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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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FDSEA - Canton de Dannemarie

Les portes grandes ouvertes au Gaec du Moulin

Vie professionnelle

Publié le 29/08/2019

Francis Messerlin s’est installé sur l’exploitation familiale dès 1984 en association avec son père Bernard. Son frère, Sylvain, les a rejoints en 1989. Les deux frères désormais associés, aidés de salariés à temps partiel et de quelques aides familiaux, assurent les travaux et la pérennité de la ferme.

 

 

On y trouve tout d’abord un élevage de 150 vaches laitières de deux races : Holstein (60 vaches) et Montbéliarde (90 vaches), 180 génisses et 130 mâles, de 0 à 24 mois. Soit un total de 460 animaux sur l’exploitation. « Les deux races ont toujours été présentes sur la ferme. Elles produisent 1 300 000 litres de lait livré à la coopérative laitière Sodiaal. Les femelles laitières sont gardées pour le renouvellement. Les mâles ainsi que les femelles croisées race à viande (bleu blanc belge) sont engraissés », explique Francis Messerlin.

La production laitière a démarré lorsque la première activité de la ferme s’est terminée. « À la base, ici, c’était un moulin (d’où le nom du Gaec du Moulin). À l’époque, les gens faisaient leurs pains chez eux et venaient laisser moudre leur blé pour faire leur farine ici. Mais, en 1956, tous les blés ont gelé. Les consommateurs ont commencé à prendre l’habitude d’aller dans les boulangeries », raconte Sylvain Messerlin.

Aujourd’hui, les vaches laitières sont logées dans une étable qui a été modernisée avec robots de traite et logettes. Il y a également une étable pour les génisses et les taurillons (3 à 10 mois), une étable pour les veaux (0 à 3 mois), une étable pour les taureaux (10 à 24 mois, un atelier qui a démarré en 1995), mais également deux hangars de stockage pour le fourrage et la paille, un appentis de stockage de matériel et quatre silos (un pour l’ensilage de maïs, une pour les drêches de brasserie et deux pour l’ensilage d’herbes).

Concernant les cultures, l’exploitation occupe une surface agricole utile de 215 hectares. La famille Messerlin produit du blé sur 50 hectares, de l’orge sur 7 hectares, du maïs sur 115 hectares et compte 43 hectares d’herbe (10 ha de prairie temporaire et 33 ha de prairies permanentes). Il y a également des inter-cultures qui permettent de produire sur 3,5 hectares des navets salés. Ils sont livrés à la choucrouterie Claude de Chavannes-sur-l’Etang. La production moyenne se situe entre 150 et 160 tonnes. À noter que le Gaec du Moulin est officiellement né en 2007. Il résulte de l’association du Gaec Messerlin et de l’exploitation Hinderer.

Une volonté de communiquer

La ferme se situe au cœur de Wolfersdorf. C’est encore l’une des rares exploitations à produire du lait dans un village. Forcément, cela pose des difficultés. « Les contraintes sont évidentes. Pour pérenniser l’exploitation, la moitié de nos bâtiments est désormais à l’extérieur de la commune. Nous parlons notamment du bâtiment pour les taurillons, celui pour les génisses, mais également pour le matériel ainsi que les silos d’ensilage. C’est de plus en plus compliqué de pouvoir travailler dans un village. Ici, il y a la maison d’habitation évidemment, et les bâtiments pour les vaches laitières et les veaux. Cette spécificité, nous y tenons. C’est aussi pour cela que nous avons accepté de recevoir cette ferme ouverte. L’idée est de montrer ce que nous faisons, comment nous travaillons. Cette exploitation à une histoire que nous tenons à raconter et à montrer », soulignent Francis et Sylvain Messerlin.

Autre volonté affichée : communiquer. « L’objectif est de faire venir ici la population et les élus locaux. L’idée est venue au départ de Denis Nass. En tant qu’élu local, il a eu l’information de la venue d’une péniche aux couleurs de la région Grand Est. Dès le 29 août, différentes animations seront proposées sur le canal qui est riverain de cette ferme. L’agriculture étant un secteur économique important dans notre secteur, nous avons alors eu l’idée de proposer cette ferme ouverte en lien avec les autres manifestations proposées. Le site est pertinent puisque les vaches pâturent entre la ferme, le canal et le port nautique où se trouvera la péniche », argumente Vincent Dietemann, président de la FDSEA du canton de Dannemarie.

 

 

Lors de cette ferme ouverte, il sera possible de visiter l’exploitation, de recevoir différentes informations sur son fonctionnement et de déjeuner sur place.

JA - Canton de Lapoutroie/Sainte-Marie-aux-Mines

Ferme ouverte sur l’agriculture de montagne

Vie professionnelle

Publié le 22/08/2019

Située au-dessus de Lapoutroie, à 730 mètres d’altitude, cette exploitation laitière familiale transforme 100 % de sa production. Cyril Desaga, 34 ans, s’est installé en septembre 2009. Il est la quatrième génération à s’occuper de la ferme. L’année passée, il a transformé 300 000 litres de lait, soit 38 tonnes de fromage. Une partie est vendue à une entreprise à Wittenheim. Une autre est transformée en tomme et en blanc Munster que l’exploitation affine et commercialise. Le cheptel est composé d’une quarantaine de vaches de deux races, Holstein et Montbéliarde, et des croisées des deux races. « Historiquement, nous n’avions que des Holstein. Mais, je vais passer le troupeau exclusivement en Montbéliarde à l’avenir car c’est une race plus facile à valoriser tant pour la suite que pour les veaux. Et j’ai personnellement de l’affection pour la vache Montbéliarde. C’est un argument supplémentaire », sourit Cyril Desaga.

L’exploitant est seul sur l’exploitation même s’il est toujours aidé par ses parents retraités et par un apprenti, Antoine Baradel, son futur associé (voir encadré). L’éleveur travaille sur soixante hectares. Ce sont exclusivement des prairies naturelles situées autour de l’exploitation. « La parcelle la plus éloignée est à six kilomètres. Nous avons aussi des pâtures sur Sainte-Marie-aux-Mines sur quinze hectares où nous mettons les génisses. Un exploitant s’est arrêté il y a une dizaine d’années. Nous avons eu l’opportunité de louer ses terrains. Daniel Obliger et ses fils ont accepté de s’en occuper et de rester sur place », précise Cyril Desaga.

Animer le canton

Après une première expérience en 2011, Cyril Desaga a accepté d’ouvrir une seconde fois son exploitation pour une ferme ouverte qui devrait attirer du monde. « J’ai été président des Jeunes agriculteurs du canton de Lapoutroie/Sainte-Marie-aux-Mines jusque très récemment, et ce depuis 2014. Désormais, je suis vice-président de la FDSEA Montagne pour le canton. C’est Julien Baradel (frère de son futur associé Antoine) qui lui a succédé à la présidence des JA. « Cette ferme ouverte, c’est l’occasion de parler de l’agriculture de montagne, de communiquer, de montrer notre savoir-faire et encore d’animer le monde rural. C’est l’occasion de faire découvrir l’exploitation. Il y aura également un marché paysan avec des producteurs du secteur. Bien évidemment, il sera possible de déjeuner sur place avec des grillades. Nous voulons pérenniser le dynamisme actuel de la montagne impulsé par les jeunes agriculteurs », poursuit Cyril Desaga. Car, même s’il est difficile d’exploiter dans ce parcellaire accidenté et ces terrains en pente, l’ex-président des JA comptait il y a encore cinq ans 115 exploitations environ sur les dix communes du canton.

« Pour pérenniser nos exploitations, nous multiplions les animations. Cette année, dans le cadre de l’opération « Tellus », nous sommes intervenus à l’école d’Orbey avec ensuite une soirée tarte flambée chez Ange Loing à Hachimette. Nous avons également effectué quatre interventions avec le périscolaire de Lapoutroie sur quatre types d’exploitations. L’idée était de montrer aux enfants la diversité de ce que l’on peut faire en agriculture de montagne. Nous avons également organisé une ferme ouverte à la fonderie à Sainte-Marie-aux-Mines, tenu un stand à la fête du Munster à Lapoutroie et participé à des actions syndicales, ici en montagne et ailleurs dans le département. Nous essayons d’être représentés à chaque fois », précise en conclusion le nouveau président des JA du canton, Julien Baradel.

Concours départemental de labour

Gaëtan Koegler et Pierre Heymann vainqueurs !

Technique

Publié le 21/08/2019

Avec quinze participants (dix dans la catégorie labour à plat et cinq dans celle labour en planches), cette édition 2019 du concours départemental de labour peut être qualifiée de bon cru. Le talent et la motivation n’attendent pas les années. Deux laboureurs, trop jeunes, ont ainsi été autorisés à participer à la manifestation, mais sans être classés officiellement. Il devait même y avoir un seizième participant. Mais, ce dernier a cassé sa charrue la veille au soir.

« Dans le sud du Haut-Rhin, il y a toujours eu une bonne participation. C’est agréable d’observer une telle mobilisation. Cela montre une nouvelle fois l’intérêt d’un tel concours, sa pertinence, cette tradition à faire perdurer. Après, tout dépend également de la météo. Nous ne refusons personne », explique le président du jury, Claude Gretter. C’est lui également un fidèle de la manifestation puisqu’il occupe cette responsabilité depuis plus de dix années. « Nous sommes une bonne équipe et c’est normal de donner un coup de main aux plus jeunes. Nous sommes douze. Notre principale mission est de donner des conseils aux participants. Nous ne sommes pas là pour les pénaliser », ajoute Claude Gretter. Les membres du jury travaillent en binôme. « Chacun note en fonction d’un barème bien établi en répondant à des questions précises et en faisant ses propres observations. Ensuite, à l’issue du concours, nous faisons une synthèse et nous établissons un classement. Pour ma part, en tant que président, je veille au bon déroulement de l’épreuve. Je suis là pour répondre aux interrogations des candidats. Cette année, ils sont demandeurs de nombreuses précisions. Cela montre qu’ils sont motivés et qu’ils ont envie de progresser », se félicite Claude Gretter.

Les habitués et les nouveaux

En matinée, le concours a débuté par le tracé du sillon d’ouverture. C’est alors l’occasion d’effectuer de nouveaux réglages sur les machines, de recevoir les derniers conseils. Il a deux sortes de participants. Tout d'abord, ceux qui sont habitués et déjà confirmés. Ils sont venus avec un matériel solide et adapté à une telle compétition. Ils sont clairement présents pour faire un résultat. Il y a également les nouveaux. Ceux pour qui ce concours est une première et pour qui l’essentiel est de participer. Le matériel est souvent plus rudimentaire.

Le public est venu en grand nombre assister au travail des laboureurs. C’est par exemple le cas des grands-parents de Julien Ehrsam. « Il est passionné et était déjà présent l’année dernière. Nous venons pour le soutenir et le suivre. En toute simplicité », affirme le couple lui également passionné. Parmi les participants, il y a deux demoiselles : Florine Wira présentée ICI et Frédérique Kempf. Pour cette dernière, comme pour sa camarade, il s’agit également d’une première. « Je suis présente pour essayer et pour apprendre. C’est intéressant, mais parfois complexe. J’écoute et j’observe beaucoup. La passion est là », confie la jeune femme.

Deux participants bien préparés

À l’issue de deux heures de travail, les participants peuvent quitter leurs tracteurs et retrouver un peu de calme. Le jury se retire pour délibérer. Sans surprise, ce sont les deux candidats les plus expérimentés qui s’imposent : Gaëtan Koegler dans la catégorie labour à plat et Pierre Heymann dans celle labour en planche. Ce dernier est un habitué des podiums. Il s’était déjà imposé en 2016 et avait pris la seconde place l’année passée. Pour Gaëtan Koegler (présenté ICI), sa bonne préparation, son matériel, sa passion et le travail de précision effectué dimanche ont payé. « Jusqu’à présent, son travail est très intéressant. Il est bon. Il applique aujourd’hui le même sérieux que tout au long de l’année sur l’exploitation », a commenté dans l’après-midi Mathieu Ley, son patron au Gaec des Rivières à Gommersdorf venu à Dietwiller l’encourager.

Ces deux participants bien préparés vont donc prendre la direction de la Haute-Marne pour une compétition régionale qui s’annonce disputée. La remise des prix dirigée par la présidente des jeunes agriculteurs du canton de Sierentz/Huningue Émilie Schmitt s’est ensuite déroulée en présence de nombreuses personnalités au premier rang desquelles le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Denis Ramspacher, le président de la FDSEA du Haut-Rhin Pascal Wittmann, le conseiller régional Laurent Wendlinger, le maire de Dietwiller Christian Frantz et la membre du conseil d’administration de la mutualité sociale agricole (MSA) Marie-Madeline Gnaedig qui ont tous pris la parole pour saluer et féliciter les jeunes laboureurs.

Gaëtan Koegler de Ballersdorf

Soutenir ceux qui se bougent

Technique

Publié le 14/08/2019

Passionné par le métier, ses hommes, ses cultures, les tracteurs n’ont aujourd’hui plus de secret pour Gaëtan Koegler. Pourtant, le jeune homme n’est pas issu du milieu agricole. Après le collège, il fait rapidement le constat, en faisant en BEP tourné vers l’hôtellerie, qu’il n’a pas choisi le bon chemin. Il revient rapidement vers son principal centre d’intérêt. « J’ai tout d’abord fait un bac pro agricole déjà en lien avec le Gaec des Rivières. Ensuite, j’ai réussi mon BTP production végétale. Depuis deux années, je suis toujours au Gaec des Rivières, mais cette fois en tant qu’ouvrier agricole », explique le jeune homme. Il apprécie ce début de vie professionnelle. Il estime avoir trouvé un patron et des collègues intéressants, qui vont de l’avant et qui, comme lui, sont passionnés. « Nous avons d’ailleurs un projet de méthanisation. Le dossier évolue favorablement. C’est un nouveau challenge qui s’annonce prometteur », se félicite le jeune homme.

Travailler proprement et droit

Celui qui assure également des gardes chez les sapeurs-pompiers a décidé de participer pour la première fois à un concours de labour, organisé par les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin. « Un ami, Maxime Enderlin, l’a fait à plusieurs reprises. Cette année, il n’a pas voulu s’inscrire, mais m’a motivé. Il m’a convaincu en sachant qu’il sera avec moi comme commissaire. C’est une belle expérience », commente Gaëtan Koegler. Bien évidemment, pour une première participation, il part un peu dans l’inconnu. « Cela a tout d’abord été difficile de trouver une charrue adaptée à cette épreuve. La première était trop usée. La seconde devrait convenir. Depuis quinze jours, je m’entraîne trois fois par semaine après le boulot. La principale difficulté pour le moment est de travailler proprement et de faire un labour bien droit. Mais, je ne m’inquiète pas. D’une part, je n’ai pas d’ambition si ce n’est de participer. Et d’autre part, je constate qu’après chaque nouvel entraînement, je m’améliore », se satisfait Gaëtan Koegler. Il se réjouit de vivre cet événement agricole. « Il y a le concours évidemment. Mais, il y a surtout toute cette fête agricole organisée par les jeunes agriculteurs. C’est bien ce qui se passe. J’aime ces manifestations traditionnelles qui perdurent dans le temps. Les gens râlent quand il ne se passe rien. Alors quand d’autres se bougent pour organiser des choses, il faut les soutenir et venir », conclut Gaëtan Koegler.

Florine Wira de Bettendorf

Prendre du plaisir

Technique

Publié le 14/08/2019

Domiciliée à Bettendorf, Florine Wira est intéressée depuis longtemps par le monde agricole. Après un Bac STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) à Rouffach, elle s’est dirigée vers un BTS ACSE (analyse et conduite de systèmes d’exploitation). Son apprentissage à Fougerolle en Haute-Saône et chez un patron à Lepuix-Neuf dans le Territoire de Belfort l’ont définitivement convaincu. À 19 ans, l’élevage est bien sa passion. « Mon objectif est effectivement d’être agricultrice ou technicienne spécialisée dans une race que ce soit la Holstein, la Montbéliarde ou la Vosgienne. Actuellement, la Montbéliarde est ma race préférée. J’ai la chance d’avoir pu faire les concours de jeunes présentateurs. J’ai été bien aidée et conseillée par Jean-Philippe Meyer à la ferme du Blochmont à Lutter et chez les Gutzwiller à Largitzen. J’ai donc eu de très bonnes bases dans ma formation », se félicite Florine Wira. Elle garde de superbes souvenirs. À l’image de cette vache Montbéliarde qui, après quelques jours de formation, l’écoutait et lui était devenue familière.

Ses succès départementaux lui ont permis de se perfectionner au niveau national et de se rendre en Bretagne. « J’ai également beaucoup appris. Notamment sur la tonte, la conduite de l’animal, la technique. Il y avait les meilleurs clippeurs en Holstein », ajoute la jeune fille qui fait également de l’équitation en concours. Cet esprit de compétition dans un domaine agricole qu’elle fréquente depuis son plus jeune âge (dès l’âge de deux ans à la ferme du Luppachhof à Bouxwiller) l’a motivé cette année à se présenter pour la première fois à un concours départemental de labour organisé par les Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin. « Je ne suis pas une spécialiste. Quand je fais les foins avec mon frère, Paulin, j’utilise le tracteur. Mais, je n’ai pas une expérience importante. Faire des tracés droits, c’est inédit pour moi. Je vais bien évidemment m’entraîner avant le concours. Mais, je voulais m’inscrire et me dire que j’avais le « culot » de participer », affirme Florine Wira.

Le tracteur est prêt

Inscrite dans la catégorie « labour en planches », elle sera présente avec son frère qui, lui, sera commissaire. Ils se sont préoccupés ces derniers jours du matériel qui sera utilisé dimanche. « C’est Paulin qui a géré cette première partie au niveau de l’organisation et du matériel. La charrue vient de chez un céréalier installé à Ruederbach. Nous l’avons modifié et installé une roue de jauge fournie, elle, par le voisin. Nous venons de terminer l’installation. Elle va permettre d’avoir une meilleure régularité quand on laboure. Pour ma part, j’ai effectué du ponçage pour que ça frotte mieux au niveau de la terre. Le matériel est désormais prêt. Le tracteur, lui, on le connaît », explique Florine Wira. Son premier objectif est de réussir à terminer le concours et, surtout, à prendre du plaisir. Paulin, 23 ans, sera à ses côtés pour la conseiller et la rassurer même si c’est sa sœur qui sera à la manœuvre sur son tracteur. « De toute façon, quoi qu’il se passe, on ne peut qu’apprendre dans de tels concours », conclut la jeune femme.

Concours général agricole 2019

L’excellence alsacienne récompensée

Vigne

Publié le 12/08/2019

Cette cérémonie s’est déroulée en présence du président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Denis Ramspacher, de celui de l’association des viticulteurs d’Alsace Jérôme Bauer et de représentants de la direction départementale des territoires (DDT) au premier rang desquels se trouvait la « cheville ouvrière » de ce concours, Jean Deffinis. Avant d’honorer les entreprises des 180 vins et 49 produits alsaciens médaillés, Denis Ramspacher a salué cette réussite. « C’est toute l’excellence de l’Alsace que l’on retrouve ici à l’occasion de cette dixième cérémonie de ce concours général agricole dans le cadre de la Foire aux vins. La moitié des médaillés sont alsaciens dans cette région du Grand Est, aussi bien pour les vins que pour les différents produits. Cela montre une nouvelle fois la culture gastronomique de l’Alsace associée à sa richesse viticole », s’est félicité Denis Ramspacher. Élodie Gerum, élue à la Chambre d'agriculture d’Alsace a ensuite procédé à la lecture des entreprises récompensées. Les trois prix d’excellence 2019 ont été mis en lumière. Ce prix, créé en 2000, récompense le savoir-faire d’hommes et de femmes qui ont obtenu le meilleur ratio entre médailles et nombre d’échantillons présentés et primés au concours lors des trois dernières années. Ces trois prix d’excellence ont été attribués à la distillerie Mersiol située à Dambach-la-Ville dans la catégorie des eaux-de-vie, à la brasserie Blessing située à Waldhambach dans la catégorie des bières, et au vin d’Alsace Henri Ehrhart à Ammerschwihr dans la catégorie des vins d’Alsace. Pour l’édition 2020 du concours, les inscriptions auront lieu entre octobre et décembre 2019 sur www.concours-general-agricole.com ou www.alsace.chambre-agriculture.fr.

72foire aux vins d’Alsace de Colmar

316 140 entrées pour une édition magique

Vigne

Publié le 08/08/2019

On le pressentait. Le bilan à mi-foire était déjà prometteur. Et les derniers jours ont vu une belle fréquentation dès les premières heures d’ouverture. « Oui, 2019 peut être considérée comme une « année magique ». Avec 316 140 visiteurs en dix jours, Colmar dépasse ce seuil des 300 000 entrées et conforte sa place de troisième foire de France. Ce chiffre, c’est tout de même 4 fois et demie la population de Colmar », se félicite le directeur des foires et salons à Colmar Expo, Christophe Crupi.

 

 

La programmation du festival, avec sept concerts complets et les autres pas loin de l’être, a attiré 100 000 spectateurs. Ce qui est également un exploit. Aidée par « des températures exceptionnelles », la foire, elle aussi, a tiré les chiffres vers le haut avec « 35 % d’augmentation sur les entrées gratuites le matin et 85 % sur l’après-midi », ajoute Christophe Crupi. Le cabaret colmarien, après la disparition de Jean-Marie Arrus l’an passé, a pris le virage de la nouveauté avec le spectacle de Jean-Luc Falbriard qui a trouvé son public avec beaucoup de monde en soirée. La formule de la manifestation, à la fois salon commercial, salle de concert et fête du vin, fonctionne toujours auprès du public. « La fréquentation de la foire aux vins a augmenté de 32 % en dix ans. C’est un travail de longue haleine, qui repose en partie sur la communication, un pilier important de ce succès », précise Christophe Crupi pour qui, commercialement, les exposants semblent satisfaits.

 

 

« Cette foire est un très bon millésime pour les vins d’Alsace »

Précisément, par la voix de Thierry Fritsch du conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA), la viticulture alsacienne affiche également sa satisfaction. « Pour les vins d’Alsace, cette foire est un très bon millésime. Cette halle aux vins climatisée a été très appréciée. Et notre stand au cœur de cet espace a trouvé son public. Il y avait du monde tous les jours, toute la journée. Les trois familles professionnelles ont pu échanger avec les gens et ont eu des visites de l’ouverture à la fermeture. Il y a beaucoup de discussions avec les producteurs. La position de ce stand dans cette halle a permis de faire rencontrer les professionnels du vin avec les consommateurs. Inutile de préciser que, dès à présent, nous pouvons affirmer que nous repartons avec vous l’an prochain pour une nouvelle édition », se félicite Thierry Fritsch. Il affirme également que la décoration du stand a été pertinente et que la viticulture régionale compte encore augmenter la présence des vins d’Alsace pour l’an prochain. « Nous espérons maintenant que le millésime 2019 qui arrivera en septembre sera aussi beau que celui de la foire », conclut Thierry Fritsch.

Au parc agricole, même si le public n’est pas le même, les allées étaient également bien garnies. De nombreux exposants n’ont pas caché leur enthousiasme. Ils ont pu rencontrer leurs clients et échanger avec eux, tout en présentant de nouveaux produits. Concernant l’avenir de la Foire aux vins, les responsables de Colmar Expo ne le cachent pas : ils veulent encore progresser. Ils comptent accentuer encore davantage leur communication. « Nous ne faisons pas la course aux chiffres, mais c’est une belle satisfaction de pouvoir constater que cet événement est partagé. Si nous avons pu augmenter la fréquentation de 32 % en dix ans, c’est aussi grâce à la communication qui est un pilier important de cette réussite. Les réseaux sociaux, la presse écrite, la télévision, la radio et le bouche-à-oreille fonctionnent. Nous insistons sur les animations permanentes de ces dix jours pour tous les publics », conclut Christophe Crupi. Ce dernier, malgré la fatigue et des vacances à venir méritées, a déjà dans sa tête la 73e édition. Nous l’attendons également…

 

Filière forêt-bois

La forêt en urgence sanitaire

Vie professionnelle

Publié le 08/08/2019

Le dépérissement de la forêt est en cours. La couleur rouge devient omniprésente. Ces constats viennent de nombreux observateurs d’une forêt qui brûle. « Nous sommes vraiment très inquiets. Il s’agit de notre patrimoine, de notre cadre de vie. Mais également de questions environnementales et économiques. On a tout d’abord évoqué les problèmes des maladies du bois avec les scolytes. Il y a ensuite eu ces canicules et cette sécheresse. Nous nous interrogeons sur un possible phénomène de pollution atmosphérique. Il y a un gros problème, c’est une certitude. » C’est en ces termes que Laurent Lerch, maire de Masevaux-Niederbruck, a ouvert la réunion qui s’est dérouéle en présence d’élus locaux, de conseillers régionaux et de représentants de l’Office national des forêts (ONF) et de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).

 

 

L’image est en effet frappante. En visitant, notamment, le col du Schirm, les sapins rougis occupent de plus en plus d’espace au milieu de la forêt. « Je suis attristé par cette situation dans cette vallée qui est ma vallée d’origine. C’est pourquoi je suis venu rencontrer les élus, scientifiques et techniciens. Pour évoquer des solutions et répondre aux enjeux économiques et de développement durable », explique le président de la Région Grand Est, Jean Rottner. La conséquence économique de la mortalité des sapins ? La commune de Masevaux-Niederbruck craint de devoir emprunter au budget principal pour abonder le budget forêt. « Les coûts d’entretien, mais aussi les frais d’exploitation seront plus importants pour couper le bois sec, qui ne nous rapporte rien en comparaison du bois frais », déplore Raymond Trommenschlager, l’adjoint au maire de Masevaux chargé des finances. Il appréhende de voir fondre comme neige au soleil les 120 000 € de recettes annuelles que représente la forêt pour la commune.

Le problème des sangliers

Pour tenter de trouver des solutions à ce phénomène qui se prolonge, le maire de Masevaux a fait appel à l’Inra. « L’objectif est de mettre en place une expérimentation. Il faut tester et diversifier. On pourrait sélectionner des essences de sapins qui ne sont pas natives d’ici et les planter. Il faut aller vite. On va d’abord tester le reboisement par îlots, puis nous ferons d’autres expériences », précise le directeur de recherche, Laurent Saint-André. Sachant qu’un « site atelier » pour replanter en îlot coûte 200 000 €. « La Région accorde des aides spécifiques pour les scieries et la replantation, qui peuvent monter jusqu’à 40 %. Mais j’ai le sentiment qu’il faut aller plus loin. Nous pourrions débloquer de nouvelles aides cet automne, à condition qu’elles soient adaptées aux besoins », prévient Jean Rottner. « Nous sommes prêts à ce que Masevaux devienne ce laboratoire, ce territoire d’expérimentations. Nous avons pris un peu d’avance et j’espère que notre vallée servira à d’autres, également concernées par ce phénomène », réagit Laurent Lerch.

Un travail d’autant plus immense que ce problème est européen. Plus de 80 millions de md'épicéas sont touchés sur tout le continent. Et l’Allemagne est encore plus impactée sur les résineux. « Au niveau commercial, deux années de récolte sont arrivées en six mois. Il y a saturation du marché. Ici en France, mais aussi dans des pays comme l’Allemagne et l’Autriche. La plupart des arbres n’ont même plus d’écorce. Le bois est difficilement vendable », constate l’ONF.

Préserver la filière bois

Tout en gérant le présent, il va falloir adapter les forêts au futur. « Un travail s’impose avec les acteurs de la forêt, chasseurs, pêcheurs, randonneurs. Les sangliers surconsomment en forêt. Et c’est un problème pour les jeunes pousses d’arbres et pour les insectes. Il faut donc contenir cette population. Si on ne permet pas à la nature de se développer, la végétation ne pourra plus s’exprimer et la forêt va continuer de dépérir », prévient Laurent Saint-André.

En conclusion, Jean Rottner a proposé aux élus locaux une rencontre plus importante en septembre. « La filière forêt-bois est un modèle d’économie durable que nous devons préserver. Elle est identifiée comme l’une des filières majeures du Grand Est. À ce titre, la Région s’est dotée d’une politique ambitieuse, à travers le contrat de filière bois 2017-2020 qui vise à valoriser une ressource régionale significative et à développer les activités économiques des territoires, notamment ruraux. Nous devons désormais aller plus loin. Surtout après ces canicules et cette sécheresse. Et sachant que ces événements climatiques sont amenés à se répéter de plus en plus souvent. En parallèle, nous soutenons la filière dans la crise du scolyte à travers la mise en place de plusieurs mesures, comme le soutien aux entreprises de transformation du bois pour les inciter à acheter ce bois malade. À la rentrée, nous devrons reparler de tout cela », conclut Jean Rottner.

Soirée des exposants et prix de l’innovation

Promouvoir le parc agricole

Vigne

Publié le 01/08/2019

La soirée des exposants est un moment convivial qui s’est déroulé en présence d’élus du conseil d’administration du Paysan du Haut-Rhin (PHR), dont son président Laurent Rimelin. Le directeur de Colmar Expo, Christophe Crupi a salué l’initiative de ce rendez-vous. « Cette soirée contribue à l’animation positive du parc agricole. Nous faisons le maximum pour attirer les gens sur vos stands. Un comité de pilotage du parc agricole, lancé par l’équipe du PHR, se retrouve trois à quatre fois dans l’année pour réfléchir aux animations du parc pendant la foire aux vins. Le « P’tit marché » du samedi en fait partie. Ces initiatives mettent le focus sur le parc et contribuent à tisser des liens entre les exposants », se félicite Christophe Crupi. Un moment de convivialité et de partage bien ancré dans les habitudes du parc agricole. « Cette soirée, nous y tenons. Nous sommes preneurs de vos idées. Nous essayons effectivement de dynamiser la fréquentation du parc agricole en proposant de nouveaux rendez-vous. Mais, ces événements ne marchent que si vous y participez. Contribuez à cette nécessaire émulation », ajoute la directrice du PHR et de l'Est agricole, Sophie Schwendenmann.

Candidatez !

Le prix de l’innovation est aussi un outil pour faire parler des nouveautés techniques. « Cette année, nous avons reçu neuf candidatures. Nous vous invitons à participer plus activement car nous voulons parler de vos nouveaux produits. Nous avons lancé cette année une consultation sur internet. Un galop d’essai pertinent puisque, en une semaine, 1 000 personnes sont allées voir sur la page les innovations présentées. Pour vous, c’est de la communication gratuite », insiste Sophie Schwendenmann. Le jury est issu d’un partenariat historique entre les journaux agricoles, la Chambre d'agriculture Alsace, l’union des œnologues, la fédération des CUMA du Grand Est et le Parc Expo ; il a choisi cette année le pulvérisateur Drift Recovery VVER du constructeur italien Friuli présenté par la société Baehrel Agri Groupe RWZ à Marlenheim. Ce pulvérisateur a été pensé pour l’environnement, pour un traitement confiné et optimal qui combine un système de panneaux récupérateurs et des flux d’air tangentiel. Ces panneaux très particuliers arrêtent les gouttes mais pas l’air.

Nocturne du Pro Armbruster

Responsabiliser et informer

Vigne

Publié le 20/07/2019

 

La Nocturne du Pro est conçue pour informer tout en passant un moment convivial. Originaires de toute la région, les clients d’Armbruster connaissent désormais parfaitement les lieux où sont implantés le magasin Kiriel d’Armbruster Vignes et, 200 mètres plus loin, le site expérimental. La grande cour du magasin accueillait 24 exposants et partenaires répartis autour de quatre « pôles » : la santé des végétaux (nutrition foliaire) ; la cave (cartons, bouchons, bouteilles) ; la gestion du terroir (les sols, leur vie, etc.) ; et les services (agriculture de demain, météo, certification environnementale, agriculture de précision). « Nos clients ont pu échanger avec nos partenaires et fournisseurs sur les différents stands tout en profitant de conditions commerciales attractives. Dans notre magasin, nous avons également proposé un grand déstockage de vêtements de travail et de différents accessoires. Nos techniciens et animateurs ont facilité le bon déroulement de la soirée en permettant aux gens de se rencontrer tout en profitant d’un barbecue et de nombreuses animations », se félicite Aymé Dumas, responsable recherche, agronomie, innovation et développement (RAID) et référent vignes depuis cinq ans pour le groupe Armbruster.

Différents protocoles utilisés

La soirée a démarré par une démonstration de matériel agricole et la visite de la plateforme d’essais, qui présente des tests en conventionnel, mais également en bio, la demande étant de plus en plus importante. « Nous observons une nette progression de la production bio chez nos clients. Ils sont demandeurs de produits et de travaux différents et respectueux de l’environnement. Ce virage important a été pris il y a trois ans. Depuis, les conversions se multiplient partout sur le territoire », assure Aymé Dumas.

Le site expérimental a subi une forte pression mildiou, ce qui est pertinent pour mieux apprécier la lutte contre cette maladie. Parmi les produits testés, Roméo est à base d’orties et d’huiles essentielles. Ses extraits de parois de levure stimulent la feuille et préparent la plante à la maladie. Positionné de façon précoce, le produit est intéressant en préventif. Bastid est un stimulateur de défenses naturelles composé d’extraits de carapaces de crustacés et de pectines issues de pelures de pommes et d’agrumes. Les techniciens ont expliqué les caractéristiques des différents produits en mettant en avant leurs avantages et leurs inconvénients, afin que les professionnels puissent se forger leur propre avis.

Différents protocoles sont également testés dans le cadre des bons procédés environnementaux (BPE) et pour réduire les indicateurs de fréquence de traitements phytosanitaires (IFT). « Ce travail est d’autant plus nécessaire que régulièrement des solutions disparaissent. Il faut donc trouver des alternatives. C’est particulièrement vrai pour l’agriculture. En viticulture, nous avons encore des solutions. Mais il faut anticiper constamment, évoluer. Le plus important, c’est de positiver ces produits chez les professionnels. Ils doivent comprendre ce qu’ils utilisent et comment ils vont le faire. Nos équipes commerciales et techniques suivent régulièrement des formations en interne et en externe pour mieux aider à la prise de décision », poursuit Aymé Dumas.

Le groupe Armbruster propose des solutions pour la gestion des résidus et pour les maladies du bois. Pour la confusion sexuelle, « nous nous sommes équipés d’un logiciel pour accompagner les syndicats viticoles. Du coup, nous sommes passés de 40 hectares à 650 ha en une année en Centre Alsace », conclut Aymé Dumas.

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