Philippe Hoffstetter, éleveur de race Holstein à Largitzen
« Transmettre ce que j’ai appris »
Philippe Hoffstetter, éleveur de race Holstein à Largitzen
Élevage
Publié le 24/10/2019
Philippe Hoffstetter, qui est associé avec son frère Michel sur l’exploitation familiale à Largitzen, a toujours été un passionné de génétique, de morphologie des vaches et de concours. La Holstein, c’est la race qui le séduit : « Nous avons des Holstein depuis toujours. Des noires et des « Red ». Avec cette race, les veaux sont plus faciles à élever. La morphologie des vaches est également plus séduisante. Elles sont plus féminines. Ce sont des vaches souvent bien plus dociles que les autres », raconte Philippe Hoffstetter.
L’école des jeunes présentateurs
Il participe depuis de nombreuses années à des concours de présentation d’animaux. Il a d’abord été un fidèle d’Eurogénétique à Épinal. Puis, il a rejoint le concours de Habsheim en 2004. « À l’époque, le fils de Michel a suivi une formation de clippage. Ensuite, on s’est lancé dans l’école des jeunes présentateurs. Je suis également devenu membre du Club Holstein 68. La machine était lancée. Dès les débuts de mon engagement, mon souhait a été de transmettre ce que j’avais appris dans cette formation même si je n’étais déjà plus à l’époque dans la tranche d’âge souhaitée », explique Philippe Hoffstetter. Aidé d’autres éleveurs et de Bernard Vergely, enseignant au lycée agricole de Rouffach, il participe au développement de cette école qui va voir passer de nombreux futurs jeunes éleveurs, mais également de simples passionnés des concours.
Plus de cent jeunes ont été formés : « Les premières années, forcément, je connaissais beaucoup de participants. Nous en avons reçu une quinzaine sur l’exploitation. De belles amitiés et relations professionnelles sont nées. Notamment des jeunes qui reviennent ensuite ou qui appellent pour prendre des nouvelles. Je pense notamment à Andrea Resch qui est actuellement en apprentissage dans le Bas-Rhin, mais également à Guillaume Cecere. Ce sont de belles histoires », témoigne Philippe Hoffstetter. Il estime que cette école des jeunes présentateurs est une bonne école pour acquérir une formation de base et une porte d’entrée dans le monde de l’élevage.
Une bonne préparation
Cette année, Philippe Hoffstetter compte être présent au sein de l’équipe des bénévoles pour préparer la manifestation et monter le chapiteau qui servira de cadre au concours et à la présentation des vaches. Lors des deux journées de la foire, il sera également présent pour s’occuper des animaux. « En tant qu’ancien formateur, j’estime qu’il faut être présent. Habsheim est une manifestation importante. C’est l’image du monde agricole régional. C’est un moment où l’on se retrouve entre éleveurs et où l’on peut oublier tous les tracas de notre profession. Nous parlons des vaches, de nos vaches », poursuit Philippe Hoffstetter.
Concernant le concours de présentation d’animaux, il compte inscrire plusieurs vaches et génisses. « J’estime qu’il faut participer. Nous n’y allons pas en étant ambitieux. Nous espérons toujours un titre. Mais, nous savons que sur de tels concours, il y a des « leaders » qui investissent bien davantage que nous dans la qualité des vaches présentées. C’est une bonne chose. Il faut se servir de leur réussite pour prendre exemple. Notre exploitation est dans le deuxième wagon. Nous cherchons à obtenir des prix. Chaque éleveur doit se sentir concerné. Chaque éleveur a un bon animal chez lui. Le tout est de le découvrir et savoir le reconnaître. Généralement, on choisit l’animal qui est docile. Et pas celui qui le sera après un travail de préparation. C’est l’erreur qu’il ne faut pas commettre », prévient l’éleveur.
Actuellement, avec ses enfants qui présenteront les vaches et génisses, il prépare ses animaux. « Quand il arrive sur le lieu de concours, l’animal est stressé. Il faut donc lui laisser un temps d’adaptation et le laisser quelques heures grignoter du foin. Il faut ensuite l’alimenter pour qu’il soit optimum à l’heure où il doit défiler. La semaine précédente du concours, on nourrit les animaux de la même façon que lors de la manifestation où nous emmenons aussi notre alimentation. Ce temps de préparation dure tout le mois d’octobre », précise Philippe Hoffstetter. À Largitzen, un box spécifique à l’intérieur et à l’extérieur est ainsi dédié aux animaux. Ensuite, l’éleveur et les jeunes qui présentent apprennent à marcher avec les vaches et génisses. « La dernière semaine avant Habsheim est la plus importante. On effectue les derniers réglages », conclut Philippe Hoffstetter.












