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Jean-Michel Hell

Jean-Michel Hell.
Journaliste au PHR.

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Cave de Beblenheim

Le nouveau crémant « Black Rosé »

Vigne

Publié le 19/07/2019

Les dirigeants de la cave de Beblenheim ont proposé à leurs convives une belle soirée sous le thème « Ba’rock chic » avec orchestre, musique, cotillons, mets et surtout crémant d’Alsace. De nombreuses surprises ont agrémenté les festivités. Un véritable diamant a ainsi été glissé dans une des flûtes servant à la dégustation. L’heureuse personne qui l’a trouvé a pu l’emporter avec elle à l’issue de la soirée. La suite ? La rencontre entre les invités et ce nouveau crémant. « Quand la douceur de la rose rencontre l’élégance de l’ébène, cela donne la naissance d’un vin tout en finesse et en raffinement. Nous vous proposons une soirée qui s’articule autour de la richesse de ce contraste », explique le directeur de la cave de Beblenheim, Patrick Aledo. À ses côtés, le président de la cave, Mathias Schneider, ému, rappelle que l’entreprise regroupe désormais 180 adhérents et compte près de 600 hectares de vigne répartis à Beblenheim et sur plusieurs communes environnantes.

Outre la vente aux particuliers, la cave commercialise ses vins à travers les réseaux de grande distribution, grossistes et restauration. Le volume à l’exportation atteint 35 % de la production, essentiellement aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Suisse, en Belgique, aux États-Unis, au Canada ou encore en Australie. Depuis deux ans, l’ensemble des viticulteurs applique également les exigences et recommandations de la viticulture raisonnée. La cave de Beblenheim va de l’avant et innove.

Un état d’esprit

C’est l’état d’esprit de ce nouveau crémant présenté au cours de la soirée par Patrick Aledo. « Vous allez découvrir un crémant créé par notre œnologue, Patrick Le Bastard. À la base, il fait des blancs dans des bouteilles noires. Là, il a voulu se démarquer avec l’aide de notre responsable marketing, François Fischer. Ensemble, ils ont imaginé ce crémant haut de gamme, un rosé dans une bouteille noire. Un vin crémant rosé très pâle, or ou rosé, gourmand en bouche. Quelque chose d’exceptionnel. Réalisé à 20 000 exemplaires, ce crémant est un joyau. Découvrez. Savourez », lance Patrick Aledo à ses convives. La musique reprend. La dégustation également. Tout en finesse et raffinement…

Dephy légumes Alsace

Les bandes fleuries prennent racine

Cultures

Publié le 18/07/2019

« Différents groupes de producteurs travaillent ensemble sur des thèmes bien définis, indique Christian Guyvarch, animateur du réseau Dephy en Alsace. Dans le cadre du projet initié par Planète Légumes, onze producteurs alsaciens se sont inscrits dans ce projet depuis 2017. Cette démarche leur permet de mettre en place des pratiques durables et respectueuses de l’environnement, avec notamment les bandes fleuries. » Les objectifs de ce projet ? Installer d’abord des bandes fleuries chez un nombre significatif de producteurs sur le territoire de la région et étudier les aspects pratiques de cette technique : modalités de mise en place (date, préparation du sol, semis, dose), entretien, salissement, pérennité ou encore implantation dans les cultures. Observer ensuite l’intérêt des bandes fleuries par rapport aux populations d’auxiliaires et de ravageurs. Réaliser une analyse, qui restera peu approfondie, une étude approfondie nécessitant des compétences spécifiques et un suivi très régulier en saison pour démontrer l’efficacité des bandes fleuries sur la régulation des ravageurs. Des compétences et des moyens humains qui ne sont pas compris dans ce projet. Enfin, ce projet a pour objectif de sensibiliser les producteurs aux services rendus par la biodiversité fonctionnelle et de valoriser leurs efforts en communiquant vers le grand public et les autres professionnels grâce à la mise en place de panneaux.

À Sigolsheim, Clarisse Sibler a rapidement été séduite par la démarche. « Nos clients et plus généralement la population, avec qui j’échange depuis longtemps, nous posent de plus en plus de questions sur notre manière de travailler, de vendre nos produits, de savoir si nous utilisons ou non des pesticides. Quand l’association Planète Légumes m’a contactée, je n’ai pas hésité à entrer dans cette démarche, qui complète la mienne. L’impact visuel et esthétique de ces bandes fleuries est évident », se félicite Clarisse Sibler. Elle a donc implanté 200 m2, soit 1 000 mètres linéaires, de bandes fleuries dans ses parcelles, toutes les 10 rangées de fruits. « J’ai semé au mois de mars. Il a juste fallu faucher les bords. Ensuite, on laisse faire. La floraison dure trois à quatre semaines. Les fleurs se sont montrées début juin. Et depuis, elles vivent. La faune est impressionnante comme on peut le constater à l’œil nu », ajoute Clarisse Sibler.

Le bleuet attire par son nectar

Afin de répondre aux objectifs, trois mélanges « bandes fleuries » ayant de bons résultats sur les populations d’auxiliaires et de ravageurs ont été sélectionnés par Planète Légumes, au regard d’études menées par d’autres organismes. Ces trois mélanges ont été proposés gratuitement à tous les producteurs du groupe Dephy et à quelques autres hors du groupe. « Près de 9 000 m2 de bandes fleuries ont été semées. Les mélanges, appelés « chou », « pomme de terre » et « puceron », ont été choisis pour attirer les bons insectes, comme les coccinelles. »

Parmi les plantes du mélange, le bleuet est la fleur la plus représentée, car elle attire les auxiliaires par son nectar. Elle compose ainsi 90 % des bandes fleuries. « C’est une plante magique pour les producteurs », indique Christian Guyvarch. Ces bandes fleuries ne nécessitent pas de fertilisation. Si le salissement est trop important, les professionnels ont la possibilité de broyer avec un impact relativement faible sur les auxiliaires.

Pour communiquer sur cette action, des panneaux explicatifs ont été posés aux bords des champs. Ils expliquent aux touristes ou au public de passage ce qu’est une bande fleurie, comment elle a été réalisée, ce qu’elle protège comme cultures, ce qu’elle attire comme auxiliaires. Des précisions sont apportées sur les exploitations concernées et le projet Dephy. Informer et sensibiliser la population et les professionnels reste un gage de réussite pour le développement futur de ces bandes fleuries.

Chambre d'agriculture d'Alsace

Progresser dans le désherbage durable

Technique

Publié le 15/07/2019

C’est la conséquence directe et immédiate de cette volonté commune d’avancer. Cette parcelle d’essai se situe dans un champ propriété du Gaec du Bas Sundgau dont le siège social est à Zimmersheim. Le travail effectué s’inscrit dans le cadre d’un programme d’animations de suivi des captages d’eau du Sundgau. Cette parcelle se trouve dans l’aire de Tagolsheim. « Il y a 19 captages en Alsace, dont une dizaine dans le Haut-Rhin. Dans ces captages, l’idée est de progresser en menant des actions favorisant le retour de la qualité de l’eau. Le cahier des charges est ambitieux. Nous voulons réduire de 50 % l'utilisation de tous les produits phytosanitaires d'ici 2025 et réduire l’utilisation des herbicides de façon significative dans les trois ans », explique Nicolas Jeannin, technicien à la Chambre d'agriculture d'Alsace, en charge de ce dossier.

Les agriculteurs savent qu’ils seront jugés sur leurs actes d’une part, sur ce qui sera mesuré d’autre part. « Le risque est de ne pas voir d’amélioration ou même une éventuelle détérioration. Et dans ce cas d’avoir demain des interdictions ou des restrictions d’usage de tel ou tel produit, de telle ou telle pratique. Pour le moment, nous devons en profiter car nous restons sur des actions volontaires », ajoute Nicolas Jeannin. Sachant que la mesure la plus efficace pour réduire les herbicides est la pratique de la rotation des cultures.

Néanmoins, ce travail nécessite l’acceptation des professionnels, de trouver des programmes adaptés, ainsi que des produits pertinents permettant la réussite agronomique des cultures et un résultat économique pour les exploitants agricoles. « Améliorer ses pratiques, les changer en les faisant évoluer tout en s’assurant une sécurité dans son travail et des rendements, voilà l’objectif de ces parcelles d’essais et de la convention signée récemment », poursuit Nicolas Jeannin.

Douze modalités différentes

La parcelle concernée par cet essai était en quasi-monoculture de maïs depuis un certain temps. Avant cet essai, la parcelle a bénéficié pendant cinq ans, entre 2008 et 2012, d’un contrat de mesure agri-environnementale territorialisée (MAET) intitulée « réduction herbicide ». Actuellement, l’essai vise à définir un ou des programmes pour réduire les matières actives dans le cadre d’un système de travail simplifié. Douze modalités différentes sont testées. « Nous utilisons différentes matières actives à différents dosages. Nous analysons un maximum de données allant des indicateurs de fréquence de traitements phytosanitaires (IFT) aux quantités de substances actives (QSA) jusqu’aux coûts des produits, aux rendements et à l’efficacité globale. Parmi les modalités, une est classique et quatre sont en système de pré-levée », précise Nicolas Jeannin.

Toute la matinée, les agriculteurs présents ont observé les parcelles et donné leurs sentiments. Certains sont convaincus par la démarche. Ils effectuent déjà ce travail et ces pratiques sont désormais pour eux une habitude de travail. D’autres sont plus dubitatifs et inquiets. Ils se renseignent pour mieux comprendre et apprivoiser ces pratiques. Les conseillers de la Chambre d'agriculture d'Alsace sont précisément là pour les accompagner dans leurs futures démarches.

Comité des reines des vins d’Alsace

Les reines et dauphines au rendez-vous de la Foire aux Vins

Vigne

Publié le 14/07/2019

Instauré en 2017 à l’occasion du 70e anniversaire de la foire aux vins, ce rendez-vous, organisé en partenariat avec le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA) et Colmar Expo, est dédié à ces ambassadrices qui accompagnent la viticulture alsacienne depuis 1954. Le comité des reines des vins d’Alsace regroupe désormais 160 souveraines et dauphines issues de plusieurs générations. Elles font la fierté de leur famille ou de leur village. Parfois, elles perpétuent une tradition familiale. C’est par exemple le cas dans la famille Klinger où mère et fille ont été élues en 1974 et 2002.

Pour marquer les 70 ans de la foire, le comité a élaboré en 2017, avec la participation du lycée de Rouffach, Les Sillons de Haute Alsace, une cuvée spéciale : un Riesling 2014 Côte de Rouffach, nommée « L’âme des Reines ». Tout au long de l’année 2017/2018, cette cuvée a été mise en vente lors des différentes manifestations organisées par le comité. Une partie des bénéfices de ces ventes a été reversée l’année passée lors de la soirée de gala à deux associations caritatives alsaciennes : « Vivre comme avant » soutenant les femmes atteintes du cancer du sein, et « APEI Centre Alsace » (Amis et parents d’enfants inadaptés du Centre Alsace) soutenant les enfants en situation de handicap. « Cette année, nous réitérons cette initiative en créant une deuxième cuvée, toujou en collaboration avec le lycée. Elle sera dévoilée et dégustée lors de notre soirée de gala. Cette cuvée sera également proposée à la dégustation par les reines et dauphines et mise à la vente durant les dix jours de la foire au nouveau stand du CIVA dans la halle aux vins climatisée », explique la présidente du comité des reines des vins d’Alsace, Claudia Renel.

Nouveau trio royal

La soirée de gala aura lieu le premier soir de la foire aux vins, le vendredi 26 juillet. Elle est ouverte au public (sur réservation) et sera ponctuée de plusieurs temps forts. À commencer par l’annonce de l’identité de la nouvelle reine des vins d’Alsace et ses deux dauphines. « Il y avait vingt prétendantes au départ. Ce qui montre une nouvelle fois que nous organisons une élection populaire et qui fait rêver. Sept d’entre elles ont ensuite été présélectionnées et sont passées devant un jury constitué de professionnels de la viticulture. Les noms des trois jeunes femmes couronnées, élues le 15 juillet dernier à la maison des vins d’Alsace, seront alors annoncés au cours de la soirée, devant le public, ajoute Claudia Renel. Lors de la soirée, nous proposerons également une tombola avec comme « premier lot », le poids de la nouvelle reine en crémant.

Un menu a été spécialement concocté pour l’occasion. Le public profitera du tout nouveau spectacle « Revue 2019 du cabaret Colmarien » sous le signe de l’humour, avant d’entamer la partie dansante animée par un tout nouvel orchestre », poursuit Claudia Renel. Un hommage sera bien évidemment rendu à Jean-Marie Arrus, décédé peu de temps après la foire aux vins 2018.

Journée du 4 août

Le rendez-vous de la journée du dimanche 4 août sera le second temps fort des reines à la foire aux vins. Une journée de rassemblement des reines et des dauphines qui sera ponctuée à 14 h 30 par l'assemblée générale, puis, à 16 h, par la visite des professionnels sur leurs stands. À 18 h 30, le comité participera aux « Instants Divins » dans la halle aux vins où sera présentée la cuvée de la reine Margaux 2018-2019, la cuvée du trio 2018-2019 et la deuxième cuvée du comité des reines des vins d’Alsace. Une tombola sera proposée avec comme « premier lot », une journée royale avec la nouvelle reine des vins d’Alsace durant l’un de ses déplacements. « Chaque année, nous tentons d’apporter de nouvelles idées et d’innover. Tout en restant fidèle à ce qui fait notre succès : la convivialité, la simplicité, l’amitié. Nous souhaitons nous inscrire dans le temps et dans la réussite globale de la foire aux vins », conclut Claudia Renel.

Chasse

5 questions à René Zimpfer sur la nouvelle gestion cynégétique

Pratique

Publié le 14/07/2019

La question des dégâts de gibier est un sujet récurrent qui agace beaucoup les agriculteurs. Pouvez-vous nous expliquer le contexte de ce nouveau schéma départemental ?

« Nous entendons beaucoup de choses sur ce dossier de la chasse. Il faut que les exploitants agricoles participent à cette consultation publique. Il est primordial que les gens comprennent l’importance de cette consultation et la position des professionnels. Les dégâts de gibiers sont toujours plus importants. Le 9 juillet dernier, le fonds d’indemnisation des dégâts de sangliers a fait un état de la situation alarmant. Ces dégâts concernaient, déjà, pas moins de 122 hectares de maïs grain, plus de 5 ha de maïs ensilage, et surtout 1 200 ha de prairies contre 500 ha sur toute l’année 2018 ! En sept mois en 2019, cela représente déjà plus du double de toute l’année précédente, sur le seul département du Haut-Rhin. Cette situation interpelle. On ne peut plus seulement constater. Il faut agir concrètement. Ces chiffres donnent une pression supplémentaire à la rédaction de ce nouveau schéma départemental de gestion cynégétique. Par ailleurs, la situation est encore davantage préoccupante en montagne. La réalité économique y est très inquiétante et dramatique. Là-haut, il y a les dégâts de sangliers, mais également ceux causés par le gibier rouge, les cervidés. Les moyens à notre disposition nous ont permis d’identifier les territoires sinistrés par cette explosion des dégâts. On sait donc où et comment agir. »

Est-ce que ce projet répond aux attentes des agriculteurs ?

« Derrière chaque territoire, nous voulons mettre un nom de responsable de la gestion de ces territoires, grâce au travail du conseil d’administration du fonds d’indemnisation et celui de la fédération départementale des chasseurs qui, aujourd’hui, se rend bien compte que la situation actuelle ne peut plus perdurer. Les chasseurs ont un âge moyen élevé. Leur renouvellement n’est pas facile. Alors, oui, j’estime qu’on a fait un grand pas en avant avec ce travail en commun de la profession agricole et des instances de la chasse. Nous sommes d’accord sur le projet de ce schéma.

Bien entendu, j’aurai préféré une interdiction de l’agrainage immédiate et pas seulement de 50 % en montagne, sans attendre deux années car l’agrainage a permis et permet un élevage à ciel ouvert de certaines espèces chassables comme le sanglier. Mais, ce projet doit permettre un retour à l’équilibre sylvo-cynégétique et, au bout du bout, à des dégâts « supportables » pour les professionnels agricoles.

Ce nouveau schéma départemental responsabilise en effet davantage les chasseurs. Il les incite à chasser dans les délais avec une obligation de régulation des espèces et donc des tirs. Ce schéma est l’aboutissement d’un long travail de concertation et de respect mutuel entre les instances concernées. Cela fait plus de trente ans que je m’occupe de ce dossier. Je suis fier de pouvoir en arriver là. Il faut également préciser que les chasseurs qui ne remplissent généralement pas leurs obligations sont une minorité. Ils représentent environ dix lots de chasse qui représentent 70 % des dégâts ! Si demain ces dix lots sont gérés correctement, les dégâts reviendront à un niveau acceptable. »

Vous insistez sur la nécessité de dialoguer et d’expliquer…

« Oui. À chaque fois que nous allons à la rencontre des chasseurs, nous venons pour dialoguer et trouver la source des difficultés, des problèmes. À l’issue de chaque rencontre, si les gens acceptent de prendre leurs responsabilités, ils modifient leurs pratiques de chasse. Dans le cas contraire, nous demandons l’application stricte du règlement du cahier des charges signé entre le maire et le locataire de chasse qui donne obligation à l’élu de résilier le bail si le locataire fait défaut à ses obligations. Nous insistons sur ces notions de responsabilités et de devoirs. Pour les collectivités concernées, il n’y a pas de perte pécuniaire dans la mesure où si la commune reloue le lot de chasse à un loyer inférieur, l’ancien adjudicataire a l’obligation de payer jusqu’à la fin du bail.

D’autre part, nous discutons avec les chasseurs pour structurer et monter une filière « venaison ». Cela permettra de s’assurer, à l’avenir, de pouvoir tirer un sanglier, un chevreuil ou un cerf sans se poser de question du devenir du gibier. Si derrière, il y a une filière organisée, le problème ne se posera plus. Ce point comme tous les autres nécessite du dialogue, des explications, de la patience, du respect mutuel. »

Pouvez vous préciser la situation des espèces nuisibles dans le département ?

« Il y a eu un renouvellement de la liste des espèces dite « nuisibles ». On y trouve des choses incroyables. On n’a plus le droit d’appeler un animal qui fait des dégâts « nuisible », mais « espèce susceptible de causer des dégâts aux cultures ». Plus incroyable encore, le département du Haut-Rhin était le seul département de l’hexagone qui n’avait pas déposé de dossier pour obtenir un tel classement ! Une fois de plus, il a fallu l’intervention de la FDSEA du Haut-Rhin, et notamment l’action efficace de Sophie Barleon et de Michel Busch. Ils sont revenus à la charge en s’appuyant sur une enquête avec des dégâts et des données chiffrés. Ils sont arrivés à convaincre l’administration de la nécessité de revoir le dossier pour obtenir une liste d’espèces susceptible de provoquer des dégâts. Cette liste a été publiée par un arrêté en date du 3 juillet dernier.

Dans cette liste valable pour les trois années à venir et publiée par le Ministère de la transition écologique et solidaire, on trouve les corvidés, c’est-à-dire les corneilles noires et les corbeaux freux. Ils sont donc à nouveaux classés. Mais, ce sont les seuls ! C’est une avancée. Mais, c’est étonnant que l’étourneau sansonnet n’y soit pas dans le Haut-Rhin, faute de chiffres alors que le renard y figure dans 22 communes où on a réintroduit le grand hamster ! Et pas ailleurs. Les poules sont-elles moins environnementales que le grand hamster ? Et heureusement que le sanglier est classé nuisible par arrêté préfectoral. »

Les mesures de prévention concernant la peste porcine africaine vont-elles poser des problèmes aux élevages ?

« À ce jour, la peste porcine n’est pas présente en France. Mais, la profession agricole est interpellée par un arrêté pris par le Ministère de l’environnement concernant la biosécurité. Cet arrêté du 3 juin 2019 modifie l’arrêté du 8 février 2016 relatif aux mesures de biosécurité applicables dans les exploitations de volailles et d’autres oiseaux captifs dans le cadre de la prévention contre l’influenza aviaire. Il oblige un certain nombre de mesures pour les détenteurs d’animaux dont une formation obligatoire et des mesures inapplicables sur le territoire. Une des mesures phare de cet arrêté est la nécessité d’installer une clôture autour de l’installation classée et interdit à toute personne étrangère d’y pénétrer. Comment faire de la vente directe dans ces conditions ? Une autre mesure concerne le bac d’équarrissage. Selon cet arrêté, il doit être à l’entrée de l’installation classée, car le ramassage ne doit plus se faire sur le site même ! D’autre part, nous venons d’avoir une lettre de rappel qui nous indique qu’aucun animal de compagnie ou d’élevage, autre que les suidés concernés, ne doit pénétrer à l’intérieur de la zone d’élevage, donc du corps de ferme. Pour ma part, et ce sera ma conclusion, je sais également inventer des noms. À la place de biosécurité, je propose bioimbécillité. »

Cave du Vieil Armand à Soultz-Wuenheim

Travaux de rajeunissement

Vigne

Publié le 11/07/2019

 

Les travaux ont été décidés à la suite d’une réflexion de plusieurs mois menés en 2018 par le conseil d’administration de la cave du Viel Armand. « Depuis l’installation du vendangeoir à l’arrière du bâtiment, sur le côté de la Route des vins en 2000, aucun travail important n’avait été réalisé. Nous avons pensé que ce serait opportun de moderniser les lieux. L’idée est d’augmenter la surface d’accueil, et de privilégier l’aspect visuel de la cave afin de lui offrir une plus grande visibilité et lisibilité. C’est tout de même ici la porte d’entrée de la Route des vins et de l’entreprise. Nous voulons proposer une belle vitrine, une belle image », explique Laurent Franck, président de la cave du Vieil Armand. Le cabinet d’ingénierie IDC de Cernay, avec lequel la cave a déjà travaillé, a été missionné ; il fera également ses préconisations pour le chantier suivant, la rénovation du musée.

Chaque chose en son temps. Les travaux ont débuté lundi 1er juillet et devraient durer quatre mois. « Un budget de 380 000 € a été voté, dont 100 000 € pour la démolition d’une partie des lieux. Nous ne voulons pas de marteau-piqueur afin de protéger les carreaux vitrifiés à l’intérieur du bâtiment et ne pas endommager la cuverie existante. Les travaux se feront par sciage. Nous allons augmenter la surface de 100 msur les 2 000 menviron de surface totale. La fresque sera rafraîchie et l’espace d’accueil sera plus important. Cela facilitera l’accueil des groupes avec un espace extérieur à l’abri des intempéries », ajoute Laurent Franck.

Des terroirs

La cave du Vieil Armand veut innover, faire en fonction de ses capacités et demeurer la porte d’entrée du vignoble sur la Route des vins d’Alsace. Elle réalise un chiffre d’affaires de 4,8 millions d’euros (M€), dont 1,4 M€, soit 28 %, au caveau. « Il marche très bien depuis son extension en libre-service en 1993. Les gens apprécient les lieux, qu’ils peuvent fréquenter tranquillement tout en bénéficiant des conseils de nos salariés. L’attractivité complémentaire du musée avec ses diverses expositions, est un plus indéniable », rappelle Laurent Franck. Sans oublier la qualité des vins. « Grâce à nos terroirs exceptionnels, nos trois grands crus - Ollwiller, Spiegel en gewurztraminer et Zinnkoepflé en pinot gris - et le travail de nos adhérents, nos vins sont appréciés. L’année écoulée, nous avons obtenu 48 médailles dans les différents concours. C’est une belle reconnaissance et une vraie notoriété », se félicite Laurent Franck, qui préside la cave depuis août 2016.

Ses 79 adhérents exploitent 143 ha de vignes, de Cernay à Soultzmatt. La cave fonctionne grâce à un conseil d’administration soudé et treize salariés. Une vraie dynamique alors que la cave du Vieil Armand fête cette année son 60anniversaire.

 

 

Du 26 juillet au 4 août au Parc-expo de Colmar

Les vins d’Alsace réinvestissent la halle aux vins

Vigne

Publié le 04/07/2019

Le nouveau hall 6 et la nouvelle entrée seront la première attraction de la foire aux vins d’Alsace. Les besoins d’agrandissement du Parc-expo de Colmar et les mises aux normes de sécurité toujours plus contraignantes ont poussé la société Colmar Expo, en charge de la gestion du site et organisatrice d’événements comme la foire aux vins d’Alsace, à lancer au lendemain de l’édition 2018 de cette dernière un vaste chantier de plus d’une année. « Climatisation du hall 1 et de l’Espace congrès, construction d’un tunnel au-dessus de l’entrée principale sur lequel reposeront deux étages - un étage de salles de commission et un étage pour accueillir les nouveaux bureaux Colmar Expo - et construction du nouveau hall 6, en remplacement de l’emblématique chapiteau de la foire. Ce qui va engendrer une réorganisation optimale et nécessaire de toute la zone du parc de plein air », détaille Christiane Roth, présidente de Colmar Expo.

Le nouveau hall 6 accueillera ses exposants historiques dans une ambiance toujours aussi festive, avec des conditions améliorées grâce notamment à la climatisation. La construction de ce hall, désormais placé à l’entrée du parc de plein air et non plus du côté du théâtre de plein air le long de la RD83, a entraîné une réflexion sur le réaménagement de cette zone. « Le premier grand changement est le découpage de la zone jour (dont la fermeture est fixée à 21 h 30), une séparation plus rectiligne dans le sens de la longueur. Dorénavant, la partie jour se trouvera le long de la RD83, rapprochant ainsi la zone de vie nocturne des halls, le long de l’allée principale depuis le nouveau hall 6 jusqu’au théâtre de plein air. Avec ce réaménagement, la partie plein air du parc, ouverte jusqu’à la fermeture de la foire, s’est construite autour de trois nouvelles zones de vie bien définies. Ces trois zones, dans lesquelles se répartiront les différents points de restauration et débitants de boissons, seront elles-mêmes organisées autour d’espaces de détente et de larges allées. Cette nouvelle implantation devrait permettre de mieux répartir et aérer ces zones de forte affluence, notamment en soirée, et de rapprocher ce flux de visiteurs des halls et de ses exposants », précise Christophe Crupi.

Sur près de 200 m2

Cette 72foire aux vins d’Alsace marque aussi le retour du stand du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) et des familles professionnelles viticoles dans la Halle aux vins. Sur près de 200 m2, ce stand collectif doit permettre de valoriser davantage les vins d’Alsace. Un bon complément à la campagne de communication lancée récemment par le Civa, comme l’a rappelé le directeur marketing, Philippe Bouvet. « Les vins d’Alsace (re)passent de l’ombre à la lumière. Ils se transforment et se réinventent pour retrouver la place qu’ils méritent ».

Dans ce hall, le bar à vins proposera plus de 300 références, mais aussi des vins issus des 51 grands crus d’Alsace. Autant de terroirs à découvrir et de rencontres avec les producteurs, pour que cette année, véritablement, l’Alsace Rocks ! Pour les amateurs, le «​​​​​​​speed-tasting », chaque jour à 17 h, une dégustation commentée autour d’une thématique précise. En soirée, les confréries viniques inviteront à découvrir leur sélection de vins. Sans oublier les « instants divins », « afterwine », conférences ou encore la soirée du Comité des reines des vins d’Alsace, le 26 juillet, au cours de laquelle les noms de la nouvelle reine et de ses dauphines seront dévoilés. Le parc agricole, le cabaret colmarien, les centaines d’exposants dans les halls et bien évidemment le festival compléteront la réussite d’une manifestation bien inscrite dans le calendrier.

Gsell Jean-Richard et fils à Sigolsheim

30 ans de prestations innovantes

Technique

Publié le 17/05/2019

En constante évolution, l’entreprise Gsell s’adapte aux besoins de ses clients et intervient rapidement. Elle réalise régulièrement des investissements matériels, afin d’intervenir avec du matériel à la pointe, et parfaitement entretenu. Elle s’appuie sur une équipe professionnelle, dynamique et formée au regard de la loi (agrément phytosanitaire, cases pour les chauffeurs, etc.). Enfin, elle entretient de bonnes relations avec sa clientèle, en offrant un rapport prestation/prix séduisant.

À sa création en 1989, elle proposait des prestations de palissage et de rognage. Puis, elle a diversifié ses services avec le dessouchage et la préparation des sols avant plantation. L’année 2000 marque un tournant, avec la création de l’entreprise de terrassement au départ pour l’aménagement des parcelles, puis pour tous types de terrassement et travaux publics chez les particuliers et les collectivités. En 2015, l’entreprise se restructure avec la création de la SARL Gsell J-R ETA pour les prestations mécaniques agricoles et viticoles et la SAS Gsell TP pour les travaux de terrassement et publics. Les deux sociétés sont issues de l’association père et fils (Jean-Richard et Stéphane Gsell), regroupées sous un seul nom commercial : Entreprise Gsell Jean-Richard et fils.

« Concernant les travaux agricoles, nous proposons nos services de préparation des sols avant plantation. Pour cela, quatre tracteurs agricoles de 150 à 300 ch des marques John Deere et Valtra peuvent être équipés de différents matériels. Pour les travaux viticoles, nous réalisons tous les travaux mécaniques à la vigne pour faciliter la tâche de nos clients. Nous maîtrisons l’utilisation du matériel et sommes aguerris à la conduite dans toutes sortes de configurations de parcelles. En cas de pression, nous pouvons intervenir rapidement et venir avec plusieurs véhicules », explique le responsable de l’entreprise, Stéphane Gsell.

Épandage de compost

Le 5 mai dernier, l’entreprise Gsell Jean-Richard et fils a accueilli à Sigolsheim 800 à 1 000 personnes lors de sa journée portes ouvertes. Une nouvelle étape importante pour la famille Gsell. « Nous voulions marquer le coup et fêter cet anniversaire. Cette journée a été l’occasion de rencontrer nos clients que nous voyons généralement à la foire aux vins de Colmar, de présenter nos différentes spécialités, de rappeler que nous intervenons sur toute l’Alsace, mais aussi en Allemagne ou du côté de Toul », ajoute Stéphane Gsell.

Une démonstration d’épandage était également au programme. « C’est une nouvelle activité que nous proposons depuis quelques mois. Elle était très demandée par les clients, tant par de grands domaines viticoles que par des vignerons plus modestes. L’épandage de compost issu du recyclage et du broyage de végétaux est à la mode, en raison des conditions climatiques et de la sécheresse. Ces nouvelles méthodes de travail sont pertinentes et nous les maîtrisons », assure Stéphane Gsell. L’entreprise de Sigolsheim a pris de l’ampleur ; cette journée portes ouvertes a permis de l’apprécier à sa juste valeur.

Dégâts de sangliers et de cerfs

La situation s’aggrave en montagne

Élevage

Publié le 17/05/2019

Il se présente comme un « néo-rural ». Originaire de la Moselle, il a fait un bac agricole avant de travailler dans des fermes et en fromagerie. Avec son épouse, Guy-Loup Botter arrive par hasard en Alsace et tombe sous le charme de ce lieu situé au-dessus de Sainte-Croix-aux-Mines, à 650 mètres d’altitude. « Le coin était un peu perdu. Les lieux étaient entourés de la forêt. Nous avons décidé de construire et de commencer cette aventure », explique l’éleveur. La ferme de la Bouille est née.

La famille Botter a tout d’abord passé son temps à augmenter ses surfaces en défrichant les lieux pour s’ouvrir de nouveaux espaces. Au début des années 2000, un nouveau bâtiment voit le jour. Il va servir à abriter le cheptel. Actuellement, l’exploitation compte une vingtaine de vaches vosgiennes et 70 bêtes au total. « Nous cherchons à le stabiliser. Un système de stabulation est en place dans le bâtiment d’élevage que nous avons agrandi pour assurer davantage de confort aux vaches. Nous pensons que si elles sont bien installées, elles produisent mieux. Ce bâtiment tient sur trois étages. On a construit une fumière en complément du bâtiment historique », précise Guy-Loup Botter. Sa production ? Il ne fait que de la viande. Le couple produit des bœufs en les élevant jusqu’à l’âge de trois ans. Il les finit totalement pour obtenir de la viande grasse. La qualité naturelle de la Vosgienne, avec une bonne finition, permet d’obtenir une viande de qualité que l’on retrouve ensuite en boucherie. « Nous proposons une viande exceptionnelle. Quand ce n’est pas le cas et que nous pensons que la viande est « moyenne », nous la passons en steak haché ou en charcuterie. Cette viande est vendue aux particuliers, à des restaurateurs ou encore au magasin de producteurs à Sainte-Marie-aux-Mines. Nous faisons également un peu de produits transformés et un peu de forêt. De la prestation pour des propriétaires forestiers et du bois de chauffage en hiver », poursuit Guy-Loup Botter qui, comme son épouse, est en fin de carrière. Ce sont leurs enfants, Violette et Per-Loup qui vont prendre leur suite.

Des pertes importantes

Toutes ces années, la famille Botter a passé son temps à défricher les lieux. « On a du mal à trouver du foncier ici. Alors, on a ouvert le paysage. Ici, il y avait des ronces par exemple », précise l’éleveur en indiquant ce pré où se tiennent les vaches. Autre particularité de cette exploitation, elle se trouve au milieu de deux versants. Ils sont envahis par les sangliers et, phénomène nouveau et plus important, par les cerfs. « Là-bas par exemple, j’ai une parcelle de huit hectares. Je suis contraint régulièrement de déclarer environ six hectares de dégâts de sangliers. À chaque fois, je dois ressemer, fertiliser et espérer pouvoir récolter. À chaque fois, que ce soit les sangliers ou les cerfs, ils repassent dessus. L’année passée, j’ai pu avoir un rendement de seulement 500 kg de foin à l’hectare. Or, c’est ma seule récolte de l’année. Pour nourrir mes bêtes et passer l’année, je suis donc obligé d’acheter du foin ou de la paille », s’agace Guy-Loup Botter.

Et les dégâts ne sont pas les mêmes. Visuellement, ceux des sangliers sont facilement observables à l’œil. Les parcelles sont saccagées. Pour les cerfs, il faut être davantage un spécialiste et un observateur des lieux. « Dans le « meilleur » des cas, l’herbe est tassée par les cerfs. Elle est du coup de moins bonne qualité. Dans le pire des cas, les cerfs la mangent. Ils ne se cachent presque plus. Ici, il y en a une vingtaine en permanence », ajoute l’éleveur.

Il y a deux ans, le parc des Ballons des Vosges avait organisé une réunion dans la vallée de Munster sur le sujet. Un état des lieux avait été effectué. Une conclusion en était sortie : 28 % de l’herbe de la ressource fourragère dans cette vallée était mangée par lesdits cerfs. « Depuis, la situation s’est aggravée. Ici, j’ai mesuré que, depuis deux années, on pouvait faire monter cette estimation à 60 % et, dans tout le massif, à plus de 50 %. Ce n’est plus acceptable. Il y a dix ans, quand on voyait un cerf, on en parlait sérieusement. Aujourd’hui, c’est devenu une banalité et un problème », poursuit Guy-Loup Botter. Il pointe du doigt l’attitude des chasseurs qui, selon lui, ne respectent pas les plans de tirs. Il s’agace également de l’attitude des autorités qui ne font rien pour traiter le sujet qui est devenu un véritable problème économique qui s’ajoute à celui de la sécheresse. « On a toujours acheté du foin ou de la paille, mais jamais autant que ces deux dernières années et jamais aussi tôt dans l’année, ni de façon aussi fréquente. À ce rythme, l’agriculture de montagne est menacée », conclut Guy-Loup Botter.

Lycée agricole de Rouffach

Prévenir les accidents du travail

Vie professionnelle

Publié le 11/05/2019

Ce film d’une vingtaine de minutes a fait appel à un intervenant de la Caisse d’assurance agricole Alsace, Anthony Metzger, et à deux accidentés dans le cadre de leur travail, Émeline Notter et Guillaume Gruneisen. Ces trois personnes évoquent, pour l’un, le rôle et les missions de la CAAA, pour les deux autres, les circonstances de l’accident du travail et leurs conséquences. Le film, très bien réalisé, est complété par un fond musical original et « branché », et illustré d’images du vignoble. Les trois jeunes réalisatrices, Clarisse Gressard, Laura Fourdin et Clémence Morin, l’ont présenté à plusieurs dizaines d’élèves et d’étudiants du lycée agricole de Rouffach. « Avant de le montrer ailleurs, nous voulions le diffuser ici pour voir les premières réactions et répondre aux questions. C’est un sujet qui nous concerne toutes et tous ici puisque nous serons nombreux à travailler dans le monde agricole et viticole », explique Clarisse Gressard. Un sujet sensible puisque la CAA comptabilise en moyenne chaque année 900 accidents du travail et/ou maladies professionnelles dans le Haut-Rhin et 1 200 dans le Bas-Rhin. « La CAA effectue elle-même de nombreuses actions de sensibilisation auprès des agriculteurs et des viticulteurs. Nous intervenons sur les tenues indispensables comme des chaussures adaptées et de qualité, des gants, des casques, des vêtements anti coupe. Nous insistons sur la nécessité d’utiliser le matériel agricole avec vigilance et attention. Ces interventions sont de la prévention », insiste Anthony Metzger. Il l’explique dans le film. Les deux « victimes » l’ont été dans le cadre de leur travail. Émeline Notter intervenait en cave, en réception de vendanges, quand du matériel lui a échappé des mains pour tomber sur l’un de ses orteils. Un accident lui occasionnant une fracture et plusieurs semaines de rééducation. Guillaume Gruneisen utilisait son tracteur dans le vignoble quand la machine s’est retournée sur lui. Il a fallu le dégager. Son pied a également souffert après avoir été écrasé. Là également, il a fallu réapprendre ensuite les gestes du quotidien au travail.

Un projet d’une année

La diffusion du film a suscité quelques questions et un débat. Clémence Morin a regretté le peu d’informations et de formations à ces risques dans les établissements scolaires. « Pour notre part, on a eu deux heures de préventions aux EPU sur deux années d’études. Ce n’est pas suffisant. D’où le choix de la réalisation de ce film. Il y a de grandes différences entre ce nous dit à l’école et la réalité dans les entreprises. Nous le savons. Mais, nous le découvrons seulement une fois lors de nos stages ou au début de nos carrières professionnelles. Il faut mieux informer. Ici, le but est de sensibiliser », rappelle la jeune femme. À la fin de cette année scolaire, elle compte poursuivre ses études et effectuer une licence « vigne et vin » à Dijon. Clarisse Gressard envisage la même orientation ou partir en Nouvelle-Zélande acquérir de l’expérience complémentaire. Le choix définitif doit se faire dans les jours qui viennent. Enfin, Laura Fourdin va partir dans une école en Suisse pour suivre une formation qui doit lui permettre de devenir ingénieur en viti-œnologie. Elle ne cache pas sa satisfaction d’avoir pu réaliser cette vidéo. « Nous avons été aidées d’un ami pour le matériel. Mais, pour le reste, nous avons simplement écouté les conseils de nos profs et travaillé toutes les trois ensemble pour la réalisation et le montage. Cela a nécessité du temps. C’est un projet de quasi une année. Nous avons vraiment démarré les prises de vue à partir de février pour arriver à cette projection début mai », souligne l’étudiante. Un film que la Caisse d’assurance agricole d’Alsace compte récupérer pour le mettre sur son site internet. Tout comme le lycée agricole de Rouffach et peut-être la Mutualité sociale agricole. « Notre objectif est de le diffuser le plus largement possible, au plus grand nombre. Informer et sensibiliser sont nos préoccupations », conclut Laura Fourdin.

Les vidéos