentre de notre secteur d’activité », ajoute Nicolas Deville.

Quatre halls

Dans ce vaste bâtiment travaillent deux personnes au magasin, un chef d’atelier, deux mécaniciens pour l’espace vert, quatre mécaniciens pour l’agricole et des apprentis. Il y a là un grand hall « libre-service ». Il est ouvert tous les jours de la semaine. « Il rencontre un vrai succès. Nos clients profitent de leur passage pour faire le tour des lieux. Pour les prochaines fêtes de Noël, nous allons proposer des jouets, des produits agricoles en miniature. Chaque année, cela marche très bien. C’est très apprécié », se félicite Nicolas Deville. Derrière ce hall, il y a l’atelier puis le hall consacré aux machines des espaces verts. Dans le quatrième et dernier hall, on trouve du consommable comme des filets, de l’huile ou différentes pièces. Il y a enfin une vaste cour qui permet d’exposer du matériel et de mettre en valeur les produits du groupe. « Pour ma part, je parcours les routes du Sundgau et du Territoire de Belfort. Je vais à la rencontre des clients. Les trois quarts sont éleveurs ou en polyculture élevage. Nous sommes ici dans une zone bien spécifique avec également de nombreux doubles actifs. C’est aussi la raison pour laquelle nous vendons un peu plus de matériel d’élevage », précise Nicolas Deville. Le site est ouvert toute l’année et assure des permanences à des moments spécifiques.

Aurélie Ruetsch

Itinéraire d’une fleuriste passionnée

Pratique

Publié le 19/11/2019

Depuis l’enfance, Aurélie Ruetsch voulait devenir fleuriste. Elle se souvient qu’elle s’amusait dans les serres de l’entreprise de son père. C’est donc naturellement qu’elle a emprunté cette voie de formation. Après avoir réussi son CAP de fleuriste, elle a obtenu son brevet professionnel puis son brevet de maîtrise. « Ce que j’apprécie dans ce métier ? La diversité des fleurs, leurs formes, leurs couleurs. Cette variété et cette immensité touchent à l’émotion. Ce métier est avant tout une passion. Je n’arrive pas à rester derrière un bureau », explique Aurélie Ruetsch.

En 2009, la jeune femme a rejoint l’entreprise familiale qui existe depuis 1987 pour sa partie horticole, et depuis 1992 pour « Sundgau Fleurs ». C’est son père, Jean-Luc Ruetsch qui a développé ce remarquable outil de travail. À Illtal, on trouve un magasin de vente de 110 m2 et pas moins de 1 500 m2 de serres et de tunnels. La production, la vente et le développement de l’entreprise concernent désormais toute la famille Ruetsch. Le magasin marche très bien. « Nous avons une belle clientèle locale, des clients originaires de l’ensemble du Sundgau, mais également de la région de Saint-Louis et de Mulhouse. Ce sont souvent des gens fidèles, des habitués. Mon père est également présent au marché d’Altkirch le samedi matin depuis plus de 25 ans. Il est membre de l’association « Terroir du Sundgau » qui s’occupe de ce marché. Pour ma part, je suis arrivée sur l’entreprise il y a déjà dix années », ajoute Aurélie Ruetsch.

Meilleure ouvrière de France ?

Créatrice, passionnée et ambitieuse, elle a toujours voulu faire des concours pour aller plus loin dans son métier, se confronter aux autres, faire passer ses messages floraux. « Je pense avoir évolué positivement grâce à à ces concours. Il ne faut jamais rester dans sa « bulle ». Il faut sortir de sa zone de confort. Fleuriste, c’est un métier qui bouge tout le temps. Il faut donc chercher à découvrir les nouvelles tendances », avoue Aurélie Ruetsch.

Son premier concours (et sa première victoire) date de 2007. Depuis, elle a souvent multiplié les places d’honneurs. Du 4 au 7 octobre 2019, elle s’est donc rendue à Tours pour participer à cette finale du championnat de France des fleuristes. « Nous étions dix finalistes. Huit hommes et deux femmes. Je n’étais pas très optimiste sur mes chances. Dans ce métier, techniquement et esthétiquement, les hommes sont souvent bien meilleurs. Je pense que c’est ma détermination qui a fait la différence. D’autant plus que les années précédentes, à Reims, j’avais obtenu le bronze et à Mulhouse l’argent. Je voulais cette fois l’or, et au minimum l’argent », raconte la jeune fleuriste.

La compétition n’a pas été simple avec sept épreuves « surprise » et deux autres où les participants devaient ramener leurs pièces. Il s’agissait d’un lustre sur le thème de la renaissance et un autre, semi libre, avec la Joconde revisitée. « Sur ces quatre journées, il y a eu pas de moins de 25 heures d’épreuves dont six heures la première après-midi. Cela s’est bien passé. J’ai bien été aidée et soutenue par mon père. Quand j’ai été citée à plusieurs reprises pour les prix spéciaux, j’ai commencé à reprendre confiance pour le titre. Même si cela ne veut pas forcément dire grand-chose. Ensuite, quand on me décerne ce titre, je suis évidemment ravie et heureuse. C’est la récompense de tant d’années de travail. Mais, ce n’est pas fini. Je considère que cette coupe de France était un entraînement pour le concours du meilleur ouvrier de France qui se déroulera en 2021 », poursuit Aurélie Ruetsch. Désormais, elle a ce nouveau concours en tête. Elle le prépare tout en poursuivant le développement de l’entreprise familiale. « Nous avons d’ailleurs un projet ici à Illtal. Nous avons trouvé un terrain au bord de la route à Oberdorf. Nous allons y installer un nouveau magasin de vente remis au goût du jour. Et, à l’arrière, il y aura des serres de vente. La production, elle, va rester sur le site actuel. Nous serons encore plus visibles. Et encore plus proches de nos clients que nous pourrons encore mieux conseiller et servir avec du self. L’objectif est de réaliser ces travaux pour 2021 », conclut Aurélie Ruetsch. 2021, une nouvelle année décisive pour cette jeune femme passionnée et heureuse avec ses fleurs.

Jeudi 21 novembre à Altkirch

La 518e foire Sainte-Catherine

Pratique

Publié le 18/11/2019

Pour accueillir les 15 000 à 20 000 visiteurs attendus comme chaque année à la traditionnelle foire Sainte-Catherine, les services de la mairie d’Altkirch ont travaillé depuis plusieurs semaines au dispositif de sécurité. Un dispositif qui prévoit dès le matin l’accueil et l’orientation des exposants avec un point de filtration situé à l’angle des rues de Givet, Saint-Morand et du 3e Zouaves. Dès 4 h 30 du matin, heure à laquelle arriveront les premiers exposants qui représentent cette année près de 400 stands, une équipe d’agents municipaux sera en place. Sur la journée, l’ensemble de l’effectif des policiers municipaux, les deux agents de surveillance de la voie publique, une quarantaine d’agents communaux ainsi que les gendarmes et les pompiers du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) seront mobilisés.

Pour le public, les accès piétonniers à la foire ont été limités à sept entrées qui se situeront à la rue du Saegeberg (rond-point de la piscine), aux rues des Jardins/des Vallons (médiathèque), au carrefour des rues du 2e Cuirassiers, de Ferrette et de Hirtzbach (service des impôts), à l’intersection des rues du Roggenberg et du Panorama, à l’angle des rues de Givet, Saint-Morand et du 3e Zouaves, à l’angle des rues Gilardoni et des Alliers (en venant de la gare), à l’angle de la rue de France et de la route de Carspach. « À chacune de ces entrées, une fouille visuelle des sacs sera réalisée par deux agents de sécurité. Des véhicules communaux seront stationnés aux points d’accès des secours afin de faciliter leur entrée dans la foire. Les visiteurs pourront stationner sur les parkings situés aux abords du centre-ville. Si la météo est favorable, nous attendons toujours beaucoup de monde. C’est une manifestation qui reste appréciée et ancrée dans le territoire », souligne Didier Lemaire, adjoint au maire d’Altkirch chargé de la sécurité.

400 exposants

Tous les ans, presque à la même date, c’est en effet l’effervescence dans la capitale du Sundgau. À quelques jours du 25 novembre, jour de la fête de la Sainte Catherine, où l’on met à l’honneur les catherinettes. La date est facile à retenir : c’est toujours le jeudi qui précède le 25 novembre qu’est organisée cette manifestation. Ces dernières années, chevaux, volaille, tracteurs, habits et autres stands en tous genres animés par les associations locales se côtoient. Chaque année également, la place Xavier-Jourdain, dite de la Halle au Blé, est prise d’assaut par les exposants agricoles. « Comme à Habsheim pour la foire Simon et Jude, il faut être présent à la Sainte Catherine d’Altkirch. C’est l’occasion de rencontrer nos clients et d’échanger en toute convivialité », assurait l’an passé Nicolas Soehnlen toujours présent pour promouvoir la marque Lemken.

La foire, une des plus anciennes d’Alsace dans le domaine agricole, a cependant évolué. « Au départ, c’était un marché aux bestiaux. Le secteur agricole est resté en cœur de foire, en l’occurrence sur la place Xavier-Jourdain et avenue Clémenceau. Le reste des stands étant plus dans le style des marchés annuels », souligne Sébastien Murer, responsable de la police municipale. Les visiteurs peuvent en effet déguster manalas, vins chauds et chocolats chauds, à quelques semaines de l’ouverture de la forêt enchantée d’Altkirch.

À noter cependant, qu’une baisse du nombre des stands semblait se profiler à quelques jours de la date de la manifestation. « Tout va également dépendre de la météo. Mais, nous avons fait le point à la date du 13 novembre. il y avait 325 inscriptions définitives. Il y en a toujours une cinquantaine qui se rajoute jusqu’au jour J. Et, encore une trentaine le jour même », observe Didier Lemaire. Du côté de l’avenue Clémenceau, les entreprises et organismes liés au monde agricole seront fidèlement présents. Ce sera le cas de la Chambre d'agriculture Alsace, des organismes stockeurs comme la Coopérative agricole de céréales, les établissements Walch, Ambruster, les coopératives laitières ou encore les organismes sociaux comme la Mutualité sociale agricole. Cette dernière prépare les élections de ses élus en janvier 2020. Guichet unique de protection sociale, la MSA gère la santé, la famille, la retraite de ses cotisants. Elle apporte des services à la dépendance, aux situations de handicap ou aux besoins de vacances des professionnels. Un élu MSA est un délégué cantonal qui représente et participe à l’animation des adhérents de la MSA dans son territoire. Les délégués cantonaux sont des salariés, actifs ou retraités des exploitations et des organismes professionnels agricoles (Crédit Agricole, Groupama, MSA, coopératives, exploitations, etc.).

Bien évidemment, votre journal agricole sera comme chaque année présent sur son stand commun avec Isagri. L’occasion de nous retrouver à l’emplacement habituel, en bas de la place Xavier-Jourdain en direction de l’avenue Clémenceau.

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